Note de l'auteur: Désolée pour ce chapitre tardif mais je faisais autre chose :p Merci aux personnes qui ont lu mon chapitre prédedent, et encore plus de remerciements à ceux qui lisent la suite.
Réponse à Dedeuche (guest): Merci énormément d'avoir prit le temps de commenter mon histoire et de l'avoir autant appréciée. J'espère que cette suite te ravira autant que le précédent chapitre ^^
Par contre désolée pour les plages de narration que tu sembles ne pas trop appréciées mais malheureusement, c'est une histoire essentiellement à la première personne et la narration représente donc toutes les pensées noires des personnages qui sont juste trop importantes pour les mettre de côté. Enfin pour moi hein! Tu fais évidemment ce que tu veux ;)
Bon et bien bonne lecture à tous.
Le Pantin
Chapitre 2: Hide yourself and Run
J'observe en silence la silhouette de la jeune chinoise devant moi. Elle a grandit, dans tous les aspects et je surprends à penser qu'elle est devenue une beauté durant dernières années.
« Ça faisait longtemps, commence-t-elle, tu vas bien ?
- … Oui. » Ne peux-je que répondre.
Je mens mais comment voulez-vous dire la vérité si affligeante à une personne si innocente ? Je pose mon regard sur la naissance de sa poitrine, où est nichée une autre de ces reliques du passé que je pensais ne plus pouvoir contempler.
« Tu es pâle, continue-t-elle dans un relent de courage.
- Malade.
- Tu n'es pas que malade. »
Oui, et je sais que tu le sais aussi. Tu connais la routine des Porteurs, même si ta malédiction à toi ne viendra jamais te poursuivre jusqu'ici.
« Dis quelque chose … Murmure-t-elle doucement, les larmes aux yeux.
- Que veux-tu que je te dise ? réplique-je dans un espoir de la faire partir d'ici, que tout roule pour moi ? Que ma vie à l'extérieur vaut mieux que la- … ! »
Je ne l'ai pas vu venir mais dans la seconde, I-Pin est dans mes bras, masquant son sanglot contre mon épaule.
« J'espérai … commence-t-elle sous mes yeux ahuris, j'espérai … tant, tant te revoir ! »
Et voilà. Sa simple présence m'a rendu muet. La simple présence de cette fille avec qui j'ai passée presque toute mon enfance et pour qui même loin des portes de l'adolescence, j'entrevoyais une possible relation, mes sentiments passant de presque-sœur à… autre chose. Mû par ce sentiment autrefois refoulé, je glisse un bras autour de sa taille et glisse mon nez dans ses cheveux qu'elle a lâchés. Je remarque que je ne l'avais jamais vu ainsi, ni aussi belle d'ailleurs. Mais cela ne fait-il pas aussi quatre ans que nous ne nous sommes pas vus ? Après ce court entrevu à Moscou où elle séjournait par le plus grand des "hasards"…
Il y a autre chose que je remarque dans notre accolade.
Mon autre bras n'a pas quitté mon fardeau.
Réalisant ce fait, je repousse avec douceur le corps de l'adorable chinoise sur mon torse et pose mon regard sur le sol, incapable de la regarder décemment dans les yeux.
« Je repars le plus tôt possible. » Dis-je simplement.
Simplement, comme toute bonne phrase de rupture d'une relation qui n'a pas, et ne débutera, jamais. Elle me fixe de ses grands yeux noirs, un instant surprise avant de se relever, me surplombant de sa hauteur, moi toujours assis.
« Je veux venir avec vous. »
Une fois n'est pas coutume, c'est pour une fois moi qui ouvre mes deux yeux grands ouverts, surpris, presque choqué de la tournure de la conversation. Je redresse un peu ma tête pour croiser un regard déterminé qui me désarme complètement.
« Tu n'es pas sérieuse ? Murmure-je comme pour me rassurer.
