Crédit : Bob l'Octodian, et son Metal Bloody Saloon appartiennent exclusivement à Aerandir Linaewen qui les a créés. Et donc la descendance de Bob vient directement d'elle et de son amitié à m'avoir permis de les utiliser

2.

Dans la salle rebaptisée Mess de l'Arcadia, Kei était venue rejoindre son capitaine.

- Alors, où en est-on ?

- Je crois que c'est désespérément gratifiant d'aider les gens au lieu de les détrousser, parut avouer à contrecœur la jolie blonde. Et parfois, on reçoit beaucoup plus que ce qu'on aurait rapiné !

- Oui, enfin sur ce dernier point, ça se compte sur quelques doigts d'une seule main !

- Et à toi, ça fait quoi, capitaine ?

- Je ne sais pas, reconnut à son tour Albator avec un haussement désinvolte des épaules. Je n'avais jamais vécu d'expérience de ce genre. Je n'ai comme références de la vie que celle de mes cinq années de Pirate…

- Tu regrettes ce que nous avons tous fait ? questionna-t-elle.

- Je n'en sais rien. Je n'ai accompli que ce que Lothar attendait de moi, et il m'a toujours félicité pour ce que je faisais ! J'aurais du mal à me sentir coupable… Quoique, au vu de ce que mon père tente de me faire réapprendre, j'ai vraiment été un monstre !

- Non, juste un Pirate. Et au vu des actions de Lothar, tu as encore été très sage, bien que tu aies fait peur à toutes les flottes de défense !

- Un rien les fait chier dans leur froc, rien d'étonnant à ce que hisser un drapeau noir les aie mobilisées en faisant de moi un croquemitaine ! Qu'est-ce que ça n'aurait pas été si mon drapeau avait été rouge sang !

- Rouge, comme sans quartier et sans prisonniers, pire que tout ce que l'imagination pouvait développer ! murmura par réflexe Kei. C'était le pavillon de Lothar, le seul.

Albator secoua la tête de façon négative.

- Quand nous avons fait halte à une station-relai d'une flotte, on m'a parlé d'un autre bâtiment sillonnant depuis peu la mer d'étoiles, et battant pavillon Pirate de sang !

- Et, on t'a demandé, ordonné, de… ?

- Je ne reçois pas d'ordres ! J'agis à ma guise ! Bien qu'il soit possible qu'on m'aiguille vers un ennemi pour aider ceux envers qui j'ai pris des engagements, ce pour quoi j'ai reçu des Lettres de Marques. Et pour le moment, nous sommes presque en relâche.

- Qu'attendons-nous ? Qui attendons-nous, peut-être ? hasarda Kei, avec son habituel instinct.

Son capitaine eut un ricanement tout en finissant son café.

- Nous ne sommes guère fiables semble-t-il, et je ne peux leur donner tort au vu de mes antécédents et en dépit de mon ascendance, aussi on nous adjoint un soutien indépendant.

- Quoi ! ? se révolta la seconde de l'Arcadia.

- Indépendant, et c'est bien le cas de le dire ! poursuivit imperturbablement le corsaire balafré. Une République de l'Union nous envoie un cuirassé et son capitaine.

- Mais plus encore ?

- Aucune idée, je n'ai pas eu plus d'information. Il nous faut donc effectuer des cercles en attendant qu'il fasse jonction avec nous. C'est là que nous ferons le point.

L'intérêt de Kei parut se ranimer, autant que ses joues.

- On part à la chasse au Pirate au pavillon rouge.

- A ce qu'il semble. Entre autres, au vu des aléas de notre quotidien. Mais, à ta place, je modérerais mon enthousiasme. Il y a seulement quelques mois, c'étaient nous les Pirates ! Bien qu'à ce stade de nos débuts, je crains bien que plus de quatre-vingt-dix-neuf pour cent de la population des planètes habitées ne nous considèrent toujours comme des Pirates ! Je ne peux leur donner tort, je ne sais moi-même pas où j'en suis, où je vous emmène, et si vous avez tous eu raison de me suivre…

Kei s'était levée et approchée de son capitaine.

- Les trente-neuf autres et moi sommes ton équipage. Mais il y a aussi deux êtres qui ont choisi librement de demeurer à tes côtés après que tu leur ais offert la liberté, juste après notre départ en tant que corsaires. Là est la marque du bon choix.

- Il n'empêche que je ne sais si la voie – la seule option de vie possible – organisée par mon père fut la bonne. Plus que jamais, nous vivons au jour le jour… Et peut-être qu'un jour retrouverons-nous notre lustre d'un passé encore si proche ! Il me faut être digne de mes ancêtres, et je ne veux qu'œuvrer désormais que selon les convictions de mon éducation et dès lors il me faut plus de souvenirs, beaucoup plus !

- Tu veux dire que ce qui te revient en mémoire ne t'aide pas ?

Albator jeta un regard noir à sa seconde, toujours là pour lui, et lui rappelant aussi une autre blonde !

- Disons que ce dont je me rappelle me conforte dans le fait que je suis né pour être une tache sur la fresque généalogique de la famille, une tache qui ne serait juste bonne qu'à effacer pour que les générations futures ne sachent même pas que j'ai un jour existé !

Il bondit sur ses pieds.

- C'est quoi, cette alerte ? glapit-il alors qu'une sirène s'était déclenchée.

- Je vais à la passerelle ! jeta Kei.

- Nous nous y rendons, rectifia le corsaire à la chevelure de caramel.

- C'était quoi, cette alerte ? s'enquit Toshiro Oyama, alors que le capitaine qui l'avait acheté, et désormais ami, était venu le retrouver dans son studio, une bouteille de red bourbon à la main.

- Ton appartement pourra être inauguré demain, Toshiro. Tu auras toute la place et tout le confort possible pour exercer tes talents et te reposer.

- Et tu ne réponds pas à ma question, Albator !

- Un cargo de transport qui a paniqué à la vue du drapeau, sans prendre en considération l'écusson corsaire et nos signaux automatiques de non-agression, et eux ont préféré tirer les premiers. Situation bien banale ! Aucun dégât bien important à signaler.

- D'accord. J'ai hâte de découvrir mon nouveau logis ! Je suis sûr que tu as fait tout ce que tu pouvais.

- Tu méritais le meilleur. J'espère t'en avoir donné les moyens. Notre nouvelle vie commence, elle risque bien d'être un chemin bien plus escarpé que ne le fut mes débuts de Pirate amnésique !

- Nous sommes là, sourit alors l'ingénieur binoclard.

Il tourna alors ses petits yeux ronds vers celui de ses ordinateurs qui annonçait l'entrée d'un message.

- C'est pour toi, prends-le, Albator.

Le capitaine de l'Arcadia relaya alors son ami devant l'écran.

- Alors ? questionna Toshiro, curieux comme un singe.

- Un message d'Erkhatellwanshir l'Octodiane, la fille de Bob, elle dit rouvrir le mythique Metal Bloody Saloon de Gun Frontier et m'y invite… Comme si je savais seulement où est Gun Frontier !