Disclamer: Rien est à moi sauf Noa et Lysa
Résumé: Quoi de plus amusant qu'une petite scéance de spiritisme dans un Palais réputé hanté?
Merci à Siashini pour sa correction.
Sur ce,
Bonne Lecture.
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Partie II
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De retour au salon où le café avait été servi, Solo alluma tranquillement une cigarette alors que les yeux de ses amis se braquaient sur lui.
" Quoi?"
Ils soupirèrent tous de concert devant autant de mauvaise foi.
" Ben, tu la continues ton histoire ou tu attends qu'on se statufie?"
Meian avait toujours été la moins patiente d'entre eux.
Un sourire moqueur fleurit sur les lèvres du blond.
" Ah? Parce que vous voulez la fin?"
Une claque à l'arrière de son crâne le fit grimacer.
" Hey!! T'étais pas obligé de me taper 'din!!"
Les yeux bleus plongèrent dans les siens, mi-moqueur mi-sérieux.
" Alors arrête de faire l'imbécile et continue!!"
Solo leva les yeux au plafond en soupirant.
" Ca va, vous avez gagné!!"
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Par une belle fin de journée d'août..."
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Par une belle fin de journée d'août, Duo était comme à son habitude, à la loggia du 1er étage, dessinant avec attention le jardin du Palazzo.
Il sursauta quand une main se posa doucement sur son épaule.
" Un jour, tu vas me tuer Trowa! Tu peux pas faire du bruit comme tout le monde?"
Un rictus amusé éclaira le visage d'ordinaire indifférent du jeune homme.
Ils restèrent un instant sans rien dire tandis que l'Américain apportait quelques finitions à son croquis.
" Tu devrais faire attention Duo."
Les yeux violines se portèrent sur son ami dont les yeux verts observaient calmement le corps endormi au pied de l'arbre centenaire au milieu du jardin.
Duo savait parfaitement de quoi il parlait.
De la complicité qui s'était établie entre Heero et lui, naissait lentement un sentiment plus fort et plus profond.
Il n'avait besoin de personne pour savoir qu'il souffrirait de cet amour quand Heero repartirait dans son monde d'oubli.
Et ce sentiment transparaissait dans le portrait qu'il venait de finir.
Au début, Duo avait juste voulu faire un autre croquis du jardin pour pouvoir en faire un tableau, plus tard, dans son atelier de Sank mais, au final, il s'était attaché au visage endormi d'Heero.
Seulement, sur la feuille de papier, le Nippon le regardait sous ses paupières mi-closes.
Il soupira
" Je sais..."
" Mais c'est déjà trop tard, n'est-ce pas?"
" Oui."
La main sur son épaule l'étreignit un peu plus fort.
" Je crois qu'il est temps que tu trouves ce qui pourra le renvoyer. Vous ne pouvez pas vous condamner à cette vie-là."
La main amicale disparut.
" Eh! Trowa!"
" Hum?"
" Tu étais juste venu pour me dire ça?"
" Non. On sort au théâtre ce soir. J'étais juste venu te demander si tu voulais nous accompagner mais je crois que j'ai ma réponse."
Trowa le laissa seul et Duo reporta son attention sur Heero.
Son regard fut happé par celui, trop intense du Japonais.
Oui, c'était déjà beaucoup trop tard et Duo le savait fort bien.
Et ce n'avait-il pas déjà été trop tard dès leur 1ère rencontre?
Au-delà de sa peur de l'irrationnel, l'Américain s'était senti enveloppé, dominé, protégé par la présence d'Heero.
Mais à présent, ce qu'il voulait, était bien au-delà de leurs possibilités.
Aucune relation n'était possible entre eux, pas avec la perspective qu'Heero disparaisse du jour au lendemain.
Et Duo pouvait lire dans les orbes de Prusse la même douloureuse soumission au Destin que celle qui devait transparaître dans son propre regard.
Le jeune homme posa son croquis et alla à la bibliothèque.
Trowa avait raison, il devait mettre fin à tout cela et le plus tôt serait le mieux.
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Heero le vit entrer dans la maison et soupira.
Malgré la distance, il avait entendu les quelques mots de Trowa.
Au cours de ces 4 semaines, il avait plusieurs fois discuté avec le jeune Français et il avait apprécié son bon sens.
Même si, quelque part, il lui en voulait d'avoir prononcé ces mots, Heero savait qu'il n'avait aucun droit, ne serait-ce que d'envisager retenir Duo, ici, avec lui. Le jeune avait toute la vie devant lui et Heero ne pouvait s'imaginer l'enfermer dans un amour chimérique.
Car un jour, l'envie de vengeance traverserait les orbes améthyste et ce jour-là, il disparaîtrait de sa vie.