- Je suis on ne peut plus sérieuse. » Me répond-elle la voix soudainement grave.
Alors là je suis mal. Comment voulez-vous dire non à un tel visage ? Malgré tout, je force ma tête à redescendre contempler le sol dans une intense inspiration.
« C'est hors de question. »
Evidement que ça l'est. Je n'ose pas imaginer la chinoise, ma chinoise, à la surface, face à Lui. Comment pourrait-elle faire quoi que ce soit ? Elle sera dans le même cas que moi devant Ses yeux.
« Si tu as quelque chose à redire, dit le moi en face. »
Non, je ne peux pas te le dire en face. Pas encore. Laisse-moi encore quelques-
« Lambo ! »
Tu ne laisseras donc pas en paix ? Vaudra-t-il réellement que je lève les yeux vers toi et te narrer l'atrocité de notre vie ? L'horreur de la surface ? Les gens heureux, car trop idiots, de la situation dictatoriale qui s'est installée ? Ceux qui souffrent car leur pays n'a pas encore abdiqué ? Comment pourrais-je faire consciemment glisser tes larmes sur tes joues rosies ?
Pour toute réponse, je laisse la main qui t'a enlacée se lever lentement jusqu'à ta poitrine. Délicatement, je pose mes doigts sur ta relique dont la couleur s'est elle aussi détrempée avec le temps, ignorant ton regard interrogateur.
« Tu as déjà un fardeau, chuchote-je, ne pense pas pouvoir m'aider à porter le mien. »
Je sais que ces simples mots lui ont coupés un temps parole. Mais c'est avec hargne qu'elle reprend.
« Il est bien mois important que le tien ! Et sa couleur à lui s'est déteinte depuis longtemps.
- Il n'en reste pas moins qu'il l'a toujours et qu'un jour, je ferai en sorte qu'elle brille de plus belle. »
Ma main reprend sa place d'origine avant que je ne reprenne.
« Mais sans toi. »
Le silence s'installe de nouveau entre nous et j'attends avec appréhension sa réponse. Je refuse qu'elle, ma douce I-Pin, se joigne à notre fuite désespérée pour la survie de tous. C'est mon rôle de la protéger et pas l'inverse. Car si ma tendre amie rejoint les autres, elle n'aura de cesse de Le combattre pour ma simple survie.
Car de mon sort ne dépend pas seulement ma survie. Bien loin de là.
La réponse se fait attendre mais qu'elle vient, c'est sans appel. Ma tête à fait un brusque quart de tour sur le côté et rosie furieusement après la gifle.
« Espèce d'idiot ! » S'insurge-t-elle.
Un demi-tour sur les talons, et mon amie d'enfance sort furibonde, je le sais, de la chambre. La pièce s'enfonce dans un silence sans nom tandis quel lentement, mon visage reprenne sa place originelle. Mes doigts viennent doucement caresser ma peau meurtrie quand Mukuro rentre à son tour dans l'antre du médecin absent, et vient s'adosser contre la porte.
« Quel tombeur de ces dames … » Chuchote-t-il à mon encontre.
Le ton n'est ni blessant, ni méchant. Je n'en ressens qu'une simple tentative d'apaiser l'ambiance morne qui règne ici bas. Je ne réponds néanmoins pas, incapable de faire autre chose que regarder mes pieds se balancer de la table d'auscultation. J'étais plus vif à une époque.
« Allez viens, dit-il en se redressant, les tensions s'élèvent dehors et ils vaudraient mieux pour vous que vous partiez le plus vite possible. »
Sans un mot, je me lève à mon tour de mon trône, me drape dans la large cape que l'illusionniste me tend et le suit à pas lents. Nous marchons dans un silence d'or qu'aucun de nous ne cherche à briser. Lui ne sait pas quoi dire, moi je n'en ai pas envie. Il ne viendra pas pour nous et je ne veux pas d'un autre larbin qui ira à la mort pour moi. Car c'est tout ce qu'il lui reste.
