Voilà la suite, en espérant qu'elle vous plaise.
Sur ce, bonne lecture et je vous retrouve en bas de la page !
« Sasuke : tu vas être en retard ! »
Voilà une semaine que la controverse entre Sasuke et Naruto avait eue lieu. Depuis, le brun était d'une humeur exécrable. Il ne mangeait que le strict nécessaire, ne dormait presque plus et quand il arrivait à trouver le sommeil : il se réveillait en sueur après avoir fait un rêve assez ambigüe avec le blond. Le pire était qu'une certaine partie de son anatomie semblait aimer ça.
Bien sûr, il avait voulu en toucher deux mots avec quelqu'un sauf qu'entre sa mère qui ne parlait que de ses chers gosses de huit ans et son frère qui n'était revenu que quelques heures le dimanche, le ténébreux se sentait un peu seul. Le scientifique avait pensé aussi à Suigetsu mais, connaissant cet abruti, il se moquerait de lui. Karin aurait pu faire l'affaire étant donné que la rouquine était plutôt compréhensive et discrète mais, cette fois-ci, il avait tout simplement peur d'aborder le sujet avec elle : craignant le rejet. L'Uchiwa n'ayant pas l'habitude de se confier à qui que ce soit, il s'était renfermé sur lui-même durant la semaine. Évidemment, Sasuke n'avait pas assisté au cours de judo du mardi soir, prétextant un mal de tête. Déjà que le scientifique arrivait très bien à ne pas croiser Naruto dans le lycée, il ne voulait surtout pas le voir maintenant.
Pendant ces sept petits jours, le noiraud avait beaucoup réfléchi à cet événement incongru en se le relatant des centaines de fois dans sa tête. Il se souvenait de ces grandes mains qui avaient entouré son visage, de la douceur de ces lèvres contre les siennes, de cette chaleur qui l'avait parcouru pendant le baiser. Il y avait aussi la façon dont le blond lui avait embrassé le front et ce sourire tendre. Sasuke s'était rendu à l'évidence qu'il avait aimé ça mais c'était tout bonnement impossible qu'il soit gay ! Bon, les filles le répugnaient au plus haut point : entre celles qui vous suivent partout, qui vous harcèlent et les autres qui partent en courant, le judoka était bien content de n'aimer que sa très chère mère. Mais ce n'était pas une raison suffisante pour qu'il soit tombé amoureux de Naruto.
À cette pensée, il grogna et se rabattit la couette dessus, ignorant Mikoto qui l'appelait une seconde fois. En une semaine, il n'avait dormi que six heures à tout casser et il voulait juste retrouver le sommeil. La sonnerie de son portable le fit sortir de son lit à contre cœur. Il saisit l'appareil et décrocha, de mauvaise humeur.
« Quoi ? aboya-t-il.
— Bouge ton cul Sasuke ! Je vais pas attendre deux mille ans. »
Il éloigna le téléphone de son oreille, regardant l'heure sur le petit écran. Le brun écarquilla les yeux quand il vit sept heures cinquante, raccrochant par la même occasion à Suigetsu. Ni une, ni deux, Sasuke se prépara en quatrième vitesse, prit son sac et sortit de sa chambre en claquant la porte. Le scientifique manqua de se ramasser dans les escaliers, mettant ses chaussures pendant qu'il descendait les marches. Il rencontra sa mère dans la cuisine, prenant une tartine de confiture. Cette dernière arrêta son fils au moment où il enfilait son manteau.
« Tu as vraiment mauvais mine aujourd'hui. Tu es sûr que tu veux aller en cours ? J'appellerais ton lycée et mon école et…
— Ça va aller Maman », la stoppa-t-il.
Alors qu'il franchissait la porte, Sasuke se retourna vers Mikoto : celle-ci paraissait inquiète.
« Je t'assure que je vais bien, ne t'inquiète pas. »
Elle continua de le fixer, pas rassurée pour autant. Il n'y avait qu'à regarder les immenses cernes qui se dessinaient sous ses yeux pour deviner qu'il était épuisé. La brune le laissa néanmoins partir sur son vélo en soupirant. Mikoto retourna dans la cuisine et son regard se perdit dans les nuages gris à travers la vitre. Son fils avait beaucoup changé en une semaine, elle l'avait bien remarqué. Connaissant le dernier Uchiwa, la mère savait que lui poser des questions ne serviraient à rien, il fallait que ce soit lui qui fasse le premier pas. En pensant à cela, elle se dit qu'il ressemblait vraiment à quelqu'un.
« Tel père, tel fils. Pas vrai Fugaku ? » murmura la brune.
De son côté, Sasuke pédalait en direction de son lycée. Le ténébreux rencontra Suigetsu à un croisement qui l'attendait, appuyé contre un mur. Ce dernier monta sur sa bicyclette et prit place à ses côtés. Le blanc regarda son ami du coin de l'œil. « Il tire une sale tronche », se dit-il. Voir Sasuke si mal en point lui rappelait l'époque de la mort de Fugaku. Le judoka serra son guidon, énervé par le caractère du noiraud. Le brun n'avait pas compris qu'il pouvait tout lui dire sans détour au lieu de souffrir seul dans son coin. C'était décidé, Suigetsu le cuisinerait et découvrirait ce que cache son meilleur ami. Qu'il soit d'accord ou non.
Les deux judokas arrivèrent à l'heure pour le cours de philosophie. Sasuke s'installa à côté de la fenêtre avec le requin. Sortant ses affaires, il jeta un coup d'œil à travers la paroi transparente. Le brun fut pris de vertige quand il vit l'objet de ses pensées sur le terrain de sport. Se mordant la lèvre, le sang lui monta aux joues.
