Chapitre deux : Un de moins trois de plus
Je retournai à Quarellis et profitai des différentes échoppes pour acheter des pokéballs et des potions. Ce qui me coûta presque tout mon argent. Sauf que je n'avais plus l'intention ni de me faire dépasser par les événements, ni de donner une raison supplémentaire à mon grenousse de faire la tête. Cela ne l'empêcha pas de me dédaigner quand je lui montrai mes achats. Nous marchâmes vers la route 2 dans un silence pesant. Sur le pont, je dégainai une pokéball et mon pokédex, bien décidée à être prête.
– Nousse, se moqua Blue avant de renifler.
Je l'ignorai royalement et sortis de la ville. Je ne savais tout simplement pas quoi répondre. Il aurait certainement trouvé à redire de toute manière.
Après un mètre seulement, un roucool nous fonça droit dessus. Je me jetai à terre juste à temps. Hors de question de me laisser frapper par un oiseau maintenant qu'il n'y aurait plus passerouge pour les réveils. Si j'avais évité avec succès la charge du volatile, ce ne fut pas le cas d'une remarque à coup sûr déplaisante de ma grenouille. Il ne m'aimait vraiment pas.
– Blue lance écume, ordonnai-je.
Il soupira, mais s'exécuta néanmoins et lâcha une salve de bulles en direction du roucool. Qui n'en avait pas grand-chose à faire puisqu'il vola directement au travers pour charger mon pokémon.
– Gre, se plaignit Blue, bien qu'il n'ait pas subi grand dégât, avant d'ajouter en me regardant : noussegre gre.
L'oiseau, lui s'était posé au sol, l'attaque l'avait plus secoué que ce qu'il avait imaginé. À moins que les pokémons sauvages n'imaginent pas que des bulles puissent blesser. Peut-être que venant d'un magicarpe c'était possible, et encore, j'en doutais. On ne donnait pas suffisamment de crédit à ces poissons. Dans tous les cas, je profitais de son immobilité pour le viser avec une pokéball, qui heureusement fit mouche. Le roucool fut aussitôt absorbé par une lumière rouge.
Je retins mon souffle alors que la ball s'agitait une première fois. Étonnamment, grenousse semblait dans le même état que moi et fixait intensément la deuxième secousse. La pokéball tourna une dernière fois sur elle-même avant de s'immobiliser dans un petit clic sonore. Soulagés, on s'affaissa au sol comme des parecools. La capture avait réussi. Je souriais en y pensant, j'avais capturé mon premier pokémon. Quand je ne paniquais pas, je n'étais pas si mauvaise après tout.
– Grenousse, m'appela Blue avant de pointer sa pokéball. Gregrenou.
– Tu veux déjà retourner dedans ? demandai-je en fronçant des sourcils.
– Gre, nia-t-il avant de désigner la pokéball du roucool puis moi, sa balle de nouveau et enfin les alentours. Grenousse nousse noussegre grenou. Grenousse.
Autant dire que je n'avais littéralement rien compris de ce qu'il disait. Soupirant, il nous désigna tour à tour avant de faire une croix avec ses pattes avant. Ce qui voulait dire…
– Entre nous ça ne marchera pas, proposai-je, ce qui me valut une approbation et un geste en direction du roucool, mais j'ai ce roucool.
Il hocha la tête avant de nouveau s'associer avec les alentour.
– Et tu veux quoi que je te relâche, complétai-je les larmes au yeux.
Je reçus un nouveau oui, qui m'aurait fait tomber si je n'étais pas toujours assise au sol. Savoir qu'il ne m'aimait pas était une chose, mais apprendre que mon premier pokémon voulait carrément partir en était une autre. Après tout, je pensais qu'avec le temps notre relation s'améliorerait. Je baissai les yeux en me mordant la lèvre, peut-être que je devais retourner à la maison. C'était sûrement un signe du destin. Je libérai le roucool qui semblait, plus ou moins, avoir tout entendu.
