On dirait que l'inspiration à été moins forte pour ce chapitre, visiblement. Environs deux milles mots difficilement pondus, sur une énorme période de temps, je suis désolée. Merci Myriam pour les supers-critiques destructives ! May Chang aime les mangas ! Désolé pour le titre débile, aussi.
FMA n'est pas à moi. Ce serait beaucoup plus pervers si j'avais des droits dessus...
Chapitre 2: Une cuite royale, où la raison pourquoi les princes sont des gens extraordinaires...
Le monde onirique avait quelque chose de fabuleux, d'extraordinaire. Les philosophes qui avaient inventés les codes ainsi que la morale qui régissaient Xing lui avaient tous accordé une grande et, dans chaque village de l'immense empire, on retrouvait au moins un de ces charlatans prétendant pouvoir interpréter les rêves pour en prévoir les répercussions dans le monde réel. Dans cette univers fantastique, où tout était possible, le ciel n'avait plus de limite, la terre dévoilait tous ses mystères tandis que les froides abimes de la mort perdaient leur aspect terrifiant.
Et Roy Mustang, 23 ans, nouvellement promu garde-du-corps royal, se demandait qu'est-ce que ce crétin de nabot blond écrasé sur son lit, dans sa chambre, pouvait bien imaginer dans les bras de Morphée.
En réalité, Edward, car c'était le nom du nabot, ne rêvait pas. Son esprit errait, quelque part, dans les limbes d'un sommeil vide et noir. Étalé dans une position pour le moins acrobatique, son corps drapé dans la soie blanch était périodiquement parcouru de frissons, qui commençaient et s'arrêtaient de manière totalement spontanée. On aurait dit une fille, avec ses longues mèches dorées étalées sur l'oreiller et sa silouhette gracile emmitouflée dans les couvertures du militaire. Il avait cette beauté inocente d'adolescent à peine sorti de l'enfance, cette allure de garçon poussé trop vite, à la fois mature et inconscient du monde extérieur.
Et il puait l'alcool à plein nez.
Le ninja se massa les tempes pendant un long moment, ses yeux cernés par la nuit blanche qu'il venait de passer s'écarquillant à la vue de la mine réjouie de celui qu'il avait dut ramener de force au Palais Impérial.
-Crétin de prince...
...
Quand ses paupières s'entrouvrirent, Lin eut immédiatement envie de hurler au soleil de retourner se coucher et de le laisser dormir.
-Vous êtes réveillé ?
La voix douce et maternelle le sorti un peu plus de sa torpeur et, ouvrant l'oeil gauche, il découvrit le visage soucieux d'une jeune fille aux longs cheveux bruns cascadant sur ses épaules.
-Vous êtes réveillé ? Répéta-t-elle avec le même ton mélodieux. Maitre Lin ?
-Ranfan ...
Le son émis pas ses cordes vocales, si rocailleux et grinçant, exactement comme une porte mal huilée, lui fit soudainement honte. Comment pouvait-il ne pas avoir remarqué plus tôt à quel point elle avait une jolie voix ?
Reprenant peu à peu le contrôle de son anatomie engourdie par le sommeil et la beuverie de la veille, l'héritier royal pris conscience de la position pour le moins révélatrice dans laquelle il se trouvait. C'est à dire accroché à un oreiller maculé de bave, en caleçon, sans aucun drap d'aucune sorte pour le couvrir, lui et sa casi-nudité.
Ça voulait dire... qu'elle l'avait déshabillé ?
-Vous allez bien, maitre Lin?
En une fraction de seconde, le futur chef d'état s'était élégamment écrasé contre le parquet ciré de sa chambre.
-Je vais bien, marmonna-t-il sans pour autant décoller son visage du plancher. Veuillez m'apporter mon petit déjeuner, s'il vous plait. N'oubliez pas de me prendre aussi un thé très infusé, avec aux moins cinq cuillerées de sucre, je vous pries.
