Chapitre 1
Je me réveille dans une chambre blanche sentant les médicaments que je finis par associer à l'infirmerie de la brigade. Mon esprit est encore embrouillé par la morphine, je ne me souviens pas vraiment comment j'ai atterrit ici. Un plâtre m'enserre le poignet et des atèles tiennent deux de mes doigts sur ma main droite et une perfusion est plantée dans le creux de mon bras gauche. Combien de temps ai-je dormit ? Je regarde autour de moi… personne. Je tente d'appeler quelqu'un mais seul un espèce de gazouillement s'échappe de ma bouche. J'ai la gorge sèche et la gueule pâteuse. Je ferme les yeux pour me soustraire à tout ce blanc et j'essaie de me souvenir comment j'ai pu atterrir ici… Hier, qu'est-ce que j'ai fait hier ? Le dossier… le loup… alors que je me souviens du tueur psychopathe, tout me revient en tête, l'entrepôt, la mort de mon coéquipier, le viol,… tout n'est pas clair, ce ne sont que des flashes mais la honte et la douleur sont bien présentes. Je... j'ai été… et Foloeil est… je me mets à pleurer. Je suis seul, j'ai peur… s'il revenait ? Je ne veux pas rester tout seul ! Mon souffle s'accélère, je fais une crise de panique mais je ne peux pas m'en empêcher. Je suis en train d'étouffer, je me débats arrachant la perfusion par la même occasion. Je me mets à hurler, pas le petit son précédent, un hurlement de terreur et de douleur, un hurlement de bête blessée. Je vois Severus rentrer presque en défonçant la porte, ses yeux s'écarquillent en voyant mon état. Il est accompagné par Pomfresh, l'infirmière. Il se précipite sur moi pour me maintenir au lit, je hurle de plus belle, je ne supporte pas qu'il me touche, ses mains sont comme des brûlures sur mon corps.
« Calmez-vous Potter ! » cri-t-il pour passer par-dessus mon vacarme.
Je l'ignore, je ne peux pas me calmer, je veux fuir, je veux me cacher, je ne veux pas mourir. Pour ça je griffe, je me débats mais Severus arrive à m'immobiliser assez longtemps pour que Pomfresh m'injecte une nouvelle dose de je ne sais quoi. Je vois leur regard désolé alors que je sombre de nouveau dans l'inconscience.
Je me réveille de nouveau, combien de temps c'est passé ? Je n'en ai pas la moindre idée… la pièce est la même, toujours aussi blanche, toujours la même odeur la seule différence c'est que maintenant je ne suis plus seul. Ron est assis dans un fauteuil juste à ma droite, les mains croisées, il me fixe les yeux rouges. Je crois qu'il a pleuré… Sirius est au fond de la chambre en train de faire les cents pas. Hermione et Blaise sont chacun dans un autre siège à ma gauche, un peu plus éloigné que celui de Ron. Le regard de Blaise est indéchiffrable, il joue avec son couteau. Hermione aussi à les yeux rouges, je commence à croire à une allergie, enfin jusqu'à ce que je regarde ses mains. D'habitude impeccables, ses longs ongles manucurés propres et lisses ont disparus pour laisser ses doigts accompagnés d'ongles rongés jusqu'à la peau. Médocs en cause ou pas, je m'en veux de l'avoir angoissé au point qu'elle en a abimé ses jolies mains. Severus est au pied du lit, je crois qu'il essaie de me parler. C'est drôle ça fait bwahabwah, je lui souris et pouffe. Un ange est appuyé contre le mur près de la porte. Il a les cheveux blonds, longs et les yeux bleus, il est grand et musclé pas du genre bodybuildé mais je m'entretiens ce qui est beaucoup mieux. Il est beau… Si j'avais su que les anges étaient si sexys, je serai mort bien plus tôt.
« Je vais mourir ? »
Severus me regarde avec curiosité, Ron fait bwahabwah aussi, alors je décide de me concentrer pour comprendre ce qu'ils me disent.
« Qu'est-ce qui vous a mis une telle idée stupide en tête Potter ? »
Je fronce les sourcils et pointe l'inconnu.
« Il y a un ange là… il va m'emmener au paradis et si ils sont tous canons comme lui, j'y vais avec plaisir»
Le blond soulève un sourcil gracieux à mon commentaire. Je vois Sirius rire nerveusement alors que Ron passe de moi à l'inconnu, à Severus avec un air déconcerté.
