Titre de l'histoire : Love me, please, love me
Auteur : Ju'
Résumé : Comme chaque matin, Harry se promène seul dans les couloirs et comme chaque matin, Draco en profite pour l'insulter. Mais ce matin, justement, le brun n'arrive pas, n'arrive plus à le supporter.
Rating : toujours M (même si les choses sérieuses ne commencent pas encore dans ce chapitre ... Désolée !)
Disclaimer : (que j'avais oublié dans le premier chapitre ... Arf !) Donc, je ne m'appelle pas encore J.K. Rowling et aux dernières nouvelles je suis de nationalité française, ce qui signifie que les charmants personnages avec lesquels je m'amuse ne m'appartiennent pas du tout (que la vie est cruelle parfois ... :'( ... ). Cependant, je revendique l'écriture de cette fic' qui provient bien de mon esprit tortueux !
Note de l'auteur : Hey ! Z'avez vu, j'ai été vachement rapide pour poster la suite ! Merci qui, merci qui ? ;D J'espère sincèrement qu'elle sera à la hauteur de vos espérances ! (remarqez qu'il est plus long que le premier !) N'hésitez surtout pas à me laisser des reviews pour me faire part de vos impressions, bonnes comme mauvaises ! Et merci beaucoup pour les reviews que j'ai déjà eu, vous n'imaginez pas combien elles m'ont fait plaisir !!!
Sur ce, ...
Deuxième partie
1. Le temps des confidences
Draco le fixa, interdit, quelques longues minutes. Puis, faisant fi de toutes ses bonnes résolutions précédentes, il se détourna et s'éloigna. Mais alors qu'il marquait un temps d'hésitation, il entendit un murmure, comme si le vent seul avec parlé, un chuchotement qui provenait en fait du brun qui s'était écroulait par terre, une fois de plus.
« Reste … »
Il retint sa respiration inconsciemment et tendit l'oreille attentivement. Peut-être avait-il rêvé ?
« Draco … S'il te plaît … »
Le blond fut choqué d'entendre son prénom ainsi prononcé. D'habitude, il n'avait droit qu'à des « Malfoy » méprisants et méprisables. Là, le ton d'Harry était juste suppliant et désespéré.
Et Draco sentit son cœur se serrer, inexplicablement.
Il fit demi-tour promptement et s'agenouilla devant le brun. Il lui attrapa délicatement les mains et, conjurant un mouchoir humide, il prit tout son temps pour laver le rouge qui les maculait. Doucement, phalange par phalange, morceau de peau par morceau de peau, avec tout le soin et le patience qui l'habitaient. Et se faisant, il ne s'arrêta pas de parler, ne souhaitant pas laisser au Gryffindor le temps de répondre. Il lui démontra d'une voix calme et réconfortante, une voix dont il ne se servait qu'assez rarement, qu'il n'était en rien responsable de la mort de ses proches. Il lui expliqua, comme un professeur expliquerait une leçon difficile à un élève têtu, que le seul coupable était Voldemort, qu'Harry était plutôt à considérer comme une victime. Une victime innocente.
Il alla même jusqu'à lui déposer un baiser dans le creux de la paume de chaque main pour lui prouver qu'elles lui semblaient propres et blanches. Il fit disparaître le sang de son corps d'un coup de baguette puis essuya tranquillement les larmes qui ruisselaient encore silencieusement le long de ses joues pâles. Et il ne resta bientôt plus de traces de sa crise, mis à part les yeux rougis et les longs cils épais humides.
« Weasel … Weasley ne serait pas content de te voir ainsi. Je pense que tu lui manques franchement de respect en agissant de la sorte. Ne rends pas son sacrifice inutile en ressassant sans cesse le passé. Il voulait que tu sois heureux.
- C'est facile à dire.
- Je sais. Je … Je m'excuse, j'ai été ignoble avec toi, j'aurais dû voir …
- Ne sois pas ridicule, tu me hais, tu me le montres, c'est la même rengaine depuis plus de six ans. Ne t'excuse pas, c'est pire qu'autre chose.
- Je ne te hais pas, je ne te hais plus.
- Tais-toi, n'aggrave pas les choses. Merci, merci d'avoir été là aujourd'hui mais tu peux partir. Je ne voudrais pas t'imposer ma présence. »
Draco le regarda, médusé et sentit la colère emplir lentement ses veines.
« Te fous pas de moi Potty, te fous surtout pas de moi ! »
Une inspiration suivit rapidement d'une expiration. Il essaya de reprendre son légendaire sang-froid en quelques secondes.
« Ecoute Potter, je n'ai pas mis ma fierté de côté en m'excusant pour rien, je le pensais vraiment. Et si je suis là, si je t'ai suivi dans ce lieu si accueillant de mon plein gré, c'est que j'en avais envie. Alors si tu veux être seul, tu me le dis, tu ne te caches pas derrière des excuses ridicules. »
Il ancra ses yeux dans ceux de son camarade, intensément.
