Coucou les amis !

Ben ouais, maintenant, on est potes, youpi ! ^v^ Mais non, partez pas, je suis gentille ! Très gentille ! Diaboliquement gentille ! Mouahahah !

Enfin… bref !

Merci beaucoup d'avoir accueilli mon tout premier chapitre avec autant d'enthousiasme et d'avoir réclamé unanimement une suite ! Mon côté diablotin, à l'origine de cette fic je le rappelle, n'a pas cessé de danser sur mon épaule en chantant à tue-tête « c'est la salsa du démon, c'est la salsa du démon ! » à chaque nouvelle review. En plus, elles étaient toutes super sympa, que du bonheur !

Pour vous remercier de m'avoir laissé vos commentaires, de m'avoir ajouté dans vos alertes et même dans vos favoris ( par contre, interdiction de me retirer ensuite, hein !) ou de m'avoir tout simplement lu, j'ai fait en sorte d'écrire ce nouveau chapitre aussi vite que possible. C'est que certaines d'entre vous sont de petites impatientes ! ^_^

Précision assez importante avant de vous laisser à votre lecture (oui, je sais, je parle beaucoup !) : Cette fic ne prend pas en compte le tome 6 et 7. En gros, Severus n'est pas sensé avoir aimé Lily. Il n'y a qu'Harry dans son cœur ! (tant mieux pour lui et pour nous). Quant à sa haine viscérale envers James, et ben là, on s'en fout, ce n'est pas utile d'en faire toute une histoire, puisque JKR en a déjà fait une !^^ (tant mieux pour Harry et tant mieux pour nous)


Réponse review anonyme :

yukiUlove101 : Ma première review ! C'est toi ! hip hip hip ! Houra ! Je suis très contente que tu apprécies le début de mon histoire. Merci beaucoup ! Donc tu vois, j'ai fait en sorte de respecter les délais pour poster la suite rapidement, la preuve que je suis zentille !^ ^. J'espère que cette suite sera à la hauteur et que tu apprécieras! A bientôt


Severus ne pouvait s'empêcher de contempler le jeune homme qui dormait dans son lit. Il avait tellement envie de le prendre dans ses bras pour le serrer fort, pour le protéger…pour l'aimer, tout simplement.

Et oui ! Lui, Severus Snape était irrémédiablement amoureux d'Harry Potter !

Mais qui l'eût cru ?

Il était sensé détester celui qu'on surnommait à l'époque l'Élu ou le Survivant ! Et il l'avait suffisamment prouvé lors de la scolarité du Gryffondor et d'avantage plus tard, lors des réunions de l'Ordre alors qu'Harry n'était même plus étudiant.

Mais Severus était très fort pour cacher la vérité. C'est d'ailleurs grâce à ce talent qu'il avait pu berner le plus redoutable mage noir de tous les temps et l'espionner toutes ces années pour le compte de l'Ordre.

Personne ne s'était jamais demandé pourquoi _et surtout pour qui_ il prenait de tels risques.

Seul Dumbledore avait su. Evidemment !

Les premières années, quand Harry avait fait son entrée à Poudlard, il avait été obligé de protéger le garçon seulement parce que son Directeur et mentor le lui avait demandé et pour racheter ses erreurs passées. Il devait uniquement le protéger, pas se montrer… gentil !

Mais plus le temps passait, plus il commençait à s'attacher au gamin. Et plus il redoutait le jour où Harry finirait par affronter Voldemort et réaliser la prophétie : tuer ou être tué !

S'il s'était écouté, il n'aurait pas hésité à enfermer le gamin dans ses cachots jusqu'à ce que Voldemort finisse par mourir de vieillesse ! C'était une façon comme une autre de le protéger, non ?

Mais il savait que c'était impossible, hélas. Il devait se contenter de le surveiller et de le protéger de près et surtout de loin, en prenant soin de rester caché dans l'ombre, lui et ses sentiments.

Sentiments qui avaient radicalement évolués, une fois la scolarité d'Harry finie ! Il faut dire que sans son uniforme et sans ses lunettes d'adolescent, il était difficile de considérer encore le jeune homme comme un gamin. Severus avait ressenti une vive chaleur s'insérer dans son bas-ventre tandis qu'il détaillait la silhouette séduisante et le visage mature en face de lui. Ce jour-là, il avait été incapable d'écouter un seul mot lors de la réunion hebdomadaire de l'Ordre.