« Je sais pas ce que vous lui avez donné Doc, mais la prochaine fois, je veux tester aussi »
Je ne comprends pas tout, l'atmosphère semble plus légère… pourquoi l'idée de ma mort à détendu l'atmosphère ? Ça me donne presque envie de bouder. Enfin Hermione apporte une explication au délirium.
« Ce n'est pas un ange Harry… c'est Draco, un nouveau membre de l'équipe. »
Mon cerveau fait un long et très intellectuel 'aaaaaaaaaaaaaah' alors que je réalise enfin l'implication de ce qu'elle vient de dire. Je viens de clairement faire du gringue au nouveau membre de l'équipe en le traitant d'ange et de canon. Je peux sentir la chaleur sur mon visage, ce qui ne signifie qu'une chose, je suis en train de rougir furieusement.
« Désolé… la morphine tout ça… » Fit-je au canon blond pour essayer de trouver une explication.
Mais ce dernier semble n'en avoir rien à faire, il détourne le regard d'un air ennuyé. Je me ridiculise, je lui fais mes excuse et ce type me Snob ? Mais quel… con ! Si monsieur se croit mieux que tout le monde autant l'ignorer pour se concentrer sur les personnes importantes. Je me redresse un peu dans le lit avec une grimace pour pouvoir m'adresser à mes collègues.
« Que s'est-il passé hier après… enfin… vous voyez… je me suis évanouie… vous êtes arrivé à temps pour avoir ce salaud ? »
Les sourires qui étaient revenus sur le visage de certain disparaissent de nouveau, l'ambiance lourde retombe sur la pièce. Je vois Sirius serré les dents et les poings rageusement. Il fusille Hermione du regard et je vois que mon amie semble de nouveau sur le point de pleurer. Il s'est passé quelque chose entre ces deux-là. A ma surprise ce n'est ni l'un ni l'autre qui me parle mais Severus.
« Cela ne s'est pas passé hier Potter… ça fait une semaine, six jours et plusieurs heures pour être exact »
Je reste coi, j'ai dormit presque deux semaines et pourtant j'ai l'impression que ça ne fait que quelques heures que…
L'endorphine commence à s'estomper, je sens mon cœur commencer à accélérer encore, j'ai du mal à respirer de nouveau. Je sens une main sur mon épaule, je sursaute violemment mais ce n'est que Ron qui essaie de me calmer.
« Respirez Potter, concentrez-vous sur nous, vous êtes en sécurité »
Je me concentre sur le visage de mes amis, ils sont là, je suis à l'infirmerie, je suis en sécurité, je ne suis pas avec lui. Je commence à reprendre le dessus, je prends de grandes inspirations et j'expire doucement. Mon cœur reprend un rythme normal. Une fois calmé je me rends compte qu'ils n'ont pas répondu à une de mes questions.
« Et le loup… vous l'avez eu ? »
Cette fois c'est Sirius qui intervient enfin, ma petite crise semble avoir délié sa langue et calmé sa rage.
« Non… il était déjà partit quand nous sommes arrivé. »
Donc ce psychopathe est toujours en sécurité. Je suis terrifié et pourtant un côté de moi-même jubile, je pourrais le flinguer moi-même, la chasse au loup est ouverte et je serai celui qui abattrai la bête.
« Je peux me remettre en chasse quand Doc ? »
Je vois Sirius donner un coup dans le mur laissant une trace de sang derrière. Qu'est-ce qui lui prend ?
« Pas dans l'immédiat Potter… »
Répond Severus avec un air désolé alors qu'il s'occupe de la main de mon parrain. Hermione éclate en sanglot et sort suivit par Ron. Mais qu'est-ce qui se passe ici ?
Je dois avoir dit la question à voix haute car c'est Blaise qui me répond.
« Après le…fiasco de cette mission. Il a été jugé que seulement deux agents n'auraient pas dû être assignés sur une telle affaire et surtout envoyés ainsi sur le terrain. Fudge en a profité pour rejeter toute la faute sur Hermione, depuis le temps qu'il veut la faire virer. Résultat tu es assigné à domicile pour ton « repos » et nous… nous sommes tous relégués à la paperasse jusqu'à ce qu'Hermione passe en commission dans un mois. Et l'affaire du loup nous est retiré, ils ont appelés une autre équipe pour s'en occuper »
Je bouillonne intérieurement, les requins avaient bien profités de mes erreurs pour mettre le grappin sur notre équipe. Je n'étais pas tellement au courant des histoires de pouvoir, ce n'était pas à mon niveau de m'en occuper mais en tant qu'ami d'Hermione je savais que le fait qu'une femme si jeune soit à la tête d'une équipe en avait fait jaser plus d'un.
