J'ai changé le langage par rapport au chapitre 1 alors vous pouvez être surpris mais j'aimerais aussi que vous commencez à vous habituer dès maintenant à ce langage qui sera comme ceci définitivement. Sur ce, bonne lecture et bon courage ! Point de vue de Rukia.

.-*"`-» Chijou-san «-´"*-.


Sept années dissipées en poussière de souvenirs et un retour silencieux de désir.

« Faisons une promesse. Promets-moi que n'importe où nous serons nous aurons toujours ce fil qui nous lie, ce fil qui nous a permis de nous connaître et ce fil qui marque un commencement. Ne laisse jamais cette promesse s'en aller si soudainement, ne la laisse jamais derrière toi et j'en ferais de même, qu'importe les circonstances. »

« Te souviens-tu quand on se promenait dans le parc pour admirer la nature ? Te souviens-tu du nombre de fois que je t'ai vu perché sur l'arbre ? Te souviens-tu comment est né notre amitié ? Te souviens-tu de la manière dont tu m'as échappé des mains ?... Je suis d'accord que tu puisses faire une croix dessus mais au moins, tu te souviens de moi ? »

Kurosaki Ichigo.


Purée, où est-ce qu'elle est cette chaussure à la noix ?! Si je la retrouve je… je… euh… Bonjour ? Je peux vous aider ? Où alors vous vous êtes perdus et vous ne retrouvez plus votre chemin peut-être ? Je vais vous aider dans ce cas-là. Alors, si vous vous êtes perdus, la meilleure solution pour sortir d'ici c'est de cliquer sur la croix rouge tout en haut à droite de votre fenêtre. Mais non, pas votre fenêtre avec des rideaux qui est dans votre habitation mais votre fenêtre internet ! ... Vous ne vous êtes pas perdus ? Bizarre ça je l'aurais parié pourtant… Ah~ ! Autant pour moi, j'ai oublié que votre présence est omniprésente et je dois me présenter à vous c'est ça ? Avec joie ! Eh bien, enchantée je m'appelle Kuchiki Rukia et j'ai seize ans. Hm... Euh... je cherche quelque chose à vous dire me concernant c'est pour ça... Attendez, j'ai retrouvé ma chaussure et je vais l'enfiler pour qu'on puisse discuter tranquillement : elle était en dessous de mon bureau. Voilà, merci de votre patience. Ah, ça y est, je sais sur quoi je vais vous parler, attention les yeux ça part très vite !

Je suis une personne qui apparemment redonne le moral d'après les amis de mon frère. Je suis aussi très motivée et très sportive pour une soi-disant 'naine', oui parce qu'en fait je ne suis pas très grande car je ne mesure qu'un mètre quarante-quatre… Et pourtant je vous le redis, je ne suis pas une naine : ce n'est pas si petit un mètre quarante-quatre... si ?

Physiquement je ne suis pas très… belle ? Mon entourage dit que je suis plus jolie si j'enlève mes lunettes et si je laisse mes cheveux détachés mais si c'est pour m'étouffer lorsqu'un coup de vent viendra me fouetter le visage, non merci. En revanche mon autre entourage maléfique, c'est-à-dire mes camarades de scolaires, me dit que je suis le sosie d'une certaine 'Sadako' quand j'ai les cheveux détachés. Malgré mes cheveux noirs corbeaux, formaient en queue de cheval, mes yeux d'améthystes et mes rondes lunettes qui me donnent l'apparence de 'la fille-modèle-fan-des-professeurs', je suis aussi surnommée 'Binoclarde'. J'admets qu'ils n'ont pas tort mais je trouve tout de même que ce n'est pas très recherché comme insulte mais vous savez, de nos jours notre peuple se dégrade mentalement et nous nous sentons inutiles face à ce drame qui touche désormais pas mal de gens de notre ère… Cette réalité est tellement triste et désespérante, surtout quand il s'agit d'une bande de groupies qui vous cassent les oreilles toute une journée, oh-mon-dieu ! Oui, oui, je déteste les groupies. Elles pensent être les plus belles en plus d'avoir un rire de cheval, elles font leur cinéma de fille innocente pour approcher un garçon du genre : « Kyah, je t'aime depuis la première fois que nos regards se sont croisés ! Oh mon chéri, viens là ! »... C'est vraiment n'importe quoi. Bon de toute façon, elles me détestent aussi donc ça ne change pas grand chose finalement et ça me convient parfaitement. Vous savez, essayer de lier une amitié avec elles ce serait disons comme… jouer les kamikazes, se livrer soi-même à Satan ou donner du jambon à un cochon : être fou pour ainsi dire. Faites juste en sorte de ne pas vivre une vie comme la mienne au risque de devenir un souffre-douleur sans réellement avoir de vrais motifs judicieux. Pour mon cas, il me semble qu'en fait elles n'aiment pas mon style vestimentaire et c'est là dont vient la source de nos problèmes, oui c'est ça je crois.

Effectivement, je suis un garçon manqué depuis le départ imprévu de mes parents. Les seuls vêtements qui me restaient étaient ceux de mon frère Kuchiki Byakuya. J'ai appris à devenir économe depuis que mon frère m'a expliqué entièrement notre situation quand j'étais petite et du coup, je les récupérais de génération en génération pour éviter de nous causer des problèmes d'argent. Depuis, je vis avec et je me suis même habituée à ce style que j'aime toujours d'ailleurs : c'est agréable, je suis décontractée dedans et surtout je nage dedans ! Et puis, tant que l'on se sent bien dans sa peau tout va bien. Sinon j'ai aussi un travail enfin un 'tue-temps' payé, je dis tue-temps car ce n'est pas vraiment dans quoi je veux me diriger et loin de là. Un très aimable ami de Byakuya m'a demandé de travailler avec lui dans son garage car il trouvait que je m'intéressais beaucoup au cabriolet pour une jeune femme et je ne vais pas vous le cacher, je m'y connais un peu en cabriolet… En voiture si vous voulez, quelque chose de pas très commun chez les femmes. Cependant, je n'ai que quelques connaissances d'après moi mais ça me permet quand même d'épargner mes études pour plus tard donc ça peut servir et ça m'est très utile. Par contre, je ne sais pas du tout ce que je veux devenir…

Aujourd'hui je finis de déballer les cartons de déménagement, pour ma chambre, dans ma nouvelle demeure à Karakura, enfin reconstruction. A l'époque mon frère et moi y habitions ensemble dedans car ici, réside les souvenirs de nos parents : nous tenons énormément à ces souvenirs, c'est très précieux de savoir que nous avons vécu dans ce lieu avec eux avant qu'ils ne partent définitivement. Nous n'étions pas très fortunés aussi mais nous avions su prendre soin de nous et c'est ce qui comptait le plus. J'ai vécu mon enfance à Karakura, c'est l'endroit de ma rencontre avec mon ami d'enfance que j'admire encore à ce jour. C'était le bon vieux temps en cette période, on jouait souvent ensemble comme deux petits fous. Que dis-je, tout le temps ensemble voyons. Il y a seulement un hic qui nous a séparés vite fait mal fait : mon frère avait trouvé un travail à Osaka donc j'ai dû quitter les lieux en vitesse. Ce dont je regrette de ce départ, c'est que mes adieux pour lui étaient tellement médiocres que je ne saurais faire face à lui à présent, j'ai bien trop peur. Je ne devrais pas avoir peur ? Bien sûr que si, d'ailleurs si je devais le recroiser quelque part, la première chose que je ferais serait que... je m'inclinerais et lui présenterais mes excuses avant de dialoguer... Je vous ai dit, j'ai peur ! Peur de quoi ? Bah de sa réaction en me revoyant. Ah là, là, rien que d'y penser j'en ai des frissons. Mais ne méprenez pas mes dires, je suis aussi très excitée de le revoir. Ah aussi, même si ça ne me concerne pas, Byakuya est marié avec Inuzuri Hisana : une douce et tendre femme au caractère de furie. Elle me ressemble assez, je dois l'avouer… Vous verrez par vous même.

En ce moment, je suis super déprimée car je travaille alors qu'aujourd'hui mon 'chef' m'avait laissé 'libre' et puis c'est la rentrée demain… Pour faire court, le mois d'avril est notre rentrée à nous les japonais et moi je hais l'école comme la plupart d'entre nous je pense. En plus, les prochaines vacances sont au mois de juillet et oui c'est nul… Déjà que j'ai du mal à m'intégrer dans la société, il va falloir que je fasse des efforts pour me présenter en début de cours car j'arrive tout droit d'Osaka, donc je ne suis plus de Karakura et c'est une ville totalement éloignée de cette civilisation. Hm, niveau scolaire... je m'en tire seulement qu'avec la moyenne mais sinon, j'arrive quand même à suivre le rythme scolaire des lycéens puisque j'ai réussi les examens d'entrée de ce lycée. Si j'ai toujours mon cerveau dans le bon sens, j'atterris en première cette année. Eh oui, en plus d'avoir du pain sur la planche avec mon job, mes cartons de maison et la rentrée qui suit demain, je n'aurais vraiment pas de repos aujourd'hui.

Des choses ont peut-être changés mais aussi, des personnes. Mon seul souhait en revenant dans cette ville c'était de voir si le parc y était toujours présent et je suis contente que oui. A la base, je voulais faire une surprise à mon ami d'enfance mais vu le boulot que j'ai à faire, il me semble que c'est impossible à moins qu'un miracle le fasse venir vers moi. D'ailleurs, j'ai perdu toute mon excitation d'un coup lorsque j'ai posé mon premier pas chez moi. Depuis tout à l'heure j'esquive le sujet de conversation 'central' de ma rencontre avec lui mais, concernant mon ami d'enfance… les seuls souvenirs qu'ils me restent de lui ce sont ses cheveux, sa gentillesse, ses promesses et… euh… c'est tout je crois… Avec le temps, ma mémoire a sûrement dû avilir ces vieux souvenirs depuis longtemps et même si je n'en suis pas réellement satisfaite… Bon, aujourd'hui je dois finir mes petites tâches ménagères avant d'aller me reposer un peu. Allez hop courage Rukia, aujourd'hui sera une dure journée mais demain tu seras libre ! Vous savez quoi, je devrais en profiter au max.

Allez, plongeons dans mon histoire !


Kon, viens ici sinon je t'étrangle. Rends-moi mes cigarettes et ne me piailles pas dessus comme ça ! Crétin d'oiseau… Ah, mais je vous connais vous, vous êtes là pour me voir dire des choses plus intéressantes par rapport à la dernière fois c'est ça ? Qu'est-ce que je dois faire alors, j'ai pratiquement tout dit précédemment… Je dois me présenter à vous ? Pourquoi pas… Hm, tout d'abord je me prénomme Kurosaki Ichigo avec dix-sept années et je suis quelqu'un d'assez froid donc ne vous étonnez pas si je ne parle pas beaucoup au cours de mes prochains dialogues avec mes camarades. Je suis intelligent et assez tête en l'air et non, je n'inclus pas de la prétention en disant que je suis surdoué... Une petite présentation vive et efficace comme ça, ça vous convient ? Vous allez me poser des questions, d'accord… Non, pas du tout, je ne voulais pas m'enfuir de vous.

Comment suis-je physiquement ? Je suis roux, je mesure dans les un mètre soixante-quinze, j'ai les cheveux qui n'ont pas mal poussé depuis mon année dernière de collège du coup je les ai jusqu'au bas du cou et j'ai les yeux ambre. On me trouve pas mal, beau garçon voire splendide sans être orgueilleux, et aussi très mais très inintéressant niveau ambiance. C'est parce que je préfère parlez pour de bonnes raisons et non pour dire des âneries, surtout lorsqu'il s'agit de gaspiller sa salive pour rien. Deux ans auparavant j'étais un délinquant, maintenant je suis un homme pur qui sait ce qu'il doit faire. Oui, je suis pur car je ne couche pas avec n'importe qui et quoi non plus. Bon d'accord pas totalement puisque je fume, crie dans tous les sens quand on m'embrouille le cerveau mais sinon je ne suis pas du genre à devenir colérique pour n'importe quoi. Comme diraient les hommes icebergs : on sait contrôler notre sang-froid. Enfin me concernant, par le biais de ma pensée, j'exprime ma colère. Si par exemple je ne réponds pas à une insulte c'est parce que je suis bien trop mature par rapport à eux et je sais que cela ne changera rien. Je porte aussi une boucle d'oreille en argent sur l'oreille droite : je l'ai acheté lorsque j'ai commencé à devenir un délinquant à l'âge de quinze ans. Tenez, puisque vous êtes là, parlons de ma vie si passionnante.

Récemment, j'ai appris que j'étais officiellement fiancé à Inoue Orihime, une fille de riche comme moi. « Comme par hasard ! » me diriez-vous, hélas je n'ai rien prévu moi. C'est la fille que je fréquentais en dernière année de collège et maintenant c'est ma petite-amie. Soyons clairs : je ne sais pas du tout pourquoi je sors avec elle mais... c'est comme si je ne pouvais pas pu m'y en empêcher. Disons que c'est la première fille qui a voulu être avec moi en valorisant plus mon caractère que mon physique. Par contre ce que je n'accepte pas trop chez elle c'est son caractère à elle, je déteste ses manies d'orgueil à répétition… Honnêtement elle n'est pas du tout mon style de fille mais sinon le reste d'elle-même est assez correcte et c'est ce qui m'en rapproche je pense. En fait, si je vous dis à l'instant même qu'elle me faisait penser à mon amie d'enfance à l'époque, lorsque je l'ai rencontré, ce serait mentir n'est-ce pas ? Je suis donc un menteur, merci d'affirmer avec moi. Hum, pour revenir à ce que je disais, sa famille est classée deuxième entreprise la plus riche du Japon. Bien entendu, ce sont mes parents les premiers et d'après les paroles de mon père en direct du journal de sa chaîne télévision : « Seuls les concurrents seront tenir tête face à un rival ! » Je ne dirais rien à ce sujet car ça n'en vaut vraiment pas la peine puisque c'est tout à fait très logique. Bah en réalité, je m'en contre-fiche un peu de mon rang social, du moment que j'arrive à vivre calmement et paisiblement à mon rythme et comme je le veux. Sinon, je n'ai rien d'autre à ajouter sur ce désagréable sujet politique de chacal… Résumons : j'ai une petite-amie très douce et je l'aime… Enfin, c'est ce que ma tête pense mais peut-être pas mon cœur. J'ai sûrement appris le mot 'amour' mais du bon sens, aucune idée…

Ai-je déjà été amoureux avant d'avoir rencontré Orihime ? Secret. Non, je ne le vous le dirais pas.

Je pense que vous savez déjà pas mal de chose sur moi pour de nouvelles connaissances donc, je peux enfin aller sommeiller encore un peu avant d'aller chercher ma moto chez un ami… Concernant Rukia ? C'est qui ça ? … Han, la bêtise que je viens de faire ! Je... ouh là, sérieusement je ne sais pas ce qu'il m'a prit de répondre instinctivement comme ça. Je suis désolé, enfin pardon surtout pour elle, je m'excuse, tout ce que vous voulez mais je vous assure que connais cette fille, oui je la connais réellement. Mais je ne mens pas, croyez-moi ! De toute façon... Oui d'accord, d'accord, j'ai honte, très honte mais vraiment ma honte se situe au niveau du sommet de la montagne 'Toi t'es trop nul, tu sers trop à rien'. Eh mais, attendez une minute, comment savez-vous le prénom de mon amie d'enfance ? Enfin je veux dire que je n'ai absolument pas abordé sa présence dans notre conversation… Ah~ mais oui c'est vrai, je vous avais déjà raconté quelques détails sur elle lors de mon long monologue psychique de mon enfance. Eh bien, disons que… j'ai encore du mal à vouloir parler d'elle. Ce n'est pas que je ne veuille plus entendre parler de Rukia mais… c'est compliqué, même trop. J'ai décidé de ranger tout mon passé dans un tiroir bien fermé à clef histoire de pouvoir aller de l'avant dans mes études et dans ma nouvelle relation. Quand elle m'a dit ses adieux justement, je suis resté choqué un certain temps puis ça s'est transformé en lésion. Le simple fait d'évoquer son prénom c'est comme remuer le couteau dans la plaie donc j'évite au grand maximum de l'inclure dans nos dires. En tout cas, c'est une blessure qui peut se rouvrir à tout moment donc je ne préfère pas trop en parler maintenant. Si vous voulez je peux encore vous dire ce que je me souviens d'elle désormais comme à l'époque, elle avait une mèche rebelle entre les deux yeux, une très petite taille et un doux humour à la limite du satyre… Gardez ça pour vous mais, depuis qu'elle est partie je me promène de temps en temps dans le parc et je sommeil en dessous du cerisier… Des fois, ça fait du bien de rester dans l'ombre de l'arbre et sous le bruit du vent. Oui, notre 'Cerisier d'amitié' comme on l'avait baptisé…

Hm... Bonne lecture ? Je ne suis pas doué quand il s'agit d'être actif pour présenter quelque chose et je crois que vous l'aviez déjà remarqué.


