Note de l'auteur : Étant donné que la « famille » principale est assez nombreuse, je vais vous la détailler pour un peu plus de compréhension :
Alistair Subban : chef de famille, tuteur de Gaël et Xoran, oncle de Nicolas, Alexandre et Maël. Il a environ 38 ans et il est chef cuisinier dans un grand restaurant de New-York. C'est un ancien Maitre de Potions de renommée mondiale.
Nicolas Arcana Savaige : Aîné, 18 ans, neveu d'Alistair, frère d'Alexandre et de Maël. Il est étudiant en médicomagie.
Gaël Emrys Orion Jedusor : 17 ans, étudiant, petit-fils de Lord Voldemort (le reste de ses capacités et secrets seront dévoilés au fur et à mesure). C'est son histoire.
Xoran Helldown : 15 ans, étudiant très doué en Métamorphose et en DCFM.
Alexandre Eiden Savaige : 13 ans, neveu d'Alistair, frère de Nicolas et de Maël. Il est étudiant – surdoué – en Potions, lycanthrope depuis ses huit ans.
Maël Leïan Savaige : 11 ans, neveu d'Alistair, frère d'Alexandre et de Nicolas. C'est un futur étudiant.
Chapitre 2 :
- VEELA DÉPRESSIF ET LAID ! VIEILLE SORCIÈRE MOLDUE COUVERTE DE VERRUES ! VAMPIRE VÉGÉTARIEN OBLIGÉ DE BOUFFER SON PROPRE SANG PUTRIDE ! GOBELIN SANS NEZ ! GÉANT DE MERDE PLEIN DE PUSTULES ! TU FERAIS MIEUX DE COURIR LE PLUS VITE POSSIBLE AVANT DE DISPARAÎTRE DANS D'ATROCES SOUFFRANCES ! VA TE CACHER SI TU SOUHAITES VIVRE ENCORE QUELQUES SECONDES !
Faisant fi des menaces lui tombant dessus, ou plutôt galvanisé par ces-dernières, Gaël, perché sur un balais, volait à toute vitesse dans les couloirs du château, poursuivi par Maël, qui hurlait à s'en casser la voix.
Une course poursuite des plus banales se déroulait donc dans la demeure, les elfes de maisons – qui s'occupaient de toutes les tâches ménagères autres que la cuisine – s'écartant sur le passage des deux garçons autant par habitude que par réflexe.
- TU T'ES FAIT UN ENNEMI MON FÈRE ! JE TE JURE QUE TU ME LE PAIERAS !
Effectivement, tout ce beau petit monde se considérait comme membres de la même fratrie. Et si, pour l'heure, Maël criait vengeance en poursuivant férocement Gaël, c'était parce que ce-dernier s'était retrouvé accusé d'avoir teint la peau du plus jeune en vert, ses cheveux en violet, de lui avoir mit un horrible fard à paupières orange, du rouge à lèvres blanc et une touche de fond de teint rose au niveau des joues. Et de l'avoir revêtu d'une petite robe blanche ornée de dentelle. Le tout donnait quelque chose d'assez... affreux.
Comble du malheur, cette blague n'était pas la faute du jeune homme aux yeux vairons, mais de celle de Xoran, qui n'avait rien trouvé de mieux qu'accuser son aîné, qui passait par là. Et Maël avait réagi au quart de tour, sachant très bien que, s'il le voulait, Gaël était capable de faire ça. Et l'adolescent de dix-sept n'avait pas eu le temps de s'expliquer qu'il devait déjà fuir le plus vite possible, sous peine de représailles particulièrement douloureuses et humiliantes.
- Mais puisque je te dis que ce n'est pas...
- TAIS-TOI, TU NE M'AURAS PAS COMME CA ! JE NE CROIRAI AUCUN DES MENSONGES SORTANT DE TA BOUCHE ! SALE... SALE VÉLANE À TÊTE D'OISEAU HIDEUSE !
Gaël eut un regard perdu devant la bêtise de l'expression et, constatant qu'il allait se faire rattraper, n'eut guère d'autre choix que d'accélérer. Malheureusement pour lui, alors qu'il arrivait petit à petit à distancer son presque frère, Alexandre sortit d'une pièce juste devant lui, avec Xoran sur son dos cherchant à l'étrangler pour quelque raison obscure. Gaël les percuta de plein fouet... Maël n'ayant pas eut le temps, ni la force, de freiner, vint à son tour s'ajouter à la masse humaine qui gisaient sur le sol et bougeait étrangement.
