BLACK JESUS
Posté le : 06 Mai 2013
Et voici le nouveau chapitre de mon petit bébé. J'espère qu'il vous plaira autant que moi j'ai aimé l'écrire. On comprend un peu mieux Blaise. Théodore est un peu torturé (Même si c'est pour son bien). & tout plein d'autres trucs que je vous laisse découvrir.
J'ai été énormément surprise par le nombre de review que j'ai reçu pour le premier chapitre et ça m'a fait chaud au cœur de voir que certains d'entre vous m'ont suivi jusqu'ici alors que le Zabnott (ou Blaisodore) n'est pas du tout leur fandom. Merci du fin fond de mon petit cœur, et continuez comme ça, vous ne pouvez pas me rendre plus heureuse.
Ceci dit, assez de Blabla. Je vous laisse découvrir ce chapitre en paix. Bonne lecture.
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Chapitre II :
Les apparences sont trompeuses.
Robe bleue. Talons hauts. Cheveux attachés. Grandes boucles d'oreilles.
- Bonjour Théodore. Comment vas-tu ?
- Bonjour Luna. Bien et toi ?
Une photo. Deux. Un croquis.
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Short en jean. Chemise. Tresse. Rouge à lèvre flash. Parfum d'homme.
- Salut Théo.
- Salut Luna.
Un fou rire. Trois photos. Cinq. Quatre cafés. Sept cigarettes. A deux. Même métro, le soir.
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Pull d'homme. Gris. Trop grand. Collants roses. Converses. Multitude de bracelets.
- Vite, viens t'asseoir. Ils nous projettent les photos de la dernière séance de photo.
- Excuse-moi, problème de métro.
- Je sais ce que c'est.
Dix-sept photos. Une discussion avec un russe. Une bière. Des embrassades. Un signe de main. Faire mine de courir derrière le métro comme après le train qui emporte loin de nous celle qu'on aime.
Trois jours. Soixante-douze heures. Quatre mille trois cent vingt minutes. Deux cent cinquante-neuf mille deux cents secondes. Et plus un seul mot échangé avec Zabini.
- Tu crois qu'il sait que pour écrire un article sur lui, je dois lui parler ? Demanda Théodore en croquant dans son sandwich.
- Je pense, oui, répondit Luna.
- Je pense aussi. Peut-être qu'il le fait exprès. Peut-être qu'il sait ce que ça représente pour moi et qu'il fait exprès de m'éviter pour me faire échouer.
- Tu as vraiment l'esprit tordu toi quand même.
- Mais Luna je… Je n'ai rien contre le monde de la mode ok ? Même si c'est pas vraiment mon élément, je trouve ça plutôt sympa et je t'apprécie, mais juste… J'veux dire c'est pas pour ça que j'suis venu.
- Bah vas le voir, déclara la blonde en haussant les épaules. Dis-lui que tu aimerais lui parler. Il ne va pas te manger.
- Rien n'est moins sûr !
La jeune femme pouffa puis commença à se rouler une cigarette.
- Dis-moi Luna, comment tu l'as trouvé toi la première fois que tu l'as vu ?
Elle réfléchit un instant. Alluma sa cigarette.
- Blaise ? Je l'ai trouvé génial. C'était il y a quatre ans. J'avais à peine dix-huit ans. Je sortais avec un type qui faisait de la moto et qui me répétait tout le temps que je pourrais devenir mannequin. A cause de mes cheveux. Alors on est monté à Paris et j'ai passé quelques castings. Un jour je me suis retrouvé dans les bureaux de Blaise. Il était encore un tout jeune créateur, personne ne le connaissait. Je m'en foutais un peu, je commençais à me rendre compte que mannequin c'est pas un métier pour moi. J'aime trop les hamburgers. Et le tiramisu. Mais Blaise avait l'air très intéressé par moi. Il m'a carrément fait du rentre-dedans en fait. Et nous avons passé la nuit ensemble.
- Vous avez… ?
Luna hocha la tête.