Il avait dû se montrer encore plus froid et plus méprisant envers le jeune homme pour ne pas dévoiler le désir qui le consumait un peu plus chaque jour. Et pour se protéger lui-même surtout.

La guerre avait été longue et terrible. Harry avait vu ses proches s'en aller les uns après les autres. L'an dernier, ce fut au tour de Dumbledore de fermer définitivement les yeux, ce qui avait été un coup dur pour les combattants de la Lumière. Mais malgré sa peine, Harry était resté fort et n'avait pas baissé les bras. Avec ses deux meilleurs amis, il continuait sans relâche de se battre et de garder espoir. Severus avait été admiratif d'un tel courage et d'une telle force mentale.

Et puis ensuite, il y avait eu la grande bataille finale…

Severus caressa légèrement la joue du jeune homme. Ça lui faisait mal de voir son ange sombrer dans les ténèbres peu à peu. Il n'avait pas été là pour lui après la défaite de Voldemort. Il n'avait pas pu le consoler et s'assurer qu'il ne ferait pas de bêtise. En somme, il n'avait pas su le protéger. Normal, il avait passé près d'un mois-et-demi à Sainte-Mangouste pour se remettre de ses blessures.

Lorsqu'il avait appris par les journaux de quelle façon Harry tentait de surmonter la perte de ses amis, il avait eu peur. Peur qu'il se fasse du mal. Peur qu'on lui fasse du mal. Peur de le perdre ! Il avait insisté pour quitter l'hôpital sur le champ, en dépit des conseils des médicomages qui préconisaient plus de repos. Comme s'il pouvait se reposer en sachant qu'Harry était en danger!

Harry finit par se réveiller alors que le soleil s'était levé depuis un bon moment déjà. Il grogna avant même d'ouvrir les yeux. Merlin, il avait un mal de tête épouvantable !

- Réveil difficile, Potter ? demanda une voix narquoise à sa droite.

- Snape ? Qu'est-ce que vous faites chez moi ? questionna Harry en se redressant brusquement.

Au ricanement de son ancien professeur, Harry jeta un coup d'œil autour de lui.

Étrange. Il ne reconnaissait ni les meubles, ni le papier peint de la chambre qu'il occupait.

- Ok ! Je reformule ma question dans ce cas. Qu'est-ce que je fais chez vous, Snape ? soupira-t-il en se rallongeant d'un air las.

Il était incapable de se rappeler comment il avait atterri là.

-Vous ne vous en rappelez pas ? Je suis déçu Potter. Comment avez-vous pu oublier les magnifiques déclarations que vous m'avez faites hier soir et votre envie si pressante que… quels étaient vos mots déjà, ah oui…que je vous baise !

Quelques flashs vinrent malheureusement confirmer la version du sorcier. Harry se revoyait se faire peloter par un certain Machin _drôle de nom !_, se faire déshabiller par Snape, se caresser devant Snape… Sans rougir, il remarqua alors qu'il ne portait que son boxer.

- Et est-ce qu'on a…

- Non, répondit aussitôt Severus d'un ton neutre.

- Oh. Tant mieux, répondit Harry comme si Severus n'avait fait que lui annoncer qu'il ne pleuvrait pas aujourd'hui.

Harry n'avait même pas l'air embarrassé ou inquiet, comme si le fait de se réveiller à moitié nu et à moitié amnésique dans un lit autre que le sien était une situation des plus banales. Severus avait une terrible envie de le secouer !

-Bien. Je suppose que vous voulez des remerciements pour m'avoir encore sorti du pétrin et des excuses pour mon comportement grossier ? demanda Harry d'une voix encore plus las.

Il faut dire qu'il avait perdu l'habitude de s'excuser. Et puis présenter des excuses à Snape, ça ne le réjouissait vraiment pas. Est-ce qu'il s'était déjà excusé, lui, pour l'avoir martyrisé tout au long de sa vie ?

- Gardez vos remerciements et vos excuses Potter, surtout si elles ne sont pas sincères, cracha Severus d'un ton exaspéré.

- Je ne vous avais rien demandé en même temps ! J'étais en très bonne compagnie avant que vous ne me kidnappiez ! s'énerva Harry en se redressant de nouveau vivement.

Mauvaise idée ! La pièce s'était mise à tourner à toute vitesse, il avait l'impression d'être sur un bateau en pleine tempête.

