Titre : « Presque » la Belle au bois dormant

Disclaimer : Les personnages de ToS ne sont pas à moi (eux sont à Namco), pas plus que le conte de La Belle au bois dormant (lui il est à Charles Perrault), dont je me suis librement inspirée pour écrire cette fic. J'ajouterais que cette fic n'a pas pour but de me faire gagner de l'argent ; c'est juste que, prise d'inspiration, je me suis dit : « Tiens ! Si j'essayais ça ! » et voilà ce que ça a donné.

Couple : vous allez comprendre assez vite, cependant, il n'y aura pas de lemon. J'en suis la première désolée.

Genre : C'est censé être un conte, j'ai aussi tenté d'y mettre un peu d'humour…


Ymia : Voici donc la suite de cette fiction, rendue à l'heure promise. Je remercie tous ceux qui ont lu le premier chapitre, et plus particulièrement ceux qui ont pensé à me laisser une review. J'apprécie vraiment. Les autres, essayer d'y penser un peu plus souvent. Pour moi, une review est la preuve que ma fic a été lue. Si je n'en ai aucune, je considère que l'histoire est un échec, et je n'hésite pas à la supprimer. Comme ce n'est pas le cas pour celle-ci, je la posterais jusqu'au bout !

Elea974 : (pousse l'auteur) Et maintenant qu'elle a fini son speech, on va pouvoir commencer à lire.

Ymia : (se relève) Ah... Bon, ben, bonne lecture, alors !



Presque la Belle au bois dormant

Chapitre 2 : Un jour mon prince viendra...

Le Royaume de Tesse'halla était gouverné sagement par la famille Bryant depuis que le Roi Yggdrasill et son épouse avait sombré dans le sommeil, deux cent ans auparavant. L'actuel souverain se nommait Regal, et son épouse Alicia. Ensemble ; ils régissaient le Royaume du mieux possible ; et le peuple les aimait beaucoup. Ils avaient deux fils : l'un se nommait Yuan et l'autre Lloyd.

Le prince Yuan était l'aîné de deux ans du prince Lloyd. Il avait de longs cheveux bleus, qu'il attachait souvent en catogan, et des yeux d'un bleu défiant celui de l'océan. Son sourire charmeur faisait chavirer le cœur de maintes jeunes filles de bonne famille.

Le prince Lloyd, avec ses cheveux bruns et ses yeux couleur chocolat, n'était pas en reste. Sa gentillesse et son sourire plein de chaleur le rendaient aussi populaire que son frère, même s'il restait assez maladroit vis-à-vis des damoiselles.

Les deux princes ne se quittaient presque jamais, s'entraînant chaque jour à l'épée, et partant souvent en voyage avec leur père qui leur apprenait à connaître le peuple, afin de mieux l'aider en tant que souverain, comme ils le feraient plus tard. Lloyd aimait beaucoup jouer avec les enfants des paysans et des artisans, et se faisaient très vite des amis. Yuan, quant à lui, mettait son temps libre à profit pour lire et s'instruire de tout.

Or, il advint qu'un jour, ils allèrent ensemble à la chasse. Sur les conseils de Botta, leur maître d'arme, et aussi leur précepteur ; ils avaient jeté leur dévolu sur un sanglier de belle taille, et qui faisait des ravages dans plusieurs champs. Ainsi, ils pourraient chasser à loisir, tout en débarrassant les paysans de l'animal nuisible.

Ils avaient trouvé ses traces en milieu de matinée, puis avaient réussi à remonter la piste jusqu'à l'animal même. Et depuis, ils le poursuivaient. Le soleil avait presque atteint son zenith lorsqu'ils réussirent enfin à l'acculer et à le tuer. Il leur fallut du temps et de l'habileté, car le sanglier était de belle taille, et encore jeune et vigoureux. Quand ce fut fait, ils mirent tous pied à terre, prenant un peu de repos ; pendant que quelques hommes attachaient la bête à un cheval de bât, que l'on avait amené pour l'occasion.

Tout à coup, l'un des chiens se redressa et renifla en direction de l'ouest.

- Noïshe ? fit le prince Lloyd.

- Qu'y a-t-il ? demanda son frère.

