Edit : Nouvelle version corrigée par ma beta-warrior. Dragsou, merci beaucoup pour toute ton aide.
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La rentrée des Aurors
Au milieu de l'atrium du Ministère de la Magie, la nouvelle génération d'Aurors se rassemblait autour de Gawain Robards qui comptait silencieusement les arrivants. C'était un homme trapu, au regard vif, avec des cheveux poivre et sel et une abondante moustache. Derrière lui s'étendait un vaste cratère : l'horrible monument La Magie est Puissance avait rapidement été démoli après la victoire, mais rien ne l'avait encore remplacé. Le Ministère avait d'autres priorités.
Une fois que tout le monde fut rassemblé, Robards invita ses nouvelles recrues à le suivre. Tout le monde était un peu tendu, impatient de savoir ce qui les attendaient, mais l'ambiance était malgré tout joyeuse : ils se connaissaient tous, ne serait-ce que de vue, car ils avaient combattu ensemble pendant la bataille de Poudlard. La plupart étaient jeunes et récemment sortis de l'école, mais il y avait aussi quelques sorciers et sorcières accomplies qui avaient répondu à l'appel du nouveau Ministre.
Harry marchait avec Ron qui faisait la gueule car il venait de découvrir que Cormac McLaggen, son ancien rival au Quidditch, était des leurs. Harry avait eu à l'avance la liste des recrues mais il n'avait pas voulu gâcher les vacances en mettant Ron au courant.
Devant eux, Neville Londubat bavardait joyeusement avec Susan Bones et Anthony Goldstein, respectivement ancienne Poufsouffle et ancien Serdaigle. Derrière eux venaient Angelina Johnson et Hazel Dubois, la soeur aînée de Olivier, l'ancien capitaine de Quidditch de Gryffondor.
Ils empruntèrent les ascenseurs jusqu'au niveau deux et prirent la direction du quartier général des Aurors. Sur leur chemin, de nombreux employés sortaient de leurs bureaux, curieux d'apercevoir ceux qu'on surnommait déjà « la cuvée de la victoire » ou encore « la génération Potter ».
Robards ouvrit la porte du Bureau en annonçant d'une voix de stentor :
— Les autres nous attendent dans la salle de torture, suivez-moi.
Harry et Ron sourirent pendant que les autres se regardaient d'un oeil inquiet : eux savaient déjà que ce terme désignait la salle de réunion. Ils traversèrent la pièce occupée par les boxes des Aurors et passèrent une nouvelle porte.
La salle de torture contenait une très grande table ovale autour de laquelle étaient déjà installés une trentaine de sorciers. Harry reconnut avec surprise Mr. Prince, le sorcier qu'il avait croisé quelques jours auparavant. Les murs étaient couverts de bibliothèques contenant aussi bien des grimoires inquiétants que d'énormes dossiers rassemblant les archives du Bureau des Aurors. Robards invita tout le monde à s'asseoir tout en restant debout à une extrémité, devant un grand tableau mobile, et prit la parole.
— Bonjour à tous. Comme vous le savez déjà, à cause de la guerre nous avons perdu près de la moitié de nos effectifs. Pour remédier à cela, notre cher ministre vous a recruté, en vous dispensant des examens et de la formation habituelle. Kingsley est un partisan des mesures rapides et c'est un indécrottable optimiste, s'exclama-t-il.
— Vos prouesses sur le champs de bataille démontrent sans doute votre bravoure et certaines habiletés, mais un Auror n'est pas simplement un mage de combat. Même les meilleurs d'entre vous ne sont pas prêts à aller sur le terrain - en disant ces mots, il regardait Harry et Ron. Vous avez des lacunes. Ne serait-ce qu'en Droit Sorcier. La guerre est finie, tous les coups ne sont plus permis, il va falloir que vous appreniez ce que vous avez ou non le droit de faire. Ainsi que des tas d'autres choses.
Là aussi, Harry avait été mis au courant à l'avance, mais il voyait que pour nombre de ces camarades, ce discours constituait une douche froide.
— Ne vous inquiétez pas, vous ne retournez pas à l'école, les rassura Robards. Mais votre intégration se fera progressivement. Mon objectif est que dans un an, la plupart d'entre vous soient parfaitement autonome. Voici le programme.