Oui, il l'aimait aussi, comme jamais il n'avait aimé personne.
Et pendant le long regard qu'ils venaient d'échanger, il avait vu l'âme de Duo se soumettre au Destin et se décider à mettre fin à leur supplice.
Heero regrettait juste de n'avoir jamais pu serrer ce corps contre son cœur.
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Il commençait à se faire tard quand Heero se réveilla.
Après l'intrusion de Trowa et le départ de son maître, il s'était endormi.
Pensant que le jeune homme cherchait toujours un moyen de le faire disparaître, il choisit d'occuper son temps à la cuisine.
A son tour, il souhaitait laisser quelques souvenirs à l'Américain et un repas traditionnel lui semblait une bonne idée.
L'Art de la cuisine n'entrait pas dans son éducation mais, avec sa jeune sœur, il avait aimé apprendre la confection des sushis et le fameux rituel du thé.
Enfants, ils s'étaient souvent amusés dans les cuisines et...
Heero secoua la tête.
Il aurait tout le temps, plus tard, de songer à sa vie perdue.
Pendant près d'une heure et demi, il s'affaira dans la cuisine et quand il fut satisfait, il prit le chemin du Jardin Japonais que sa sœur avait jadis fait aménager, - les propriétaires qui lui avaient succédée n'y avaient jamais touché - et prépara la table.
Quand il eut fini, il partit à la recherche de son jeune maître.
Sans surprise, il le trouva dans sa chambre, assis face à la fenêtre qui donnait sur le Grand Canal.
Une mélancolique tristesse se dégageait du jeune homme qui regardait, sans les voir, les gondoles glisser au fil de l'eau.
Heero eut envie de lui faire oublier l'inéluctable pendant quelques heures et une idée lui vint quand son regard tomba sur un foulard que Lysa avait oublié là.
Il le prit et, sans faire de bruit, il s'approcha dans le dos de Duo qui n'avait toujours pas remarqué sa présence.
Avec un petit sourire, il posa le morceau de tissu sur les yeux du jeune homme qui, brusquement sorti de sa sombre rêverie, commença à se débattre.
Heero attrapa ses mains avant qu'il ne dénoue le foulard.
" Calmez-vous, je veux juste vous faire une petite surprise."
Duo se calma et ne put réprimer un petit cri accompagné d'un agréable frisson quand Heero le prit dans ses bras.
Celui-ci le sentit se raidir contre lui puis, lentement, il se détendit, se laissant aller contre sa large poitrine.
Heero pouvait sentir le souffle du jeune homme contre son cou et il regretta de ne pouvoir poser ses lèvres sur la peau blanche dévoilée de l'Américain.
Celui-ci sentait son cœur battre à vive allure et il respirait à plein poumons l'odeur épicée de la chair brune.
Quand Heero entra dans le Jardin Japonais, les narines de Duo furent assaillies par d'autres parfums tout aussi envoûtants.
Alors qu'Heero le déposait au sol, il lui murmura doucement à l'oreille.
" S'il vous plait, mettez-vous à genoux, Duo-sama."
Duo obtempéra et quand cela fut fait, Heero retira le foulard, dévoilant la table aux yeux ébahis de l'Américain.
" C'est magnifique!! C'est toi qui as fait tout ça?"
Heero acquiesça en s'installant en face de lui.
" Merci"
Le temps du repas, ils oublièrent le temps qui leur était compté et savourèrent chaque met qu'Heero avait patiemment confectionné.
Duo fut tout aussi émerveillé par le rituel du thé que le Nippon lui offrit après.
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Plus tard, quand Heero eut ramené les tasses vides à la cuisine, il trouva l'Américain, somnolant sur la table, terrassé par les émotions de la journée et le saké.
Heero y vit là une autre occasion de le tenir dans ses bras.
Comme plus tôt dans la soirée, il avança doucement et s'agenouilla derrière lui.
Très lentement, il posa une main sous la nuque du jeune homme et il glissa l'autre contre sa poitrine pour le basculer contre lui.
Un instant, il savoura la douceur de sa peau sous ses doigts.
Duo remua sous la caresse et entrouvrit les yeux.
Heero sourit doucement et retira sa main.
" Accrochez-vous à moi?."
Le jeune homme hésita et voulut se dégager.
" Non... Je vais monter et..."
Peu convaincu par la faible protestation, Heero raffermit sa prise.
" Laissez-moi faire."
Duo sentit fondre toute volonté de s'échapper de cette étreinte sous le tendre regard bleuté.
Finalement, il laissa son front tomber contre l'épaule du Nippon et passa ses bras autour de son cou.
