Bonjour à tou(te)s !

J'espère que vous allez tous très bien !

J'ai été super méga giga heureuse de lire les reviews qui m'ont été laissées. Merci à mes revieweurs/euses d'amour ! J'ai nommé : MariePuffy ; MissFlow ; Betafrange ; Caballeras ; Nedwige Stark ; MrsBrunette ; NeverForgeett ; et enfin : Janifael !

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NEWS : Il ne reste que vingt-quatre heures aux participants du concours LCE pour m'envoyer leur texte !

Publications à venir : au cours du W-E prochain, deux nouvelles publications interviendront : celles de mes deux textes « Hors-concours » de l'édition de Noël du concours de Fanfictions LCE. J'espère que les textes vous plairont !

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RàR Anonyme :

Miss Flow : Helloooo to you ! Je suis trop, trop, trop, trop, trop contente que tu sois trop, trop, trop, trop, trop contente de retrouver nos handicapés des sentiments ! *-* Merci infiniment pour ton enthousiasme qui me fait très chaud au cœur ! Effectivement, j'ai regroupé l'intégralité des HS. Des Dramione aux Dandy en passant par les Scolène ! )

Je suis ravie que tu aies ri en lisant la première partie. Comme tu le sais sans doute, je n'aime pas faire deux fois la même chose et j'ai voulu donner à cet épilogue un côté « humoristiques » que l'on n'avait pas forcément avec les deux autres fics. (Cela vient également des demandes que m'ont faite les lecteurs d'HPF lors des sondages.) Bref, je suis ravie que tu aies apprécié et j'espère qu'il en sera de même avec cette nouvelle partie ! :D (Et oui, je sais : quoi qu'il arrive, je reste sadique avec mon suspens ! MOUAHAHAH) Un GRAAAND merci pour ta reviiiew ! Des bisous et à très vite !

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DOOONC ! Je sais que certains ont parié sur l'annonce de la grossesse d'Hélène tout droit sortie de la bouche de notre petit Scorpinou national. Alors qu'en est-il ? Que va-t-il se produire dans le courant de cette soirée de réveillon ? Eh bien c'est ce que je vous propose de découvrir dès à présent ! :D

Je vous souhaite à toutes et tous une excellente lecture et je vous dis à trèèèès vite (enfin pas trop vite parce que cette partie est looooongue (dix-neuf pages Word ! Héééé ouais, rien que ça !)).

As always : seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.


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Seul le silence suivit les paroles du meilleur ami de Scorpius. Un silence qui s'éternisa. L'étau qu'Hermione avait toujours autour de sa main se relâcha subitement et elle pivota la tête vers Drago, les yeux plus exorbités que jamais. Daniel, de son côté, faisait aller et venir son regard entre ses deux meilleurs amis, espérant qu'ils s'expliquent.

- Euh… Attendez… Malefoy n'est quand même pas en train de nous dire que tu es… que tu es…

- Enceinte ? compléta Hélène avec douceur. Si.

Il y eu un court instant de quiétude puis Daniel se mit à beugler.

- NAAAAAAAAAN ! OH PUTAIN !

Il se tut une poignée de secondes supplémentaire mais finit par se jeter en avant, arrachant le verre des mains d'Hélène.

- On vous a pas appris qu'une femme enceinte ne devait pas boire d'alcool, bande d'inconscients !

- Tout l'alcool a été retiré, dit-elle patiemment.

- Mouais…

Daniel goûta lui-même le breuvage avant de le reposer sur la table basse.

- Putain j'y crois pas ! C'est ouf !

Il leur bondit littéralement dessus et les compressa vigoureusement contre son corps.

- Prems pour être le parrain !

- On verra ça, modéra Scorpius.

- Il n'y a rien à voir. Ce gamin sera mon filleul et puis c'est tout ! Bordel je vais avoir un filleul ! Ça va être É-NORME !

- Ok, Dan', redescends d'une octave s'il-te-plaît, le modéra son petit ami qui fut le second à adresser ses félicitations.

Les convives se mirent en rang d'oignons derrière lui et l'imitèrent. Légèrement à l'écart et toujours assis l'un près de l'autre, Hermione et Drago s'observèrent. Elle le lâcha alors et porta ses mains à sa bouche, émue aux larmes. Les lèvres du Serpentard se muèrent en un sourire et il n'en fallut pas davantage à sa femme pour passer ses bras autour de son cou. Il l'enlaça longuement puis, lorsqu'il remarqua que la file s'était désemplie, incita Hermione à se lever. Micky s'éloigna, cillant furieusement, et permit aux deux couples de se retrouver face à face.

- Nous sommes si heureux pour vous les enfants.

Tout en pudeur, presque avec timidité, ils échangèrent alternativement de longues étreintes. Hermione pleurait en riant et Scorpius n'était pas mieux. Hélène était sans conteste au comble du bonheur et une larme unique roula sur sa joue. Drago, lui, exprimait intimement sa joie. Aucune larme ne fût visible mais il s'en fallut de très peu pour que l'une lui échappe. Narcissa venait de se présenter à ses côtés et fit glisser sa paume dans la sienne. En face d'eux, Scorpius embrassait le front de sa mère.

- Tu as le droit de pleurer, Drago.

- Je le ferai, Mère. Ultérieurement. Tout comme toi.

Il posa les yeux sur elle et la vit sourire.

- Grand-père mon vieux Malefoy ! Tu vas être grand-père, par le string de Morgane ! s'esclaffa Blaise en lui administrant une tape dans le dos.

- M'en parle pas !

- Si justement, parlons-en, intervint Scorpius en s'approchant d'eux. Il va sans dire que vous avez plutôt intérêt à vous responsabiliser, tous les deux.

Son regard passa alternativement de sa mère à lui.

- Il est hors de question que nous vous confiions notre enfant si vous continuez à vous comporter comme des adolescents. Vous avez donc sept mois pour devenir des adultes. Bon courage !

- N'importe quoi ! Nous sommes parfaitement responsables et matures.

- Oui, parfaitement ! l'appuya Hermione.

- Essayez donc d'y croire vous-mêmes.

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Hermione et Drago convièrent les invités à table et se réfugièrent dans leur cuisine sous le prétexte du service à l'assiette.

- Grands-parents à quarante-sept ans ! C'est du grand n'importe quoi !

- Ne commence pas à paniquer, le gourmanda la Gryffondor en lançant des sortilèges à l'aveuglette.

- Tu paniques autant que moi !

- Oui mais moi, c'est normal.

- Comment ça, c'est normal ? J'ai tout autant le droit de paniquer que toi. J'en ai même plus.

- Non.

- Si.

- Non !

- Si !

Ils se scrutèrent longuement.

- Nous ne sommes pas prêts.

- Assurément pas.

- Bon, ok, pensons rationnellement, décréta Hermione avec détermination. Nous avons sept mois pour nous faire à l'idée. C'est long sept mois.

- Oui. C'est même très long.

- Effectivement. Regarde, c'est le temps qu'ils nous a fallu pour nous avouer notre amour. Si nous sommes parvenus à faire ça, nous parviendrons à nous conditionner.

Drago opina militairement.

- Et puis de toute façon, nous ne sommes que des grands-parents. Nous n'aurons un rôle que très secondaire, reprit son épouse.

- Oui. Je ne sais pas changer une couche mais la magie nous aidera quoiqu'il arrive.

- Tu ne sais changer enfiler une couche ?

- Ma mère s'est pratiquement toujours occupée de Scorp' quand il était bébé… lui rappela-t-il.

- D'accord… Ce n'est pas grave. Je t'apprendrai. Je sais faire toutes ces choses. J'ai eu une fille, je me suis occupée d'elle et… et… et je n'ai plus de fille. Oh Merlin, comment allons-nous faire ?

Drago manqua de se faire assommer par une assiette volante et se propulsa en avant. S'il paniquait, Hermione se trouvait à présent au bord de la crise de nerfs. Faisant taire ses propres appréhensions du mieux qu'il le put, il ceignit son corps tremblant et la manda de se relaxer. Potter vint aux renseignements peu après. Il parut comprendre de quoi il retournait en quelques secondes à peine. Sachant que son épouse n'était pas pleinement calmée mais qu'il avait lui-même un devoir, Drago interrogea silencieusement le binoclard qui lui fit signe qu'il prenait les choses en mains. Hermione se pelotonna contre son torse sans se plaindre de cette passation de pouvoir et Drago put servir les entrées sans omettre de déposer un baiser dans les cheveux momentanément disciplinés de sa femme.

- Où est Maman ? Il y a un problème ? le sollicita impétueusement Scorpius qui n'était pas assis, à l'image d'Hélène.

- Un trop-plein d'émotions. Elle arrive.

- Nous aurions dû attendre, Scorp'. Nous n'aurions pas dû faire les choses ainsi. La situation est compliquée pour ta mère.

- Tout va bien, Hélène. Hermione a été très surprise de l'annonce. Comme très souvent quand ça touche de près ou de loin à Scorpius et à présent qu'il est question d'un petit-fils ou d'une petite-fille, elle songe à Rose. Mais il n'y a rien d'ingérable et elle nous retrouvera très rapidement.