Un petit sourire gêné s'étirant timidement sur son visage, la combattante s'inclina et poussa la porte, laissant le prince seul. Celui-ci, après quelques minutes d'échauffement mental, se redressa lentement, les mains appuyées contre les parois de son crâne dans l'espoir de calmer un peu le mal de tête qui prenait un plaisir sadique à lui torturer le cerveau.
-Fichue gueule de bois...
Trainant sa carcasse jusqu'à la penderie en bois d'ébène qui l'attendait de l'autre coté de la pièce, le prochain monarque absolu de Xing s'arma de deux ou trois choses qui ressemblaient à peu près à des vêtements, qu'il enfila du mieux qu'il put sans plus tarder. Quelques pas plus loins, ses mains rencontrèrent un plat rempli d'eau délicieusement fraiche ainsi qu'un fin mouchoir en coton. Un soupir d'aise lui échappa alors qu'il passait le tissu préalablement mouillé sur ses joues brûlantes.
Ouais... Peut-être n'aurait-il pas dut entrainer son demi-frère de meilleur ami dans une spectaculaire tournée des bars du quartier le plus chaud de la ville...
Après avoir longuement savouré les délices du liquide glacé qui arrivait périodiquement à calmer sa tête endolorie, Lin retourna paresseusement dans son lit, se laissant lourdement tomber sur les draps à peine défaits. Le confort était total, si, bien entendu, on négligeait le fait qu'il avait l'impression qu'on avait laissé son corps tourner dans une sécheuse trop longtemps.
-Hm...
Un sourde exclamation de bien-être traversa ses lèvres entrouvertes.
Non... Il n'aurait pas dut entrainer son demi-frère de meilleur ami à faire le mur la nuit dernière...
...
Quand ses paupières s'entrouvrirent, Edward hurla littéralement au soleil de retourner se coucher et de le laisser dormir.
-Grlm...
À voir là une traduction néerlandaise ancienne de « Laisse-moi dormir ».
-Debout Princesse des Lilliputiens. C'est ta première cuite, non ?
Le garde du corps royal eut pour tout réponse un oreiller balancé à l'aveugle à travers la pièce et vague « imbécile de Mustang » plus ou moins articulé. Oui, c'était sa première cuite.
Cela faisait déjà plusieurs jours que Roy avait été affecté à la protection de l'héritier du trône. Une semaine, pour être plus exact, pendant laquelle ce blondinet trop gâté s'était amusé à essayer de le rendre fou de toutes les manières possibles et imaginables. Le bilan se résumait à trois enlèvements simulés, cinq faux suicides, quatorze combats (évidement tous remportés par le ninja, qui arrivait toujours à maitriser le turbulent prince de Xing) et un nombre incalculable de fuites en compagnie de son demi-frère, le futur Empereur. Il était imbattable sur tous les points; le pire des maitres que l'homme, pourtant expérimenté, ait jamais eu.
Balançant un pantalon et un de ses chemises sur l'amas non-identifié étalé sur le lit qu'il aurait normalement dut occuper, l'infortuné protecteur leva les yeux aux ciel, se demandant ce qu'il avait bien put faire pour avoir à s'occuper d'un gamin pareil.
Tout à coup, la porte de la chambre du ninja s'ouvrit à la volée.
-Edward Elric!
Who, tel un conquistador soumettant des hordes de sauvage du Nouveau-Monde, se tenait sur le seuil, sa main gauche agrippant ferment le lobe d'oreille endolori d'un certain enfant martyre évoqué dans le chapitre précédent, aka Lin Yao.
-J'exige des explications !
Le nouveau venu, un homme d'âge mur à la petite moustache blanche et au visage sévère, était en fait le chef des ninjas du clan Yao, le seul, après le Conseil et l'Empereur, à avoir un minimum d'autorité sur les deux incontrôlables adolescents. Son rang et l'aura si particulière qui l'entourait avaient fait de lui un semblant de figure paternelle pour ces garçons, qui avaient tout deux grandit sans vraiment connaitre leur géniteur respectif.
-Je... Heum...
