Bonjour à tous les lève-tôt et bonsoir aux couche-tard ! (Et un petit salut à tous ceux du milieu :D)
Non, vous ne rêvez pas, c'est bien un deuxième chapitre que vous avez sous vos yeux!
"Mais pourquoi tu en as fait un alors que tu nous as dit que c'était un OS?" Parce que c'est moi l'auteur,je dis et fais ce que je veux et quand j'ai pas d'idée, je recycle! *sors*
Non plus sérieusement: j'ai vraiment apprécié écrire le premier chapitre. Et du coup, tout en travaillant sur un autre projet de fic, je l'ai continué.
Vous saviez qu'au départ Yu devait mourir dans l'OS? Et oui ! Je vous rappelle que la gorgone meurt la tête tranchée par Persée... Ce n'est plus un OOC mais un OOS (out of story). Quoique il n'est jamais trop tard pour le tuer non?
Quand le manga Olympos est sortit et que j'ai vu Ganymède, j'ai beaucoup rit! D'ailleurs je n'ai pas arrêté de tomber sur des histoires grecques une fois la mienne achevée... C'était une preuve que l'histoire devait être continuée! Les dieux me le soufflaient ! Ou alors j'ai un radar, aussi.
Quelques petites infos supplémentaires: Cette fois-ci vous embarquez dans l'Odyssée ! Pour ceux qui ne connaissent pas: l'Odyssée est un écrit d'Homère où il conte le périple d'Ulysse qui tente de rentrer chez lui après la guerre de Troie.
Yu est toujours la gorgone et Allen notre mignon petit Persée, qui est Ulysse? Haha surprise !
Ce chapitre est le "prologue" de l'Odyssée, il ne raconte que l'histoire des lotophages. Les lotophages sont des mangeurs de fleur de lotus aussi appelé lotos. Non cela ne ressemble pas au lotus dans la mare, je vous invite a regarder sur google pour vous faire une petite idée.
Y'aura t'il une suite? Oui, le chapitre 3 est en cours et il y aura normalement un chapitre par ile.
Toutefois les autres seront peut-être un peu plus court, je ne sais pas si vous vous en rendez compte mais j'ai écrit plus de 18 000 mots pour ce chapitre. C'est très long alors dans le cas où le suivant ferait la même taille, je sollicite votre patience pour le prochain vu qu'il me reste environ16 800 mots à écrire (et oui!) et que j'écris une autre fic en même temps !
Je remercie mon Moya qui a fait une partie de la béta (applaudissez là, vous n'imaginez pas combien je fais de fautes par ligne !) et je m'excuse pour les journées harassantes que je lui fais subir. Je lui dédis ce chapitre.
Bisous mon uke !
Chapitre 2: L'odyssée d'Ulysse, Yu au pays des lotophages
Je m'appelle Allen Walker, j'ai 15 ans mais surtout… Je suis mal barré.
Pourtant la dernière fois que je vous ai raconté mon histoire, celle-ci s'était bien terminée non ?
En effet, seulement depuis les choses ont un peu changé. Comment dire… Un Yu, même amoureux reste un Yu. Qui plus est en acceptant d'être à ses côtés, j'ai aussi du admettre ce caractère si singulier qui est le sien et bien sûr… Le poids de sa malédiction.
Mais laissez-moi faire un petit retour en arrière et revenir quelques mois après le retour de ma mère sur notre île.
« Oi moyashi…
- C'est Allen ! »
Certaine chose ne change pas, surtout pour une personne nommée Kanda. En vérité il est même encore pire lorsque sa moitié est en désaccord avec lui puisque ses affaires, ce sont SES affaires avant d'être autre chose… Même soi-même.
Avant, Kanda n'avait besoin que de trois choses : Sa demeure pour être à l'abri du froid, de la pluie et avoir un lit bien au chaud… Son jardin pour cultiver sa nourriture, profiter du soleil et se détendre en jardinant… Sa quiétude. Oui, Yu était une personne qui adorait le silence reposant de son chez soi, la méditation, le bruit des feuillages… Tout cela apaisait son cœur. La tranquillité était ce qu'il préférait le plus.
Mais depuis que je vis chez lui (notez bien le CHEZ lui) une quatrième chose avait fait son apparition : Son moyashi. Moyashi à qui on n'a pas donné le loisir de refuser, que ce soit en toute circonstance.
Et pour lui, le moyashi est une chose malléable qui doit bouger, parler… En son bon vouloir. Du coup la pousse de soja devait être à sa disposition : Quand le métis avait décidé de lire sur le kliné(1) dans un silence d'or, le blandinet que je suis devait se coller contre sa jambe gauche et lui servir de bouillotte comme un chat ronronnant contre son maitre. Ai-je déjà précisé que le refus d'obtempérer était exclu ?
Du coup j'étais là, écra… Câliné par ma douce âme sœur qui profitait de ce début de soirée pour se détendre en lisant et emmêlant ses doigts dans mes cheveux.
Sauf que si le Kanda est un animal possessif et terriblement égocentrique, le Allen que je suis n'est pas cette brave et docile petite bête qu'il veut que je sois. Prenons cette expression à l'envers : Qui s'assemble, se ressemble. Donc tout comme cette gorgone égotiste, la figuration ce n'est absolument pas pour moi.
Attention je n'ai absolument rien contre les moments de tendresse, au contraire je suis beaucoup plus câlin que lui seulement… Yu ne demande pas, il ordonne et bizarrement ça ne me donne plus envie.
« Arrête de gesticuler je n'arrive pas à lire.
- Tu n'as qu'à me laisser partir ! Grommelais-je tout en étant limite scalpé par des ongles énervés.
-Non. »
Evidemment : poliment, en s'énervant… Toutes manières de demander liberté était vaine, surtout quand papa ours était d'humeur mal léchée. Il m'obligea à allonger ma tête sur sa jambe droite tout en glissant l'autre au dessus de moi. Pris au piège.
« Tu te crois drôle ?
- Non. »
Je tentais de me dégager, mauvaise idée : Yu resserra sa prise sur moi, m'étouffant à moitié sans réellement combattre à arme égale. J'avais l'impression d'être un moustique qu'on balayait d'une main pleine de vantardises et que s'il insistait, on le finirait à la sandale. Triste vie pour un anophèle que de mourir écrasé par un imbécile d'humain. Un Bakanda ici.
« Je peux aller aux toilettes ?
-Non. »
Oui je sais, plus mauvaise feinte… Ce n'était pas possible. Mais il n'allait quand même pas me garder éternellement non ?
