Voilà le deuxième chapitre, publié dans la foulée. Le troisième devrait arriver dans pas longtemps, mais je n'ai pas encore traduit les deux suivants, donc patience ^^
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Chapitre 2 : Un brin d'Eté.
« C'est ridicule ! » Tokio reposa brutalement le téléphone, et passa ses deux mains dans ses cheveux. Tokio n'était pas portée sur le dramatique, mais voilà qu'elle se tenait là, essayant de joindre la compagnie en charge de sa boîte mail.
Tokio se sentait rarement aussi à côté de la plaque et aussi gênée. Assez bizarrement, ça semblait toujours concerner cet homme. Alors qu'elle se le remémorait, Tokio ouvrit l'e-mail et le relut, encore une fois.
Il était toujours la. Les cinq mots d'apparence si innocente étaient toujours là, se moquant d'elle. « J'aimerais que vous écriviez. »
« J'aimerais que vous écriviez. » lu-t-elle pour elle-même, grogna et laissa son front tomber contre le comptoir. Elle laissa s'échapper un grondement de douleur, releva la tête et se massa le front. « Idiote. Idiote. Idiote un million de fois. »
Elle regarda d'un œil à son téléphone et se demanda si elle devait appeler une fois de plus. « Non. C'est une impasse. En plus, ça ne marchera pas. »
Tokio prit plusieurs respirations profondes et laissa l'air s'échapper lentement de ses poumons dans l'espoir de se calmer. Sa dernière respiration sortit accompagnée d'une pensée vexante. « Ce n'est pas bien ! ». Elle ferma son ordinateur d'une poussée, et s'éloigna du comptoir, commençant à faire les cent pas dans la boutique.
Elle se faisait l'impression d'être une idiote. Bien sûr qu'elle voulait qu'il lui écrive, mais elle n'avait jamais planifié de le lui dire. Et ce n'était pas simplement l'e-mail, c'était sa réaction depuis qu'elle avait réalisé ce qu'elle avait écrit. Tokio avait fait tout ce qu'elle pouvait, de tenter d'écrire un deuxième e-mail expliquant son lapsus à appeler la compagnie en charge de sa boîte mail, demandant s'ils pouvaient rappeler l'e-mail.
Ce qui avait donné lieu à deux semaines d'humiliation et de torture. Pour empirer la situation, elle n'avait eu aucune nouvelle de Saito depuis. Même pas son habituelle carte postale vierge, ce qui l'avait conduite à imaginer toutes sortes de choses ridicules, du raisonnable – Saito était probablement trop occupé pour pouvoir avoir lu son mail ou envoyer son habituelle carte – à l'improbable : peut-être était-il sujet à un cas incroyablement bizarre de paralysie temporaire. Ça pouvait arriver. Non ?
Tokio arrêta de tourner en rond dans la boutique et respira – il n'y avait rien qu'elle pouvait faire à propos de ça et elle ferait mieux de l'enlever de sa mémoire. Tokio décida qu'elle n'allait pas penser à lui. C'était plus sûr de ne pas le nommer.
Ouais. Bon plan. Le destin, cependant, n'était pas d'accord et c'est à ce moment là que son grand-père entra, ne regardant pas sa petite-fille, mais balançant un colis d'une main, tenant sa canne de l'autre.
« Tokio-chan, sais-tu quand Saito-san sera de retour ? J'ai un sabre que j'aimerais qu'il regarde. » Et comme si ce n'était pas assez, il ajouta, « Comme c'est bizarre que nous n'ayons pas eu de nouvelles de lui. »
Tokio lança un regard désabusé à son grand-père en voulant le débarrassant du colis, ce qu'il ne remarqua même pas. De toute manière, de quel côté était-il ?
« Saito-san ne pensera sans doute pas qu'il doit me dire ses plans ». Si la réponse de Tokio était un peu tranchante, ce n'était pas de sa faute. Après tout, ces nerfs avaient étés tordus dans tous les sens durant les deux dernières semaines.
Son grand-père gloussa et avec son regard de connaisseur désigna le colis qu'il tenait toujours. « Il te manque ? »
« Non. » La réponse de Tokio ne fut pas aussi assurée qu'elle le voulais. En fait, elle devait mordre ses lèvres pour s'empêcher de dire quelque chose de stupide. Ce n'aurait pas été juste de reporter ses frustrations sur son grand-père. Même si son rire et ses yeux brillants ne faisaient rien pour l'aider à se contenir.
« Tu as un colis », sourit-il en tendant à sa petite-fille, qui était, selon lui, en plein déni, une petite boîte toute simple. « Ça vient de lui. »
« Hum. » Tokio cligna des yeux et accepta le colis. Contrairement à ses cartes postales, il y avait une adresse de retour, inscrite dans l'écriture qu'elle connaissait si bien. Tokio le fixa, les yeux dans le vague, surprise. Déchirée entre le soulagement et l'embarras d'ouvrir la boîte.
Elle n'était absolument pas prête pour ce qu'elle vit. L'Eté. Là, dans sa main, le kanzashi manquant du set qu'elle lui avait vendu. L'ipomée bleue de la broche était une magnifique pièce d'artiste.
Comme si le kanzashi et le paquet lui-même n'était pas un choc suffisant pour cette pauvre Tokio, une carte postale tomba de la boîte. Elle était vieille et jaunie par l'âge et dépeignait des bâtiments et des rues qu'elle imaginait typique de l'Allemagne, mais Tokio ne regardait pas l'image. En fait elle la vit à peine mais elle ne pouvait s'empêcher de fixer le court message à l'arrière de la carte postale.
J'ai trouvé ça dans la maison de ma grand-mère à Düsseldorf. Vendez-le ou gardez-le, c'est comme vous voulez.
Hajime.
Le grand-père de Tokio, remarquant que sa petite-fille préférée s'était soudainement statufiée, l'examina attentivement. « Tokio ? ». Puis, remarquant le kanzashi posé dans sa main, il s'approcha et le lui prit doucement.
« C'est la pièce manquante ? C'était ce qui était dans la boîte ? »
Sortant de sa stupeur, elle releva la tête et dit, « Oui. » Et, presque timidement, elle ajouta, « Saito-san l'a envoyé. »
Son grand-père examina la barrette, prit un moment pour organiser ses pensées, avant de sourire machiavéliquement. « C'est la pièce que le samouraï a gardé jusqu'à ce que lui et sa dame ne soit plus séparé. Peut-être qu'il essaie de dire quelque chose. »
Tokio répéta silencieusement 'ne rougit pas' en boucle dans sa tête, puis essaya de fixer son grand-père avec un regard désabusé. « J'en doute fortement. Nous sommes des antiquaires et ceci est une antiquité. De plus, cet homme est incapable de romance. »
Riant, son grand-père reposa l'ipomée dans sa main, en disant, « Cette pièce prouve que ce n'est pas vrai. »
« Oh, zut « , pensa Tokio alors qu'elle sentit ses oreilles chauffer et son visage s'enflammer. Comme le rire de son grand-père montait en volume, Tokio décida que tout était de la faute de Saito. Ce n'était pas vraiment un geste romantique, n'est-ce pas ? Tokio relut la carte postale, ses yeux s'attardant sur la dernière ligne. C'est comme vous voulez.
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Je suis vraiment fan de Saito (*cris de groupie hystérique*) ^^
Au prochain chapitre !