Alerté par les cris, Nicolas les rejoignit. Voyant que tout le monde semblait approximativement en vie et semblait également vouloir le rester encore un moment, il décida de retourner dans sa chambre.
Mais... ce fut sans compter sur Xoran qui, un sourire particulièrement sadique aux lèvres, tendit la jambe pour lui faire un croche-patte par derrière. Ce qui eut pour conséquence que Nicolas bascula brutalement en arrière, droit sur Gaël, qui laissa échapper un hurlement courroucé en rejetant sa chevelure noire en arrière et vrillant ses yeux brillant de rage dans ceux de son aîné. On ne retombe pas ainsi sur Gaël Jedusor. Encore moins lorsqu'il est en train de donner une bonne leçon à Maël Savaige. Bien sûr, Nicolas n'y était pour rien dans toute cette histoire, mais il apprit bien vite qu'il avait pris trop de risques en s'approchant de la mêlée.
Le tout finit en une bagarre générale qui coûta la vie à plusieurs vases couteux et à certaines fenêtres dont les carreaux furent brisées par un malencontreux hasard. Quelques tapisseries furent aussi, on ne sut comment, déchirées et trouées. Les elfes s'efforcèrent bien de les stopper, mais ce fut en vain, et certains faillirent même être entrainés dans le combat qui opposaient les jeunes gens. Par prudence, ils optèrent donc pour une retraite. C'était bien plus sûr pour eux.
L'un des elfes de maison eut alors une brillante idée et disparut dans un CRAC sonore qui passa inaperçu avec le bruit des adolescents. Il revint accompagné d'un Alistair pestant contre les « sales gosses tarés et sans aucune éducation qui m'empêchent de cuisiner ». L'homme se saisit de sa baguette, rajusta sa robe de sorcier légèrement tâchée de sauce, et sépara tant bien que mal les cinq garçons à coup de sorts plus ou moins inoffensifs.
Ce qu'il n'avait malheureusement pas prévu, c'était qu'ils pouvaient répliquer, même si leurs baguettes se trouvaient actuellement dans leurs chambres. Alistair se retrouva alors enfoui sous une masse de garnements très en colère, essentiellement à l'idée que leurs vengeances en tous genres aient été interrompues. Ils s'allièrent donc contre un commun ennemi, au grand dam d'Alistair.
Celui-ci se retrouva coincé sous Nicolas et Alexandre, qui le serraient fortement et menaçaient de lui arracher les cheveux tant ils tiraient fort dessus. Xoran s'appliquait à lui mettre sa robe en pièces tandis que Maël et Gaël lui tombait dessus à grands renforts de chatouilles, coups et autres sournoiseries.
Si quelqu'un avait assisté à toute cette scène et l'avait raconté à ses amis, il aurait certainement été envoyé d'urgence à Sainte-Mangouste, au service des déficients mentaux.
Personne n'aurait même pu oser imaginer qu'il existait des personnes pareilles.
Alistair, se fit prendre sa baguette trois fois et les jeunes s'en servirent pour lui donner une poitrine siliconée, lui colorer les cheveux en blond platine, le maquiller à outrance, le couvrir de furoncles et lui faire pousser des dents dignes de celles d'un castor. Fort heureusement, il réussit à récupérer son artefact magique pour de bon et, ayant cette fois-ci l'avantage de pouvoir utiliser la magie, il finit par sortir vainqueur du combat.
Il eut un regard désolé sur son physique ainsi qu'un soupir de bienheureux en songeant qu'au moins ils n'avaient pas leurs baguettes. Sinon... il n'osait même pas y penser.
D'un geste, Alistair reprit une forme plus... normale, sous les regards déçus des cinq garnements. Garnements qui avaient pas mal dégustés eux aussi d'ailleurs ! Tous arboraient des couleurs intéressantes, des déformations magiques étranges et des bleus et griffures un peu partout.
Alistair soupira une nouvelle fois. Au moins avaient-ils évité de se mordre mutuellement. C'était déjà ça.
- Allez faire vos bagages. Nous partons demain pour Londres et le Chemin de Traverse. Allez, dépêchez-vous sales gosses !