– Je suppose que toi aussi tu veux être libre.
Il me regarda, avant de se tourner vers le type eau, puis de nouveau vers moi, l'air songeur. Finalement, il haussa ses petites ailes, comme s'il se fichait pas mal de redevenir sauvage ou non. Je serrai la pokéball dans ma main en la regardant l'oiseau était un mâle de niveau trois.
Je m'imaginais ce que je dirais à ma mère si je rentrais maintenant et secouai la tête. Hors de question que je loupe une seconde fois la chance de voyager. Hors de question de voir le visage triste et déçu de ma mère. Pire : cela nous rappellerait ce qui s'était passé quatre ans plus tôt. On avait tourné la page depuis, mais ça restait un souvenir douloureux.
Et puis peut-être que je pouvais m'entendre avec le roucool. Après tout il me laissait totalement libre de choix.
Je ne devais pas me laisser abattre par la volonté de Blue. Même s'il ne m'acceptait pas comme dresseuse, je pouvais en être une. Certains duos pokémon-humain ne fonctionnaient jamais. Laissant la pokéball du grenousse sur le sol, je me relevai en séchant mes larmes, puis l'écrasai d'un coup sec avec mon talon. Finies les tergiversations.
– Je ne te retiens pas Blue, dis-je avant de porter toute mon attention sur le roucool. Il faut qu'on aille te soigner… Valefore.
L'oiseau s'envola pour se poser sur mon épaule. Il acceptait de me suivre et ça me remonta le moral.
Je retournai à Quarellis. Même s'il n'y avait pas de centre pokémon on pouvait y trouver un bâtiment à la tenture rouge qui remplissait le même rôle. La femme au comptoir emmena Valefore à l'arrière. J'en profitais donc pour étudier la carte de Kalos. Deux courtes routes et une forêt me séparaient de la prochaine ville. Vu la distance, je décidai de garder le reste de la matinée pour l'entraînement et choisis la route 2 pour cela.
– Rourou !
Je levai la tête pour voir Valefore voler droit sur moi et se poser d'office sur mon épaule. Il avait repris du poil de la bête et semblait impatient d'y aller. Je saluai la dame de l'office et retournai au chemin Progrès.
Cette fois-ci aucun pokémon ne me sauta dessus à peine sortie de la ville. En fait, nous ne rencontrâmes pas une âme vivante avant d'avoir dépassé le premier champ d'herbe haute. En place de pokémons sauvages, nous croisâmes Kalem et Sannah. Ils se tenaient tous deux juste devant une autre zone herbeuse.
– Lulu ! Viens on va apprendre comment attraper des pokémons, annonça Sannah.
– Roucool ! clama mon pokémon, poussant mes cheveux qui le cachaient.
– Pour le coup je crois savoir comment faire, répliquai-je.
Kalem, ferma les yeux en soupirant.
– Tu devais forcément tomber sur un pokémon sauvage sur les dix mètres qui nous séparent de Quarellis. Rassure-moi, c'est bien le premier que tu as croisé au moins ?
– Oui, c'est même le seul, confirmai-je.
– Au moins tu l'as capturé. Reste quand même ce n'est pas la seule chose dont je voulais vous informer, déclara Kalem.
Il fouilla les herbes et ne tarda pas à trouver un petit lapin gris aux grandes oreilles. Il envoya un passerouge affaiblir le sapereau avant de lui lancer une pokéball dessus. La capture réussit du premier coups, provoquant l'extase de Sannah.
– J'vais vous donner dix pokéballs chacune pour commencer votre activité de dresseur, annonça Kalem en nous tendant lesdites balls.
– Les pokéball c'est magique. Je peux attraper des pokémons, moi aussi ? s'interrogea-t-elle.
– Quelle question, commenta-t-il. Par ici tu n'as qu'à envoyer une pokéball pour attraper un pokémon.
– D'accord, il va pleuvoir des pokéballs, hi hi ! Alors à moi les pokémons les plus beaux et les plus mignons… et le plus complet des pokédex ! Tout le monde en sera vert de jalousie, oui.