La mère en devenir hocha lentement la tête mais Scorpius ne sembla pas satisfait.

- Je devrais peut-être y aller.

- Elle est avec Potter. Crois-moi, ta présence ne l'aiderait pas. Tu la connais, elle va culpabiliser, te présenter ses excuses pour « gâcher le réveillon » et nous ne nous en sortirons pas.

- Ton père à raison, Scorp'. Allons nous asseoir.

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Hermione et Potter s'attablèrent cinq minutes plus tard. Présidant l'autre bout de la table, Drago détailla scrupuleusement son épouse pour s'assurer de la crise avait été endiguée. Elle avait dû user de sortilèges car son visage était aussi frais qu'au début de la soirée et rien n'indiquait qu'elle ne se sentait pas à son aise. Le Serpentard remercia ensuite le pseudo-Survivant sans un mot et piqua dans son assiette. L'entrée et le plat de résistance de Micky eurent un franc succès. Momentanément repus et désireux de patienter avant de terminer le repas par une farandole de desserts tous plus gourmands les uns que les autres, les convives se levèrent de table. Si certains demeurèrent dans la pièce de vie pour discuter, d'autres comme Marie, Andy, Weaslette et Hélène se rendirent dans le jardin où une bonne trentaine de centimètres de neige était tombée. Avisant Hermione et Scorpius en tête-à-tête, Drago prit en charge le débarrassage et le nettoyage de la vaisselle. Pansy qui, jusqu'alors, n'avait commis aucun esclandre apporta son aide à l'instar de Narcissa. Même s'il était dos à l'entrée de la cuisine, Drago capta sans mal les trois allers-retours de Blaise qui, la deuxième fois, ouvrit le réfrigérateur sans autorisation et le referma sans n'avoir rien récupéré. Finalement agacé par ses agissements, le Serpentard prit la décision de lui demander clairement ce qu'il voulait mais Blaise ne réapparut pas. Soupçonneux, il lança deux sortilèges supplémentaires et se rendit à l'extérieur où les convives s'étaient tous regroupés. Hélène, Weaslette et Marie avaient a priori formé un bonhomme de neige qu'Andy avait enchanté. Le petit personnage déambulait lentement de long en large en s'enfonçant toujours plus dans la poudreuse. Une sorte de concours débuta alors et chaque participant y alla de sa création personnelle.

Pansy Parkinson donna vie à une Vélane particulièrement réussie. Narcissa, elle, reproduisit à l'identique son Patronus, une splendide louve. Ginny Potter, une poursuiveuse de Quidditch grandeur nature qui ne cessait de lancer le Souafle dans les airs avant de le rattraper. Marie Zabini, une réplique exacte de son époux. Celui-ci s'enorgueillit mais perdit son sourire quand le second Blaise se mit à l'attaquer vigoureusement à coup de boules de neige et de commentaires dignes de l'original. Ce dernier matérialisa en conséquence un Géant qui se chargea de le protéger. La créature avait visiblement pour seconde mission de détruire son adversaire mais le Blaise de neige se révélait très agile et échappait aisément à l'énorme poigne du Géant.

Hélène leva sa baguette mais ne psalmodia pas sur l'instant. Elle fit volte-face vers Scorpius et sourit avec amusement. Etonnement, ce fut un lion majestueux et impressionnant de réalisme qui s'échappa de sa baguette. Il se mit alors à marcher de façon menaçante en direction de Scorpius tout en lui grognant après. Le Serdaigle demeura parfaitement calme et jeta son propre sortilège. Des hurlements de rire fusèrent de toute part ou presque tandis qu'un monstrueux serpent rampait de façon lascive vers le lion qui s'était immobilisé. La tentative d'envoûtement manqua et le félin bondit sur le reptile. Tous deux s'écrasèrent au sol où ils poursuivirent leur rixe à grand renfort de rugissements et de sifflements. Hermione et Drago n'eurent nul besoin de se concerter pour réaliser leur ouvrage. Pendant que sa femme créait littéralement une armée de bambins enneigés qui se tenaient à quatre pattes, encerclaient le couple de farceurs, et braillaient de toute la force de leurs poumons, Drago constitua une seconde rangée composée de couches malodorantes, de biberons, de transats qui se balançaient seuls dans un grincement exaspérant et autres réveils qui beuglaient sans interruptions. L'étau se resserra autour de Scorpius et Hélène qui se couvraient les oreilles avec leurs mains tant l'enchantement était bruyant.

Vint le tour de Potter qui surprit tout le monde en ne modélisant que deux chiens dont l'un était deux fois plus petits que l'autre. Le plus grand - dont la taille était déjà très modeste - se coucha sur le flanc, accueillant son homologue auprès de lui. Drago les vit tourner leur tête de concert, observer quelque chose dans son dos puis fermer les paupières et s'endormir. Potter fut dévisagé et Drago opéra un demi-tour, cherchant à savoir ce qui avait attiré l'attention des animaux. Il ne trouva qu'Hermione, souriant tendrement à son ami. De ce qu'il comprit, Weaslette était la seule à qui cette mise en scène parlait également. Drago posa un dernier regard sur les deux chiens qui dormaient toujours puis attendit que l'avant-dernier enchantement soit produit. Connaissant un minimum Daniel Jameson, Drago s'attendit au pire. Réaction visiblement partagée par beaucoup. Daniel avait brandi sa baguette et la quasi-totalité des invités avait fait un pas en arrière. Seuls Hélène et Scorpius n'avaient pas bougé, puisqu'en étant incapables, de même que Blaise Zabini, qui ne semblait pas craindre les frasques éventuelles de celui qu'il surnommait parfois son « fils spirituel », ou encore son compagnon dont le bonhomme de neige avait subi un panel d'améliorations. Drago fut interloqué de ne voir jaillir du bout de bois qu'une réplique en tout point similaire à son créateur. Comme lui, l'homme fait de neige avait les mains dans les poches de son manteau et arborait un air mal à l'aise. Le véritable Daniel resta sur place mais l'autre se mit à marcher. En prenant conscience de sa direction, Drago vit clair dans son jeu et il ne fut pas le seul. Il ne faisait aucun doute qu'ils allaient encore demeurer dehors un bon moment avec cette histoire et il n'en avait guère envie. C'était même un euphémisme pour lui dont les chaussures à cent Gallions s'humidifiait à toute vitesse. Il aurait très bien pu les protéger mais, soutenu par sa mauvaise volonté, il préféra rouler des yeux pendant qu'à côté de lui, Hermione faisait taire les métamorphoses sonores.

La silhouette de Daniel continua son périple et se posta devant un Andy tétanisé. On aurait pu entendre un fantôme se déplacer tant le silence qui régnait était profond. Progressivement, la statue de glace s'abaissa, déposant l'un de ses genoux sur le sol. Sa main gauche se forma et fut complété par la droite au cœur de laquelle se situait un écrin. Le faux Daniel l'ouvrit puis l'enchantement se stabilisa pour finalement se scléroser.

Le souffle de chaque individu était retenu. Délaissant la manifestation des yeux, tous relevèrent la tête pour voir le véritable Daniel Jameson, l'écrin ouvert dans sa paume. Il se tenait toujours à une dizaine de mètres de son partenaire et ne s'était pas accroupi. Debout, il avait la nuque pliée par l'angoisse et le malaise. Lui qui répandait usuellement sa verve avec exubérance était inapte à prononcer la moindre parole. Drago vit Scorpius et Hélène échanger un regard où la tension était on ne peut plus perceptible. Andy était tout aussi immobile que le reste d'entre eux mais la surprise qui s'était lue sur ses traits s'estompait. Un très léger sourire la remplaça. Plongé dans les iris de Daniel en dépit de la distance, il inclina alors la tête. Le brun esquissa un pas en avant mais se retint, comme s'il n'était pas certain de l'interprétation à donner au geste d'Andy. Pourtant, celui-ci ne souffrait aucun doute et chaque protagoniste se permit de se réoxygéner convenablement. Daniel, toujours piqué comme un idiot dans la neige, contraignit alors Andy à contourner sa réalisation et converger vers lui.

- Je… Je sais pas trop pourquoi je fais ça maintenant, entonna Daniel d'une voix éraillée à son approche. J'ai envie de te demander en… mariage depuis un bail mais c'est pas grave si t'as pas envie d'accepter. On peut attendre ou pas se marier du tout, dit-il d'une voix hachée. Désolé pour la proposition pas terrible. T'es pas obligé de dire oui.

- Oui.

- Oui ?

- Oui.

- Oui comme…

- Oui comme « Oui, je veux t'épouser Daniel Jameson », répondit paisiblement Andy.

Daniel lui-même ne paraissait pas comprendre ce qu'il lui arrivait. Il fixait son vis-à-vis sans manifestement savoir ce qu'il devait faire ou non de cette information.

- C'est pour aujourd'hui ou pour demain la galoche ?! les apostropha Blaise. On se les gèle.