« J'ai faim… Soupirais-je en entendant mon estomac gargouiller. Je peux aller me chercher un truc ?
- Non.
- Mais tu l'as entendu ! Je ne feins pas là ! Rétorquais-je.
- Non.
-Non, non non ! Tu n'as que ce mot là à la bouche ! A quoi je sers niché ainsi franchement ?
- Comme si d'ordinaire tu servais à quelque chose.»
Il enleva sa main de mes cheveux et tourna une page de son livre puis, laissa ses doigts glisser dans mon chiton. Sa main froide chatouilla le bas de mes reins.
« Hormis ça bien sûr… Ajouta-t-il avec le sourire cynique qui l'accompagnait souvent.
-Traites moi de fille de joie pendant que tu y es ! » M'écriais-je blessé dans mon amour propre.
Je me retournais pour ne plus le voir, faute de mieux pour l'instant. J'entendis un petit bruit sourd puis la jambe qui me servait d'entrave se retira, tandis que deux bras musclés vinrent entourer ma taille. Yu venait de s'allonger tout contre moi, sa tête dans le creux de mon cou.
« Tu sers à ça aussi »
C'est d'un rouge écarlate que je venais de me teinter.
« Bah voyons ! Je suis un oreiller aussi ? Tu es sûr que tu ne vas pas mal dormir en changeant tes oreillers en plumes d'oies pour moi ?
- La ferme, tu as très bien compris. Arrête de faire semblant… Tu mens aussi mal que lorsque tu essayes de te retenir au lit.
-Qu… QUOI ? »
Là c'était de trop, je gigotais dans tous les sens pour le faire lâcher prise. Tout ce qui en résultat, fut les petits rires du gorgone qui s'esclaffaient dans mon dos, tandis que ses mains passaient sans vergogne sous mon vêtement.
« Arrête de me ploter !
- Huuuum non. »
Cela dura au moins deux bonnes heures avant qu'il daigne enfin me libérer.
« Mes yeux ? Répéta Yu
- Oui, tu ne pétrifies plus non ? »
Le gorgone me fixa silencieusement, il avait ce genre de regard dont il était impossible de découvrir ses véritables pensées. Après quelques secondes propices à une tension palpable, il finit par détourner les yeux. Sa vue se porta sur l'entrée qui menait au grand hall, celui aux gigantesques piliers. Je me rapprochais de lui, collant mon torse contre son bras gauche et posant mon menton sur son épaule. Il se tourna de nouveau vers moi : ses iris d'un gris si envoutant me dévoraient… Yu savait si bien le faire dans ses moments là. Il avait envie de moi, là, tout de suite.
« Tu ne peux pas t'en empêcher hein ? Eluder les réponses et me sauter dessus chaque fois que je te fais un signe de tendresse…
- T'as qu'à arrêter d'être aussi lubrique.
- Moi lubrique ? Juste parce que je pose mon menton sur ton épaule ? C'est vrai que c'est connu pour être une énoooorme zone érotiq… »
Yu ne me laissa pas finir et se jeta sur mes lèvres. Le poids de son corps fit basculer le mien qui retomba sur le dossier de la banquette. Il se laissa choir sur mon torse, emprisonnant mes jambes de ses mollets pendant que ses bras encadraient ma tête. S'en suivit alors un long baiser passionné où sa bouche happa la mienne sans aucune honte, allant même jusqu'à la mordiller amoureusement. Impossible de se défaire de son emprise, pas envie non plus.
Enfin une seule chose le pouvait.
« Les garçons ? »
Ma mère.
Comme s'il venait de se faire piquer, Yu se redressa d'un coup et bondit de l'autre côté.
Bizarrement, la terrible gorgone n'est rien face au charisme d'une maman…
Je restais allongé, dans l'incompréhension la plus totale. Kanda quant à lui tournait la tête de l'autre côté, les bras croisés et rouge de honte.
« Je vous dérange ? Demanda-t-elle.
-Non… Non pas du tout. » Bégaya-t-il
Je me redressais à moitié : Kanda bredouillant ? Ma mère avait un don, c'était d'une évidence.
Elle se trouvait dans l'embrasure de l'entrée qui menait à cette pièce, après avoir tourné deux-trois fois la tête dans une direction qui nous échappait, elle reprit :
« Yu, quelqu'un demande à te voir…
-Pardon ? »
Nous nous retournions tous les deux vers elle, quelqu'un passa effectivement devant ma mère. Celui-ci portait une sorte d'armure composée d'une cuirasse de bronze et des jambières, sur sa tête un casque était posé surmonté d'une crinière bleutée. Il tenait une épée dans sa main droite et dans l'autre, un bouclier rond.
« Que me vaut la visite d'un hoplite(2) ? Demanda Yu en se relevant lentement.
-Mon nom est Wisely, Tu es la fameuse gorgone je présume?
- Alors c'est toi le fameux 'Ulysse', je t'imaginais… Plus grand. »
Le soi-disant « Wisely » lui répondit d'un sourire amusé.
« Et moi je t'imaginais plus… Féminine ? »
Je dissimulais un sourire, tentative vaine puisque Yu m'offrit sa célèbre claque sur l'occiput. Je soupirai douloureusement, pestant contre son manque d'humour envers lui-même.
« Moyashi… Commença-t-il
- C'est Allen, Bakanda. Répondais-je passablement énervé.
- Rejoins ta mère et vas préparer le repas je dois avoir une petite discussion avec 'wisely-san'.
- Hein ?
-T'as raison… Tu risquerais de nous empoisonner. Vas plutôt laver les draps.
- Non mais attends… ! Commençais-je en m'emportant progressivement.
- Allen ! Fit ma mère, vient. »
Je me tournai vers Yu qui ne pipait pas un mot, cela m'exaspéra encore plus de le voir aussi peu franc avec moi. Je me relevais diablement énervé et de lui rétorquer méchamment :
« Si tu veux que je te laisse seul, tu n'as qu'à simplement me dire : Peux tu nous laisser seuls s'il te plait ? Je ne suis pas un bougre rompu de toute civilité, moi ! »
Sur ces mots je sortais du kliné passant devant « l'invité » tout en lui jetant un regard noir puis, je sortis de la pièce suivis de peu par ma mère.
« Que vient faire le grand Ulysse par ici alors ? Redemanda le gorgone.
- Il semble que ma réputation m'ait précédée… Qu'as-tu entendu de moi si je puis me permettre?