- Oui. On a couché ensemble et… Le lendemain matin il m'a avoué un truc. Il m'a dit qu'il avait couché avec moi parce qu'il aimait la robe que je portais. Je… J'étais à poil dans son lit et il m'a dit ça, la clope au bec. Je me souviens c'était un truc comme « Traite moi de connard si tu veux, mais elle vient d'où cette robe ? »
- C'est dingue…
- Je lui aie dit que je l'avais fait moi-même, le temps est passé et nous ne nous sommes plus jamais quitté.
- Vous êtes euh… Sorti ensemble ?
Luna pouffa.
- Oh non. On n'a même plus jamais eu aucun rapport rapproché. Au début Iris ne m'aimait pas. Parce que je n'étais pas qualifiée. Et qu'elle pensait que je couchais pour réussir. Mais Blaise, lui, a toujours cru en moi. Je n'avais aucun diplôme, aucune expérience. J'étais juste une campagnarde un peu paumée à Paris qui aimait créer des vêtements pour ses potes hippies. J'ai baissé les bras parfois, mais il a toujours su me remonter le moral. On ne se parle pas beaucoup lui et moi, mais souvent il demande au cuisinier de faire de la tarte à la rhubarbe. J'adore ça. Il cherche à me faire plaisir et rien que pour ça, je l'aime vraiment beaucoup.
Théodore eut presque la sensation que Blaise Zabini était quelqu'un de bien.
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- Réunion, annonça Iris en passant devant Luna et Théodore plus tard dans l'après-midi.
Le jeune homme, qui griffonait quelques mots sur son calepin ne prit pas la peine de lever la tête et souhaita bonne chance à Luna.
- Tu viens aussi, déclara Iris. Blaise a demandé à ce que, je cite « Même le mioche en école de journalisme ramène ses miches ».
Théodore, surpris, sembla hésiter, mais Luna attrapa sa main et le traina derrière elle.
Une fois dans la salle de réunion, il observa Blaise Zabini. Il paraissait tendu, fatigué, énervé. Il fumait frénétiquement une énième cigarette en regardant ses employés arriver.
- Soyons synthétiques et réactifs. J'ai eu le photographe au téléphone, séance photo avancée à demain en Normandie. Départ à six heures. Il me faut une habilleuse, une coiffeuse, une maquilleuse. C'est Krys le mannequin, elle sera déjà quasiment prête. Il faut préparer les tenues ce soir. Et Iris, il faut que tu me fasses un gros chèque. Je sais que certains d'entre vous avaient prévu un week-end de folie, oubliez. De toute façon vous êtes trop mal payés pour prévoir quelque chose de vraiment intéressant.
Théodore observait la scène bouche-bée. Jusqu'à présent il n'avait assisté à aucune réunion, de peur de ne pas être à sa place. Il avait l'impression d'être dans une fourmilière. Tout un tas de personne prenait des notes. On courrait dans tous les sens. On semblait surpris. Perplexe. En colère. Deçu.
Blaise fouilla dans les papiers posés devant lui.
- Il me faut Laureen, Ginny, Cassandra, Pierre, Steph, Iris…
Les intéressés commencèrent à s'agiter. La sœur de Ron, Ginny, paraissait particulièrement heureuse. Depuis qu'il était là, Théodore avait rarement eu l'occasion de lui parler. Elle paraissait bien différente de Ron qu'il avait rencontré une ou deux fois. Beaucoup plus prétentieuse. Moins agréable. Elle était beaucoup plus intéressée par Blaise de toute façon. Encore une qu'il allait mettre dans son lit sans le moindre problème. Peut-être même était-ce déjà fait. Peut-être qu'elle était sa maitresse officielle. Et que dans quelques temps elle donnerait naissance à un énième héritier Zabini. Si elle pouvait le faire avant la fin du mois, ça l'arrangerait. Il aurait un sujet d'article. Théodore chassa cette idée. Ce n'était ni le moment, ni l'endroit.
- Vous, Théotruc, déclara Blaise en le pointant du doigt. Vous n'avez rien de prévu demain, n'est-ce pas ?