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Le Serpentard fut le troisième, après Scorpius et Hélène à aller féliciter les fiancés. Il serra son « fils spirituel » dans ses bras et le rabroua gentiment sur le manque d'assurance de sa demande en mariage.

- Désolés de vous voler la vedette, les amoureux, mais j'attends cela depuis tellement longtemps que je ne pouvais tout simplement pas refuser, dit Andy à l'attention des futurs parents.

- On sait et il n'y a aucun problème. Nous sommes super heureux pour vous les garçons ! le rassura Hélène.

Les congratulations s'éternisèrent. Alors qu'il pensait enfin pouvoir rentrer au chaud, Drago fut interpellé par sa belle-fille.

- Attendez, nous n'avons pas vu le travail de Micky.

Involontairement - il devait l'avouer -, Drago avait totalement oublié l'elfe qui était assise à même la neige, un peu plus loin. Elle se releva, s'écarta de l'emplacement où elle s'était tenue et les accueillit avec un large sourire.

- Bon… Je pense que nous sommes tous d'accord pour déclarer Micky gagnante, dit Ginny Potter.

- Sans conteste. C'est magnifique Micky.

- Micky vous remercie. Micky est très touchée. Merci.

Même si leur œuvre, à Hermione et lui, se hissait assurément à la deuxième marche du podium, Drago fut forcé de reconnaître que l'elfe méritait la première place. Elle avait tout simplement reproduit au détail près chacun de leur personnage ainsi que celui à qui il appartenait en miniaturisant la scène à l'échelle d'un grimoire standard. Cela donnait l'impression d'avoir enfourché un balai et de s'être élevé au-dessus du jardin.

- Allez, c'est l'heure du dessert !

- Bien dit Malefoy. Au fait ? continua Blaise en marchant à sa hauteur.

- Quoi ?

- C'était au programme l'overdose de romance ? Nan parce que là, on se croirait à la St Valenchiotte.

- Je n'y peux rien si ce sont tous des sentimentaux qui considèrent ma réception comme un moyen de beugler leur amour à tout va.

- Hum… Manquerait plus que ta mère nous balance qu'elle a un amant et là, ce serait le pompon.

Drago grimaça à cette perspective et s'empressa d'aller servir les Christmas Pudding, Christmas Cake et autres crumbles aux fruits.

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L'ambiance était bon-enfant. Chacun était rassasié et les conversations allaient bon train. Les maîtres de maison reçurent une assistance majoritaire au nettoyage si bien que Drago put abandonner Hermione et aller récupérer les digestifs - pour ceux qui en souhaiteraient.

- Hey, Malefoy ! l'interpella Blaise dans son dos.

- Hum ?

- Je peux te demander un truc ?

Le nez sur une étiquette de whisky, le blond releva la tête et arqua un sourcil. Il fit volte-face et…

- Bordel, c'est quoi cette merde ?! beugla-t-il en ayant un mouvement de recul instinctif.

- Joyeux Noël Malefoy ! s'égosilla le noir.

Aussitôt, une dinde - sans doute celle prévue pour le déjeuner du lendemain, qui aurait dû se trouver dans son réfrigérateur - crue et auparavant en lévitation à la gauche de Zabini se mut et fonça sur Drago. Ce dernier dut parer un coup d'aile que l'animal, possédé, souhaita lui donner sur la tête. Il se baissa à nouveau et se mit à déverser un chapelet d'insultes au visage de Blaise qui était littéralement plié en deux. Drago voulut quitter la pièce mais leurs cris avaient ameuté tout le monde et l'issue se retrouva bouchée, envahie par les sorciers, Hermione en tête.

- Fais cesser ça ! siffla-t-il à l'adresse de son épouse qui était en possession de sa baguette, contrairement à lui.

La dinde de Noël continuait à essayer de le frapper avec ses ailes déplumées, faisant des moulinés ridicules pour tenter d'atteindre sa cible.

- Expelliarmus ! Tatata, Grangie-chérie. La dinde reste là où elle est, dit Blaise en récupérant la baguette d'Hermione. Et voilà comment on fait, Jameson, poursuivit-il. Par ici mes Gallions.

- Ne croie pas que je vais te donner les tiens. Tu ne m'as pas donné les miens, répliqua Daniel dont l'hilarité égalait celle des autres.

Drago était toujours aux prises avec la dinde qui essayait à présent de s'asseoir purement et simplement sur le sommet de son crâne.

- DEGAGEZ ! aboya-t-il en fonçant sur la porte.

L'assemblée des ingrats qui n'avaient pas voulu l'aider ainsi que son épouse qui s'était fait avoir par cet abruti de Zabini se fendit en deux et il courut sans ménagement dans le salon où il avait laissé sa baguette. Il entendait la volaille morte le suivre à la trace. Alors qu'il déposait les doigts sur le bout de bois magique, une nouvelle dinde se matérialisa subitement devant lui. Il ne put réchapper au coup qu'elle lui asséna en plein sur le front.

- Expelliarmus ! Tu ne vas pas t'y mettre Parkinson !

- Putain Zabini, arrête ça ! vociféra Drago.

- Nan, c'est bien trop drôle. Drago Malefoy et l'armée de Dindes pourfendeuses ! On écrira des bouquins sur vous, ricana Blaise.

Dix insupportables gloussements suivirent sa tirade. Drago fut en mesure de récupérer sa baguette et la leva. Une dinde, semblant bomber le torse, toutes ailes en avant, fonça sur lui mais il la réduisit à l'état de cendres. Victorieux, il se retourna mais reçut un coup derrière le crâne par un nouvel animal. Perdant patience, Drago lança un sortilège directement sur Blaise. Ce dernier dédoubla toutefois son gallinacé, lui faisant encaisser l'enchantement à sa place.

Rapidement encerclé par les volatiles qui lui voulait la peau et tout aussi furieux que dégoûté quand l'un d'entre eux arrivait à entrer en contact avec la moindre parcelle de son corps, Drago redoubla d'efforts pour les abattre.

- Mieux vaut pour vous deux qu'il en reste une viable ou bien vous vous débrouillerez pour en trouver une autre avant demain, les prévint Hermione.

- On pourra toujours faire cuire Parkinson. Oups…

Même Drago dut s'employer pour ne pas rire. Il profita de cet instant pour détourner le sortilège de Blaise. Occupé à se faire vilipender par Pansy, le noir ne prêta pas attention à la vague de dindes enragées qui déferla sur lui. Il poussa un mugissement et se retrouva à terre en quelques secondes à peine, immobilisé par les volailles qui s'étaient toutes assises sur lui dont une à même son visage.

- Répugnant ! commenta Marie Zabini que la situation de son époux semblait grandement divertir.

Drago se débarrassa de l'effroyable sensation de la peau de la dinde sur sa sienne à grand renfort de Récurvite. Au terme du quinzième, il considéra que Zabini avait dû comprendre le message et leva le sortilège, prenant garde à conserver la dinde originelle.

- Tu es immonde, Malefoy ! J'ai cru gerber ! Cette dinde avait son cul sur ma tête !

- Blaise Zabini et les fesses de la Dinde étouffeuse, déclama Scorpius. On écrira des livres sur toi, Parrain Blaise.

Les rires fusèrent alors que Blaise se relevait difficilement et s'empressait de se nettoyer, une moue dégoûtée plaquée sur ses traits.

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- Oh non ! pépia une voix dans les instants qui suivirent.

Drago voulut porter son regard sur celle à qui elle appartenait mais son attention fut attirée de l'autre côté de la pièce.

- Fichtre, je crois que je suis amoureux ! scanda Daniel Jameson, debout près de la sculpture en chocolat.

- Euh… J'espère bien puisque tu viens de me demander en mariage, marmonna Andy Adams, perplexe.

- Je ne suis pas amoureux de toi ! dit Daniel sur le ton de l'évidence en observant son compagnon comme s'il était subitement devenu fou à lier.

- Pa-pardon ?

- C'est quoi ces bêtises encore ? s'agaça Hélène.

- Blaise !

- Mais j'ai rien fait ! se défendit ce dernier.

- Drago, est-ce toi ?

- Bien sûr que non.

- Si tu n'es pas amoureux d'Andy alors de qui es-tu amoureux ? demanda vivement Scorpius en s'approchant de son meilleur ami.

- De…

- … moi.

Tous les regards, sans exception, se braquèrent sur la personne qui venait de parler. Les gestes avaient été si prompts qu'on aurait pu entendre les articulations craquer si un fou rire général ne s'était pas élevé.

- Et je suis amoureuse de lui en retour.

Les éclats redoublèrent. Les deux acteurs de cette scène ubuesque firent état d'un outrage plus vrai que nature.

- Vous ne nous croyez pas ? les héla Daniel avec verve.

- Oh putain vous êtes trop forts ! pleura Blaise Zabini qui se raccrochait désespérément au dossier d'un fauteuil pour ne pas tomber.

- Parfait. Vous ne nous croyez pas. Parfait, répéta Daniel en se déplaçant rapidement jusqu'à sa prétendue « amoureuse ».