J'observe du coin de l'œil les alentour, qui ma précédente fièvre m'empêcher de réellement contempler auparavant. L'emménagement est sommaire, mais l'électricité et l'eau courante semble être présentes. L'aération est réglée par les nombreuses entrée qui laissent s'échapper ou gardent la chaleur. Enfin, l'odeur surtout... Nous passons devant un renfoncement dans la muraille et l'illusionniste m'explique de quelques mots que ce lieu est sa demeure ou ce qui s'en ressemble. Les gens nous regardent de travers mais je n'en ai cure. Je n'ai déjà pas l'habitude d'en voir autant, ce n'est pas leurs yeux me feront quelque chose. Comment le pourraient-ils ? Je ne regarde déjà que mes pieds depuis trop longtemps. Je sais par contre que mon guide n'apprécie pas énormément et offre sa plus glaciale grimace à qui ose croiser son regard.
Cette paix éphémère ne pouvait pas durer n'est-ce pas ? C'était trop beau.
Sans crier gare, la boîte innocemment posée au creux de mes bras se met à gigoter avec violence et je me fige sous la surprise et la peur qu'elle engendre. A mes côtés, Mukuro écarquille de la même façon que moi ses yeux dépareillés et nous contemplons horrifiés ma malédiction en œuvre.
Impossible. C'est impossible. Tout ceci n'est pas réel et je suis encore assoupi sur ce lit. S'il vous plaît que ce soit ça…
« Ils L'ont amené sur nous ! » Hurle une voix derrière nous.
Aussi vite que nous nous sommes arrêtés, Mukuro prend brusquement sa tête entre ses mains, calant son trident avec ses doigts. Ses yeux rouges et bleus s'écarquillent d'autant plus que la panique commence à s'entendre partout dans la ville souterraine.
« Il a passé si facilement la première illusion … » Chuchote-t-il tremblant.
Je suis moi aussi horrifié, les yeux greffés sur la boîte en mouvement de plus en plus violent dans le creux de mes bras.
Non … C'est impossible …
« Il va Le tuer … murmure-je lentement.
- Fuis gamin, entends-je difficilement à mes côtés, c'est toi qu'Il veut alors fuis sans te retourner. »
Je n'ai pas besoin de son ordre pour commencer à courir comme un demeuré à travers le labyrinthe qu'est cet endroit. Je ne sais pas où sont mes compagnons mais je juge bon de penser que l'homme au trident les a rejoint, eux sûrement déjà sur le champ de bataille que j'entends au loin. Outre le fait que je sente déjà Sa présence quelque part, me cherchant très certainement, je ne sais pas quoi penser des hommes dans le ciel de la Cité Libre, attaquant sans un regard pour les gens de cette ville perdue. Il semblerait que l'Autre est perdu patience après sa dernière défaite face à mes petites jambes et ait envoyé toutes ses troupes me chercher. Enfin, me tuer…
Mon allure ne me laisse pas le temps de la réflexion et c'est avec force que je percute quelqu'un dans ma course, me faisant tomber, une fois de plus, au sol. Je me redresse presque automatiquement pour me figer quand je vois qui j'ai faite tombée aussi à terre.
I-Pin.
Celle-ci me scrute de ses yeux habitués au combat et murmure lentement mon nom de surprise. Je suis rapidement détourné de la vision de ma belle au sol par des cris dans mon dos qui me font faire volte-face. Des ennemis, armés, pointant leurs jouets on ne peut plus dangereux vers nos visage. J'entends ma chinoise stopper sa respiration mais de mon côté, je leur fais déjà face. Avec une rapidité calculée, ma main libre vient ôter ma cape à ma gorge tandis que l'autre laisse pendre mon fardeau le long de mn corps tendu. Puis, d'un mouvement de poignée, elle s'étend devant mes yeux, me masquant la vue de mes assaillants. Enfin, au dixième de seconde près, je laisse mon talent agir comme il se doit.