- J'ai entendu l'histoire de cette bataille à Troie, le coup du cheval était plutôt bien pensé…
- En effet, Athéna m'a dit que je trouverais ici une aide considérable pour revenir chez moi.
- La déesse a oublié que j'ai déjà payé mes dettes, j'aspire à une vie tranquille maintenant. »
Le gorgone sortit de la banquette, passant devant l'hoplite sans lui jeter d'autres regards. Wisely laissa échapper un rire, gloussement qu'il cacha de sa main.
« Elle m'a dit aussi que tu réagirais de la sorte, et que je ne devais pas avoir peur de te bousculer un peu. Renchérit le fameux Ulysse.
-Est-ce un duel que tu sollicites ? Demanda Yu qui de dos, s'était arrêté.
- Si je gagne tu m'accompagnes ?
-Donnes-moi une bonne raison de ne pas te pétrifier là maintenant »
Il se retourna lentement, ses yeux brillaient d'une lueur inquiétante et son aura oppressante embaumait toute la pièce. Pour autant, Wisely n'en sembla pas soucieux le moins du monde et osa même répliquer :
« Parce que le petit blandin a l'air trop gentil pour supporter que son compagnon fasse une si basse chose »
Il n'y tint plus, ses doigts se refermèrent sur cette gorge d'où sortait ces mots qui lui donnaient envie de vomir. Le prisonnier ne cilla pas, malgré la pression qui s'exerçait considérablement sur sa nuque. Il semblait ne pas la subir.
« Il suffira de feindre la légitime défense. Faut dire que mon moyashi est plutôt naïf.
-Certes, tu pourrais mais je doute qu'il soit si dupe. Si tu as autant confiance en tes capacités pourquoi ne pas m'accompagner ? Je te récompenserai. Proposa Wisely d'un énième sourire se voulant sympathique.
-J'ai déjà tout ce que je veux.
-Pas même une patrie pour le petit fils d'Acrisios ? »
Le bras de Yu s'arqua une demi-seconde, crispant les doigts qui refermaient sa prise. Que voulait-il dire par là ? Comment était-il au courant ? Le métis ne se gêna pas pour le lui demander, ce que le fameux « Ulysse » fit sans problème :
« La déesse m'a aussi parlé du garçon, fils d'une lignée de roi… Mais aussi direct descendant d'un Dieu. Ce ne sera pas trop pour cette longue traversée tu ne crois pas ?
- Il n'a aucun pouvoir.
-Pour l'instant oui, mais c'est un héros. Le jour viendra où il accomplira des miracles.
- Qu'importe, je ne vais pas le laisser seul ici et l'embarquer à bord d'un vaisseau maudit… Encore moins.
- Dommage, je pensais te proposer d'habiter dans ma cité. Une ville où tous les deux vous pourriez vivre libre et sans discrimination… »
La main de Kanda se desserra un peu plus, puis il la relâcha totalement quand Wisely attrapa son poignet et rajouta :
« Dans un sens, tu partirais pour lui trouver un pays libre. N'est-ce pas ce que tu souhaites pour ton doux éromène ?
- Et pour cela je dois servir de garde du corps?
- C'est exactement ça. »
Il repoussa lentement la main de Yu et s'avança vers la sortie, le gorgone ne le quitta pas des yeux toujours méfiant.
« Je suis sur la plage du côté ouest jusqu'à demain, réfléchis bien… »
« Comment ça on part ? Où ? Demandais-je en m'arrêtant même dans mon repas.
- A Ithaque et tâches de ne pas emporter dix fois ton poids en pitance cette fois. »
Mes joues gonflées d'aliments grossirent un peu plus tandis que mes sourcils se fronçaient.
« C'est quoi Ithaque ? Grommelais-je.
- C'est une ile de la mer lonienne à l'ouest de la Grèce continentale, elle fait 96 km².
- Parfois je me demande comment tu en sais autant en étant sur cette ile depuis des années… »
Il eut un petit sourire, ceux qu'on reconnait pour leur malice et tendance à la moquerie. La réponse ne tarda pas :
« Je t'apprendrai un jour, ce qu'est la culture… Et les bases de la vie.
- Non merci, quand je repense à la première chose que tu voulais m'apprendre, j'angoisse pour les suivantes. »
Yu se mit à rire, qu'il s'étouffe avec ses espèces de longues tiges gluantes et sa poudre verte piquante qui lui servent de repas… Il pourra continuer de prier les dieux pour un bouche à bouche salvateur.
Le reste de la discussion fut moins mouvementé, les conversations restèrent sur les choses à prendre ou non pour le voyage. Une fois le repas terminé, je montais préparer les dites affaires que j'avais entreposées sur le lit et alors que j'avais presque terminé, on frappa à la porte. Celle-ci s'ouvrit avant même que j'eus le temps de répondre, laissant apparaitre un Kanda sortant du bain avec pour unique vêtement : une serviette autour de la taille.
« Un petit câlin avant de partir mon chéri ? Proposa-t-il d'une voix mielleuse à souhait.
-Tu viens de sortir du bain. Répondis-je d'une voix monocorde en reprenant mon rangement.
- Oh ce n'est pas grave…»
Il s'approcha de moi, plaçant ses bras autour de ma taille et collant son ventre contre mon dos. Yu installa sa tête contre mon épaule, son souffle chatouillait ma nuque et mes cheveux.
« … Je retournerais aux bains avec toi. Rajouta-t-il.
- Et tu me laveras le dos ? Ironisais-je.
- Et tout ce que tu voudras d'autres. Répondit le gorgone dont la voix semblait déjà saliver à cette idée. »
Sur ces mots quelques peu salaces, il me retourna avant de pousser le baluchon que j'avais pris soin de confectionner. Celui-ci tomba de l'autre côté du lit sur le sol et ce de tout son poids, le tout dans un craquement. Alors que j'allais gronder cet idiot, celui-ci se jeta sur mes lèvres et, fit basculer mon corps sur la couchette. Son corps alla s'allonger sur le mien, son sans-gêne n'avait pas changé depuis notre retour.
Je sentis sa peau encore humide imbiber mon chiton. Les mains de Yu ne tardèrent pas à remonter mon vêtement, laissant apparaitre ma peau qui se mit frémir à l'air libre. Après un long baiser langoureux, il relâcha ma bouche, rouge de toute cette tendresse.
« Je sens que je ne vais pas dormir… Soufflais-je à moitié agacé.
- Oh non mon ange… Je vais te tenir la jambe toute la nuit… »
« Espèce de brute… Marmonnais-je à l'encontre d'un imbécile de métis.