Il ferma très fort les yeux, jugulant les larmes qu'il sentait monter.
Il avait passé la fin de son après-midi dans la bibliothèque à lire le livre où sa sœur avait trouvé l'incantation, à chercher comment renvoyer Heero avec l'espoir de trouver comment le libérer.
Il y était conté la raison de la malédiction d'Heero, de l'Amour et de l'importance de respecter ce sentiment quelque fusse son mode d'expression.
Rien sur comment rendormir Heero ni comment le sauver.
Alors il avait longuement réfléchi.
Il fallait une sorte de sacrifice et avait trouvé quoi lui offrir.
Si son idée fonctionnait, demain, Heero aurait disparu.
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Quand ils furent au centre de la pièce, le Japonais relâcha les jambes de l'Américain mais celui-ci ne fit pas un geste pour s'éloigner, la tête enfouie contre sa poitrine.
Heero le garda quelques instants dans ses bras et ferma les yeux.
Durant ces quelques semaines, il avait acquis la quasi-certitude que ce jeune garçon avait été celui qu'il avait tué.
Etait-ce là une nouvelle torture de la part de sa grand-mère?
Devait-il à nouveau le tuer pour se libérer?
Heero retint un soupir.
Il maudit son manque de courage. Il avait tellement envie de plonger son regard dans le sien et d'enfin prendre possession de ses lèvres mais il devinait, dans l'attitude de son maître qu'il avait trouvé le moyen de renvoyer son âme dans les murs du vieux Palazzo.
Et plutôt que de tenter quoique ce soit pour être de nouveau vivant, Heero choisit de se plier à la volonté de son jeune maître. Son cœur ne pourrait supporter de lui faire le moindre mal. Il préférait se condamner éternellement.
Finalement, ses bras retombèrent le long de son corps, libérant Duo de son étreinte.
Celui-ci s'écarta, pivota sur lui-même et fit quelques pas.
Heero aurait vraiment voulu sortir de cette pièce, fuir loin du jeune homme pour ne pas entendre ces paroles qui allaient le condamner, pour pouvoir rester, encore quelques temps, avec lui mais il ne le put pas.
Sous ses yeux, Duo avait lentement défait sa tresse, déployant la lourde masse de ses cheveux châtains, illuminée par les rayons de la pleine lune.
Le tee-shirt de l'Américain se retrouva rapidement au sol et Heero déglutit difficilement quand la peau blanche de ses jambes se dévoilèrent aussi.
Alors, uniquement paré de son ondoyante chevelure aux reflets d'argent, Duo parla.
Sa voix était assurée et son corps ne tremblait pas malgré les larmes qui s'écoulaient de ses yeux clos.
" L'Amour est un sentiment que l'on ne commande pas. Mais malgré tout, parfois, il est impossible à réaliser. Mon cœur a choisi mais ma raison s'y refuse."
Heero aurait voulu le contredire mais il avait raison.
Duo était vivant alors que lui était mort depuis si longtemps.
" Tu es condamné à tuer pour un jour trouver le repos. Alors tu auras un être à tuer."
Heero se raidit, appréhendant les prochaines paroles de l'Américain.
" Tue l'enfant qui est encore en moi, Heero. Prends mon innocence et retourne d'où tu viens."
L'Asiatique resta quelques secondes, interdit. Ce ne fut que lorsqu'il vit le corps de son maître se recroqueviller légèrement qu'il bougea et vint tout contre lui.
D'une main au travers de sa poitrine, il colla son corps nu contre lui et de l'autre qu'il posa sur ses yeux humides, il bascula sa tête sur son épaule.
Il se pencha à son oreille et murmura:
" La 1ère fois que je vous aie rencontré, je vous aie tué sans écouter vos suppliques et aujourd'hui, pour les avoir entendues, je vous tuerai encore."
Duo se mordit la lèvre tandis que ses larmes continuaient à couler sur les doigts d'Heero.
" Vos paroles sont mes ordres. Mais sachez une chose..."
Les doigts du Nippon, glissèrent sous le menton de l'Américain, rapprochant ses lèvres des siennes.
Et avant d'en prendre possession, il souffla doucement.
" Je vous aime."
Leurs bouches s'épousèrent avec douceur, un délicat parfum d'interdit au goût de larmes s'infiltrant entre leurs lèvres entrouvertes.
Leur 1er baiser fut bref.
Heero se détacha de l'Américain et se dévêtit à son tour.
Quand il fut nu, il retourna Duo et ancra son regard dans le sien.
Les larmes s'étaient taries dans les yeux violines et ils brillaient à présent d'un éclat qui réchauffait l'âme froide d'Heero.
Il posa sa main sur la joue opaline et la caressa du bout du pouce.
