Chapitre premier
La poésie est le miroir brouillé de notre société. Et chaque poète souffle sur ce miroir : son haleine différemment l'embue. ( Louis Aragon ) – extrait de Chronique du bel canton.
Miroir, oh beau miroir ? Pourquoi ressemble-je donc à cela ? Elle se tenait droite devant le miroir du dortoir et tâtonnait quelques parties de son corps, ventre flasque, frêles bras, visage fin et traits sévères, rien de bien attirant… Et ses cheveux impossibles à coiffer joliment, ce qui l'énervait particulièrement, alors, elle se contentait de faire un abominable chignon qui laissait échapper quelques mèches folles. En beaucoup de points elle était différente de ses comparses, elle était assez grande, bien plus que la moyenne générale des filles mais en même temps dès qu'elle se retrouvait au côté d'un homme elle semblait petite et insignifiante. Elle aimait étudier, oh oui, qu'elle aimait ça… plus que tout.
Se retournant définitivement en s'interdisant de se regarder une énième fois dans ce miroir, elle se pencha sur son sac, les coutures menaçaient de rompre à chaque instant sous la masse considérable de ses livres de cours. Elle le hissa sur son épaule qui fût aussitôt tirailler par une douleur musculaire, foutu sac. Le feu crépitait dans le foyer se trouvant au milieu de la pièce, il faisait bon et elle aurait voulu y rester un bon moment à bouquiner mais le devoir l'appelait ! Enfin… plus précisément les cours. Elle déambula dans les escaliers en risquant à tout instant de s'étaler violemment dans le couloir. Après un sprint assez impressionnant menant jusqu'au cachot, elle s'arrêta brusquement stopper par les élèves attendant que le professeur ouvre la porte du cachot. À l'heure comme d'habitude !
Elle souriait fièrement dans son coin, quand le professeur ouvrit la porte, laissant apercevoir sa face amicale et son imposante moustache. Les élèves pénétrèrent dans le cachot, quand le prédécesseur du nouveau professeur de potion enseignait dans le cachot l'ambiance y était macabre et il faisait froid, très froid. Mais notre bon ami à la grosse moustache réchauffait les cachots et sa bonne humeur continuelle rendait cet endroit plus chaleureux. Les tables étaient réparties un peu partout dans la salle et étaient toutes occupées par deux chaudrons en cuivre. Son sac fit un bruit sourd quand elle le posa sur la table, le professeur s'étonna d'un tel bruit et s'approcha d'elle tout en souriant.
- Avez-vous pensé à utiliser un sort pour alléger votre sac ? murmura celui-ci à son intention. Il me semble qu'il vous pèse un peu trop. N'est-ce pas ?
- Merci professeur ! Je n'y avais même pas songer.
- Mais de rien… avec plaisir.
Cela faisait deux années que le professeur Slughorn avait pris le poste de professeur des potions, et, il fut rapidement apprécier… toujours chaleureux et souriant. Il avait créé un club, le club de Slug, tout le monde voulait en faire partie, ce qui était compréhensible, c'était un privilège de pouvoir y participer et on acquierait une sorte de prestance en y devenant membre. Evidemment, elle n'en faisait pas encore partie, pas encore… car, oh qu'oui, elle en fera partie !
Le professeur Slughorn s'était mis au devant de la salle, ses deux mains reposaient sur son ventre bedonnant, il se racla la gorge pour attirer l'attention sur lui…, même s'il savait qu'il avait déjà tout l'attention de ses élèves, une sorte d'habitude…
- Bonjour ! Je vois que nous sommes… tous là, oui c'est parfait tous à l'heure. Cinq points en plus par maison pour être venu enfin tous à l'heure ! annonça Slughorn d'une voix enjouée. Aujourd'hui nous allons essayer, parce que je ne suis pas sûr que nous allons réussir à en faire une parfaite…, nous allons essayer de faire une potion de régénération sanguine. À quoi sert cette potion, fiez-vous à son intitulé… c'est une question que même un première année pourrait répondre.
- Bah… ça régénère le sang, non ? murmura timidement une élève au premier rang.
- Oui ! Bien bravo… maintenant sortez vos livres…
- Monsieur ! Désolé de vous interrompre… mais nous avons déjà fait cette potion en troisième année avec votre prédécesseur. Après avoir trouver ses livres de potions, elle se sentit forcer de faire un petit commentaire même si ça devait mener au foudre de ses camarades.
- Ah ? Et quelqu'un l'avait réussite ? Hm ? Si oui je veux bien lui donner 10 points pour cet exploit. Faire une potion de régénération en troisième année ,et juste, serait exceptionnel.
- … Non personne n'a réussi.
- Donc tentons de la réussir aujourd'hui, avec en prime vingt points pour sa maison ! Ouvrez vos livres de potions… à la page 198. Les ingrédients sont déjà placé sur votre table, à vous de les reconnaître et d'en faire la correcte utilisation. Bonne chance !
Penchée sur son manuel de cours et un œil attentif sur son livre « Mille herbes et champignons », elle tentait de comprendre les explications de préparation.
