Queenie : Je crois qu'il n'y a que moi pour faire des drabbles de 2 000 mots...ahem!
Voici donc la suite de notre petite histoire, où comment Eren se débat avec lui même et ses envies envers Armin. Cette attirance est-elle seulement physique pour autant? huhuhu Je suis terrible...
Va falloir que je change le titre un jour
Au final je me rends compte que, peu importe ce que je peux ressentir à cet instant présent, tant que tu n'es pas au courant nous ne craignons rien. Je ne sais pas combien de temps je parviendrai à maintenir cette mascarade mais peut être que d'ici là, mes fantasmes auront divergé vers d'autres corps, d'autres mains, d'autres regards que les tiens. Cette folie qui me prend ne peut être que passagère, un pur fruit du mélange de mes putains d'hormones et de notre proximité. J'ai toujours eu la vague impression de n'avoir connu que toi, et qu'il n'y a que toi finalement qui me connais vraiment. Mikasa bien sûr, c'est autre chose; à elle j'ai toujours voulu – en vain certainement, vu notre relation – lui cacher mes faiblesses, mais pas à toi. Ça ne m'a jamais dérangé de me sentir vulnérable devant toi, jusqu'à présent. Et je devrais être surpris de me retrouver, maintenant, complétement pris au dépourvu devant tes grands yeux bleus et purs comme j'imagine être les bas fonds de cet océan dont tu me parles si souvent? Quel idiot je fais…
Le lendemain pendant la pause déjeuné, tout semble être revenu à son état normal. Jean râle, Sasha mange, Connie rigole. J'ai l'impression que tout le monde me regarde, attendant quelque chose de moi, mais je suis trop occupé à freiner mes pulsions pour le remarquer. Parce que par habitude je me suis assis à côté de toi – je n'avais après tout pas d'autres endroits où aller – et que même si ton corps ne touche pas encore le mien, je sens cette chaleur qui s'en émane et j'ai la furieuse envie de me rapprocher de toi. Mais je sais que ce n'est pas ce que tu veux, alors, j'essaye de rester calme. Ah. C'est sans doute ça qui les surprend. D'habitude, je ne suis jamais calme. Je trouve toujours une raison pour crier sur Jean, pour laisser aller ces accès de rage que je n'arrive plus à contenir. Mais, ce sont là de toutes nouvelles émotions qu'il me faut canaliser et j'ai peur de ne pas y arriver. J'ai tellement peur Armin, si tu savais. Car si je me laisse aller un seul instant je sais que les conséquences seront indélébiles et désastreuses et qu'il n'y aura plus aucun retour en arrière possible.
Mikasa me regarde avec cet air inquiet qui la caractérise dès qu'une chose me concerne. Je déteste ce regard. Je ne peux pas m'empêcher d'y voir de la pitié. Je sais qu'elle veut juste me protéger, qu'elle se préoccupe uniquement de mon bien être, mais l'avoir sur le dos à chaque minute de chaque instant me pèse plus qu'autre chose. Si jamais elle apprenait ce qui me torture l'esprit à l'heure actuelle, est ce que cela changerait la dévotion qu'elle me témoigne? Sans m'en apercevoir je ricane doucement, et tu es le seul à m'entendre, comme toujours. Mais lorsque tu te retournes le verre plein qui est le tien se renverse sur notre table et se brise au sol dans un fracas qui rend mutin l'ensemble de l'escouade. Tous les regards sont à nouveau tournés vers moi dans un silence qui m'oppresse, mais pas plus que ton regard interrogateur, et je crois y voir avec effroi qu'il y a quelque chose de brisé en toi.
Armin, arrête de me regarder comme ça, c'est pas ma faute tout ça, et ça va finir par passer, et tout redeviendra comme avant, tu verras. Nous serons à nouveau les meilleurs amis du monde, aussi inséparables que les cinq doigts de la main, et on ira voir l'océan, et on trempera nos pieds dans cette eau salée si précieuse à nos yeux.
Je me lève brusquement pour quitter l'assemblée, sans donner d'explication. J'ai peur que tu me suives, j'ai peur que tu comprennes; car après tout, mes réactions sont bien trop violentes pour ce que je semble traverser. Il va vite me falloir trouver un bobard à te raconter, et un bon, pour que tu ne sois pas trop inquiété. Mais s'il y'a bien une chose que je ne sais pas faire c'est mentir à ces yeux bleus qui me fixent avec tant de douceur et de peine. Tes yeux, Armin. Pourquoi j'y pense sans cesse depuis hier matin ?