Il aurait tout donné pour passer les prochaines années à admirer ces yeux-là.
Des yeux qui l'avaient hanté pendant des centaines d'années et qui lui redonnaient aujourd'hui l'envie de vivre.
Il se pencha sur la bouche entrouverte et, tendrement, il l'embrassa longuement.
Puis, brusquement, il prit son maître dans ses bras et l'emmena jusqu'au lit qui trônait au centre de la pièce.
La peau blanche de Duo contrastait avec le noir des draps de satin et Heero prit le temps d'admirer chaque courbe de ce corps qui s'offrait.
Intimidé par cette 1ère fois et le regard intense qui semblait lui brûler la peau, Duo se recroquevilla sur le côté.
Comprenant parfaitement ce qui terrifiait son jeune maître, Heero s'allongea tout contre lui.
Avec toute la douceur et la tendresse dont il était capable, il le prépara à sa venue, attisant le feu aux creux de leurs reins.
Duo gémissait sourdement sous ses caresses et, quand il le sentit suffisamment détendu, il remonta une des cuisses de l'Américain et s'insinua en lui.
Il resta un long moment sans bouger, baisant les épaules blanches jusqu'à la commissure des lèvres pour lui faire oublier la douleur.
Puis un murmure, entre deux lourds soupirs, lança la danse.
" S'il te plait..."
Heero acquiesça en l'enferma dans ses bras.
Et bien au-delà d'un sacrifice, d'une malédiction, ils se donnèrent l'un à l'autre, comme n'importe quel couple amoureux qui faisait l'amour pour la 1ère fois, comme si la passion qui les animait ne s'éteindrait jamais.
Les soupirs répondirent aux murmures au milieu des gémissements et des grondements.
Ils se libérèrent ensemble en un même cri.
Une fois revenu des limbes du plaisir, Heero voulut se retirer mais une main opaline se posa sur sa hanche.
" Reste. S'il te plait."
Le Nippon ne répondit pas mais, après avoir réussi à attraper le drap et à les recouvrir, il enfouit son visage dans la chevelure châtaigne désordonnée en soupirant de bien-être.
Morphée vint les accueillir ainsi, toujours unis.
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Au matin, le soleil entra par la fenêtre laissée grande ouverte et ses rayons déjà chauds virent lécher les joues pâles de Duo.
Arraché à son sommeil, il grogna et se tourna de l'autre côté.
D'un coup, il ouvrit grand les yeux et se redressa.
Dans la chambre, il ne restait plus aucune trace d'Heero et sa place dans le lit était froide depuis longtemps.
Fermant les yeux très forts, Duo se laissa retomber sur le matelas.
Il inspira profondément plusieurs fois mais il ne put juguler les larmes qui virent lui brûler les yeux.
Ok, il avait réussi, Heero était finalement reparti, mais il y avait perdu une partie de lui.
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Avant même d'ouvrir les yeux, Heero sut que quelque chose clochait.
Il se savait couché dans un lit mais la sensation des draps sur sa peau était différente.
Hors si la demande de son maître avait fonctionné, il aurait dû se retrouver prisonnier des murs du Palazzo, condamné à entendre et à sentir la peine de Duo sans rien pouvoir faire...
Par-dessus le marché, un mal de tête effroyable ne l'aidait pas à réfléchir.
Il grogna sous la douleur quand il voulut se tourner dans le lit.
" Heero-san?"
Heero ouvrit brusquement les yeux.
A qui pouvait bien appartenir la voix frêle qu'il venait d'entendre?
" Heero-san? Vous êtes enfin réveillé?"
Malgré la migraine qui lui vrillait les tempes, Heero se redressa, scanna rapidement son environnement avant de porter son regard sur la petite fille agenouillée au pied du futon dans lequel il se trouvait.
Celle-ci sauta sur ses pieds.
" Youpi!! Je vais prévenir Grand-mère!!"
La gamine, brune aux yeux bridés, sortit de la pièce par une porte glissée en bambou et papier.
Complètement perdu, Heero se leva, un peu chancelant, passa le yukata posé près du futon et alla jusqu'à la seule fenêtre de la chambre.
Tout comme la pièce où il s'était réveillé, le jardin était japonais et plus il essayait de comprendre ce qui lui arrivait, plus son mal de tête semblait empirer.
Comment et Duo étaient les seuls mots qui tournaient inlassablement dans sa tête alors que son regard errait sur ce paysage si semblable à celui de son enfance.
D'un coup, un affreux doute s'insinua en lui.
Et si Duo l'avait finalement libéré et qu'il avait repris sa vie là où elle s'était brusquement arrêtée ?