- C'est Noïshe, il…

Noïshe bondit soudainement, et se mit à courir comme un dératé.

- Noïshe ! cria Lloyd, avant d'enfourcher son cheval et de le poursuivre.

- Lloyd ! Att…mais quand apprendra-t-il à réfléchir ? grommela Yuan. (Elea974 : le jour où on lui offrira un cerveau! Mouahaha! Bon d'accord c'était méchant…)

Il remonta lui aussi en selle, avant de se tourner vers Botta.

- Je vais le chercher. Je prends deux hommes avec moi. Vous nous attendrez ici.

- Bien, mon prince, lui répondit Botta.

- Zephyr ! Roland ! Suivez moi !

Et il partit dans la direction que son frère avait prise, pestant contre son manque de réflexion, et bien résolu à lui faire comprendre combien il n'était pas prudent de partir seul en forêt lorsque l'on était prince héritier. (Elea974 : mais quel rabat-joie celui là! )

-.-.-.-.-.-

- Enfin je te retrouve ! s'exclama Yuan.

Ils avaient fini par sortir de la forêt, se guidant grâce aux fréquents aboiements de Noïshe et aux traces que le cheval de Lloyd laissait dans l'épaisse couche de neige. Yuan avait craint le pire lorsque Noïshe s'était tu, mais il était rassuré maintenant qu'il avait retrouvé son petit frère. Lloyd s'était arrêté en haut d'une colline, et ne s'était même pas retourné pour répondre à son frère. Fronçant les sourcils, Yuan fit grimper la pente douce à son propre cheval, et, suivit de sa maigre escorte, rejoignit son frère.

- Lloyd ! Tu pourrais tout de même me répon…Qu'est-ce que… ?

Il se plongea alors lui aussi dans la contemplation du paysage qui s'offrait à leurs yeux. Une immense forêt s'étendait au bas de la colline, plus dense et plus touffue que celle qu'ils venaient de quitter. Les troncs étaient si serrés en lisière que même une souris n'aurait pu y pénétrer.

- Ce n'est pas normal, murmura-t-il.

- Oh non, ça ne l'est pas, lui répondit son frère. Regarde.

Il pointa quelque chose du doigt, et Yuan suivit la direction indiquée. Lorsqu'il le vit aussi, il hoqueta de surprise.

- Que… ?

En y regardant de plus près, il pouvait distinguer un peu au-dessus de la cime des arbres, le toit d'une tour…Et là, un peu plus bas encore, un morceau de muraille…

- Zephyr, dit alors le prince Lloyd d'une voix calme. Pourrais-tu aller chercher Botta et le ramener ici, s'il te plaît ?

Le jeune homme acquiesça, puis repartit à toute vitesse en sens inverse. Yuan et Lloyd restèrent là, ne pouvant détacher leurs yeux de la forêt, et de la tour qu'ils apercevaient.

-.-.-.-.-.-

- Botta, commença Yuan quand le maître d'arme les eut rejoints, sais-tu quelque chose à ce sujet ?

Il pointa la forêt du doigt, désignant, comme son frère l'avait fait pour lui, la tour perdue au milieu de la verdure.

- Il se peut en effet que je sache ce dont il s'agit, mon prince, déclara Botta après quelques secondes de silence.

Yuan et Lloyd se tournèrent vers lui, attendant.

- Il y a fort longtemps, commença leur précepteur, deux cent ans pour être précis ; se dressait au centre de cette forêt un immense château, entouré d'une grande et puissante ville. On appelait cette ville Meltokio, et le château avait été nommé par son architecte Derris-Kharlan. La tour que vous voyez là, mes princes, appartient certainement à ce château.

- Ils ont construit un château et une ville au beau milieu de la forêt ? s'étonna Lloyd.

- Une telle entreprise est impossible à réaliser, mon prince, lui répondit Botta en souriant.

- Mais alors, comment…reprit Lloyd

- Si tu laissais Botta terminer son récit, tu le saurais peut-être, mon frère, se moqua Yuan.

- J'ai ouï dire, reprit Botta pendant que Lloyd rougissait, que la forêt, ainsi que la ville et le château, avaient été ensorcelé afin de contrer un autre enchantement, plus puissant encore.

