Bonjour, voici dès à présent la suite, ayant pris pas mal d'avance avant d'oser poster cette histoire sur le site.

N'hésitez pas à me faire part de toutes remarques que vous jugerez utiles et je remercie d'avance tous ceux qui prendront le temps de lire le chapitre qui suit.

Maura avait passé la matinée cloîtrée dans son bureau à peaufiner ses rapports sur l'enquête désormais close. Les analyses que mademoiselle Chang et elle-même avaient effectuées, avaient permis à Jane et son équipe de démêler ce qu'il s'était produit.

Elle marqua une pause, les yeux fixés sur ses mains soigneusement manucurées. Elle pensait à Jane, à son comportement lunatique de ces derniers temps. Elle pouvait vous prendre dans ses bras pour vous aboyer dessus presque simultanément. D'ordinaire, elle s'avérait plus réfléchie, là c'était comme si un filtre lui avait été retiré, mais par qui et pourquoi, la légiste n'en savait rien.

Il s'agissait d'ailleurs d'une des rares personnes par qui elle acceptait d'être prise dans les bras. Maura se sentait en sécurité avec la jeune femme, elle qui avait eu le sentiment d'être livrée à elle-même toute son enfance, la rendant solitaire. Avec Jane et sa famille, Maura avait enfin le sentiment d'avoir trouvé sa place.

Elle admirait beaucoup sa collègue, c'était quelqu'un d'intègre et de courageux. Certes il fallait s'armer d'une patience à toute épreuve pour faire face à sa mauvaise humeur si caractéristique mais Maura s'était faite aux sarcasmes et à l'ironie dont usait régulièrement sa coéquipière, bien qu'elle ne la saisissait qu'une fois sur deux.

Ses dossier terminés, elle prit son après-midi. Après avoir vérifié qu'aucun nouveau corps n'avait été acheminé à la morgue, elle sortit du bâtiment.

Jane passa la porte du Dirty Robber, ses escarpins à la main, les pieds douloureux et l'air d'avoir passée une journée particulièrement harassante.

Elle soupira de soulagement à la vue de Maura, installée au fond. Cette dernière agita la main et lui adressa son plus beau sourire. Jane s'écroula sur la banquette, manquant au passage d'écraser un des nombreux sacs amoncelés par Maura.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu as dévalisé combien de magasins ? Demanda Jane. Quelqu'un est mort ?

Maura fit la moue comme à son habitude et esquiva royalement la question.

- Qu'est-ce que tu bois ?

- Un verre de Pinot Noir. Tu savais que le vin rouge avait des propriétés anticancéreuses et protégeréait des maladies...

- … Cardiovasculaire ? Je sais Maura, souri Jane, tu me tiens ce discours une fois sur deux. On va prendre une bouteille alors, ajouta-t-elle en se dirigeant vers le comptoir pieds nus.

La jeune femme paraissait agréablement surprise de l'attention apportée par son amie à ce qu'elle racontait d'habitude. Jane était satisfaite de son petit effet, surprenant même Maura à la détailler de la tête aux pieds alors qu'elle avait le dos tourné, accoudée au bar.

-Tu n'as pas fait tes lessives ? S'enquit la jeune femme à son retour.

-Pourquoi viens-tu me parler de l'état de mon linge ? Demanda Jane sur un ton dédaigneux, disposant la bouteille et les verres sur la table.

- La jupe crayon te va vraiment bien, cela met en valeur tes jambes, se contenta de répondre Maura, un sourire léger, presque espiègle, qu'elle fit disparaître aussitôt, vidant son verre d'un trait.

- Je témoignais dans l'affaire Brown ce matin, tu n'imagines pas à quel point j'ai hâte de rentrer chez moi pour me changer soupira-t-elle.

Ce soir là, les deux jeunes femmes firent la fermeture. Le patron leur offrit même une bouteille de Pinot noir qu'elles emportèrent avec elles.

- Non Maura !

- Quoi ? L'interrogea-t-elle d'un regard vitreux, s'arrêtant devant son coffre avec ses sacs par dizaines.

- Tu es ivre, il est hors de question que tu prennes ta voiture. Tu dors à la maison ce soir, imposa Jane ramassant tant bien que mal une partie des sacs de Maura, qui suivit docilement.

Jane cherchait tant bien que mal le tire-bouchon, retournant un à un les tiroirs de la cuisine, pendant que Maura sortait chacune de ses trouvailles, les examinant une par une, pour enfin replier soigneusement chaque vêtement.

- Je ne savais pas que je bénéficiais de ventes privés à domicile s'exclama Jane, hilare devant l'attitude de son amie.