Je souris devant tant d'enthousiasme. Ça faisait quand même beaucoup d'objectifs, mais mieux valait ça que d'en n'avoir aucun.
– En capturant des pokémons sauvages, tu renforces ta propre équipe. Cependant il y a quelques règles à respecter sur les captures.
– Il y a des limitation à Kalos ?! fis-je, surprise.
– Ça fait quelques années maintenant que tous les conseils des différentes régions ont promulgué une loi n'autorisant la capture que du premier pokémon rencontré dans chaque zone. Même si pour les échanges ils ne sont toujours pas d'accord, ici ça compte comme une capture. De plus, tous les dresseurs de Kalos sont maintenant obligés de s'imposer une seconde règle, expliqua-t-il. Par exemple, je me suis donné comme règle de ne pas avoir de doublon d'une même lignée évolutive. Mais j'aurais très bien pu choisir de ne capturer que des types plante. Ou n'importe quoi d'autre.
La loi du premier pokémon par zone avait pas mal fait parler d'elle au début. Maintenant ce n'était plus vraiment considéré comme une restriction. Par contre le coup de se choisir une seconde règle m'était totalement inédit.
– C'est un peu tordu, remarquai-je. Et comment on fait pour l'enregistrer ?
– Normalement on devrait passer par un centre pokémon, mais le pokédex peut aussi le faire. Vous voyez l'interstice au bas du cercle dans le dos du pokédex ? Il suffit de glisser la carte d'identité ici pour la mettre à jour en tant que carte dresseur et pouvoir enregistrer la seconde règle. Par contre Lulu, il faut que ta règle colle avec ta capture.
Je suivis ses instructions et observai ma carte devenir verte pendant que le pokédex affichait « Mise à jour en cours », rapidement suivi de « Seconde règle de capture manquante. Vous devez l'enregistrer. »
– Ouah il fait vraiment tout le pokédex ! clama Sannah.
– Je peux vraiment inventer n'importe quelle règle, comme n'avoir aucun pokémon du même sexe que le mien ou…
Je vis Kalem tenter de me stopper, mais j'avais déjà fini mon exemple. Un petit « Ting » retentit. Un nouveau message apparut sur le pokédex : « Règle enregistrée. Vous êtes désormais autorisé à capturer le premier pokémon mâle ou asexué rencontré de chaque zone, s'il s'enfuit ou que vous le tuez, la zone est perdue. ».
Oups.
– L'enregistrement peut se faire vocalement, soupira Kalem en cachant son visage d'une main. J'allais vous dire de bien réfléchir avant de choisir car c'est définitif. Enfin à une exception près, comme on travail pour le professeur, on a le droit de capturer les chromatiques. Comme ils sont rares ça permettrait d'en récupérer les données. Apparemment, l'un des professeurs pokémon travaillerait sur le sujet, il cherche à en savoir plus et s'en fait envoyer.
– On ne pourrait donc pas le garder ? Dommage, déplora Sannah.
– Si, une fois la collecte de données finie. Bon je vous ai dit tout ce que vous devez savoir. Allez, salut les filles !
Kalem partit s'entraîner pendant que Sannah cherchait sa seconde règle. On discuta un peu et je me confiais à elle sur le départ de Blue.
– C'est une bonne chose que tu n'aies pas abandonné, m'encouragea-t-elle. Il ne faut jamais baisser les bras et si on se bat suffisamment, on finit toujours par gagner, hi hi ! Je suis contente, je me serais de nouveau retrouvée à être la seule fille dans notre bande d'amis.
Elle s'enfonça elle aussi dans la route 2, pendant que je restais vers l'entrée pour entraîner Valefore. Après trois niveaux de gagnés, m'être aperçue que ma mère avait empaqueté discrètement une potion et un sandwich dans mon sac et un tour à Quarellis pour soigner mon roucool, nous traversâmes enfin la route 2. Ou presque, car un enfant m'intercepta juste avant d'entrer dans la forêt.