- Allons, tu ne me disais pas ces mots là hier mon ange. Dit le fameux idiot cité ci-dessus.
- Tu m'as coincé le dos !
- Je te le débloquerai dès notre prochain tête à tête, si tu es sage ça ne tardera pas. Susurra-t-il en mordant le lobe de mon oreille une fraction de seconde.
- A d'autres ! Tu vas finir par me casser quelque chose ! Réfutais-je en protégeant mes oreilles des futures attaques de ses dents assassines.
-Tant que ce n'est pas ta voix qui gémit mon prénom… »
Yu massa sa joue l'air satisfait pendant que je me ruais sur le navire avec mon baluchon, suivit de près par ma mère qui laissa un sourire se dessiner sur son visage. Mais Kanda n'eut pas le temps de laisser son esprit vagabonder, Wisely se tenait devant lui. Il s'était assis sur ce qui semblait être une caisse en bois et arborait un air plus que satisfait :
« Bienvenue à bord ! Je vais t'amener à tes quartiers. Dit-il joyeusement.
- J'accepte à une condition. Déclara le gorgone.
-Vas y je t'écoute.
- Je te défendrais jusqu'à ton retour dans ce royaume qui est tien mais si cette protection exige de sacrifier Allen ou sa mère, si je dois choisir entre toi et l'un d'eux… Je te laisserais crever. Aucun marchandage possible.
- Ca me va ! Marché conclu »
Le héros de Troie sauta de son caisson et proposa sa main à Kanda, celui-ci la serra. En toute politesse.
« Hissez les voiles ! Nous partons ! » Hurla alors Wisely tout en montant sur le pont.
Yu fit de même, me rejoignant de suite pendant que je regardais l'océan.
L'océan.
J'allais enfin voyager, bien sûr j'avais du porter secours à ma mère et cela avait été en soi une quête importante pour moi mais… Je n'étais jamais encore sortit de l'ile.
Pour la première fois de ma vie, j'allais prendre un bateau, naviguer sur les mers et connaitre l'Aventure, celle que les matelots racontaient au port. Mes poumons se remplirent d'air marin, ce vent salé chatouilla mes narines d'un met unique en son genre. Une vague de liberté s'empara de moi : j'étais près de la proue et des dizaines de marins travaillaient sans me regarder. Pas d'œil curieux ni de chuchotement calomnieux, pas de jugement, j'étais juste un marin parmi d'autres qui allais voyager tout simplement avec des compagnons. Je me sentais normal.
« Hey moussaillon croyez pas qu' vous allez boulotter, bourlinguer et bambocher ! On a des tonneliers alors la gnôle et le pétun c'est pas pour les mousses, nous les rats de cale on les maronne et les siresses ça porte malheur ici ! »(3)
Je me retournais en voyant Yu lui aussi accoudé à la proue. Il m'observait, tentant de dissimuler un doux sourire à mon égard.
« C'est quoi cette accent ? Demandais-je interdis.
- Et bah… On n'est pas sortit du cabulot(4). »
Je lui tirais la langue et partais jeter un œil dans la cabine sous les exclamations trépignantes de ma moitié qui soulignait que mon comportement était d'une telle « infantilité » que cela en était navrant.
Le bateau était un pentécontère : un navire de cinquante rameurs qui faisait fureur depuis la guerre de Troie. Son bois était sombre, provenant d'une forêt inconnue que seul mon imaginaire pouvait m'expliquer sa nature la nef elle, devait bien faire une trentaine de mètre sur cinq de large où au milieu se trouvait une allé qui séparait les deux côtés des rameurs et menait à la poupe. Là ou le barreur s'occupait du gouvernail.
Les matelots dormaient dans la cale ma mère, Yu et moi nous avions droit aux appartements de Wisely qui tenait vraiment à nous traiter comme des invités. Disons plutôt qu'il n'avait pas envie de nous tenir loin de lui si quelque chose arrivait.
L'appartement avait été scindé en trois parties, l'une pour ma mère, une seconde pour wisely et la troisième pour « les deux tourtereaux » avait il dit. La chambre était plus grande que je ne l'avais imaginé : elle possédait un lit double et un bureau suffisamment large pour y laisser quelques sacs. Une fenêtre, seule source de lumière naturelle inondait la pièce grâce au rayon du soleil et réchauffait le mur en bois qui était collé à la couchette.
« Un vrai petit chez soi, murmura une voix derrière moi. J'espère que vous avez suffisamment de place. »
Je me retournais : Wisely était appuyé contre le mur et me souriait gentiment.
« C'est parfait, merci. Répondis-je poliment.
- Oh non merci à toi. »
Il se dressa complètement et s'avança vers moi. Je restais la silencieusement, le regardant tourné autour de ma personne comme s'il jugeait un objet à acheter. Après m'avoir longuement regardé il se mit à parler :
« On peut dire que ton géniteur ne t'a pas raté.
- Pardon ? »
Wisely s'arrêta face à moi et, attrapa une mèche de mes cheveux.
« Je me demande si Zeus t'a donné cette couleur, après tout je doute que ta mère qui est brune comme l'ébène t'ai offert une chevelure pareil… »
Je repoussais la main du guerrier et reculait. Comment savait-il ? Je n'en avais même pas parlé à Yu ! Il sembla comprendre mes pensées puisqu'il reprit de suite.
« Comment je suis au courant ? Disons que Yu et moi avons la même amie déesse qui veille sur nous. »
Une déesse ? Il parlait surement d'Athéna, celle qui avait aidé Yu pour se libérer du sortilège qui le retenait.
« Ne soit pas gêné, un demi-dieu ne sera pas de trop dans cette quê…
- Je t'ai déjà dit quelque chose à propos de ce sujet. »
Je regardais dans la direction de cette voix si familière : Yu n'était pas… Mais alors pas content du tout. Il s'avança vers le capitaine du navire et en arrivant à sa hauteur, lui jeta un regard noir. Air qui m'embarrassait moi-même tellement il semblait fulminer de l'intérieur. Wisely ne s'en démonta pas pour autant et lui sourit aimablement, cela paraissait énerver encore plus le métis qui le toisa tout en continuant :
« Est-ce qu'il faut aussi que je t'explique les limites à ne pas franchir ?
- Allons cesse ta jalousie, je suis marié et fidèle. »
Le garçon me fit un petit signe de la main puis se dirigea vers la sortie.
« On ne doit pas avoir la même définition du mot fidélité… » Ironisa Yu.