Drago arrêta de rire et contracta sensiblement la ligne de ses sourcils. Il s'apprêtait à parler mais n'en eut pas le temps. Sous le choc de ce qu'il vit, sa bouche s'entrouvrit d'elle-même et ses yeux sortirent de leurs orbites. Daniel Jameson était en train d'embrasser Narcissa Malefoy avec fièvre. Les doigts perdus au sein de sa coiffure, il faisait aller sa langue dans la bouche de sa… partenaire.

Pendant un instant, rien ne se produisit. Tout comme Drago, les autres spectateurs de cette abomination étaient bien trop atterrés. Il se révéla en mesure de remuer une poignée de secondes plus tard et se précipita en avant. Scorpius, bien moins loin, du… couple s'interposa néanmoins le premier.

- Qu'est-ce que tu fous ?! C'est ma grand-mère, espèce de connard ! Dégage de là ! dit-il en tirant Daniel en arrière.

- Scorpius Hyperion Malefoy-Granger, ce n'est pas ainsi que l'on s'adresse aux gens ! le reprit Narcissa de volée.

- Quoi ? Mais Grand-mère…

Elle leva la main vers lui pour le faire taire.

- Mère mais qu'est-ce que…

- Tais-toi Drago.

- Mais…

- Chut !

- Euh… s'immisça Hermione d'une voix mal assurée. Est-ce que tout va bien, Mrs Malefoy ?

Assise dans son fauteuil flottant, la Serpentard la dévisagea avec affliction.

- Oui, très chère belle-fille, je vais merveilleusement bien, lui répondit-elle avec un excès de bonne humeur et surtout d'hypocrisie. Arrêtez de nous regarder comme cela !

- C'est quoi ces conneries ?

- Nous nous aimons, affirma Daniel avec aplomb. Tout simplement. Savez-vous ce que je vais vous offrir pour Noël, délicieuse Narcissa ?

- Non ? pipa-t-elle.

- Une petite merveille tout droit venue du monde des Moldus : des sous-vêtements comestibles que je m'empresserai de déguster à même votre douce peau.

Drago crut être entré dans une nouvelle dimension. Aussi mobile qu'un Veracrasse décapité, sa mâchoire se fit tout aussi tombante que ses paupières s'écarquillèrent. A nouveau.

- Euh… Celui qui leur a jeté un Imperium peut arrêter. C'était marrant mais là, ça devient carrément flippant. Même pour moi.

Blaise guetta les réactions mais il n'y en eu aucune.

- Nous ne sommes sous l'influence d'aucun Imperium, Mr Zabini.

- Quoi qu'il soit envisageable de considérer l'amour comme une sorte d'Imperium…

- Est-ce que Daniel Jameson vient bien de faire la réflexion la plus niaise de l'histoire des réflexions les plus niaises ?!

- J'en ai bien peur, confirma Scorpius.

- Il est définitivement sous le joug d'un sortilège, poursuivit Hélène.

- Fort heureusement pour nous tous.

- Vous dites n'importe quoi ! Je suis tout à fait normal !

- Tu viens de… de…

- « Galocher ». Le mot que tu cherches c'est « galocher ».

- Ça va, Blaise, n'en rajoute pas.

Le noir leva les yeux au ciel.

- Tu viens d'embrasser ma grand-mère, Dan'. Et le pire c'est qu'elle était manifestement consentante !

- Pourquoi ne le serait-elle pas ? Nous nous aimons, abruti !

- Ok, allez c'est plus cool du tout maintenant. Que celui qui leur a fait ça lève le sortilège.

Drago scruta les invités et prit la parole.

- Ce n'est pas un sortilège. C'est un filtre.

Il s'approcha vivement de la sculpture. Une petite cavité avait été creusée dans la coque en chocolat au cœur de laquelle deux bonbons manquaient à l'appel. A en juger par la disposition, Narcissa et Daniel avaient mangé les premiers qui leur étaient tombés sous la main, deux bonbons noirs avec, pour seule décor, un liseré vert.

- Parkinson !

Drago vit Hermione se précipiter hors de la pièce, baguette au poing mais la retint.

- Elle est déjà partie, dit-il.

Son épouse pivota sur ses talons.

- C'était pour toi.

- Je suppose qu'on ne la changera jamais.

- Comment fait-on pour arrêter ça ?! L'Amortensia ne fonctionne pas de cette façon, dit Scorpius avec pertinence.

Seuls deux autres chocolats identiques demeuraient et Drago en attrapa un.

- Par pitié, empêchez-les de s'approcher ! siffla-t-il entre ses dents.

Profitant de l'effervescence générale, Narcissa et Daniel étaient à nouveau dans les bras l'un de l'autre. Marie, Hélène, Scorpius et Andy se portèrent volontaires tandis que le Serpentard se rendait dans sa cuisine. Il déposa le bonbon sur le plan de travail et le sépara en deux au-dessus d'un bol. Un mince filet de matière s'y déposa. Assez épais, le liquide était de la même couleur que le liseré. Aucune vapeur ne s'en échappait mais son odeur était très puissante. Drago se pencha sur la potion et inspira. Il descella tout d'abord une forte odeur de Whisky Pur Feu. Puis celle d'une sauce aux airelles qui sut lui mettre l'eau à la bouche. Finalement, l'effluve délicate et caractéristique de la peau d'Hermione après l'amour envahit ses narines. Elle était si puissante qu'elle éveilla ses sens et lui tourna la tête.

- On dirait de l'Amortensia mêlé à autre chose, annonça-t-il après s'être redressé.

- Je n'ai jamais entendu parler d'un tel filtre. La confection et commercialisation de l'Amortensia reste très contrôlée par le Ministère. Aucun dérivé aussi puissant ne serait autorisé, dit Blaise en analysant lui-même la potion.

- Sauf si elle l'a achetée sous le manteau ou confectionné par elle-même.

- Elle en serait capable ? fit Ginny Potter avec scepticisme.

- Les Potions étaient sa matière de prédilection, répondit Drago. Elle n'y excellait pas mais elle était douée malgré tout.

- Bon, je vais aller chercher tout ce que j'ai comme contrepoisons. Même conservée pendant des années, l'Amortensia n'acquière pas ce pouvoir de réciprocité. Dans le doute, il faudrait aussi que quelqu'un essaie de mettre la main sur Parkinson.

- J'irai, assura Drago avec fermeté.

- Non, contra Hermione.

- Je sais où elle vit.

- Tu sais où elle vivait, la corrigea son épouse. Une information que je détiens tout autant et je doute fortement que Parkinson se soit terrée chez elle. J'irai avec Harry et Ginny. Ils sont Aurors, ce sera plus aisé de la retrouver.

- Hum.

- Ta mère est impliquée, Drago. Reste avec elle.

- Hum.

Hermione roula des yeux et s'assura avoir l'aval des Potter.

- Ils sont intenables ! s'exclama Scorpius en faisant irruption dans la pièce. Ils en viennent à nous lancer des sortilèges.

- Qui les surveille ? s'enquit Potter en avisant les trois autres à sa suite.

- On les a endormis. Il est hors de question qu'Hélène prenne le risque de recevoir un sortilège ou un coup.

- Bien sûr, opina Hermione. Les Potter et moi-même partons à la recherche de Parkinson pendant que ton parrain essaiera de trouver un contrepoison.

- Je viens aussi.

Scorpius somma Hélène de rester à l'écart pendant son absence ce à quoi elle répondit par le même roulement d'yeux que sa belle-mère quelques instants auparavant.

Les Aurors et la partie « Granger » de leur famille prirent le chemin du jardin où ils pourraient transplaner après qu'Hermione eut métamorphosé sa robe de soirée en un pantalon et une veste. Drago la retint toutefois par le bras. Il lui donna un long et langoureux baiser.

- Euh…

- Ce truc m'a donné abominablement envie de toi, se justifia le blond à son oreille.

- Abominablement ?

- Démesurément, abyssalement, incommensurablement, choisi celui que tu veux.

- Abyssalement n'est même pas un mot.

- Ce qui prouve à quel point je te désire.

Elle rit et embrassa chastement sa joue.

- Dépêche-toi de rentrer.

- Dépêche-toi d'aider Zabini à trouver quelque chose et je pourrai rentrer plus vite, rétorqua-t-elle.

Il sourit et la laissa s'échapper, son regard coulant du haut de ses fesses au bas de ses jambes.

- Mets-toi au travail, Drago ! le rabroua-t-elle sans se retourner avant de refermer la porte d'entrée.

Le blond s'assura dans un premier temps que sa mère et l'autre tâche de Jameson étaient toujours endormis. Il eut un haut-le-cœur en songeant que les images mettant en scène son couple et passant actuellement dans son esprit avaient peut-être infestés celui de sa mère ou de son Don Juan. Tressaillant, il échangea avec Marie qui lui assura veiller au grain puis il put retrouver Blaise et partir en sa compagnie pour dresser l'inventaire des contrepoisons.

Une dizaine de minutes s'écoulèrent avant qu'ils ne se matérialisent dans la pièce de vie, les mains pleines de fioles.

- Il faut les réveiller, dit Blaise en classant les flacons dans l'ordre où ils souhaitaient les leur faire ingérer.