– Quand le regard d'un dresseur croise le regard d'un autre dresseur… le combat à déjà commencé, me défia-t-il avec un zigzaton.
– Valefore, comme à l'entraînement, ordonnai-je.
Ce n'était en fait pas une tactique bien complexe, puisqu'elle consistait à juste charger en permanence, mais ça suffisait largement pour l'instant. Peu d'options s'offraient à moi de toute manière. Dés que le rongeur tomba à terre, mon oiseau revint se poser sur mon épaule pour clamer sa victoire en roucoulant et levant son aile. Enfin, juste avant que mes cheveux ne reviennent en force le cacher, le faisant un peu râler.
La forêt de Neuvartault se composait d'arbres gigantesques au feuillage touffu qui laissait passer une lumière diffuse. Bordé par les troncs ou par des herbes hautes, le chemin zigzaguait tranquillement. Juste devant un arbre séparant la route en deux se tenait Sannah qui me fit un grand sourire en me voyant.
– Apparemment on a tous décidé de traverser la forêt en même temps. On n'a qu'à faire le chemin ensemble, hi hi . Je suis sûre qu'en restant avec toi, il va nous arriver des tas de choses intéressantes. Je peux soigner tes pokémon quand tu veux, me dit-elle.
– Pourquoi pas, tu sais de quel côté aller ?
– Il faut prendre à droite, mais on trouvera peut-être quelque chose d'intéressant sur la gauche.
On se promena tantôt sur le chemin, tantôt dans les hautes herbes, sans rencontrer tout de suite de pokémon. Nous trouvâmes une potion et un antidote abandonnés. Les gens jetaient vraiment n'importe quoi. Puis nous croisâmes enfin un pokémon. Un chenipan mâle qui se promenait tranquillement sur un tronc. Étant celle qui le repéra, il fut considéré comme ma première rencontre et non celle de Sannah.
Valefore n'eut besoin d'aucun ordre pour charger la petite chenille qui faillit bien succomber. Il tomba du tronc à moitié écrasé avec du sang verdâtre suintant de son corps. Je demandai à mon roucool d'attendre pendant que j'attrapais une pokéball dans mon sac, remerciant Arceus qu'il soit encore vivant. Le chenipan se trémoussa tant bien que mal pour revenir sur ses pattes et englua mon oiseau en représailles, avant de reprendre son chemin avec peine. Prouvant au passage que les chenipans savaient boiter.
Je lançai la pokéball qui aspira l'insecte. Il ne devait décidément pas être belliqueux, car le clic de confirmation de capture survint aussitôt.
– Tu peux le soigner s'il te plaît ? demandai-je à Sannah.
– Admire une pro à l'œuvre ! accepta-t-elle avec un clin d'œil en sortant des baies orans.
Je fis ressortir le chenipan qui dévora volontiers les fruits bleutés. Il lui fallait un nom et, après quelques instants de réflexion, j'optais pour Magus. Je l'appelai pour tester sa réaction. Il pencha la tête sur le côté, couina et se remit à manger. Je pris cela pour un oui. Il était mignon, mais pas très expressif. À côté, Valefore paradait, fier de lui comme un canarticho. On tomba ensuite sur une flotajou qui revint à Sannah. Heureusement, la singe d'eau sembla un peu lente au réveil, laissant le temps à mon amie de s'écarter suffisamment pour éviter un coup de griffe. Feunnec n'eut même pas besoin de l'affaiblir pour qu'elle se laisse capturer.
Ayant visité tous les culs de sac de ce coin de forêt, nous revînmes sur nos pas pour prendre l'autre chemin. Là, nous croisâmes les garçons qui s'amusaient chacun à leur façon, ainsi qu'un Flamajou qui tenta de cramer Magus malgré sa visible incapacité à produire une attaque de type feu. Dans tous les cas, je préférai rappeler ma chenille pour laisser Valefore combattre, ou plutôt massacrer son adversaire.