Les jeunes se ruèrent littéralement dans leurs chambres prêts à s'exécuter chacun à sa façon tandis que l'homme regagnait ses fourneaux, espérant qu'ils réussiraient à terminer leurs valises dans les temps, sans quoi il serait obligé de leur faire subir une mort lente et douloureuse...
Après la réception de la lettre de Minerva, tous les six avaient longuement réfléchi, d'abord séparément, puis ensemble, des conséquences d'un voyage en Angleterre. Ils savaient, qu'une fois là-bas, ils seraient définitivement engagés, ils ne pourraient plus faire marche arrière. Et Gaël craignait tout particulièrement de se retrouver face à Harry Potter.
En effet, Gaël Emrys Orion Jedusor n'était autre que le petit fils de Tom Elvis Jedusor, alias Lord Voldemort, alias Voldy pour les intimes – ainsi que se plaisaient à dire les adolescents du château. Et il n'était pas vraiment certain que son arrivée plaise à tous, même si rares étaient ceux connaissant la véritable identité de l'ancien Seigneur des Ténèbres.
Le jeune homme était né du fils de Tom Jedusor – fruit d'un viol de son père envers une jeune Sang-Pur morte à l'accouchement – et d'une sorcière de Sang-Pur nommée Sheïla Al-Bhede. Celle-ci lui avait d'ailleurs transmis les deux héritages magiques de sa famille.
Toute son enfance, Gaël l'avait passée dans l'ombre d'un père tyrannique qui les battait et les torturait, sa mère et lui. L'enfant avait été entraîné dès qu'il avait été capable de tenir une baguette et de balbutier quelques mots. Une erreur, et il était sévèrement puni. Il ne savait même pas combien de Doloris il avait subi; ce qu'il savait par contre, c'était qu'il avait atteint une tolérance à la douleur impressionnante.
À dix ans à peine, Gaël était plus que doué. Il excellait littéralement dans la plupart des matières – essentiellement en Sortilèges, Potions, Défense Contre les Forces du Mal, Arithmancie et Métamorphose. Il était cependant nul en Botanique, et avait une peur bleue des plantes, magiques ou non. Il avait également réussi à développer ses héritages magiques, sous la tutelle de sa mère, qu'il aimait tendrement. Malheureusement, le jour de son anniversaire, elle mourut sous les coups de son mari trop fou pour comprendre ce qu'il venait de faire. Et l'enfant perdit alors le contrôle. Il usa d'un de ses héritages pour tuer son propre père.
Ce n'était pas la première fois qu'il commettait un meurtre, mais cette fois-ci, c'était son géniteur. C'était lui qui l'avait élevée durant les premières années de sa vie. C'était loin d'être parfait : il était effrayant, très probablement fou, sa méthode d'éducation laissait à désirer... Mais il était souvent là pour Gaël, à lui faire des leçons de morales – certes un peu spéciales –, il lui offrait des cadeaux. Un jour, il l'avait même emmené au zoo. Gaël s'en voulait donc parfois d'avoir mit fin à ses jours.
Il avait été prévu qu'ils iraient faire leurs achats sur le Chemin de Traverse et iraient s'installer une nuit au Chaudron Baveur, suffisamment pourvu de chambres et bien protégé. Ensuite, ils iraient à Poudlard. Alistair avait déjà envoyé une lettre signalant leur accord à Minerva, qui leur avait aussitôt envoyé une liste des choses importantes à savoir sur Poudlard. Après tout, aucun d'entre eux n'y était allé. Chacun des enfants avaient fait ses études à la maison, soit en compagnie de leurs parents au début – comme pour Gaël – soit avec Alistair qui les entraînait souvent. Ce-dernier avait étudié à Salem et ne pouvait donc pas les renseigner sur ce qui les attendait.
- Merde, merde, merde, merde, merde, merde, merde ! Pesta Gaël en répétant ce mot dans une litanie.
L'adolescent courait d'un bout à l'autre du château, malgré la taille plus qu'imposante de celui-ci, à la recherche d'un pull gris qu'il adorait et qu'il fallait absolument qu'il prenne avec lui pour le collège Poudlard.
Mais la recherche s'avéra bien plus difficile que prévu. Il renversa un Maël à moitié réveillé, bouscula Alistair en train de cuisiner et gêna Xoran dans la préparation d'une de ses blagues. Il dut donc accélérer sa course pour échapper aux griffes de ceux qu'ils considéraient comme des frères.