En lisant à travers les lignes de Blaise, j'étais en « repos », donc Severus avait falsifié mon dossier médical et passer sous silence mes crises de paniques pour m'éviter « la maison de repos »… l'asile quoi… Assigné à résidence… je serai donc surveillé, hors de question de chasser donc. La merde est encore plus noire que je ne le pensais.
« Et lui ? » fit-je en pointant le blond d'un mouvement de tête.
« Draco est ton nouveau coéquipier. Vous ferez plus ample connaissance durant ta période de repos »
Ok. Donc c'est lui le chaperon qui sera chargé de rendre compte de tous mes fais et gestes auprès des autorités supérieures. C'est de lui que dépend mon entrée à sainte mangouste, l'asile du coin. Merde… ça a mal commencé déjà. Déjà qu'il me semblait antipathique, il me sort carrément par les yeux maintenant que je sais que c'est une fouine. Allez Harry, on est gentil et on sourit.
« Enchanté Draco, j'espère qu'on s'entendra bien. Mais au fait je croyais que s'était un vieux… »
Sirius rappelle sa présence avec une toux pas discrète.
« Je veux dire un ancien et un bleu… ? »
« Oui, mais pour ce coup, ils ont décidés de passer outre la règle » me répond Sirius. « Draco devait être muté dans la section 5, médecine… mais suite à la mort de Foloeil ils ont décidés de l'envoyer ici pour être ton nouveau coéquipier. »
Lire encore entre les lignes. Ce type est une taupe dans notre section, en plus avec sa formation de médecin il pourra passer outre Severus pour leur donner mon état de santé mental… donc aucune falsification possible… marrant comment de canon il passe de plus en plus à sale type. Je comprends de plus en plus pourquoi Sirius à l'air d'un chien enragé, il y a une chance que la famille soit dissoute après la commission d'Hermione.
« On va devoir partir » fit Blaise.
Je ressens un pincement au cœur à l'idée de me retrouver tout seul à nouveau. Mais je dois rester fort, alors j'acquiesce et je souris. Blaise et Sirius sortent, suivis de Draco ne laissant que Severus.
« Harry… »
Oh pas bon… Severus a toujours mit un point d'honneur à appeler les membres de l'équipe par leur nom, comme pour garder une certaine distance. Je le prenait plutôt mal au début, enfin jusqu'à ce que Sirius m'explique pourquoi, le pauvre doc avait vu passer un nombre incalculable d'équipiers, des personnes qu'il a appréciés, des personnes qu'il a enterré ou envoyé à sainte mangouste. Il s'est forgé une carapace et je ne peux pas lui en vouloir pour ça.
Donc le voir m'appeler par mon prénom ne présage rien de bon…
«Tu as une légère commotion cérébrale, de multiples lacérations et tes doigts ont étés cassés ainsi que ton poignet, tu devras garder l'atèle et le plâtre pendant un mois puis on devra te refaire une radio pour voir si ça c'est bien remis. Mais à part ça tes résultats sont bons, tu vas pouvoir quitter l'infirmerie aujourd'hui, je sais que tu n'apprécie pas trop les hôpitaux tu seras aussi bien chez toi.»
Je soupir de soulagement. Ce n'est que ça...il m'a fait peur, je pensais qu'il allait me dire que l'autre était séropositif ou une merde dans l'genre. J'ai le ventre qui me démange, de ma main valide je commence à gratter par-dessus les pansements. Je n'ai qu'une envie de les retirer pour soulager la démangeaison. Je sens le pansement partir mais Severus qui s'est approché sans que je le remarque agrippe ma main.
« Harry, arrête ça sinon ça ne cicatrisera pas »
« Ça démange… »
« Tes autres blessures aussi ? »
« Non, juste celle-là »
Il fronce les sourcils comme si j'avais dit quelque chose de gênant. Il me pousse pour m'allonger et retire le pansement pour observer s'il y a une quelconque infection. Fronçant d'avantage les sourcils il retire complètement le pansement pour m'en mettre un nouveau.