- Harry nous a prévenu qu'il serait nécessaire de leur mentir sur le contenu, déclara Marie. Il a dit avoir déjà été confronté à une situation semblable et qu'il y a un fort risque pour qu'ils se défendent.

- Testons uniquement sur Jameson. Nous lui dirons qu'il s'agit d'une potion de vigueur.

Les autres acquiescèrent.

- Peux-tu conduire ma mère à l'étage s'il-te-plaît ? Il ne faut pas qu'il la voit endormie, ajouta Drago à l'adresse d'Hélène.

La jeune femme acquiesça et fit léviter Narcissa qu'elle précéda dans les escaliers.

- Allez, on commence.

Andy jeta un « Enervatum » sur son fiancé. Les sorciers se tinrent alors sur le qui-vive au moment où Daniel émergeait. Il bailla longuement et papillonna des yeux.

- Salut.

Son ton tout à fait normal les intrigua.

- Dan' ? Tu te sens bien ?

- Parfaitement pourquoi ? J'ai dormi longtemps ?

- Eh bien…

- Où est ma fichtrement délicieuse Narcissa ? le coupa-t-il en essayant de se lever.

Par pur réflexe, Drago le repoussa brutalement dans son fauteuil.

- Eh !

- Tiens, prends ça Daniel, l'invita Marie en lui présentant l'une des fioles sélectionnées par Blaise.

- Qu'est-ce que c'est que ce truc ?

- Il s'agit d'une potion de vigueur. Tu es resté endormi assez longtemps et il ne faudrait pas que euh… que…

Elle chercha de l'aide pour achever sa phrase auprès de ses camarades d'infortunes mais n'en eut pas besoin. Daniel s'empara de la fiole et l'avala cul-sec.

- T'es certaine que c'est une potion de vigueur ? Je ne me sens pas différent.

- Euh… Eh bien je me suis peut-être trompée… Attends.

Elle lui en tendit une autre qui n'eut pas plus de succès.

- Oublie la potion.

Daniel se redressa pour la seconde fois. A court d'arguments, Drago prit le parti de le replonger dans le coma. Les Zabini, Andy et lui se concertèrent sur la marche à suivre mais furent interrompus par le Patronus de Scorpius dont la voix leur parvint distinctement.

- Parkinson n'était pas chez elle, nous essayons de la localiser. Pensons avoir trouvé les ingrédients de la potion. Magie Noire.

Le renard s'évapora, substitué par un bout de papier qui chut au sol. Blaise l'analysa, sa ligne sourcilière contractée puis rendit son verdict.

- Aucun de mes contrepoisons ne fonctionnera. Je peux sans aucun doute en créer un à partir de cette liste mais même en divisant la cuisson par deux, il ne sera pas prêt avant des semaines. Les larmes de Vélane vont être extrêmement difficiles à neutraliser.

- Elle a utilisé des larmes de Vélane ?! Merlin, elle était véritablement désespérée de t'avoir pour elle, Drago.

Le blond posa sur Marie un regard entendu tout en réfléchissant à vive-allure.

- Micky aimerait se proposer afin de localiser Miss Parkinson, Mr Drago, intervint l'elfe. Micky en est capable sans se faire repérer.

- Je sais Micky et je te remercie mais je pense que nous allons procéder autrement. Si on parvient à neutraliser les larmes de Vélane, est-ce que tu pourrais créer la potion plus rapidement ? interrogea-t-il Blaise.

- Si on les neutralise, je pense qu'un antidote conventionnel fortement dosé et peut-être un Bézoard en plus feraient l'affaire mais…

- Il faut que je parle à Potter.

- Potter ?

Drago ignora volontairement son meilleur ami et forma son propre Patronus.

Il lui avait fallu de nombreuses années avant de parvenir à en invoquer un corporel. Contrairement à Scorpius qui avait été en mesure de le faire au cours de sa scolarité, lui-même avait dû longuement patienter. Jusqu'à la célébration de son anniversaire, lors de sa première année d'exil en France. Il se remémorait comme si cela avait eu lieu la veille du large sourire empli de fierté de Scorpius qui avait déposé un énorme gâteau à étages juste sous son nez, affirmant qu'il l'avait confectionné avec l'aide de Narcissa et de Micky. Eternellement pudique sur ses sentiments et émotions, Drago n'avait esquissé qu'un bref sourire. Sa mère s'était assise près de Scorpius, avait allumé les bougies à la demande de ce dernier puis, toujours sous la directive de Scorpius, ils avaient commencé à chanter. Terriblement faux mais avec cœur. Tout sourire, Scorpius l'avait convié à éteindre les petites flammes au terme du massacre auditif ce à quoi il s'était plié. Puis, grand-mère et petit-fils s'étaient observés, un rictus complice naissant sur leur visage. Perplexe et soupçonneux, il les avait vu se lever de table et en faire le tour, Narcissa sur sa droite, Scorpius sur sa gauche. Quelques secondes après cela, tous les deux déposaient un baiser sur sa joue.

- Joyeux anniversaire Drago, avait dit Narcissa d'une voix douce.

- On t'aime SUPER MEGA FORT Papa ! avait ajouté Scorpius en le prenant spontanément dans ses bras.

Ce jour-là, son corps s'était réchauffé de l'intérieur. Quelque chose avait remué en lui, fissurant une première fois sa carapace.

Ce souvenir avait été celui grâce auquel Drago avait pu produire un Patronus pendant plusieurs mois. Il avait cependant fini par changer. Un jour contraint de transmettre un message à Hermione par ce biais, Drago avait ravivé son souvenir le plus heureux mais s'était surpris à songer à un certain vingt-cinq décembre au matin. A une fameuse sauce aux airelles. Celle que Narcissa, Scorpius et Hermione s'étaient évertués à préparer à son attention. En ce matin de Noël où, pour la première fois, il avait regardé ces trois personnes et n'avait vu qu'une unique entité. La seule pour laquelle il se damnerait plus qu'il ne l'était déjà. La seule pour laquelle il ferait absolument tout. Celle qui avait mis sa carapace en pièce.

Il avait vécu bien d'autres souvenirs emplis de bonheur au cours des années suivantes mais quel était l'intérêt d'en changer ? En définitive, ils ne représentaient rien de plus que ce qu'il avait été en mesure de voir ce jour-ci : sa famille.

.

Drago reprit contact avec la réalité au moment où l'escouade apparaissait devant eux.

- Vous avez trouvé un moyen ? demanda vivement sa femme en ôtant la neige de ses épaules.

- Zabini parviendra à créer un antidote très rapidement…

- Excellente nouvelle !

- … A une condition.

Les quatre arrivants haussèrent un sourcil.

- Il faut que nous parvenions à neutraliser les effets des larmes de Vélane.

- Ce qui est extrêmement complexe, dit Scorpius.

Drago hocha la tête.

- Et donc… ?

- Et donc j'ai besoin de Potter, déclara son père.

- De moi ? Pourquoi ?

- Parce que j'ai en ma possession de quoi contrer les larmes de Vélane.

- Pardon ? dirent simultanément Blaise, Hermione et Scorpius.

- Mais j'ai…

- Mais tu as besoin de moi car il s'agit de Magie Noire, acheva le binoclard, pour une fois perspicace.

- Envisageons l'hypothèse où je mentionnais une sorte de réserve ayant appartenu à mon père et que…

- Je peux savoir de quoi tu parles ?! siffla Hermione.

- Et que, continua-t-il sans la regarder, je prenais la décision de ne pas poursuivre Parkinson pour ce qu'elle a fait.

- Elle a usé de Magie Noire, Papa ! C'est Azkaban qui l'attend.

- Est-ce que tu pourrais n'agir qu'en tant que Potter l'ami de ma femme et non le Chef des Aurors ? Autrement dit : oublier ce qu'il s'est produit, termina Drago, ne quittant pas le Gryffondor des yeux.

- Drago, ce n'est pas…

- Je ne te demande pas ton opinion, Hermione. Je mendie l'approbation de Potter.

- Ton fils à raison. Le Magenmagot fait preuve d'une tolérance zéro au sujet de la Magie Noire.

- Je sais.

- Tu la laisserais s'en tirer ?

- Si elle y va, j'y vais aussi.

- Ta mère ou Daniel ne sont pas en danger, Malefoy, intervint Weaslette. Je suis certaine qu'ils peuvent patienter le temps que…

- Potter, ta réponse. Quoiqu'il arrive, je t'en ai parlé donc peu importe ce que tu décides, ça ne changera rien maintenant, enchaîna-t-il.