- Euh… je…Demain ? Non. Enfin…
- Très bien. Soyez-là pour 5h30. Pas de retard. Vous pourrez toujours vous rendre utile. Enfin, je suppose…
- Euh oui. D'accord. Très bien.
- Bah respirez un coup, je ne vais pas vous bouffer. Je les préfère un peu moins chétif !
Théodore rougit et fourra ses mains dans ses poches, la tête baissée. Il n'était pas le genre de garçon à se laisser faire. En général, il arrivait toujours plus ou moins à se faire respecter par quelques piques bien placés, mais cette fois il restait sans voix. Il laissait même Zabini l'appeler « Théotruc ». Conneries !
- Bon circulez. Nous mettrons les choses au point plus tard dans la soirée. Vous êtes sans doute payer à ne rien faire, mais ce n'est pas le cas de tout le monde, et certainement pas le mien.
Blaise ramassa ses papiers et parti en claquant la porte.
- Ca va nous faire sacrément tôt ça 5h30, murmura Théodore.
- Non, ça va te faire tôt Théo. Je ne viens pas.
- T-tu ne viens pas ?
- Jamais le samedi. Je... J'ai d'autres choses à faire. Désolé.
- D'autres choses à faire ?
- Un jour, je te raconterais. Le samedi c'est ma journée. Mais je penserais fort à toi. Et si ça peut te rassurer, je ne me lèverais pas beaucoup plus tard que toi.
Elle déposa un baiser sur sa joue et juste avant de quitter la pièce, ajouta :
- Tu as raison, parfois Blaise est un vrai connard, mais c'est ce qui fait son charme.
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- Oh tu es encore de bonne humeur à ce que je vois, marmonna Neville sans lever la tête de son livre lorsqu'il entendit son colocataire rentrer.
- J'en ai ras le bol. Je vais tuer ce stupide créateur en carton et je finirai mes jours en prison. Il veut me pousser à bout, je suis sûr qu'il le fait exprès.
- Je ne comprends rien à ce que tu me raconte Théodore, soit tu es plus explicite, soit tu me laisses travailler.
- Pas grave.
Théodore se dirigea vers le frigo et en sorti une bière. Il la décapsula avant de se laisser choir sur le canapé.
Neville restait impassible.
- Je pars en Normandie demain matin.
- Vraiment ? C'est ton super patron qui te paye un week-end ? Je croyais pourtant que c'était un enculé de première.
- Oui, voilà, tu as tout compris. Le grand et magnifique Blaise Zabini fait preuve de générosité.
- Tu as déjà commencé à travailler ton article ? Demanda Neville, ignorant volontairement le ton sarcastique de son ami.
- Pour ça il faudrait encore qu'il m'adresse la parole.
- Peut-être que le bord de mer va le décoincer.
- Tu parles !
- Ne pars pas pessimiste, essaye de voir le bon côté des choses.
- Va te faire foutre avec ça. Il n'y a pas de bon côté. Qu'est-ce que vous avez tous ? Ne sois pas pessimiste, ne te sens pas persécuter Théodore. Il n'est peut-être pas si méchant ce type. Tu vas y arriver. Vous m'emmerdez ! Occupe-toi de tes putains de plantes et laisse-moi tranquille !
- Toi va te faire foutre, ça te détendra surement un peu, répondit Neville en fermant violemment son livre.
Il fourra ses affaires dans son sac et se dirigea vers la porte.
- Je ne rentrerai pas ce soir.
- Neville attend, tu sais que ce n'est pas ce que je voulais d…
Mais Neville était déjà parti.
- Merde ! Merde, merde, merde, merde, merde !
Théodore donna stupidement un coup de poing dans le mur se trouvant devant lui.
- Aïe ! Putain.
Il attrapa son téléphone dans sa poche et parcouru son répertoire. Clay. Il ferait l'affaire.
Le moins doué, mais le plus facile.
- Clay, c'est Théo… Ouais et toi ?... Oui… Dis-moi tu fais un truc ce soir ?... Tu passes ?... Ok, à tout à l'heure… Magne-toi.