Le jeune homme aux cheveux noirs, encore assez désordonnés à cette heure là, finit par retrouver son bien dans une des valises de la famille, entassées dans le hall. Probablement celle d'Alexandre, au vu des objets qu'il en avait sorti sans délicatesse aucune. Il glissa le pull dans ses propres bagages. Ensuite, histoire de vivre encore quelques temps, Gaël se carapata discrètement hors du hall et se rua vers son aile. Alors que le hurlement outré d'Alexandre s'élevait derrière lui et que des jurons succédaient au cri, Gaël croisa Maël devant son tableau.
Le plus jeune portait uniquement une serviette autour de ses hanches étroites et sa chevelure était encore plus indisciplinée que d'habitude. Il tenait un jean et un boxer à la main, ainsi que ses chaussettes et chaussures.
- Maël ? Qu'est-ce que tu fous là ? Demanda Gaël d'un ton brusque, sans se soucier du terme peu... aristocrate qu'il avait employé. Avec juste une serviette sur le dos en plus !
- Et toi, qu'as-tu encore fais pour qu'Alex crie comme ça ?
- Rien...
- Je ne te crois pas.
- Pfft... t'es toujours pas prêt ? Tu sais qu'on part dans moins de vingt minutes ? Al ne t'attendra pas...
- Passes moi une chemise, j'ai rangé toutes les miennes dans mes valises, se contenta de grogner Maël.
- A vos ordres, chef !
Gaël se tourna vers le tableau :
- Hildr !
- Mais certainement, très cher ami, sourit Najar en inclinant la tête.
Le portrait s'écarta, les laissant passer.
- Évite de tremper ma moquette ! Fit Gaël avant de fondre sur son dressing et de le fouiller à la rechercher d'une chemise pas trop grande pour Maël.
L'adolescent de dix-sept ans avait tellement de vêtements qu'il ne pouvait pas tout emporter avec lui, à son grand dam.
Maël enfila rapidement ses propres vêtements et saisit la chemise que lui tendait Gaël. Elle était bien trop grande pour lui mais il ferait avec.
Alors que Maël se contorsionnait pour finir de s'habiller et ajuster un minimum la chemise, son aîné vérifiait qu'il n'avait rien oublié. Au même moment, la voix magiquement amplifiée d'Alistair retentit dans toute la demeure :
- Nicolas ! Alexandre ! Gaël ! Xoran ! Maël ! On y va ! Vous venez là tout de suite avant que je ne vienne vous chercher moi-même...
A peine eut-il finit de faire trembler les fondations du château que les cinq jeunes déboulèrent de différentes directions. Maël et Gaël avaient pris le toboggan de l'aile de l'aîné, tandis que Nicolas dévalait les escaliers. Alexandre arrivait de droite, suivis de près par Xoran.
Il y eut une cohue monstre à l'instant où les enfants se rentrèrent dedans et s'effondrèrent à même le sol, formant une véritable boule humaine. Alistair les sépara à l'aide de sa baguette, pour la deuxième fois en deux jours.
- On y va maintenant ! Fit le plus âgé.
- Euh... Al ?
- Oui, Gaël ?
- Pourquoi va-t-on faire nos achats la veille de la rentrée ?
- Eh, mais c'est vrai ça ! S'exclama Alexandre en lâchant la valise qu'il avait commencé à porter près du portoloin.
- Tu aurais pu nous amener là-bas avant ! Renchérit Xoran d'un air courroucé.
- Histoire qu'on ait le temps de se faire à l'idée qu'on va vraiment aller dans cette école, lança Maël à son oncle.
- Déjà que tout le monde va nous regarder bizarrement, asséna Nicolas.
- Et en plus tu as une certaine réputation en Angleterre, observa Alexandre.
- Dans le monde entier en fait... soupira son frère aîné en fronçant les sourcils.
- Et on fait partie de la famille nous aussi... commença Gaël.
- Même si on en porte pas le nom, finit Xoran avec un air taquin.
Les paroles s'enchaînaient sans s'arrêter, donnant le tournis au pauvre Alistair, qui ne savait plus où donner de la tête et se perdait dans les échanges des jeunes, qui semblaient se passer la parole sans se concerter.
- Chut, si on ne laisse pas Alistair parler, on n'aura jamais nos réponses, réalisa soudain l'un des enfants, probablement Maël même si dans le bazar on ne le voyait pas vraiment.
