Note de l'auteur : En écrivant ce deuxième chapitre, j'ai réalisé qu'il faudrait que j'en rédige un troisième parce que, dans le cas contraire, ce chapitre serait beaucoup trop long. Donc, je reviendrais avec un autre chapitre bientôt. Merci à toutes les personnes qui m'ont laissé une review.
La chanson utilisée s'intitule For You, de la femme qui pour moi à la plus voix la plus pure : Tracy Chapman.
Le cœur de Kurt Hummel battait toujours très vite lorsqu'il arriva devant la porte du théâtre. Mais il ne savait plus si cela était dû à l'appréhension qu'il éprouvait à l'idée de monter à nouveau sur scène ou à l'attitude de Blaine, qui était parti de chez eux sans même le lui dire. Le jeune homme espérait pouvoir oublier son compagnon lorsqu'il monterait sur scène, dans quelques minutes. Il ne voulait pas que sa colère lui gâche le moment qu'il attendait depuis tellement longtemps : celui où il chanterait à nouveau devant un public qui ne serait pas composé seulement d'amis ou de membres de sa famille. Et puis, il ne pouvait se permettre une mauvaise prestation parce que Rachel le tuerait.
Un sourire naquit sur les lèvres de Kurt à l'idée qu'il allait chanter dans un des plus grands théâtres de Broadway. S'il avait de la chance, un metteur en scène mondialement reconnu se trouverait dans la salle et le remarquerait. Et, à la fin du spectacle, peut être lui proposerait-il un rôle dans la grande comédie musicale à succès qu'il s'apprêtait à monter. Le jeune homme ferait semblant de réfléchir et d'hésiter pendant quelques secondes avant d'accepter. Kurt pourrait alors à nouveau sentir, chaque soir, ses pieds fouler le parquet du plateau et ressentir l'adrénaline monter en lui alors que le lourd rideau rouge se lèverait. Et il pourrait vivre de sa première passion et dire à son père qu'il avait enfin réalisé son rêve d'enfant.
C'était de ce genre de vie, la vie de chanteur reconnu, dont Kurt avait toujours eu envie avant qu'il ne reçoive la réponse négative de la NYADA. Et le simple mot « refusé » sur la lettre de l'université avait suffit à faire voler ses rêves en éclats. Il avait retenu ses larmes toute la journée et s'était forcé à sourire, pour ne pas altérer la joie de Rachel. En rentrant chez lui, il avait assuré avec entrain à Burt que ce n'était pas si grave, qu'il irait en école de stylisme avec plaisir. C'était seulement lorsque Blaine l'avait rejoint dans sa chambre, plus tard, et l'avait pris dans ses bras avec une tendresse infinie, qu'il avait laissé les larmes ruisseler sur ses pâles joues. Blaine n'avait rien dit, il s'était contenté de serrer Kurt contre lui. C'était plus fort que les mots.
Kurt rajusta le col de son pardessus et poussa la porte du théâtre, se retrouvant dans la vaste pièce qui accueillait les spectateurs. Et il sut que quelque chose n'allait pas. Les fauteuils dorés étaient tous vides, ce qui n'était jamais le cas en temps normal. Il se trouvait toujours un spectateur assis en leurs seins, qui bien souvent, avait dû sortir précipitamment pour répondre à un appel urgent. Et personne ne se trouvait derrière le comptoir d'accueil en marbre massif. Lors d'une représentation, il devait toujours y avoir quelqu'un pour accueillir les éventuels retardataires. Kurt le savait, il fréquentait les théâtres depuis qu'il avait pu sortir seul. Mais surtout, il n'entendait aucun son traverser les lourdes portes qui menaient à la salle de spectacle.
Il n'y avait aucune représentation, dans ce théâtre, ce soir là. Kurt n'avait même pas besoin de pousser les portes de la salle pour le vérifier. Le silence et l'absence de vie qui régnait en ces lieux étaient criants de vérité. Le jeune homme fouilla dans son sac et en sortit le papier sur lequel il avait noté l'adresse. Peut être avait-il mal lu ce qu'il avait écrit plus tôt. Mais après avoir consulté par deux fois le numéro du théâtre et son nom, il dû s'avouer qu'il était bien au bon endroit. Se pouvait-il que Rachel lui ait menti ? Ou peut-être le public avait-il quitté les lieux en apprenant que la grande Rachel Berry ne se produirait pas devant ce soir-là et serait remplacée par un Américain lambda ? Non, c'était impossible. L'explication devait être ailleurs. Mais, après la journée atroce qu'il venait de passer, Kurt n'avait pas la force de la chercher.