« Suigetsu, on échange, déclara-t-il en inversant les cahiers et les trousses.
— Hein ? demanda le judoka d'une intelligible voix. D'habitude, t'es prêt à tuer pour que personne ne te pique la place.
— Pas aujourd'hui », trancha-t-il.
Il s'installa sous la mine interrogatrice de son ami. S'asseyant à son tour, une petite boule jaune faisant un sprint attira son attention. Naruto avait l'air en forme malgré qu'il ne soit pas venu au judo mardi. Ses améthystes naviguèrent entre Sasuke et le blond avant de sourire et d'émettre un petit rire. Le brun, qui s'était déjà plongé dans le cours, se tourna vers Suigetsu en fronçant les sourcils.
« Il s'est passé quelque chose avec le bleu ? chuchota-t-il pour que Karin, qui était devant eux, n'entende rien.
— Je ne vois pas de quoi tu parles, mentit le brun.
— Je te connais depuis le temps mon petit Sasuke, et je sais bien que tu caches un truc. Tu n'es pas obligé de m'en parler à moi mais je suis persuadé que tu n'as rien dit à personne. C'est pas en te rendant malade que cela va s'arranger, tu veux que je te rappelle comment ça a fini la semaine après la mort de ton père ? »
Sasuke fit une grimace. En effet, à force de ne plus manger, de ne plus dormir et de ne plus parler, il s'était retrouvé à l'hôpital après s'être évanoui en cours de S.V.T. pendant une dissection. Ce fut l'unique fois que sa mère l'engueulait. Il s'en souvenait comme si c'était hier : Mikoto en larmes qui criait sur son fils, lui demandant de dire ce qu'il avait sur le cœur parce qu'il avait une famille et qu'il n'était pas seul. Le petit brun avait obéit à ce moment-là et s'était livré à sa génitrice. Après cet incident, le cadet Uchiwa avait consulté une psychanalyste pendant un an.
Le noiraud n'aimait pas trop se remémorer cet événement, lui faisant prendre conscience qu'il était un être humain. Ils se fixèrent un moment avant que Sasuke n'ouvre la bouche pour parler.
« Sasuke, Suigetsu, si mon cours ne vous intéresse pas : vous pouvez aller dehors, déclara Monsieur Sarutobi.
— Désolé », répondit le blanc.
Les judokas soupirèrent avant de se concentrer sur le cours. La discussion était reportée à plus tard.
Le reste de la journée avait été pittoresque : il s'était fait remarqué par les professeurs pour inattention, les filles l'avaient plus collé que d'habitude – à croire que son air fatigué lui donnait du charme –, Suigetsu se faisait de plus en plus insistant et Karin ne remarquait strictement rien. Pour combler le tout, il avait oublié ses affaires de judo – même s'il n'était pas sûr d'y aller une fois encore –. « Plus que deux heures de sport et c'est le week-end », se motiva Sasuke. Un soupir franchit la barrière de ses lèvres alors qu'il se changeait lentement. Le brun était exténué et se sentait de plus en plus mal. N'ayant presque pas mangé, le ténébreux appréhendait ce cours.
Il sortit du vestiaire avec Suigetsu, rejoignant la rousse qui les attendait dans un coin. Ils se rendirent ensemble au terrain de basket, pas très loin de là où Naruto avait couru le matin. Karin porta son attention sur le brun qui n'avait pas prononcé un mot.
« Sasuke, tu vas faire sport dans ton état ? demanda-t-elle, anxieuse.
— Oui, pourquoi ?
— Je… Enfin, hésita-t-elle, je pense que tu devrais dire au prof que tu ne te sens pas bien.
— Je me sens très bien Karin, affirma-t-il en la fusillant du regard.
— T'es pas raisonnable Sasuke », conclut Suigetsu en prenant de l'avance sur les deux autres.
Le noiraud fronça les sourcils avant de rejoindre le blanc, laissant Karin derrière qui ne tarda pas à les rattraper. Gaï Maito les attendit avant de faire l'appel et répartit tout le monde dans des équipes. Sasuke et Suigetsu se retrouvèrent ensemble alors que Karin se dirigea vers Jungo et Kimimaro avec crainte, ses deux-là étaient réputés pour être des psychopathes. Les deux amis mirent les maillots rouges et rejoignirent les autres membres de l'équipe. Ils discutèrent de leur composition et de leur stratégie. Le scientifique faillit péter un câble quand il fut désigné comme remplaçant.
« T'inquiète petit Sasuke, tu joueras. Je veux juste que tu te ménages.
— Que je sache, tu n'es pas ma mère, trancha-t-il.
— Encore heureux ! J'aurais fini par te foutre des claques », plaisanta Suigetsu.
Et il partit sur le terrain, laissant Sasuke fulminant de rage. Il finit par s'assoir sur le banc, à côté d'Ino qui lui faisait les yeux doux. Lançant un regard noir à la blonde, le judoka observa le match avec attention. Il s'enfonça un peu plus dans sa veste : « quelle idée de faire sport dehors avec un temps pareil ! » rouspéta le brun.
Les quatre quart temps se terminèrent avec la victoire des rouges, le brun avait réussi à convaincre son ami de le laisser participer au dernier et il était déjà épuisé. Il n'avait joué que quinze minutes. Pourtant, il suait à grosses gouttes et avait le souffle court. Karin et Suigetsu avaient raison, il n'était vraiment pas en bon état. Le noiraud toussa quelques minutes avant de s'assoir à sa place initiale, ne prenant pas en compte sa vue qui commençait à se flouter. Sasuke était parti pour ne pas bouger de tout le match mais l'équipe adverse n'était pas du même avis.