Théodore mit sa veste et descendit au tabac au coin de sa rue acheter un paquet de cigarette et un briquet. En remontant il se décapsula une seconde bière.
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Tout le monde déteste le bruit que fait un réveil lorsqu'il sonne. On a tendance à le détester encore plus lorsqu'on la nuit a été courte. Ou lorsqu'on a bu la veille. Ou lorsqu'on ignore qui est la personne allongée à ses côtés.
Clay. Merde. Qu'est-ce qui lui avait pris au juste d'appeler ce crétin la veille ?
- Lève-toi, maugréa Théodore.
- Il est quelle heure ?
- 4h30. Magne-toi.
- T'es malade, on est samedi.
- Je bosse.
- Va bosser, je t'attendrai à poil dans ton lit ce soir.
- Lève-toi, bordel.
Théodore se glissa hors du lit et fila sous la douche.
La veille, Clay, un de ses ex petit-ami, si l'on considérait que Clay avait été à cette place un jour, était venu lui rendre visite.
Du sexe sauvage. Sans un mot. Presque même sans un regard. Sans le moindre geste d'affection. Du sexe pour du sexe. Pour faire passer la colère. Pour oublier ce qui n'allait pas. Pour passer le temps. Pour prendre enfin un peu de plaisir. Pour sentir un corps nu collé au sien. Pour éloigner Zabini et le putain d'article qu'il devait écrire sur lui.
Griffer. Mordiller. Pincer. Lécher. Sucer. Baiser.
- Prend tes affaires et casse-toi, déclara Théodore en lui balançant ses vêtements au visage.
- T'es vraiment un malade, grogna le fameux Clay. T'as de la chance que j'aime ton petit cul.
Les doigts de Théodore se crispèrent sur le comptoir de la cuisine.
- Je t'ai dit de prendre tes affaires et de rentrer chez toi. Maintenant !
- Ouais, bah la prochaine fois que tu veux baiser, oublies-moi ! Espèce de taré.
Une fois seul, Théodore sentit qu'il était sur le point de craquer. Il se sentait souillé par sa propre connerie. S'il avait eu le temps, il aurait pris une autre douche. Et peut-être même qu'il aurait pleuré. A la place il glissa son téléphone portable et son nouveau paquet de cigarette dans la poche de son jean, enfila une veste et quitta l'appartement.
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Théodore était un peu dépassé par les évènements. Sans doute aurait-il dû chercher à se lier d'amitié avec d'autres que Luna. Il se serait sentit moins seul ce matin-là. Et moins con.
Il était 5h30 et tout le monde courrait dans tous les sens. On remplissait des voitures. Un minibus.
Seule une personne semblait aussi paumée que lui. Une femme. La vingtaine. Un bon mètre quatre-vingt. Les cheveux courts. Blonds. Presque blancs. Elle portait une robe rouge, des talons vertigineux et une veste en jean. Elle était belle. Et surtout, elle avait réussi à trouver du café quelque part.
- Bonjour.
- Bonjour. Oh, mais vous êtes nouveau, non ? Blaise change très rarement d'équipe, mais à part si je me trompe je ne crois pas vous avoir déjà vu.
- Non, je suis étudiant en école de journalisme. Je dois écrire un article sur…
- Sur Blaise, le coupa-t-elle. Mais oui, évidemment. Il m'a parlé de vous. Vous êtes Théodore c'est ça ? Je suis Krystel. Tout le monde m'appelle Krys.
- Ravi de vous rencontrer. Je ne voudrais pas paraître intéressé mais savez-vous où je peux trouvez du café ?
Elle rit.
- Sur la grande table, à l'intérieur. Iris en a prévu des litres, comme à chaque fois.
Théodore alla à l'endroit indiqué et se rendit compte qu'il faisait vraiment tache ici. Alors que tout le monde continuait à s'afférer, il restait juste planté là à attendre que le temps passe. Aucune trace de Zabini. Et il ne savait pas vraiment ce qu'il foutait là. En plus il était encore trop tôt pour une cigarette – il n'était qu'un novice après tout. Et surtout, il était en train de se demander si cet imbécile de Blaise Zabini ne s'était pas moqué de lui.