Wisely se retourna et esquissa un sourire qui s'étira jusqu'à ses oreilles.
« Je ne suis pas attiré par les hommes. »
Il disparut de notre champ de vision, nous laissant tous les deux seuls. Kanda virevolta vers moi, impossible de deviner ses pensées : Son visage impassible respirait un calme qui ne me paraissait pas de bon augure. Mon malaise s'intensifia surtout lorsque je compris, qu'il n'avait pas l'intention de briser la glace et que je devais me débrouiller par moi même.
« Ca tangue un peu non ? Je crois que j'ai un peu le mal de mer… Haha… »
Pas de réponse, je me sentis encore plus mal à l'aise. Les yeux de Yu continuaient de me scruter inlassablement, j'avais l'impression d'aggraver mon cas plus qu'autre chose.
« Oh puis merde ! Lâchais-je en me retournant vers la couchette. J'ai rien fais de mal ! Boude si tu veux, je m'en moque ! »
Je sentis quelque chose me pousser contre le matelas où je tombais lourdement, la tête la première. Mon bras frôla le mur pour protéger mon crâne et me repoussa sur le drap, ripant ma peau à quelques endroits. Je laissais échapper un juron, tout en continuant ma chute sur la couchette. Heureusement, la couverture était suffisamment moelleuse pour éviter à mon nez de se casser sous le choc. Il n'aurait plus manqué que ça.
« Yu ça fait mal… » Chignais-je en plaçant ma main sur mon visage endolorit.
La porte de la chambre claqua et une lourde charge s'installa sur mes reins, le genre qui vous empêche de vous retourner… Et qui ne vous laissera pas partir tant qu'il n'aura pas clarifié quelques points avec vous. C'était le poids d'un Yu en colère qui bien que déjà sur moi n'avait pas finit d'abattre son courroux. Apparemment les égratignures sur mon bras n'étaient rien face à ce qui m'attendait. Je tentais de me relever malgré mon membre éraflé mais le gorgone en avait décidé autrement, il repoussa ma tête dans les couvertures.
« Bon sang Yu ! Arrête ! »
Il ne me répondit pas, préférant remonter mon chiton jusqu'à mes épaules puis de m'en faire une capuche. La lumière s'obscurcit d'un seul coup, ce n'était même plus un capuchon qu'il m'avait mit : Il avait tout bonnement enroulé ma tête dans mon vêtement, laissant le reste de ma peau complètement dévêtue. Non seulement il venait de bloquer mon champs de vision, mais je me trouvais aussi nu qu'un vers prêt à être hameçonner.
D'ailleurs le fameux poisson ne tarda pas à mordre : ses dents croquèrent férocement ma nuque du côté droit. Je poussais un juron entre cri de surprise et de douleur, cependant le bruit fut pratiquement étouffé par mon chiton. Mon intime conviction me souffla que se fût une très mauvaise chose… En effet : s'il était possible de minimiser le son pour éviter d'être entendu, Yu n'allait pas se gêner pour réitérer plus tard ses avances et m'y faire céder.
Mais alors que je me faisais cette réflexion, ma moitié ne s'était pas arrêtée en si bon chemin : Ses ongles vinrent griffer mes côtes, lentement mais surement sur ma peau toujours à l'air puis ils remontèrent sur mon dos. Lacérant mes omoplates « amoureusement ». Si Yu devait être un animal, j'aurai parié sur le chat. Après tout qu'est-ce qu'un chat ? C'est un être indépendant, autonome, fier, qui n'apprécie pas l'autorité, griffant et frottant son pelage sur les surfaces pour affirmer son territoire et laisser une empreinte reconnaissable par les autres chats. Cela proviendrait d'un instinct de survie et de reproduction nécessaire dans les milieux sauvages… Oui, Yu est un chaton qui avait besoin défendre son terrain de jeu, jalousie oblige… En attendant c'était moi qui faisais les frais du soi-disant instinct, à dormir sur des tonnes de plaies qui ne voulaient pas se refermer.
La température commença à monter autour de mon visage, le souffle qui s'échappait de mes lèvres venait rebondirent sur le tissu avant de repartir chatouiller mon nez. Mon chiton était devenu une marmite qui me cuisait à petit feu. En plus de cette chaleur qui ne cessait de s'accroitre, l'air se raréfiait réduisant grandement ma respiration. Je commençais vraiment à me sentir étroit là-dedans, à en devenir presque claustrophobe tant mon souffle s'amenuisait. Je portais mes avant-bras vers mon vêtement mais Yu m'arrêta, attrapant mes poignets et les clouant dans mon dos d'une seule main.
« Yu j'arrive pas à respirer ! » Rugissais-je toujours encapuchonné.
Toujours aucune réponse, sa langue s'échoua sur la blessure qu'il m'avait faite au cou, la salive qui s'y déposait picota la plaie qui déjà formé sur mon épiderme. Il descendit ensuite vers mon épaule droite et m'offrit à une seconde morsure, je grognais une seconde fois. Je me mis à gigoter dans tout les sens, tentant de me retourner, d'arracher mes poignets aux prises de ce garçon hautement trop avide, cupide et déviant. Rien à faire.
Il se recula un peu, pour venir s'échouer entre mes jambes et les écarter par la même occasion. La main libre de Kanda se fit sentir sur ma jambe gauche, ses doigts glacés allaient et venaient sur l'intérieur de ma cuisse. Plissant ma peau de plus en plus haut.
Yu avait tant de fois parcouru mon corps que je ressentais aisément les moindres sensations qu'il provoquait par son touché. La fermeté mais aussi la douceur de ses mains lorsqu'il frôlait sa paume contre mes reins, ses ongles saillants qui écorchaient jalousement mes cuisses lorsqu'il voulait me faire comprendre que je n'étais qu'à lui. Ses doigts avides pénétrant puis agrippant ma chevelure d'une poigne assurée, ses lèvres gourmandes qui inondaient ma bouche de baiser passionnées. Sa langue rugueuse et humide redessinant toutes mes formes même les plus intimes. L'odeur de mon chiton empli de nos effluves… Combien de fois n'ai-je pas plongé mon visage dans la Chlamyde de Yu, inhalant ce parfum unique qui était le sien ?
Tous ses arômes, ses gestes…J'avais l'impression de les connaitre depuis une éternité. Et il me suffisait de fermer les yeux pour voir se dérouler les images se rapportant aux sensations que je percevais.
Et pourtant.
« Ahh… »
Aucune lassitude n'en ressortait.