Il transplana sur ces mots. La dernière chose qu'il vit furent les prunelles furibondes de son épouse. Il s'exposait à de lourdes réprimandes mais n'y accordait momentanément aucun crédit. Il se matérialisa dans une ruelle mal éclairée à l'ambiance sinistre par cette nuit glaciale d'hiver. Drago se mit rapidement en marche, s'engageant dans une rue un peu plus large, bordées de garde-meubles tout ce qu'il y avait de plus Moldus. Il compta le cinquième - jour de sa naissance - puis déverrouilla le cadenas en inscrivant les chiffres 1-8-0-1 - date de l'anniversaire de Narcissa. Lucius avait été très astucieux pour dissimuler ce stock de potions et autres objets de Magie Noire aux Aurors mais plus largement à n'importe quel sorcier. Qui viendrait chercher dans cet endroit ? Son père l'avait sécurisé en lui jetant un très puissant sortilège localisé de Repousse Moldu si bien qu'il demeurait visible pour les mages et ne se trouvait en rien différent des autres. Cela ne viendrait à l'idée de personne que Lucius Malefoy ait pu entreposer une partie de ses biens dans cet endroit.

Personne n'en avait jamais connu l'existence hormis Drago qui l'avait appris bien avant le décès de Lucius. Ce dernier lui avait d'ailleurs confié son emplacement ainsi que les codes d'accès avant même la chute du Seigneur des Ténèbres et son fils n'y était venu que quatre fois. Une première, quelques mois après avoir été gracié - à l'instar de Narcissa - à la fin de la guerre afin de s'assurer que le garde-meubles n'avait pas été découvert et pour en dresser par lui-même l'inventaire. Une deuxième en désespoir de cause un soir où il avait, comme souvent à cette époque, beaucoup trop bu afin d'essayer de trouver un moyen de se débarrasser d'Astoria sans se faire prendre. Une troisième fois après son retour en Angleterre et les décès de son ex-femme et de Lucius. Il vivait sa quatrième visite en ce moment-même. Le stock était assez restreint mais contenait malgré tout une sélection qui lui assurerait de longues années d'emprisonnement s'il était découvert. Il avait tu son existence jusqu'ici pour protéger son entourage mais il ne leur mentirait pas sur la provenance du philtre qu'il confierait bientôt à Blaise. Il savait qu'il risquait gros en révélant son secret mais il n'était pas inquiet. Il avait confiance en toutes les personnes présentes chez lui en cet instant. De près ou de loin, elles faisaient partie de sa famille au sens large - voire très large en ce qui concernait Potter - du terme et aussi agaçants que quelques-uns pouvaient l'être, il gageait qu'aucun ne le trahirait. Potter était obligé d'accepter. D'autant plus en ce soir de Noël.

Drago inspecta méticuleusement chaque fiole, vérifia que le contenu correspondait à ce que Lucius avait étiqueté puis referma le box et rentra. Ils étaient tous assis, certains des tasses de thé entre les mains, d'autres avec une dose raisonnable d'alcool fort. Hermione réagit instinctivement à son entrée. Elle reposa violemment son verre sur la table et s'empara de sa baguette. Elle savait pertinemment qu'il était le seul - hormis Zabini, Scorpius et Narcissa - à pouvoir librement transplaner chez eux mais, dans les moments d'émulation, il lui arrivait encore de s'angoisser et il la rassura sur son identité tout aussi machinalement.

- Six août.

Elle reposa sa baguette.

- Quoi six août ?

- Rien, répondirent les époux d'une même voix.

Après qu'Hermione avait commencé à voir une Psychomage, près de quinze ans auparavant, cette dernière avait réveillé des démons qui s'étaient régulièrement manifestés dans le sommeil de la Gryffondor. Tout comme lui. Une nuit, Hermione s'était réveillée totalement paniquée, ayant cauchemardé qu'il était en fait Lucius ayant miraculeusement échappé à la mort, s'étant introduit chez eux et ayant emprunté ses traits pour pouvoir la tuer en toute quiétude... Lui faire comprendre qu'il était bien celui qu'il prétendait être leur avait coûté le mobilier de leur chambre, une fenêtre et la paroi de leur douche. Hermione l'avait affronté au péril de sa vie et Drago avait eu l'impression de revivre la soirée au cours de laquelle ils avaient organisé un duel de sorciers peu conventionnel pendant leurs vacances en Islande. La différence avait été qu'il ne s'était nullement laissé torturer. Ne pouvant toutefois se résoudre à la blesser gravement, Drago avait fini par se laisser surpasser par Hermione qui l'avait fait s'agenouiller et l'avait ligoté. Si l'idée aurait pu avoir un certain attrait en d'autres circonstances, cela n'avait pas été le cas cette nuit-là. A court d'argument, Drago lui avait alors mentionné le jour et le mois de leur premier ébat, détails que nul autre que lui-même aurait pu connaître. Le six août. Il l'avait littéralement suppliée de repenser à cette nuit en ajoutant qu'il avait été imprécis puisque, techniquement, cela avait été le sept, minuit ayant déjà sonné lorsqu'il avait pour la première fois eu l'honneur de goûter à sa bouche et plus généralement à son corps.

- Six août suffira, avait-elle dit en abaissant sa baguette.

Depuis lors, « six août » les rassurait l'un l'autre lorsqu'ils se perdaient un peu trop loin dans les méandres de la paranoïa.

.

Sans un mot, Drago tendit la main, paume ouverte, devant Blaise. Ce dernier ne se saisit pas de la potion dans laquelle elle reposait mais jeta plutôt une œillade à Potter qui se tenait en retrait.

- Prends-le, c'est bon, céda-t-il.

Le noir acquiesça.

- Je vais m'occuper de préparer le contrepoison et de diviser ça en deux. Essayez de ne pas vous assassiner pendant mon absence, les pria-t-il en transplanant à son tour.

Satisfait, Drago reporta son attention sur Potter et le remercia d'un mouvement de tête. A ses côtés, Hermione le scrutait avec mépris et l'enjoignit sèchement de le suivre dans la cuisine. Elle prit cependant le temps de remercier le binoclard avec beaucoup trop de chaleur à son goût. C'était bien ça. Il était celui qui sauvait la situation mais Potter allait en retirer tout le mérite simplement parce qu'il avait accepté de fermer les yeux sur une petite violation de la loi sorcière. Ce mec avait une telle façon de sortir héroïque de chaque situation alors qu'il n'avait quasiment rien fait qui le sidèrerait toujours.

Drago suivit son épouse de mauvaise grâce, ses pupilles vrillées sur son agréable postérieur. Il méritait une récompense, peu importait ce qu'elle dirait. Pressentant que la discussion serait musclée, il retira sa veste de costume qu'il plaça sur un coin de l'îlot central avant de prendre une profonde inspiration et de se retourner. Hermione était occupée à fermer la porte sur laquelle elle jeta un Collaporta et un sortilège d'insonorisation puis fit volte-face. Il lui était au moins reconnaissant de ne pas le ridiculiser ouvertement devant leurs invités…

Les fesses appuyées contre le plateau de l'îlot, Drago croisa les bras sur son torse et attendit. La Gryffondor prit tout son temps pour faire demi-tour. Plantant son regard flamboyant dans le sien, elle amorça alors quelques pas. Il pensait qu'elle s'arrêterait à une distance raisonnable mais elle continua à marcher. Drago se tendit sensiblement. Elle n'allait tout de même pas le gifler pour un détail aussi insignifiant !

- Je peux savoir ce que…

- Tais-toi.

Il arqua un sourcil, décontenancé. Son timbre dénotait en tout point de son attitude. Si la seconde était polaire, le premier était fiévreux. Il ne sépara pas ses bras mais se décontracta. Hermione se planta juste devant lui, à quelques petits centimètres et ils se dévisagèrent. Elle ne demeura immobile qu'un très court instant. Celui d'après, elle se dressait sur la pointe des pieds et caressait sa bouche de la sienne.

- Pas d… pas d'engueulades ? reprit-il entre deux baisers, venant ceindre sa taille et la rapprocher de lui.

- Pourquoi ? Je… sais pour quelles… raisons tu nous a caché l'exist… l'existence de cette…

- Réserve.

- Hum.

- Et malgré cela, tu…

Elle posa une main sur sa poitrine et se recula, plissant les yeux.

- Ecoute moi bien, Drago Malefoy. Nous pouvons passer les prochaines minutes à nous brouiller parce que tu es un idiot qui protègera toujours les siens quoiqu'il lui en coûte ou bien…

- Ou bien… l'encouragea-t-il d'un regard licencieux.

- Ou bien tu me montres à quel point ce filtre à eu d'effet sur toi jusqu'à ce que Zabini revienne.

- Zabini n'en aura pas pour plus de dix minutes.

- Alors autant ne pas en perdre, dit-elle en retirant ses escarpins.

Il la regarda porter ses mains au bouton de son jean et sourit. Il la laissa enlever son vêtement, en faisant de-même avec le sien. Le blond la vit avec beaucoup d'amusement remettre ses chaussures sans s'embarrasser de rester vêtue sur le haut du corps. Drago en fit autant à ceci près qu'il se délesta de son sous-vêtement. Nouant ses doigts aux siens, il fit passer sa femme derrière lui, face au plan de travail.

- J'ai très envie d'un bain ce soir, confia-t-elle tranquillement pendant qu'il se baissait, portait un baiser sur sa fesse droite et lui ôtait sa culotte toute en dentelle verte.

Que pouvait le moindre chocolat contre cela ?

- Et j'ai très envie de toi dans un bain, répondit-il en se redressant.

