Personnages : les manchots

Nombre de mots : 330

Ecrit vers septembre 2011

ooo

- Mais pourquoi est-ce que j'use ma salive avec toi, réalisa soudain Kowalski. Tu ne comprends probablement pas un mot de ce que je suis en train de t'expliquer...

- Uèèè, admis Rico qui jusque là se contentait de le regarder d'un œil vide sans écouter.

- Skipper ! interpella Kowalski en quête d'un interlocuteur doté d'un quotient intellectuel un peu plus élevé. Il faut que je te parle de ma nouvelle invention !

- Laisse-moi deviner … Un truc dangereux qui risque de détruire l'Humanité et l'Univers ?

- Nooon, sauf si ça tombait entre de mauvaises mains bien sûr... Mais écoute attentivement, c'est du génie pur : l'idée m'est venue alors que je nettoyais mon rayon laser paralysant, j'ai soudain réalisé qu'en récupérant l'énergie résiduelle des vibrations subsoniques générées par l-

Skipper fit "Humhum" en hochant la tête, les sourcils légèrement froncés.

- Café, Skipper ? les interrompit Private en tendant un mug décoré d'un poisson à son supérieur.

- Pas maintenant, mon jeune Private, je suis occupé à essayer de faire semblant de comprendre ce que raconte Kowalski...

Kowalski poussa un lourd soupir.

- Ô frustration ! La terrible solitude d'être le seul être pensant ! N'y a-t-il personne dans tout ce zoo pour m'écouter, me comprendre – et s'émerveiller avec moi de la supériorité de mon intelligence !

Private lui tendit le Speak&Spell.

Kowalski prit un instant un air blessé avant de s'emparer du jouet et de taper avec habilité (pour un manchot) sur le clavier.

- Féli-ci-tation, fit la machine de sa voix synthétique. Tu-es-gé-nial.

- Oui, je sais, merci. Et encore une fois je crains qu'il n'y ai que toi pour vraiment t'en rendre compte... Je suis tellement intelligent que parfois j'aimerais prendre mon cerveau pour l'embrasser, ce qui est malheureusement anatomiquement impossible – un des grands drames de ma vie...

Skipper et Private le laissèrent seul à s'auto-congratuler. Après tout Rico avait bien une poupée pour petite amie, Kowalski pouvait bien de temps en temps se permettre d'avoir un ordinateur pour admirateur.