La cape s'est figée nette dans son mouvement tandis que les hommes en face commence à tirer mais c'est peine perdue. Le tissus autrefois souple s'est solidifiée à temps et repousse les balles avec une facilité qui déconcerte les assassins, à l'entente de leurs acclamations. Je n'ai aucune envie de leur expliquer.
Je retire mon pouvoir qui fait mollement retomber le tissu noir et m'élance vers eux. Ils n'ont rien vu venir et arrivé au plus près, mon deuxième mouvement les abat. J'ai seulement solidifié de nouveau ma cape pour percuter violement les trois hommes qui s'effondre au sol, après une rapide rencontre avec le mur. Mon pouvoir quitte l'étoffe que je replace vivement sur mon dos. Mes pieds font volte face et je repars derechef, abandonnant du même coup, les trois corps sans vie, les nuques brisées par mon attaque, et ma douce I-Pin qui me regarde m'enfuir impuissante.
Pardonne-moi I-Pin, mais je ne peux pas t'emmener avec moi.
Je chasse avec résolution les dernières pensées la concernant et me force à ne penser qu'à ma fuite. Je dois le faire.
C'est mon fardeau.
La boîte maudite sur ma poitrine, j'esquive par la force de l'habitude les gens autour de moi, obstacles paniqués dans ma course. A chaque soubresaut de ma malédiction, je me dois de bifurquer mais malgré mes années d'expérience, je dois avouer que les mouvements de celle-ci me laissent perplexe quant à leurs significations. Jamais elle n'a autant réagit qu'aujourd'hui et je ne comprends pas ce qu'elle cherche à faire. Je suis sorti plus que brusquement de mes pensées par un corps jeté sur moi, me permettant d'échapper à un tir porté dans ma direction. Quand je me redresse, c'est une tête blonde que j'aperçois qui se relève déjà, couteaux à la main.
« Fran, dit la silhouette, occupe toi du gamin. Emmène-le loin d'ici.
- Oui Bel-sempai … » Fait une voix étrangement calme dans ce chaos.
Je tourne ma tête pour contempler près de moi, le nonchalant apprenti de Mukuro, lançant des illusions par la simple volonté de son esprit aux assaillants. Celui-ci me regarde de ses yeux indéchiffrables et je le suis docilement à travers les corps et les ruines. Pour changer de mon quotidien.
Je ne l'avais jamais avant aujourd'hui, arborer un autre rythme que l'arrêt ou la marche posée. Le sprint semble aussi être l'un de ses atouts, semblerait-il. Bon nombre d'attaques sont mise à mal par ses illusions et je me surprends à penser que le jeune homme de quelques années seulement mon aîné ferai un bien meilleur Protecteur que moi.
Ou même Gardien.
Il y avait bien longtemps que je n'avais pensé à cette position qui avait été mienne il y a quelques années de cela. Le temps des batailles gagnées, des effusions de joie, des accolades chaleureuses, heureux d'être tout simplement… encore en vie. C'est fini tout ça.
Tout comme les Vongolas.
Mais j'aperçois du coin de l'œil, le dernier survivant. Il est debout, fièrement dressé contre les ennemis combattant dans les airs. Le Boss de la Cité Libre, régit par les Vongolas, laisse ses mains s'enflammer pour mieux s'élancer à leurs poursuites et un à uns, les défaire avec haine. Je ne me souviens pas l'avoir déjà vu aussi en colère.
Je suis soudainement, et de nouveau, sorti de mes pensées par mon accompagnateur devant moi qui a mis un genou à terre et semble chercher son souffle, les yeux hagards.
« Fran ! Dis-je ne me précipitant à ses côtés, tout va bien ?
- Maître… » Entends-je seulement.