Les garnements se turent et se tournèrent d'un même mouvement vers celui qui faisait office de « figure d'autorité ». Alistair eut un soupir de soulagement à l'écoute du silence qui régnait désormais dans l'immense hall d'entrée.
- En revanche, maintenant qu'on se tait, tu pourrais nous répondre, glissa gentiment Gaël.
- Oui, parce que sinon ça ne sert à rien qu'on se taise, poursuivit Xoran.
- STOP ! Rugit Alistair, sentant poindre un mal de tête. Bien. Alors pour vous répondre, sachez que nous avons tout de même mis un certain temps pour nous décider et que le mois d'août était plus qu'avancé. Ensuite, je ne savais pas si je devais oui ou non retourner moi-aussi à Poudlard et c'est pour cela que j'ai retardé notre départ de plusieurs jours, afin d'envoyer quelques lettres. Je ne compte pas reprendre mon rang de Maître de Potions mais il faut que je sois informé de ce qui se passe là-bas pour pouvoir te donner ta potion à temps, Alexandre.
Le-dit Alexandre acquiesça. Il était en effet un lycanthrope depuis cinq ans environ. Dès qu'il l'avait su, Alistair s'était mis à étudier la potion Tue-Loup crée par Severus Snape et l'avait améliorée de son mieux. Ainsi, grâce à la potion, Alexandre ne pouvait plus contaminer personne, le virus se cantonnant à son corps, et ce, même s'il mordait quelqu'un. Il gardait également le contrôle de lui-même et perdait la forme légèrement humanoïde du loup-garou à la pleine lune pour une autre, qui faisait bien plus loup. Cette potion n'avait pas été divulguée car il fallait la spécialiser pour chaque personne atteinte de lycanthropie et qu'elle était très dangereuse à préparer.
- Je compte garder mon poste de chef cuisinier, reprit Alistair; mais j'aurais des horaires plus souples qui me permettront de venir tout de suite en cas de problème. Enfin, pour ce qui est des regards des autres, vous êtes... eh bien vous et vous vous moquez de l'avis des personnes vous entourant et je ne pense pas que vous allez changer juste parce que je vous place dans une école de sorcellerie. C'est bon, tout est compris ?
Ne se préoccupant guère de la cacophonie qui s'éleva, Alistair tonna :
- EN ROUTE MAINTENANT ! QUE CHACUN ATTRAPE LE PORTOLOIN ET SES VALISES AVANT DE SE RETROUVER SEUL DANS LE CHÂTEAU !
Les enfants se dépêchèrent d'obéir, récupérant leurs bagages et s'entassant autour du portoloin, une vieille botte qui semblait tomber en pièces, de leur mieux.
- Tout le monde est bon ? Chacun a ses affaires ? Son animal, si animal il y a ?
Nicolas avait en effet un chat noir répondant au doux nom de Lucifer, pour l'instant enfermé dans une cage. Le hibou au plumage brun chocolaté de Xoran, Cookie, se trouvait dans sa cage lui-aussi – ce volatile n'avait malheureusement aucun sens de l'orientation et semblait fou puisqu'il lui arrivait d'attaquer les gens l'entourant sans raison. La magnifique chouette effraie de Maël, Hedvig, se trouvait sur l'épaule de l'adolescent.
Gaël avait, quant à lui, un serpent hautement venimeux qu'il « maîtrisait » grâce à sa faculté de parler Fourchelang. C'était un mamba noir nommé Méphistophélès, ou, plus souvent, Méphisto. Le reptile était enroulé autour du cou de son propriétaire.
Un ensemble de « Oui ! » et de « On est bon ! » répondit à Alistair, qui s'empressa d'activer le portoloin.
Celui-ci les déposa dans le Chaudron Baveur, sous les yeux éberlués de plusieurs sorciers en train de boire ou de discuter. Alistair salua le barman tandis que les enfants essayaient de se relever tant bien que mal, l'atterrissage ayant été assez douloureux pour ceux qui se trouvaient en dessous de la montagne humaine qu'ils formaient à ce moment.
Alexandre était le seul, hormis Alistair, à avoir réussi à atterrir debout. Un large sourire moqueur étirait ses lèvres devant le spectacle que formaient les autres. Il décida de s'acclamer lui-même pour être rester debout – il faut dire que c'était rare avec les autres adolescents...
