Chapitre 2 : La décadence de Rome
La caravane marcha quinze jours durant dans le désert. Méhyt était épuisé et on commençait à lui voir les côtes. Sa vie avait moins d'importance que celle des bêtes, aussi recevait-elle une pitance qui suffisait à peine à ses longues journées de marche. Sa bagarre avec Assim lui avait valu d'être crainte, aussi, les hommes la laissèrent tranquille.
Elle massait ses pieds qui, à force de marcher avait acquis un épaisseur de corne et elle ne sentait plus les pierres à travers ses sandales. Elle était dans un état déplorable. Avec toute la dignité qu'il lui restait, elle continué de peigner ses cheveux, mais sa tunique de lin blanc était à présent marronnâtre et ses sandales des lambeaux de cuir. Elle prit l'habitude de se frottait le corps avec du sable pour ne plus se sentir collante.
Un soir, un grand homme noir vint s'asseoir près d'elle et il lui tendit quelques dattes:
- Tiens, c'est pour toi...
Méhyt accepta le cadeau, méfiante.
-" Merci" murmura t-elle.
- Tu ne manges pas?
Sans quitter l'homme des yeux, elle mangea une datte, essayant de déchiffrer ses pensés.
- Tu as raison de te méfier, c'est un bon moyen de survivre. Sa voix était grave.
Il reprit:" Je m'appelle Juba, et toi?"
- Méhyt.
- C'est un nom sacré... tu viens d'ou?
- J'habitais une ville près du Nil,...
- Moi, j'habite dans le Sud et j'étais chasseur!
Ils discutèrent ainsi pendant une heure. Méhyt compris que Juba ne rechercher rien d'autre qu'un peu de conversation. Elle apprit qu'il avait une femme et des enfants et qu'il avait capturer depuis peu, mais il accepter le destin pour l'instant.
- Je t'ai vu te battre contre l'homme à la barbe rouge, tu es forte.
Méhyt eut un sourire sans joie.
- Il m'avait promit de me rendre ma liberté, ce chien...
- Tu es jeune, tu vas retrouver ta liberté...
Après ces paroles, il la laissa pour dormir.
Quelques jours plus tard, ils rencontrèrent une autre caravane. Valerius acheta un Espagnol en piteux état. Il avait un tatouage sur le bras gauche.
Méhyt apprit par une femme de chamelier que c'était la marque des légionnaires Romains. Méhyt avait entendu parler de cette armée romaine surpuissante, dirigée par un homme nommé César. Elle avait prit l'habitude de discuter avec Juba quand elle le voyait. Il s'occupait de l'espagnol. Celui-ci avait une plaie profonde dans le bras qui menaçait de s'infecter.
Méhyt regarda Juba nettoyer la plaie avec des larves, puis il lui demanda d'aller chercher des plantes pour cicatriser.
A l'approche de la ville, les esclaves furent enchaînés à un chariot pour réduire à néant toutes tentatives d'évasion. On leur distribua des rations plus grosses pour les engraisser, et leur enlever cet aspect famélique.
L'espagnol reprenait connaissance de temps en temps, ronger par la fièvre. Juba lui parlait calmement, lui disant de rester en vie.
Ils arrivèrent à Zucchabar, après 25 jours de marche. C'était une grande ville installée dans une vallée, surplombé par deux collines. Au centre de la ville, trônait une immense bâtisse ronde.
Le chasseur et la jeune fille restèrent interdit. Un esclave leur indiqua que c'était une arène où combattaient les gladiateurs. L'espagnol n'avait plus de fièvre et il put marcher.
La ville grouillait comme une fourmilière. Les établis étalaient des épices odorantes, des chiens errants se disputer un morceau de viande, des enfants pleuraient,... Après son séjour dans le désert, Méhyt retrouvait toutes ses sensations avec délice.
Les esclaves furent entreposés sous des toiles avec les marchandises, plus ou moins rare. En début d'après midi, Valerius revint avec un homme vieux, mais avec une stature imposante et des yeux bleus comme le ciel, ce qui était peu commun dans la région. Une barbe blanche et un turban noir complété le visage sévère qui gardait les traces d'une vie difficile.
Il inspecta les esclaves avec un oeil de connaisseur. Le marchandage fut rude pour Valerius. L'homme venait d'acheter les hommes et les bêtes à un prix dérisoire, quand son regard se posa sur Méhyt. Il lui ordonna de se levait. La jeune fille était plus grande que le vieil homme. Il lui tâta les côtes et regarda son visage. Après cette inspection, il lui demanda: " Est tu une Amazone?"
Méhyt réfléchis un instant: "Je sais me battre si c'est ce que tu me demande."
Elle plongea son regard dans les yeux glacials du vieillard. Celui-ci resta impassible et déclara: 5000 cesters plus 150 pour la fille!
Les esclaves et les bêtes furent acheminés jusqu'à une grande Casba. Le vieil homme pesta à l'entrer de sa demeure qu'il trouvait trop lente à ouvrir.
L'imposant grillage était en effet long à être ouvert, mais il empêchait toutes fuites de la part des esclaves.
Les marchandises furent détachées dans une cours et placé en rang. On ordonna à Méhyt d'attendre debout en retrait.
