Chapitre 2

Les deux amis revenaient à leur village, à pied et par la route.
L'un portant une petite cargaison de légumes fagotés sur le dos, l'autre un tonnelet de riz.

« J'adore les missions comme celles-là ! Fit Takeshi. Une bonne bagarre, quoiqu'un peu facile, mais bon. Un repas somptueux, une femme... Mmm comment dire... experte et docile. Ah ! Le paradis sur terre ! »

Kenji se contenta de sourire pour toute réponse.

« Et toi l'ami ? Comment était-elle ?

— Mm... Gentille. Répondit-il après une seconde de réflexion, cherchant le terme exact.

— Gentille ! S'écria-t-il. Et c'est tout ? Elle t'a fait des trucs cochons au moins ? Halala ! La mienne, tu aurais vu... Il en rêvait encore. Elle m'a tout fait ! Et tout laissé faire, si tu vois ce que je veux dire. Là-dessus, il lui adressa un clin d'œil malicieux suivi d'un petit coup de coude. »

— Avec la mienne, nous avons un peu parlé.

— Décidément, tu me déçois par moment. Une belle fille s'offre à toi et toi, tu fais quoi ? Tu discutes avec elle. Mais quel gâchis. Il prit un air comiquement dépité.

— Je n'ai pas dit que nos lèvres n'ont servi qu'à cela non plus.

— Ahahaha ! Tu m'as fait peur un instant. Fit Takeshi, partant dans un grand éclat de rire. »

—ö0ö— (=^.^=) —ö0ö—

« Takeshi ? Fit son ami, plus sérieusement.

— Mmm ?

— Tu avais déjà entendu parler de démon fécondant des humaines avant ? De force, je veux dire. Et en leur faisant boire une sorte d'aphrodisiaque puissant produit par lui-même.

— Pourquoi ? C'est ce que l'autre horreur d'hier faisait. »

Il répondit "oui" de la tête.

« Bouah, c'est dégoutant ! Y'a rien de pire que de forcer une femme. La séduire, même par tous les moyens, c'est autre chose, mais le viol... Sinon j'en connais, et toi aussi qui se sont accouplés à des humaines. Même par la force parfois, mais ni comme tu dis ni possédant ces mêmes tentacules. Brrr. On a bien fait de passer par la et de le faire disparaitre.

— Tout à fait d'accord. »

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« Sinon, tu repars bientôt pour l'autre époque ?

— Oui, pour passer mon test d'aptitude afin d'entrer à l'université. Tu sais à quel point ma mère y tient.

— Mouais. Cela va te prendre longtemps ?

— Une semaine environ. Puis ce sera la rentrée définitive.

— Pouah ! Toute une semaine! Une semaine d'abstinence !

— Tu n'as pas besoin de moi pour séduire les femmes.

— Certes oui ! Mais c'est tellement plus drôle lorsque l'on va buter du démon tous les deux. Enfin, je me ferai une raison. »

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Arrivés au village, il se séparèrent et chacun se rendit chez lui. Leurs demeures étant situées non loin l'une de l'autre.

« Maman ! Père ! On est rentrés ! Fit Kenji en passant le seuil. »

Kagome, préparant le repas, lui adressa un joli sourire alors que Akeko, sa petite sœur âgée de huit ans, se précipita sur lui.

« Grand frère ! Il s'accroupit pour la recevoir dans ses bras et se releva en la portant. Alors ? Vous en avez tué beaucoup ?

— Juste un seul, mais il était énooorme. Là-dessus, il lui chatouilla les côtes, ce qui fit rire la petite fille. Puis déposa son tonnelet au sol.

— Et je ramène du riz, maman.

— C'est très gentil mon grand. Tu as vu ton père en arrivant ?

— Heu non.

— Il voudrait te voir. Nous avons reçu de la visite hier et cela ne l'a pas mis de très bonne humeur. Takeshi aussi va avoir droit à des remontrances. »

Kenji n'était pas du genre à paniquer pour un rien — ni même pour beaucoup d'ailleurs —, mais lorsqu'il s'agissait d'affronter son père, c'était autre chose. De plus, il se doutait de la raison de son mécontentement, cela devait arriver un jour ou l'autre.