- Quel est-il ? demanda alors Yuan.

- Dans ce château, continua Botta, dorment depuis bientôt deux cent ans deux princes, les plus beaux qu'on aient jamais vu. On dit qu'ils attendent ceux qui sauront les éveiller, et avec eux toute la ville.

- Ils dorment ? répéta Lloyd, ébahi.

- Depuis deux siècles ? fit Yuan, sceptique. (Elea974 : (en son fort intérieur) Ils doivent plus être très frais…)

- C'est tout ce que je puis vous dire, princes. Néanmoins, vous n'êtes pas obligés de me croire…

Yuan et Lloyd retournèrent à la contemplation de la tour, et se turent. Ils restèrent longtemps immobiles, les yeux perdus dans le vague ; avant de se regarder droit dans les yeux. Puis Yuan sourit.

- Tu es partant ?

- Evidemment, lui répondit son frère.

Avant que Botta ait pu dire quoique ce soit, ils dévalèrent tous deux la colline au grand galop, se dirigeant droit vers la forêt. Ils n'en étaient plus qu'à quelques mètres lorsque les premières broussailles se retirèrent. Avec stupeur, Botta et le reste de l'escorte virent les troncs s'écarter progressivement pour ouvrir un passage aux princes ; qui pénétrèrent dans les bois. Et, bien avant qu'ils n'aient pu les suivre, les arbres avaient repris leur place.

Botta était catastrophé.

- Au nom du ciel, faites qu'ils reviennent sains et saufs…

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A quelques kilomètres de là, à Syback, petite ville côtière…

- Ah ! s'exclama soudain Martel en lâchant sa tasse de thé, qui alla se briser sur le sol.

- Qu'y a-t-il ? demanda Colette, pendant que Raine réparait les dégâts d'un coup de baguette.

- La forêt m'avertit que le temps est venu… Le Grand sommeil est enfin terminé…

- …On ne devrait pas y aller aussi ? fit remarquer Raine en reprenant une gorgée de son thé.

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Lloyd et Yuan avaient traversé la forêt sans rencontrer aucun obstacle, la forêt s'écartant d'elle-même pour leur livrer passage. Au bout de plusieurs heures, ils parvinrent aux murailles. Pendant qu'ils les contournaient afin de trouver l'entrée, Lloyd brisa le silence.

- Avons-nous fait le bon choix ?

- Tu veux dire en abandonnant notre escorte et en nous enfonçant dans cette forêt inconnue pour nous rendre dans un château endormi, ainsi que ses habitants, depuis deux siècles, afin d'aller à la rencontre de Princes victimes d'un enchantement ?

- Oui.

- Je pense que maintenant que nous sommes là, il n'y a plus de raison de se poser la question, petit frère, rit Yuan.

Ils arrivèrent enfin aux portes de la ville fortifiée. Celles-ci étaient grandes ouvertes, et il n'y avait nulle trace de gardes aux alentours. Ils franchirent les murailles au pas, avec quelques appréhensions, et de nouveau silencieux. Ce qu'ils virent les stupéfia. Tout autour d'eux s'étendait une ville qui paraissait au premier abord prospère et pleine de vie. Là, un boulanger sortait ses pains du four ; ailleurs, un poissonnier s'apprêtait à couper un poisson pour une cliente qui attendait, panier au bras ; ici et là, des enfants jouaient à se poursuivre (Elea974 : C'est étrange… s'ils étaient prévenus qu'on allait les endormir pourquoi se sont ils arrêtés en pleines activités comme si on les avait pris par surprise…Ymia : J'aimais pas trop le côté "ville fantôme et déserte". Cependant, cette apparente activité était figée. Le Prince Lloyd mis pied à terre, et s'approcha des enfants. Il les observa attentivement durant quelques secondes avant de s'exclamer, médusé :

- Mais ils dorment !

Le Prince Yuan, s'étant lui-même approché d'un garde debout de l'autre côté du marché, put faire la même constatation.

- Ainsi c'était vrai…

Ils ne pouvaient maintenant plus douter de la véracité de la légende brièvement contée par Botta ; car ils en avaient la preuve sous les yeux. Tout autour d'eux, une ville entière dormait depuis deux cent ans, ensorcelée par un puissant sortilège.