Il tapota le tableau avec sa baguette magique pour que les principaux points s'écrivent en même temps qu'il parlait.
— Tout d'abord, cette semaine, nous allons vous faire subir une batterie de tests pour savoir quel est votre niveau réel. Il n'y aura pas d'examen de Droit car je pars du principe qu'aucun d'entre vous, à part peut-être Mlle Bones et Mr. Trickerbell, n'a la moindre notion sur le sujet. Ensuite, pendant plusieurs mois, vous suivrez une formation en alternance.
— Vous passerez la moitié de votre temps à apprendre tout ce qui vous fait encore défaut, et l'autre moitié à assister les Aurors aguerris, au bureau et sur le terrain. Même si officiellement vous êtes déjà des Aurors de plein droit, vous aurez intérêt à ne faire que ce qu'on vous dit et rien de plus, sinon vous aurez affaire à moi.
— Enfin, à partir de mars si tout va bien, on attribuera à chacun d'entre vous un mentor, un Auror senior qui aura la responsabilité d'achever votre intégration.
Il fit une pause pour leur laisser le temps de prendre quelques notes puis repris la parole.
— Une dernière chose. Vous l'avez peut-être lu dans la Gazette, la Confédération Internationale des Sorciers a transmis notre demande de renforts aux autres gouvernements magiques. Nous avons donc la chance d'accueillir neuf Aurors venant de différents pays qui vont nous aider aussi bien à s'assurer que le boulot soit fait qu'à vous former en attendant que notre Bureau retrouve un fonctionnement normal.
— Heu, chef, demanda McLaggen après avoir levé la main, ils n'arrivent pas un peu après la bataille ? Pourquoi les autres pays ne nous ont pas aidé pendant la guerre ?
— McLaggen, les rumeurs étaient vraies, vous êtes un imbécile ! tonna Robards. Tout d'abord, certains nous ont aidé, mais ils ont dû le faire discrètement puisque je vous rappelle que, jusqu'à récemment, notre Ministère était officieusement aux ordres de Voldemort. Ensuite, même si la guerre s'est surtout déroulée sur notre territoire, les autres pays ont aussi connu des troubles et leurs Aurors n'ont pas chômé, contrairement à ce que vous avez l'air de croire. Mr. Prince que voici et qui nous vient du Canada a, par exemple, fait face à une révolte de wendigos provoquée par des séides de Fenrir Greyback. D'autres questions ?
McLaggen se ratatina sur sa chaise.
— Bien ! Nous allons maintenant faire un tour de table pour nous présenter et ensuite vous commencerez les tests.
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La première épreuve consistait en une série de duels. Pour cela ils s'étaient rendus dans la « salle de détente », c'est à dire la salle d'entraînement. La pièce sans fenêtre pouvait varier dans sa taille, sa forme et son contenu, comme la Salle sur Demande de Poudlard. Le plus souvent, le sol était couvert de tapis épais pour amortir les chutes et on trouvait dans les coins des mannequins de combat et des râteliers d'armes.
Dans un premier temps, les nouveaux s'affrontèrent entre eux sous l'oeil attentif des seniors. Harry réussit à mettre à terre tous ses adversaires plus ou moins facilement. Certains étaient bon mais aucun n'avait autant d'expérience que lui. Ron profita que Harry l'aidait à se relever pour lui demander :
— Dis, ce Prince, tu crois qu'il est de la famille de…
Il ne prononça pas son nom. Depuis que la Pensine avait révélé son véritable rôle, Snape était devenu un sujet tabou pour beaucoup des amis de Harry qui, comme lui, étaient mal à l'aise à son sujet.
— Je n'en sais rien, répondit ce dernier. C'est vrai qu'il lui ressemble un peu.
— Ah bon ? Je ne trouve pas.
Il l'observa quelques secondes avant d'ajouter :
— A part qu'il est grand avec des cheveux noirs, mais dans ce cas, toi aussi tu es de sa famille, de même que Sirius.
— Ouais, tu as raison.
Une fois la première série de duels achevés, les seniors invitèrent les juniors à prendre place face à eux. Harry affronta d'abord Arthuria Carlyle, une sorcière avec un bandeau noir sur l'oeil à qui il donna du fil à retordre grâce à sa vitesse, mais qui était plus endurante que lui. Ils s'affrontèrent 12 min pendant lesquelles elle le fit courir dans tous les sens avant de l'achever en l'attirant sur un tapis de glace qu'elle avait créé au tout début du combat et qu'il avait oublié. Il lui lança un dernier maléfice pendant son vol plané mais elle le parra et lui sauta sur le dos pour lui arracher sa baguette dès qu'il atterrit.