L'esprit embrumé de Edward, qui avait brusquement abandonné le confort paisible de l'inconscience au moment de l'arrivée plutôt spectaculaire du groupe, peinait à se remettre en marche.
-Leur altesses royales ont été faire un tour dans le jardin des Plaisirs, répondit simplement son garde du corps. Je me trompe ?
Les princes, incapable de répliquer quoi que ce soit, se contentèrent d'adresser un sourire d'excuse à leur mentor, mal à l'aise. Ranfan, qui avait suivi Who et son prisonier durant leur traversée du Palais, prit alors leur défense;
-Grand-père, s'il vous plait...
Poussant un soupir, l'ancien ninja reconverti en honorable fonctionnaire relâcha son captif, bien conscient de l'inutilité de s'énerver contre les andouilles dont il avait la charge. C'est d'une voix controlé qu'il leur annonça :
-Si vous n'êtes pas capables de comprendre par vous même vos responsabilités en tant que successeurs favoris de l'Empereur, je suis dans l'obligation de vous faire réaliser les conséquences de vos actes. Vous passerez les trois prochaines semaines dans l'enceinte du Palais. Edward, qui, jusqu'à maintenant, avait un appartement séparé de la résidence principale, logera désormais dans la chambre de Monsieur Mustang.
Le concerné retint tant bien que mal un soupir de dépit.
-Dans la possibilité où vous avez l'idée d'enfreindre mes instructions, continua le vieil homme, ce sera une toute autre personne que vos gentils ninjas personels...
Les deux adolescents ravalèrent bruyamment leur salive, comprenant très bien le terrible sous-entendu. Cette « toute autre personne » les attendait pour la leçon du matin dans une demi-heure.
...
-Le nom du quarante-deuxième Empereur ?
-Ming!
-Faux!
Ed s'écrasa violemment sur le sol en terre-battue du terrain d'entrainement d'escrime, celui le plus près de la marre aux carpes. Il n'avait jamais été très doué en histoire, pour tout dire...
-Le début de la Restauration Zhang?
-1772!
-Faux!
Assis dans l'herbe encore mouillé par la rosée, un prince et deux ninjas regardaient passivement le blondinet se faire massacrer par une Izumi plus terrifiante que jamais.
-Elle est vraiment furieuse aujourd'hui, nota Roy d'un ton neutre, pourtant légèrement tremblant.
Lin acquiesça silencieusement, littéralement tétanisé en l'attente de son passage à l'abattoir. Sa protectrice ne dit rien, elle non plus, probablement parce qu'il n'y avait tout simplement rien à ajouter.
-L'ancienne capitale de Xing?
-Huyan!
-Vrai!
L'héritier du trône réprima un gémissement de douleur en sentant la solide tige de bambou habilement manié par son maitre s'écraser contre ses côtes endolories.
-Mais j'avais la bonne réponse!
-On ne contredit pas son maitre!
Et l'un des futurs hommes politiques les plus influents de Shamballa s'écroula, raide-mort.
Izumi Curtis, professeur de son état, se retourna vers les spectateurs qui avaient assisté au carnage sans sourciller. Replaçant son baton à la verticale, elle replaça une de ses innombrables tresses derrière son oreille droite et s'adressa en ces termes à l'assemblée horrifiée:
-La leçon d'histoire est terminée. Monsieur Mustang, veuillez s'il vous plait vous occuper de cette grosse chiffe molle de Edward. Nous allons continuer notre cours avec Lin...
Le concerné frémi d'angoisse tandis que le garde du corps s'exécuta prestement, vaguement intimidé. Quelle mégère effrayante...
Au fur et à mesure qu'il s'éloignait de l'endroit où l'élixirologue et combattante de renom enseignait de manière plus ou moins originale aux souverains potentiels de Xing, le ninja percevait de moins en moins les échos d'un apprentissage royal plutôt extrême.
Une certaine crevette blonde, complètement hors-combat sur son épaule, avait retrouvé ses esprits et ne cessait de le houspiller en se débattant du mieux qu'il pouvait, lui hurlant de le laisser marcher seul alors qu'il en était visiblement incapable. Les paroles du crustacé microscopique traversaient son larynx à une vitesse formidable, s'emmêlant en un dialecte incompréhensible aux oreilles de son porteur.