« Étrange, pourtant il n'y a rien »
Pendant qu'il fouine dans son matériel je fixe la blessure maudite, je ne me souviens même pas avoir été blessé à cet endroit. Je regarde la plaie, elle est étrange, stylisé par rapport à mes autres coupures. Je me redresse un peu pour bien voir. Un R et un L rougis se détachent sur ma peau bronzé.
*Tu m'appartiens maintenant…*
Rémus Lupin, l'enfoiré ! Il m'a marqué, il a osé me marqué comme du bétail ! Comme sa propriété ! La rage me prend et je gratte furieusement la blessure arrachant la suture, je me fiche que ça empire, je me fiche que ça saigne, tout mais ne pas avoir les marques de ce type sur moi. Severus m'attrape de nouveau les mains et me plaque au lit.
« Laisse-moi Severus ! Je ne veux pas de la marque de ce type sur moi ! Laisse-moi la retirer ! »
Je me tortille pour me libérer de sa poigne. Je vois qu'il peine à me tenir.
« Malfoy ! Venez tout de suite ! »
Je vois le blond entrer rapidement, il devait attendre devant la porte. Il se fige devant la situation, moi en train de refaire une scène de l'exorciste, criant des insanités au doc qui essaie de maintenir mes mains loin de ma blessure.
« Aidez-moi au lieu de rester planté comme un piquet ! »
Le blond réagit enfin et vient me maintenir à son tour. L'homme aux cheveux noirs me lâche pour aller reprendre sa piqûre magique. Je sens l'aiguille se planté dans mon flan alors que je sombre lentement.
« Pas encore… » Ai-je le temps de murmurer avant de sombrer de nouveau dans les ténèbres.
Quand je reviens à moi, il n'y a que Draco dans la pièce assis cette fois sur un fauteuil, les jambes croisées, en train de lire un livre. J'ai mal à la tête, je me redresse doucement en maudissant Severus et ses drogues. Le pansement est de nouveau en place suivit de trois épaisseurs de bandage… saleté. Le mouvement semble avoir tiré le blond de sa lecture car il me fixe à présent toujours silencieux. Je me rends compte que je n'ai pas entendu encore une fois le son de sa voix, serait-il muet ?
« J'ai dormit longtemps ? »
Draco met le marque-page pour ne pas perdre le fil de son livre.
« Presque trois heures… »
Alléluia il parle !
« Tu es resté là tout ce temps ? »
« Bien que te voir dormir est sans doute passionnant Potter, non, je ne suis revenu qu'il y a une demi-heure »
L'enfoiré, je vous ai dit à quel point e le trouve antipathique ? Oui, parce que c'est vraiment le cas, j'ai envie de lui casser la gueule juste pour virer ce petit air supérieur qu'il a. Je remarque que je ne suis plus branché à l'intraveineuse, tant mieux. J'essaie de me lever lentement, ça tourne un peu. Raaah le carrelage est froid ! C'est décidé je hais l'infirmerie.
« Tu crois aller où comme ça ? »
A peine arrivé et je lui dois déjà des comptes.
« Je vais pisser pourquoi tu veux venir me la tenir ? »
Oui je suis pas aimable et alors ? J'ai le droit je suis psychologiquement instable ! Il pousse un soupir désespéré et me regarde boiter vers la porte du paradis...toilette! Oh! Toilette! Je m'approche de la cuvette et…
Je vomis tout ce que j'ai c'est-à-dire pas grand-chose. Mais mon estomac ne semblait pas décidé à garder le peu de bile qu'il avait en réserve.
Je me sens sale... Pourquoi il n'y a pas de douches comme dans tous bons hôpitaux qui se respectent? Une bonne douche bouillante, me brûlant la peau, effaçant toute trace du loup de mon corps. Par dépit, je me rince un coup le visage et me regarde dans la glace, mais ce n'est pas moi que je vois... c'est cette ordure de Lupin qui me sourit de toutes ses dents. Pris de panique, je recule vivement, trop vite pour ma tête qui tourne encore. Je glisse et attend la chute quand je remarque que deux bras me tiennent fermement. Je crie et le repousse, m'attendant à voir le loup, me souriant narquoisement, mais je tombe sur deux yeux bleus... Draco.