- Nous devons nous rendre au château, dit alors Yuan.

Lloyd acquiesça, et ils remontèrent tous les deux en selle, dirigeant leurs montures vers Derris-Kharlan.

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Ils cheminèrent silencieusement jusqu'au château, impressionnés par le calme qui régnait tout autour d'eux. Les portes qui servaient à protéger le château et ses habitants en cas d'attaque étaient ouvertes, comme les portes de la ville qu'ils avaient dépassées un peu plus tôt. Ils n'eurent donc nulle peine à entrer. Un peu partout dans la grande cour pavée, des gardes, des nobles et des serviteurs s'étaient figés dans leurs activités quotidiennes, tous profondément endormis. Ils laissèrent là leurs chevaux, et entrèrent par la porte principale, en prenant soin de contourner les différents personnages disséminés un peu partout dans les escaliers et les couloirs de la citadelle.

Leurs pas les conduisirent vers la salle du trône. Derris-Kharlan étant construit sur le même plan que leur propre château, ils n'eurent donc pas trop de peine à la trouver. C'est là qu'ils virent pour la première fois les souverains de Derris-Kharlan, le Roi et la Reine qui gouvernaient Tesse'Halla avant la venue des Bryant, bien avant le règne de leur père.

Les monarques étaient assis sur leurs trônes respectifs, main dans la main ; tous deux endormis comme tous leurs sujets. La Reine avait de longs cheveux d'un blanc aussi pur que celui de la neige fraîchement tombée, et son visage à la peau pâle avait l'éclat d'une rose qui venait d'éclore. Son époux avait quant à lui de longs cheveux d'or qui retombaient en cascade sur ses épaules, et un visage grave aux traits fins. Tous deux semblaient d'ascendance elfique, comme le témoignaient leurs oreilles légèrement en pointes.

Ils avaient l'air serein, ainsi endormis l'un près de l'autre. Lloyd et Yuan restèrent immobiles, et les observèrent fascinés durant quelques temps, avant de quitter la pièce pour se mettre en quête des Princes endormis, pour qui une ville entière et ses habitants avaient été figés dans le temps.

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Ils avaient parcouru toute l'aile nord du château, ainsi que l'aile est, sans rencontrer âme qui vive, ou Princes à réveiller. En revanche, la magnificence du château, et sa décoration – quoique un peu démodée (Elea 974 : Et poussiéreuse…) de leur point de vue – ne cessait de les émerveiller. Dans l'aile sud qu'ils visitèrent ensuite, ils trouvèrent une galerie de portraits royaux, qui représentait la lignée des souverains de Tesse'Halla, et qui remontaient parfois à plusieurs siècles. Ils apprirent ainsi les noms des souverains endormis ; et virent pour la première fois les visages des Princes que Botta leur avait décrit comme étant « les plus beaux qu'on ait jamais vu ». En voyant leur portrait, ils se dirent que leur précepteur n'avait sans doute aucune idée de l'exactitude de ses paroles.

Le tableau qu'ils avaient sous les yeux les représentait tous les deux, l'un assis dans un fauteuil, l'autre debout derrière lui. Celui qui était assis avait un sourire éclatant, tandis que l'autre arborait un air plus sérieux, malgré le mince sourire qu'il esquissait. La légende indiquait leurs noms : celui qui était assis se nommait Zelos, et l'autre s'appelait Kratos.

Lloyd et Yuan tombèrent immédiatement sous le charme. Lloyd ne quittait plus le Prince Zelos des yeux, totalement fasciné par son sourire et ses yeux d'un bleu aussi pur qu'un ciel d'été. Yuan quant à lui dévorait littéralement le Prince Kratos des yeux, ensorcelé par son regard ambré.(Elea974 : De vrais cœurs d'artichauts…Ymia : C'est un conte, j'te rappelle

- Botta n'avait pas menti…souffla Lloyd complètement séduit.

- Comme s'il en était capable, répliqua son frère, lui-même subjugué.

- Lequel a ta préférence, mon frère ? demanda alors Lloyd.

- Kratos, répondit presque aussitôt Yuan.