« Alors, on est déjà fatigué Uchiwa ? » demanda Jungo d'un ton hautain.
Le judoka ne releva pas, ayant l'habitude des sarcasmes du psychopathe. Il n'allait pas s'énerver pour si peu, surtout que les deux coéquipiers n'en valaient pas la peine.
« Laisse ce froussard Jungo, on y peut rien s'il a peur de perdre », déclara Kimimaro.
Sasuke écarquilla les yeux, se replongeant dans ses souvenirs. Il revoyait Naruto, à côté de lui sur le canapé, avec son sourire narquois.
« Aurais-tu peur de perdre ? »
Une rage sans nom l'envahit alors que les souvenirs de cette soirée revenaient à la surface. Le brun se leva soudainement, sous le regard étonné de ses deux amis. Il s'approcha de Suigetsu, plongeant ses yeux emplis de détermination dans ceux de l'autre.
« Laisse-moi jouer », dit-il d'une voix certaine.
Les deux judokas se jaugèrent un moment avant que le requin ne lâche un soupir.
« D'accord, mais dès que je vois que ça ne va pas : tu redeviens remplaçant. »
Le scientifique hocha la tête et ignora les yeux inquiets de Karin se posant sur lui. Sasuke se mit directement en attaque au côté de son meilleur ami. Suigetsu regardait la rouquine qui s'était placée en défense, tremblante comme une feuille. Il essaya d'envoyer ses ondes positives à son amie mais quand leurs yeux se croisèrent, la jeune fille le fixa d'un air « fais le sortir du terrain ou je te tue ». Le jeune homme lui fit un petit sourire avant que le coup de sifflet retentisse.
Le premier quart temps se déroula sans encombre, le noiraud avait fait le strict minimum et marqué quelques paniers. Le deuxième, par contre, fut un peu plus violent : les deux adversaires essayaient de mettre à bout Sasuke sous le regard impuissant de Karin tandis que Suigetsu raisonnait le brun dont les nerfs s'électrisaient. À la mi-temps, l'Uchiwa ne se sentait pas bien du tout. Sa vue se troublait de plus en plus, il avait l'impression que le sol se dérober sous chacun de ses pas. Quand le blanc s'approchait de lui pour savoir s'il allait bien, Sasuke croisait le regard de Jungo ou de Kimimaro et toute sa colère revenait au galop. Impossible pour lui d'arrêter ce cercle vicieux, résultat : il envoyait bouler son ami.
La troisième période fut celle de trop. L'équipe rouge menait de beaucoup mais le scientifique élevait la barre encore et encore. Sa tête lui tournait dangereusement et le noiraud se retint de vomir de peu mais malgré ça, il continua en repoussant ses limites. Mais le drame arriva : alors que Sasuke courrait pour se remettre en défense, Jungo le poussa violemment. Le cerveau de brun n'arrivant pas analyser la situation, il se laissa tomber. La respiration cassée, le ténébreux s'évanouit avant d'atteindre le sol.
X.X
Sasuke n'était pas bien pour deux raisons : premièrement, il avait un mal de tête et de ventre épouvantable et deuxièmement, le bruit extérieur était insupportable et il n'aimait pas ça du tout. Il ouvrit lentement les yeux et reconnut le lieu comme étant la voiture de sa mère. Poussant un grognement, le brun s'installa plus confortablement dans la banquette arrière pour se rendormir.
« Tu es réveillé ? »
Mikoto le regardait par le rétroviseur avant. Son petit dernier avait l'air un peu mieux que ce matin, son teint n'était plus aussi blafard et il avait l'air moins préoccupé. Le fils déglutit en croisant ses prunelles emplies de colère.
« Tu sais Sasuke, je ne vais pas te réprimander comme il y a trois ans : tu n'es plus un gosse. De plus, je sais qu'il y a des choses que tu peux mieux aborder avec ton frère qu'avec moi. Mais Itachi s'inquiète autant que moi et ne sait pas non plus ce qui te tracasse. Donc je veux seulement que tu saches que tu peux tout me dire, j'accepterai de tout entendre parce que je suis ta mère et je souffre de ne pas pouvoir t'aider », finit-elle dans un murmure.
Le silence envahit le véhicule durant lequel Sasuke porta son attention sur le paysage qui défilait sous ses yeux. Il s'en voulait énormément de faire du mal à sa mère mais comment lui dire qu'il avait des doutes sur ses sentiments, sur sa sexualité. Le cadet avait juste peur que sa mère se mette à le juger et de voir ne serait-ce qu'une lueur de dégoût dans son regard le tuerait. Le scientifique se demanda alors ce qui se serait passé si son père n'était pas mort. Le brun l'imaginait très bien en train de lui faire la morale sur la trop grande confiance en soi et qu'il ne fallait pas surestimer les limites de son corps.
« Maman, comment tu es sorti avec Papa ? » demanda soudainement le judoka.
La dame Uchiwa ne s'attendait pas à cette question. Elle se replongea alors dans ses souvenirs sans quitter des yeux la route.