Severus se pinça l'arrête du nez devant la mauvaise foi du jeune homme. Jeune homme qui n'avait pas l'air très bien d'ailleurs, vu son teint qui virait au vert. Il lui tendit un verre remplit d'un liquide orange et dit, avec un soupir.

- Buvez ça, c'est pour votre tête.

Il était fatigué. Il n'avait pas envie de se battre avec Harry. Ce dernier se saisit du verre, étonné que le maître des potions lâche aussi vite l'affaire au lieu de se lancer dans un monologue sur l'ingratitude et l'arrogance légendaires du trop célèbre Harry Potter. Mais sa main tremblait légèrement. Il n'avait même pas la force de lever un verre !

Il eut un sursaut quand il sentit un poids s'affaisser doucement sur le lit, à ses côtés, et il fut encore plus surpris lorsqu'une main fine s'enroula autour de la sienne pour l'aider à boire.

Là c'était certain, quelque chose clochait !

Pourquoi l'homme faisait preuve d'autant de douceur ?

- Vous ne pouvez plus continuer comme cela, Potter. Passer vos nuits à boire, à sortir, faire la fête… Ce n'est pas une vie. Et vous finirez par avoir des problèmes, dit Severus d'une voix douce en s'efforçant de résister à l'envie de passer une main dans les cheveux indisciplinés du Gryffondor.

Harry haussa les épaules.

- Que voulez-vous qu'il m'arrive ? Je suis Harry Potter ! Le Survivant, le Sauveur ! déclara-t-il avec un dégoût perceptible dans la voix.

Il ne vit pas l'inquiétude se peindre sur le visage habituellement impassible du maître des potions qui, d'une voix hésitante, reprit :

- Vous devriez en tout cas faire plus attention à vos... fréquentations. La plupart des gens ne voient qu'une occasion de profiter de vous.

- C'est moi qui profite d'eux ! Je ne donne jamais mon cul, c'est les autres qui sont ravis de me l'offrir !, s'esclaffa Harry d'une voix mauvaise.

Severus ne pipa mot sur la vulgarité du jeune homme, bien qu'il détestait entendre ce genre de propos sortir de la bouche du garçon innocent qu'il avait connu.

- Je comprends que vous ayez du mal à faire le deuil de vos proches…

- Stop ! Je ne veux pas parler de ça, Snape, et je vous interdis de le faire devant moi ! gronda immédiatement Harry

- Je connais des psychomages compétents et discrets…

- Dans ce cas, libre à vous d'aller en consulter, mais foutez-moi la paix avec ça! l'interrompit Harry une fois de plus.

Le jeune homme s'était à présent levé et du haut de ses vingt-deux ans, il foudroyait l'ex-espion du regard. La magie crépitait sauvagement à travers la pièce, signe qu'il était très puissant et surtout très énervé.

Severus préféra ne pas insister. Pas qu'il ait peur de lui. Il ne manquerait plus que ça ! Mais il ne voulait pas qu'Harry se braque et décide de s'en aller. Qui sait où et dans quel état il le retrouverait ?

S'il le retrouvait…

Il allait devoir prendre _énormément_ sur lui, tourner sa langue sept fois dans sa bouche pour ne pas froisser le jeune homme, garder ses mains loin du cou de ce même jeune homme pour ne pas céder à la tentation de l'étrangler chaque fois qu'il dépasserait les bornes…Oh Merlin ! C'était tout simplement impossible !

- La salle de bain est juste à côté, reprit finalement Severus d'une voix qu'il tentait de garder calme. Vos vêtements ont été lavés et repassés. Vous avez besoin d'aide pour vous déplacer ?

- Non, c'est bon. Ça va mieux à présent.

La colère d'Harry était retombée aussi vite qu'un soufflé. Avant de franchir la porte, il se retourna et demanda tout de même, d'un air suspicieux :

- Pourquoi m'avez-vous aidé hier soir pour me ramener ensuite chez vous ? Vous auriez pu me laisser ou même en profiter pour m'humilier ou vous moquer. Alors pourquoi ?

- C'est évident, non ? répondit Severus d'une voix douce, avec un très léger sourire.

Harry lui lança un regard interrogateur. Ce n'était pas si évident que ça !

- J'ai promis à Dumbledore de vous protéger, Potter, alors c'est ce que je fais, expliqua Severus en détournant les yeux.