Préparation de la potion de régénération sanguine, selon Libatius Borage.
Ingrédients :
deux litres de sang de dragon
trois moitié de sangsue
des limaces jaunes à cornes
des pics d'hérissons
des champignons de Paris
du jus de citrouille
des cervelles de souris
un pouce de gnome des jardins
une cruche de vins rouges
une bonne quantité de Whisky pur malt
Visiblement beaucoup d'ingrédients n'avaient rien n'à voir les uns avec les autres, un pouce de gnome des jardins ? C'est affreux…Et, de l'alcool ? Pourquoi pas… Il suffisait de suivre correctement les instructions et sa potion sera sûrement… acceptable même peut-être parfaite ! En premier, il fallait verser les deux litres de sang de dragon et faire chauffer à feu moyen… feu moyen simple à dire, après un instant de réflexion, elle lança un sort qu'il lui semblait approprié pour régler la chaleur du feu. Elle attrapa les deux sangsues encore vivantes et les posa sur son plateau de découpage, elle les coupa en deux et posa la moitié inutile dans un bocal de réserve, elle devait à présent les hacher et mettre tout le contenu dans le chaudron en ébullition.
Un petit cri la sortit de sa concentration pourtant si légendaire, sa voisine avait une sangsue collée à sa paume et qui se mouvait étrangement.
- Mon Dieu ! Aide-moi, enlève-moi ça ! Berk ! Berk ! Berk ! Je sens mon sang partir…
- Bouge pas. Elle tira de toute ses forces sur la sangsue qui était bel et bien décider à rester accrocher à sa cible. Monsieur ! Monsieur, on a un léger problème !
- Que se passe-t-il ? Slughorn retint un rire en voyant la jeune élève se mettre à paniquer. Allons calmez-vous mon enfant je vais vous aider…
Après que le sauvetage de sa camarade fut réalisé, elle retourna à son chaudron qui commençait à faire des bulles, elle hacha sauvagement ses sangsues qu'elle lança dans le chaudron. Puis, avec une louche en étain, elle tourna le tout trois fois à droite et cinq fois à gauche. À présent, il fallait, couper la tête de sept limaces, les jeter dans le chaudron, puis avec leur corps faire une sorte de bouillie dans laquelle, il fallait y ajouter le jus de citrouille et la cruche de vin rouge. Voilà… quelle horreur, les pauvres limaces… Ensuite…, faire une fine poudre avec les champignons et les pics d'hérisson et les incorporés dans un verre de whisky où les cervelles de souris aurait été plongé dedans quelques minutes avant. Elle plongea les cervelles de souris dans le verre de whisky et se mit à écraser les champignons, puis après avoir rajouter les pics broyés, elle mélangea le tout dans le verre de Whisky, la purée de limace et les poudres dans le verre. " Buvez tout le mélange, gargariser et recracher le tout dans le chaudron, après cela compter vingt-sept secondes et rajoutez une goutte de votre propre sang. " Sous estomac se contracta brutalement, elle eut un léger haut le cœur et avec dégoût regarda la mixture. Elle regarda autour d'elle et voyait plusieurs élèves assis sur le tabouret entrain de fixer leur mixture, les mains tremblantes.
- Monsieur ? C'est une blague ? murmura sa voisine d'une voix tremblotante.
- Non ! Allez-y ! Le whisky atténue un peu le mauvais goût.
- Et si on avale une cervelle de souris sans faire exprès ?
- Ce serait dommage, mais, ce ne serait pas nocif pour votre santé. Allez, buvez maintenant !
Autant le faire directement… et ne pas se poser de question, elle tendit le bras et laissa le liquide entrer dans bouche puis elle se mit à gargariser… elle sentait les cervelles de souris s'entrechoquer et se caler entre quelques dents, elle eu un haut le cœur et recracha le tout dans son chaudron et se mit à tousser bruyamment.
- Vingt-sept secondes ! Miss… ! N'oubliez pas les vingt-sept secondes ! hurla Slughorn depuis l'autre côté de la salle.
Un…deux…trois…quatre…, elle n'avait jamais su compter correctement les secondes, et, de se retirer une goutte de sang en même temps n'était pas la chose la plus aisé non plus. Elle se piqua le pouce, vingt-six…vingt-sept, elle laissa tomber sa goutte dans le chaudron qui laissa échapper une légère fumée blanche, son livre tomba à terre, sa voisine s'était affaissée sur la table en jurant et avait bousculé son livre qui était violemment tomber sur le sol. Son regard se posa sur son livre puis sur le pouce… le pouce du gnome… ! Mince ! Elle se pencha rapidement et attrapa son livre… qu'est-ce qu'il fallait faire avec le pouce.
- Lancez-le dedans ! Vite et tournez trois fois la potion en chantant : Je suis une petite fille, avec des petites nattes !
- Sans se poser de questions, elle obtempéra et se mit à fredonner en touillant sa mixture.