« En fait, dès le début se fut compliqué. Il venait d'une famille aisée, tout le contraire de moi. Nous n'étions que de bons copains même si j'ai eu des vues sur ton père depuis le jour où je l'ai rencontré, commença-t-elle avec une voix emplie de nostalgie. Au bout de quatre ans d'amitié, il s'est déclaré. Je t'avoue que j'ai été assez surprise à ce moment-là. Mais ses parents voyaient d'un mauvais œil notre relation. Fugaku a fait un « break » au bout de huit mois avant de revenir vers moi. Il a coupé les ponts avec les membres de sa famille, la première et dernière fois que je les ai vus depuis ce n'était même pas pour notre mariage ni pour votre naissance mais pour son enterrement. Et même après cet événement, ils ont continué de nous ignorer », conclu-t-elle tandis que son regard se voilait.
Mikoto empêcha une perle salée de couler et reporta son attention sur son fils, le visage reclus tourné vers la fenêtre.
« Tu ressembles beaucoup à ton père », déclara-t-elle.
Sasuke sursauta en entendant ces mots avant de fixer dans le blanc des yeux sa mère, n'aimant pas du tout cette comparaison. Une sorte de vide l'envahit, reportant son attention à la vitre.
« Pourquoi ? dit-il en contenant sa colère.
— Lui aussi devenait malade quand quelque chose le travaillait sauf qu'il était plutôt du genre à rester au lit au lieu de jouer au basket jusqu'à l'épuisement total, rigola la brune. Tu as aussi hérité de son caractère renfermé et de sa stupide fierté. Mais je sais que, après avoir vécu avec le premier modèle, derrière tout cela se cache une timidité maladive. »
C'était la première fois depuis trois ans qu'ils parlaient de Fugaku sans que Mikoto ne fonde en larmes et Sasuke en était soulagé. Quelque part, un poids disparaissait de sa conscience. Il ne se vexa pas après les propos de sa mère et se calla contre le siège. Quelques secondes plus tard, la voiture se gara dans l'allée. Le jeune homme fut soutenu par la femme Uchiwa jusqu'à sa chambre. Une fois arrivé, il s'assit sur son lit tandis que la brune posait le sac de cours sur son bureau.
« Je vais prévenir Itachi que tu ne viens pas ce soir et annuler le dîner. Suigetsu a dit qu'il s'occupera de ton vélo et qu'il viendra te voir demain avec Karin. Maintenant, tu vas prendre une bonne douche pendant que je vais te préparer un plat chaud et après tu te reposes. »
Le noiraud ne répondit rien, se contentant d'acquiescer. Il commençait à enlever doucement son t-shirt de sport couvert de sueur pour s'étaler sur son lit. Mikoto le regarda faire et, tandis qu'elle ouvrait la porte de la chambre, se retourna.
« Je te demande juste de ne pas le copier question sentiment.
— Quoi ? questionna Sasuke sans bouger, ayant la flemme de se redresser.
— Ton père a mis trois ans à se rendre compte qu'il m'aimait, un an à se déclarer, quatre autres années à me demander en mariage et deux ans pour concevoir Itachi, compta-t-elle sur ses doigts. Ou sinon, il faut que la personne que tu aimes soit vraiment patiente. »
Elle sortit avec un sourire aux lèvres, laissant son fils tout seul sur son matelas. Après trois minutes, le judoka se leva en direction de la salle de bain avec un petit sourire amusé aux lèvres.
Naruto n'était pas du genre patient.
X.X
Quelques heures plus tard, ledit blond sortit tranquillement de chez lui sous le regard furieux de la rousse. Soupirant pour la énième fois de la journée, il se dirigea vers le dojo Uchiwa. Le littéraire remonta son sac de sport en trainant les pieds sur le béton glacial. Pourquoi sa mère voulait absolument qu'il aille au judo ? Lui qui comptait ne plus y aller pour au moins deux semaines. Le judoka grogna à cette pensée et shoota dans un petit caillou. Naruto n'était pas encore prêt à affronter le regard de Sasuke. Surtout quand il savait qu'il allait manger le tatami.
Le dojo fut face à lui trop vite à son goût et, tandis qu'il se dirigeait vers les vestiaires, le fils de marine regarda l'heure à son portable. Dix minutes d'avance : il y avait vraiment quelque chose qui clochait chez lui pour être à l'heure. Seul dans la petite salle, il prit le temps de se changer : toujours dans ses pensées. Depuis une semaine, Naruto n'arrivait plus à penser à autre chose et offrait que des sourires qui sonnaient faux.
« Je n'aurais jamais dû faire ça », chuchota-t-il.
Franchement, quelle mouche l'avait piqué ? Déjà qu'il avait du mal à maintenir une certaine amitié entre le brun et lui, c'était fichu maintenant. Rougissant, le blond porta une main à ses lèvres. Son cœur loupa un battement et ses yeux commencèrent à le picoter dangereusement. À bout, il se frappa les deux joues pour se remettre les idées en place. Le littéraire sortit des vestiaires de mauvaise humeur et, avec crainte, prit la direction du dojo. Ce fut avec les mains moites qu'il ouvrit la porte qui donnait sur la salle en abordant un de ses sourires falsifiés.
Saluant le tatami, il rejoignit son ami Kiba sans prendre en compte les présents. Néanmoins, les deux amis n'eurent pas le temps de se dire bonjour que le nouvel arrivant se prit un coup de poing. Le blond atterrit sur les fesses, grimaçant de douleur. Sa main vint se poser sur son arcade sourcilière ouverte d'où le sang coulait. Poussant quelques jurons, il leva ses yeux haineux pour croiser ceux, tout aussi colériques, de Suigetsu. Le renard serra les dents alors que le liquide pourpre commençait à lui brouiller la vue.
« Qu'est qui t'as pris, requin de pacotille ? » hurla le chien qui aidait son ami à se relever.