- Cela tombe bien, car je préfère Zelos… (Elea974 : Ça aurait été tellement drôle qu'ils se chamaillent pour le même garçon )

- …Allons-y.

Ils quittèrent la galerie avec regret, laissant derrière eux le portrait de ceux qu'ils avaient déjà appris à aimer. (Elea974 : Mouais… L'emballage est peut être joli mais ce qui compte c'est ce qu'il y a à l'intérieur voyons ! Ils sont si superficiels…v.v)

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Il ne leur restait plus qu'à explorer l'aile ouest. Le soleil achevait de sombrer à l'ouest, et la nuit ne tarderait plus à tomber. Yuan et Lloyd avançaient côte à côte dans les longs couloirs du château, le cœur battant de plus en plus fort à chaque pas qu'ils faisaient. Ils étaient impatients à l'idée de se retrouver face aux Princes endormis, mais également très nerveux…

Enfin, ils atteignirent la dernière chambre de l'aile ouest. Les Princes ne pouvaient qu'être là, car ils avaient visité toutes les autres pièces du château sans les trouver. Yuan prit une grande inspiration, et poussa la porte qui s'ouvrit sans bruit.

C'était sans nul doute la chambre la plus luxueuse du château. De grandes fenêtres décorées de vitraux illuminaient la pièce de reflets colorés et changeants ; le sol était recouvert d'épais tapis venus de pays lointains, et de magnifiques tapisseries représentant les Esprits Originels recouvraient les murs. Mais les deux princes n'en avaient cure. Ils n'avaient pas même remarqué la richesse de la chambre, car ils n'avaient d'yeux que pour les deux silhouettes allongées sur le grand lit.

Ils s'approchèrent, et ne purent que les contempler. Devant eux reposaient, les yeux clos, respirant si lentement qu'on aurait pu les croire morts, les Princes Kratos et Zelos. Ils ne devaient pas avoir plus de vingt ans chacun, estima Yuan.

- Yuan ? appela Lloyd.

- Hm ?

- …comment sommes-nous censés les réveiller ?

- …c'est une question ma foi fort pertinente.

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Martel et Raine se tournèrent immédiatement vers Colette, qui rougit fortement. Les trois Fées avaient attendu les princes dans la chambre des endormis, pour surveiller le bon déroulement des opérations. Pour cela, elles s'étaient également rendues invisibles, et s'étaient dissimulées dans le coin le plus sombre de la pièce ; afin de pouvoir tout observer sans se faire repérer. (Ymia : vous avez donc compris qu'elles venaient mater…)

- Comment sont-ils censés procéder ? demanda mentalement Martel à Colette.

- Eh bien… je dois avouer que sur l'instant, je n'y ai pas songé…lui répondit Colette, penaude.

- Quel est l'effet par défaut dans ce genre de cas ? soupira Raine.

- Euh…

Colette fit apparaître un livre – format de poche – intitulé « Sorts et enchantements pour les nuls et les pas doués » (Elea974 : Il faudra que je pense à me le procurer celui là…), et consulta rapidement l'index. Raine se retint de se frapper le front, et se contenta de lever les yeux aux ciel.

- Ah ! Alors, il est écrit que dans le cas où les modalités de réveil ne sont pas précisées lors de la mise en place du sortilège, le réveil devra être provoqué par…

- Par… ? voulut savoir Raine.

- Par…euh…hé bien par…un…baiser ? acheva la Fée Colette en rougissant à nouveau.

- Sur la joue ? demanda – naïvement – Martel.

- …Sur la bouche, dit Colette.

Les trois Fées se regardèrent quelques secondes avant que Raine ne pose la question qu'elles se posaient toutes trois.

-Et comment les mettre au courant sans nous faire remarquer ?

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Pendant que les Fées délibéraient télépathiquement dans leur coin d'ombre, Yuan et Lloyd réfléchissaient eux aussi à cet épineux problème. Yuan avait quelque peu étudié la magie, mais aucune solution ne lui venait à l'esprit pour rompre cet enchantement. Ce fut finalement Lloyd qui prit la parole.

- J'ai peut-être une idée…

- Vas-y, l'encouragea son frère.