Un amer goût de bile remonta le long de sa gorge.
Il avait rêvé de ce jour pendant des siècles et là, les mains serrées sur le rebord de bois, il regrettait le Palazzo et surtout, son dernier maître.
Il aurait tant voulu que Duo se trompe et se réveiller à ses côtés, son corps au creux de ses bras, ses longs cheveux coulant tout autour d'eux.
" Ne vous torturez pas, Heero-san."
Heero se retourna.
Une vieille femme aux longs cheveux argentés habillée d'un kimono blanc et rouge se tenait dans l'encadrement de la porte, un doux sourire flottant sur son visage.
" Pardon?"
La vieille femme avança vers lui et inclina légèrement la tête.
" Je suis l'héritière de votre grand-mère, Akito-sama, et nous attendions votre retour."
Alors il était vraiment libre...
La vieille femme dut lire son interrogation dans son regard.
" Oui, la malédiction a été levée. Votre grand-mère avait posé une condition à votre enfermement. Quand vous auriez compris l'absolu du sentiment amoureux, alors vous seriez enfin libre."
Le sourire de la vieille dame s'agrandit.
" Et ne vous faîtes pas de soucis, vous n'êtes pas retourné 500 ans dans le passé."
Une immense vague de soulagement l'étreignit.
Duo était là, quelque part, il pourrait le retrouver et l'aimer.
" Mais avant de partir, Heero-san, vous allez devoir vous faire à votre nouvelle vie."
Heero fronça les sourcils.
" Comment ça?"
" Peut-être souhaiteriez-vous en parler autour d'un repas?"
Effectivement, la proposition trouva grâce à ses yeux et il la suivit hors de la chambre.
La maison était traditionnelle et Heero ne put se retenir de poser la question qui lui brûlait les lèvres.
" Où suis-je?"
" Dans la maison familiale des Yuy, à Tokyo."
Les images qu'il avait vues avec Duo flashèrent dans son esprit.
" Tokyo..."
Les yeux violets de l'Américain s'imposèrent à lui et un doux sourire étira ses lèvres.
Bientôt...
Bientôt, il pourra le serrer dans ses bras.
La vieille dame entra dans un salon où une table était couverte de mets et 3 couverts étaient mis.
" 3 ? "
" Oui, votre père a été informé de votre réveil. Il arrive."
" Mon père?"
La vieille dame l'invita à s'asseoir avant de s'installer à son tour et de lui répondre.
" Oui. Depuis votre enfermement, à chaque génération, le 1er enfant mâle a été appelé Heero. Mon petit-fils est ce 1er héritier mâle et, il y a 4 ans, un soir, il eut un accident. Les médecins pensaient qu'il ne s'en sortirait pas mais il resta dans un profond coma. Et il y a une pleine lune, j'ai vu votre retour et le réveil de mon petit-fils."
Le visage d'Heero se décomposa mais loin de la tristesse qu'il s'attendait à voir dans les yeux étonnement clairs pour une Japonaise, il y vit une étincelle de joie.
" Non, Heero-san. Ne croyez pas que votre liberté soit au prix de la vie de mon petit-fils. Bientôt vous vous apercevrez que vos mémoires ont fusionné. Vous garderez vos souvenirs et les siens apparaîtront peu à peu dans votre esprit. Alors, bien au contraire, sans vous, nous l'aurions définitivement perdu. Aujourd'hui, vous êtes Heero Yuy, fils de Shizuka Yuy et de..."
La vieille dame fut coupée par l'arrivée d'un homme d'une quarantaine d'années qu'Heero reconnut immédiatement.
La vieille dame avait raison, devant lui, il reconnut immédiatement son père qui venait d'entrer et la vague de joie qui l'étreignit était bien la sienne.
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En quelques jours, Heero s'adapta à sa nouvelle de jeune homme de 23ans, héritier d'une des plus grosses firmes d'informatique du continent asiatique.
Ce ne fut donc qu'au bout de 2 semaines qu'il put enfin s'envoler pour Venise où il était certain de retrouver Duo.
Après 12h de vol, il atterrit à l'aéroport Marco Polo de Venise et sans prendre la moindre seconde de repos, il prit la navette qui l'emmena vers l'île principale.
De là, il héla une gondole et lui donna le nom du Palazzo Ca'Dario.
Quand il arriva, il sentit son cœur sombrer en trouvant la bâtisse fenêtres et portes closes.
Mais un mouvement dans le jardin attira son attention.
Heero demanda au gondolier de l'attendre. Il y avait sûrement un gardien et il pouvait peut-être lui dire où était Duo à présent.
Il sauta sur le débarcadère privé du Palazzo et alla jusqu'à l'endroit où il avait cru voir quelqu'un.