Il s'insinua en elle sans la moindre difficulté, leur arrachant un grognement de satisfaction. Dans un premier temps, Drago ne bougea pas. Il déposa ses mains sur le corps de sa femme qui rejeta la tête en arrière.

- Il nous reste un peu des sels de bain magiques offerts par Ginny l'an passé. Tu sais, ceux qui…

Elle s'interrompit, un maigre gémissement s'échappant d'entre ses lèvres, consécutif à son premier coup de reins.

- Les produits qui « sentent » Noël, je sais.

- Ce que je sens, ce sont tes guillemets imaginaires.

- Je ne suis pas certain que ce soit la seule chose que tu sentes, mon amour…

- Espèce de pervers.

- Merci, tu n'es pas trop mal dans ton genre non plus.

- Humph…

Il accéléra la cadence, réduisant ses paroles au silence, permettant à son corps de s'exprimer inconsciemment.

- Parce que tu es la meilleure des épouses mais surtout le meilleur coup sur cette planète, je te laisserai nous embaumer de ton truc qui pue Noël, susurra-t-il à son oreille.

Elle rit mais ne répondit rien, se pressant contre son dos à chaque mouvement du bassin jusqu'à ce qu'il se répande en elle dans un râle de plaisir. Hermione se mut, tournant la tête d'un quart de tour afin de lui offrir un sulfureux baiser au goût de remerciements.

Des coups furent donnés contre la porte.

- On arrive ! bougonna Drago, donnant l'illusion qu'il était en train de passer un sale quart d'heure.

Complices, les deux amants sourirent et se rhabillèrent. Le Serpentard replaça minutieusement les cheveux d'Hermione dans son dos, s'assurant qu'aucun frisottis n'étant présent avant leur entrée dans la cuisine n'apparaissent.

- Arrête de sourire, dit-elle sur un ton mutin en s'emparant de sa baguette.

- Parle pour toi.

- Tu es insupportable, Malefoy.

- J'ai encore envie de toi, Granger.

- Pas mon problème.

- Arrête de me regarder comme ça par Salazar !

- Comme ça comment ?

Il détourna la tête, ferma les yeux et mit tout en œuvre pour paraître furieux. Ce fut sans compter sur Hermione qui se frotta sensuellement à lui avant de bondir en avant et d'ouvrir la porte au moment où il s'apprêtait à l'emprisonner dans ses bras.

- Tu n'es qu'une saleté de Serpentard et tu ne perds rien pour attendre, siffla-t-il à son oreille en passant devant elle pour rejoindre les autres.

Zabini était de retour, deux verres pleins de potion au côté desquels reposaient deux Bézoards. Il sembla comprendre en quoi avait consisté leur activité moins de cinq secondes après les avoir fixés alternativement mais ne commenta pas.

- Nous sommes prêts ? s'enquit le maître de maison.

- Scorp' est monté chercher ta mère et ensuite oui, nous serons prêts.

Endormie, Narcissa lévita, suivie par Scorpius et Hélène. Il l'installa dans son fauteuil puis tous s'en remirent à Blaise. Il multiplia les verres et en tendit un à chacun. Opaques tout comme ceux à destination des empoisonnés, ils étaient vides.

- On va faire semblant de trinquer avec un cocktail.

- Ma mère risque de reconnaître la potion.

- L'odeur est très sucrée, je pense que ça passera, contra Blaise. Si jamais il y a un problème, on avisera. Ils vont se réveiller et vont vouloir se sauter dessus - désolé Malefoy.

Le blond leva les yeux au ciel.

- Mieux vaut les laisser faire.

- Hors de question !

- T'inquiète, tu vas le récupérer ton mec, ricana Blaise.

Andy se massa l'arcade sourcilière mais finit par acquiescer.

- Et puis on leur balance qu'on veut trinquer avant que tout le monde rentre chez lui parce que je ne sais pas vous mais moi, j'ai bien envie de…

- Me « sauter », oui, on sait, le coupa Marie.

Autour d'elle, tous pouffèrent silencieusement. Seul Blaise parut scandalisé.

- N'importe quoi ! Comment oses-tu dire des choses pareilles, Marie. Enfin !

Les gloussements se firent plus distincts.

- Nous savons tous que tu t'apprêtais à dire quelque chose de similaire, Blaise.

- Même pas vrai !

- Ah non ?

- Non ! Absolument pas ! Je m'apprêtais à dire que j'avais envie d'aller me coucher.

- Tu es sûr que tu comptais mettre le « me » ?

- Euh… Bah c'est-à-dire que… De toute façon, je n'aurai pas dit « sauter ». J'aurais dit « honorer ma merveilleuse femme », dit-il avec mauvaise foi.

- Mais oui, c'est ça. Allez, réveillons-les.

Comme le noir leur avait annoncé, Narcissa et l'autre tâche de Jameson mirent tout en œuvre pour entrer en contact l'un de l'autre. Les paroles qu'ils échangèrent furent encore plus répugnantes que leurs gestes et Drago fit la sourde oreille. Il se focalisa sur le décolleté d'Hermione qui peinait à se retenir de rire. Blaise parla mais Drago conserva ses yeux sur les deux seins de la belle brune. Dans très peu de temps, ils lui seraient accessibles. Sa poitrine à laquelle il vouait un culte sans borne. Il pourrait la contempler. La toucher. Il pourrait malaxer ses deux petits seins qu'il aimait tellement. Les caresser. Les embrasser. Les lécher. Les mordre et…

- Santé !

Il oublia de suivre les autres et resta debout comme un imbécile, rivé sur la poitrine d'Hermione, la bouche légèrement entrouverte et très à l'étroit dans son caleçon.

- Merlin !

- Oh putain ! Oh putain de merde ! Non. Non. Non. Non ! NON !

- Bon retour parmi nous, les accueillis Hélène, un tantinet moqueuse.

Drago releva la tête. Assis côte à côte, Narcissa et Jameson se dévisageait, horrifiés.

- Mrs Malefoy je euh… Oh merde !

- Qu'es-ce que… pourquoi est-ce que… commença Narcissa.

- Pansy Parkinson avait versé un filtre d'amour extrêmement puissant dans certains des chocolats. Ils étaient, selon toute vraisemblance, destinés à votre fils et elle-même.

- Ceux avec du vert ! beugla Daniel. Ne mangez surtout pas ceux avec du vert ! Putain de merde !

- On sait…

Le Serdaigle pivota brusquement vers son fiancé qui venait de parler pour la première fois depuis qu'il s'était réveillé.

- Merde. Putain Andy je euh… Désolé.

Le jeune homme lui fit signe qu'il ne lui en tenait pas rigueur.

- C'est le réveillon de Noël le plus glauque que j'ai jamais fait ! dit Blaise sur un ton étrangement enthousiaste.

- Ne m'en parlez pas, dit une Narcissa totalement défaite. J'espère que vous n'avez pas laissé partir Miss Parkinson. J'aurais deux mots à lui dire.

Un silence pesant s'installa et Drago prit la décision de relater l'ensemble des événements. Sa mère se révéla bien moins magnanime qu'Hermione, lui vociférant dessus en plein milieu du salon pour lui avoir caché l'existence du repaire de Lucius. Finalement harassée, elle annonça qu'elle montait se coucher dans sa chambre et salua tout le monde en évitant méticuleusement Jameson ce dont il ne sembla absolument pas se plaindre. Drago n'eut droit qu'à un regard torve, lancé de biais, mais ne s'en formalisa pas non plus.

.

Les Zabini furent les premiers à annoncer qu'ils rentraient chez eux.

- Quelle heure demain ? l'interrogea son meilleur ami en enfilant son manteau.

Drago s'en remit à Hermione, la maîtresse de la planification, et se contenta de remercier le noir pour son aide.

- C'était le meilleur réveillon de ma vie. Par contre, demain, tu as intérêt à organiser mon jeu d'alcool annuel.

- Je croyais que c'était le plus glauque, répliqua Drago, faisant fi du reste de sa tirade.

- Et le meilleur, c'est bien ce que je dis ! Franchement, voir ta mère se faire galocher par Dan' juste après ses fiançailles c'était ÉNORME ! Vous pouvez réinviter Parkinson quand vous le souhaitez.

- Si jamais ma route recroise un jour celle de Pansy Parkinson, elle ne sera plus jamais en mesure de nous apporter la moindre connerie visant à séduire et me dérober mon mari de la plus ignoble des façons qui soit, clama Hermione avec fougue. Cela, je peux te l'assurer.

- Je vois que Grangie la lionne s'est réveillée, railla Blaise.

- Qu'elle essaie de s'approcher de lui, cette pauvre conne. Je lui ferai bouffer sa baguette en plus de lui imprimer la marque de mes bagues de fiançailles et de mariage sur sa sale tronche de pékinois !

- Je crois qu'on a compris, la temporisa Drago en passant un bras autour de sa taille.

- Au fait, Malefoy ?

- Quoi ?

- C'est quoi mon cadeau ?! pépia Zabini comme un gamin.

Les trois adultes poussèrent un soupir de consternation.