- Je suis génial ! Beau ! Fabuleux ! Puissant ! Gentil ! Adorable ! Fantastique ! Extraordinaire ! Utile ! Incomparable ! Distingué ! Sympathique ! Gracieux ! Distingué ! Sublime ! Prodigieux ! Remarquable ! Merveilleux ! Inimitable ! Irremplaçable ! S'exclama-t-il en faisant mine de s'incliner. Je suis unique !
- Bon, ça va ? Tu as fini de te lancer des fleurs ? Et la modestie, tu connais ? Lui fit Gaël en s'extirpant de la masse de ses camarades.
- Modestie ? Qu'est-ce que c'est ?
Et sur ces paroles pleines de mauvaise foi, Alexandre s'éloigna vivement pour rejoindre Alistair tout en tirant la langue à Gaël.
Il fallut bien quarante minutes passées pour que tout le monde se remette debout et aillent déposer leurs affaires dans les chambres louées par Alistair.
Plus tard, alors qu'ils déambulaient sur le Chemin de Traverse en quête de leurs fournitures scolaires, Gaël jeta un coup d'oeil au reste de la famille.
Alistair allait en tête, ses yeux voyageant sans cesse entre les enfants, le chemin se déroulant devant lui et la liste qu'il tenait à la main. Xoran et Alexandre discutaient entre eux avec excitation à propos de leur rentrée prochaine à Poudlard. Ils avaient beau avoir été inquiets, ils avaient maintenant hâte d'y être. Gaël, quant à lui, avait passé un bras autour des épaules de Maël, qui le suivait en fronçant les sourcils, un tic agitant nerveusement le coin de son oeil droit. Sa main libre tenait fermement un livre sur lequel il portait souvent son regard. Nicolas suivait Alistair d'un pas vif mais se retournait parfois pour bavarder gaiement avec Maël du semestre imminent qui se profilait ou bien pour faire quelques commentaires à Xoran et Alexandre.
Gaël esquissa un rictus amusé et leva le bras pour ébouriffer gentiment les cheveux bruns de Maël.
- Hé ! Fit le brun en s'écartant le plus qu'il put, autrement dit à peine quelques centimètres.
Bien qu'il montra toujours de la contrariété lorsque Gaël jouait avec ses cheveux, au fond c'était un geste qu'il appréciait et trouvait réconfortant. Évidemment, le plus âgé en était conscient mais ne disait jamais rien, se contentant de sourire.
Soudain, Alistair se stoppa et se tourna vers toute la petite troupe.
- Bien, que désirez-vous faire en premier ?
- Allons à la librairie ! Pressa Gaël tout en présentant au plus vieux un regard de petit chiot battu et abandonné un jour particulièrement pluvieux et froid.
- Bien sûr, si tu veux, lui sourit Alistair.
Cette réponse provoqua malheureusement de nombreux grognements et éclats de voix de la part de certains des jeunes.
- Hé ! J'ai une idée, dit Nicolas en s'immisçant dans la discussion. Puisque Al aime les livres, pourquoi tous ceux qui souhaitent se rendre à la librairie n'iraient-ils pas avec lui, tandis que j'accompagne ceux qui veulent aller ailleurs ? Par exemple au magasin de Weasley, Farces pour sorciers facétieux. Ou encore à la boutique de Quidditch.
Il reçut des acclamations de la part des autres adolescents à cette suggestion. Alistair hésita un instant puis approuva :
- Ca ne me paraît pas trop mal, faisons comme ça.
En quelques instants, Nicolas se retrouvait avec Alexandre et Xoran. Dans le groupe d'Alistair, il y avait Gaël, passionné par les livres depuis toujours, et Maël, qui souhaitait montrer qu'il pouvait être aussi fort que ses frères.
Gaël, simplement vêtu d'un pantalon de pyjama bleu, était tranquillement assis sur son lit, en train de lire un de ses livres, lorsque Xoran débarqua dans la pièce, suivit d'Alexandre traînant un Maël qui tentait vainement d'aller dans la direction inverse, un air renfrogné au visage.
- Gaël.
- Xoran.
- Ne me dis pas que tu vas passer ta dernière soirée de libre à lire ? S'offusqua le blondinet.
- Imbécile. Ce n'est pas comme si nous allions en prison, rétorqua Gaël en levant les yeux au ciel.
- Veracrasse sans cervelle, répliqua aussitôt Xoran, sans s'attarder sur la deuxième phrase de Gaël.