Ce n'était pas entièrement un mensonge. Mais ce n'était certainement plus la vérité. Mais il ne pouvait pas dire à Harry qu'il faisait ça parce qu'il l'aimait à en devenir fou ! Hors de question de lui avouer ses sentiments. Il ne pouvait pas. Il était trop vieux pour Harry. Trop laid. Trop… Snape !

- Je vois, fit simplement Harry qui n'avait visiblement pas l'air fâché ni même déçu par cet éclaircissement tout bête.

Avant de disparaître à l'intérieur de la salle de bain, il ajouta, froidement :

- Dumbledore est mort, Snape. Vous pouvez arrêter de lui obéir ou d'exaucer ses quatre volontés à présent ! Et je ne suis plus un enfant, je n'ai pas besoin qu'on me protège.

Severus ferma les yeux et serra les dents. Il devait faire preuve de calme, de patience et de compréhension.

Il savait qu'Harry n'était pas dans son état normal. Qu'il se montrait insensible et parfois cruel pour se protéger.

Lorsqu'Harry sortit enfin de la salle de bain, frais et dispos, un copieux petit-déjeuner l'attendait dans un coin de la chambre, aménagé comme un petit salon : des toasts, des œufs brouillés, du jus de citrouille… Harry fit une grimace écœurée.

- Je crois que je vais vomir, gémit-il.

- Je vous préviens Potter, vous ne partirez pas d'ici sans avoir avalé quelque chose de consistant.

Harry leva les yeux au ciel. Snape pensait-il vraiment avoir une quelconque autorité sur lui ? Il y a quelques mois, le ton autoritaire et le regard sévère du sorcier plus âgé auraient sans aucun doute fait leur petit effet, mais à présent, il s'en fichait royalement !

Severus dut comprendre qu'Harry n'était pas prêt à coopérer de son plein gré, puisqu'il ajouta d'une voix doucereusement menaçante :

- Vous préférez sans doute que je vous cloue sur votre chaise et que je vous donne la becquée ? Vous savez que j'en suis capable, Potter !

- Ok, ok c'est bon ! Je mange regardez. Miam ! fit sarcastiquement Harry en avalant un bout de toast sans aucun enthousiasme.

Après quelques minutes, durant lesquelles il grignota plus qu'il ne mangea sous l'œil critique _mais patient_ du maître des potions, Harry fit le tour de la chambre qui l'avait accueillie durant la nuit.

- C'est assez sympa ici. J'ignorais que vous étiez du genre à avoir des chambres d'amis étant donné votre côté…vous savez…, enfin bref.

- Ce n'est effectivement pas mon genre, répondit Severus en tachant d'ignorer de quel "côté" Harry faisait référence.

Le jeune homme réfléchit avant d'afficher un air étonné :

- Vous voulez dire que c'est votre propre chambre ?

- Vous pensiez sans doute que je dormais dans une grotte ou dans une salle de torture ? ricana Severus avec son habituel rictus méprisant.

-Vous m'avez laissé dormir dans VOTRE chambre et dans VOTRE lit ? insista de nouveau Harry, n'arrivant visiblement pas à le croire.

- Je vous rassure Potter, j'ai dormi sur le canapé ! précisa Severus exaspéré et persuadé qu'Harry serait dégoûté seulement à l'idée de partager le même lit que l'affreuse chauve-souris des cachots !

Harry examina attentivement l'homme aux robes noires, comme s'il tentait de résoudre une énigme particulièrement coriace.

- Merci, finit-il par dire d'une voix basse et les yeux fixés sur son verre encore plein de jus de citrouille.

Conscient qu'Harry n'avait certainement plus l'habitude de prononcer _et de penser_ ce mot, Severus eut la décence de ne pas le faire répéter ni même de faire un quelconque commentaire.

Le jeune homme continua de contempler longuement le jus de citrouille d'un air méprisant.

- Plus sérieusement, Snape… vous n'avez rien de plus fort ? demanda t-il avec un sourire provocateur.

- Bien sûr que oui, Potter. J'ai aussi du thé si vous préférez ! proposa Severus, goguenard.

- Vraiment très drôle ! s'esclaffa faussement Harry. Toutefois, il ne put retenir un léger sourire de franchir ses lèvres.

Jamais il n'aurait cru possible de discuter aussi naturellement avec cet homme, d'habitude si froid et si distant.