Avant d'aller rejoindre Kisuke, mon soi-disant 'chef', dans son garage, il faut absolument que je passe d'urgence chez Matsumoto parce qu'elle veut tout simplement me voir. Elle m'a convoqué chez elle car elle pense aussi avoir une idée pour me remonter le moral ce soir avant de quitter les vacances… Disons que je m'attends déjà au pire avec elle, une accro du saké. Comme je me suis levée à dix heures du matin, maintenant il est midi passé, et que je devais passer chez elle un peu plus tôt, elle m'a demandé une bouteille de saké comme sorte de punition. Je me demande d'ailleurs comment son mari, Gin, peut-il la supporter ? Le pouvoir de l'amour, c'est ça ? Pff, il est limite yeux bridés au maximum alors comment voulez-vous qu'il s'en aperçoive de ces bêtises, sérieusement… Quoique, l'amour rend aveugle. Ne suis-je pas trop douée pour dire des comparaisons farfelues, vous avez compris : yeux bridés, aveugle… Bon d'accord, c'était nul.

Quand je suis face à son portail, je sonne une fois mais aucune réponse ne me vient d'elle ou de Gin… Je sonne une deuxième fois et toujours rien. Je tente la troisième fois et là !… Toujours rien non plus… Du coup j'attends dehors avec son saké en main tout en faisant les milles pas. Je ne sais pas si ça vous fait le même effet que les gens lorsqu'il me voit là, maintenant, mais je suis comme ça dans leur tête : j'attends devant un portail depuis assez longtemps avec une bouteille de saké en main, je suis très mal coiffée et mes vêtements sont froissés car je n'avais vraiment pas la foi de les repasser. Conclusion, on me prend pour une alcoolique, félicitation vous avez pensé à ça aussi. Enfin bref, Matsumoto si tu es là, viens là sinon bah reste où tu es pour que je puisse te tuer dans un doux silence, tel un ninja avec une bouteille de saké et non un shuriken… Au moment où je tourne mon regard vers la boîte aux lettres, un geste totalement hasardeux, un bout de papier y sort comme s'il était en train de me narguer. Évidemment, je le retire de son emprise et le lis.

Chère magnifique Rukia que j'aime tant venant de la planète garçon manqué (mais qui reste tout de même sexy),

Désolée de te le dire de cette manière mais je ne suis plus disponible pour toi (non ne me frappe pas, s'il te plaît ! De toute façon je n'ai pas peur de toi ha, ha, ha). Sache qu'en fait ce soir je ne pourrai pas combler ta tristesse avec ma joie.

Avec Hisana nous sommes parties faire les boutiques comme des folles donc nous ne reviendrons pas avant la fin de la soirée puisque nous irons nous faire un petit restaurant entre couple juste après cette activité crevante, ce soir tu seras encore toute seule... Je suis vraiment mais sincèrement très désolée Rukia… En revanche ne t'inquiète pas, nous t'amènerons pleins de cadeaux vestimentaires qui te rendront femme. Demain en tout cas, c'est promis, je viendrai te chercher au lycée ! Si je ne tiens pas cette promesse, alors oui tu pourras te venger sur moi.

Au fait Kisuke m'a appelé tout à l'heure et en fait, il a réellement besoin de toi aujourd'hui car apparemment « il veut te dire un truc sur un objet non-identifié en rapport avec bidule et aussi, parce qu'il a quelque chose d'important à te montrer qui concerne un certain machin qui n'a strictement rien à voir avec moi » donc je ne pourrais pas t'éclaircir davantage… Il l'a vraiment évoqué de cette manière, crois-moi c'est ridicule.

Au sinon d'une autre manière, vaguement il m'a dit qu'il fallait que tu nettoies une certaine moto pour qu'elle soit propre dans les temps avant que le propriétaire ne vienne la récupérer. Un vrai macho, n'est-ce pas ?!

Allez, bon courage ma fille ! Ta maman accro du saké t'aime fort comme sa grosse poitrine.

P.S : D'ailleurs si t'as la bouteille de saké sur toi, garde-là je te la donne ! Inutile de me remercier, je sais que je suis parfaite.

Gros bisous moelleux de la part de ta superbe Rangiku chérie.

… C'est quoi ça, un lettre de provocation ? Elle veut que je m'énerve, c'est flagrant non ?! Comment ne pas résister à la tentation de prendre le bout de papier et de le déchiqueter en mille morceaux. En plus d'éviter de me le dire en personne, elle ose me faire déplacer pour rien avec une bouteille de saké tout en me donnant une image péjorative dans les rues. Cette femme est folle, juste très folle, je veux juste la tuer là maintenant. A quoi sert la technologie, hein ?! Si le portable n'est plus en contact avec son propriétaire alors ça ne sert strictement à rien, bien sûr ! Je m'en vais de chez elle, frustrée, et me dirige de pas ferme jusqu'au garage. J'aurais pu gagner de l'avance sur la moto comme ça j'aurais eu plus de temps dans ma journée. Rah, ça m'énerve ces coups foireux ! Si vous vous interrogez sur le vocabulaire enrichissant de Matsumoto dans cette lettre, ne soyez pas si outrés lorsqu'elle me parle ainsi : c'est réciproque, nous nous parlions toujours comme ça.

~[...]~

Je me situe exactement dans la salle de bain du garage qui est l'une des parties de la maison de Kisuke. Concrètement, la demeure de Kisuke est inclut avec le garage. Il vit avec son meilleur ami Tessai et sa femme Yoruichi. De temps en temps Jinta et Ururu, les neveux de Kisuke, viennent s'incrustaient chez lui. Enfin bon passons, là, je me change avant de travailler car si c'est pour recevoir de l'essence à tort et à travers en réparant des bagnoles c'est hors de questions mais bon, ça peut aussi servir de preuves comme quoi j'ai travaillé mais... non... je ne pense pas pouvoir m'en tirer avec seulement quelques gouttes d'essence. Je me munie d'une longue chemise à carreau qui m'arrive jusqu'aux cuisses et lui remonte les manches, d'un vieux jean puis je m'en vais aider Kisuke. Il m'avait proposé une salopette bleue au départ lorsque j'ai débuté mais, je n'aime pas trop ressembler à un clown et j'évite d'enfiler des vêtements qui serrent au niveau du bassin. Non vraiment, les vêtements amples de Byakuya me suffisent am-ple-ment !

En temps normal j'écoute de la musique quand je répare un détail de la voiture mais là, bizarrement je n'en avais pas écoutée. Enfin, au départ si mais quand Kisuke s'est mis à ricaner machiavéliquement en lisant le formulaire de la moto, ça m'a plutôt intrigué plus qu'autre chose. Disons que j'ai cru qu'il allait encore une fois se moquer de moi juste parce que je n'arriverais pas à atteindre un élément d'un cabriolet… Heureusement que ce n'était pas le cas mais pourquoi riait-il alors … Voilà, voilà ! Grâce à lui maintenant je suis interrompue dans mon travail car je veux savoir. Ma curiosité atteint une certaine limite vous savez, si pendant de longues minutes je ne devine pas, je deviens assez farouche. Bon, je crois que la solution est la communication dans ce cas de figure. Eh bah dis donc il est sans gêne lui, il boit ma bouteille de saké.

- Dis-moi Kisuke, pourquoi tu me demandes de nettoyer cette moto le dernier jour des vacances alors que c'est censé être une journée libre pour moi ? Enfin ce n'est pas que je ne veuille pas mais, j'avais prévu pas mal de choses aujourd'hui pourtant Tessai est là et de plus t'étais au courant. Dit-elle.

- Oui je sais que t'avais prévu des trucs aujourd'hui mais, tu verras que cette moto te rendra heureuse quand t'auras fini de la nettoyer et t'oublieras vite ce que tu voulais faire. Et puis, Tessai est parti manger au restaurant avec les deux garnements et comme il m'a demandé cette permission gentiment, je t'ai pris à sa place. Déclara Kisuke avec un sourire.

Ah ouais d'accord, en fait c'est la traduction de : « Je voulais juste te séquestrer dans mon garage pour mon plus grand plaisir. »… Pourtant je ne le trouve pas méchant ce type, juste un peu idiot, mais pas méchant mais bon là, on peut dire que je le déteste. Si seulement je pouvais lui lancer un outil et lui rouler dessus avec la moto que je nettoie… Malheureusement je ne peux pas car c'est mon employeur.

- Ah, je vois… Et Yoruichi ?

- Elle dort.

- Et toi ? Au lieu de boire la bouteille que je devais ramener pour Matsumoto, tu pouvais le faire quand même.

- J'ai préféré qu'on échange les rôles pour une fois, comme ça moi je nettoie le garage et toi tu t'occupes de cette moto. Prends-en soin et fais-y attention, c'est à un ami. Enfin, à l'ami de ton ami qui est aussi l'ami d'une amie.

… Hein ?! Je n'ai pas vraiment saisi ce qu'il vient de baratiner. Vous aussi ? Oh bah tant mieux, je ne suis pas la seule alors.

- …Quoi ?

- Ce n'est pas grave, contente-toi de la faire briller et pendant que t'y es, dans à peu près deux heures il viendra la chercher donc tu la lui donneras en main propre pendant que j'irais lire au salon. Dit-il en riant.

- Si c'est un pervers, dégueulasse, stupide et trublion qui est le propriétaire de cette jolie moto alors tu doubles ma paie d'aujourd'hui. Dit-elle en croisant les bras.

- Bien essayé jeune fille mais non, je ne doublerais pas ta paie avec cette excuse puérile et aussi parce que je te l'ai déjà dit : cette moto va te rendre heureuse !

- Non elle ne va pas me rendre heureuse, ok ! Et puis tu sais que quand tu dis ça comme ça, ça pourrait être très mal interprété !

- Bon Rukia on s'en fout un peu hein, tu la lui donneras c'est tout donc tu te calmes et tu bosses !

- D'accord, d'accord…

- Brave fille. Mais n'oublie pas, cette moto… Débuta Kisuke.

- …Va me rendre heureuse, oui je suis toute émoustillée de savoir ça, merci. Déclara la brune en lui coupant la parole.

- Bien, du moment que t'as retenu ça, ce n'est déjà pas mal. Fit-il en souriant.

Depuis tout à l'heure je la nettoie mais je ne me suis toujours pas demandé qu'elle était le genre de la moto et donc là, je viens de m'accroupir et l'examine de très près.

- Une moto provenant de l'entreprise triple S : Soul Society Speed ?

- Exact, t'es douée dis donc.

- Je peux voir le formulaire ?

- Non. Déclara le garagiste en souriant.

- Je veux juste vérifier, je ne vais pas le jeter ou te taper dessus avec rassure-toi… Dit-elle assez ennuyée du comportement de son patron.

- Non je t'ai dit.

- Ok, ok je cède. C'est la première fois qu'un bourge te prête ce genre de moto pour la réparer on dirait, t'as dû danser toute la nuit après qu'il te l'ait confié.

- Très drôle, tu feras moins la maligne après avoir vu la personne en question.

- Oh mais je n'en doute pas vu sa magnifique description que tu m'as faite, j'en suis sûre c'est à l'ami de ton ami qui est aussi l'ami d'une amie. Dit Rukia en souriant.

- Oui, aussi. Affirma Kisuke en levant son pouce.

En tout cas, j'ai hâte de voir la tête de la personne qui possède cette moto car elle a intérêt à coller avec elle sinon, ce serait trop immonde de voir une si belle bécane avec un vieux croûton.

- Ah au fait, pourquoi tu ricanais tout à l'heure lorsque tu lisais le formulaire ?

- Parce que je vais assister à un moment intense dans pas très longtemps jeune fille avec toi et cette bécane.

…Mettez-moi une claque avant que je ne commette un crime parce que là sérieusement, j'ai vraiment l'impression qu'il veut que je lui fasse l'amour à cette moto… Et non, je ne suis pas objetctophile à ma connaissance.


Bon, je n'ai pas mal dormi. Il est exactement treize heures et demie donc dans une demi-heure, normalement Kisuke devrait m'appeler pour venir la chercher. Je ne l'ai plus conduite depuis environ, six mois ? Je ne m'en rappelle plus très bien car j'avais fait un accident de moto et par chance, j'y ai survécu. Euh, si vous voulez plus de détails concernant cet accident je pense que vous serez assez déçus car je ne m'en rappelle plus très bien. […] Tous les matins, j'essaye au plus grand maximum d'éviter de parler avec mon père car il va me parler de ses entreprises, de son travail, de son argent, de lui… Oui de lui, oui il est narcissique et oui c'est saoulant à la fin. Quant à ma mère, ce sera cinquante pour cent sur les activités que je pratique et l'autre moitié sur mes fiançailles. Sinon si ce n'est aucun de ces deux sujets alors elle me parlera de cuisine, c'est une très grande cuisinière nationale qui possède aussi sa propre chaîne de télévision elle aussi tout comme mon père : « Les petits secrets de la cuisine Masakienne ! »C'est vraiment l'émission culinaire qui porte un des noms les plus pourris et ridicules je trouve. Moi, méchant ? Ce n'est pas parce ce que c'est son émission que je dois approuver totalement ses choix je vous le rappelle. […] Mes petites sœurs sont sur lesquelles je peux le plus compter et sont les personnes qui sont les plus normales de la maison. Karin est un garçon manqué au caractère dur mais qui peut être douce aussi, si vous ne l'embêtez pas trop, et Yuzu est une excellente cuisinière qui pleure assez souvent à cause de nombreuses querelles avec Karin mais quand elle s'y met à fond elle fait vraiment peur. Concernant Kon, ça c'est une autre histoire. […] Je ne dis pas que je déteste ma famille et au contraire, je l'adore mais j'aimerai qu'ils se préoccupent davantage d'eux au lieu de se soucier de moi... Avant ce n'était pas le cas et c'était très bien ainsi mais là… Certes je vais bientôt me fiancer et pouvoir vivre comme un grand garçon conscient et responsable de ses actes mais, ce n'est parce que je vais bientôt aller vivre indépendamment qu'il faut profiter de moi : on dirait que je vais mourir dans pas très longtemps. Par contre, je ne leur demande pas de m'ignorer car moi aussi j'ai besoin de temps en temps de réconforts familiaux. Enfin bon, je me demande toujours ce que je pourrais bien faire pendant cette demi-heure restante et comme je sais que si je n'emmène pas Kon avec moi, il va me becqueter le crâne… Surtout que je dois passer chez Orihime juste après avoir récupéré ma moto… Bah je n'en ai surtout pas envie, je veux dormir encore un peu.

~[...]~

Finalement j'ai décidé d'y aller quand même, même s'il est trop tôt et je parle évidemment du garage et non de chez ma petite amie. Comme je n'avais rien à faire chez moi et que personne n'avait besoin de ma présence, j'ai pris l'initiative de partir de mon plein gré. Eventuellement, j'ai pris Kon avec moi pour éviter tout caprice de sa part. […] En chemin, je ne sais pas pourquoi mais j'aime bien regarder un peu partout : ce que je veux dire c'est que si je vois une feuille tomber, je la regarde ou si une mouche vole près de moi je la suis du regard… c'est tout simplement naturel. Curieux, moi ? Sûrement.