Son second adversaire fut Giovani Cagliostro, un Auror italien très inventif. Harry réussit à la vaincre en 6 min, à sa propre surprise et sans qu'il sache vraiment comment il avait fait.
Pour son troisième duel, il fit en sorte de se retrouver en face de Corvus Prince.
— Bonjour Monsieur, salua-t-il. Nous nous sommes croisé l'autre jour, je ne sais pas si vous vous en rappelez.
— Je m'en rappelle, répliqua-t-il sèchement. Ce n'est pas tous les jours qu'on a l'occasion d'emménager dans le même immeuble que le célèbre Sauveur. Maintenant préparez-vous. S'il-vous-plaît.
Harry se mit en garde, crispé par l'accueil qu'il avait reçu. Pourtant, Prince n'avait pas eu l'air d'être quelqu'un de désagréable jusque là. Il l'avait discrètement observé pendant la réunion et entre les duels : son attitude était plutôt sérieuse, mais il bavardait volontiers avec ses collègues et Harry l'avait même vu sourire à quelques occasions.
Dès qu'ils se furent salués, Prince attaqua implacablement : il semblait deviner les sorts de Harry avant que lui-même les ait envisagés et ne montrait aucune faille dans sa défense. Rapidement, le Canadien le fit taire d'un Silencio qui l'obligeait à ne recourir qu'aux sortilèges informulés. Harry voulut lui rendre la pareille à l'aide d'un Bloclang mais son adversaire le parra facilement. Il faillit prendre le dessus en l'attaquant par surprise au corps-à-corps mais l'autre parvient à se dégager.
Harry tenta alors une manoeuvre qu'il avait découverte dans un livre qu'Hermione lui avait offert pour son anniversaire : il se mit à tourner autour de Prince en préparant des Incendio à retardement qu'il libéra tous en même temps. Son adversaire était coincé dans une prison de flamme. Il pensait avoir emporté la partie quand il sentit un Stupefix l'atteindre dans son dos. Prince lui arracha sa baguette et le libéra.
En se relevant, Harry se rendit compte que les autres Aurors s'étaient interrompus pour les regarder.
— Voilà un duel comme je les aime ! s'exclama Robards. Prince, on ne m'a pas menti à votre sujet, vous savez vraiment vous battre. Potter, il semblerait que votre victoire contre Voldemort ne soit pas due qu'à votre chance légendaire mais que vous ayez quand même quelques capacités. Les autres, prenez-en de la graine !
Harry se tourna vers son adversaire pour lui demander :
— Mr. Prince, comment avez-vous fait ? On ne peut pas transplaner dans le Ministère et je ne vous ai pas vu sortir du cercle.
Prince sembla hésiter un instant puis répondit à sa question :
— J'ai épaissi la fumée de vos flammes pour dissimuler le plafond puis j'ai lévité avant d'atterrir derrière vous. Tant que votre adversaire n'est pas mort ou désarmé et correctement immobilisé, il ne faut pas baisser votre garde, Mr. Potter.
— Merci, je m'en souviendrai, répondit Harry en souriant.
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La semaine de tests touchait à sa fin. Harry avait découvert la veille l'existence dans le Ministère d'un dôme souterrain abritant un parc réservé aux employés. Il s'était dit que ce serait un bon endroit pour déjeuner en paix pendant sa pause mais déchanta quand il vit le monde. Tous les bancs étaient pris, ainsi que la bordure du lac artificiel.
Il se dirigea vers une zone arborée, au fond du parc, qui semblait plus tranquille. Il dépassa quelques sureaux pour rejoindre le hêtre qu'il avait repéré. Mais quelqu'un était déjà assis à son pied. Corvus Prince, un livre sur les genoux et un sandwich à la main, leva les yeux en l'entendant approcher.
— Mr. Potter, salua-t-il.
— Excusez-moi, je ne voulais pas vous déranger. Je cherchais un endroit où m'installer, je ne savais pas que vous étiez là.