- Vous en fait une tête Théotruc., Maman ne vous a pas bordé assez tôt pour que vous fassiez une nuit de 8H ?
Théodore sursauta. Il ne l'avait pas vu arriver.
- Allez-vous faire foutre, s'emporta le jeune homme. Et mon prénom est Théodore.
Il voulut ravaler ses paroles dès qu'elles furent sorties de sa bouche. Mais il était trop tard. Impulsivité stupide. A la place il sortit du studio et s'assit sur les marches du perron. Il n'était peut-être pas si tôt pour une clope finalement.
Il ne savait pas ce qu'il lui avait pris. Il avait un peu trop tendance à dire à des gens d'aller se faire foutre ces derniers temps. Est-ce qu'il devait aller s'excuser ? Parler de la pression, de l'article qui n'avance pas, du manque de sommeil, de la dispute avec Neville, de la connerie avec Clay ?
- En voiture, s'exclama Blaise à peine quelques minutes plus tard, sortant lui aussi du studio. Vous, ajouta-t-il à l'attention de Théodore, vous venez avec moi dans la voiture.
Théodore hocha la tête. Disons qu'il n'était pas en position de négocier.
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Blaise conduisait comme un malade, et le silence entre eux deux commençait à devenir oppressant.
Théodore se rappela d'un vieux cours qu'il avait eu à propos des interviews. Son professeur – Mr Black – leur avait expliqué que le meilleur moyen de s'en sortir indemne, lors d'une interview un peu sportive, était d'aller dans le sens de la personne à qui les questions étaient destinées. « Cette vieille cougar s'expose seins-nus à Saint-Barth et trouve que vous êtes indiscrets en lui demandant si elle va se marier avec ce type qu'elle trimballe à son bras depuis 15 ans ? Excusez-vous et reprenez. Parfois un manque de réponse est encore plus significatif ! Et les excuses flattent. Notez-le. »
- Je… Je voulais m'excusez pour tout à l'heure, déclara Théodore, trop pris par le doute pour paraitre vraiment crédible.
- Et moi qui commençais à croire que t'en avais dans le pantalon. Passe-moi une clope. Dans la boite à gant.
Théodore obtempéra. J'en ai rien à foutre de tes excuses. En fait j'en ai même rien à foutre de toi, même si parfois tu me sembles utile en tant que larbin…
- Ma mère est morte quand j'avais neuf ans. J'aime juste pas qu'on parle d'elle. D'habitude je ne suis pas si impulsif. Et puis, vous ne pouviez pas savoir.
Pour la deuxième fois de la journée alors qu'il n'était même pas 7 heures du matin, Théodore voulu ravaler ses paroles. Pourquoi venait-il de lui dire ça ?
- Impulsif hein ? Et si je recommençais, avec un peu de self-control, tu m'dirais quoi ?
Théodore fit mine de réfléchir pendant que Blaise fumait, la fenêtre grande ouverte.
- La même chose surement.
- Dis-le.
- Je vous… J-je vous dirais d'aller vous faire foutre…
- J'aime ça, répondit Blaise en riant.
Putain pensa le jeune étudiant. Ce type était un taré.
- Tu vas finir par me dire ce que tu as fait pour mériter ça ?
- Pardon ? Pour mériter quoi ?
- Pour avoir hériter de mon nom pour ton projet de fin d'année. T'es quoi, le cancre de ta promo ?
- Mauvais karma, lui dit Théodore qui commençait à retrouver ses moyens. J'ai été le premier à piocher un nom. J'ai la meilleure moyenne.
Blaise siffla.
- Bah putain, ils ne m'ont pas envoyé n'importe qui.
- Vous n'êtes pas n'importe qui non plus…
- On change de stratégie. On passe de « Va te faire foutre sale con » à « vous n'êtes pas n'importe qui… », S'exclama Blaise en imitant la voix de Théodore.
- Je ne vous ai pas traité de con.