Harry avait fini son petit-déjeuner depuis un bon moment déjà _ il avait en fait décrété qu'il avait fini en dépit du fait que son assiette était encore à moitié pleine_ et se demandait à présent pourquoi Snape ne l'avait pas encore chassé de chez lui. Mais il n'allait certainement pas poser la question. Il ne pouvait pas prendre le risque que l'homme réalise effectivement que son ancien élève honni squattait chez lui depuis assez longtemps comme ça.

Aussi étrange que cela puisse paraître, il n'avait pas envie de partir, pas tout de suite. Parce qu'il savait que dès qu'il franchirait le seuil de la porte, il serait de nouveau seul. Et comme d'habitude, il irait n'importe où, même en enfer, pour ne pas avoir à rentrer chez lui, dans la maison qu'il avait héritée de son parrain. Dans la maison où Ron et Hermione l'avaient rejoint après leur scolarité… et qui était désormais vide.

Il sentit une main sur la sienne, tandis qu'une voix inquiète hélait son nom. Reprenant ses esprits, il se leva brusquement :

- Je… il vaut mieux que je m'en aille à présent.

- Vous n'êtes pas obligé de partir, vous savez, risqua Severus en retenant avec une infinie douceur le bras du jeune homme. Vous êtes le bienvenu ici et ça ne me dérange pas que vous restiez… aussi longtemps que vous le souhaitez.

Légèrement hébété, Harry leva lentement les yeux vers le sorcier pour découvrir deux iris noirs mais brillants. Presque…ensorcelants.

- Ok, qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de Severus Snape ? finit-il par demander en souriant.

Ce simple sourire fut comme une bénédiction pour Severus. Harry était si beau quand il souriait. Heureusement que ses talents d'occlumens l'aidaient à garder le contrôle de ses émotions et à rester impassible.

-Vous me faites visiter le reste de la maison ? sollicita Harry, curieux de découvrir l'intimité de l'homme généralement si mystérieux.

- Si vous voulez, mais il n'y a pas grand-chose à voir, en fait. Les autres pièces ne sont pas vraiment aménagées.

Tandis qu'ils visitaient une à une les immenses pièces abandonnées, ou plutôt emplies de cartons de livres et de potions, Severus expliqua à Harry qu'il venait d'acquérir ce manoir mais qu'il ne se voyait pas y vivre. A présent que la guerre était finie, il avait bien envie de quitter l'Angleterre et de s'installer dans un endroit paisible, dans une petite maisonnée. Pourquoi pas aux tréfonds du Canada ?

- Mais qu'est-ce qui vous retient ici ? l'interrogea Harry, étonné.

Severus hésita et lorsqu'il prit la parole, il sembla peser chaque mot :

- Disons que j'ai une dernière mission à accomplir et qu'ensuite, je ne suis pas trop pressé de m'en aller…de tout abandonner.

De t'abandonner, aurait-il voulu dire à la place.

- Je trouve ça con si vous voulez mon avis ! fit sèchement remarquer Harry.

- Vous pouvez développer ? demanda Severus en haussant un sourcil.

- Pour commencer, vous n'en avez pas marre des "missions", Snape ? A croire que toutes celles dont vous a chargé l'Ordre durant la guerre ne vous ont pas suffit ! s'énerva subitement Harry. Vous avez tellement envie de jouer les héros ? Et puis vous voulez vous tirer d'ici mais vous hésitez, parce que soit- disant vous ne voulez pas tout abandonner. Mais abandonner quoi, Snape ? Vous n'avez pas encore compris qu'il n'y a plus rien ici, que tout est mort !

- Dans ce cas, pourquoi vous, êtes-vous encore ici ? Ou mieux, pourquoi ne pas essayer de remplir le vide, de tout reconstruire au lieu de passer votre temps à boire ou à baiser tout ce qui bouge ? risposta Severus en serrant les poings.

- Je vous emmerde Snape !

- Vous voulez la vérité, Potter ? Vous êtes lâche ! Ça fait deux mois que la guerre est finie et vous refusez de faire votre deuil. Vous préférez oublier votre douleur en vous comportant comme un gamin immature et capricieux qui croit que tout lui est permis parce qu'il est le putain de Sauveur !

Dans un cri de rage, Harry envoya valser le maître des potions à l'autre bout de la pièce, sans même perdre le temps de sortir sa baguette.

A moitié sonné, Severus se rendit compte de son erreur. Il tenta de rattraper Harry qui avait déjà atteint le jardin.