Je me braque en pensant aux problèmes qui doivent survenir au front principal et à la raison qui peut avoir fait demander le pouvoir du jeune homme aux cheveux verts par l'illusionniste le plus puissant qu'il ait jamais existé de mémoire d'homme. Il reste dans un état second préoccupant pendant quelques secondes où je reste les yeux fixés sur ses yeux desquels une larme de sang vient lentement s'écouler. Des bruits dans mon dos me tire de mon inquiétude quand je me souviens dans quelle situation nous nous trouvons et découvre avec horreur que nous sommes tout deux face à plusieurs assaillants armés encore une fois, les fusils pointés vers nous. Ils se positionnent et je n'ai le temps que de voir l'illusionniste de talent se placer devant moi, bras écartés, avant de lever une main qui agrippe avec force son bas de manteau. Et les tirs pleuvent dans notre direction.
Je garde les yeux cols derrière mon rempart de chair et tiens à bout de bras le jeune homme debout. Quand les tirs cessent enfin, je retire promptement mes doigts et l'homme aux cheveux verts restent un temps dans la même position. Puis, les balles tombent une à une de son corps et Fran s'effondre au sol dans une inspiration difficile. Pendant ce court lapse de temps, ma main propulse avec force des éclaires verts qui carbonisent les tireurs qui s'effondrent comme un au sol. L'illusionniste de son côté, reprend enfin ses esprits fixant le sol. Il tourne alors un visage fatigué vers moi, incapable du moindre autre geste je le sais.
« J'ai solidifié tes vêtements et ton corps au moment où ils ont tirés, déclare-je avant de me relever lentement, je ne laisserai plus d'illusionnistes sauver ma peau en vendant la leurs. »
Sur ces mots, je le laisse seul parmi les morts et cours de nouveau pour mon fardeau. Chrome-nee, jamais je ne laisserai le garçon que tu as considéré comme ton frère, ou bien l'homme qui t'a sauvée la vie, disparaître. Ta simple perte a déjà été trop pour moi.
Les secousses de Pandore n'ont eut de cesse de continuer et en sont presque insupportables. Jamais la boîte n'a réagit aussi violement et ses mouvements, même après des années de pratique, me laissent totalement perplexe. Et, quand dans un soubresaut plus violent que les autres, je dois me laisser tomber à terre pour le garder dans le creux de mes bras, je suis presque paniqué. Pour quelles raisons ? Pourquoi réagis-tu de la sorte aujourd'hui plus que les autres? Pourquoi ?
Et alors je sais.
Oh oui malheureusement je sais.
Car devant moi, mes sens captent une présence que je croyais avoir évitée, mais qui en réalité, m'attendait.
Qu'as-tu fait ? M'as-tu réellement abandonné maintenant pour rejoindre celui auquel tu te sens d'appartenir ?
Pourquoi ?
Pourquoi m'as-tu amené jusqu'à Lui ? Il est encore trop tôt…
J'ai évité de peu son regard et je fixe dorénavant le sol avec une intensité malsaine. Mes pupilles greffés sur son ombre qui se dirige vers moi avec lenteur, mais trop vite pour que mes pas indécis en arrière ne me mettent hors de sa route, et Lui de la mienne. Je crois qu'hormis ce jour maudit où la Brume a perdu l'un de ses membres, je n'ai jamais été aussi près de Lui qu'aujourd'hui.
Je voudrai reculer encore plus mais j'en suis incapable. Mes yeux remontent lentement le long de sa silhouette que je voudrai tant pouvoir contempler. Mais il ne le faut pas.
Brusquement, et une nouvelle fois, l'on me propulse hors de sa main qui s'était levé pour m'ôter la vie. Incrédule, je me retrouve dans les bras d'un homme à la chevelure courte et blanche, le visage déformé par la douleur.
« Oni-san … » Murmure-je quand il me repose à terre.
Sa respiration est difficile et c'est à cet instant que je remarque enfin la longue plaie béante sur son dos. Il l'a eu.
« Oni-san ! Cri-je de peur.