« Pardon »
Mais il ne semble pas déstabilisé par mon comportement. En tout cas maintenant je peux être sûr qu'il m'a classé « instable » et qu'il le dira à nos supérieur. Hello folie, asile me voici !
Il me remet sur pied et me tend des vêtements.
« Le rouquin t'as amené ça au fait »
« Il s'appelle Ron » fit-je machinalement en prenant mes vêtements.
Il hausse les épaules, l'air de dire « rien à faire » et sort. Je m'habille en quatrième vitesse, évitant tout particulièrement le miroir et sort à mon tour. Draco à reprit sa place et son livre, je dois avouer que même si je ne l'apprécie pas beaucoup, je suis content qu'il ne soit pas parti.
« Je n'ai pas encore d'appartement, je vais devoir cohabiter avec toi quelques temps »
Sa voix est vraiment froide et son visage est inexpressif, il est plutôt glacial ce type...attends, retour en arrière, qu'est-ce qu'il a dit?
« Quoi? »
Nouveau roulement des yeux suivit d'un soupire.
« Tu as des problèmes d'audition ? Moi venir vivre chez toi le temps que moi avoir appartement, toi comprendre ? »
Ce type me prend vraiment pour un demeuré ! Avec un grognement je vais pour lui mettre mon poing valide dans la figure mais il me le bloque avant qu'il n'ait pu toucher son visage.
« Fait gaffe Potter, si tu montres des signes d'instabilité je vais devoir demander ses tranquillisants à Severus. »
Je fais une grimace à l'idée d'être encore drogué et je me calme.
« Alors évite de te foutre de ma gueule compris ? Sinon drogue ou pas je te refait le portrait avant que t'ai le temps de m'endormir»
« Tu oserai t'en prendre à mon visage d'ange canon ? »
Fuck ! L'enfoiré n'a pas oublié mon délire du matin. Je le repousse et fait la chose la plus mature à faire, je boude.
« J'étais drogué, t'es pas si canon que ça… j'ai déjà vu mieux »
Là c'est lui qui est vexé, paf dans les dents la blonde !
« Bien » grogne-t-il en ouvrant la porte. « Je vais chercher mes affaires et on y va »
« On va où… ? »
« Chez toi crétin ! »
« Hey ! Tu pourrais te montrer plus sympa, je te signale que je suis à moitié drogué et puis j'ai pas dit que je voulais de toi chez moi ! »
« Pas le choix, ce sont les ordres, alors tu suis ou tu restes ici ? »
Avec un grognement de rage je claque la porte de l'infirmerie et le suit.
Et nous voilà partis. Après avoir pris ses valises stockées dans un bureau… trois valises, ce type est pire qu'une nana. On récupère ma voiture et je lui donne les indications pour aller jusqu'à chez moi. Je n'aime pas trop voir quelqu'un conduire mon bébé mais commotion plus drogue m'interdisent de conduire.
J'espère qu'il n'est pas allergique aux animaux, c'est une vraie ménagerie chez moi.
J'ai une chouette, un serpent et un chien... J'avoue que pour les deux premiers ce n'est pas commun. Mais on les a récupérés sur une affaire et les pauvres bêtes n'avaient nul part où aller. Je dois avouer que je suis du genre trente millions d'amis et quand je vois un animal abandonné je peux pas m'empêcher de l'adopter.
On arrive dans une petite rue de brique rouge, un vieux quartier, pas vraiment chic mais c'est confortable et tranquille pour le prix. Trois étages plus loin, deux fois pour Draco et toutes ses valises, nous voilà enfin dans mon chez moi.
Dès que j'ouvre la porte je m'attends à ce que Sniffle me saute dessus, c'est mon chien, un beau gros toutou tout noir. Sur ses pattes arrière le chien fait presque ma taille. Mais l'accueil n'est pas celui que j'espérais… Sniffle n'est pas là. Je suis déçu, Ron à dû prévenir Parvati qui a dû le prendre en pension dans son petite pavillon avec jardin pour éviter qu'il ne soit enfermé tout seul à longueur à de journée. Mes doutes sont confirmés quand je vois une note sur le comptoir de la cuisine signé par mon amie. Tant pis… pas de Sniffle… mais bon j'ai un Draco à la place. Je secoue la tête mais à quoi je suis en train de penser moi ?