La semaine s'annonçait longue...
-Tu pourrais te taire, le nain ?
L'interpellé marqua une pause, pour finalement se remettre gigoter et à hurler de plus belle.
Rectification: la semaine s'annonçait très longue.
-Edwaaaaaaaaaard! Monsieur Mustang!
Une tornade à six nates en approche: May Chang. Instantanément, Roy laissa tomber son fardeau sur le sol et se faire faucher par le phénomène météorologique qui avait visiblement abusé de shojos-mangas remplis d'éphèbes plus adorables les uns que les autres.
Laissant sans scrupules la petite et son drôle de chat noir et blanc couvrir d'affection celui qu'elle appelait son « amoureux le prince Edward », il se tourna vers la femme blonde et sérieuse qui l'accompagnait.
-Bonjour Roy, dit-elle de sa voix atone. Vous survivez ?
Il aimait bien l'humour pince-sans-rire de Riza, sa manière d'exposer les faits d'un œil clair et averti. Elle et lui avaient une relation particulière, scellée par les années et une compréhension mutuelle qui leur était propre. C'était une amie précieuse sur qui il pouvait compter, quoi qu'il arrive.
-Je survis, répondit-il en s'autorisant un sourire. Dois-je vous poser la même question ?
Elle se contenta de secouer la tête de secouer la tête d'un air résigné, pensant à la passion un peu excessive de sa protégée pour les bandes-dessinées étrangères.
-Ça pourrait être pire.
-Oui, ça pourrait être pire.
Pendant un instant de silence, les pupilles sombres du ninja détaillèrent le couple qui batifolait dans l'herbe un peu plus loin et l'impression de garçon balloté entre l'enfance et l'adolescence que lui avait donné son jeune maitre un peu plus tôt se renforça dans son esprit.
May était vraiment amoureuse d'Edward. Ce n'était peut-être qu'une amourette de gamine de huit ans, mais ça restait de l'amour. Lin, plus mature malgré son apparence d'idiot profond, aurait gentiment joué le jeu avec un air paternel, histoire de faire plaisir à celle qu'il considérait comme sa petite sœur. Pas Edward. Celui-ci se débattait avec énergie, consolidant l'idée stéréotypée de beau jeune homme mystérieux que s'était inventé la petite fille.
Franchement, Roy trouvait ça mignon. Mais il ne l'aurait jamais avoué à personne.
-Moi qui croyait que tu le détestait...
Riza portait bel et bien le nom de « Hawkeye ».
-C'est aussi ce que j'ai pensé pendant un moment, concéda-t-il en haussant les épaules. La règle numéro 1 est toujours en règle, je me trompe ?
Règle numéro 1 des gardes du corps: Ne jamais éprouver de sentiments pour son maitre. Les sentiments tuent.
-Parce que le Grand Roy Mustang a pour habitude de suivre le règlement ?
Accompagnant ses paroles d'un léger hochement de tête, la dame si taciturne tourna la tête et ordona d'un ton mesuré à May de bien vouloir laisser ce pauvre Ed respirer un peu. Un rapide salut militaire, elle s'éclipsa sans cérémonies, bientôt suivie de celle dont elle avait la charge gambadant à vive allure et de son panda miniature.
Roy s'approcha lentement du cadavre étalé dans l'herbe, risquant même une parole.
-Toujours en vie ?
-J'aimerais bien...
-Je vais prendre ça pour un oui.
Ses bras s'emparèrent de nouveau du fardeau au sang bleu, réveillant les protestations endormies de celui-ci.
Riza avait assurément raison, comme à son habitude. Il détestait le règlement.
J'ai dû me faire tabasser une fan de EdWinry enragée pour écrire du RoyEd. Vous savez comment guérir mes blessures. Enfin, j'espère... Merci à Matsuyama pour sa review, la seule!