« Mais je ne partirai pas. On va rester là toi et moi, assis tranquillement, en silence si tu préfères, mais je ne bouge pas. Tu peux penser que j'agis ainsi pour t'emmerder si ça te réconforte, ça m'est égal. Et arrête de faire cette tête surprise, j'ai changé moi aussi, alors oui, je peux être aimable et oui, je peux avoir une conversation agréable, même avec toi. »
Harry ne savait plus que penser. Il aurait voulu se pincer pour voir s'il ne rêvait pas, mais il avait trop peur de se réveiller, une fois de plus. Draco était trop gentil avec lui pour que ce soit la réalité, c'était bien trop inespéré.
« Je n'ai pas besoin de ta pitié, Malfoy.
- Oh ! S'il te plaît Potter, arrête ! Est-ce que j'ai l'air d'avoir pitié là, franchement ?
- Hum … Non, là tu as l'air agacé.
- Bien, nous sommes d'accord. »
Draco se recula et s'appuya sur l'arbre contre lequel Harry s'était acharné quelques minutes plus tôt. Il fixait le brun qui n'avait pas bougé mais qui ne cessait de lui lancer des petits regards qu'il pensait discrets. Le blond afficha un petit sourire satisfait, ce petit manège l'amusait beaucoup. Il détailla tranquillement son vis-à-vis et remarqua avec une légère inquiétude les yeux cernés et les joues creusés . Potter ne devait ni dormir ni manger beaucoup. Il s'amusa de la rougeur traître qui colora les joues de Harry quand ce-dernier prit conscience du regard scrutateur qui pesait sur lui.
« Arrête de me fixer ! »
Le sourire de Draco devint un brin sournois, très slytherin.
« Mais non, je m'amuse beaucoup là.
- Oui, et bien pas moi.
- Non, toi tu rougis. Oui, comme ça, là, un peu plus la joue droite. Voilààà.
- Mais arrête ! »
Le brun enfouit la tête dans ses mains pour cacher la rougeur qui montait lentement pour atteindre ses joues et son front. Le voyant faire, Draco ne put s'empêcher de rire et un son clair et joyeux s'éleva au milieu de cette forêt hostile et lugubre. Il rit quelques instants puis s'arrêta, interloqué. Sa gorge le chatouillait plaisamment et son ventre était encore un peu contracté. Il tâta ses pectoraux doucement. Cette sensation était étrange, inhabituelle. Il ne se rappelait pas avoir ri, mais il trouvait cela drôlement agréable.
Et en avisant le regard d'Harry, il se dit qu'il n'était pas le seul surpris. Il préféra néanmoins détourner les yeux rapidement et fixer un point lointain à sa gauche. S'il ne s'était pas appelé Draco Malfoy, on aurait presque pu croire qu'il était gêné.
Le silence s'installa de nouveau entre eux mais celui-ci n'était pas du tout tendu. Ils étaient juste perdus dans leurs pensées respectives.
Et puis ils se connaissaient bien, les mots étaient souvent superflus.
Pourtant, Draco le brisa au bout d'un petit moment.
« Que comptes-tu faire après Hogwarts ? »
Seul le silence lui répondit. Le visage du brun ne reflétait aucune expression, rien ne permettait de savoir s'il réfléchissait à la question ou non. Mais alors que Draco n'attendait plus de réponse, Harry ouvrit la bouche et parla d'une voix claire et lente.
« Je ne veux pas quitter Hogwarts. C'est la seule chose que je sais réellement. Ma réponse est peut-être puérile mais c'est le seul lieu où je me sens bien. Le château est ma maison, la seule que je n'ai jamais eue. Je ne conçois pas ma vie loin d'ici … »
Draco comprenait parfaitement ce sentiment, il ne le comprenait que trop. Il exécrait le manoir Malfoy, il le détestait viscéralement.
« J'avais pensé aussi à devenir auror. Lors de ma sixième année, j'était vraiment motivé pour le devenir, j'étais même allé demander de nombreux conseils à McGonagall. Mais maintenant, la seule pensée de tenir en garde une personne avec ma baguette me donne envie de vomir. Le sang a bien trop coulé pour moi, à cause de moi. »
Le slytherin le fixa gravement. Jamais il ne l'avait entendu parler ainsi, jamais il ne lui avait vraiment parlé non plus.
« Tu n'es responsable en rien des morts de la guerre, tu sais. Au contraire, tu as sauvé une communauté entière en tuant Voldemort. Tu les as tous sauvés. »
Et il ajouta dans un murmure qu'Harry crut sur le moment avoir rêvé « Tu nous as tous sauvés … »
« Peut-être que je n'ai jamais voulu être un sauveur …
- Peu de personnes ont eu leur mot à dire dans cette guerre.
- Toi. Toi tu as choisi de te battre de notre côté et de ne pas suivre ton père.