~[...]~

Au loin, j'aperçois Kisuke, celui qui entreprend ma moto. Je remarque toujours son côté joyeux de réparer des cabriolets et aussi qu'il n'a pas changé son habitude bordélique vu l'état frontal de son lieu mais sinon en mécanique c'est vraiment le roi. Peut-être que j'aurais pu emmener ma bécane autre part mais comme ce n'est pas très loin de chez moi et que je l'ai connu il y a… deux ans, oui c'est ça, je ne vois pas pourquoi je refuserais d'autant plus que cette personne est un ami. Et surtout, ce mec est très cool parce qu'il me parle comme si j'étais quelqu'un de normal sans faire genre d'être honoré de me connaître parce que je suis parfumé de sang de noble, avec lui il n'y a pas de supériorité et c'est ce que j'apprécie beaucoup. J'avance les mains dans les poches vers sa demeure tout en fumant une cigarette, et arrive en regardant partout dans garage pour en quelque sorte juger le fruit de ses efforts… Kon quant à lui, s'est mis à voler dans tous les sens pour vérifier s'il n'y avait rien à manger. Tiens, il est assez bien nettoyé pour une fois.

- T'as enfin décidé de bosser correctement ? Bravo.

- Oh mais que vois-je, Kurosaki Ichigo et son pigeon tout jaune. Dit-il en souriant.

- … Fit le roux en levant sa main.

- Fume en dehors du garage s'il te plaît, ça rentre dedans et je n'aime pas ça.

- Ah excuse-moi, c'est vrai que tu n'aimes pas la fumée toxique et nauséabonde de mes cigarettes.

Je m'adosse au mur et le regarde faire son petit ménage du midi, c'est-à-dire balayer… Soudainement, j'entends quelqu'un chantonner et je ne sais pas d'où ça provient. Ça a plus la voix d'une fille que d'un garçon bizarrement. Alors, Tessai serait en fait une fille et je ne m'en étais jamais aperçu ? Ou suis-je vraiment bête et ne suis-je que le seul à penser ça en cet instant alors que la seule femme de cette maison est la femme de Kisuke ?

- Tu sais quoi, j'ai une nouvelle recrue, j'en avais marre de prendre des mecs alors j'ai pris une fille à la place.

Ah quoique, c'est peut-être elle qui chantonne.

- Ça existe vraiment des femmes qui s'intéressent à ce genre de choses ? Dit Ichigo en haussant d'un sourcil.

- Je dirais plutôt qu'elles sont difficiles à trouver.

- Hm ?

- Puisque je te le dis, pardi ! Par exemple, la fille que j'ai employée est une vraie perle pour la mécanique. Bon peut-être qu'elle n'est pas dotée d'un pouvoir aussi puissant et extrême comme le mien pour réparer des éléments machinaux mais, si tu l'as voyais en pleine action tu serais é-pou-stou-flé. Non sérieusement, il faut que je te la montre parce que… Dis donc toi, fit Kisuke en posant son balai sur le mur et en croisant ses bras, tu ne serais pas en train de faire semblant de m'écouter par hasard ?

- Tu sais que t'es devin.

- Je suis si chiant que ça ? Déclara le gérant du garage les larmes aux yeux.

- Non ce n'est pas ça c'est juste que quand tu parles d'une fille, automatiquement tu veux me la présenter et pourtant je t'ai déjà dit que j'avais une petite amie.

- Bon d'accord, mais ne vient pas te plaindre dès que tu la trouveras jolie : elle est douée mais aussi, très mignonne. Han ! Ne répète surtout pas à Yoruichi ce que je viens de te dire sinon je détruis ta moto. Dit Kisuke en mettant une main sur sa bouche.

- Ah bah ça, ça dépendra de toi écoute, je veux bien te croire mais prouve-le moi dans ces cas là. Dit le roux en expirant la fumée de sa cigarette.

- Bien, attendons son arrivée ici.

L'atmosphère redevint calme et agréable quelques instant. S'ajouta à ça une bise qui souffla en notre direction pour émettre un mouvement dans notre paysage figé dans le temps. Le sourire scotché au visage de Kisuke s'envola avec ce vent, le remplaçant par un regard à la fois sérieux et énigmatique. Il redessina un sourire sur ses lèvres mais pas celui d'un moqueur et un habituel comme il le fait à chaque fois dû à son caractère d'ahuri mais cette fois ci, c'était un sourire sincère et dont la réflexion qu'il créa s'était retranscrit sur son visage. J'inspire de nouveau doucement dans ma cigarette et lorsque j'expire le poison de cette drogue, il prit la parole. Eh oui, je sais devenir poétique des fois.

- … Dis-moi Ichigo, t'as déjà pensé à arrêter de fumer ?

- Pas vraiment.

- Ce n'est pas que je ne veuille pas que tu fumes ici mais, en réalité c'est juste parce que je n'aime pas voir cette chose dégrader peu à peu un être humain. D'ailleurs c'est pour ça que je te dis d'aller fumer autre part.

- Si tu veux tout savoir, je n'ai pas décidé d'entrer dans son jeu. Il s'agit plutôt d'un piège dont l'idiot que je suis, aie sombré dedans. Le seul point négatif que je retiens de ça c'est qu'une fois que tu y goûtes, ton corps en redemande instinctivement et c'est fatiguant.

- Mais tu peux très bien te forcer à ne plus y succomber, non ?

- Fumer est un acte péjoratif dans la vie, je dois le reconnaître, mais ça m'aide aussi à me relaxer ou à me déstresser. Si j'arrive à faire seulement ces deux choses sans utiliser une seule de ces cigarettes, alors je veux bien me soumettre à la raison.

- Oh, vraiment ? On ne sait jamais où ce genre de choses lugubres peut te conduire, hein.

- Merci. Déclara Ichigo avec un sourire au coin.

- Quoi donc ? Eh ! C'est quoi ce sourire ?!

Merci d'essayer de me mettre dans le droit chemin.

- Rien, je te remercie tout simplement.

- Ouais, ouais, ne me prend pas pour une pomme non plus.

- Je ne te prends pas pour une pomme. Fit le roux en jetant sa cigarette.

- Tu ne serais pas lunatique par hasard ?

- Bon elle arrive la demoiselle, je n'ai pas que ça à faire.

- Mais pourquoi tu ne veux pas me répondre, je suis visible nom de dieu !

- Orihime m'attend et si je ne me dépêche pas elle va me crier dessus son désespoir d'être seule.

- Et ça t'empêches de vouloir me répondre ?

- Oui, ça ne t'apportes pas grand-chose de toute façon.

-

- La fille a disparu on dirait.

- Non, pas du tout. Patiente encore un peu, je te promets que ça en vaut vraiment le coup.

- C'est bien la première fois que je te vois insister pour quelque chose du genre. Est-ce si important pour toi de vouloir que je la trouve jolie ? Dit Ichigo en allumant une autre cigarette.

- Évidemment ! Mais lâche moi ça bon sang… Ah, j'avais oublié que monsieur est têtu.

- Tiens, confisque mes cigarettes si tu veux je n'en ai plus envie. Dit le roux en tendant son paquet de cigarettes.

- Vraiment ? Déclara le garagiste avec des étoiles dans les yeux.

- Hm. Fit Ichigo en hochant positivement sa tête.

- Bon comme je suis gentil je les range dans ma poche mais je te promets de ne pas t'en donner si t'en redemande. Dit Kisuke en les rangeant en même temps.

- Fais comme tu veux.

- En fait quand j'y repense bien, j'ai peur de te la montrer maintenant, si ça se trouve tu voudras lui faire des trucs cochons. Déclara Kisuke en lui donnant des petits coups de coude.

- Ça m'arrangerais beaucoup que tu évites à tout prix de souiller mon image… je veux bien que tu me traites de tout et de n'importe quoi mais pas de ce genre d'espèce dégueulasse. J''ai vraiment la tête d'un coureur de jupon ?

- A qui le dis-tu ! T'es aussi beau que moi.

Vous savez comment on appelle ce genre de connerie ? Un mensonge, tout à fait.

- Je vois ça. Fit Ichigo en détournant le regard.

- Bon évitons de changer de sujet, revenons au fait de trouver la nouvelle recrue magnifique.

- Ok j'ai compris.

- De ?

- Tu ne comptes pas lâcher l'affaire, c'est ça ?

- Pour l'instant, non.

- Si t'arrêtes de dire des bêtises jusqu'à ce qu'elle arrive et si jamais je la trouve jolie et je dis bien si jamais alors, je veux bien payer le double de ma facture mais dans ce cas là tu me promets d'arrêter de dire des choses d'abruti.

- Marché conclu ! Rétorqua-t-il avec un grand sourire.

Bah dis donc, tout ce qui touche l'argent le rend si vif et heureux à ce point ? …Pour en revenir au portrait secret de la fille en question, ça fait exactement un quart d'heure que nous attendions et pourtant elle n'est toujours pas là… En fait, la question que je me pose maintenant c'est plutôt : existe-t-elle vraiment ?

- Dis-moi Kisuke, c'est elle qui chantonnait tout à l'heure ?

- Yoruichi dort donc forcément oui.

- Ah, je me disais aussi que c'était étrange d'entendre un si doux bruit.

- Eh oh, ma femme dort donc évite de la blâmer en son absence et même si je suis d'accord avec toi, ce n'est pas bien.

- Je me focalisais plus sur la voix de la fille imaginaire que sur la présence de ta femme.

- De quoi, de quoi ?! Monsieur Kurosaki Ichigo serait-il sous un charme ? Fit Kisuke en riant.

- J'ai juste dit que ce n'était pas désagréable.

- Ichigo, avoue au moins être séduit.

- Fit Ichigo en roulant des yeux.

- D'accord, d'accord je me tais.

- Merci.

- Ah encore une chose, dit le garagiste en claquant des doigts, si je te dis que tu la connais, tu me crois ?

- C'est ridi... hmpf !

Mais quel idiot, je suis en train de m'étouffer avec ma cigarette. Je me retourne face à l'extérieur pour tousser calmement tout en respirant de l'air pur et, Kon vint se poser sur ma tête par curiosité. S'ajoute à ça le bruit d'une porte qui s'ouvre, avec la voix féminine de notre chère demoiselle en attente.

- Kisuke, le mec à la belle moto est là ? Je t'entends parler et je trouverais ça très louche si le destinataire est ton balai.

Kisuke voulut lui répondre immédiatement mais remarquant qu'Ichigo n'allait pas bien, il s'adressa à lui en premier tout en chuchotant.

- Ichigo, ça va ? Demanda le propriétaire en haussant d'un sourcil.

- Ouais, ne t'inquiète pas ce n'est rien de grave. Déclara le dénommé en se relevant.

- Si tu veux mourir, pas dans mon garage, compris ? Merci.

- Et on se prétend 'ami', sympas.

- Les effets secondaires s'emparent de ton corps jeune homme, ne meurt pas avant de l'avoir vu s'il te plaît ce serait du gâchis. Sourit le garagiste.

- Ouais, ouais. Dit le roux toujours en toussant.

- Il est là, alors sors de là et viens m'aider ! S'écria Kisuke.

- Ah, attends juste deux petites minutes alors, je finis de m'habiller et je viens lui rendre ses clés. Déclara-t-elle en fermant la porte aussitôt.

- J'adore cette petite, elle n'a vraiment pas honte de gueuler comme ça dans mon garage alors qu'elle sait très bien que t'es là et que ma femme dort. Dit le propriétaire en ricanant.

- Fit le roux un peu gêné de ce qu'il venait de se passer.

Je me retourne face au garage en espérant d'aller mieux et je vois un grand sourire suspicieux provenant de ce blond. Ça c'est un mauvais présage, je sens qu'il a une plaisanterie amère en tête à me faire subir lui.

- Et si t'allais plutôt récupérer tes clés toi-même?

- N'y pense même pas, elle va croire que je suis un pervers.

- Rho allez, montre que tu es un gentleman enfin ! La pauvre, se déplacer pour un homme, quel honte. Déclara le garagiste les larmes aux yeux, tout en se mouchant.

- Non, je n'irai pas.

- Mais pourquoi ?! Dit Kisuke en lui lançant son mouchoir.

- Je n'en ai pas envie, c'est tout.

- Bon bah je vais t'y forcer.

Vous savez ce que ce… ce vieux a fait après ? Il est parti chercher des cacahuètes dans sa cuisine pour ensuite, les jeter en direction du couloir où se trouve la fille… Je l'ai regardé très bizarrement mais ce n'est qu'après une seconde de prise de conscience que j'ai compris à quoi son stratagème allait mener. Kon, oiseau gourmand de première classe, à foncer comme une fusée en direction de l'odeur qu'alimenter ces cacahuètes. Vous ne comprenez toujours pas ? En fait, quand Kon sent de la nourriture et qu'il est affamé, il produit un énorme son pénible et agaçant comme si on étranglait un poulet et je suis le seul à pouvoir lui faire fermer son bec mais toujours avec une grande difficulté.

- N… Non ! Kon, revient ici ! Déclara Ichigo en le poursuivant.

- S'il réveille Yoruichi, t'es fichu ! Yo ho ho ho ! Fit le coupable de cette ruse, riant derrière un éventail.

- Saleté d'oiseau, Kisuke t'es un homme mort.

- Bon courage à toi aussi !

Il a de la chance, le parcours n'était pas très long donc j'ai pu rattraper ma perruche assez facilement. Kon se pose enfin par terre et dévore les cacahuètes. Non mais aujourd'hui ils ont décidé de ruiner ma journée ou quoi ? Je ne leur ai rien demandé pourtant. Enfin bref, Yoruichi n'a pas bougé d'un poil et personne ne se trouve au même endroit que moi alors ça va. Je m'accroupis et soupire face à cette blague de très mauvais goût qui malgré tout, même si ça me frustre je sais que ne peux pas y faire grand-chose donc je prends les coups sans discuter pour éviter tout ennui. Je décide de ramasser ces arachides et dépose Kon sur mon épaule pour qu'il puisse manger tranquillement avec ma main contenant sa nourriture, pendant que moi j'essaye de trouver une solution face à ce problème. Le pire dans tout ça, c'est que je suis devant la porte où se trouve la fille et du coup je ne sais pas comment réagir. Vous imaginez si elle ouvre la porte, là, maintenant ? Oui, elle va croire que je voulais humer son odeur… Bon de toute façon je n'ai pas le choix, j'ai réellement besoin de mes clés. Non je ne vais pas sentir son émanation. Je me masse la nuque avec une once de rougissement et lorsque je m'apprêtais à toquer à la porte…

- Voilà pourquoi je n'aime pas travailler sous les voiture, regarde ma chemise est toute tâchée et en plus l'essence ne veut pas partir… Bon en tout cas merci de m'avoir prêté des vêtements de rechange. D'ailleurs Kisuke depuis quand tu fumes ? C'est horrible comme o… Affirma la nouvelle recrue, tout en ouvrant la porte de la salle de bain avec un torchon blanc en main qu'elle utilisa pour se frotter les mains.

Elle pivota doucement son regard jusqu'au mien et de suite, lâcha son torchon pour se couvrir la bouche, j'eus un moment d'arrêt aussi. Elle recula pas à pas tout en tremblotant et vivement, ferma la porte. Deux secondes plus tard, elle la rouvrit mais seulement pour récupérer le torchon et ensuite s'est cachée de nouveau… Quant à moi, je suis simplement resté les yeux grands ouverts. Cette personne est Rukia. BON SANG, CETTE PERSONNE EST RUKIA ! C'EST RUKIA ! MAIS… MAIS PUNAISE C'EST RUKIA ! C'EST RUKIA, RU-KI-A, RUKIA ! Positif Ichigo, reste zen et positif… Hum donc reprenons chers lecteurs… Cette personne qui vient de se cacher, c'est Kuchiki Rukia mon amie d'enfance et au passage tuez-moi s'il vous plaît. Non mais sérieusement, rester immobile comme un poteau et la mirer sans dire un mot comme lorsque l'on regarde un tableau est digne d'être la qualification d'un mec inutile : autrement dit, moi ! Je suis inutile, très mais très inutile ! Oh purée je pète un câble, non, non, non, non, non je ne dois pas. Je reprends, c'est mal car cette situation me rend plus embarrassé qu'autre chose je n'arrive même plus à contrôler ma tête tellement que mes mots et mes pensées sont perturbés… Enfin… Je… Je ne pensais pas du tout la revoir de sitôt et surtout dans le garage de Kisuke, l'endroit le plus pourri au monde. En plus il a raison, elle est devenue très belle… elle est juste magnifique et j'ai même envie de dire que ça craint beaucoup parce que je vais devoir lui payer le double. Non, je ne vais pas vous la décrire me connaissant je vais saigner du nez. Dieu, pourquoi as-tu créé une femme aussi jolie… Est-ce une punition pour mes mauvais gestes de ma honteuse jeunesse ? Rah, ça m'énerve ! Non, ça ne m'énerve pas de lui payer le double et je m'en contre-fiche un peu de ça mais c'est juste que Kisuke a eu raison… Son retour me surprend tant que ça ? Bah oui, c'est-à-dire que normalement j'aurais eu au moins un petit indice me permettant de savoir qu'elle était de retour ici puisque mon père est aussi le maire de cette ville. […] Je n'ai pas eu le temps malheureusement de l'attraper, elle s'était déjà cachée. Pour me démoraliser encore plus, un blond s'approche de moi tout en tapant des mains à redondance.