- Les veracrasses n'ont jamais eu de cervelle, fit Alexandre d'un ton docte.
- Andouille, lança Maël en se dégageant enfin de sa poigne. Tout animal a forcément un cerveau !
- Je confirme, intervint Gaël.
- Je crois aussi, le soutint Xoran.
- Famille indigne. Et toi Xoran, comment peux-tu approuver une insulte qui t'es destinée ?
Xoran ignora Alexandre, tout comme Gaël, qui se glissa sous ses draps après avoir rangé son livre.
- On peut dormir avec toi ? Interrogea soudain Xoran, à la grande surprise des autre adolescents. Ben quoi ? Ça fait longtemps qu'on ne l'a pas fait. Dormir tous ensemble, je veux dire. Depuis... depuis des années en fait !
- Ne sois pas idiot Xoran, le lit de Gaël est trop petit pour tous nous accueillir, reprit Alexandre.
- Si on dormait tous par terre ça serait bon. On étale les couettes pour faire un matelas et on prend d'autres pour se couvrir, insista Xoran avec un regard suppliant. Allez...
- Je suis le principal concerné, fit remarquer Gaël. Et je ne vous veux pas dans ma chambre.
- S'il te plaît, Gaël...
- C'est hors de question.
- Gaël...
- Non.
- Allez, persista Xoran.
Gaël émit un soupir et craqua devant la moue qu'arborait son presque frère.
- Ok...
Les autres garçons se consultèrent du regard et, cinq minutes plus tard, ils se retrouvaient tous par terre, serrés les uns contre les autres, dans des positions plus ou moins confortables.
- Bonne nuit, Gaël ! S'exclama presque Nicolas en entrant en coup de vent dans la chambre.
Il se figea en remarquant qu'ils se trouvaient tous au sol et qu'ils le fixaient, l'air agacés.
Un ange passa...
- Mais qu'est-ce que vous faîtes par terre ? Et tous dans la même pièce en plus ?
- On essaie de dormir.
Un autre ange passa...
- Qui a dit ça ?
- Moi, fit Gaël en se redressant très légèrement et en levant son bras à la verticale pour que l'aîné le repère bien.
- Oh...
Une horde d'ange passa...
- Et je peux venir ?
Cette fois, ce fut une horde de sourire qui lui répondit. Nicolas ôta ses vêtements, ne gardant que son boxer pour venir s'installer avec les autres.
Après quelques contorsions de la part de chacun, des jurons émis à cause des positions improbables ou bien des coudes s'enfonçant dans les côtés, chacun finit par trouver sa place, les couvertures et draps s'éparpillant de parts et d'autres.
Après un concert de bonne nuit, tous le monde s'endormit. Ou presque. Maël se redressa silencieusement pour éviter de réveiller les autres et posa les yeux sur Gaël. Ce-dernier, sentant son regard sur lui, se tourna dans sa direction, un air interrogatif peint sur ses traits.
- Qu'est-ce qu'il y a Maël ?
- …
- Maël ?
- Dis, Gaël...
- Hmm ?
- Tu rejoueras bientôt du violon ?
- Pourquoi ? Le questionna Gaël, fronçant les sourcils.
Il jouait rarement du violon, bien qu'il soit très doué et appréciait ça. En vérité, il n'avait pas touché à son instrument depuis des mois – à part pour le nettoyer régulièrement bien sûr.
- Parce que tout le monde aime ta musique. Et... je veux t'entendre jouer. C'est si beau...
- Je ne sais pas, répondit franchement Gaël.
- Mais...
- Dors maintenant Maël. Demain, c'est la rentrée, il faut que tu sois en forme.
- … Oui, tu as raison. Bonne nuit.
- Bonne nuit.
C'est ainsi que quelques instants plus tard, seuls quelques ronflements se faisaient entendre dans la chambre.
Xoran, un large sourire aux lèvres malgré son sommeil profond, était étendu en croix en plein milieu du tas, la tête d'Alexandre reposant sur son flanc gauche. Les hanches de l'adolescent étaient fermement enserrées par Maël, qui avait plongé sa tête dans le cou de son frère aîné. Collé au mur, à droite, Nicolas sommeillait paisiblement, ses bras musclés tenant la taille mince de Gaël, qui semblait tout petit aux côtés du jeune homme de plus d'un mètre quatre-vingt-cinq.