Un lépidonille qui encaissait les attaques de mon chenipan me força, encore une fois, à le remplacer par mon roucool. La chenille paraissait si calme que j'éprouvais des remords à vouloir l'entraîner. Même Sannah admettait qu'elle entretiendrait des doutes à ma place.
– Je pourrais traverser ces bois les yeux fermés et les mains attachées dans le dos, se vanta Kalem en nous dépassant en courant.
– Les garçons font encore un concours, s'amusa Sannah.
– Trovato n'a pas vraiment l'air d'y participer, on dirait qu'il analyse la zone plutôt qu'autre chose, remarquai-je.
– C'est tout lui ça.
Nous continuâmes notre chemin à notre rythme. Nul besoin de se presser pour arriver à la ville suivante avant la nuit.
– Lulu attends ! cria Sannah en allant soudain farfouiller dans les herbes. Lulu, regarde ce que j'ai trouvé. Comme je suis une super copine, je te l'offre. Tu sais, comme j'adore les puzzles, j'ai l'œil pour plein de choses !
Je la remerciai et la laissai soigner mes pokémons. Ça semblait lui faire plaisir, alors autant ne pas protester.
– Va de l'avant mon lépidonille !
Nous tournâmes la tête vers l'enfant qui venait de nous défier. Puisqu'il avait une chenille on convint de laisser Magus s'en charger. De prime abord, un combat entre deux chenilles ne semblait pas intéressant, mais je découvris que posséder l'un des deux pokémon en question changeait la donne. Je craignais pour mon chenipan, même s'il n'eut en fait qu'à encaisser des sécrétions. Du moins jusqu'à ce que le lépidonille soit remplacé par un passerouge. Après quelques échanges de charge, je laissais Valefore prendre le relais. Honnêtement je ne savais pas si ma chenille se fatiguait ou non. Magus gardait en permanence la même expression.
Tierno passa en chantant, traînant un chrysacier à sa suite. Il n'avait pas remarqué le pokémon accroché par un fil de soie qui se laissait glisser sur le sol. Comme par hasard, le fil cassa à ce moment nous laissant avec le pokémon sauvage, qui fut aussitôt chargé par un passerouge. Magus, qui ne semblait guère désireux de changer de direction, tenta de passer entre les deux et se retrouva pris dans la bataille. À moins qu'il ressente une soudaine envie de se battre, difficile à dire. Il en ressortit dans le même état que je l'avais capturé, récoltant de nouveau une séance de soins. Je décidais qu'il valait mieux le garder dans mes bras pour le moment.
– Rourou ! signala Valefore en pointant un pikachu
– Ouah, il est trop mignon, déclarâmes-nous en même temps.
On se regarda et sans un mot nous sûmes que nous pensions la même chose : « j'aurais aimé le capturer ». Peu de temps après, nous croisâmes Kalem qui était tombé sur un gisement de pokéballs vierges abandonné. Il les partagea avec nous avant que nous reprenions la route.
Descendant vers le sud, montant vers le nord, rencontrant quelques culs-de-sac, cette forêt aimait imposer des détours à ceux qui la parcouraient.
Après un énième combat, Magus se mit à briller au point de faire mal aux yeux. La lumière gonfla, doublant, non, triplant de volume avant de s'atténuer, laissant découvrir à sa place une silhouette verte légèrement plus petite. J'observais avec curiosité le chrysacier qu'était devenu Magus. Il semblait totalement indifférant à sa propre évolution. Valefore, lui, voleta en piaillant tout autour de la chrysalide, exprimant de la joie pour deux.
C'était bien plus impressionnant de voir son pokémon évoluer que je ne le pensais. Je touchai avec hésitation la surface de la carapace verte, dure, lisse et étonnamment chaude. Par contre, je m'aperçus en le soulevant que je ne pourrais pas le garder dans mes bras comme avant, il avait suffisamment gagné en poids pour que je ne puisse pas marcher des kilomètres en le portant. Il fut donc condamné à voyager dans sa pokéball.