- Bravo, toutes mes félicitations, tu viens de retrouver ton amie d'enfance grâce à moi. Ne me remercie pas, c'est cadeau.

- Je vais t'en faire manger moi des cadeaux ! Tu…t'es… mais… mais… mais, rah ! Même idiot c'est trop sage pour te décrire ! Déclara le roux en se tenant les cheveux.

- Que veux-tu, la nature m'a donné ce don et je ne vois pas pourquoi je devrais m'en plaindre d'ailleurs. Fit le garagiste d'un air nonchalant en se curant l'oreille avec son auriculaire.

- Ne te fous pas de moi, j'ai eu ma dose donc maintenant tais-toi ou même va-t-en, oui c'est bien ça comme idée, dégage !

- D'accord, d'accord je suis désolé. Dit Kisuke en se retenant de rire face à la réaction d'Ichigo.

- Ce n'est pas vrai ça, pourquoi j'agis comme ça moi… il faut que je reprenne mes esprits, où sont mes cigarettes ? Ah, Kisuke ! Déclara Ichigo se calmant.

- Il est hors de questions que t'en refumes une, t'as entendu ce qu'elle t'a dit Rukia ? Et excuse-moi si tu me vois trembler mais ta réaction est tellement adorable, tu n'es pas si froid que ça en réalité. Dit le garagiste en cachant le roux de sa vue avec son éventail pour éviter de rire.

- Faites que je rêve et que je vais bientôt me réveiller dans pas très longtemps et quelque part d'autre surtout. Je ne sais même pas pourquoi j'ai accepté de faire la connaissance de ce truc devant moi qui rigole tout seul. Dit le jeune homme en se massant le visage.

- Hm bon, les jeunes, je suis à côté si vous avez besoin d'aide au cas où si ma présence vous est d'une grande importance. Si vous voulez converser dans le garage, ce sera un peu embarrassant pour moi ainsi que vous aussi, car en fait je n'ai pas fini de tout ranger. Dit-il en sortant de la poche de sa salopette arrière un livre.

- Où crois-tu aller comme ça ? T'es responsable de ce qu'il vient de se passer alors assume, explique-toi et répare cette situation. Pourquoi Rukia est ici ? Pourquoi tu ne me l'as pas dit plus tôt ? Déclara le roux.

- Tu me demandes ça alors que ça va faire deux semaines qu'elle est déjà à Karkura ?! Ton père est bien responsable de cette ville non, tu devrais déjà être au courant bien avant nous je te signale. Après c'est moi qu'est en tort, mal élevé. Affirma le concerné en riant.

- De… deux semaines ?! Et pourquoi je suis le dernier à être au courant ?

- Bah peut-être parce que il y a deux semaines, ta famille et celle de ta copine, vous êtes parties aux Etats-Unis et que vous n'êtes revenues qu'avant-hier ! Et puis, qu'est-ce que j'en sais moi, demande à ton père.

- Tu crois vraiment que je n'ai que ça à faire ?!

- Bon d'accord, je m'excuse. Disons que c'était plutôt imprévu de sa part car on ne savait pas trop quand elle allait revenir ici, et puis son frère m'a dit qu'ils avaient déménagé à Karakura il y avait un peu moins de deux semaines. Je voulais juste vous réunir ensemble avant de reprendre la voie des cours, c'est tout.

- Ça c'est une surprise ? Rukia vient d'avoir peur de moi, elle s'est cachée et ne rouvrira pas cette porte avant de savoir si je suis parti ou non.

- L'idée était très nulle j'avoue mais c'est Rukia qui voulait que je garde ça secret car c'est elle qui voulait te faire la surprise. Remarque, ça a à moitié marché… non ?

- Pourquoi tu l'as fait à sa place… Bon, en même temps je pense que si elle l'aurait faite toute seule je serais encore plus embarrassé. Dit Ichigo se massant la nuque.

- Bah, je croyais bien faire en fait mais à priori ce n'est pas du tout le cas, navré… haha. Fit Kisuke en se grattant la tête.

- Revoir son ami d'enfance sept ans plus tard d'un coup ne fera que de lui provoquer un choc, enfin du moins de cette façon c'est sûr.

- Mais tu n'es pas un monstre en vain, je ne vois pas du tout pourquoi elle réagit comme ça et c'est louche. Dit Kisuke en se grattant la tête.

- J'ai la carrure d'un garçon qui se la raconte matin, midi et soir et je suis physiquement le genre de mec qu'on ne veut pas approcher car on va croire que je vais le taper ou l'insulter. Si c'est de ce genre de monstre que tu es en train d'évoquer, alors oui je suis d'accord avec toi.

- Ah pas faux, pas faux mais ceci dit on sait que tu n'es pas comme ça… ou peut-être pas pour Rukia si on y réfléchit bien. Au fond d'elle, tu penses qu'elle te ferait encore confiance ?

- Je ne sais pas… Rukia est extrêmement insociable et à peur des garçons qui sont habillés d'à peu près mon style, totalement différent d'un intello à lunette. Là, maintenant, j'ai comme une impression d'être un inconnu à ses yeux donc elle préfère fuir. A l'instant même, je pense qu'elle croit que j'aurais rigolé à cause de son apparence mais pourtant je n'en avais guère l'intention.

- Ouais, donc on peut dire que c'est une retrouvaille qui fonce tout droit à la poubelle.

- Non détrompe-toi, ce n'est que le début de ma détermination. Partir d'un coup sec comme ça serait très lâche de ma part, je dois donc essayer de me faire comprendre. Rukia si tu veux bien m'écouter, je veux que tu sortes de cette salle de bain et que tu viennes à ma rencontre. Je ne veux pas te faire du mal ou quoique ce soit de ce genre, je ne blesse pas les gens que j'affectionne alors ne t'en fais pas. Si tu ne veux pas discuter du fait que tu sois partie si rapidement dans ce cas je n'aborderais aucun élément en rapport avec ça. Seulement, ne dis pas que tu ne veuilles plus me revoir à cause de mon apparence… ça… ça me ferait mal de savoir ça surtout venant de toi. Laisse-moi au moins une chance de te prouver que je suis toujours le même. Dit Ichigo en agrippant la poignée de la porte.

- Fit la brunette.

- Si tu ne veux pas de moi là, maintenant, alors je te promets que je m'en irais.

Même en écoutant attentivement ces mots, Rukia n'avait pas encore la force de le voir entièrement : elle avait bien trop peur. Finalement, son silence répondit encore une fois à sa place.

- Bizarre…Elle m'avait plus donné l'impression de vouloir te serrer dans ses bras la prochaine fois qu'elle te reverrait. La manière dont elle prononçait ton prénom la rendait si heureuse, si tu savais Ichigo à quel point elle peut tenir à toi. Ce serait triste de renoncer maintenant, hein ? Dit Kisuke en souriant.

- Ah oui ? Déclara le roux, très attentionné par les dires du blond.

- Oui, vraiment. Je crois qu'elle me disait… Commença le gérant du garage.

- Ça suffit Kisuke, je pense qu'il en sait déjà trop. Interrompit la voix de la naine.

- Naine-chan, t'es vivante ! Déclara Kisuke tout joyeux.

Rukia ouvrit violemment la porte et se tourna vers Kisuke.

- Appelle-moi encore une fois comme ça et je te stérilise avec une clé à molette. Dit-elle en le prévenant du doigt.

- Coucou, alors ça y est t'as fini de bouder ? Déclara le garagiste en fermant la porte de la salle de bain.

- Tout ce qui te concerne me met d'une humeur maléfique alors ne t'étonnes pas si je suis souvent dure avec toi.

- Pourquoi suis-je né pour me faire haïr, sérieusement… Bon Ichigo, t'attends quoi ? Déclara le garagiste les mains sur les hanches.

A ces paroles, Rukia avait complètement oublié la présence du roux et de ce fait voulait immédiatement allait se réfugier dans la salle de bain mais un bras interrompit cette acte en fermant la porte. Kisuke les regarda en ricanant toujours avec son éventail devant sa bouche puis, s'enfuit dans le garage pour finir son travail. A cet instant, elle ne voulait plus bouger et s'était fixé l'objectif d'enguirlander Kisuke plus tard. Kon apparut devant elle en piaillant son prénom et réussit tout de même à lui redonner un mince sourire. La brune était de dos, le roux était derrière elle.

- Ne t'échappe pas comme ça quand je suis là Rukia, je n'aime vraiment pas … j'ai déjà vécu ça une fois et ça me suffit largement. Maintenant, j'ai l'occasion de t'attraper alors tu n'as plus le choix que de me faire face.

- Je… Je suis désolée…

- Oui tu peux l'être, mais je ne te pardonnerais pas si facilement.

- Tu…Tu… Enfin, tu… Ichigo tu… Débuta la naine en bégayant tout en regardant partout.

- Je quoi ? Fit le roux en posant ses mains sur chaque extrémité des murs du couloir qui les réunissait.

- Tu… Continua la brunette avec sa voix hésitante.

- Je ? Déclara Ichigo en rapprochant sa tête près de celle de Rukia tout en prononçant ce mot à quelques centimètres de son oreille.

- Tu es trop près ! Fit-elle en se touchant aussitôt les oreilles avec une voix assez élevée.

Kon interrompit cette scène qui lui semblait si intense et décida de prendre part de Rukia en fonçant tout droit en direction du visage de son maître, le bec en première position. Ichigo n'eut pas le temps de réagir qu'il se fit projeter la tête en arrière et de suite, se frotta le front car c'était l'endroit où sa perruche l'avait piqué. Kon répéta sans cesse 'imbécile' de manière à lui faire comprendre qu'il lui faisait la morale. Ichigo s'était accroupi et continua de se soigner le front.

- Des fois je me demande pourquoi je ne t'ai pas laissé chez ton premier propriétaire. Déclara Ichigo.

Punaise ce Kon alors, je le nourris si mal que ça ? Aïe, ça fait mal quand même, un si rikiki bec peut faire énormément de dégâts croyez-moi… la prochaine fois je me méfierai. Pourtant je ne voulais pas la brusquer, juste l'intimider un peu histoire qu'elle finisse par accepter de me regarder de nouveau.

- Tu… tu vas bien ? Déclara une petite voix.

- Ça peut y aller… Kon, recommence et je… Commença le roux.

- Ne dispute pas Kon il n'y est pour rien du tout, à vrai dire je suis plutôt en faveur de son geste. Interrompit Rukia.

Kon vint se poser sur le doigt que Rukia lui avait tendu puis elle s'est mise à lui caresser la tête avec un large sourire. Elle le déposa ensuite sur son épaule et vint se mettre à ma hauteur tout en s'asseyant par terre, face à moi. Au début je la regardais agir sans rien dire et finalement, je me suis assis aussi.

- Désolé, je ne voulais pas te surprendre. Déclara Ichigo.

- Et moi j'ai eu tort d'avoir exagérer ta patience. Dit Rukia en baissant la tête.

Elle s'est remise à toucher ses oreilles et on dirait vraiment qu'elle ne veut pas voir mon visage. Bon ceci dit je trouve ça assez mignon, vous ne trouvez pas ? Enfin ce que je veux dire c'est que je peux la voir en train de rougir. J'essaye d'avoir le moindre contact avec elle grâce à mes yeux mais rien à faire, elle ne veut pas me laisser un seul aperçu d'elle.

- Pourquoi tu agis comme ça Rukia, je te fais si peur que ça ? Dit-il en penchant sa tête.

- No… Non ce n'est pas vraiment ça mais, j'ai du mal à te regarder droit dans les yeux c'est tout.

- Ah ?

Quand elle a prononcé ça, elle a dû me regarder pendant deux secondes puis s'est remis à contempler le sol... Hm, à moins que c'est moi qui sois horrible à voir avec ma touffe longue de paillasson….

- Tu vois…

- C'est parce que je porte une boucle d'oreille, que j'ai les cheveux encore plus longs qu'avant et que je fume ?

- Tu ressembles au type de garçon qui n'aborde pas les filles à lunette comme moi donc, j'ai eu peur un moment que quand tu me revoies tu te moques de moi. Comme je ne m'entends pas très bien avec eux… je me suis alors dit que peut-être tu l'étais devenu. Déclara-t-elle en soupirant.

- Donc si je comprends bien, tu me considères comme un mec qui ne sait rien faire d'autre que de se la raconter en public ?

- Ah non pas du tout, déclara-t-elle en relevant sa tête, ce n'est pas ce que je voulais dire ! C'est juste que tu leur ressembles mais pas vraiment physiquement, enfin si mais… Laisse tomber, je me noie moi-même dans mes dires donc inutile de persister.

Elle s'est ensuite remise à mirer le sol… Il faudrait qu'elle évite d'agir comme ça, ça ne me laisse pas du tout indifférent. Soudainement j'ai repris mes vieilles habitudes avec elle comme, rire de ses bêtises pas très intelligentes ou de lui sourire quand elle fait une erreur. Je lui ai même fait le coup de l'ébouriffage des cheveux. Bon d'accord, je l'ai peut-être encore plus décoiffée que d'habitude mais j'en avais tellement envie… On peut appeler ça un tic quand il s'agit d'elle.

- Relève ta tête.

-

- T'as déjà oublié ce que je t'ai dit la dernière fois ?

- La dernière fois que l'on s'est vu c'était il y a sept ans, il se peut que oui…

Elle aura beau dire de sacrés bobards, elle ne m'empêchera pas de faire ce que je lui ai fait il y a sept ans exactement. Quand elle est triste, déçue ou effrayée à cause de moi, je lui demande de me regarder droit dans les yeux pour qu'elle voit de sa propre vue que je n'ai rien de méchant envers ses divers actions. Et si elle ne veut pas, je lui force à relever sa tête face à la mienne en passant un doigt sous son menton et en le relevant délicatement à moi. C'est justement ce que je compte lui faire après avoir enlevé ses mains de ses oreilles. Ce que je trouve bien en ce moment chez elle c'est qu'elle ne persiste pas et se laisse faire quand il s'agit de moi car quand c'était son frère, c'était aussi violent qu'un champ de bataille. Hm, est-ce que ça signifie que j'ai de l'importance ? Donc je récapitule : je lui ai enlevé les mains de ses oreilles puis ai posé mon doigt sous son menton pour relever sa tête.

- Je ne suis pas fâché.

- Oui mais…

- Ce n'est pas grave, tu penses ce que tu veux mais moi-même je sais ce que je suis devenu donc n'essaye pas de me contredire, c'est déjà perdu d'avance.

- C'est vrai que sur ce sujet c'est tout de même logique…

- Par conséquent, évite de te dire que je suis devenu un petit coureur de jupon alors forcément je suis comme eux. Dis-toi seulement que ça me choque et me rend malheureux de savoir ça… surtout de ta part…

- Je viens de remarquer que t'as l'air beaucoup plus prétentieux qu'avant…

- Ah, sûrement… Je n'y prête pas vraiment attention en fait.

- Donc, c'est mauvais signe.

- Oui c'est mauvais signe et tu devras vivre avec car je ne compte plus te lâcher.

- Ah bon ?

- Et certains.

- Toujours aussi bête à ce que je vois. Déclara-t-elle avec un sourire.

- Toujours aussi petite, hein ? Rétorqua-t-il en lui souriant de même tout en lui ébouriffant les cheveux.

Kisuke qui avait déjà rangé sa boîte à outil et son bazar, prit son livre de sa poche arrière et commença à se diriger vers son salon quand soudain, un son terrifiant vint semer la pagaille dans sa conscience et le fit faire tomber tout le travail qu'il avait achevé avec des gestes qui valsaient dans tous les sens à cause du bruit effrayant et surprenant… Il soupira, haussa les épaules et s'enfuit sans y tenir compte. Rukia sortit du couloir de la salle de bain et se mit en dessous d'une voiture pour la réparer. Quant à Ichigo, il sortit à son tour en se frottant les extrémités de sa tête car elle lui avait apparemment tiré les oreilles.