Il m'obligea à relever mon bassin avec, ce silence d'or toujours oppressant puis écarta mes jambes de sa main libre. La langue –car oui cela ne pouvait être qu'elle- de Yu suça ma cuisse gauche, mordillant au passage un bout de peau tentateur. Puis toujours plus insatiable, elle continua son chemin et vint lécher l'orifice qui le séduisait tant.
Je retenais un soupir, idée dérisoire puisqu'il réitéra sa manœuvre encore et encore. Mon corps finit par me trahir : laissant trembler mes membres postérieurs et lever le reste. J'étais complètements impuissant. Le chiton qui entourait toujours mon visage me collait à la peau, augmentant considérablement le sang qui montait à la tête. Je suffoquais à l'intérieur depuis quelques temps déjà mais les caresses de ce muscle bien humide rendirent ma respiration encore plus saccadé. Je fermais les yeux et collait mon front contre le matelas, tentant du mieux que je pouvais d'oublier cette chaleur étouffante.
Mais alors que le reste de mon organisme continuait d'être parcourut par des spasmes de plus en plus rapprochés, mon cœur commença à tambouriner dans ma poitrine. Les allés et retours de sa langue et ma suffocation dans le vêtement avait, considérablement augmenté mon rythme cardiaque. Je m'entendais héler bruyamment sans réussir à me retenir tandis que mes jambes entreprirent de s'arquer sous toutes ses sensations malgré moi.
C'était affreux, affreusement bon.
La chaleur en bas de mes reins ne cessait de s'accroitre, impossible de réduire la pression qui s'y installait. Mes bras étaient toujours empoignés par sa main droite et mes jambes, s'étaient faite coincées au niveau des mollets par ses genoux. Tout ce que je pouvais faire c'était retarder toute cette excitation qui montait en moi, une stimulation si prenante que mon liquide séminal se mit à goutter sur le lit, me faisant rager entre colère et plaisir.
Yu était doué, trop doué.
Des perles de sueurs descendirent le long de mon dos et de mes cuisses, glissant allègrement sur ma peau frissonnante. Le gorgone en essuya une de son pouce valide lorsque celle-ci vint glisser sur sa main prise avec ma jambe gauche. Il me tenait d'une poigne si ferme que je pouvais sentir les pulsations de ses veines qui traversaient la longueur de sa paume.
Puis, Yu décida enfin de monter d'un cran.
Ma gorge lâcha un gémissement lorsqu'il y entra sa langue. Sa salive chaude imprégna mon intérieur d'un liquide différent de d'habitude. Le muscle lui, ne tarda pas à s'amuser avec la paroi, l'élargissant à son bon vouloir, redessinant les bordures à son goût. Il se divertit ainsi un bon moment, chatouillant les cloisons par quelques va-et-vient impudique. Je sentais à ses gestes qu'il se régalait : tout était bon pour me sentir chanceler sous ses effleurements. Yu voulait me faire comprendre qu'il n'y avait que lui pour me mettre dans de tels états de transes, réussir à me faire jouir avec une simple langue. Parce que oui, il savait que j'allais jouir… Ce n'était qu'une question de temps. Et sur ce terrain là, il était l'homme le patient du monde.
Dès lors qu'il savait que je finirais par m'abandonner à lui, il savourait avec délices chaque gémissement, chaque tremblement qu'il me déclenchait. Le chemin vers le plaisir qu'il allait me procurer lui importait encore plus que le désir aboutit. Yu se délectait des itinéraires qu'il prenait, toujours différents. D'autres caresses, d'autres lieux, d'autres jouets, d'autres mots… Mais avec le même but final. Et chaque périple conduisant à cette jouissance et qui une fois atteint, était un pari gagné, la plus formidable preuve que je n'appartenais qu'à lui. A lui seul.
Quoiqu'il entreprenait… Douceur, violence, pudeur, débauche, orgie… Je me mettais à aimer. Parce que c'était lui et qu'il pouvait tout me faire faire. Même des mots à m'en faire rougir de mal être, je finissais par les susurrer puis les lui crier. Parfois j'avais même l'impression de n'être qu'une partie de Yu, un morceau de son corps qu'il connaissait par cœur et dont il pouvait… Par sa seule pensée me faire capituler.
« Yu je n'en peux plus… Arrête. »
Je peinais à dire ces quelques mots, ma voix ne m'écoutant plus. Elle laissait s'échapper des sons gênants emplis de plaisir et qui jaillissaient sur mon chiton, s'amusant à faire l'écho sur ses parois et revenir plus bruyant encore à mes oreilles. Mes joues rougies par la chaleur étouffante -qui semblait durer depuis une éternité- durent ajouter à cela l'embarra de cette tonalité unique qui s'accentuait à chaque va-et-vient qu'il entreprenait.
« Yu je… HA !»
Je me cambrai dans seul coup, ma tête se jeta en arrière comme électrifié tandis que mon torse tentait difficilement de me garder en équilibre. Je fronçais les sourcils alors que ma bouche grande ouverte laissait s'échapper un filet de salive parcourant le long de mon menton. Le vêtement sur ma tête retomba un peu sur mes épaules, allégeant ce poids qui gardait malgré tout toute la chaleur. Mes orteils s'arquèrent de suite face à cette sensation, tentant d'agripper ce qu'il y avait de plus proche. C'est le tissu du matelas qui fut trouvé et ils s'emparèrent de lui en s'enfonçant dedans.
De sont coté, Yu, ne semblait pas s'ennuyer le moins du monde : Mordillant l'entré du bout de ses dents, râpant même parfois. Au même moment, les ongles de sa main gauche redessinaient par des griffures ma cuisse déjà bien compressée. Yu avait vraiment une stimulation unique, je ne savais pas où il avait prit ce genre de manière mais… Honnêtement à ce moment là, je m'en moquais éperdument. Je ne voulais qu'une chose : qu'il arrête de m'exciter ainsi. Car oui, parfois ce qui fait du « bien » a vraiment besoin d'une fin. Faim insatiable chez lui, il ne s'arrêterait que lorsque que j'aurai abandonné et… Accéder à ses attentes. Ce que je finis par faire, honteux de me rabaisser mais trop pressé pour faire autrement.
« Yu je… Je suis désolé, je te demande pardon. »
Le dit plébiscité re-lécha ma paroi, me faisant gémir une énième fois. Une manière de me dire : Je ne me contenterai pas de simple excuse, j'attends mieux.
« Prend moi… »
Sa langue réitéra son entrée, baignant un peu plus dans le liquide qu'elle avait elle-même déposée.