- Tu te souviens de Dame Yume ?

- Tu parles de la duchesse de Larkhan ?

- Oui.

- Hé bien ?

- Lors de son séjour au château, elle aimait beaucoup lire des histoires aux enfants…

- Je suppose que tu y étais toi aussi ? railla Yuan.

- En effet.

- Où veux-tu en venir ?

- Dans une de ces histoires, il était précisé que la princesse endormie ne pouvait s'éveiller que grâce au baiser de son prince charmant…

- …nous serions donc des « princes charmants », et pour réveiller nos tendres « princesses », nous devrions donc… ?

- …les embrasser, acheva Lloyd.

- …c'est bien ce que j'avais cru comprendre…soupira Yuan, avant de se retourner brusquement vers un coin de la pièce.

- Qu'y a-t-il ? demanda son frère.

- J'avais cru entendre quelque chose par là…

- Tu as dû rêver, dit Lloyd en fixant le coin d'ombre que son frère lui désignait.

Dans ce même coin, Martel et Raine avaient les mains plaquées contre la bouche de Colette, pour l'empêcher de les faire repérer. En effet, lorsqu'elle avait entendu le prince Lloyd donner la solution, elle n'avait pu s'empêcher de pousser un soupir de soulagement, que le prince Yuan avait perçu.

- Tu as sans doute raison, murmura Yuan en se détournant.

Les Fées respirèrent plus librement et Raine réprimanda – en silence – la Fée Colette.

- Bon, reprit l'aîné. Puisqu'il le faut…

- Hein ? Mais…mais si ça ne marche pas ? fit Lloyd, gêné.

- Si ça ne marche pas, on essaiera autre chose, répondit son frère en haussant les épaules.

Il se rapprocha de Kratos, et se pencha vers lui. Il le contempla de nouveau quelques temps, avant de combler les quelques centimètres qui séparaient encore ses lèvres de celles du Prince endormi… ( Elea 974 : Personnellement je me méfierais moi… ben oui des princes endormis depuis deux cents ans - à moins qu'ils n'aient gardé un chewing-gum dans la bouche tout ce temps - ça doit pas avoir une haleine très fraîche… (regard furibond de l'auteur à qui on vient de briser sa scène follement romantique)hein, quoi ? Ok je sors…)

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Noir. Tout était noir. Et il était là, seul dans les ténèbres. Seul avec lui-même, avec sa conscience comme unique compagnie. Cela faisait si longtemps qu'il errait dans ce noir insondable…parfois lui revenait des bribes souvenirs lointains. Il se souvenait de sa mère qui lui souriait, de son père qui lui contait ses batailles, de son frère avec qui il avait passé tant de temps…

Dans ces moments là, il lui semblait sentir une présence près de lui. Son frère était près de lui, l'empêchant durant ces courts instants de se sentir totalement isolé… Chaque fois il voulait se réveiller, sortir de ce rêve sans fin, retrouver sa famille ; mais chaque fois il échouait. Ses paupières ne s'ouvraient pas, et il restait endormi. Enfermé dans son sommeil, prisonnier des ténèbres, il ne pouvait qu'attendre… Attendre que quelqu'un vienne enfin le réveiller…

Il ne savait pas depuis combien de temps il était ainsi endormi, ni combien de temps encore il le resterait. Il savait juste qu'il voulait voir ce cauchemar prendre fin. Il ne voulait plus être seul. C'est sans doute pour cela que lorsque ce moment arriva, il ne put empêcher ses lèvres de répondre au baiser…

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Yuan fut surpris de trouver les lèvres de Kratos aussi douces, mais cela avait été loin de lui déplaire. Mais lorsqu'il embrassa le Prince, il ne se passa rien. Profondément déçu, il allait se redresser lorsqu'il sentit la bouche du Prince Kratos se presser contre la sienne, et ses lèvres répondre à son baiser. Il ferma les yeux, se délectant de ce doux contact ; et leur baiser dura longtemps. Lorsque Yuan se redressa, il croisa un regard d'ambre, encore un peu endormi, légèrement surpris ; et il sourit. Le sort était rompu.

- Bonjour, Prince.