L'agresseur ne lui répondit pas, continuant de fixer avec hargne Naruto. Les autres judokas assistaient la scène, n'osant pas intervenir. Les autres ceintures noires et le professeur n'étant pas encore arrivés, ils s'agglutinèrent tous dans un coin de la pièce. Les deux rivaux se jaugèrent de regard avant que Suigetsu n'en puisse plus. Il prit le fils de marine par le col de son kimono et le poussa contre le mur. Ne prenant pas en compte les cris de fureur de Kiba, le blanc serra la prise qu'il avait au niveau du cou. Comment osait-il se pointer ici après avoir fait tant de mal à Sasuke ? Bon peut-être que le blond n'y était pour rien mais c'était comme s'il affirmait que les poules volaient ! Donc c'était de sa faute si son meilleur ami se rendait malade, point final. Le renard saisit le bras du requin : il commençait sérieusement à manquer d'air ! Pourquoi l'attaquait-il de la sorte ? Naruto ne comprenait pas : il ne lui avait pourtant rien fait. Fermant les yeux pour se concentrer, il essaya de se débattre comme il le pouvait.
« Ne fais pas l'innocent, déclara Suigetsu, c'est à cause de toi que Sasuke est dans cet état, à cause de toi que cet après-midi il…
— Suigetsu ! » coupa Karin qui venait d'arriver.
Elle courut vers lui et l'éloigna de sa victime. Celle-ci se laissa glisser contre le mur en inspirant autant d'oxygène que ses poumons le pouvaient. Sa gorge en feu, le blond ferma les yeux de douleur. Karin, quant à elle, gifla son ami d'un air mauvais.
« Non mais ça ne va pas ? Un peu plus et tu l'aurais tué ! hurla-elle en ravalant ses larmes.
— C'est quoi ce bazar ! » cria une voix.
Tous se retournèrent vers Itachi qui téléphonait en même temps. La main sur le combiné, il écarquilla les yeux en fixant à tour de rôle Suigetsu et Naruto. Le professeur de judo parla quelques secondes à la personne au bout de fil et raccrocha.
« Je peux savoir ce qu'il se passe ici ? demanda-t-il en retenant sa colère.
— C'est Suigetsu : il a frappé Naruto sans aucune raison ! » s'énerva Kiba.
Aucuns des deux concernés ne parlèrent. Le premier se contenta de baisser la tête, la joue rougie par la baffe de son amie tandis que le deuxième se préoccupait plus de sa respiration qu'autre chose. L'aîné Uchiwa se pinça l'arête du nez : comme s'il n'avait pas déjà assez de soucis avec son frère. En effet, Itachi venait d'avoir sa mère au téléphone, apprenant au passage ce qui était arrivé à son cadet. Tout ce qu'il désirait désormais, c'était rentrer chez lui, engueuler son petit frère et pouvoir enfin dormir la conscience tranquille.
« Suigetsu, vas prendre l'air dehors et ne reviens que lorsque tu te seras calmé. Les autres, allez chercher des serpillères pour nettoyer le sang. »
Tous s'exécutèrent tandis qu'Itachi s'approcha de Naruto avec son sac. Celui-ci n'avait toujours pas bougé et il sursauta quand le plus vieux le secoua légèrement.
« Tu veux que j'appelle l'hôpital ?
— Non pas besoin, c'est trois fois rien », chuchota le fils de marine.
Le brun hocha de la tête et commença à nettoyer le visage de son élève avec les mouchoirs. Une fois la tâche accomplie, l'Uchiwa examina la blessure et soupira en voyant que ce n'était pas très profond. Le saignement étant moins abondant, il appliqua le désinfectant. Le renard fit une petite grimace de douleur pendant que le professeur lui mettait les compresses sur la plaie. Le silence régnait dans la salle et le blond en profita pour réfléchir.
Quelques chose était arrivée Sasuke et vu la réaction du requin, cela devait être grave. De plus, il était apparemment responsable de son état. Naruto trembla un instant de peur en se passant tous les pires scénarios dans sa tête. Ses mains serrèrent le tissu de son kimono. Le fils de marine aurait voulu demander au grand frère du concerné mais il se ravisa, trop terrifié par la réponse.
Après cet incident, le cours commença normalement : Itachi ayant prêté sa veste de kimono au blond. Suigetsu revint une demi-heure plus tard, le visage fermé. Il ignora complètement celui qu'il avait agressé et se dirigea vers Karin. Naruto, quant à lui, était complètement ailleurs. Pendant les katas, le renard fit des erreurs grossières sous l'œil de la rouquine qui le regardait de loin. Le regard dans le vide, il écoutait Kiba sans vraiment l'entendre. Le fils de marine pensait tellement à Sasuke que son estomac se serra douloureusement, le faisant presque vomir.
Les premiers randoris furent un véritable enfer pour le renard qui mangea le tatami à plusieurs reprises. N'arrivant pas à placer une seule technique, il perdit un à un ses combats. Alors qu'il allait entamer le dernier, Naruto fut abordé par Karin.
« Je te prends pour celui-ci », dit-elle d'une voix calme.
Trop surpris, il ne put qu'opiner de la tête. Après une brève pause, Naruto se retrouva en face de la rouquine, prêt à se faire ratatiner. Le top départ prononcé, les deux judokas commencèrent à se déplacer lentement. Raide comme un bâton, le blondinet avançait comme un robot.
« Ne stresse pas, je veux juste te parler. »
Pas vraiment rassuré, le fils de marine déglutit difficilement. Allant un peu à l'écart, la ceinture marron interrogea la jeune fille du regard.