Sans tarder je sens une main autour de mon poignet et je ferme les yeux, me retenant de laisser échapper ce soupir d'entre mes lèvres. Tes mains sont douces et brulantes, et m'envoient un frisson qui parcourt l'ensemble de mon corps jusqu'au bout de ma nuque. Quand est- ce que cela va finir par s'arrêter? Et si cela ne faisait que commencer?
"Eren…"
Tu aimes quand je t'embrasse comme ça, Eren? Tu aimes que je te caresse là, Eren? Tu aimes quand je gémis pour toi, Eren?
"Qu'est ce qui t'arrive, Eren?" Je parie que toi non plus tu ne me reconnais pas. Mais ça va passer je te le promets. Ton vieux pote Eren insouciant et insensible à tes charmes reviendra très bientôt, ne t'en fais pas. Il sait que tu as besoin de lui autant qu'il a besoin de toi et ne pourrait pas te faire du mal, tu le sais bien.
"C'est…Mikasa." J'invente, mais je sais que c'est la meilleure solution. Tu sais exactement ce que je ressens pour elle, et je sais que tu ne poseras pas trop de questions. Moins j'ai à te mentir, mieux ça sera pour nous deux.
Tu parais soulagé, et la pression autour de mon poignet disparait comme celle qui s'exerçait sur mes fines épaules. Et je te vois sourire timidement, tes yeux s'illuminant au passage. "Je croyais que c'était ma faute. A propos de ce qui s'est passé hier."
"Ah, ça." Je rigole un peu bizarrement; c'est fou ce que ton sourire peut me donner de la force, même si c'est pour te dire un piètre mensonge. "On parlait de ça avec Jean et il m'a demandé…enfin il voulait savoir…ce qu'il en était pour toi. Et comme il pensait que je savais et qu'en fait non…" Toujours rejeter la faute sur Jean, toujours. Comment avais-je pu oublier une règle aussi importante?
"Jean…" Tu grognes, c'est si inhabituel venant de toi, si précieux, et je ne peux pas m'empêcher de rigoler lorsque je te vois froncer les sourcils comme ça; tu as l'air en rogne et j'aime ça, parce que tu rigoles ainsi avec moi et nous partons dans un fou rire, tous les deux, comme si nous étions de nouveau les meilleurs amis du monde.
"Excuse-moi Armin, si ça t'a gêné." Excuse-moi de te déshabiller du regard depuis tout à l'heure. Excuse-moi de t'imaginer te tordre de plaisir sous mes caresses. Putain que ça fait du bien de le dire.
"Ce n'est rien. Après tout, tu es mon meilleur ami, alors on doit pouvoir tout se dire."
Soudain ton visage se durcit, tes sourcils redeviennent froncés et tu me regardes avec cet air sérieux qui te caractérise si souvent. Pendant un instant je me demande ce qui te passe par la tête, ce que ton magnifique intellect est en train de mijoter, à quelle sauce tu vas me cuisiner – oui c'est exactement la tête que tu fais quand tu es en train de disséquer quelqu'un et n'essaye pas de le cacher, car je te connais mieux que personne et chaque degrés d'inclinaison de tes sourcils a une signification différente, que j'ai appris à connaitre par cœur au fil des années.
J'espère au fond de moi que tu ne penses pas à ce que je pense. Car si tu savais dans quel état hormonal je suis tu ne te risquerais pas sur ce terrain. Oh non Armin, tu ne veux pas me rendre encore plus fou de toi que je ne le suis déjà. Et j'ai envie que tu le comprennes et que tu l'ignores à jamais en même temps et jamais je ne me suis senti si déchiré, si incertain, moi qui suis la tête brulée du groupe et qui fonce toujours dans le tas sans réfléchir.
"Une nuit je crois que j'ai fait un rêve dans le genre."
Non Armin, je t'en supplie. Regarde-moi. Vois cette détresse qui me submerge et arrête de me torturer de la sorte. Je crois que si je n'étais pas paralysé je m'agenouillerai à tes pieds pour te faire taire. Ou je me jetterai à ton cou, couvrant tes lèvres avec les miennes. Or cela je le sais m'est interdit.