- Tu verras ça demain.

- Quelle merde !

- C'est ça.

- J'ai oublié de te prévenir, Hermione, mais je comptais apporter un Baba au rhum pour demain midi. En plus du reste, bien entendu, intervint Marie.

- Un Baba au rhum ? répéta la Gryffondor, surprise. Pour Noël ?

La sorcière d'origine française parut soudainement mal à l'aise.

- Eh bien c'est-à-dire que… euh… marmonna-t-elle.

- Margot, la sœur de Marie, en a apporté un l'autre jour quand elle est venue à la maison, la coupa Blaise à leur attention. Et il s'avère que c'est devenu notre nouvel « Aphrodisiaque Cake ».

- « Aphrodisiaque Cake » ?

- Tout à fait mon très cher Malefoy.

- Je ne vois pas ce qu'il y a d'aphrodisiaque dans le Baba au rhum… déclara Drago avec scepticisme.

- T'es pas un Blairie, tu peux pas comprendre. Enfin bref, demain midi nous apportons un Baba au rhum, point final.

Le couple Malefoy-Granger se dévisagea longuement mais finit par hausser les épaules. Cela faisait bien longtemps qu'ils avaient cessé d'essayer de comprendre Blaise et Marie Zabini ou leurs pratiques toutes plus étranges les unes que les autres.

- Comme vous voudrez, obtempéra finalement le Serpentard.

- Sympa vieux !

- C'est ça. Allez, va honorer ta femme.

- Honorez-vous bien également, les roucouleurs. A demain !

- C'est ça, répéta Drago pour la troisième fois.

Un ricanement fut la dernière chose qu'ils entendirent.

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Le couple nouvellement fiancé s'éclipsa peu après. Daniel s'excusa auprès de lui pour son comportement et Drago lui assura - après avoir reçu un coup de coude de la part de sa délicieuse épouse - qu'il n'avait pas à s'excuser d'avoir œuvré contre sa volonté.

- Encore félicitations les garçons. Passez un très bon Noël dans votre famille, dit Hermione avec bienveillance.

Ils la remercièrent, embrassèrent une dernière fois Hélène et serrèrent la main de Scorpius pour les congratuler à leur tour puis s'en allèrent. Micky s'était éclipsée dans la cuisine où elle débutait dès à présent la confection de quelques mets - à l'encontre des recommandations d'Hermione, bien entendu, qui ne l'autorisait pas à travailler trop tard.

- Nous allons monter, Papa, annonça Scorpius. Leny est fatiguée.

- Tu sais que tu n'es pas obligé d'inventer des excuses, répondit-il à voix basse.

Le Serdaigle s'empourpra.

- A demain.

- A demain mon fils.

Il s'en alla vers sa mère et les Potter tandis qu'Hélène, dont la fatigue était à peu près aussi perceptible que chez Hermione, venait dans sa direction.

- Bonne nuit Mr Malefoy. Très intéressant réveillon de Noël…

- En effet… Bonne nuit.

Elle lui sourit et le contourna, n'attendant pas Scorpius.

- Hélène ?

- Oui ?

Drago hésita puis l'enlaça gauchement.

- Félicitations. Je… nous sommes véritablement très, très heureux pour vous.

- Merci. Scorpius et moi-même espérons en retour que vous êtes heureux de devenir grand-parents.

- C'est le cas.

- Alors c'est parfait.

Il la lâcha et administra une tape se voulant viril à son fils lorsque ce dernier passa à proximité. Scorpius le dévisagea avec surprise mais Drago lui fit signe de rejoindre la mère de son futur enfant.

Lui-même se posta à la droite d'Hermione qui discutait logistique avec les Potter.

- Je pense que nous passerons faire la distribution en fin d'après-midi, disait-elle. Ce sera plus simple.

- C'est comme vous le souhaitez.

- Nous sommes tout de même moins nombreux que vous.

- Et sinon, quel est mon cadeau, Potter ?

- Ton cadeau est que je ne te dénonce pas pour possession d'artefacts de Magie Noire, Malefoy.

Drago roula ostensiblement des yeux.

- C'est naze. Weaslette, quel est mon cadeau ?

- Tu vas être grand-père pour la première fois, tu as une très belle maison, des Gallions par-dessus la tête et la femme la plus merveilleuse qui soit. Pourquoi aurais-tu besoin d'autre chose ? dit-elle en lui offrant un sourire hypocrite.

- Je vois… Je suppose que Potter n'aura rien non plus dans ce cas… répondit-il, l'air de rien.

Il vit Hermione se mordre la lèvre pour ne pas rire.

- Si.

- Ah bon ? Pourtant, Potter va être grand-père dans trois mois si j'ai bonne mémoire, il a une baraque plutôt sympa, il est tout aussi blindé à la différence qu'il ne le montre pas et dis-moi, Weaslette, ne te considères-tu pas comme la femme la plus merveilleuse qui soit pour lui ?

- Sincèrement, Hermione, je me demande comment tu fais pour parvenir à le supporter.

- T'es jaloux, Potter ?

- Dans tes rêves, Malefoy.

- Dans mes rêves, tu n'existes pas.

- Vous n'avez pas bientôt fini ? s'exaspéra Hermione.

- Nous aurons terminé lorsque Potter m'assurera que j'aurais un cadeau demain ! martela le Serpentard.

- Va te faire détraquer.

- Il n'est pas nécessaire que je te retourne la gentillesse, le Seigneur des Ténèbres s'est déjà chargé de le faire sur toi.

- Avec l'aide de ta douce famille mon très cher Malefoy. Et de la tienne, de temps en temps…

- En parlant d'aide… Rappelle-moi qui t'a sauvé la mise deux fois de suite face à Bellatrix puis Voldemort lui-même au péril de sa vie ?

- Tu oses prononcer le nom de ton maître ? Avis à la population sorcière, Malefoy le froussard à sa maman devient un grand garçon !

- Au moins, moi, j'en ai une…

- … qui a manqué de se faire engrosser par un gosse sous ton toit. Quoique… Ce n'est pas comme si elle pouvait encore procréer…

- C'est… Où sont-elles ? s'interrompit-il.

Tout comme lui, Potter pivota sur lui-même, à la recherche de sa rouquine et d'Hermione.

- Euh…

- Ginny est rentrée, Harry, l'informa Hermione depuis le hall. Moi, je monte.

- Ah…

Ils l'entendirent gravir les escaliers, ouvrir et refermer une porte. Face à face, les deux anciens ennemis se regardèrent dans le blanc des yeux. Drago finit par faire signe au pseudo-Survivant de le précéder et le raccompagna à la porte.

- Je ne te dis pas « à demain », on ne sait jamais, un miracle de Noël pourrait se produire au cours de la nuit, déclara le blond.

- Idem.

- Et je ne te remercie pas.

- Et je ne te dis pas que ton cadeau est le marron avec les étoiles violettes.

- Et le tien, le rose avec des pompons verts.

- Parfait.

- Très bien.

Potter transplana et Drago referma la porte.


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LÉNY EST ENCEIIIIIINTE ! Félicitations à toutes celles qui avaient compris que le cliffhanger n'en était pas vraiment un ! P

Bon, sinon… nous avons beaucouuuuuup de choses à relever dans ce chapitre :

- L'annonce de la grossesse d'Hélène, of course !

- La panique des Dramione (MDR) et notamment l'angoisse d'Hermione.

- LA DEMANDE EN MARIAGE DE DAN' À ANDY ! (Je sens qu'il va y avoir du « fangirlage/boyage » dans les reviews… :D)

- L'attaque des Dindes pourfendeuses/étouffeuses sur Drago et Blaisounet.

- Le tour de passe-passe de Pansy (la co**asse).

- La nouvelle ignominie du moment : le Narciniel/Darcissa (choisissez celui que vous préféré !).

- Un petit lemon des Dramione qui, même dans les situations les plus critiques, ne peuvent pas s'empêcher de s'enfi… de se retrouver pour faire l'amûûûr…

- Les quelques détails sur le Patronus de Drago et le pouvoir relaxant de la date du premier lemon sur les Dramione… (Ils ne font vraiment rien comme tout le monde ceux-là !)

- Le sauvetage des Narciniel/Darcissa par Blaisounet (pour une fois qu'il sert à quelque chose…).

- Les nouvelles facéties des Blairie.

- Et enfin… la joute verbale particulièrement mature de Drago et Harry…

J'avais oublié qu'il y avait tant de trucs dans cette deuxième partie ! ^^

ENFIN BREF ! J'espère que ce chapitre aura su vous satisfaire ! :D

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ON N'OUBLIE PAS DE LAISSER UNE PETITE REVIEW EN SORTANT DE LA SALLE SIOUPLAIT ! :D

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Voilàààà ! Je vais vous faire de gros bisous, je vous souhaite une agréable semaine et je vous dis à mercredi prochain pour la véritable ULTIME publication de l'ULTIME partie de l'ULTIME épilogue de la série « Handicap Sentimental ».

Chacha-qui-vous-love

PS : rendez-vous très, très vite pour la publication deux mes deux OS « hors-concours » !