D'une manière étrange nous fûmes les premières à atteindre l'orée de la forêt. Pourtant nous avions pris notre temps. Kalem sembla prendre ça comme un signe de talent pour le dressage. Personnellement, je ne voyais strictement aucun rapport entre traverser une forêt et être un bon dresseur.
– La façon de bouger des pokémons est trop in ! J'dois la garder à l'esprit quand je danse ! s'exclama Tierno en arrivant.
– Tierno, ton intérêt pour les mouvements des pokémons relève de l'obsession, désespéra Trovato sur ses talons.
– Ah, tout le monde est là ! Prêts pour découvrir Neuvartault ? s'enthousiasma Sannah pendant qu'on sortait tous d'entre les arbres.
– Oui, enfin, il reste encore la route 3 selon la carte, signalai-je avant de me faire éblouir par la lumière. Ça fait un choc après l'ambiance tamisée de la forêt.
On parla encore un peu, chacun avec son objectif plus ou moins clair. Sans étonnement, Tierno voyait tout au travers du filtre de la danse alors que Trovato ne pensait qu'au pokédex. Plus le temps passait et plus je trouvais que, d'une certaine manière ils se ressemblaient, beaucoup plus qu'on pouvait l'imaginer. Ils étaient tous deux passionnés. Si Sannah voulait avant tout apprendre à mieux connaître ses pokémons, je décidais de suivre l'idée de Kalem et d'aller affronter le champion. Un dresseur pouvait se fixer bien d'autres buts, mais ça avait été mon rêve plus petite et ça pouvait toujours le redevenir.
Ne désirant pas affronter d'autre dresseur, et mon estomac, comme celui de Valefore, se faisant sentir, je décidai de marcher dans les hautes herbes pliée en deux pour passer inaperçue. J'admirais leur patience, surtout à un si jeune âge, mais ce n'était décidément pas le genre de chose que je ferais. Bonjour l'ennui et les insolations. En y repensant ce n'était pas très malin de ma part, j'aurais facilement pu me faire attaquer par un pokémon sauvage sans le voir arriver, même si au final nous n'en rencontrâmes aucun sur la première partie de la route.
– Place !
Je sursautai, m'écartant de peu du chemin d'une rolleuse qui fonçait à toute vitesse. C'était assez impressionnant à voir. J'étais tellement distraite que je butai sur quelque chose et tombai au sol la tête la première. Valefore s'était envolé en râlant ou me disant de faire plus attention.
En regardant il s'avérait que c'était un azurill, ou plutôt une azurill, le pokédex indiqua que c'était une femelle. Un appareil qui s'avérait vraiment très pratique. Il fallait être devin pour le savoir. La petite boule était trop mignonne, mais cela n'amadoua pas pour autant Valefore qui lui fonça dessus. Je détourna le regard pour ne pas voir le massacre. Les couinements ne mirent pas longtemps à s'éteindre signifiant la fin du combat.
– Roucool !
– Qu'est-ce qu'il y a Val ? demandai-je en me tournant vers lui.
– Rou, fit-il en penchant la tête sur le côté avant de se désintéresser de moi et de se lisser les plumes.
Je fronçais des sourcils devant ce comportement, ça ressemblait peu à Valefore. Normalement, il revenait toujours se poser sur mon épaule après un combat en se vantant. En plus, j'avais l'impression qu'il était un peu plus gros.
L'explication logique apparut comme un boulet de canon. Autrement dit, mon pokémon chargea l'oiseau que j'avais pris pour lui, avec une telle force que je crus qu'il l'avait tué. Je me disais bien aussi qu'il me paraissait plus rondouillard.
– Ne l'achève pas, ordonnai-je alors que le pokédex signalait que c'était un mâle et, accessoirement, que je pouvais le capturer. Il va nous accompagner.