« Je ferais tout ce que tu me diras !...»
Il laissa choir ma cuisse et, après avoir ressortit son muscle humide, il effleura de son pouce l'ouverture imbibée de sa salive.
« S'il te plait… Tout ce que tu…Veux. Tout ce que… Tu me demanderas…»
Son doigt glissa en moi, d'un coup sec et vigoureux et y fit quelques va-et-vient. Les muscles de tout mon corps se contractèrent sous la pression, plus puissante encore que l'intrusion précédente. Je me cambrai à nouveau, cette fois-ci dans l'autre sens. Ma tête percuta le matelas, toujours entouré du chiton. Il ne semblait n'en avoir que faire de mes supplications.
« Prend moi Yu… J'en meure d'envie !... »
Le gorgone retira son pouce et y introduisit deux autres : l'index et le majeur. Ils rentrèrent tranquillement et ce de manière parallèle pour mieux m'élargir, allant et venant sans pudeur eux aussi. Il relâcha mes bras avant de passer sa main à l'intérieur du chiton et d'agripper ma chevelure déjà bien emmêlé.
« Yu je…»
La vitesse de ses doigts s'intensifia, sous le rythme effréné de ma voix qui râlait peu importe la direction qu'il prenait. Je tressaillais d'un plaisir qui ne demandait qu'à être consommé, mais la moitié tant désiré se faisait attendre… Encore et toujours. Préférant entrouvrir mon corps un peu plus à chaque mouvement.
« Je vais vraiment… Je n'arrive plus à me retenir… » Avouais-je en hoquetant.
Un troisième fit son apparition, suivant les autres dans leurs danses enflammées, puis lorsqu'il sembla juger l'ouverture suffisamment à son goût, il partit cueillir le point sensible qu'il m'avait fait découvrir quelques 'câlins' plutôt et appuya dessus. Je laissais échapper un cri, plus fort que les autres et incontrôlable. Il recommença la manœuvre, insistant à chaque tentative de plus en plus fort. Mes bras libres mais encore engourdis par sa poigne, s'était agrippés au matelas. Mes doigts avaient enfermés si fort le tissu que les veines de ma main ressortaient. Je tremblais de la tête aux pieds, caressé par une sueur qui redessinait mes formes en fines gouttelettes et se suivaient les unes derrières les autres pour venir s'échouer sur la couverture bien humide.
« Bon sang Yu ! Hurlais-je sans vraiment comprendre comment je pouvais encore parler aussi distinctement. Tu vas me faire l'amour oui ? »
Je repris mon souffle et continuais :
« Tu veux quoi ? Entendre que je suis désolé ? Admettre que je ne suis qu'un pauvre moyashi incapable de me retenir quand tu effleures ma peau ? Qu'il n'y a que ta petite personne pour me faire un effet aussi stimulant et que je devrais juste ouvrir mes cuisses et te laisser agir à ta guise? Peut-être veux tu que je te dise que je ne suis rien sans toi ? Et comprendre enfin que je ne n'appartiens qu'à toi et à toi seul ? Que je ne suis qu'un petit gamin libidineux qui ne remarque même pas quand on est à deux doigts de pénétrer ? Que je me serais fait manger tout cru si tu n'avais pas été là ? Ou que je dois être bien primitif pour bander ainsi pour quelques caresses anales ? Je le sais tout ça ! »
Mes mains attrapèrent le chiton qui m'enveloppait et le jetèrent au loin.
« Pas besoin d'avoir ta culture ou ton intellect pour voir que tu me fais une crise de jalousie puéril qui n'a pas lieu d'être ! Je lui aurais collé mon poing s'il avait ne serait-ce qu'oser m'embrasser ! Je n'ai pas besoin que tu me maternes pour me défendre et surtout j'ai horreur quand tu me prends de cette manière ! Je suis ouvert à toute proposition mais pas de cette façon ! Alors tu vas arrêter de faire ton sourd et muet, virer tes doigts et enfin jouer ton rôle d'homme. A moins que tu ne t'ais toujours pas remis d'hier ? Plus de réserves ?»
Le vêtement de Kanda qui frôlait allégrement mon mollet droit depuis le début de ses 'caresses' glissa de celle-ci. J'entendis une sorte de frottement puis quelque chose de léger qui sembla retomber sur le lit. Enfin.
Du moins c'est ce que je croyais, je fermais les yeux : m'attendant à le sentir rentrer en moi une fois ses doigts ressortis. Cependant lorsque ceux-ci partirent enfin, Kanda relâcha la prise sur mon crane et, me retourna d'un coup sec.
La lumière, qui m'éblouissait depuis que j'avais enlevé mon vêtement avait eu le temps d'être de nouveau assez faible pour mes yeux. Mon regard s'attarda donc sans difficulté sur le visage de Kanda. Mon cœur rata un battement.
Si je devais décrire en un seul mot l'expression de Yu ce serait celui-ci : Plaisir.
Il était gorgé d'un désir qui découlait de tous les pores de sa peau, ses yeux avides me fixaient d'une envie qui lui semblait impossible à retenir. Sa bouche, gourmande retenait de se pincer à sang la lèvre inférieur. Son corps tout entier tremblait d'excitation, et la raideur qui l'accompagnait en venait même à insulter la mienne.
«… »
Ma bouche s'ouvrit sans pouvoir exprimer les pensées qui se bousculaient dans ma tête. Seul une légère expiration s'y échappa et vint s'évanouir dans l'air. La sueur sur ma peau recommença à me faire frissonner. L'arrêt des caresses avait stoppé la montée de ma température, mon rythme cardiaque qui était prêt à faire exploser mon cœur, s'était diminué.
Le corps excité de Yu finit par bouger, venant s'assoir sur le bas de mon ventre. Ses mains se glissèrent jusqu'à mes joues, câlinant l'arrière de mes oreilles avant de descendre du même côté sur la nuque puis, sa main gauche vint agripper une seconde fois ma chevelure sur l'arrière de mon crane. Tandis que l'autre venait cajoler ma bouche de son pouce. Il l'effleura un bon moment, refaisant les courbes avant d'essuyer cette fameuse salive qui s'était installé plus tôt.
Ses lèvres finirent par se déplacer jusqu'aux miennes et m'offrirent une simple pression toujours, sans un mot.
La main droite quitta mon visage et redescendit, attrapant du bout de ses doigts ma verge toujours gonflée de ce plaisir si douloureusement retenu qu'il m'avait provoqué. Il la frôla quelques secondes, m'offrant des soupirs non dissimulés avant de la positionner dans un certain angle. Mes yeux regardèrent ses agissements avant de retourner à son visage, visage qui ne cessait de montrer une insatiable soif de désir. Yu releva un peu son bassin, je compris.