- Tu le penses tout fort depuis ton arrivée. Chacun des regards que tu poses sur moi hurle « Sale con ! »
- J-je… Je ne…
- J'men fou tu sais. Tout un tas de gens pensent que je suis un sale con. Mais j'leur mets bien profond parce que je réussis malgré ça. Dis-moi ils ont eu quoi les autres ? Un ex-candidat de télé-réalité reconverti dans l'humanitaire ? Un chef-cuistot à la tête énorme et joviale ? Une femme politique qui s'oppose à toutes les réformes qui bousculent son quotidien de bourgeoise mal baisée ? Une institutrice qui a sorti un livre pour rendre les enfants encore plus stupides qu'ils ne le sont déjà ?
Blaise marqua une pause et Théodore remarqua qu'à quelques détails près, il avait vu juste.
- Je ne considère pas que j'ai fait des trucs de dingue dans la vie. J'ai jamais sauvé la vie de personne, je ne donne pas mon fric à des associations caritatives et j'crois même que j'ai jamais donné mon sang. Mais au moins, je ne vends pas mon cul pour réussir, et ça, ça les fait chier. Ils veulent tous un putain d'article vantant leurs qualités et les mettant sur un piédestal de merde et ils n'ont même pas les couilles de le dire à voix haute !
Théodore écoutait Blaise débiter, incrédule. Il ne lui avait pas adressé la parole pendant plus d'une semaine et là il se mettait à lui exposer sa grande haine pour la société ainsi que la quasi-adoration qu'il semblait se porter à lui-même.
- Tu aurais préféré écrire sur le cuisinier ?
- Non.
La réponse claqua dans l'air. Nette. Pas la moindre hésitation. Pas même la moindre réflexion.
Après tout Théodore n'y avait pas pensé plus tôt mais, Blaise Zabini était peut-être un connard fini, mais il était un connard fini sur lequel on trouvait toujours un truc à dire.
Comme s'il lisait dans ses pensées, le jeune créateur déclara :
- Tu as le droit de faire un article où tu me traite de tous les noms. Ça ne sera ni le premier, ni le dernier je pense. Mais tu sais ce qu'ils ont en commun tous ces articles ? On a beau m'inventer des enfants, des femmes, des vices, des addictions, on parle toujours de moi en disant « Le créateur de talent », « l'étoile montante de la mode », « le talentueux Blaise Zabini ». Je n'ai besoin de rien d'autre.
Théodore ne trouva rien à répondre et le silence s'installa de nouveau. Mais cette fois, il n'était pas aussi gênant que la première fois. Et Théodore avait matière à penser. Il ne put cependant pas retenir un bâillement.
- Essaye de dormir un peu. Passe-moi juste une clope avant. Oh et désolé pour ta mère, Théodore.
Ce dernier faillit s'étouffer. Blaise Zabini brisait lentement la carapace.
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- J'espère au moins que tu n'as pas payé ça trop cher, déclara Neville en voyant le bouquet de fleurs que Théodore avait déposé sur la table.
- J'ai été chez la fleuriste au coin de la rue.
- C'est elle qui t'a conseillé les roses jaunes ? Demanda Neville, souriant en coin.
Théodore hocha la tête.
- Elle m'a expliqué que le jaune représentait l'amitié. Et que si j'en donnais deux c'était parfait pour m'excuser, mais j'me suis dit que c'était un peu limite alors j'en ai pris sept, j'avais pas assez pour huit. En plus en cherchant sur Internet j'ai vu que les roses jaunes sont aussi symbole d'infidélité, alors je crois que j'ai juste l'air con, mais l'intention y est.
Neville regarda Théodore, puis les fleurs, puis Théodore à nouveau avant de se mettre à rire.
- T'es qu'un con Théodore.
- Je sais. Je suis désolé de t'avoir hurlé dessus sans raison.
- Je suis désolé de m'être mêler de ton travail. Je ne sais pas ce que c'est de travailler avec Zabini et…
- Tu avais raison, murmura Théodore. Ça ne s'est pas si mal passé que ça.
- Vraiment ? S'étonna Neville.