Prince continua de le fixer, attendant la suite. Harry hésita avant de reprendre :
— Est-ce que je peux m'asseoir sous votre arbre ? Je vous promets que je ne vous dérangerai pas.
Prince haussa les épaules et répondit « Comme vous voulez » avant de reprendre sa lecture.
Le lundi suivant, Harry retourna au parc. Lui et ses camarades avaient passé la matinée à prendre connaissance de tous les livres de Droit Sorcier qu'ils devaient ingurgiter avant la fin de l'année et cet après-midi il avait une réunion avec Ron et Robards pour faire un compte-rendu de la première semaine. La journée était tout sauf passionnante. Harry se dirigea sans s'en rendre compte au pied du hêtre où Prince était de nouveau installé. Ce dernier releva la tête une seconde avant de replonger dans son livre, sans plus se soucier de sa présence.
A la fin de son repas, Harry prit son courage à deux mains et lui adressa la parole :
— Excusez-moi, est-ce que je peux vous poser une question ?
Prince pinça les lèvres, comme pour retenir une remarque désobligeante, puis répondit :
— Allez-y.
— Est-ce que vous êtes de la famille d'Eileen Prince ?
L'Auror prit quelques secondes avant de répondre.
— Cette Eileen Prince devait être quelqu'un de fameux, vous n'êtes pas le premier à me poser la question. La famille de mon père est originaire d'Angleterre alors c'est possible, mais je n'en sais pas plus.
— Alors vous êtes peut-être de la famille de Severus Snape…
— C'est ce qu'on m'a dit, oui, répliqua-t-il froidement.
— Ne le prenez pas mal, je ne voulais pas dire que vous avez quoi que ce soit à voir avec les Mangemorts. Sans Snape, nous n'aurions jamais pu vaincre Voldemort, c'était un héros, sans doute le plus brave de cette guerre.
— Plus brave encore que Celui-Qui-A-Vaincu, peut-être ? demanda Prince avec sarcasme.
— Sans aucun doute, répliqua fermement Harry.
Prince le contempla d'un air sincèrement étonné avant de reprendre silencieusement sa lecture.
Pendant les semaines suivantes, Harry prit l'habitude de déjeuner tous les midis avec Prince. Au début, ils n'échangeaient que quelques mots. Puis Harry commença à lui demander des conseils pour le travail - Prince était un vrai puits de science sur les sortilèges de combat, Harry l'aurait bien vu en Professeur de Défense Contre les Forces du Mal à Poudlard. Enfin ce dernier lui posa des questions sur la guerre et ils se mirent à avoir de véritables discussions.
Harry était très intrigué par son collègue. Il était sûr qu'il était de la famille de Snape : il avait les mêmes sourcils qu'il levait de façon expressive, une voix proche, bien que d'un timbre plus grave et dotée d'un léger accent canadien, il marchait lui aussi en grandes enjambées qui faisaient voler derrière lui sa redingote bleue. Ses yeux d'un bleu-vert très pâle n'avaient pas la même couleur mais donnaient la même impression de vous épingler au mur quand il était en colère. Il avait également un gros nez. Pas aussi crochu que celui de Snape, mais un bel appendice malgré tout.
Il avait aussi parfois le même masque d'impassibilité, mais c'était probablement dû au fait que lui aussi avait été espion. Robards lui avait raconté que le Canadien avait infiltré un groupe de sorciers suprémacistes blancs qui voulaient retirer leurs droits aux chamans des Premières Nations.
Son caractère aussi présentait des points communs : il était volontiers sarcastique et ne faisait guère preuve de patience face à l'incompétence. Mais à part ça, il était quand même plus cordial que Snape. Il semblait bien s'entendre avec ses collègues seniors et, même s'il prenait souvent les juniors de haut, il ne refusait jamais de les aider quand ceux-ci osaient le lui demander. En tout cas, il ne le refusait jamais à Harry.
A part ça, il était assez mystérieux. Il se réfugiait derrière le secret-défense dès qu'on l'interrogeait sur son travail au Canada. Quand Harry lui avait demandé d'où venait sa cicatrice, il avait répondu par un laconique « Wendigo ». Il ne parlait jamais non plus de sa famille ou de ses amis. Les deux seules personnes auxquelles il lui était arrivé de faire allusion étaient « les deux insupportables croulants » qui étaient apparemment responsables de sa présence en Grande-Bretagne.