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Les ténèbres. Où qu'il porte son regard, il n'y avait que des ténèbres. Zelos n'avait jamais aimé l'obscurité. Enfant, il se glissait souvent dans la chambre de son frère pour y rechercher une présence rassurante au milieu de la nuit. Jamais son frère ne l'avait repoussé, acceptant simplement sa présence, et tentant de le rassurer de son mieux. Son frère avait toujours été courageux. Lui avait peur de tout. Peur du noir, et surtout de la solitude. Il ne supportait d'être seul, livré à lui-même.

Ce qu'il était en ce moment même. Mais lorsqu'il pensait avoir atteint ses limites, il sentait une présence à ses côtés ; une présence familière et qui lui transmettait un peu de sa force, de son courage, à travers ce cauchemar interminable. Il avait reconnu l'aura de son frère, et le savoir près de lui le rassurait, et lui permettait de mieux faire face à ses peurs enfantines.

Ne pouvant apparemment se réveiller de son propre chef, il ne pouvait qu'attendre, et espérer que quelqu'un viendrait, quelqu'un qui lui permettrait de retrouver la lumière du jour, la réalité ; quelqu'un qui ne le laisserait plus jamais seul… C'est pour cela que lorsque son souhait fut exaucé, Zelos ne voulut plus se défaire de celui qui l'avait délivré des ténèbres…

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Lloyd, en voyant son frère se pencher vers le Prince Kratos, avait détourné le regard, rougissant. Presque malgré lui, ses yeux avaient été de nouveau attirés par le visage du Prince Zelos ; et n'avaient pu s'en détacher. Ecoute ton cœur, lui avait appris son père, dès son plus jeune âge. Depuis, il s'était efforcé de mettre cette phrase en application. Cela lui avait d'ailleurs plutôt bien réussi jusqu'à présent.

Et c'est dans cette phrase qu'il puisa le courage nécessaire pour finalement se pencher à son tour vers son Prince endormi. Avec quelques hésitations, et surtout le cœur battant à tout rompre, il l'embrassa.

Il ne se passa rien. Lloyd se redressa quelque peu, affreusement déçu. Il soupira, et leva les yeux sur le visage endormi de Zelos. Qui n'était plus si endormi que ça. Il croisa en effet un regard d'azur, certes encore un peu voilé ; mais qui le fixait avec intensité.

- Encore…murmura le Prince, d'une voix que Lloyd trouva mélodieuse et totalement irrésistible. (Elea974 : En même temps, deux cents ans d'abstinence… je le comprends le pauvre… Ymia : Quand es-tu revenue ? Elea974 : Je suis pas partie.)

Il se sentit alors enlacé, et il se rapprocha doucement du visage de Zelos ; qui l'embrassa avec tendresse. Il ferma alors les yeux, et plus rien d'autre ne compta pour lui, à part cette douce étreinte avec l'élu de son cœur…

Il ne se rendit même pas compte de l'exclamation outrée que poussa le Prince Kratos…


Ymia : Et voilà ! C'est tout pour ce chapitre !

Elea974 : Tu choisis super bien tes moments pour couper, toi, hein ?

Ymia : Je fais ce que je veux, je suis l'auteur !

Kratos : Et nous on subit, c'est çà ?

Ymia : C'est ça que j'apprécie chez toi, Kratos, tu comprends vite ! Et oui, vous êtes tous mes jouets le temps de cette fic ! (l'auteur part alors d'un rire hystérique et désagréable)

Kratos : (tire son épée, une lueur meurtrière dans le regard) Redis-moi ça en face, pour voir ?

Ymia : Hum...(lorgne sur l'épée) Tu es mon jouet ?

Kratos : (sourire carnassier) C'est bien ce que j'avais cru comprendre... JUGEMENT !

Ymia : KYAAAAAAAAH !!! (évite les rayons lumineux in extremis et s'enfuit)

Kratos : (lui court après, épée au clair) REVIENS ICI !

Elea974 : (soupire) Bon, ben, pensez à laissez des reviews, hein ? Faut l'encourager, elle en a besoin... Ah, et n'hésitez pas à critiquer, hein ? Elle, elle s'en prive pas... Allez, tchao ! A dans deux semaines !