Elle était soulager de rester avec Juba. Sa présence la rassurer et lui permettait de penser le moins possible à son avenir. L'homme à la barbe blanche se présenta sous le nom de Proximo.
Méhyt comprenait petit à petit ce que tous ces hommes s'apprêtaient à vivre, ou du moins à mourir pour divertir des spectateurs. Des gladiateurs... Elle avait entendu parler de cette étrange coutume des romains qui se battaient entre eux pour le plaisir de se voir mourir.
Cette grande civilisation était à ce point décadente ?...
La cours ou ils étaient empester la sueur et la pourriture. Des lions et des hyènes étaient dans des cages. Méhyt remarqua même deux girafes qui erraient dans un coin.
Proximo fit venir d'ancien esclave et leur donna des épées en bois. Les hommes devaient se combattre. Si ils gagnaient, on les marquait avec de la peinture rouge, si ils perdaient, on les marquait à la peinture jaune.
Méhyt fut quelques peu inquiète pour Juba, mais il su se battre avec adresse contre un géant. Celui-ci avait un accent très étonnant, Méhyt ne l'avait jamais entendu. Vint le tour de l'espagnol. A l'appelle de son nom, il se leva et jeta l'épée en bois au pied du géant. Une vive tension se fit sentir dans la cours. Proximo fit signe au géant de frapper. Malgré la force du coup, l'espagnol bougea à peine. Le second coup fut placé sur sa blessure qui n'avait pas totalement cicatrisée. Cette fois ci, il se plia en deux. Voyant le prochain coup, probablement fatal se préparer, Méhyt serra les dents et tous les muscles de son corps se contractèrent. Mais avant qu'il ne fut touché, Proximo ordonna au géant d'arrêter. L'espagnol se fit peindre le torse en jaune. Le vieil homme tourna la tête vers la jeune fille, debout à ses côtés.
- Toi, va avec Nuby, lave toi, mange et reviens me voir!
Une femme noire l'emmena, laissant derrière elle les hommes en train de se battre. Elles entrèrent dans une salle daller au style romain.
- Je suis Nuby, dit la femme noire, je m'occupe de la cuisine pour les combattants. Sans attendre de réponse de Méhyt, elle continua:
- Proximo a dû t'acheter pour leur apporter la nourriture, ou bien leur servir de putain. Ne t'inquiète pas, ici, la vie n'est pas mal, et on mange bien! Enlève tes guenilles...
Méhyt s'exécuta. Nuby allât chercher un seau d'eau et le fit couler sur la tête de la jeune fille. L'eau dévaler en cascade sur son corps nu et s'écraser sur le sol. Elle remarqua un système ingénieux de canaux qui emmener l'eau dehors, grâce à un trou dans le mur. Une fois décrasser, Nuby lui donna de l'huile parfumer dont elle s'enduisit le corps. Puis, elle enfila une tunique blanche et des dessous. Nuby continuait son monologue sur la vie dans la maison de Proximo.
- Surtout, fait attention avant les combats, les gladiateurs sont comme des fous et violent tous ceux qui passe, et prend soins de toi, le maître n'aime pas les souillons...
Méhyt peignit ses cheveux, puis Nuby l'accompagna aux cuisines. Elle lui servit un bouillit de lentille, un morceau de lard et des figues. Méhyt n'avait pas aussi bien mangé depuis qu'elle était esclave. Sur un ton indifférent, elle demanda:
- Que ce passe t-il si des esclaves s'enfuient?
Nuby la regarda avec horreur:
- N'y pense même pas! Si l'esclave est rattrapé, on le jette dans l'arène avec les lions. Et si Proximo à des doutes, il te laisse dans la cage aux hyènes pendant une nuit! Si tu survie, il te laisse reprendre ta vie. Et puis, dehors nous serions réduit à la mendicité, traîné dans la boue comme des vagabonds, frappé comme des chiens. Non, n'y pense pas!
Méhyt sus qu'elle avait raison sur ce dernier point. Elle effaça l'idée de s'enfuir de sa mémoire pour le moment. Elle ne comptait pas être esclave toute sa vie.
Méhyt observa Nuby. Elle était à peu près de deux ans son aîné, elle ne savait pas si elle pouvait lui faire confiance. Elle aurait put être jolie, si son visage n'était pas couvert de cicatrice de bouton et son nez qui avait une forme bizarre, probablement cassée étant enfant.
Quelques minutes plus tard, Nuby emmena Méhyt devant les appartements de Proximo. Elle frappa et annonça que la jeune fille était prête, puis se retira.
Proximo la regardât de la tête au pied.
- Comment t'appelle tu?
- Méhyt
- Que sait tu faire?
- Je sais inciser les cadavres pour les momifier.
- C'est tout? Le ton était rude.
- Je connais quelques secrets pour soigner les blessures.
La réponse parut le satisfaire.
- Très bien, tu t'occuperas des gladiateurs. Apporte leur à manger, soigne leurs blessures et ne te laisse pas abuser! Maintenant, va rejoindre Nuby!
Méhyt inclina légèrement la tête et sortit de la pièce.
Bon, j'invente pas mal de chose, et surtout un mystère qui reste entier dans le film: Que porte les esclaves sous leur tunique?
Je sauve mon héroïne!