- Aussi étrange que ça puisse paraitre… Enfin ça a carrément mal commencé, expliqua Théodore pendant que Neville mettait les fleurs dans un vase, je lui ai dit d'aller se faire foutre, ensuite je me suis retrouvé tout seul dans une voiture avec lui à l'allée et on a échangé deux, trois mots.
- C'est un début…Et comment il a pris l'insulte ?
- Pas trop mal. Je venais de m'engueuler avec Clay et je crois que du coup j'lui ai balancé ce que je retenais depuis plusieurs jours.
- Clay ? Celui qui raconte à tout le monde qu'il est américain alors qu'il a juste une mère fan de sitcom ?
- Te moques pas Neville, je n'ai rien dit quand tu as ramené l'édentée ici.
- Elle n'était pas édentée, il lui manquait juste une ou deux dents. En plus elle était très gentille, je ne vois pas où est le problème.
- J'aurais plutôt dit une douzaine, et elle était plus que stupide !
- Elle était plutôt douée de sa bouche, déclara Neville, rougissant quasi-immédiatement.
- Clay ne se débrouille pas mal non plus. Et il a toutes ses dents.
- Parlons d'autre chose. Tu griffonnes quoi sur ce cahier ? Demanda le jeune étudiant en botanique en venant rejoindre Théodore sur le canapé.
- Quelques mots clés sur Zabini, pour mon article. Je n'ai pas encore trop d'idées sur la tournure que ça va prendre, mais je mets mes impressions sur papier.
- Je peux regarder ?
Théodore haussa les épaules et jeta un coup d'œil au cahier de Théodore.
- Talentueux – c'est plutôt un bon début ! – Prétentieux, hautain, impliqué, professionnel, shooting, originalité, connard, tu ne peux pas marquer ça dans ton article, si ?
- Pourquoi pas ?
- Sexy ? Lu Neville avant de se mettre à rire.
- Non, ça c'est…
- Tu as marqué sexy, je n'invente rien !
- Ouais, je sais mais c'était dans le sens, charmeur, coureur de jupons, tu vois ?
- Tu as marqué sexy, pas charmeur ou coureur de jupons ! J'étais certain que tu le trouvais sexy ! Ton « Ouais il est pas mal » était tout sauf crédible !
- Qu'est-ce que ça change ? Ouais, je trouve qu'il est sexy et alors ?
- Et alors rien ! Je suis juste heureux d'avoir réussi à te le faire avouer, c'est tout.
- Pas la peine d'en faire toute une histoire, c'est pas non plus un sex-symbol !
- C'était pour ça les roses jaunes, signe d'infidélité, tu vas me quitter pour Blaise Zabini le sex-symbol, c'est ça ? La pilule est dure à avaler. Moi qui pensais que nous deux c'était pour la vie !
- T'es qu'un con !
- Toi-même, répondit Neville qui riait de plus belle. Et au fait quand tu auras fini d'écrire une lettre d'amour à ton créateur chéri, pense à appeler ta copine névrosée. Hermine, un truc dans ce goût-là…
- Hermione ?
- Ouais voilà, Hermione. Elle a appelé sur ce vieux machin qui nous sert de téléphone. Je croyais pourtant que la ligne était coupée… Enfin bon elle semblait flippée comme j'sais pas quoi et elle m'a dit qu'elle voulait de tes nouvelles au plus vite.
- Au plus vite… Ouais, ok.
- Bon et si maintenant tu allais me payer une bière pour te faire pardonner.
- Une bière ? Il est 11 heures du matin et on est dimanche !
- Et alors tu préfèrerais qu'on aille à la messe ?
- Hein ? Non. Mets une putain de veste et on y va.
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Théodore regarda sa montre pour la énième fois. il fit ensuite signe au serveur de lui apporter la même chose. Encore.
Il faisait trop chaud en terrasse de ce bar. Sa chemise lui collait à la peau, il le sentait, et il détestait ça. Pour être honnête il aurait voulu être n'importe où ailleurs qu'ici. Et en compagnie de n'importe qui d'autre qu'Hermione. Il ne savait pas trop ce qu'il lui prenait, mais tout ce que lui disait la jeune fille depuis un peu plus d'une heure maintenant, l'agaçait profondément. Elle lui racontait à quel point son travail se passait bien. Qu'elle avait déjà posé les bases de son article et que Michèle était une femme absolument spectaculaire et adorable.