En parlant de la blonde, il a enfin finit de monter ses bagages. Je lui fais le tour du propriétaire qui se résume à un salon avec la salle à manger attenante, une cuisine Américaine qui fait bar, en fait c'est une grande salle en L séparé en trois parties. La salle de bain n'est pas très grande, une baignoire, un lavabo et les toilettes, personnellement je n'y passe pas beaucoup de temps donc ça me suffit mais mon nouveau colloc semble horrifié. J'étouffe un rire en imaginant le nombre de produit de beauté qu'il doit trimballer, il me fusille du regard comme lisant dans mes pensées. Ensuite je lui montre sa chambre, pas bien grande, en fait c'est mon bureau composé d'un clic clac qui sert principalement à Ron quand il n'a pas le temps de rentrer chez lui. Ce qui arrivait souvent au début avant qu'il ne s'installe avec Hermione. Puis je lui montre une porte qui représente ma chambre. Il ne semble guère enchanté par son lieu de vie, mais comme il l'a si bien dit, pas le choix. Je le laisse s'installer, j'en profite pour aller voir mon répondeur.
5 messages.
Bah y en a du monde qui tient à moi finalement. Premier message, Parvati. Mon ex, en fait on est resté un bout de temps ensemble, jusqu'à ce qu'on se rende compte que finalement le sexe opposé n'était pas notre point fort à l'un comme à l'autre. On est restés très amis et je suis heureux qu'elle ait trouvé sa moitié en la présente de Lavande. Deuxième message, Ginny, la sœur de Ron, que je considère comme ma propre sœur, faut dire que la famille de Ron m'a carrément adopté quand ils ont appris que j'étais orphelin...
Troisième, c'est Foloeil, juste avant la mission me rappelant le rendez-vous devant ce maudit entrepôt. Mon cœur se serre, le vieux, tu vas me manquer...
J'écoute distraitement le quatrième, une pub quelconque pour mon forfait téléphone, les requins ne m'ont pas oubliés n'ont plus. Le cinquième message me fait perdre ma bonne humeur…
« Hello puppy ! Oh comme c'est dommage, tu n'es pas là… Comment vas-tu ma princesse ? Je n'arrête pas de penser à toi… »
Je peux entendre ce malade couiner d'excitation. Puis il se met à chantonner.
« Promenons-nous dans les bois, pendant que le loup n'y est pas… mais le loup sera bientôt là mon chaperon et il a hâte de te dévorer encore. »
Son ton si joyeux au début finit féroce et agressif. Je sursaute au son du Bip de fin de message. Tremblant de peur et de rage j'attrape mon répondeur, tirant d'un mouvement sec, j'arrache le fil et je l'envoie se fracasser contre le mur. Mais rien n'y fait, j'entends toujours sa voix dans ma tête, il va revenir, il va revenir pour moi. Je tombe à genoux et me met à sangloter comme un enfant apeuré. Un mouvement dans mon dos, une main sur mon épaule, il est là… je hurle et le repousse violemment.
Je me dirige en courant vers la salle d'eau, je ferme la porte à clé derrière moi, faible protection mais je me sens à l'abri dans cette pièce sans autre ouverture. Je suis face à la porte, près à attaque si il ose la défoncer.
Mais il ne la défonce pas, il frappe doucement et sa voix… ce n'est pas sa voix… c'est celle de Draco. Je reste figé devant la porte, je l'avais complètement oublié… ce n'était pas le loup, s'était Draco qui m'avait touché. Finalement j'aurai peut-être dû aller à sainte mangouste.
Je me vois dans le miroir, je suis pâle et faible… je ne m'étais jamais sentit aussi faible et ça me dégoûte. D'un geste rageur j'envoie mon poing valide dans la glace la brisant en plusieurs morceaux. Le bruit a dû inquiéter Draco car d'un coup sec il a défoncé la porte. Il me regarde j'ai la tête baissé, les mains appuyés sur le lavabo, du sang coule doucement de mes phalanges, des débris de miroir jonche le sol. Sans un mot il attrape la serviette traînant sur le bord et la passe sur ma main.