- Sauve-toi, chuchote-t-il à mon oreille, les autres ne vont pas tarder pour me prêter main forte. Sauf-toi le temps qu'on le retienne. »
Mes larmes pointent à mes yeux. Je sais que s'il reste seul plus de quinze secondes face à Lui, il mourra. Et dans son état, je ne lui en donne pas plus de quatre. Comprenant le fil de mes pensées, il désigne la boîte du doigt, avant de faire face à notre assaillant, avançant lentement vers nous. Mes bras raffermissent ma prise sur mon fardeau et je me force à faire volte-face.
Avec un peu de chance…
Mais la chance n'a jamais été de notre côté depuis maintenant sept ans.
Je continue ma course au milieu des cadavres qui s'amoncellent, m'interdisant fortement de poser ne serait-ce qu'un œil sur eux. L'un des tunnels qui mènent à l'extérieur se dessine doucement devant moi et mes jambes s'emballent. Je peux encore fuir.
Malheureusement, pour la énième fois, des hommes lourdement armés me font face, atterrissant dans un nuage de poussières, et je me dois de ralentir, encore entraîné par mon allure précédente. Soudain, un murmure se fait dans mon dos, je sens alors le sol disparaître sous mes pieds et je commence à paniquer. Mais rapidement, une voix me ramène à la réalité.
« Lambo ! »
Je reconnais derechef cette voix et entame une roulade dans les airs pour ne pas laisser traîner mes jambes dans le sillage. J'entrevois la scène la tête en bas mais l'action n'en devient pas moi impressionnante. Je vois le garçon que je considère comme mon frère, lever un bras de ses yeux absents, un révolver bien connu, et tirer une salve rougeoyante qui tue presque instantanément mes assaillants. Le jeune blond me fait doucement redescendre comme tout au alentour et je l'observe quelques secondes recharger ses armes de billes rouges pour l'une et vertes pour l'autre. A la mort du Boss de la Varia, tombé face à Lui, c'est lui qui a hérité de ses armes, d'après l'un de ses propres classements. C'est ensuite Irie et Spanner qui les ont ''améliorées'' pour que les armes puissent utiliser des balles de chaque éléments et les déchaîner selon leurs attribues, chacun donnant un résultat différent.
Pas le temps de penser à des choses inutiles.
Un regard entendu avec mon frère de cœur et je cours sans me retourner, pénétrant à une allure ahurissante l'un des derniers tunnels vers la sortie encore praticable. J'esquive ou élimine les derniers remparts qui souhaiteraient se mettre dans mon chemin pour finalement cueillir la fraicheur du soir sur ma peau, dont je me moque éperdument. Je ne prends presque pas le temps d'analyser mon environnement – un débarra à l'orée de la ville asservie – et fixe l'horizon, cherchant de mes yeux hagards, un endroit souhaitable pour me cacher.
Je ne sais pas combien de temps je cours encore avant d'entendre une gigantesque explosion sur le côté. Je ne connais qu'une chose capable de créer un aussi grand son et je redouble d'effort en déviant un peu de ma route, cherchant ainsi à m'éloigner le plus possible.
Mais c'est un corps lancé à grande vitesse sur un rocher devant mes yeux qui me force à stopper ma course.
Mon souffle s'est arrêté et mes bras commencent à trembler autour de mon fardeau qui reprend de plus belle ses secousses. Il me faut quelques secondes pour pouvoir tourner uniquement mon regard sur la personne qui s'est écroulée au pied de la pierre. Une courte inspiration traverse mes narines quand je reconnais la tête qui commence à se vider de son sang. Mais ce sont des pas de l'autre côté qui ont raison de ma conscience. Car choqué, surpris, étourdi, fou, j'ai tourné les yeux.
Vers Lui.
Vers Son regard.
Et je sais maintenant que je vais mourir.
Je remercies les personnes étant arrivées jusqu'ici, au plaisir de vous revoir au prochain chapitre.