Mais tu n'oses même pas me regarder et tu baisses déjà les yeux, embarrassé, tes joues couleur cramoisi et tes mains tremblantes ne sachant que faire, agrippent le bas de ta chemise frénétiquement.
"J'étais avec…une autre personne et…cette autre personne…"
Tu ne me diras pas qui c'est. Je ne sais pas pourquoi, et je ne veux pas le savoir. Sinon je crois que je serai allé la tuer.
"Nous avons…échangé un baiser."
J'attends la suite. Elle ne vient pas. Pas de suite.
"A-Avec la langue et et il y avait de la bave partout c'était dégoutant!" Tu as dit la fin de la phrase tellement vite, en te couvrant les yeux, que je crois bien ne pas avoir compris. C'est tout? C'est ça qui hante tes nuits? De la bave?
En quelques secondes seulement j'ai l'impression qu'un immense faussée vient de se creuser entre nous, et il est si grand, si profond que je n'aperçois plus l'éclat de tes yeux sur ta silhouette qui me fait signe de loin. Et ce rictus nerveux me reprend. Qu'est-ce que j'espérais de toute façon? Ce n'est pas comme si tu pouvais avoir des idées comme les miennes. Et, même si tu en avais, les chances pour que cela me plaise sont quasi nulles. Il faudrait que tu puisses rêver de moi comme je rêve de toi et cela j'en suis sûr est une chose impossible.
Et là vient cette question fatidique. A cet instant j'aurai tué pour disparaitre hors de ta vue. Je pense même sérieusement me mordre accidentellement pour me transformer en titan et éviter cette confrontation avec toi.
"A ton tour maintenant." Tu me souris tendrement, soulagé, heureux presque d'avoir finalement pu tout partager avec moi comme si j'étais l'autre partie de toi-même.
Alors, par où dois-je commencer? La fois où je t'ai pris sauvagement contre le mur des dortoirs? La table de la cuisine? Les douches, où j'ai dû te bâillonner pour ne pas que l'on nous entende? Oui tout le monde était là et ça m'excitait tellement de savoir qu'au moindre dérapage, au moindre faux pas, tout le monde aurait pu se rendre compte de ce que nous faisions; et j'avais presque envie qu'ils nous voient, qu'ils voient tous que tu n'appartiens qu'à moi et que je n'appartiens qu'à toi.
En y repensant j'ai tellement honte. Comment est-ce que je peux te faire ça, à toi, Armin ?
Tes doux gémissements résonnent encore dans mes oreilles et si les autres n'étaient pas venu nous rejoindre dans ce couloir désert je crois que je t'aurai fait une belle démonstration de mes visions nocturnes.
Tu me laisses complétement ravagé, et pour la première fois de ma vie je te trouve tellement cruel. Sais-tu seulement ce que tu es en train de me faire? En l'espace de deux jours tu as réussi à briser celui que j'étais; chaque parcelle de mon corps ne pense qu'à toi et souffre de la distance qui nous sépare et je lutte. Je lutte principalement contre moi-même, contre cette idée qui commence à faire son chemin, cette idée qui me dit que cela ne passera jamais, que la douleur sera toujours là à mes côtés, et que je vais devoir apprendre à vivre avec comme on vit avec le souvenir d'un être cher disparu.
Pourtant tu n'es pas mort Armin; du moins pas encore. Mais, de savoir que mon corps se languit de toi sans jamais avoir le moindre espoir que ce désir soit un tant soit peu réciproque me donne la même impression de vide.
Seul dans mon lit, j'écoute ton souffle, ta douce respiration qui m'indique l'état de sommeil dans lequel tu es plongé. Je ne vois pas ton visage, tu es à contrejour de l'éclat de la lune et je me mords les lèvres. J'ai envie de te regarder dormir. J'ai besoin de cette vision de sérénité pour me ramener à la raison. Je me rends compte que ma santé mentale défaille quand je ne peux pas avoir ce que je veux de toi, et cette idée seule me terrifie.
Je me demande si c'est ça que les adultes appellent l'Amour.
Mais pourquoi est-elle si méchant? PARCE QUEEEE
JOYEUX EREMIN DAY A TOUUUUUUUS !
(et oui je prévois un autre chapitre pour vous :p)
Queenie