Et, effectivement, il y avait quelqu'un mais pas le gardien auquel il s'attendait.
Ses yeux le brûlèrent et s'emplirent de larmes quand il reconnut la jeune femme aux yeux verts et aux cheveux argentés.
« Noa… »
Elle leva son visage vers lui et sourit.
« Nii-san…. Je suis tellement désolée que… »
Heero s'approcha vivement et la prit dans ses bras.
« Non, ne sois désolée de rien. Je suis seul responsable de mes actes. »
Noa s'écarta alors de lui.
« Sois heureux Nii-san. Sache juste que mon âme est en paix. »
« Noa ! Tu ne… »
La jeune femme eut un doux sourire.
« Non. Je voulais juste te dire au revoir. Tu trouveras ton jeune amour à Sank. Pars le rejoindre à présent…»
Le corps de la jeune se fit translucide et elle n'eut le temps que de l'embrasser sur la joue avant de disparaître.
Les bras du jeune homme se refermèrent sur du vide et il laissa librement couler ses larmes.
La voix du gondolier le rappela au monde des vivants.
Heero jeta un dernier coup d'œil au Palazzo avant de remonter dans l'embarcation.
Il retourna à l'aéroport et dut attendre près de 3h pour avoir un vol pour Sank.
3h pour réfléchir comment trouver Duo.
Ce fut devant un café noir, comme seuls savent le faire les Italiens et qu'il avait grandement regretté au Japon, qu'il se souvint d'une discussion qu'il avait eue avec la discrète Rélena.
S'il se souvenait bien, elle lui avait dit qu'elle passerait la fin de ses vacances à travailler bénévolement au Jardin d'Acclimatation de Sank en vue d'étayer son dossier pour sa 1ère année d'études vétérinaire.
Il aurait beaucoup plus de chance de pouvoir l'approcher elle que de se pointer, à l'improviste, au siège de la Winner Corp.
Profitant donc de ces 3h d'attente, il avisa un cybercafé où il put trouver un plan détaillé de la ville de Sank et l'emplacement exact du Jardin d'Acclimatation.
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S'il pensait pouvoir dormir et récupérer un peu de son précédent vol durant les 6h de vol de celui-là, Heero déchanta vite.
Les émotions de ces dernières 24h l'avaient complètement éreinté mais le nœud à l'estomac qui était apparu à son arrivée à Venise ne cessait d'empirer.
Duo serait-il vraiment à Sank ?
Finalement, il s'était quand même assoupi et ce fut un steward qui le réveilla pour lui annoncer leur arrivée.
Heero ne se fit pas prier pour descendre, il attrapa le petit bagage qu'il avait emmené et, tellement impatient de revoir le jeune Américain, il courut pour sortir de l'aéroport, mais, en prenant l'ascenseur qui menait au parking des taxis, il grimaça devant son reflet.
Les dernières 24h se lisaient sur son visage et ses vêtements froissés.
Dans le parking, il sauta dans le 1er taxi venu, bousculant au passage un homme bedonnant qui se répandit en insultes sur l'insolente jeunesse qu'Heero ne prit même pas la peine d'écouter, ordonnant au chauffeur de le conduire dans le meilleur hôtel de la ville.
Sachant que son père avait des intérêts au Royaume de Sank, il ne fut pas surpris d'être accueilli comme un habitué au Kushrénada Hôtel.
On lui donna immédiatement la suite que Mr Yuy prenait quand il descendait chez eux et Heero en profita même pour se faire monter un petit encas qu'il dévora volontiers quand il fut douché et rasé de près.
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Moins d'une heure et demi plus tard, il était devant l'entrée d'un des plus grands Jardins d'acclimatation de l'hémisphère nord.
L'angoisse qui l'avait peu à peu quitté tandis qu'il se changeait à l'hôtel revint en force.
Il alla droit sur l'accueil et demanda à la jeune fille qui s'y trouvait où il pouvait trouver Mlle Peacecraft.
« Je suis désolée mais... »
Heero la coupa et lui fit un immense sourire.
« S'il vous plait Mlle, pouvez-vous juste lui dire qu'Heero Yuy est là et souhaiterait lui parler. »
Sous le charme du sourire envoûtant du Nippon, la jeune fille prit le téléphone en rougissant.
Elle transmit le message et 5 minutes plus tard…
« OH MON DIEU !!! Heero !!! Heero, c'est bien vous ? »
Une petite boule blonde lui sauta dans les bras avant de se reculer vivement, un peu gênée de son emportement.
« Oh mon Dieu !! J'ai peine à y croire !! Comment est-ce possible ? Duo était tellement effondré… je croyais…»
Rélena s'écarta de lui et l'observa sous toutes les coutures ce qui fit rire le jeune homme.