– Rourou ? Demanda-t-il, ce qui sonna comme « pourquoi on aurait besoin de lui ? »
Valefore parut sceptique, mais finalement haussa ses ailes et revint se nicher sur mon épaule en râlant contre mes cheveux ou ma décision. Ou les deux. Une bonne coupe ne serait pas de trop. D'un côté je le comprenais, l'oiseau paraissait si faible gisant sur le sol, peinant à soulever son aile, de l'autre la faute revenait entièrement à mon roucool. Au moins il ne se débattit pas pour la capture.
Je pressais le pas pour rejoindre la ville, Condor notre nouveau compagnon ayant grandement besoin de soins.
Le centre pokémon se situait vers l'entrée de la ville, juste à côté d'un magasin et non loin de la place centrale où se dressait un fontaine. Je décidai de visiter le hameau le lendemain et rentrai dans le bâtiment au toit rouge une fois Valefore de nouveau dans sa pokéball.
– Lulu !
– Ah ! criai-je avant de me retourner pour découvrir Tierno l'air penaud. Tu m'as foutu la trouille à surgir sans prévenir dans mon dos.
– Désolé, s'excusa-t-il avant de changer de conversation. Alors, tes pokémons et toi ça balance ?
– Ça va, répondis-je pendant qu'on s'installait dans la courte queue pour faire soigner nos pokémon. Et toi ?
– Génial, en plus j'ai vu le menu de ce soir, c'est à danser en freestyle.
– Le menu ?
– Les centres pokémons, c'est vachement bien ! Il ont un self pour les dresseurs qui passent la nuit chez eux en plus du PC et des boutiques, expliqua-t-il en pendant que je passais mes pokémon à l'infirmière. Cool, hein ?
– Pas mal en effet, ris-je alors qu'il enchaînait quelque pas de danse.
– Au fait, Lulu… Les boutiques pokémons, c'est toujours au fond à droite, précisa-t-il en tendant ses propres pokémon.
– Vous voulez une chambre individuelle ou collective ? demanda l'infirmière qui sortait une sorte de registre.
– Je suis déjà inscrit avec deux amis, précisa Tierno qui sembla soudainement perdre tout entrain. Lulu tu devrais passer la nuit avec Sannah, ça lui fera du bien après ce qui est arrivé.
– Qu'est-ce qui c'est passé ? demandai-je aussitôt inquiète, on n'avait été séparées que pour la fin du trajet.
– Elle te le dira elle-même, fit-il avant de me laisser là.
– Vous êtes une amie de la fille au couettes ? interrogea l'infirmière, ce à quoi j'acquiesçai. Elle a une chambre avec un lit double si ça ne vous dérange pas de partager. Je vais quand même vous mettre une chambre de côté au cas où elle préférerait rester seule, tout le monde réagit différemment. Tenez c'est la chambre 43, dit-elle en me tendant un passe et souriant tristement. C'est dans le couloir de gauche vers le fond.
Je la remerciai et suivis les indications en me demandant bien ce qui c'était passé. Arrivée à la chambre, je croisai Kalem qui en sortait, l'air soucieux, ce qui n'arrangea pas mon angoisse. Il posa sa main sur mon épaule, me disant que peut-être, moi, elle m'écouterait avant de s'en aller.
Je pénétrai dans la chambre plongée dans l'obscurité au centre de laquelle trônait un grand lit double. Il y avait un bureau contre le mur et une porte sur la gauche, qui donnait sûrement sur la salle d'eau. La bosse qui poussait des sanglots étouffés sous les couvertures accapara vite mon attention.
– Sannah ? demandai-je doucement en approchant du lit.
La bosse bougea et une tête châtain sortit de sous les couvertures. Mon amie avait les joues baignées de larmes et les yeux gonflés d'avoir pleuré.
– Lulu, tu es au courant aussi ?
– Non, répondis-je en m'asseyant. Ils ne m'ont rien dit.