Puisqu'il était venu jusqu'à New York au milieu de la nuit et puisque Blaine ne l'attendait pas à la maison, Kurt n'eut pas envie de reprendre sa voiture et de retourner chez lui. Il décida, à tout hasard, d'essayer d'entrer dans la salle de théâtre. Si elle était ouverte, le jeune homme monterait sur la scène et interpréterait une chanson pour un public fantôme. Comme au temps où, quand il faisait parti du Glee Club, il allait dans l'auditorium et chantait pour extérioriser ses émotions. C'est ce qui lui avait toujours plut dans la musique : pouvoir dire autrement ce que l'on ressentait et pouvoir utiliser les mots que d'autres avaient déjà assemblés pour transmettre un message. Ce soir, il avait envie de chanter « I don't believe you » de Pink, pour un Blaine absent.
Le jeune homme ne s'attendait pas à ce que la porte cède sous la poussée de son bras. Il ne put retenir une exclamation de surprise et bascula dans la salle. Deux rangées de lumière encadraient les marches qui descendaient vers la scène et diffusait une faible lumière, ce qui permit à Kurt de ne pas se trouver dans l'obscurité complète lorsque la lourde porte se ferma derrière lui avec un bruit sourd. L'ancien New Direction tourna la tête vers sa gauche, où se trouvaient les confortables sièges dans lesquels il s'était déjà plusieurs fois assis mais, et c'était ce à quoi il s'attendait, il ne vit personne. La déception l'envahit à l'idée que Rachel, comme Blaine, l'avait trahi ce soir. Il ne comprenait ni l'un ni l'autre, mais à l'instant, il voulait simplement chanter, occuper le plateau vide.
Kurt commença à descendre l'escalier, laissant sa main effleurer le dossier des sièges comme il avançait. Il lui semblait percevoir de légers chuchotements qui provenaient des coulisses mais lorsqu'il s'arrêta pour en être certain, il n'entendit rien qui troublait le silence du théâtre, si ce n'était sa propre respiration. Le jeune homme reprit sa marche, et comme il regardait ses pieds pour être certain de ne pas rater la marche, il remarqua que son lacet était défait. Il se pencha alors pour le renouer, sans pouvoir s'empêcher de vérifier encore une fois que ses précieuses chaussures n'étaient pas abîmées. Il était tellement furieux contre Blaine qu'il n'avait pas pris la peine de faire attention à lever les pieds dans la courte allée gravillonnée qui menait à leur petite maison.
Lorsqu'il se releva, Kurt remarqua que la scène qu'une douce lumière envahissait lentement l'espace scénique. Il tourna brusquement la tête vers la régie pour voir s'il apercevait quelqu'un mais personne ne se trouvait dans la cabine, pas même une ombre. Son rythme cardiaque s'accéléra brusquement et il concentra de nouveau son attention sur la scène, qui se trouvait encore à quelques mètres en contrebas. Pétrifié, il entendit de nouveau des chuchotements se heurter au silence, plus fortement cette fois. Puis les murmures se turent pour la seconde fois et il vit les rideaux qui dépassaient des coulisses onduler, comme si quelqu'un venait juste de les frôler. Kurt déglutit, et lentement, posa un pied sur la marche derrière lui. Il ne savait pas ce qui se passait dans ce théâtre désert et ne voulait pas le savoir.
C'est alors qu'une voix s'éleva dans le silence devenu pesant, une voix que Kurt n'avait presque plus entendu depuis des mois. Un frisson parcouru la peau du jeune homme, le faisant frémir de la tête aux pieds et il sentit sa gorge se nouer. Il avait fermé les yeux aux premières notes et n'osait pas les ouvrir de nouveau, de peur d'être déçu. Mais il était certain que la voix appartenait bien à Blaine. Kurt aurait reconnu ce timbre entre mille. Il l'avait tellement entendu, il avait passé des soirées entières à écouter son propriétaire faire des exercices pour l'améliorer. Il l'avait aimé plus qu'aucune autre, avant qu'elle ne disparaisse pratiquement de son quotidien.