- Je t'avais prévenu.

- C'est un tic, je n'y peux rien.

- La prochaine fois demande moi, et puis je t'ai déjà dit que je n'aimais pas ça.

- Exact…

Personnellement, et j'avais envie de le dire tout à l'heure de toute façon, son côté garçon manqué ne me déplaît pas du tout. Non, je ne suis pas amoureux des garçons. Je trouve ça meilleur même car des fifilles j'en connais assez donc j'ai déjà eu ma claque. Ce que je veux dire c'est que…qu'elle est juste trop cool ! Mais regardez, elle fait de la mécanique !

- Tu ne récupères pas ta moto ? Dit-elle en se levant de son lieu pour aller chercher un outil.

- Si mais j'attends encore un peu car je n'ai rien à faire chez moi et, je n'ai pas envie d'aller voir ailleurs.

Oui, inutile de me le répéter, c'est faux.

- Ah, d'accord.

- Les vêtements de Kisuke te vont à ravir. Dit-il en souriant.

- Ne ris surtout pas, je n'ai pas eu le choix. Si tu voyais mon état en nettoyant ta moto, j'avais l'impression de faire la guerre avec elle.

- Elle était si sale que ça ?

- Repense à qui tu l'as confié car personnellement ou même pour toi, cette personne est tout simplement…

- Sale.

- Bien, t'as tout compris. Sourit-elle.

- Ouais mais bon d'un côté il faut avouer qu'il est très fort dans ce domaine…

- Ce n'est pas faux. Dit-elle en retournant dans ses activités.

Vous avez remarqué ? Elle n'est plus embarrassée.

- Je peux t'aider ?

- Hm, non pas là mais merci quand même. Ah quoique, tu n'aurais pas vu une clé dynamométrique ? Demanda-t-elle en se retournant face à lui, toute déboussolée.

- Euh… Ce machin ? Dit-il en brandissant l'outil.

- Oui, fais attention je l'ai déjà utilisé donc tu ferais mieux de… ah bah mince…

- Oh, ça, commença-t-il en montrant son tee-shirt, ce n'est pas grave ce n'est pas ta faute.

- Si, si, bien sûre. Déclara-t-elle en se frottant la tête.

Bah oui, quel crétin je suis. En plus d'avoir du mal à trouver son outil, je m'en mets sur tous les doigts et je me tâche le tee-shirt avec, qui plus est, celui-ci est blanc… Non, ce n'est pas du tout intelligent de ma part. Elle s'approche vers moi avec une serviette blanche tâchée qu'elle prend au passage, la coince dans sa poche de son jean et me prend les mains pour les nettoyer. Elle les prend une par une, comme pour les doigts, puis me les cure chacune doucement et proprement. Oui j'ai aussi l'impression de retourner en enfance parce que je retrouve bien son côté attentionné. Elle me retourne les mains et fait des va et vient, des haut et bas pour effacer toute trace de graisseur. C'est comme si je sentais sa douce main collée contre la mienne et disons que ça me fait bizarre de ressentir ça car je n'ai pas l'habitude de toucher des mains de fille et surtout celles de mon amie d'enfance. Je ne sais pas pourquoi mais ce geste me donne des frissons dans le dos et dire qu'elle va le faire une deuxième fois, j'ai deux mains si vous n'êtes pas au courant…Mais ça ne veut pas dire que je trouve ça désagréable.

- C'est gentil.

- Je n'aurais pas dû te demander ça, désolée. J'avais oublié de te dire que je l'avais déjà utilisé et par conséquent tu aurais pu te tâcher mais bon… le temps que je m'en souvienne, il était déjà trop tard.

- Tu t'entends parler ? On dirait que tu m'as violement tapé et pourtant ce n'est pas le cas.

- Non mais ce que je veux dire c'est que j'aurais pu seulement te demander de le trouver qu'en l'observant et non en voulant le toucher.

- Ne t'en fais pas, ce n'est pas si catastrophique et heureusement.

- Mouais… t'as raison.

- Enfin bon, merci quand même Naine-chan. Dit-il en souriant.

- De rien, Fraise-kun. Conclu-t-elle en laissant apparaître une veine de frustration.

- Mais dis-moi, pourquoi tu n'es pas venue me rendre visite quand t'es revenue ici ?

- J'ai encore mes cartons de déménagement à déballer et puis j'ai fait le ménage toute la semaine donc je n'avais pas vraiment le temps, d'autant plus que Kisuke m'a fait travailler aujourd'hui et même précédemment… Et pour la surprise, je vois qu'elle est tombée aussi bas que moi.

- Bah non, je trouve que même si le début à mal commencé, au point où on en est ça se passe plutôt bien donc on peut considérer ça comme une réussite.

- Je ne sais pas ce qu'il m'arrive mais ce que tu me dis ne me rassure pas du tout, j'ai même un peu honte de ce qu'il vient de se produire à cause de ce vieux obsédé.

- Ça veut dire que tu n'es pas contente de me voir ? Dit-il en haussant d'un sourcil.

- Non, je veux dire que si je l'aurais faite cette surprise, on serait déjà dans un endroit plus propre et plus beau.

- Ah oui ? Vas-y, raconte-moi comment tu comptais t'y prendre, je veux savoir moi aussi.

- Non, ce serait bien trop facile de tout dévoiler d'un trait, je garde mon idée pour une prochaine fois. Dit-elle en lui souriant.

Ce sourire alors… il est juste magnifique… merveilleux… chaleureux… enfin vous aviez compris, je ne me lasserais jamais de le regarder.

- D'accord, comme tu veux, je vais respecter ton choix même si j'aurais voulu continuer à persister.

- Changeons de sujet car te connaissant je sais que tu vas le faire.

Elle a raison, je suis chiant quand je veux quelque chose.

- Dans ce cas… hm… les cabriolets te passionnent ? C'est quand même rare de voir une femme sous les voitures, ça en devient même presque intéressant.

- Passionnée ? Pas vraiment mais je m'y connais un peu et puis il m'a dit qu'il en avait marre d'avoir des mecs incompétents dans son garage mis à part Tessai. Ah et aussi, si je veux voyager il faut bien que je mette de l'argent de côtés.

J'allais justement lui ébouriffer les cheveux mais comme j'ai les mains en assez mauvais état pour un contact corporel, je n'ai rien fait au final… Dommage.

- Dans ce cas, fais quand même attention parce que t'es minuscule.

- Minu… Minuscule ?! Dit-elle en faisant les gros yeux.

- Tu ne vas pas me dire que tu fais la taille d'un basketteur, si ?

Suite à cette remarque qui est dite 'déplacée' par elle-même, elle lui lança un regard de travers puis lui jeta le torchon en pleine face de façon à ce que celui-ci soit encore plus couvert de saleté et comprenne sa bêtise. Sans y prêter plus d'attention, elle retourna tranquillement en dessous de la voiture avec sa clé.

- Fais-le tout seul, après tout t'es assez grand.

- Qu… mais… Bégaya-t-il outré.

Mais, mais, mais… mais pourquoi elle a arrêté si soudainement ? Ah… je vois, c'est à propos de ce que je viens de lui dire…

- Qu'est-ce qu'il y a, tu n'arrives plus à te laver les mains tout seul ?

- Non mais, pourquoi t'es partie furtivement ?

- J'ai une voiture à réparer moi, à moins que tu veuilles le faire à ma place.

- Pourquoi pas.

- Bah voyons… Déclara-t-elle en roulant des yeux.

- Comme t'es sale et que moi aussi maintenant grâce à toi, débuta-t-il en enlevant sa veste, je pense que je vais venir t'aider car tu n'as pas mal de boulot à finir et je compte profiter de cette journée avec toi donc… plus vite on aura achevé son stupide travail et plus vite on sortira de ce garage.

- T'es sûr de toi ? Enfin, de vouloir être couvert d'huile, de saletés et de… de… Dit Rukia en sortant sa tête du cabriolet, choquée.

- De tâches noires comme t'as sur le front, oui. Dit le roux en s'accroupissant.

- … Et, tu t'y connais en mécanique ?

- J'ai réparé ma moto plusieurs fois sans Kisuke donc je dirais je ne m'en sors pas trop mal et je ne pense pas être une grande gêne pour toi après tout, au contraire.

- Bon bah, sers toi alors. Affirma la brunette en retournant en dessous de sa machine.

Et oui, j'ai toujours ce que je souhaite. Ce n'est pas ambitieux, je suis juste victorieux. J'ouvre le capot et commence à réparer cette fameuse voiture pour pouvoir tranquillement finir dans les temps voire, et j'espère, finir beaucoup plus tôt. Ah ! Je crois que vous attendiez que je dise ça : je suis vraiment content de la revoir.


La séance du garage est devenue un grand foutoir… Comment ça ? Bah… on n'a rien fait de mal, c'est juste qu'on s'est mis à chercher pleins d'outils et au final on ne les a pas rangé correctement à leur place… Oui je mens un peu, on a aussi fait n'importe quoi. Alors lui, il m'a fait une petite blague totalement typique et pas du tout rigolote pour moi mais pour lui, on avait l'impression qu'il ne s'était plus amusé comme ça depuis des années…

J'étais en train de converser avec Kisuke à propos de la voiture que je réparais à l'instant même, toujours en dessous de celui-ci, oui parce qu'il est venu nous voir enfin plutôt venu observer comment on s'en tirait sans son aide, et Ichigo était en train de boire une des canettes gazeuses, comme par hasard gazeuse, que Kisuke nous avait apportées. Ce crétin aux cheveux roux m'a… m'a donné cette délicieuse canette… secouée… ça je ne l'ai su que juste après. Du coup quand je l'ai ouverte, j'en ai reçu partout mais principalement dans la figure et j'ai commencé à gigoter dans tous les sens en criant comme une malade : on pouvait croire que j'étais possédé en fait. Et d'un ton monotone, limite innocent, monsieur Kurosaki ose me dire, et s'il vous plaît ne rigolez pas : « Pourquoi tu danses sous la voiture ?»… Pourquoi tu danses sous la voiture ! C'est pire que du foutage de gueule, hein ?! A ce moment-là, j'ai balancé ma canette sur le côté puis il avait compris qu'il fallait qu'il aille se cacher, alors il est partit dans le jardin de Kisuke et même si je l'ai accompagné pour lui courir après, au final je lui ai fermé le garage au nez mais j'avais complètement oublié que c'était dans une maison alors il est passé par la porte d'entrée pour revenir me narguer… Bien sûr et comme toujours, Kisuke a rigolé et n'a pas du tout tenté de nous arrêter.

Ou par exemple quand Ichigo était encore sous la voiture, parce qu'on a échangé les rôles entre temps, et que moi je rangeais le garage, il m'a demandé d'aller lui chercher une serviette mouillée pour nettoyer son immonde sueur. Histoire de lui faire une petite blague et petite vengeance de la fois dernière vu que je suis très rancunière, je lui ai versé un liquide noir sur la serviette, que j'ai trouvée dans la salle de bain et qui m'avait l'air assez féminin : je crois que c'était du vernis à ongle. J'en ai mis une petite flaque puis ai frotté dessus pour faire apparaître une grosse tâche noire. Avec la serviette en main cachant cette tâche noire, je lui ai tendu avec grâce et il m'a souri avec un grand sourire en sortant du dessous de la voiture… Quand je l'ai vu s'essuyer gracieuse avec, je me suis empêchée de rire en mordant mes lèvres et même si quelques sons de ricanement arrivés à s'échapper, il ne s'était pas encore posé de questions. Pour cacher mon acte puérile, je faisais semblant de tousser tout en m'excusant. Quand il a senti un liquide plus gras que l'eau, il s'est mis à se toucher le visage puis finalement, compris qu'il n'y avait pas une très grande cohérence dans cette serviette. Bon, j'ai fini par me mettre à rire fortement lorsqu'il s'est vite enfui dans la salle de bain. Il était d'une magnifique beauté je vous jure, à croire que la fumée du volcan Fuji-Yama lui avait craché dessus. En plus d'avoir les cheveux en pétard à cause des frottements du sol et à force de se gratter la tête, Ichigo était vraiment ridicule avec son teint assombri. Pendant ce temps là, je m'étaisé réfugiée dans la chambre de Tessai que j'avais fermé à clef pendant une bonne dizaine de minutes jusqu'à qu'il arrête de me demander de « revenir ici »… Je ne voulais absolument pas y retourner, je n'aurais pas su me contrôler. Enfin bon, je pense que vous pouvez en déduire que j'ai fini par me rendre.

Et voilà comment finir sa journée en beauté : faire de multiples jeux d'enfants avec seize années en tête… Mais bon, ça fait toujours du bien de retourner en enfance de temps en temps vous ne trouvez pas ? Après ce cruel carnage, Ichigo et moi on s'est installé dans la salle de séjour avec Kisuke tout en parlant avec lui… On avait trop la flemme de prendre notre douche aussi alors on s'est porté volontaire pour la prendre dans une demi-heure. Actuellement, il est dix-sept heures.

- Alors, du coup tu me payes comment ? Demanda le blond avec un large sourire.

- Je te paye comment… c'est-à-dire ? Dit Ichigo en haussant d'un sourcil.

- Normal ou double ? Dit-il en agitant son éventail.

- Normal… normal ou double ? Déclara le roux avec de gros yeux.

- Normal ou double ? Déclara Kisuke en pointant la naine.

- Je peux savoir pourquoi tu me pointes du doigt ? Ai-je fait quelque chose de si mal ? Dit Rukia, surprise de son geste.

- On ne pointe pas du doigt les gens comme ça Kisuke, c'est malpoli.

- Ou alors, je peux savoir de quoi vous parlez ? Déclara la brunette.

- Moi non plus je ne vois pas de quoi il parle. Déclara Ichigo en caressant la tête de Kon.

- Ouais c'est ça, je suis peut être bête mais pas dupe. Dit le garagiste.

- Fit Rukia un peu perdue.

Je me sens un peu mis à l'écart là…

- Double. Dit le roux.

- Oh, monsieur délibère enfin ! Dit Kisuke tout excité.

- Oui, double. Commenta Ichigo en se massant la nuque.

- T'es sûr de toi, hein ?

- Oui.

- Tout ça m'a l'air très suspect malgré que t'es une… Argh, on m'agresse ! S'écria Kisuke en tombant à la renverse.

- Tais-toi, ce n'est pas à toi de le dire. Rétorqua le roux en lui lançant un coussin.

Ouais, alors non je ne crois pas que je devrais m'incruster dans leur conversation… Je pense que je vais me faire toute petite et rester où je suis en tant que spectatrice et je me porte déjà garante avec ma taille. Pour une fois que je fais l'éloge de ma taille, c'est bien rare ça !

- Double comment ? Demanda le blond en se relevant.

- Hm… Fit-Ichigo avec une expression de réflexion.

- Alors comparé à machin orange ?

- Je dirais… avec une image très hyperbolique, le triple de ton jardin.

- Ou… Ouah ! Mais c'est qu'elle te fait plus que de l'effet cette petite !

- Chut, clôturons cette conversation sinon notre pacte n'est plus secret. Déclara Ichigo en se levant du salon pour se diriger vers la salle de bain.

Un pacte avec lui c'est du suicide Ichigo.

- Hohoho toi et tes bonnes manières, ça veut dire que machin orange est moins « double » que… que… que tu sais qui ?

- Exactement.

La logique a complètement disparu dans leur dire, tout comme moi d'ailleurs. Ça revient à dire que je suis juste un élément de décoration comme la table basse devant moi… Finalement j'abandonne car le langage de mec ce n'est pas trop mon truc… En penchant la tête pour voir où allez Ichigo, en même temps j'ai remarqué que Kisuke rigolait tout seul et quand Ichigo a furieusement claqué la porte de la salle de bain, il a finalement explosé de rire. Je vous jure, les hommes alors…

- Je… Je ne sais pas du tout ce qu'il vient de se passer, je vous ai écouté mais c'était… si… bizarre… comme si j'étais sous l'emprise de drogue au même moment.

- Oui, reste dans l'ignorance.

- Personnellement, je ne vois pas ce qui peut être marrant dans « double ».

- Bon si t'insistes… Et si « double » signifiait « jolie », t'en penserais quoi ?