« Il s'est passé quelque chose avec Sasuke, n'est-ce-pas ? » demanda-t-elle.
Le blond s'arrêta brusquement tandis que ses joues prirent une jolie teinte rosée. Karin examina sa réaction avant de soupirer.
« Je ne veux pas savoir et quand bien même ce n'est pas à toi de me le dire. Néanmoins, je ne peux pas rester impassible après ce qu'il lui est arrivé.
— Ce qu'il lui est arrivé ? répéta Naruto, appréhendant ce moment depuis le début.
— Il a perdu connaissance », répondit-elle simplement.
Son cœur se stoppa pour reprendre d'un rythme affolé, sa respiration se coupa et ses mains moites serrèrent le kimono de la rousse. Alors le brun allait si mal que ça ? Les questions se bousculèrent les unes après les autres dans sa tête. Karin le regarda d'un œil brillant, un petit sourire étira ses lèvres : « je crois que j'ai deviné ce qu'il se passe » songea-t-elle.
« Ne t'inquiète pas, il a juste une petite éraflure sur la joue et sa mère est venue le chercher dans les cinq minutes qui ont suivi, elle s'interrompit brusquement avant de reprendre d'une voix plus douce, tu l'aimes non ? »
Le renard faillit faire un infarctus, son visage aussi rouge qu'une tomate bien mûre. Bégayant des débuts de phrases, il fixa nerveusement le sol. Sa tête allait exploser d'une minute à l'autre et le kimono de Karin était complètement froissé. Comment avait-elle pu deviner ? Ils continuèrent à se déplacer sous la surveillance d'Itachi.
« Tu sais, je ne connais pas Sasuke aussi bien que l'autre idiot mais je peux te certifier qu'il est capable de se rendre malade quand il ne comprend pas quelque chose. De plus, il se renferme sur lui-même et évite tout ce qui a un rapport de près ou de loin à son problème. »
À ce moment-là, le fils de marine feignit une attaque sous le regard insistant du professeur. La judokate comprit le sens de cette initiative et se tut. Les deux lycéens firent quelques prises dans le vide avant que la rousse ne reprenne la parole.
« Naruto, tu es le centre de son questionnement. Et étant donné que Sasuke est un fuyard professionnel quand il s'agit de ses sentiments, il faut absolument que tu le coinces et que vous ayez une discussion sérieuse. Il n'y a rien que comme ça que vous arriverez à avancer, tous les deux », chuchota-t-elle en accentuant sur le dernier mot.
Le blondinet écarquilla les yeux : sans s'en rendre compte, Karin venait de lui donner le courage d'aller affronter Sasuke. Le littéraire s'apprêtait à la remercier quand la lycéenne lui fit un Ippon seoï nage bien placé. Le judoka se retrouva ni une ni deux par terre. Se relevant avec difficulté, il croisa le regard menaçant de la scientifique.
« Néanmoins, refais du mal à Sasuke et tu le sentiras passer », finit-elle d'un ton catégorique.
Il hocha nerveusement la tête et nota dans un coin de son cerveau de ne jamais l'enquiquiner. Itachi mit fin au combat quelques secondes plus tard et, en saluant Karin, Naruto prit la décision qu'il devait agir vite avant de perdre sa détermination.
C'était maintenant ou jamais.
X.X
Sasuke éternua et se moucha énergiquement le nez. Voilà qu'en plus d'avoir un début de rhume à cause de son immunité pourrie – on récolte ce que l'on sème lui aurait dit son père –, le brun avait un mauvais pressentiment et il détestait ça. Son frère n'allait pas tarder à arriver et le scientifique se préparait mentalement au savon de son aîné. Couché dans son lit, il se concentra sur le bruit du vent qui tapait contre sa fenêtre et récapitula sa fin d'après-midi. Après une bonne douche, le cadet Uchiwa avait mangé le plat que lui avait apporté Mikoto et il avait dormi, et dormi sans faire le moindre rêve douteux – ce qui l'avait grandement reposé –. Quelques minutes plus tôt, le judoka avait aidé sa mère à préparer le dîner dans la joie et la bonne humeur.
Le noiraud fut ramené à la réalité par le grincement de la porte d'entrée et, par réflexe, il se cacha sous sa grosse couette. Le scientifique ne bougea pas pendant une minute avant de sortir de sa couche et de quitter sa chambre. Itachi aurait dû l'enguirlander dans la seconde après avoir passé le seuil de l'entrée. Donc soit la brune le retenait par il ne savait quel moyen, soit il y avait un problème. Sasuke traversa le couloir et tendit l'oreille : il devina vaguement la voix de sa mère et celle de son frère mais il y en avait une autre. Lassé, le brun soupira et descendit l'escalier.
Néanmoins, l'Uchiwa s'arrêta au milieu des marches et écarquilla les yeux. Le silence s'installa alors entre les personnes présentes. Au moins, son pressentiment était confirmé. Un sentiment de colère et de réjouissance retourna son ventre. Naruto n'avait rien à faire là mais, au fond, le voir lui faisait autant plaisir que cela l'effrayait. Il se perdit un instant dans les pupilles bleues de l'intrus. Tous les souvenirs de la soirée de vendredi dernier revinrent à la charge. Ses pommettes se mirent à chauffer et son cœur bondit dans sa poitrine. Le brun mit sa main sur ses joues pour cacher sa gêne et, sans plus de préliminaires, se retourna précipitamment pour prendre le chemin inverse. Pris de dépourvu, Naruto bouscula sans le vouloir Mikoto et suivit Sasuke.