« Ce n'est pas profond, tu n'auras pas besoin d'être recousu par contre tu as une bande ? »
« Euh… oui, j'ai ça… »
Je me lève pour aller vers un meuble à double porte. Je l'ouvre, un étage est réservé aux serviettes et gants de toilette et l'autre est réservé aux soins, médicaments en tout genre. J'attrape une bande et la lui lance, je prends aussi un désinfectant avant de tirer un tabouret pour m'installer. Il pose un genou à terre devant moi pour me soigner, j'en profite pour l'observer, il est vraiment beau, tout à fait mon style, j'ai toujours eu un faible pour les blonds, dommage qu'il ait un si mauvais caractère. Une fois le bandage terminé il se redresse et passe une main sur son genou pour nettoyer une saleté imaginaire.
« Tu devrais prendre une douche, pendant ce temps je vais voir si tu as quelque chose à manger »
Je le regarde et acquiesce, je vais chercher un sac plastique pour ne pas mouiller mes bandages le temps qu'il ramasse les bouts de verres.
« Merci… »
Il acquiesce et disparait vers ma cuisine. Une fois enfermé dans la salle d'eau, je me mets à nu et me glisse sous le jet que j'ai mis à chaleur maximum. L'eau est bouillante, telle que ma peau en devient rouge, mais la saleté est toujours là. J'ai envie de me frotter à sang. Las de ne pouvoir laver ma saleté intérieure, je sors, j'ai mal, mais la souffrance extérieure me fait oublier un peu mon malaise. J'ai oublié de prendre des vêtements, tant pis, je m'enroule dans un peignoir et sort pour rejoindre Draco dans la cuisine en me frottant les cheveux.
« Ca sent bon...qu'est-ce que c'est? »
« Des pâtes à la carbonara version Malfoy »
« J'avais de quoi faire des pâtes carbonara chez moi? »
« Il faut croire »
Je me dirige vers ma chambre pour m'habiller, j'enfile un lourd pyjama en coton bordeaux avant d'aller ranger mes affaires de bain dans la salle d'eau. Draco me signale que c'est bientôt prêt.
« Je vais mettre la table. »
Je me dirige vers mon placard et prends deux assiettes, ainsi que des couverts et des verres. Alors que je me dirige vers ma table, je vois que mon répondeur est revenu à sa place mais les fils sont toujours arrachés… il va falloir que j'en rachète un nouveau.
Nous nous installons et mangeons en silence, d'habitude je mange devant la TV, ça faisait longtemps que je n'avais pas eu de compagnie... Après ce bon repas, nous allons nous coucher, la tête à peine posée sur l'oreiller que je m'endors profondément.
Je me réveille, la chambre est plongé dans le noir, aucune lumière ne perce à travers les lourds rideaux, quelle heure est-il ? J'essaye de voir mon réveil mais je n'arrive pas à le trouver. Mon lit confortable d'un coup est dur et froid, où suis-je ? Je me redresse, je suis nu… mes yeux s'habituent à l'obscurité, je ne suis pas chez moi. Je suis de retour dans l'entrepôt… un rêve ? Je me pince mais rien ne se passe. Je ferme les yeux en essayant de me réveiller.
« Ce n'est pas vrai, ce n'est qu'un rêve, je suis sorti de ce cauchemar. »
Je sens un souffle sur ma nuque puis j'entends un petit ricanement.
« Oh non joli garçon, tu es toujours avec moi, tu as rêvé et maintenant tu es bien réveillé… »
« Non… c'est faux ! »
Il me saisit par les épaules pour que je lui fasse face.
Je me redresse, le cœur battant, haletant, le corps couvert de sueur. Ses paroles se répètent en boucle dans mon esprit, je commence à avoir peur de la réalité et si ce n'était qu'un rêve ? Si j'étais toujours prisonnier de ce psychopathe ?
Ma chambre est noire, il fait encore nuit et mon réveil le confirme, deux heures du matin. Je choisis, s'était bien un rêve, ceci est ma réalité… J'allume la lumière et me lève, je ne peux pas me recoucher, la peur et la sensation de malaise ne veulent pas me quitter. Je rejoins le salon et allume la TV, j'ai besoin de présence, de quelque chose qui me raccroche à la réalité sinon je sens que je vais craquer. Je me fais un café, m'enroule dans une couverture et regarde un vieux film ennuyeux. Tellement ennuyeux que je finis par piquer du nez malgré le café que j'ai rapidement ingurgité.
Pour ne pas céder au sommeil, je retourne me faire une dose de caféine en poudre. Mais alors que j'allume la lumière de la kitchenette il y a quelqu'un en face de moi.
C'est lui… le loup…
« Alors mon petit chaperon? Content de me voir?»