- J'en penserais que t'es bête et qu'il faudrait que tu tournes sept fois ta langue avant de parler. Affirma-t-elle en soupirant.

- Meuh non, meuh non. Regarde, dans « Tu la payes normal ou double ? », remplace « payes » par le verbe « trouver », « normal » en « moche » et « double » en « jolie ».

- Mais, mais, oh mon dieu ! Avez-vous un certain raisonnement dans ce que vous racontez, c'est comme si je voyais un chien et un mouton parler : c'est n'importe quoi !

- Fais plutôt la traduction dans ta tête au lieu de me montrer ton point de vue étant donné que je m'en fiche un peu. Déclara Kisuke en souriant.

C'est vrai en plus, reformulez la phrase par vous-même et est-ce que ça donne un sens : « Tu la trouves moche ou jolie ? ». Vous voyez, ça ne veut rien dire. Déjà « la » c'est qui ? Et puis en plus depuis quand normal veut dire « moche » et double « jolie », hein ? Sans compter que Kisuke m'a pointé du doigt tout à l'heure en disant « Normal ou double ? ». Donc oui, il ose me dire encore des bêtises ou alors, il m'insulte silencieusement. Euh… attendez, « Tu la trouves moche ou jolie ? », « Tu la… trouves… trouves…moche ou…ou jolie ? », en me pointant du doigt… Han, j'ai capté ! J'émets un petit son strident buccal et le fusille du regard.

- Vous osiez parler de moi dans votre stupide dialogue codée ! Hurla-t-elle, rouge pivoine.

- Rukia, tu as eu le droit de savoir que tétais jolie pour Ichigo.

- Alors… Alors… Il a … Il a… dit…dit… Bégaya la brunette.

- Ouais, il a dit que t'étais…

Une chevelure orange arriva précipitamment dans la salle de séjour et lança sa serviette de bain en pleine face de Kisuke pour l'interrompre. Eh oui, c'était bien Ichigo qui s'était incrusté de manière brutale avec eux. Essoufflé, et en plus trempé, celui-ci avait quasiment prit ce qu'on pouvait dire 'une douche vite faite, mal faite'.

- Qu'est-ce qui te prend ? Lança la naine surprise de son comportement.

- Je parlais de la moto.

- De la moto ? Dit-elle en fronçant des sourcils.

- Oui… La moto brille vachement bien alors je la trouve plus jolie que d'habitude désormais.

- Oh, bah alors qu'est-ce que Kisuke me raconte ? Et qui est ce machin orange ?

- Il dit des bêtises, comme toujours tu le connais. Machin orange ? Ah ! C'est… moi ? Dit le roux avec un petit souriretrompeur voire coincé.

- N'importe quoi, j'allais dire… Commença Kisuke en se relevant durement.

- Rien du tout, n'est-ce pas ? Déclara Ichigo en l'interrompant.

- Pas de ça entre nous voyons, tu le sais très bien toi-même que c'est… Dit le garagiste en essayant toujours de terminer sa phrase.

- Rien du tout, n'est-ce pas ? Exposa le roux avec un regard de tueur.

Notez qu'il articule vachement bien sur le « n'est-ce pas »… Quelle douce pression maléfique d'Ichigo, on se croirait en Enfer…

- Quelle chaleur désagréable, mon dieu. Bon les jeunes, débuta-t-il en se levant de son siège tout en agitant son éventail, je vous laisse car je suis crevé. Ichigo tu me laisse l'argent sur ma table basse ou quand tu veux.

Et c'est comme ça que Kisuke est sorti de gentiment notre dialogue… On ne la plus revu depuis… enfin, de la journée puisqu'il est parti accompagner sa femme dans son monde onirique. Quant à moi et à Ichigo… Vous savez quoi ? Je ne sais pas pourquoi mais quand je suis partie prendre ma douche, il a gardé la porte. En même temps il n'était pas discret car je l'entendais se marmonnait des choses tout seul… Beuh non, je trouvais ça plutôt mignon que pervers. Un moment donné j'avais oublié mes lunettes sur la table basse, du coup j'ai demandé à Ichigo de me les apporter et il me les a vraiment apportées. Quand il me les a apportées, il s'est caché les yeux tout honteux et tapait les meubles pour trouver l'endroit idéal pour les poser. Bien que la fumée cachait toute les particules de mon corps, avec noblesse il a eu la bonne idée de respecter ma nudité. J'ai moi-même ricaner quand je les vu mais chut, pas un de mot de ça… C'est mignon, vous ne trouvez pas ? Des Ichigo comme ça, ça ne courent pas les rues et c'est ce qui me rend assez chanceuse quand j'y repense d'ailleurs. Bref, parlons d'autres choses car si je continue de parler de ça je ne vais pas m'arrêter de sourire sans qu'il ne sache pourquoi et ça me rendrait très mal à l'aise… En ce qui me concerne, quand je vous parle à l'instant même je sors de la salle de bain toute propre et bien dans ma peau en me frottant les cheveux à l'aide d'une serviette de bain.

- Oh, euh… Déclara Ichigo en se massant la nuque.

- C'était très gentil de ta part de m'avoir ramené mes lunettes, merci. Mais au fait, qu'est-ce que tu faisais devant la porte de la salle de bain ? Fit Rukia en souriant.

- Je… Kisuke m'a dit de rester devant la porte car il risquait de faire assez de bruit dans sa chambre… Inutile de préciser j'imagine ou de te faire un dessin.

- J'hallucine. Dit-elle en roulant des yeux.

- Hum, bon quoiqu'il en soit est-ce… est-ce qu'il y aurait un évènement spéciale qui t'empêcherait de rester avec moi en ce moment ?

- Il me semble que non, je crois, puisque personne ne m'attends chez moi… Ah si ! Je dois déballer mes cartons de déménagement… mince, j'avais complètement oublié. Dit Rukia en se tapant le front.

- Tu veux de l'aide ? Etant donné que personne m'attends moi aussi.

- Non merci ça va aller et puis je les ferais ce soir, tant pis.

- Dans ce cas j'aimerai t'emmener quelque part… Enfin si tu peux, bien entendu. Lança Ichigo en sursautant.

- Essaye juste d'être moins nerveux quand t'es avec moi alors car on dirait que je vais te manger et, ça m'effraie moi-même tu sais.

- Je ne te promets rien alors.

- Parfait ! Mais juste une question : est-ce que c'est loin ?

- En moto non mais à pied sûrement. Ce n'est pas vrai ça… Kon ! Arrête de tripoter les outils de Kisuke et vient-là ! Dit-il en tendant son doigt.

Ouah… Ichigo à un tel pouvoir sur Kon, il s'est dirigé vers lui assez rapidement pour ne pas se faire enguirlander.

- J'ai le choix ?

- Du tout. Pourquoi, tu n'aimes pas la moto ?

- C'est plutôt que j'ai peur de perdre un truc en route alors c'est pourquoi j'irai à pied et toi en moto.

- Bien, on fait comme ça alors rendez-vous dans dix minutes.

- Entendu.

- Euh… Hm… Fit Ichigo en perdant les mots peu à peu.

- Hm ?

- Tu voudrais bien prendre Kon avec toi ?

- Ah ! Oui bien sûr, je voulais te le proposer aussi vu que tu comptes conduire et je pense qu'il n'aurait pas pu supporter la vitesse de ta moto.

- Merci. Dit-il en souriant.

- Je t'en prie, j'aime beaucoup la compagnie de Kon.

Je tends mon doigt et instinctivement Kon se pose dessus. Je voulais lui caresser la tête mais tout à cout Kon s'est mis à escalader mon bras et ça m'a un peu surpris mais en fait il voulait juste monter sur ma tête pour se reposer. Il aime vraiment l'affection !

Ichigo se dirigea vers la salle de séjour puis récupéra ses affaires et quand il s'apprêta à démarrer sa bécane, il se retourna aussitôt va Rukia en donnant l'impression qu'il avait oublié de dire quelque chose d'important à Rukia, qui était en train de ranger sa serviette de bain et de se coiffer.

- Tu sais où se situe l'endroit de notre rendez-vous, n'est-ce pas ?

- Tout à fait. Affirma-t-elle en jouant avec Kon.

- T'es sûre ?

- Oui, je suis sûre. Dit-elle avec un faux sourire.

- Promis ?

- Promis.

- Promis ? Fit le roux en haussant d'un sourcil.

- Bon d'accord, je ne sais pas mais je vais forcément trouver, n'est-ce pas ?

- Je ne crois pas.

- Ne me sous-estime pas. Déclara Rukia avec une veine sur le front.

- Je compte t'emmener dans un endroit avec beaucoup de circulations.

- Et ?

- Il te faudra de bons yeux pour le trouver.

- Et ?

- Je ne sais pas si t'arriveras à voir au-dessus des voitures.

Regardez-moi ça… il est tellement fier de sa blague qu'il en rit… Je me déteste ! Je suis si petite que maintenant le sujet central de notre conversation est ma taille !

- Haha, t'es très marrant…

- Hum, excuse-moi. Déclara-t-il en souriant.

- Ah gna, gna…

Que veut dire « ah gna gna » ? Rien du tout, c'est juste une de mes manies de répondre à quelqu'un lorsqu'il dit quelque chose d'idiot comme vous pouvez le voir avec Ichigo.

- Tu sais quoi, finalement je vais t'accompagner à pied. Affirma Ichigo en se retirant de sa moto.

- Et ta moto t'en fait quoi ? Tu l'abandonnes ?

- Je la sacrifie car je sais que tu ne trouveras jamais sans mon aide.

-

Prétentieux ? J'approuve totalement. Je le regarde bien droit dans les yeux, emplit de haines et l'incite à se figer à l'aide de mon expression maléfique pour qu'il comprenne au moins une fois que je ne suis pas une personne compatissante mais plutôt farouche, près à l'étrangler s'il le faut.

- C'est quoi cette tête ?

- Étrangement je veux rentrer chez moi pour déballer mes cartons.

- D'accord j'arrête et là c'est promis.

- Pour ta santé, il vaudrait mieux.

- Bien, dans ce cas allons-y.

- Attends, si on prend dix minutes à aller où tu veux m'emmener, alors… Débuta Rukia.

- Non, tu n'as pas compris. Dix minutes est le temps que je te donne pour me rejoindre, car je pense y être avant toi, mais comme j'ai décidé de t'accompagner tout ce que je viens de te dire tu peux l'oublier. Interrompit Ichigo.

- Oh… Cependant, ça ne répond toujours pas à ce que je cherchais de comprendre.

- Suis-moi. Dit-il en la prenant par le poignet tout en lui coupant la parole.

- Att… Attends ! Mais qu'est-ce que tu fais ?! Déclara Rukia, surprise.

- J'évite de nous faire perdre du temps.

Je vous rassure, je ne sais pas du tout dans quoi je m'engage d'autant plus qu'il me force à le suivre. Ichigo m'a entraîné jusqu'à la sortie du garage et j'ai toujours l'air d'une idiote à ses côtés, perdu dans son délire. Kon non plus n'a pas vraiment suivit ce qu'Ichigo faisait. Ichigo s'arrête devant au bord de la ruelle se met à regarder de droite à gauche puis à courir… à courir ?! S'il court, alors je cours aussi ce qui est très logique et donc j'en conclus que c'est loin !

- Si on court c'est que c'est forcément très distant.

- Je ne l'ai jamais nié alors dépêche-toi.

- « Dépêche-toi », non mais tu t'entends parler des fois ? Je te signale que c'est toi qui m'emmène.

- Justement, comme ça on ira plus vite.

- Mais… Commença Rukia.

- Hm ? Fit le roux en s'arrêtant puis en se retournant vers elle.

- Non rien, allons-y.

Je n'aurais pas dû dire quelque chose après tout. J'ai préféré me taire que de sortir une connerie car je sais qu'Ichigo adore me taquiner avec ma taille. Le simple fait d'évoquer une parole fera une transition avec ma petite corpulence et croyez-moi c'est énervant.

~[...]~

Ce n'est qu'au bout de cinq minutes que j'ai constaté que ce n'était pas si loin que ça finalement. En courant sur le pont de Karakura, le seul pont qui relie la campagne à la ville, j'ai remarqué une immense prairie en dessous et c'est magnifique rien qu'en regardant ce vert éclatant avec ses divers couleurs pétillantes… C'est grand, propre, beau et éblouissant, la perfection absolue de la nature m'émeut tellement. Nous avons descendu par l'escalier le plus proche et Ichigo s'est mis à me conduire assez loin de la route et du chemin. Il a lâché mon poignet entre-temps car, ça devenait gênant pour moi et aussi un petit peu mal. Il faut me comprendre, ce ressenti ne me laisse pas indifférente désormais puisque maintenant nous ne sommes plus des enfants.

- Comment trouves-tu cet endroit ? Dit Ichigo avec un sourire.

- Juste fabuleux ! Désolée, l'envie m'en a échappé. Déclara Rukia en se laissant tomber.

- T'en fais pas, je le fais tout le temps avec ma petite amie.

Il s'est mis à se laisser tomber à l'inverse de moi du coup nous sommes tête à tête, lui vers le bas et moi vers le haut. Qu'est-ce qu'on est à l'aise ici, que du bonheur. En plus le soleil s'invite avec nous, c'est encore meilleur !

- Ah ouais ?

- Kisuke a failli te l'avouer mais je préfère te le dire en personne et puis je ne voulais pas te déranger avec ça pendant que tu travaillais.

- Je ne pense pas que ça m'aurais dérangé, j'aurais bien aimé en entendre parler d'ailleurs.

- Ma vie privée est soporifique, je te déconseille fortement de mélanger ton job et ce que je te raconte.

- N'agis pas comme quelqu'un qui donne des leçons, rétorqua Rukia en lui tirant l'oreille, ça ne te colle pas du tout.

- Désolé… Aïe, ça fait mal. Dit Ichigo en se frottant l'oreille.

- C'est récent ?

- Non, ça doit faire peut-être deux ans qu'on est ensemble.

- Hm, ça sent le sérieux.

- Et toi ?

J'ai un peu honte de lui répondre, est-ce normal ?

- Je suis beaucoup trop occupée pour m'intéresser à ça d'autant plus ceux de notre âge sont un peu trop prétentieux.

- Donc t'insinues que je suis prétentieux ? Dit Ichigo en souriant.

- Je n'insinue pas, j'affirme.

- Bon, si tu le dis. Déclara le roux en croisant ses jambes.

On est resté comme ça pendant une bonne demi-heure à ne rien faire d'autre que de rester allongé. Qu'est-ce qu'on faisait ? On s'amusait à contempler les nuages, voir on les comptait et on cueillait des fleurs. En même temps, le dialogue ne passait pas entre nous, aucun mot n'accentuait la situation… Enfin entre nous, nous n'avons pas vraiment besoin de paroles, seuls les gestes suffisaient. Kon ? Il s'est endormi à côté de moi et je trouvais ça vraiment mignon. C'est juste pour vous dire qu'on galérait beaucoup et même si on rigolait de nos conneries, personne ne nous dérangeait alors on s'en fichait pas mal… Au fait, c'est vachement bien de profiter du terrain quand c'est vide.

- Décris-moi ta petite amie.

- Elle est grande.

- Évite de m'inclure, tu veux ? Contesta la brunette.

- Je plaisante ! Blague à part, elle est rousse, assez timide, très susceptible et un petit peu puérile… Oh, et elle s'appelle Inoue Orihime mais je ne te la présenterai que brièvement demain.

- Pourquoi ? Fit Rukia en se retournant, assise.

Il s'est retourné face à moi, toujours allongé et a mis ses bras en dessous de son menton.

- Parce que je pense que tu n'as pas besoin de la connaître parfaitement.

- D'accord, d'accord, si tel est ton souhait, je ne m'y opposerais pas. Déclara-t-elle en se rallongeant à ses côtés.

J'aurais bien voulu au moins discuter avec elle car on peut dire qu'elle est un témoin de l'évolution vitale d'Ichigo, tant pis.

- Prête-moi ta main. Dit Ichigo.

- Hé ?! Pourquoi… Se questionna Rukias suspicieusement.

- Tu verras par toi-même.

- Ne fait surtout pas de conneries avec.