Elle détourna le regard en reniflant alors que de nouvelles larmes inondaient son visage. De sa voix faible et chevrotante, elle m'expliqua :
– Ma flotajou... elle est morte, sur la route 3 lors d'un duel. Je… c'était pas…
Les mots ne voulaient plus sortir, remplacés par des sanglots incontrôlables. Je ne savais pas quoi dire qui pourrait la soulager, même si je comprenais sa douleur. La mort n'était pas facile à gérer. Ça ne faisait pas moins mal parce que l'être perdu se trouvait être un pokémon. Je me contentai donc d'ouvrir les bras pour un câlin, lui laissant le choix. Elle s'y jeta sanglotante.
– C'est ma faute, je suis horrible.
Mes yeux s'embuaient, je me sentais tellement impuissante. Parce que peu importait ce que je pouvais dire ou faire, rien ne lui rendrait sa flotajou. Sauf que je ne pouvais pas la laisser dire ça. Même si c'était effectivement sa faute je savais que ce n'était qu'un accident. Un accident inévitable dans le métier de dresseur.
– Je suis sûre que c'est pas le cas. En plus tout le monde fait des erreurs. T'es pas horrible, murmurai-je.
Sannah s'accrocha encore plus à moi et j'ôtai une de mes mains de son dos pour lui caresser la tête. On resta comme ça pendant longtemps, jusqu'à ce qu'elle se soit suffisamment calmée. Je la conduisis au self du centre pour l'obliger à avaler quelque chose. Je savais qu'elle n'avait pas faim, mais jeûner n'aidait pas à se sentir mieux. On retourna ensuite dans la chambre, le moral toujours aussi bas.
– Ça te dérangerais pas de rester ? me demanda-t-elle en libérant son renard. Je ne veux pas rester seule avec seulement feunnec.
– Pas de problème, c'était même mon intention.
– Merci. Tu peux libérer tes pokémons pour dormir, m'informa-t-elle. Je vais me mettre en pyjama.
J'acquiesçai et me changeai moi-même pour la nuit. Valefore se posa sur ma tête pendant que Condor se percha au pied du lit pour lisser ses plumes. Quand à Magus, j'hésitai, de peur de l'écraser ou de le faire tomber et le briser, mais il paraissait suffisamment dur pour que je l'installe finalement sur le pied lit. Comme il était chaud au toucher, je finis par le déplacer plus haut avant de m'installer, délogeant Valefore qui, rouspétant un peu, vint se blottir contre mon cou. Sannah sortit en pyjama de la salle de bain et s'installa tout près, son feunnec se lovant contre son ventre. Condor dut trouver que c'était une bonne idée car il vint se poser lourdement sur le mien.
– Tu crois que demain ça fera moins mal ? chuchota Sannah.
– Honnêtement ? Je ne pense pas, répondis-je en lui attrapant la main, mais je l'espère de tout cœur.
Oui dans les règles que je me suis rajouter il y avait ne pas utiliser le starter. Les surnoms devront tous venir de FF, pas de pokémon du même sexe que le perso et pas d'objet tenu hormis pour les évolutions, méga-évolution et exception faites des baies (bien que je ne sais pas vraiment si je vais garder celle là pour la ligue). Et biensûr l'exception shiny, dans le cas trés improbable ou j'en croise un par hasard, comme un mime junior chromatique dans une ordre par exemple. Même si ça n'arrivera certainement pas.
Vu que c'est un nuzlocke et qu'il va y avoir des morts le rating est passé à T et il passera sûrement à M vu certaine idée que j'espère pouvoir utilisé et certain thèmes (à condition de ne pas mourir ^^).
Sinon petite annectode : Valefore et Condore sont tous les deux rigides avec regard vif. Bon ils n'auront pas le même caractère dans la fic, mais sinon on pourrait croire qu'ils sont jumeaux ^^.
Sinon merci à Meridith encore une fois pour sa correction et à ceux qui en mit en fav/follow (pour une fois que je pense à regarder ;p ). et n'hésiter pas à dire ce que vous en penser.