- Tu as choisi de te battre pour nous, alors que tu aurais pu abandonner.
- Mon côté gryffindor, je suppose.
- Ne te cache pas derrière ce genre de principes. Tu es courageux et altruiste, c'est tout.
- C'est la première fois que tu me fais un compliment.
- Ce n'en était pas un, j'énumérais juste tes défauts. Une fois, je t'ai dis que tu étais un putain de chanceux au Quidditch … Là, c'était un compliment très Malfoyen et dégoulinant de mauvaise fois, mais un compliment tout de même. Et je suis ravi que ce « non-compliment » te plaise.
- Qui te dit qu'il me plaît ?
Tu souris. »
HPDMHPDM
« Et toi, que feras-tu ?
- Je vais essayer de gagner de l'argent.
- Mais ta fortune est pourtant colossale !
- Etait, Potter, était. Tout ce qu'il me restait à la mort de mes parents, c'est-à-dire l'immense fortune de ma famille, est parti dans les caisses du Ministère. Famille de sang-purs Mangemorts, tu comprends.
- Mais c'est injuste ! Tu étais un des espions les plus remarquables ! Tu étais même celui qui nous apportait le plus d'informations !
- J'ai la marque, cela leur suffit.
- Je vais aller lui dire deux mots, moi, à ce ministre ! »
Seul un rire désabusé lui fit écho.
« Potty, Potty … Toujours prompt à sauver la veuve et l'orphelin, n'est-ce pas ?
- Tu n'es ni l'un ni l'autre, Malfoy.
- Techniquement, je suis bien orphelin, je te rappelle. Enfin, en tout cas au sens premier du terme, ce n'est pas comme si je considérais réellement mes géniteurs comme mes parents. Mais de toute façon, je n'ai besoin d'aucune aide.
- Ta fierté est dans borne, mon cher.
- Me crois-tu donc incapable de gagner quelque argent par moi-même ?
- Non, non … Enfin si, un peu quand même. Quel métier ferais-tu ?
- Le bon goût et l'esthétisme étant des caractéristiques inhérentes à ma personne, je pensais pouvoir devenir styliste.
- Styliste ?
- Mais oui, tu sais ce métier avec du tissu et des ciseaux ? Toi comprendre ?
- Me prends pas pour un crétin, je compris, te fous pas de ma poire.
- Bougonne pas comme ça, mon vieux, ce n'est pas du tout mon genre de te taquiner, tu sais bien.
- Ah oui, réellement, c'est tout nouveau pour moi.
- Doux Salazar, Potter manie l'ironie.
- Comme quoi, les miracles existent.
- Et l'autodérision ! Un gryffindor un peu subtil … Suis-je en train de rêver ?
- Tu veux que je te pince ?
- Non, vraiment, merci. »
HPDMHPDM
« C'est quand même injuste !
- Ce n'est pas un drame, Potter. J'ai une sorte de bourse que Dumbledore me fournit pour pouvoir rester ici. Et puis pour une fois je pourrai être reconnu pour ce que je fais et non jugé par rapport à mon argent.
- Et en tant que meilleur ennemi fidèle, je pourrais avoir des réductions ?
- Dans tes rêves ! »
HPDMHPDM
« Pourquoi m'as-tu suivi jusqu'ici ?
- …
- Je veux dire, rien ne t'y obligeait.
- …
- Allez, dis-moi. Tu ne t'es même pas moqué de moi en plus.
- …
- Alleeeez, Malfoy, dis-moi.
- J'étais inquiet et je voulais que tu arrêtes de pleurer. T'es content ?
- Oui … »
HPDMHPDM
« Potter …
- Oui ?
- Pourquoi tu pleurais ?
- … Parce que tu avais raison.
- Quoi ? Mais non ! … Hum … J'avais tort. Tu … n'es responsable de rien de tout ce qui est arrivé. C'est juste que … je savais que tu serais blessé.
- Tu as toujours comment me blesser, n'est-ce pas ? Pourquoi continues-tu à m'insulter tout le temps alors qu'il y a longtemps que j'ai arrêté de te répondre ?
- … Dès mon premier jour à Hogwarts, je t'ai insulté, dès cette poignée de main refusée, je t'ai haï, trop blessé dans ma fierté pour comprendre que je n'étais qu'un petit con arrogant. Nous nous sommes querellés pendant six longues années. Six années, tu comprends ? Je n'imaginais pas mes journées sans nos disputes, je n'imagine même pas cette école sans toi. Tu comprends ça ? Alors après la guerre, quand je me suis … écroulé, j'ai eu besoin de me raccrocher à quelque chose, à quelque chose que je connaissais bien. Et je me suis tout naturellement, presque instinctivement, accroché à la seule constante de ma pauvre vie : toi.
- Et maintenant ?
- Maintenant … Je me suis reconstruit, je crois.
- Tu ne me hais plus ?
- Non, je ne te hais plus depuis longtemps. »