« C'est à cause d'une femme, c'est ça ?

— Franchement, vous devriez faire attention. Je veux bien vous croire si vous me jurez qu'elle était pleinement consciente de ce que vous faisiez, je peux également avoir l'esprit large et comprendre votre envie de profiter de la vie, mais comprenez que vous ne pouvez pas continuer comme ça. Vous êtes allés trop loin cette fois.

— Je t'assure maman ! Que je n'ai jamais... Malgré toutes ces occasions, je suis encore... enfin... »

Devant les oreilles chastes de sa jeune sœur, il n'osa prononcer le mot "vierge" de peur de devoir répondre ensuite à des questions embarrassantes. De toute façon, avec la réputation de son ami, personne ne le croirait. Certes, il avait déjà pu connaître les délicieuses attentions que l'on peut apporter en ne se servant que de sa bouche et de ses mains. Il les appréciait même beaucoup, mais jamais il n'en avait réellement possédé une. C'était un principe chez lui, surtout vu sa condition de demi-démon.

Mais il fut coupé par la voix de son père, qui venait d'entrer derrière lui.

« Keh ! »

Inuyasha s'approcha de son fils. Celui-ci étant de la même taille, possédant le même regard ambré et une chevelure longue, épaisse et soyeuse lui ressemblait beaucoup. La seule différence résidant dans leur couleur d'un noir corbeau comme sa mère. Le duvet de ses oreilles étant sombre lui aussi. Même s'il craignait les colères de son père, il ne cligna pas des yeux. Par contre, il s'empourpra lorsque celui-ci se mit à le renifler bruyamment.

« Cela empeste. Va faire ta toilette.

— Bien père. »

Il déposa Akeko et s'empressa de fuir son regard inquisiteur.

« Akeko, va jouer dehors une minute.

— Oui papa ! »

Une fois la petite hors de portée de voix, il dit le fond de sa pensée.

« Je n'aime pas l'idée qu'il sème des bâtards dans toute la région. »

Mais Kagome, semblant mieux connaitre son fils, lui répondit sans se démonter.

« Aucun n'est né avec des oreilles de chiens ou des crocs que je sache. Ton fils n'est pas responsable de cette future naissance, crois-moi.

— C'est ce qu'il dit. Pourtant son odeur...

— Son odeur ?

— Rien. Laisse tomber.

— Ton fils, sache-le, est encore pur. Puis, murmurant presque. Je crois qu'il attend de trouver un véritable amour avant. Hihihi. Que c'est romantique.

— Ouais. On se demande bien de qui il tient ça. »

—ö0ö— (=^.^=) —ö0ö—

Kenji, ravi d'avoir échappé à un sermon plus détaillé, rejoignit son compère occupé à se passer un linge frais et humide sur une marque toute fraiche faite sur sa joue devant un baquet d'eau claire.

« Ah... Tu dois être au courant.

— Mouais. Ton père vient de me passer un de ces savons. Mais mince, je fais pourtant attention. Du moins, je le croyais. Puis il prit cela avec bonne humeur, une touche de fierté de la voix. Et puis ainsi, notre lignée n'est pas prête de s'éteindre.

— Que s'est-il passé.

— Bah, hier un homme est passé et à juré que l'un de nous avait mis sa fille enceinte et qu'il fallait réparer l'humiliation faite à sa famille. Enfin, tu imagines.

— Et que vas-tu faire ?

— Que sais-je moi ? Je n'y peux rien si c'est arrivé. D'ailleurs, c'est peut-être ton enfant à toi. Pas le mien.

— Cela m'étonnerait.

— Bon, d'accord. Impossible que ce soit toi. Mais je ne vais tout de même pas l'épouser ! Je ne me souviens même plus de qui c'est ! »

Là-dessus, Kenji se trempa le visage dans le baquet d'eau, se frotta énergiquement puis ajouta avant de rentrer: « Prends tes responsabilités Takeshi. C'est encore le mieux pour elle... et pour le bébé. »

— Quoi un mariage ? Mais non ! Moi me marier ! Mais c'est la meilleure ! »

Mais Kenji ne s'éternisa pas et laissa son ami monologuer tout seul.