- Elle m'a invité à prendre l'apéritif chez elle, tu te rends compte ? Elle pense que l'ambiance à la boutique n'est pas propice à la rédaction d'un article. Et elle me donne tout un tas de produit que je peux tester chez moi ! Elle est vraiment prête à m'aider pour que j'écrive un article génial !
- Qu'est-ce qu'ils ne feraient pas pour avoir un dossier dans un magazine hein ? Marmonna Théodore.
- Oh non, pas elle ! Elle le fait vraiment par gentillesse et… Tu sais au début je n'étais pas particulièrement ravie d'avoir eu son nom mais aujourd'hui je ne le regrette pas.
« Ils veulent tous un putain d'article vantant leurs qualités et les mettant sur un piédestal de merde et ils n'ont même pas les couilles de le dire à voix haute ! » Les paroles de Blaise résonnèrent dans la tête de Théodore. Cet enfoiré avait raison, et cette idée le fit sourire. Hermione devait écrire sur une sorte de hippie des temps moderne, dont la boutique de produit bio connaissait un succès fulgurant tout e étant la cible de nombreuses critiques.
- Et toi comment ça se passe avec Zabini ? Il n'est pas trop horrible ? Tu arrives quand même à avancer pour ton article ? Ça doit être dur mais tu ne dois pas baisser les bras Théodore. C'est pour ça que tu ne répondais pas à mes messages ? Il ne faut pas que tu aies honte de quoi que ce soit, je suis certaine que tu arriveras à produire quelque chose. Et puis Mr Lupin sait bien que tu pars avec un handicap et…
Théodore fixait Hermione mais avait arrêté de l'écouter. Il la trouvait soudainement bien prétentieuse. L'avait-elle toujours été ?
Il eut envie de lui dire que tout se passait très bien et la couper dans son monologue, mais son téléphone l'empêcha d'ouvrir la bouche.
1 Nouveau Message Texte.
LUNA
« Salut Théochou, j'espère que tout c'est bien passé hier. J'ai vu les photos, elles sont superbes. & Krys m'a dit qu'elle t'avait entendu remettre Blaise à sa place. Je meurs rien qu'en pensant que je dois attendre demain pour que tu me raconte. Je t'envoie du Love. Ne loupe pas le métro demain.
Xoxo »
Théodore pianota sur son téléphone, un immense sourire aux lèvres, sous le regard interrogateur d'Hermione.
« Krys exagère, elle a surement passé trop de temps à moitié nue dans l'eau glacée. Je serai à l'heure, promis. Je voudrais être déjà demain – c'est mon côté Sado-Maso. Bises. »
- Qui était-ce ? Demanda Hermione.
- Luna, une amie.
- Oh, très bien. Et au fait, est-ce que tu as vu ça ? Demanda-t-elle avant de sortir le journal du jour du jour de son sac et de lui flanquer sous le nez. Ils parlent de Zabini.
- Encore ?
- Pages people. Une énième histoire d'amour.
Théodore tourna les pages à vitesse grand V et finit par tomber sur l'article en question. Il était illustrer par une photo de Blaise en compagnie de Krys. Elle avait certainement été prise la veille. L'article titrait : « Blaise Zabini profiterait-il de son statut ? »
- Ce sont des conneries, déclara Théodore calmement après avoir survoler l'article. J'ai parlé avec cette fille hier. Elle est aussi lesbienne que toi tu es amoureuse de ton rouquin.
- Et tu ne crois pas que Zabini est le genre de personne qui peut te faire changer de bord ?
- Arrêtez donc de le voir comme un putain de sex-symbol ! Ce n'est pas ce qu'il est.
Enfin pas vraiment, pensa Théodore en serrant dans sa poche le petit carnet sur lequel il avait écrit que Zabini était sexy.
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A suivre…