Ce dernier claqua la porte de sa chambre, s'enfermant au passage. Le judoka se laissa glisser sur la paroi en bois et reprit sa respiration qu'il avait arrêtée sans s'en rendre compte. Ses jambes étendues devant lui et la tête dans ses mains, le brun essaya de calmer les battements éreintés de son organe vital. Il avait eu le temps de réfléchir toute l'après-midi et Sasuke était prêt à le reconnaître : il aimait, un peu, Naruto – mais qu'un tout petit peu ! –. Quand bien même, le scientifique n'était pas préparé et il fallait avouer qu'il était terrifié : ça allait trop vite pour lui. Voilà que le blondinet débarquait dans sa maison comme si tout était normal alors que rien ne l'était ! Se frottant énergiquement les yeux, il remit ses pensées en ordre.
« Sasuke », murmura le fils de marine contre la porte.
Le dénommé sursauta, ne s'étant pas aperçu que l'objet de ses pensées était derrière lui. Il se releva à la hâte et fusilla du regard la malheureuse cloison.
« Dégage Naruto, tu es bien la dernière personne que je veux voir, cracha-t-il assez fort pour que son interlocuteur l'entende.
— Il faut qu'on parle Sasuke, respira-t-il avec assurance.
— M'en fous, vas voir ailleurs si j'y suis.
— Je suis sérieux ! cria le blond. Je ne partirai pas tant qu'on n'aura pas eu une discussion, je camperai devant ta porte s'il le faut et tu sais que j'en suis capable. Arrête de fuir ! » finit-il en essayant de cacher sa tristesse derrière la colère.
Étonné par le ton du littéraire, le noiraud ne trouva rien à répondre. Il déglutit difficilement et serra les poings jusqu'à ce que ses phalanges blanchissent. Qu'il arrête de fuir ? Sasuke aimerait bien mais il n'y arrivait pas. Fuir était la voie de la facilité et quand il s'agissait de lui, de ses sentiments, le brun ne voulait pas se casser la tête à comprendre donc il reportait au lendemain et en général ça ne faisait de mal à personne. Mais là, c'était différent : Naruto n'allait pas bien et il avait beau le cacher, cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. Le noiraud s'en voulut d'avoir été si égoïste et puis, le renard ne voulait que parler donc autant finir ça le plus vite possible.
Sasuke s'approcha d'un pas craintif vers la porte. D'une main tremblante, il enleva le verrou et l'ouvrit. Sans que Naruto n'ait le temps de réagir, le ténébreux lui prit le poignet et tira le renard dans sa chambre. Le judoka ferma de nouveau la pièce et se dirigea vers son lit, ignorant le blond immobile. Le scientifique s'affala sur le matelas : ils n'avaient pas encore commencé qu'il se sentait épuisé. Fixant le plafond, le noiraud sentit le regard intense du fils de marine qui le déstabilisa quelques secondes.
« Je t'écoute, dit-il simplement.
— Karin m'a raconté ce que tu t'es évanoui en cours de sport. Je voulais savoir comment tu allais.
— Ça n'aurait pas été plus pratique de m'envoyer un message ? ironisa-t-il.
— Tu n'as jamais voulu me donner ton numéro », répondit le blondinet en se grattant nerveusement l'arrière du crâne.
Le judoka tiqua légèrement, il se souvenait maintenant qu'il l'envoyait bouler à chaque fois que le renard le lui demandait. Pourtant, le brun avait le numéro de portable de Naruto dans son répertoire. Sasuke se redressa et saisit son téléphone de la table de chevet. Naviguant rapidement dans le menu, le scientifique tomba sur le nom du blond. Mais comment se faisait-il qu'il le possédait alors que le fils de marine non ? Il se mit à réfléchir sous la mine perplexe du littéraire. Les méninges du noiraud tournaient à plein régime quand il se souvint : Itachi devait avoir tous les numéros pour les dossiers sportifs en cas de pépin et le cadet Uchiwa avait classé les fiches sous la demande du plus grand. Il était tombé sur la fiche du nouveau et, après un moment d'hésitation, l'avait enregistré. Mais c'était juste au cas où le blond aurait eu des problèmes !
« Je suis un boulet » pensa-t-il. Cela faisait si longtemps que Naruto l'attirait ? Et dire qu'il n'avait rien vu venir. Son regard perdu sur le petit écran, Sasuke pianota quelques instants sur le clavier du téléphone pour enfin le reposer à côté de la lampe. Trois secondes plus tard, le portable du blond vibra dans sa poche de jogging. Surpris, ce dernier ouvrit le clapet de l'appareil et haussa un sourcil en voyant un message d'un numéro inconnu. Appuyant sur la touche OK, ses yeux s'agrandirent alors qu'il lisait le SMS. « Sasuke Uchiwa », c'était tout ce qu'il y avait de marqué mais le cœur du renard s'emballa alors qu'un tendre sourire ourla sa bouche. Ses yeux se portèrent sur le brun qui avait porté son attention sur la fenêtre et l'appela.
