La fin, jamais je n'ai été aussi heureuse de prononcer ce mot

La fin, jamais je n'ai été aussi heureuse de prononcer ce mot. Pour moi il signifiait mort, souffrance, destin funeste, malheur mais Ô grand jamais bonheur enthousiasme, et chaleur. Pourtant c'est le cas, je vis ma dernière journée dans cet horrible pensionnat religieux, 6 ans que j'y suis et 6 ans que j'y meurs à petit feu. La vie me paraît nettement plus joyeuse depuis que j'ai atteint mon 17ème anniversaire. Cette guerre que je croyais perdu en arrivant est désormais remportée.

Cette victoire est digne d'être fêtée, j'entraîne dans un coin Alex' et lui demande de s'asseoir, poliment. Nous deux inséparables depuis six ans, des sœurs, des jumelles, on se retrouve chacune dans l'autre. Elle sait ce qui va se produire, elle s'installe, en attente. Nous sommes à l'abri des regards, notre coin secret. Je m'assois sur la marche, et gonfle lentement mais sûrement mes poumons de l'air chaud de juin. Et puis je commence.

Blow the wind southerly southerly southerly

Blow the wind south o'er the bonny blue sea…

But sweeter and dearer by far 'tis when bringing

The barque of my true love in safety to me.

Je finis, et reprend mon souffle. Alex' ne bouge plus, elle est envoûtée. Je chante bien, je le sais, et je l'utilise rarement toutefois. A chaque belle occasion, les anniversaires, les diplômes, la fin. Je frisonne et sors de notre coin suivi par Alex', mes yeux parcourent la pelouse, l'enceinte de pierre, j'éprouve un faible sentiment de nostalgie, écrasé par la joie de revoir mes parents et mon diamant bleu.

Enfin de retour chez moi, le voyage m'a paru une longue attente. Je retrouve ma demeure inchangée, dominée par le manoir. Mon père m'accueil, les bras ouverts, le cœur aussi, pourtant je décèle un grand malheur logé au fond de son être tout comme celui que j'ai eu pendant 6 ans de séparation. Il m'encercle et m'admire, j'ai tant changée.

La joie me submerge, je cours jusqu'à la falaise, et contemple mon image, cette image. Mon père arrive, vieux et abattus par tant de malheur. Ma mère est morte. Je tombe sur les genoux et pleure, mêlant mes perles salées qui tombent avec lenteur, au diamant bleu. Je le savais, je le sentais, le changement.

Il me prend et me ramène, ma douleur est partagée, apaisée. Je ne peux m'y faire pourtant il le faut, c'est le cycle de la vie, une naissance, un bonheur, et la mort qui vous enlève trop vite ou trop tard, mais jamais au bon moment. Je reprends le dessus, il faut se faire forte et affronter les obstacles. Les larmes se sèchent, et une partie de mon cœur se vide.

Voilà une semaine que je suis de retour dans mon pays, dans mon monde et mes souvenirs. Je postule, comme le font toute bonne fille, au manoir, je ne sais pas ce que j'y ferais, mais je le ferais, et bien. Nouvelle réjouissante, préceptrice. Deux enfants de 7 ans, des jumelles, il paraît aux yeux froids du Lord Malfoy que je possède les compétences minimales nécessaires à un apprentissage de base pour l'éducation de ses enfants. Mon père est fier de moi, tout comme je suis fière de lui, de son courage, et sa ténacité.

Mon emploi débutera mi septembre, je logerais à la cour de monseigneur, habillée par ses soins, et nourris quoi demander de plus. Je le sais mon père seras seul, dans cet habitat misérable, à souffrir de l'assaut du vent. Mais il me rassure.

« - ne refuse point cette occasion si belle de vivre, une vie meilleure que la nôtre. Tu as la chance, prends la, et fais en bon usage.

je ne veux point vous laisser seul père, mon avenir devrait se faire à vos côtés, et non en la compagnie de seigneur et de Lord. Je ne peux me résoudre à vous abandonner à votre funeste et misérable destin.

Qui te dit que mon destin sera misérable et funeste. Mon seul bonheur serais de te savoir heureuse, je pourrais partir en paix chercher la compagnie de ta mère et des anges de dieu. Hermione, tu est ma lumière, ma chaleur, mon sang, ma chair, tu est ma fille, et te savoir en sécurité au dépend du Lord me réjouis. N'abandonne point, je ne pourrais partir en emportant une part de bonheur. »

Il me serre dans ces bras ridés, et abîmés par les travaux quotidiens, je sens son cœur battre contre ma joue, il m'apaise et me redonne confiance.

J'accepte cette vie, j'accepte cette chance et ce bonheur, je veux voir le sourire et la lumière sur le visage de mon père. Pourtant je pleure seule dans ma chambre de bonne, seule et désemparée, je laisse couler le poison du malheur hors de mon corps pour enfin me sentir libérée.

La vie commence, dans ce sombre et glacial manoir, je donne matin et soir des cours à Rose et Elena, deux charmantes jeunes filles de 7 ans, deux jumelles. La nostalgie s'empare de moi quand je l'ai vois rire et s'amuser, comme avec Alex'. Je leurs sers plus ou moins de surveillante tout en leur apprenant de multitudes de choses. Je suis leurs confidentes et leur mère, leur maîtres et leurs bourreaux. Je ne suis rien que moi-même.

Ma vie est dure depuis que je suis préceptrice au manoir, je ne compte plus les heures mais j'arrive à compter mon salaire, je ne suis plus que l'ombre de moi-même soumise au démon de la maison, Lord Malfoy. Je ne compte plus les gifles magistrales, le claquement sonore et la douleur fulgurante. Je ne suis plus et mon corps non plus, le désespoir m'envahit.

J'atteins mes 21 ans, et n'en suis point heureuse, la mort de mon père. Seul dans sa chaumière sous le vent de l'été et l'humidité de l'océan, serrant un châle appartenant à ma défunte mère. Il la rejoint, elle et les anges, il m'a lâchement abandonné, pour partir, il a trouvé son bonheur alors que j'aperçois le commencement de mon malheur.

Cela fait 3 ans que j'applique mes bons et loyaux services au compte du Lord et de ses filles, pourtant je souffre de cette vie qui m'était promise belle et flamboyante. Chaque soir, avant de rejoins mon lit sous le toit, je reçois une correction, un coup de canne, une gifle, un fouet. Cela ne peut continuer.

La nuit je parcours le domaine, comme une exclue, une interdite, et j'y découvre des mystères, comme cette chambre de jeune homme au 2nd étage. Ce lit au couvertures de soies, et cette armoire remplit de splendide costume, je ne l'ai jamais croisé, qui est-ce ?

Voila c'est la fin de ce chapitre, je préfère faire de cours chapitre mieux rédigé et créant plus de suspense. Merci de laisse un commentaire, critique étant acceptées, c'est en faisant des erreurs qu'on évolue.

XXX Darling35