- Harry, je t'en prie, non !

Trop tard. Le jeune homme avait transplané.

S'il n'en avait pas eu besoin pour réfléchir, Severus se serait fracassé la tête contre le mur. Comment avait-il pu perdre le contrôle et laisser Harry partir dans cet état ? Qu'est-ce qui lui avait pris de lui dire tout ça, alors qu'il savait à quel point Harry souffrait ?

Cela faisait des heures que Severus parcourait la ville à la recherche d'Harry. Il était d'abord allé au Square, même s'il ne s'attendait pas à le trouver là. Il avait fait tous les bars et toutes les boîtes de nuits moldues et sorcières qu'il savait qu'Harry fréquentait, mais il y en avait tellement. Il sillonnait toutes les rues de Londres, en vain.

Mais est-ce qu'Harry était toujours à Londres ?

S'il lui arrivait quoi que ce soit, il ne se le pardonnerait jamais.

Il était à présent très tard, il faisait noir et pour combler le tout, il s'était mis à pleuvoir !

Fatigué et encore plus fou d'inquiétude, Severus rentra chez lui, mais seulement dans le but de s'éclaircir les idées et d'organiser d'autres recherches. Il était bien décidé à passer la nuit dehors s'il le fallait pour retrouver son ange.

Il venait d'enfiler une robe propre et sèche lorsqu'il entendit frapper doucement à la porte. Lorsqu'il l'ouvrit, son cœur rata un battement avant de se mettre à cogner furieusement contre sa poitrine.

- Harry ! souffla-t-il sans pouvoir cacher le soulagement dans sa voix. Ça va, tu n'as rien ?

Il devait lutter pour ne pas prendre le jeune homme trempé dans ses bras et le serrer fort contre lui.

- Je…je ne savais pas où aller et je… est-ce que je peux rester ici cette nuit ? S'il vous plait, implora Harry, la tête basse et l'air désespéré. Je ne veux pas être seul.

Après l'avoir fait entré, Severus obligea Harry à prendre une douche bien chaude et à avaler un bol de soupe tandis qu'il aménageait enfin l'une des pièces en chambre d'amis, en quelques coups de baguettes.

Mais lorsqu'il présenta sa nouvelle chambre à Harry, le jeune homme répéta dans un faible murmure :

- Je ne veux pas rester seul.

Ainsi, pour la deuxième fois en moins de 24 heures, Severus regardait Harry dormir dans son propre lit.

Quand il avait été clair et net que le jeune homme ne voulait pas occuper la chambre d'amis, Severus n'avait pas discuté et l'avait conduit dans la sienne. Il avait refusé qu'Harry couche dans le canapé et réciproquement, Harry n'avait pas accepté que Severus dorme à nouveau hors de son lit, à cause de lui. Le jeune homme avait donc innocemment proposé qu'ils partagent le lit qui était suffisamment grand, juste pour cette nuit.

Severus avait accepté et pourtant, il ne s'était toujours pas décidé à le rejoindre. C'était beaucoup trop dangereux !

Et puis, Harry était trop vulnérable, il ne voulait pas profiter de la situation.

Son dilemme fut facilement résolu lorsqu'Harry se redressa brusquement en hurlant à plein poumons.

- Harry ! Tout va bien, ce n'est qu'un cauchemar… tenta de rassurer Severus en se glissant dans le lit.

- Non ! Ce n'est pas un cauchemar, ils sont morts ! Ils sont vraiment morts ! Pourquoi ? pleura Harry en se jetant dans les bras du sorcier qui se mit à le bercer tendrement en parsemant son crâne de petits baisers.

- Je sais mon ange, et je les ramènerais si je pouvais, pour que tu cesses de souffrir. Je ferais n'importe quoi pour que tu cesses de souffrir.

Severus continua inlassablement de bercer le jeune homme qu'il aimait plus que sa vie, jusqu'à ce qu'Harry se calme et s'endorme, blottit dans ses bras.

A suivre...


Ce chapitre vaut-il une review de votre part ? Critique ou compliment, les deux sont toujours bénéfiques pour moi ! Mais bon, j'avoue que j'ai une petite préférence pour les compliments, surtout s'ils sont sincères ! A vous de voir ;)

Prochain chapitre dans deux semaines au moins ! Hey, ne m'engueulez pas, prenez-en vous plutôt à mes profs ! ^^ Big bisous