Le scientifique n'eut pas le temps de se retourner qu'il reçut une importante masse sur lui. Le judoka fut plaqué sur le lit en réceptionnant Naruto dans ses bras. Les yeux fermés dû au choc, le cadet Uchiwa émit un faible grognement. Leurs deux corps étroitement serrés, le blondinet embrassa la nuque du noiraud puis s'approcha de son oreille :
« Merci. »
Ce simple mot fit battre de plus belle le cœur de Sasuke, des papillons commençaient à le chatouiller dans son ventre. « Et merde, on dirait une vraie fille… ». Il devint cramoisi tandis que Naruto s'éloignait pour voir le visage du judoka. Se redressant sur les coudes, le renard examina attentivement le visage du jeune homme en dessous de lui. L'adjectif adorable fut le premier mot auquel il pensa : ses cheveux éparpillés négligemment autour de sa tête, ses yeux noirs qui reflétaient la faible lumière qui les éclairaient, une jolie teinte coquelicot sur ses joues. Son sourire s'élargit alors qu'il le regardait comme si c'était un trésor, son trésor. Le littéraire s'approcha lentement et frotta doucement son nez contre celui du noiraud, heureux d'avoir pu enfin se livrer sans être rejeté. En effet, malgré sa réputation, le blond n'avait pas eu énormément de conquêtes, aussi bien féminines que masculines.
« Je t'aime », souffla-t-il.
Sasuke faillit faire un arrêt cardiaque et réagit au quart de tour sans le vouloir. Prenant l'oreiller sous sa tête, il le balança sur Naruto qui fut renversé en arrière et le judoka inversa les positions. Assis sur le blond, le scientifique laissa le coussin sur son visage pendant que l'autre se débattait. Plus rouge que jamais, le noiraud avait été pris de panique à cette annonce. Le renard arriva à se défaire de la prise du jeune homme en jetant de l'autre côté de la pièce l'objet en plume. Il reprit son souffle, deux fois le fils de marine avait frôlé la mort aujourd'hui.
« Crétin, déclara le brun.
— Si tu le dis, mais je t'aime quand même. »
Ne relevant pas la dernière partie de la phrase, le ténébreux fut intrigué par le bandage – venant à peine de le remarquer – sur l'arcade sourcilière de blond. Les sourcils froncés, il caressa du bout des doigts le tissu blanc. Naruto ne bougea pas, savourant le geste en posant sa main sur la sienne. Sasuke voulut s'en dégager mais la forte poigne du renard l'empêcha de bouger. Le brun fut surpris de ressentir une telle chaleur, envahissant tout son corps. Son cœur ne cognait plus de la même manière, c'était des battements beaucoup plus doux. Le judoka se mit apprécier ce contact et il entremêla automatiquement ses doigts à ceux du blondinet. Ce dernier sourit tendrement.
« Qui est-ce qui t'as fait ça ? demanda-t-il tout d'un coup, sérieux.
— Ne t'inquiète pas, je l'avais méritée, cette droite.
— Je parie que c'est Suigetsu, soupira le judoka, ignorant par la même occasion la réplique de l'autre.
— Non ! Enfin si, mais je ne lui en veux pas : il a juste cherché à te protéger, murmura le blond.
— Excuse-le », reprit le scientifique après un moment d'hésitation.
Sans vraiment savoir ce qu'il faisait, Sasuke se rapprocha du visage de Naruto et posa timidement ses lèvres sur les siennes en fermant doucement les yeux. Étonné au début, le blond ferma à son tour les paupières. Ses mains remontèrent sur le torse du noiraud, passèrent les épaules et finirent par se perdre dans la chevelure encre. De son côté, le ténébreux savourait les nouvelles sensations qui le parcouraient. C'était doux, sucré et un poil humide et quand le fils de marine voulut approfondir le baiser, il ne protesta pas une seule seconde. Le brun ouvrit la bouche alors que le renard l'explora avec sa langue. Les deux muscles se rencontrèrent, apprirent à se connaître, s'enlacèrent doucement puis plus franchement. Ce contact électrisa Sasuke. Tout était encore inconnu pour le judoka, aussi bien la chaleur au niveau de son bas ventre l'incitant à aller plus loin que les agréables frissons qui le parcouraient. Seulement, la peur fit peu à peu son chemin jusqu'à son cerveau et le fait qu'ils n'étaient pas seuls le dérangeait encore plus. Une sonnerie d'alarme retentit en lui quand une main baladeuse s'aventura sous son t-shirt.
Stoppant le baiser, il en profita pour reprendre son souffle et, alors que l'angoisse laissait place à la frustration, il se leva du lit en s'étirant vers le haut. Quant au blondinet, il poussa un grognement plaintif puis roula sur le côté pour voir Sasuke se dirigeait vers la porte.
« Désolé Naruto mais c'est pas pour ce soir. En attendant, j'ai une faim de loup moi. »
Le renard regarda le brun ouvrir la chambre : alors il allait le laisser en plan comme ça ? Le fils de marine s'enfonça un peu plus dans le matelas avec une mine boudeuse. Sasuke se retourna vers lui sur le pas de la porte et soupira d'exaspération face à l'expression de son « petit-ami ». Son cœur lui vrilla les tympans à cette pensée mais il se reprit.
« Tu viens ou je dois attendre le dégel ? » se moqua le noiraud.
Le visage de Naruto s'illumina tandis qu'il bondit hors du lit pour rejoindre le ténébreux. À sa hauteur, le blond lui prit la main et le tira vers la cuisine sous le regard surpris de Sasuke. C'était clair, net et précis désormais :
Plus jamais il ne le lâcherait.
Voilà la fin très chers lecteurs.
D'abord, je vous souhaite un joyeux Noël (désolée du retard). Ensuite, merci d'avoir suivi cette fanfiction et d'avoir exprimé votre avis sur celle-ci avec vos commentaires.
Je remercie aussi ma petite Emystral qui corrige mes chapitres : thanks you !
N'hésitez pas à dire ce que vous en pensez !
À bientôt pour vous jouer un mauvais tour !
Canaan-chan :3.