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Octobre arriva rapidement et Harry s'ennuyait. Sa formation ne lui apprenait pas grand choses pour le moment car il connaissait déjà assez bien le fonctionnement du Bureau des Aurors, pour y avoir passé une partie de son été, et les seniors étaient trop occupés à rattraper le niveau des plus faibles parmi les juniors pour lui consacrer des leçons particulières.
Il s'ennuyait aussi de Ginny. Cela ne faisait qu'un mois qu'il ne l'avait pas vu mais il avait l'impression d'être séparée d'elle depuis une éternité. Au début, il lui écrivait des lettres quasiment tous les jours, mais elle avait fini par lui signaler qu'elle était censée se consacrer à ses ASPICs, pas se lancer dans une carrière d'écrivaine épistolaire.
C'est dans cet état d'esprit désoeuvré qu'il se trouva un vendredi soir, après le travail, à boire un verre au Chaudron Baveur. Il aurait bien aimé avoir Hagrid ou Ron avec lui, mais le premier avait repris son poste à Poudlard et le second était avec sa famille.
Le pub avait retrouvé sa fréquentation maintenant que la paix était revenue. Quelques importuns étaient venu lui demander un autographe mais il s'en était débarrassé vertement et sa mauvaise humeur avait fait le vide autour de lui.
Il se morfondait devant sa troisième bièraubeurre quand un jeune homme l'aborda. Il était à peine plus âgé que lui, un visage rond et jovial avec des cheveux châtains et des yeux rieurs.
— Salut ! Je m'appelle Ben Tirelipimpon, on s'est déjà croisé au Ministère. Je travaille au Comité des inventions d'excuses à l'usage des Moldus.
— Salut, moi c'est Harry Potter. Mais, ajouta-t-il avec une moue dépitée, je pense que tu le sais déjà.
— C'est possible. Mais je vais faire comme si je ne le savais pas, si tu préfères. Je peux m'asseoir avec toi ? Ta bièraubeurre n'a pas l'air d'avoir beaucoup de conversation.
Harry accepta et ils se mirent à bavarder. Ben avait une bonne humeur communicative et cela ne le gênait pas de parler de tout et de rien pour ne pas laisser de blancs inconfortables quand Harry ne savait pas quoi dire. Son métier lui fournissait tout un réservoir d'anecdotes truculentes et rapidement Harry retrouva son allégresse.
Ben se permettait de petits gestes familiers, comme toucher l'épaule de Harry ou lui enlever une poussière dans les cheveux. Harry, qui n'avait pas l'habitude de ce genre de proximité, ne s'en offusqua pas cependant : il était à l'aise avec le jeune homme et se sentait léger.
Finalement Ben proposa à Harry de le raccompagner jusque chez lui. Ils remontèrent le Chemin de Traverse côte à côte en continuant leur conversation. Devant la porte, il lui attrapa la main et se pencha pour lui demander à l'oreille :
— Est-ce que je peux t'embrasser ?
— Euh, je ne sais pas…
Harry était extrêmement confus.
— Tu ne sais pas ? C'est simple pourtant : est-ce que tu en as envie ou pas ?
— C'est à dire que je n'ai pas l'habitude d'embrasser d'autres hommes.
En fait, il l'avait déjà fait une fois, mais c'était un souvenir qu'il préférait oublier.
— Dans ce cas, un peu d'expérimentation te permettrait peut-être d'y voir plus clair ?
Harry n'osait pas répondre, mais il tendit la tête vers Ben inconsciemment et ce dernier parcourut les derniers centimètres qui les séparaient. C'était étrange. Avec Ginny, les baisers ressemblaient à des ailes d'oiseaux dans la lumière du printemps, des instants de perfection. Là, c'était plus comme déguster un part de gâteau lors d'une fête. Les lèvres de Ben étaient délicieuses et sa langue gourmande lui donnait envie de plus.
— Alors, verdict ? demanda Ben.
— Miam. J'en veux encore.
Ben rigola.
— Est-ce que tu veux que je monte chez toi pour, disons, un dernier verre ?
— Je n'ai rien à boire chez moi, mais je suppose que ce n'est pas grave.
— On se débrouillera sans.
Arrivés au troisième étage, les deux garçons ne perdirent pas de temps et se dirigèrent directement vers la chambre où ils se déshabillèrent rapidement.