« Moi aussi, j'ai cru que c'était fini mais il m'a… »
jetant un coup d'œil aux alentours et remarquant le regard très intéressé de l'hôtesse d'accueil, la jeune femme coupa Heero en l'attrapant par le bras.
« N'en parlons pas ici. »
Puis se tournant vers l'indiscrète.
« Sophie, s'il vous plait, prévenez Dorothy que j'ai un imprévu et que je pars mais elle pourra compter sur moi demain. »
La jeune fille rougit sous le ton réprobateur de Rélena.
« Oui Mlle Rélena, je le fais immédiatement. »
Elle entraîna alors Heero vers la sortie.
« Prendrez-vous le temps de boire un verre avec moi pour me raconter ou préférez-vous que je vous conduise directement à la demeure des Maxwell ? »
Les yeux bleus d'Heero se firent plus intenses alors qu'ils plongeaient dans ceux, plein de malice de la jeune fille.
Son rire clair s'éleva.
« Ne répondez pas. Venez, ma voiture est par-là. Vous aurez tout le temps, plus tard, de me raconter la fin de cette incroyable histoire. »
Un discret sourire répondit à la jeune fille.
A quelques mètres du jardin, ils montèrent ensemble dans un coupé Porsche flambant neuf.
Heero caressa le cuir du tableau de bord. Il pensa une fraction de seconde à la Mustang que son père lui avait offert juste après son réveil et qui dormait pour l'instant dans un garage à Tokyo.
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Ils parlèrent de tout et de rien durant les 20 minutes du trajet.
Quand ils s'arrêtèrent enfin devant un haut portail en fer forgé, le cœur d'Heero accéléra brusquement.
Duo était là, à quelques pas…
« Heero… »
Le jeune homme sortit de sa muette contemplation et porta son attention sur la jeune fille assise à côté de lui.
« Depuis que nous sommes rentrés après votre disparition, Duo s'est enfermé dans son atelier et n'en sort pratiquement plus. Ni Lysa, ni aucun d'entre nous n'a pu le voir. »
Le cœur d'Heero s'étreignit alors que le portail s'ouvrait et que la Porsche gris métallisé se garait enfin devant l'immense demeure.
La porte s'ouvrit sur un vieil homme distingué au visage impassible mais dont les yeux reflétaient une grande inquiétude.
« Mlle Peacecraft. Je suis heureux de vous voir. Mlle Lysa n'est pas encore rentrée. »
La jeune fille sourit.
« Je ne suis pas venue pour Lysa. »
« Mademoiselle… »
Les yeux gris se tintèrent de tristesse.
« Je crains que Mr Duo n'accepte toujours pas de vous recevoir. »
Rélena posa sa main sur le bras du vieux majordome.
« Ce n'est pas moi qui souhaite voir Duo. »
Le regard du vieil homme se posa sur Heero.
« Monsieur. Qui dois-je annoncer à Mr Duo ? »
Heero s'avança vers lui.
« S'il vous plait, ne m'annoncez pas, je voudrais le surprendre. »
Le majordome se tourna de nouveau vers Rélena qui acquiesça en silence.
Le majordome se poussa alors et laissa entrer les deux visiteurs.
« Si Mlle le souhaite, Célia a préparé une Forêt Noire. »
Les yeux bleus de Rélena pétillèrent de plaisir.
Elle fit un dernier signe de la main à Heero et s'empressa de rejoindre la cuisine où l'épouse de Fredrich, le majordome, y avait son QG.
« Si Mr veut bien me suivre. »
Heero emboîta le pas au vieil homme, les mains légèrement tremblantes et le cœur battant la chamade.
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Il le laissa seul devant la porte close de l'atelier de l'Américain.
Après avoir pris une profonde inspiration, pour essayer de calmer les battements fous de son cœur, qu'il ouvrit la porte en silence.
La pièce où s'entassait pêle-mêle des tableaux inachevés, des croquis, des tubes et autres matériels de peinture s'ouvraient sur un immense parc par deux baies vitrées mais sa situation au 1er étage garantissant à l'artiste une solitude totale.
Et au centre, dos à lui, Duo, torse nu, debout devant son chevalet, peignait.
Si Heero pensait que son cœur battait vite, il se trompait. Celui-ci s'emballa complètement à la vue du jeune Américain.
Le plus silencieusement possible, Heero avança dans la pièce, remarquant ça et là plusieurs croquis que Duo avait fait à Venise.