- Parfait…parfait. Slughorn remplie une fiole et la montra aux autres. Vous voyez cette couleur jaune pâle… ? murmura Slughorn en examinant la fiole. Elle est bien trop décoloré, le jaune doit-être plus vif ! Désolé, Miss…vous avez du compter trop rapidement ! lança Slughorn d'un air faussement désolé, il lui tapota gentiment l'épaule avec un petit sourire réconfortante.
La déception s'encra dans son visage, zut… avec un geste triste, elle ouvrit son livre à la bonne page et lu la dernière partie. « Rajouter le pouce de gnome et tourner trois fois dans le sens que vous voulez ».
- Monsieur… où est-ce que c'est marquer qui fallait chanter « Je suis une petite fille, avec des petites nattes » ?
- Nulle part, mais je rêvais de faire cette blague. Ne le prenez pas mal… ce n'est pas ça qui a fait rater votre potion.
La voisine se retourna vers elle et lui posa la main sur l'épaule en souriant timidement.
- Je suis vraiment désolé d'avoir fait tomber ton livre par terre… murmura celle-ci, les yeux brillants.
- Ce n'est pas grave… c'était un accident.
La fin du cours approcha, le professeur Slughorn la main entaillé, passait de chaudron en chaudron pour trouver la potion qui ferait effet ! Il s'arrêta vers sa table et observa le chaudron de la voisine, la potion était jaune… vif.
- Oh… est-ce que ce serait cette potion ? Hm…hm ! Slughorn plongea sa main dans la chaudron et après quelques secondes la sortit, sa blessure avait parfaitement cicatrisée. Magnifique ! Vingt points de plus pour votre maison… votre sangsue vous a porté chance !
- Merci monsieur… Après s'être brièvement essuyer le coin des yeux, elle sourit. Je suis vraiment désolé pour ta potion, tu aurais sûrement fait une meilleure que moi.
- T'inquiète pas ! Regarde, tu nous as fais gagner des points ! Alors que… sans vouloir te vexer, en potion tu n'arrives jamais à rien. Tu peux être fière de toi.
- Je le suis… je le suis…
La sonnerie détonna, les élèves jetèrent un coup d'œil à Slughorn qui semblait réfléchir.
- Bon et puis zut, filez pas de devoirs pour la prochaine fois ! Bonne journée !
Les élèves lui accordèrent leur plus joli sourire et quittèrent un à un la pièce. En enfournant ses livres, elle regarda la nouvelle classe entrer dans le cachot, des cinquièmes années, un an de moins qu'elle donc moins mature, résonna-t-elle. Un sort pour rendre plus léger fut lancer sur son sac et elle quitta rapidement les lieux et pu entendre le professeur Slughorn s'exclamer d'une voix amicale :
- Ah Tom ! Comment allez-vous ?
- Très bien monsieur, merci. Et vous ?
Puis la porte dans un grincement sinistre se referma. Deux jeunes élèves de Serpentards de troisième année passèrent devant les cachots et murmurèrent entre elles.
- Tu as vu… il y avait T…
- Oui, oh chute ! Tais-toi, tu ne veux pas que tout le monde soit au courant… qui nous fait de l'effet. murmura la plus petite des d'eux en traçant le plus vite possible vers les escaliers.
Comme si c'était un secret, tout le monde trouvait ce cher Jedusor fort charmant… mais tout le monde savait aussi qu'il était aussi froid qu'un glaçon et que personne ne pouvait l'atteindre au cœur et qu'il fallait être rudement douer pour pouvoir avoir une discussion avec lui, il ne parlait pas avec n'importe qui. Des pas légers, et, le bruissement des pans d'une robe frôlant le sol se firent entendre derrière son dos. Une main se posa sur son épaule, et, un vieille homme souriant lui fit un clin d'œil.
- Allons dépêchez-vous, mon cours va bientôt commencer. Vous ne voudriez pas venir en retard ? N'est-ce pas ?
- Non, monsieur. Mais, vous vous faites quoi ici ?
- Je vais à mon cours, et, je sens que je serais en retard. C'est bizarre, hein ?
- Il nous reste quelques minutes pour courir jusqu'à votre salle de classe…
- Courir ? Quelle idée… prenons donc notre temps… enfin non, moi je prends mon temps comme ça je ne pourrais pas dire que vous étiez en retard et que j'étais au courant ! N'est-ce pas ?
- Tout à fait… Après l'avoir remercié d'un léger sourire, elle se rendit en courant jusqu'à la salle de cours et manqua de se prendre l'escalier auquel manquait une marche.
Comme prévenu, il arriva en retard, mais tout en souriant comme à son habitude. Et en ouvrant la porte de la classe, il sifflotait. Elle adorait ce professeur, il était très sympathique et enseignait bien, et, elle lui avait avoué que plus tard, elle voudrait bien lui ressembler. Et pas qu'un peu ! Il s'installa sur sa chaise et observa ses élèves… il avait de belles lunettes en demi-lunes qui lui retombait sur son nez.
- Nous allons parler des Animagis… et des Animagus. Quelqu'un sait de quoi il s'agit ? Oui ? Je vous écoute…