— Bon, si tu n'as pas l'habitude d'embrasser, je suppose que tu n'as pas non plus l'habitude des autres trucs qu'on peut faire entre mecs.
— En fait, j'ai déjà eu une expérience, répondit Harry. Mais c'était un peu n'importe quoi, pas les bonnes personnes et pas le bon contexte. Mais je ne demande qu'à apprendre et il parait que je suis très doué pour improviser même dans les situations désespérées.
— Nous allons vérifier ça. Je vais commencer et tu me diras ce qui te plait et ce qui ne te plait pas.
Ben prit d'abord la précaution de lancer un sortilège de protection : les sorciers n'étaient pas immunisés contre les maladies vénériennes. Ensuite, il invita Harry à s'allonger et commença à explorer son corps avec ses mains et sa langue, à la recherche des points sensibles. Quand il arriva près de son sexe, celui-ci était déjà en érection.
— On monte d'un cran ?
— Par Merlin, oui.
La tête de Ben plongea. Pour Harry, le plaisir était indescriptible : il savait exactement où et comment appuyer, quel rythme adopter. Sa bouche allait et venait sur son membre et Harry avait l'impression de fondre. Il finit par se libérer dans un gémissement rauque.
Ben se releva et s'allongea à côté de Harry.
— Wahou ! s'exclama ce dernier. C'était génial.
Harry bascula sur le côté et s'appuya sur son coude pour faire face à Ben.
— Je ne te promets pas de faire aussi bien.
Il se pencha immédiatement pour reproduire les gestes de Ben et lui donner du plaisir à son tour. Quand il eut fini, Ben prit la parole.
— Eh bien ! Je confirme que tu apprends très vite. Maintenant, est-ce que tu veux aller plus loin ou pas ? On peut très bien s'arrêter là, c'est toi qui voit.
Harry n'avait pas envie de réfléchir et ne voulait pas que l'extase s'arrête.
— Je n'ai jamais su résister à un nouveau gâteau.
Harry n'était pas encore très à l'aise à l'idée de se faire pénétrer, alors Ben le guida dans l'autre rôle. Il lui montra comment le préparer doucement avec ses doigts avant d'introduire son sexe en lui. La sensation était tellement serrée que Harry jouit presque immédiatement. Il se sentait honteux, mais Ben le rassura : c'était normal pour une première fois. Ils partagèrent encore quelques caresses et finirent par s'endormir dans le lit de Harry.
Le lendemain matin, Ben trouva un Harry habillé et embarrassé dans la cuisine.
— Ecoute, Ben…
— Ah, je vois, l'interrompit ce dernier. C'est le moment où tu me dis que c'était une erreur et tout le tralala, c'est ça ? Tu regrettes ? Ça ne t'a pas plus ?
— C'est pas ça. Mais j'ai une copine. On est censés être libres de voir d'autres personnes, mais c'est encore très embrouillé pour moi. Alors je ne pense pas que c'était une bonne idée.
— Si tu es libre et si tu t'es amusé, je ne vois pas où est le problème.
— Je ne peux pas être avec toi. Pas comme un petit-ami. J'aurais dû te le dire avant.
— Ecoute Harry, je suis un grand garçon, tu m'as proposé de monter, tu ne m'as pas promis le mariage. Pour moi, il n'y a pas de malentendu.
Ben fit une pause avant d'ajouter :
— Mais je ne te cache pas qu'il vaut mieux prévenir tes partenaires de la situation, qu'ils ne se fassent pas d'illusions. Pas que je m'en sois fait, mais c'est mon conseil si tu veux éviter de te mettre dans des situations impossibles.
— Alors tu ne m'en veux pas ?
— Non, c'était vraiment sympa hier soir. Si tu as envie de remettre ça, en ce moment je n'ai pas de régulier et tu sais où me trouver. Si tu ne veux pas, pas de problème.
— J'aimerais bien avoir ton flegme, dit Harry, impressionné.
— Je suis un Né-moldu. J'ai passé une année dans un de ces horribles camps, persuadé que j'allais mourir. Alors j'ai décidé de ne pas me prendre la tête et de profiter de la vie au maximum. Je pense que tu as bien mérité de faire pareil.
— Je ne sais pas si j'en suis capable mais je vais essayer.
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