Et alors qu'il voyait enfin le sujet de la peinture – eux deux, dans les bras l'un de l'autre sous une pâle lumière lunaire, lui-même penché sur l'épaule de Duo, une main couvrant ses yeux, murmurant à son oreille ce qu'Heero savait être une déclaration d'amour-, Duo leva brusquement le bras, prêt à gâcher la superbe toile, Heero eut juste le temps de lui attraper les poignets pour le plaquer contre lui.
« Non. »
L'Américain qui avait commencé à se débattre stoppa net tout mouvement au son de la voix chaude et envoûtante.
Ses yeux s'écarquillèrent alors que son cœur rata un battement avant de reprendre à vive allure.
Il ne pouvait le croire.
Croire à la sensation que le torse dur dans son dos faisait naître dans son cœur ni aux frissons que les mains sur ses poignets faisaient naître sur sa peau.
Ni même à cette voix.
Cette voix qui avait murmuré des mots d'amour à son oreille, ces mots qui le torturaient inlassablement depuis 2 semaines.
Pendant une longue seconde, le temps sembla se figer autour d'eux et aucun n'osa briser cette instant d'éternité jusqu'à ce qu'Heero l'enferme un peu plus contre lui, respirant à pleins poumons le parfum qui s'échappait de la longue chevelure châtaigne.
L'émotion nouait la gorge de l'Américain.
« Laisse… Laisse-moi te voir… »
Heero relâcha son étreinte, permettant à Duo de se retourner.
Quand leurs yeux se rencontrèrent enfin, la palette et le pinceau que Duo tenait encore tombèrent au sol et, laissant librement couler ses larmes de bonheur, l'Américain se jeta à son cou, les renversant tous les deux.
Heero amortit leur chute et soupira de bien-être en sentant le poids du jeune homme sur lui.
« Je ne pensais jamais te revoir. »
Duo murmurait à peine et le souffle contre sa peau fit frissonner Heero.
« Moi non plus. »
Le natté se redressa au-dessus de lui.
« Comment ? »
Le nippon sourit.
« Cela n'a plus d'importance maintenant. »
Duo sourit à son tour et, tout doucement, il rapprocha son visage de celui de l'Asiatique qui, impatient, combla les derniers centimètres et scella leur bouche en un baiser, promesse d'éternité.
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A la fin de l'histoire, les jeunes gens étaient partis se coucher.
Finalement, il n'y eut pas de sortie et Solo s'en voulait un peu.
Il avait vraiment l'impression d'avoir gâché l'anniversaire de son cousin même si celui-ci ne lui avait fait aucune remarque.
Mais Solo voulait lui présenter ses excuses.
Après tout, passer la soirée à écouter une vieille histoire de famille - même si c'était celle d'Odin aussi - n'avait rien de très attrayant.
Le brun fut surpris de le trouver là en sortant de la salle de bains, une simple serviette ceignant ses reins nus.
Les joues de Solo se colorèrent vivement.
Son cousin était trop bien fait de sa personne pour sa santé.
Il allait bredouiller une excuse bidon quant à sa présence et partir mais le jeune homme le retint par le bras.
" Pourquoi es-tu là?"
Le blond déglutit en suivant une petite goutte d'eau qui coulait, lascivement, entre les pectoraux ambrés avant de répondre.
" Je... je suis venu te présenter des excuses."
Les sourcils d'Odin se relevèrent, surpris.
" Ben pourquoi?"
Solo avait de plus en plus chaud.
La main toujours posée sur son bras et son cousin toujours à moitié nu devant lui ne l'aidait pas à être cohérent.
" Ce n'est pas drôle comme soirée d'anniversaire et je..."
Odin sourit doucement en secouant la tête.
Evidemment qu'il avait passé une excellente soirée.
Lui n'aimait pas sortir et pouvoir rester si près de lui sans que cela ne lui paraisse suspect avait été un vrai bonheur.
Il posa un doigt sur les lèvres de son cousin.
" Tu es con. Nous avons tous aimé cette histoire et moi aussi."
Solo soupira, soulagé jusqu'à ce qu'il se rende compte que le doigt était toujours sur ses lèvres.
" Odin?"
Le jeune homme s'avança jusqu'à être à quelques centimètres à peine de son cousin.
" Tais-toi."
Et sans lui laisser le temps de répondre quoique ce soit, il prit possession de ses lèvres.
Solo resta figé quelques secondes avant de passer ses bras autour de la taille fine d'Odin et de le serrer contre lui.
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J'espère que vous aurez apprécié cette petite histoire!!
Petite Note: Le prochain " Contes et Légendes"
Comme la dernière fois, à vous de choisir l'endroit et le couple!!!
Mais attention, pas de 1x2!!!
Lysa et Noa peuvent aussi faire parti du voyage!!
Kisu et à bientôt.
Noan