-Moque-toi, mais j'ai trouvé des pulls en cachemire MA-GNI-FI-QUEUH. Essaye en un et tu verras !

- Tu insinues que la fille de plombier que je suis n'a jamais porté de cachemire ? Répliqua le lieutenant sur un ton sarcastique.

Maura soupira mais choisit de prendre le taureau par les cornes. Elle vint se placer derrière Jane, cette dernière ne comprit pas tout de suite où voulait en venir la jeune femme. Comme pour répondre à sa question silencieuse, elle empoigna doucement mais avec fermeté le tee-shirt de la BPD qu'elle avait enfilé en rentrant, se hissant sur la pointe des pieds. Jane protesta mais finalement se laissa faire, couvrant sa poitrine de ses bras. Le pull que Maura lui passa lui procura une douceur infinie.

- Il te va à la perfection, s'exclama la jeune femme en reculant de quelques pas. Garde-le, je te l'offre, ajouta-t-elle en se rapprochant de son amie pour caresser la matière du bout des doigts.

Dans sa lancée, Maura finit par dénicher le tire-bouchon, remplit leurs verres de vin et se plaça aux côtés de Jane dans le canapé.

- Merci, glissa simplement Jane en posant la tête sur l'épaule de sa meilleure amie, qui sembla étonnée de n'entendre aucune protestation du lieutenant.

Les cheveux de la belle brune lui chatouillèrent le cou et son parfum l'enivra.

- Comment tu vas Jane ? S'enquit-elle, l'air soudain grave.

- C'est quoi cette question ? J'ai plutôt l'impression que c'est à toi qu'il faut que je la pose, rétorqua-t-elle.

Maura sentit le regard de Jane se poser sur elle, la jeune femme lui assena même un petit coup de tête comme pour l'inciter à se confier.

- Tout va très bien Jane, tout va très bien, répondit-elle en secouant la tête.

- Urticaire, Maura…

Cette dernière parcouru son cou du bout des doigts et sentit les plaques l'envahir.

- Je te connais, les achats compulsifs c'est quand quelque chose te tracasse, renchérit Jane, presque suppliante.

Maura plongea ses yeux dans ceux de sa partenaire, se lèvres la démangeaient mais elle préféra vider son verre d'une traite plutôt que de flancher. Jane n'insista pas davantage, elle souffla enfin. Elle lui en fut reconnaissante.

- Pourquoi tu ne prends pas un de tes nouveaux hauts ? Demanda Jane tout en retournant son placard à la recherche de quelque chose de propre.

Maura ne répondit pas, en réalité elle voulait dormir avec l'un des tee-shirts de Jane, ce besoin absurde avait germé dans un coin de sa tête alors que les deux amies se trouvaient encore sur le canapé quelques minutes plus tôt. Cela faisait plusieurs semaines déjà, que la jeune femme ressentait le besoin d'être avec sa meilleure amie, plus les jours passaient et plus ce besoin commençait à se muer en une quasi obsession.

A l'inverse, Maura faisait tout pour ne pas y céder, pour ne pas changer de comportement et ainsi alerter son amie. Cette situation la terrifiait et elle tentait de se convaincre qu'il ne s'agissait que d'une passade.

Que Jane ait remarqué que quelque chose n'allait pas, l'avait à la fois profondément touché et inquiété. Sa meilleure amie la connaissait par cœur, encore fallait-il qu'elle se rende compte des sentiments étranges qui l'habitaient depuis quelques semaines et dont elle n'arrivait pas à se débarrasser, au contraire.

Blottie dans un tee-shirt gris appartenant à Jane, Maura mis du temps à trouver le sommeil. Elle mourrait d'envie d'étreindre son amie, d'enfouir son nez dans son cou et plus encore. Mais elle se l'interdisait, se contentant de jeter des regards furtifs à la brune étendue à côté d'elle.

Jane avait un sommeil particulièrement agité et Maura ne comptait plus le nombre de fois où elle n'avait pas trouvé le sommeil en passant la nuit avec elle. Le légiste sentit le bras de la jeune femme s'abattre sans prévenir sur sa hanche alors qu'elle lui tournait le dos. La pression s'intensifia et le corps de la jeune femme vint se coller au sien. Une des jambes de la brune se glissa entre les siennes, comme pour s'assurer de sa prise, ses pieds froids firent frissonner Maura.

Son cœur fit une embardée, elle sentait le souffle de Jane lui chatouiller le cou et cette caresse régulière bien que mettant la jeune femme dans tous ses états, lui permit finalement de trouver le sommeil.