Alors que j'étais de bonne foi pour lui fournir ma main, à croire qu'il voulait me manger à ce moment précis, pour nulle raison il m'a fortement agrippé la main et je ne sais pas ce qu'il manigançait mais je sentais des lignes se dessiner. Bon, ce n'est pas que je n'aime pas ça mais ça chatouille et qui dit chatouille dit forcément rire. Pendant que moi je gigotais comme une carpe sortit de l'eau, monsieur avait l'audace de serrer encore plus ma pogne. A la fin, ça commençait à faire mal… au ventre…

- A…Arrête, ça chatouille !

- Tu pourrais éviter de bouger ?

- Ne te fiches pas de moi !

- Tant que je n'aurais pas fini d'écrire tu n'auras pas ta main en liberté.

- Dis-moi au moins ce que tu fiches avec ma main pour que je puisse m'agiter autant.

- Rien, je t'écris juste quelque chose.

- Comment ça tu m'écris quelque chose ? Déclara la naine en interrompant son agitation.

- C'est évident, non ? Comme on n'a pas de papier sur nous et qu'on ne peut faire ni étoile et ni avion, je prends ta main comme support.

- Tu peux tout simplement dire que je suis du papier.

- Si tu veux.

-

D'accord, il marque un point mais ce sera le dernier que je laisserais passer.

- C'est bon, j'ai terminé.

Ma main se retire délicatement de la sienne et je prends le temps d'observer ce qu'il a écrit… « Amis d'enfance » avec une petite étoile… En lisant ça dans ma tête, automatique un petit sourire se créa sur mon visage.

- On t'a déjà dit que t'étais bête ?

- Hm… pas tout le temps, seules mes petites sœurs me le disent.

- C'est plutôt rassurant d'entendre ça.

- Bah voyons… Au fait, c'est écrit au feutre noir.-

- Oh… Comment ?! S'écria Rukia en faisant les gros yeux.

- Comme ça, ça restera un certain temps. Dit le roux en se mettant assis.

- Tu n'as jamais pensé aux effets secondaires ?

- T'es allergique au feutre ?

- Mais… Mais non ! Je te parle des conséquences, pourquoi tu me parles d'allergies ? Lança-t-elle en se tapant le front.

Merde…

- Tiens justement, comme ce n'était pas sec t'as du t'en mettre sur le front.

- Fit la brunette choquée.

- Rukia ?

- Rassure-moi, dis-moi que c'est faux. Dit-elle, toujours la main collée sur le front.

- T'as vraiment des traces noires sur le front.

Oh-mon-dieu ! Ces conneries n'arrivent qu'à moi. Je me lève furtivement et me mets à chercher du regard quelque chose me permettant d'effacer ma bêtise.

- Calme-toi, ce n'est pas si grave.

- Bien sûr que si ! Il n'y a pas de rivière ici, il faut absolument que je rentre de suite pour pouvoir l'effacer. C'est par où qu'on est passé déjà ?! Dit la brunette en s'agitant sur place.

- Je vais te raccompagner chez toi, il vaudrait mieux sinon tu risques de te perdre.

- Oui, bonne idée.

J'étais tellement confuse entre me nettoyer le front et à le suivre que j'ai fini par courir vers le pont sans attendre Ichigo et Kon. Par chance, il a su me rattraper mais pour l'instant je fonce le plus rapidement possible chez moi.


Finalement, même si elle ne voulait que je vienne l'aider pour ses cartons… j'ai quand même été chez elle. Cela dit, en même temps elle devait se laver le front et elle ne voulait pas me laisser dehors. En entrant dans la simple pièce du début qui me semblait similaire au passé, je venais de constater qu'il y avait eu un grand aménagement. Alors qu'avant il n'y avait que la télévision et un salon, cette pièce semblait revivre de ses cendres puisque c'était l'ancienne maison de ses parents. Au contraire je ne critique pas mais j'admire et j'avoue que ça m'a époustouflé dès le premier pas. Pendant que je visite sa demeure avec Kon, j'entends Rukia hurler comme un lion dans la salle de bain et moi ça me fait m'effraie un peu même si je sais que c'est en partie de ma faute.

- Tout va bien ?

- Saleté d'enfoiré de feutre à la con. Marmonna Rukia.

Non, ça ne vas pas… Ce n'est pas vraiment la peur d'une agression que je ressens en ce moment même mais plutôt… de l'inquiétude.

- Tu veux de l'aide ?

- C'est bon, j'ai fini de lui faire sa fête. Dit-elle en éteignant la lumière de la salle de bain.

Elle ressort de la salle de bain, toute frustrée et rouge au niveau du front. Peut-être que j'y suis allé un peu fort …

- Désolé… Fit Ichigo en se massant la nuque.

- Il reste encore ton message sur ma main, c'est déjà ça. Affirma la brunette en montrant sa main.

- Oui, t'as raison.

- Ah ! Je reviens, je vais ranger mes affaires.

Elle s'apprêtait à monter ses escaliers mais…

- Dis-moi Rukia, j'ai un peu honte de dire ça car j'ai l'impression que c'est malpoli mais… t'adores ce style vestimentaire ?

- T'aimes ou non, moi je trouve ça vachement classe. Un problème ?

- Non pas du tout ! Je voulais juste m'informer, c'est juste une question aléatoire comme les autres.

- Hm d'accord, bon bah t'as ta réponse. Dit Rukia en souriant.

Je répète que je n'ai aucune attirance chez les hommes mais je trouve que ça lui va bien, même si j'ai une préférence pour les vêtements féminins… Quoique, ce n'est pas si grave car ça fait quand même sept ans que je ne l'ai plus revu et, je ne vois pas pourquoi je devrais me plaindre pour quelque chose de superflu… Peut-être que ma fiancée reste trop près de moi alors je penche plus vers le côté ' femme' chez les femmes… Rho, on s'en fout après tout. Elle continue donc ce qu'elle s'apprêtait à faire et commence monter les marches mais moi dans tout ça, je sers à quoi ?

- Attends, t'es sûre que tu ne veux pas de l'aide ?

- Ne t'inquiète pas, je suis quand même assez forte pour déballer mes cartons. Par contre, tu peux toujours me tenir compagnie dans ma chambre si tu veux.

Voyons voir si ça lui fait de l'effet, admirez attentivement.

- A ce que je vois tu n'as pas peur de m'emmener dans ta chambre, je vais peut-être te faire des choses espiègles, qui sait. Déclara Ichigo avec un sourire.

Je suis si sadique que ça ? Je dis ça parce qu'elle m'a fait de gros yeux et je vois en elle une énorme température grimper sur son visage.

- Dehors, dit-elle en fulminant de colère toute rouge, Ichigo tu dégages !

- Je voulais juste voir ta réaction, ce n'est pas vrai ne t'en fais pas. Dit-il en s'approchant d'elle en laissant quelques doux rires s'échapper.

- T'as intérêt car pas très loin il y a des chaussures et elles vont peut-être apprendre à voler soudainement en ta direction si tu continues ta séduction à deux balles.

- Qui t'as dit de devenir si jolie alors ? Dit le roux en se rapprochant de son visage en un abaissement de tête.

- Je… je… mais alors… tout à l'heure… han ! Déclara la brune en essayant de repousser le visage du roux avec ses mains.

- Eh non, je ne parlais pas de la moto. Fit le roux avec un geste vif vers la gauche.

- Tu m'énerves ! Déclara la naine en montant fortement les marches.

Ah là, là je suis méchant. Oui d'accord, vous avez raison, restons sérieux. Donc nous montons dans sa chambre et je viens de remarquer qu'ils avaient construit un deuxième étage. Bah purée, ce n'est vraiment plus les Kuchiki de l'ère Showa. Quand je dis ça, c'est juste une expression pour dire qu'ils ont vachement progressé dans leur vie actuelle et que je n'ai plus à m'en soucier comme autrefois. Sinon, à part des plantes et des cadres accrochés sur les murs, ce n'est ni plus ni moins qu'une maison du coin et c'est très bien je trouve.

J'ai l'impression d'avoir vu la caverne d'Ali baba quand elle a ouvert sa porte. Non, de l'or n'y était pas présent mais des purikura… Il y en a des tonnes ! En plus elle adore lire vu le nombre de livres dans un meuble près du bureau. Tout est vraiment propre et bien rangé. Ce que j'aime bien dans sa chambre c'est déjà qu'il y a une salle de bain personnelle mais aussi, il n'y a pas de sous-vêtement par terre, un fer à lisser sur le bureau, du maquillage près de la table de nuit ou encore un miroir devant son lit pour s'admirer tous les matins : cette chambre est juste géniale, vous ne trouvez pas ? Hm, même si Rukia est un garçon manqué… je ne sais pas si c'est moi qui disjoncte mais… je commence à apprécier ça. Pour éviter de la gêner, je m'appuie sur la porte et la laisse faire son bazar. Kon quand à lui, il est parti examiner un peu sa chambre vue que la curiosité c'est sa spécialité.

- Bah dis donc, t'en as des purikura.

- Oui, j'adore ça. Dit Rukia en s'accroupissant à la hauteur des cartons posés au sol.

- Ce sont… tes amis ?

- Des amis de Byakuya qui sont maintenant baptisés, commença-t-elle en sortant des livres, « oncle et tante » pour me réconforter et faire en sorte de faire partie de la famille… Enfin c'est juste un de leur délire amical.

- Dis comme ça comme ça c'est sûr que c'est plus clair. Et… tu les apprécies ?

- Ils sont vraiment sympas et amusants mais aussi vieux et stupides. Dit-elle en posant ses livres au sol.

- Je vois que ça vient du cœur.

- Je parais peut-être cruelle en disant ça mais en réalité, je les affectionne énormément. Fit la brunette en souriant.

- T'as un entourage plutôt soudé, c'est cool.

- Je te retourne le compliment, tu devrais plutôt me faire l'éloge de ta petite amie en ce moment c'est l'une des seules personnes qui puisse garder au chaud ta confiance.

- Moi je ne crois pas.

- Ah oui ? Et pourquoi ça ? Demanda la naine en empilant ses livres.

- Je me disais qu'il n'y avait pas que sur Orihime à qui je pouvais me confier, dit-il en s'avançant vers elle, j'ai mes deux petites sœurs, ma mère, mes amis…

Comme je la voyais en difficulté pour ranger ses livres, j'ai décidé d'aller lui donner un coup de main contre son gré et j'avoue que ses livres sont plutôt pas mal… Oh elle lit du Shakespeare, c'est top. Il y a même un manga qui s'appelle 'Bleach' où mon prénom fait apparition… Impressionnant mais comment peut-on appeler un manga 'Eau de javel'… Bref, je suis censé l'aider et non épier ses livres. Je me suis donc accroupi et j'ai fait comme elle : empiler ses livres.

- T'as vu le héros s'appelle « Ichigo » dans ce manga, c'est pour ça je l'ai lu et voir comment c'était. Personnellement, ce n'est si mal que ça. Déclara Rukia en brandissant le livre.

- … Et heureusement toi.

- Je le sais, ne t'en fais pas pour ça et c'est réciproque. Rétorqua-t-elle en prenant sa pile.

- C'est rassurant dans ce cas… Tu… tu comptes tomber ?

- Je ne sais pas, je compte les mettre à un haut niveau donc on verra si je tombe.

- Tu n'as plus de place dans ton meuble là-bas ?

- Ceux qui sont près de mon bureau sont ceux que je lis souvent et ce que j'ai en main, sont ceux que je lis rarement.

En parlant de son armoire, je suis parti devant lui et quand elle m'a dit ça… Je voulais voir si elle adorait autant les livres que moi. Je l'ai ouvert et… il n'y avait que de ça ! Tout était rempli, même dans les moindres espaces vides. Je me suis retourné et vous savez ce que j'ai vu ? Une pile de livre vivante qui parlait.

- Je paris que tu vas te surprendre toi-même en te faisant une gamelle inattendue.

- Ne me déconcentre pas, lança la brunette en marchant comme un robot, j'organise mes mouvements pour ne pas tomber.

Cette naine alors, toujours aussi bornée… Je lui prends la pile des mains et la pose sur son lit. Je reviens sur mes pas, c'est-à-dire devant elle, me retourne pour lui donner la vue de mon dos et m'accroupis tout en pointant mes épaules. Pourtant, elle n'a toujours pas bougé d'un poil depuis que j'ai enlevé ses livres de ses pognes. Après plusieurs clignements des yeux, elle revint sur Terre.

- Ta chaise sera trop courte, monte sur mes épaules.

- Qu'est-ce que tu fabriques me rendant si mal à l'aise d'un coup ?

- Rien, je te sers d'échelle.

- Si tu te souviens de ce qui s'est passé dans la salle de bain, tu devrais plutôt te relever. Fit Rukia en hochant la tête négativement.

- Tu t'en rappelle ? Dit-il en haussant d'un sourcil.

- Evidemment.

- Alors dis-moi pourquoi même aujourd'hui je ne suis plus apte de te porter ?

- Bah, disons que c'est la première fois qu'un garçon m'invite à monter sur ces épaules. Dit-elle en souriant tout en croisant ses bras.

'Mignon', c'est le mot qui m'a traversé l'esprit quand elle m'a dit ça. Automatiquement un sourire s'est crée sur mon visage. Hum, reprends-toi Ichigo.

- Tu trouves ça bizarre ?

- Hm... ouais, c'est un peu le genre de choses que l'on ne demande pas fréquemment quand on croise quelqu'un dans la rue.

- On perd du temps Rukia, c'est quand tu veux.

- C'est bon, je suis décidée. Mais t'es sûr que… Dit-elle en hésitant.

- Monte ! Grogna Ichigo.

- Oui, d'accord ! Se précipita Rukia.

Si être gentil ne lui convient pas, dans ce cas autant simuler de la colère pour la forcer à m'écouter. C'était méchant, je l'admets mais pour une fois que j'essaye d'y mettre du miens aussi… Bon en tout cas, mon petit manège a fait son effet. Je lui tends ma main vers l'arrière et tout doucement, elle déposa avec délicatesse la sienne… C'est ce que j'aurais aimé toucher mais en fait, elle tremblait comme une feuille donc ce n'était pas très doux à toucher… Même en l'agrippant fortement de nouveau, j'avais l'impression de trembler avec elle.

- Je te tiens maintenant tu ne risques plus de tomber, passe tes jambes autour de mon cou et tout ira tout seul.

- Ou… Oui

Miraculeusement ses jambes ont atterri avec rapidité à l'endroit indiqué et, c'est ce qui m'a donné le signal de me lever en prenant son autre main de façon à ce qu'elle ait un appui. Elle poussa un petit cri d'effroi et, peu de temps après, semblait nager dans le bonheur à croire qu'elle était dans l'extase de la grandeur. Au départ, j'ai cru qu'elle était en train de me faire une crise cardiaque mais en réalité c'était plutôt de la stupéfaction.

- Tu vois, il n'y a rien de méchant à vouloir monter sur mes épaules.

- Waouh, je n'avais jamais vu ma chambre de si haut.

- Disons qu'en fait qu'avec ta taille tu ne peux qu'admirer le sol. Déclara le roux en riant.

- Pardon ? Fit furieusement la naine.

Je suis peut-être atteint d'une maladie contre le 'nanisme Rukien' mais, je ne peux pas m'empêcher de la critiquer au moins une fois depuis son retour. Je ne sais pas, ça m'amuse et j'aime bien la voir ronchonner car ces réactions sont assez adorables, ça me change des fleurs que me balance ma petite amie. En tout cas, ce qui est sûr c'est que je n'ai pas échappé à sa nouvelle habitude de me tirer les oreilles.

- Aïe, ça fait mal ! Dit-il en se frottant les oreilles.

- Ça t'apprendra à critiquer ma ridicule taille. Lança-t-elle en se maintenant avec la tête de son échelle humaine.

- Désolé mais c'est comme un déclic de t'embêter, je ne peux pas y faire grand-chose. Déclara Ichigo en maintenant les jambes de la naine.

- Ah ouais, t'es sûr ?! S'écria Rukia en lui tirant les oreilles.

- C'est bon, c'est bon, j'ai compris ! Mais s'il te plaît, arrête de me tirer les oreilles sinon on risque de tomber… Dit Ichigo en gigotant.

- Bravo pour cette grandiose idée mais je fais comment maintenant pour ranger mes livres si tu me portes ? Dit-elle en se calmant.

- Il suffit juste que je prenne ta pile et tu les prendras un par un pour les ranger.