There're no words to say
(Il n'y a pas de mots pour dire)
Pétrifié, Kurt vit Blaine sortir de la coulisse de gauche, vêtu d'un magnifique costume noir, et s'avancer vers l'avant de la scène. Son compagnon lui adressa un sourire et toute la colère qu'il ressentait pour Blaine s'évapora. Kurt sentit ses jambes trembler si violement qu'il crut un instant qu'il allait chuter. D'un geste maladroit, sa main s'accrocha au dossier de l'un des fauteuils. Il ne pouvait détacher son regard de Blaine, qui pour la première fois depuis longtemps, semblait le voir réellement. Son cœur battait désormais si vite que le jeune homme se demanda s'il n'allait pas faire éclater sa poitrine. Tandis que l'ancien New Direction respirait profondément pour tenter de se calmer, la voix de Blaine s'éleva de nouveau, plus fort, et le timbre d'un piano retentit.
No words to convey
(Pas de mots pour traduire)
This feeling inside I have for you
(Ce que j'éprouve au plus profond de mon être)
Deep in my heart
(Au plus profond de mon cœur)
Le jeune homme vit soudain apparaître, sur les extrémités de la scène, les personnes qui lui étaient le plus chères. Il y avait Burt, Rachel, Finn, Mercedes, Britanny et Tina. Tous vêtus de très élégantes tenues, ils vinrent former une ligne derrière Blaine et leurs voix se joignirent à la sienne, afin de créer un échos à ses paroles. A peine conscient de ses gestes, car toute son attention était tournée vers Blaine, Kurt reprit sa marche silencieuse vers le plateau. Peu lui importait maintenant que ses chaussures puissent être abîmées, où que sa journée ait été éprouvante. Seul comptait le fait que l'homme qu'il aimait était devant lui et le regardait et souriait, pour la première fois depuis un temps qui avait semblé infini à Kurt.
Save from the guards
(Libre des chaînes)
Of intellect and reason
(De l'intellect et de la raison)
Leaving me at a loss
(Me privant)
For words to express my feelings
(Des mots suceptibles d'exprimer les sentiments)
Deep in my heart
(Que j'éprouve au plus profond de mon cœur)
Le pas de Kurt s'accéléra et les larmes commencèrent à rouler sur les joues du jeune homme. La scène qui se jouait devant lui faisait remonter de nombreux souvenirs dans son esprit. Combien de fois s'était-il retrouvé, à McKinley, à regarder et écouter Blaine chanter sur une scène vide ? Il ne pouvait les compter. Il y avait aimé ces moments plus qu'aucun autres car alors, il avait l'impression que la voix de Blaine ne s'adressait qu'à lui. Dans ces instants, il n'y avait plus que Kurt et Blaine, le regard ancré dans celui de l'autre, peut importe ce qui pouvait arriver autour. Et aujourd'hui, c'était à nouveau le cas.
Look at me losing control
(Regarde-moi qui perds la maîtrise de moi-même)
Thinking I had a hold
(Qui pensais l'avoir)
Kurt Hummel, maintenant près de la scène, se maudissait de n'avoir pas pensé que s'il ne pouvait mettre des mots sur ce qui s'était insinué entre lui et Blaine, ce dernier utiliserait la musique. Tôt ou tard. Tous deux avaient toujours usés de la chanson pour se parler quand ils ne pouvaient dire leurs sentiments et leur pensée. Cela avait été le cas lorsque que Kurt avait flirté avec Chandler et que Blaine, trop furieux pour lui parler, avait chanté « It's not right, but it's OK ». Maintenant, Blaine semblait vouloir rassurer Kurt sur la puissance de son amour avec cette chanson et lui signifiait que tout allait bien. Et Kurt ne demandait qu'à y croire.
But with feelings this strong
(Mais avec des sentiments aussi forts)
I'm no longer the master
(Je ne suis plus maître)
Of my emotions
(De mes émotions)
N'oubliez pas que rien n'est jamais définitif avec moi. Vous pourriez être surpris au prochain chapitre, comme ne pas l'être. Suspence.
