note d'auteur: partie 2 un peu moins abstraite, on dirait déjà plus une histoire.

Andromeda avance paisiblement, la tête droite, grande et élancée, personnification de la grâce et de la noblesse, elle pose un pied devant l'autre, la tête haute, respirant le grand air du parc de Poudlard. Elle marche sur les berges du lac noir, et glisse le long de l'écorce d'un saule pleureur. Ses gestes sont fluides, lents, fantomatiques. C'est à peine si on l'entend, si on la voit, une ombre lumineuse. Une étoile.

Sa peau laiteuse se fond sur les draps blancs, elle semble si fragile, si belle, si grande. Ses paupières colorées de bleu s'ouvrent et elle adresse un sourire tendre à l'homme face à elle. Ses mains de pianiste caressent la cuisse du bel-ami contre le torse duquel elle vient se glisser. Sa bouche se fait gourmande, ses yeux pleins de volonté, et elle vole un dernier baisé, puis fais ses adieux. Andromeda est nue, dans toute sa splendeur de femme. Ses cheveux châtains, coupés à hauteur des épaules, couvrent un suçon rouge et possessif. La courbe de son dos, un peu trop cambrée, dénonce un orgueil sans pareil -elle est une Black, après tout- et sa chute de rein appelle sans conteste à la luxure. Elle a les jambes trop grandes, trop maigres, on ose à peine se demander comment elle trouve la force de continuer à avancer, à récupérer ses robes de sorcière et à les enfiler, puis la force d'ouvrir cette porte et de quitter les draps blancs du bel-ami.

Il fait si froid, ici. Andromeda courbe l'échine, baisse la tête, essuie d'un geste rageur le bleu de ses yeux, et laisse briller l'orage gris de son regard, baigné d'une lueur verte désespérée. Ses draps sont toujours tirés, toujours si froids, et ils lui paraissent si sales pourtant. Andromeda retourne dans son lit, dans son dortoir, auprès des siens. Elle est une Black, après tout.

Ted lui lance un regard plein d'espoir, et refuse de détourner le regard face aux aires hautains de sa muse. Il ne l'embrassera peut être plus jamais, mais il la rêvera toutes les nuits, il la rêvera à l'infini. Il rêvera son corps nu et ses lèvres rosées, ses yeux impétueux et ses doigts de pianiste, sa poitrine menue et ses courbes félines...

Andromeda, on l'aime toute une vie.

Sa peau laiteuse et brillante contre un corps mâle, sa grande tendresse, ses gestes lents, rien ne peut laisser paraître son malêtre. Elle est un roc au milieu de l'océan, que rien ne verra plier. Nul n'approche Andromeda, c'est une Black, après tout. Elle éclaire les ténèbres de sa seule présence si fragile, une étoile. Si loin, et qu'on ne peut s'empêcher de regarder, chaque nuit, d'en rêver. On n'oubli pas Andromeda.

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