Il l'entraîna en dehors de l'amphithéâtre et repéra un coin à l'écart juste à côté de l'entrée. Ils se retrouvèrent à quelques centimètres l'un de l'autre un peu trop près. Il mit de nouveau la main dans la poche intérieure de sa veste et en sortit une petite pierre. Elle était translucide, pas taillée mais un rayon de soleil qui passait par une fenêtre derrière lui, donna une multitude de couleurs à la pierre. Le visage de Sam se figea.
« Vous savez, après étude, il s'avère qu'elle n'a aucune valeur, aucune utilité. Elle est juste presqu'aussi dure que le diamant. Vous vous souvenez de cette petite fille sur Tollana ? Elle me l'a donné et m'a dit que c'était un porte-bonheur. » Il lui tendit la pierre. Au milieu de la foule, du bruit, il n'y eut de nouveau que leur silence. Ce silence qui existe 'en dehors de la pièce' parce qu'ils n'ont pas le choix, seul le silence leur permet de s'exprimer.
« Pourquoi fait-il cela ? » se demanda Sam. « Pourquoi fait-il ces choses qui me font l'aimer chaque jour un peu plus ? Ces choses qui me font souffrir un peu plus tous les jours. »
« C'est peu de choses. » dit Jack pour rompre le silence. « Je sais que vous n'êtes pas superstitieuse. »
« Merci Jack. » Son prénom sortit tout seul. Elle ne s'en rendit même pas compte. Elle lui sourit, le regard plein de reconnaissance et eu du mal à retenir une larme. Elle prit la pierre, ses doigts effleurèrent la paume de main de Jack.
« Je vous en prie. Quand je pense qu'il a fallu que je vous offre un caillou pour que vous m'appeliez enfin Jack. ». Elle rougit réalisant ce qu'elle venait de dire.
« Ecoutez, je sais que cette conférence est très importante pour vous, que c'est un grand moment, que vous méritez d'ailleurs. Je sais aussi que même si vous refusez de l'admettre, vous êtes nerveuse. Dites-vous que nous avons traversé des épreuves pires que celle-là. »
« J'essayerai de m'en souvenir. Merci, colonel. ». Elle regarda la pierre.
« Serrez-la si vous sentez que vous paniquez. »
« Je ne panique jamais ! »
« Je sais, major. Mais quand ces gamins vont commencer à vous bombarder de questions, vous pourriez être décontenancée. »
« Je… »
« Serrez-la. » l'interrompit-elle en serrant ses doigts autour de la pierre. « Elle vous donnera sa force. »
Elle le regarda dans les yeux, espérant lui faire comprendre qu'il était celui qui lui donnait de la force. Une voix dans un micro les sortit de leur rêverie.
« Je dois y aller. »
« Allez-y ! Vous les aurez major. ». Elle fit quelques pas à reculons, serrant la pierre contre elle puis se retourna et franchit la porte de l'amphithéâtre. Jack lui emboîta le pas. Sam commença à descendre les escaliers la guidant vers l'estrade. « Et n'oubliez pas que vous êtes la meilleure ! ». Elle s'arrêta, se retourna en souriant et fit légèrement oui de la tête. Il crut voir qu'elle serrait la pierre fort dans sa main. Il se contenta de lui sourire et lui fit signe de la main de partir.
Elle s'installa derrière le pupitre et il vit de nouveau le major Samantha Carter et plus la jeune femme frissonnante quand il tenait son poing quelques minutes auparavant. Elle commença à parler et ne put s'empêcher de le regarder. Il lui fit de nouveau signe de la main l'invitant à continuer.
« Finalement, c'est une bonne idée que je sois là. C'est bien d'être tous les deux… même si nous ne sommes pas vraiment tous les deux. ». Il attrapa un stylo et commença à gribouiller machinalement sur une feuille tout en l'observant. Il l'entend mais ne l'écoute pas. Il ne peut qu'admirer son assurance, la force, l'intelligence qui émanent d'elle. « Elle est tellement belle. ». Elle se déplaçait du pupitre au tableau tout en continuant à parler, micro à la main, avec une aisance déconcertante. Il regarda l'audience : tout le monde semblait fasciné. Ils écoutent, ils écrivent. L'idée d'écrire lui-même lui traversa à peine l'esprit. Certains enregistrent avec un dictaphone, le regret de ne pas avoir pensé à ça, effleura également son esprit. Il ressentit une immense fierté. La femme dont il est éperdument amoureux est admirée, respectée. Partout où elle va, Sam marque les esprits « Parfois un peu trop. » se dit-il en pensant à Narim et Martouf. Sam attarda son regard sur lui et le vit sourire jetant des coups d'œil autour de lui, ne semblant lui prêter aucune attention. « Mais il ne m'écoute vraiment pas. Et puis il pourrait au moins me regarder. ». Elle se racla la gorge ce qui eut l'effet désiré, à savoir récupérer l'attention de Jack. A partir de ce moment-là, il la dévora des yeux. Il pouvait admirer ses lèvres, les formes de son corps et ce tant qu'il le voulait puisque toutes les personnes présentes regardait sans une unique direction. Son esprit se mit à vagabonder. Il se vit descendre les escaliers alors que tout le monde a quitté l'amphithéâtre. Il la regarde fixement et elle comprend aussitôt ce qu'il veut. Le sourire de la jolie blonde est sa réponse. Il la prend dans ses bras et capture sa bouche. Elle s'abandonne complètement à lui.
« Excusez-moi mon colonel. » dit une voix le tirant de sa rêverie. « Mon colonel ? »
« Mmmm ? » Jack se tourna vers son jeune voisin.
« Excusez-moi, pourriez-vous me prêter un stylo s'il vous plaît ? Le mien ne fonctionne plus. »
« Bien sûr. » dit-il l'esprit complètement ailleurs en tendant un de ses stylos.
« Merci beaucoup, mon colonel. »
« Je vous en prie. »
« Il me semble vous avoir vu discuter avec le major Carter. Vous la connaissez ? »
« Oui, je la connais. »
« Elle est vraiment très brillante. »
« Oui, elle l'est. »
Le jeune homme renonça, se focalisa sur sa feuille et se mit à écrire à toute vitesse. Jack se dit qu'il était peut-être temps de s'y mettre aussi. Après tout, il aura des comptes à rendre quand ils seront de retour au SG-C et il devra faire croire au général Hammond qu'il a vraiment suivi la conférence. Il se mit à vraiment écouter Sam et tenta d'écrire les mots qu'il comprenait. Elle nota le changement d'attitude de Jack. Il avait un air sérieux et commençait à regarder ce que son jeune voisin avait noté. Elle eut beaucoup de difficulté à se retenir de pouffer de rire quand le jeune cadet essaya de cacher sa feuille et que Jack tendit son coup pour pouvoir voir. Elle s'interrompit pour se servir un verre d'eau afin de détourner les yeux d'un Jack qui faillit tomber sur son voisin.
« Excusez-moi. » dit-elle bien fort dans le micro. Jack se figea et la regarda. « J'ai besoin de me désaltérer. » dit-elle à l'auditoire mais il savait que cette interruption lui était adressée. Il en fut persuadé quand elle le fusilla du regard.