- Hou… houlà, fais attention alors, tes oreilles ne sont pas très commodes comme appui tu sais…

- A force de les tirer, débuta le roux en prenant la pile, j'ai comme l'impression de sentir un incendie dedans. Tu crois que c'est peut-être pour ça aussi que je ne les sens plus ?

- Je n'en doute pas, désormais tu connaîtras ta sentence si tu me blâmes. Fit la brunette en souriant.

- Par contre si tu continues tu risques d'en subir les conséquences. Déclara-t-il en se dirigeant vers l'armoire.

- Meuh non… Dit Rukia en massant les oreilles.

- Je vois que tu comprends vite, c'est bien. Rétorqua Ichigo avec un sourire.

Je m'arrête devant son armoire et lui tend un par un ses livres qu'elle range avec grâce. C'est assez comique la manière dont elle aménage ses livres: elle y met un certain temps avant de savoir où les placer mais tout ça ne sert pas vraiment puisqu'au final, elle finit par le mettre n'importe où. J'ai dû voir dix expressions différentes apparaître sur son visage juste parce qu'elle ne savait pas comment ranger ses manuels… A m'entendre parler, j'ai comme l'impression que c'était la question la plus chaotique du monde venant de sa part… Quel fielleux je fais, alors que Rukia cherche désespérément une solution, moi je me moque d'elle… Je ne vais pas le nier non plus, c'est tellement tordant pour moi. Hm, je ne dirais pas que c'est de la méchanceté gratuite mais plutôt, un désir d'humour tendre… Oui c'est ça, j'ai besoin de me moquer un peu d'elle pour lui prouver que même si ce sont des critiques, une once d'humour s'y cache dessous avec de l'affection mais je ne sais pas si elle a compris mon principe depuis. Entre temps, j'ai dû faire plusieurs aller-retour vers ses cartons car des livres, ça y va fort. […] Elle me prend le dernier livre de la main et voilà, c'est fini. Et dire que quasiment tous les cartons dans sa chambre contenaient des livres… Il doit rester deux cartons dans sa chambre me semble-t-il : un pour les vêtements et l'autre pour des objets précieux du genre cadre photo, etc. J'étais tellement à fond dans son rangement, je n'avais pas remarqué que les vingt et une heures étaient déjà passées.

- Ça en fait des livres quand même, tes épaules vont bien ? Le questionna-t-elle.

- Intact, je n'ai presque pas de courbature.

- Tant mieux dans ce cas… Ce n'est probablement pas le bon moment mais, tu t'es quand même bien ratatiné la face la dernière fois.

- En même temps c'est moi qui te portais… et puis toi aussi je te signale.

- C'est vrai qu'à l'époque tu n'étais pas très costaud mais maintenant, c'est différent.

- Donc tu veux dire que j'ai développé ?

- Hm… mouais, mais ce sont surtout tes cheveux qui ont développé, dit la brunette en agrippant une poignée de cheveux, tu n'as jamais été tenté de faire des couettes avec ? Tu serais beaucoup plus séduisant je trouve.

- Non merci, mes cheveux vont bien… Quoique…

- Bah voyons… Rit la naine.

Lorsque je m'apprêtais à déposer Rukia au sol, soudainement la porte de sa chambre s'est grandement ouverte avec une sonorité tapageuse comme si quelqu'un voulait la trucider... Ce n'est pas la personne qui nous a surpris mais plutôt, l'entrée fracassante de celle-ci. D'ailleurs, Rukia était aussi choquée que moi alors que moi, je ne connais pas du tout cette 'jeune' demoiselle qui se trouve plantée devant nous. On s'est retourné face à elle tout doucement puis…

- Rukia !

- Ma… Matsumoto ! Fit-elle avec de gros yeux.

- Un homme ! Déclara la convive en pointant du doigt Ichigo.

- Ah, ça ? C'est juste mon ami d'enfance, celui qu'habite près de chez moi.

Du coup Rukia est toujours sur mes épaules… Je… Je rêve ou elle vient de me considérer comme un objet ?!

- Quel ami d'enfance ?

- Kurosaki Ichigo, celui que Byakuya n'arrive plus à supporter.

Il y a sept ans, j'aurai parié le contraire… Peut-être qu'au final il ne m'aimait pas… Par contre, quelle connerie je lui aurais fait connaître pour qu'il change de comportement envers moi ?

- Ah c'est vrai, à force de lui en parler il n'en pouvait plus le pauvre… Sourit Matsumoto.

Merci de m'avoir répondu.

- Han ! Alors toi tu vas te taire tout de suite hein, ce sourire je le connais un petit peu trop. Dit la naine apeurée.

- Héhé… Hisana, vient là tout de suite !

- N…Non, pas elle ! Je t'en supplie, elle va me crier dessus ! Murmura Rukia en faisant une croix de ses bras.

- Pourquoi ? Chuchota le roux.

- Parce que… Débuta la brune

Finalement, ses gestes n'ont eu aucun effet puisqu'on a entendu de loin de bruyant pas se diriger vers la chambre de Rukia. Moi qui voulais rester dans l'anonymat, c'est raté…

- Qu'est-ce qu'il se passe, pourquoi tu cries ?! Rukia est morte ?… Oh mon dieu, il y a un homme ! S'écria la dénommé 'Hisana'.

Rukia est morte… n'importe quoi. Oui, je suis un homme.

- Voilà pourquoi… Dit Rukia en se tapant le front.

- J'aimerai savoir pourquoi est-ce si choquant de voir un homme ? Murmura-t-il.

- C'est la première fois qu'un homme incognito rentre chez moi et en plus, c'est nouveau qu'elles te voient en chair et en os à mes côtés.

- Je ne suis pas si incognito que ça, si ?

- Peut-être pas pour Byakuya mais pour elles, oui.

- Peux-tu faire redescendre ma sœur de tes épaules, s'il te plaît ? Interrompit une voix masculine.

- Ah, Byakuya ! Euh oui bien sûr, navré… Déclara Ichigo, surpris.

Comme prévu je lui ai fait redescendre Rukia, assez précipité, de mes épaules en la laissant à terre pour lui faire plaisir. Disons que son regard voulait… me tuer… C'est difficile à croire que la situation est agréable car je suis assez nerveux de ce qui m'entoure. Pour être poli je leur ai fait un mince sourire et les ai salués avec un geste bref de la main, qu'elles m'ont renvoyé aussitôt donnant l'impression qu'elles étaient séduites de mon image... Moi qui en subis pas mal à chaque fois que je vais au lycée, une montée de frisson m'a parcouru le dos illico presto : oui je n'affectionne pas vraiment ce genre de comportement. Byakuya vient de s'incliner… Je le regarde assez perplexe d'un seul coup, dois-je en faire de même malgré le commentaire péjoratif que m'a faite l'amie de Rukia jute avant ?

- Peut-être que je devrais t'accueillir, non ? Étant donné qui tu es là et que ça fait très longtemps que l'on ne s'est pas vu, je devrais éviter d'agir avec impolitesse mais plutôt avec tact. Dit le ténébreux en se relevant.

- Ou… Oui, désolé votre retour m'a un peu embarrassé car je ne m'attendais pas à tant de monde en une fin de soirée. Dit le concerné en s'inclinant.

- Qu'est-ce que tu fiches ici ? Demanda Byakuya.

- Je… Débuta Ichigo en se relevant.

- Il m'aidait simplement à ranger mes cartons alors ne commence pas à t'imaginer des trucs pervers où immatures comme ces deux mégères. Contesta Rukia en pointant du doigt les « deux mégères ».

- Hm… Bien. Conclut-il.

- Bah justement, comme on vient de finir au bon moment il serait peut-être temps pour moi de rentrer puisqu'il commence à se faire assez tard. Déclara Ichigo un peu gêné de l'ambiance.

- Juste une seconde ! C'est bien Ichigo ton prénom ? Demanda Hisana.

- Exact et entièrement c'est Kurosaki Ichigo.

J'appelle Kon et l'ordonne de venir se déposer sur mon épaule mais… il s'est plutôt caché derrière ma tête…

- Je vois… Déclara-t-elle avec un sourire.

- Il commence à se faire tard, tu as parfaitement raison. Dit la naine en le tirant par le bras précipitamment.

Le fait qu'elle m'ait entraîné avec elle jusqu'au escalier à grande vitesse signifierait donc qu'elle est embarrassée ? J'ai moi-même angoissé quand j'ai senti sa surpuissante prise m'accrocher le bras. J'ai cru qu'elle voulait me dire quelque chose d'intéressant et d'immédiat mais en réalité, j'ai à peine eu le temps de respirer que je me suis retrouvé… dehors, jeté comme un malpropre… Mais je pense que ce n'était pas réellement son intention puisqu'après ça, elle s'est inclinée devant moi.

- Désolée de t'avoir approprié comme une avare mais comme tu l'as dit, il est peut-être temps que tu rentres chez toi.

- Ah, mais je n'ai jamais dit que c'était pressé. Fit Ichigo en agitant sa main.

- Je sais mais c'est pour ton bien que je fais ça car avec elles dans les parages, tu risques de ne pas rentrer de sitôt.

- Oh, je vois…

Dommage, la journée prend déjà fin alors que demain c'est la rentrée… C'est nul, j'aurai tant voulu en profiter encore plus mais bon… Trop tard… Mince ! J'ai oublié de passer chez Orihime ! Je lui dirais que j'étais occupé à aider mes sœurs… Et dire que ça m'avait complètement échappé de la tête, je vais encore prendre chère… Rukia s'apprêtait à fermer la porte et moi à m'en aller mais…

- Au fait Ichigo… Merci pour m'avoir aidé et aussi, de n'avoir pas changé ton point de vue malgré mon style pas très à la mode.

J'ai l'impression d'être un monstre avec elle alors que ma seule envie en ce moment, c'est de profiter encore de cette journée avec elle… Je pense qu'il faudrait que je lui montre que sept ans plus tard, je n'ai jamais changé vis-à-vis d'elle… Ah, ça y est j'ai trouvé.

- Rukia, approche. Dit-il en souriant.

- Hé, tu veux encore m'ébouriffer les cheveux? Déclara-t-elle, suspicieuse.

- Non, je n'y avais pas pensé d'ailleurs… Viens-là. Dit Ichigo en agitant son index.

- Je sens le coup foireux, affirma Rukia en fermant la porte puis en marchant vers lui, qu'est-ce qu'il t'arrive ?

- Demain n'oublie pas de m'attendre, je viendrai sonner chez toi vers les coups de sept heures et demie. J'aimerai qu'on aille ensemble à la cérémonie d'ouverture.

- Tu… Tu le souhaites vraiment ? Enfin… Toi et moi c'est comme si les gens regardaient… un film d'horreur ?

- Tes conneries tu les ravales… Et puis, tu vas arrêter de me rejeter quand je veux passer du temps avec toi ?

- Bah en fait, ce n'est pas que je n'aime pas ta présence et au contraire je l'apprécie beaucoup mais… ça me rend toute bizarre de passer du temps avec toi alors que t'as une petite amie qui t'attend. Tu sais, je n'aimerais pas être une des sources de conflits entre elle et toi. Et puis, tu n'es pas obligé de prendre soin de moi, je suis assez grande et ce n'est pas parce que je suis revenue que tu es obligé de faire ton maximum pour me faire plaisir, le peu en aurait fait autant. Mais je ne te demande pas de m'ignorer, rassure-toi !

- Je ne dirais pas que je m'y mets au maximum mais, c'est naturel… Bah dis donc, si on ne peut plus s'amuser avec notre amie d'enfance que deviendrait le monde si tu décidais de ne plus me tirer les oreilles…

- Hm, c'est vrai que ça m'embêterait beaucoup…

- Tant qu'on y est, j'ai dit viens-là. Accentua Ichigo.

- Je te rappelle que je ne suis pas un animal, on voit que la politesse n'est pas de ton vocabulaire.

- Bon très bien, alors c'est moi qui m'approche.

- Non au contraire tu vas reculer.

Je dirais que c'est normal qu'elle n'a pas bronché car elle avait le choix entre rester dans l'ignorance ou se débattre, et je pense qu'elle a préféré respecter le premier choix… En même temps il n'y a rien de mal à s'approcher de quelqu'un à part si celui-ci est contaminé… Elle a commencé à me regarder vers le haut, comme si un grand mur allait l'écrabouiller mais finalement, je ne l'ai pas écrasé mais simplement…serré dans mes bras. Normalement ce n'est pas dans mon caractère de faire ça mais quand je la regarde, j'ai comme l'impression qu'elle a besoin de réconfort. C'est juste ma façon de lui dire que je suis là… Enfin bon, je ne sais pas comment m'y prendre avec une autre fille alors autant y faire de son mieux. Je pense que ce qui se trouve dans mes bras n'est plus Rukia mais, une statue. A croire que je l'ai pétrifié… Essayons de la transformer de nouveau en un être vivant.

- Ça me fend le cœur d'être vu comme un quelqu'un de dégueulasse Rukia, surtout venant de toi. Pourtant je n'ai pas du tout envie de me séparer de toi là, maintenant, mais je ne vais pas le nier : je n'ai pas le choix.

- Je… je suis désolée d'agir ainsi. Fit Rukia, déboussolée, tout en tapotant son dos.

- Tu devrais plutôt sourire lorsque je te dis ça mais j'ai l'impression que ça ne te fait aucun effet. Déclara le roux en souriant.

- Mouais c'est vrai, t'as raison, je devrais me réjouir un peu plus.

- Je te préviens, je ne dis jamais ce genre de réplique à n'importe quelle fille alors dis-toi chanceuse car la prochaine fois je serais sûrement moins gentil et beaucoup moins affectueux.

- Oh, mais c'est que j'ai du privilège de la part d'un Kurosaki dis donc ! Affirma-t-elle en souriant.

- Eh oui donc profites-en bien. Dit Ichigo en resserrant son étreinte.

- Je veux bien mais seulement si t'évites de m'asphyxier.

Je la desserre de mon emprise et la laisse respirer. Bon j'avoue, j'ai un peu exagérer sur cette plaisanterie mais ça ne veut pas dire que ça m'a déplu pour autant.

- Sur ce, à demain et bonne nuit.

Je l'ai relâché et comme à mon habitude, je lui ai souri en me mordant les lèvres puis lui ai ébouriffé les cheveux. En me mordant les lèvres ! Oui, ce qui signifiait que je voler dans la joie… Bizarrement, elle s'est laissé faire en se touchant les oreilles… Avant de partir, je lui agite une dernière fois ma main, qu'elle me renvoie aussitôt avec une inclination et un sourire, puis je déboule ses marches. A peine sorti de son territoire, j'entends Rukia cavaler les marches de sa maison avec les hurlements des deux femmes lui disant : « Reviens ici, explique nous ce câlin ! » ou encore « Rukia, viens ici que je puisse t'étrangler en m'ayant mis dans l'oubli ! »… Il faut vraiment que j'arrête de charmer sans vraiment le faire exprès, je risque de tuer Rukia un jour…

Les mains dans les poches, tout en regardant les étoiles, je m'amuse moi-même en repensant de ce qu'il venait de se passer il y a un instant. J'ai peut-être une petite amie que j'affectionne beaucoup mais… J'ai aussi une amie qui m'est chère et que j'admire plus que tout… D'un côté j'ai de l'amour éternel et de l'autre, une amitié incassable… Que la vie est cruelle quand il s'agit de faire un choix si on me le proposait. Étant donné que je sais qu'Orihime est super jalouse, j'ai peur pour Rukia… Finalement, comme j'avais oublié de récupérer ma moto chez Kisuke, je suis donc rentré à pied chez moi tout en aspirant ma dernière cigarette avant de regagner mon réconfort familial avec Kon… De quoi mes cigarettes ? Comment se fait-il que j'en ai une ? Il a suffit que je demande à Kon de m'en voler une du paquet que j'avais confié à Kisuke en échange de nourritures, astucieux et efficace.


« Je ne te promets rien mais je veux bien faire un effort, après tout tu m'as tellement montré à quel point mon retour t'as marqué, moi aussi je veux te prouver quelque chose. »

Kuchiki Rukia.

A suivre.


Alors, verdict ? Ma fanfic vous tente-t-elle encore ? Je sais que je fais des fautes d'orthographe, je vous rassure. Laissez-moi une trace de vous et à bientôt !

.-*"`-» Chijou-san «-´"*-.