Il s'empala lentement sur moi, me laissant le pénétrer jusqu'au point de non-retour.
Compresser au possible je me cambrai, abandonnant un spasme de bonheur. Mes mains attrapèrent fermement ses cuisses, laissant mes ongles à vifs se planter dans sa peau. Ma moitié s'arrêta un instant, reprenant son souffle après cette initiative qui lui était propre puis, lorsqu'il fut prêt, releva son bassin et sortit à moitié. Mon regard ne pouvait s'empêcher d'observer son corps qui se voûtait au fur et à mesure des va-et-vient, les muscles de toute son anatomie s'arquaient d'un bonheur que moi seul lui procurait. Cette idée de le voir se courber par le simple bout de chair que j'inscrivais en lui ne put qu'augmenter mon plaisir. Yu était mien, là, tout de suite. Nous ne faisions plus qu'un, et je ne pouvais que savourer ce moment. Chaque coup de rein qu'il me faisait lui octroyer le faisait gémir d'un son qui n'appartenait qu'à lui et dans un sens à moi. Je pouvais par simple envie accentuer les mouvements, les rendre plus violents, plus secs… Lui faire subir toute l'humiliation qu'il m'avait fait éprouver il y a quelques minutes. Je compris alors tout le pouvoir que je possédais et qui au même moment était enfouit aux creux de ses reins et lui procurait ce douloureux bien-être. Cela me grisa considérablement, voilà donc ce qui plaisait tant à Yu : Ce sentiment de puissance, de contrôle sur le corps de la personne qu'on aime. Pouvoir lui donner douleur ou plaisir, récompense ou punition, avec pour simple raison : j'avais envie.
La voix de Yu commença à résonner dans la pièce, son râle était pour moi quelque chose de terriblement savoureux. Le regarder ainsi, transpirant par l'amour que je lui donnais et le plaisir d'être ainsi pris. Guetter les moments où sa bouche venait à s'ouvrir chaque fois que j'arrivais au fond et ses joues gonflées d'un désir brulant. Observer ses yeux qui se fermaient pour mieux jouir de l'intrusion qui allaient et venaient avec force et vigueur en lui… Contempler son corps se soulever au dessus du mien pour mieux redescendre et s'empaler de nouveau, et étudier sa musculature qui se contractait à chaque effort lui procurant souffrance et délice. Sentir la pression d'être à l'intérieur de lui, cette chaleur si étroite dans laquelle je commençais à me répandre doucement.
Toutes ses sensations si exquises me rendaient fou, fou d'une jouissance inqualifiable. Je me souvenais encore de la première fois où je m'étais échoué ainsi en lui et, même si elle restera à jamais graver dans mon cors et mon cœur… Celle-ci était à une dimension tellement plus savoureuse. Pourtant ce n'était que la seconde, malgré nos abondants ébats ceux-ci ne se ressemblaient jamais… Car Yu est homme de principe : on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve (5). Il était donc inenvisageable de réitérer l'expérience, du moins c'est ce que je croyais… J'avais encore du mal à lui dire ce que je voulais. Heureusement, Yu avait un don pour savoir ce qui me plairait.
« Yu… »
Mes bras encore un peu engourdit se dirigèrent vers son visage, il pencha alors son corps et me laissa l'enlacer tendrement. Les ongles de mes doigts s'insinuèrent progressivement dans son cuir chevelu, s'entortillant goulûment dans ses racines. Je ne pouvais cesser de les y envelopper, caressant la voute de son crane qui se réchauffait à leurs contacts. Ses cheveux d'habitude d'une douceur incomparable étaient humides et rugueux. Ses deux mèches qu'il laissait encadrer son visage, collaient ses joues tandis que sa frange lui barrait le front. Pourtant leur beauté n'en était que plus accrue pour moi, m'offrant un visuel qui soutenait cet appétit et embrasait le creux de mes reins. Une couleur noire aux reflets bleutés, ressemblant fort à un tissu de soie imprégné d'un liquide argentin. Le reste était toujours attaché, je me dirigeais vers le nœud et le défaisais. La chevelure retomba sur son dos et ses épaules. Ma main droite ôta une partie qui s'était collée à sa pommette et la ramena derrière son oreille, je sentis à son contact une joue chaude et humide d'où quelques gouttes perlaient.
Les mouvements de son bassin s'accélérèrent, tentant de me faire rentrer de plus en plus profondément en lui. Nous provoquant à tous deux des gémissements à l'unisson.
Ses paupières étaient closes, ses sourcils se fronçant au rythme de chaque allé. Lorsqu'il fit enfin une pause, je le vis ouvrir les yeux : Ses deux abysses se trouvaient à quelques centimètres de mon visage avec, une expression de désir incommensurable. Son corps tout entier était parcouru de tremblement, psalmodiant le plaisir que lui procuraient mes venues à l'intérieur de sa chair. Les spasmes semblaient si virulents qu'il ne lui en faudrait que peu pour venir. Je relâchais sa chevelure, descendant sur ses hanches imprégnées de ses efforts. Yu frissonna à ce contact, s'arquant un peu plus en arrière en retenant son organisme tout entier de rejoindre ce plaisir final comme si… Il ne souhaitait pas que cela se termine.
Il lâcha un soupir, le point de non retour étant tellement proche que Yu n'arrivait plus à se contrôler… Me laissant alors libre de toute décision. Je jetais un œil à son membre, il se dressait fièrement entre nous. La chair à vif était redessinée par des veines qui tentaient tant bien que mal de retenir le liquide qui s'accumulait. Aussi gorgées de désir que leur maitre… Elles semblaient ne me demander qu'une chose : Être libérées.
Ma poigne se resserra un peu sur lui, puis, je repris les mouvements. Surpris, Yu hoqueta avant d'héler. Ses mains agrippèrent fortement le matelas, tandis que ses gémissements devenaient de plus en plus proches au point de ne plus retenir le volume de ceux-ci. Sa voix résonnait dans la pièce avec une intensité que je ne connaissais pas chez lui. Mon euphorie s'intensifia, multipliant le bonheur d'être en lui.
La pression en son sein quand à elle se renforça, m'emmenant au paroxysme du plaisir. Étaient-ils tous aussi étroit ? Ou bien était-ce moi qui faisait cet effet à Yu? Je n'en savais rien… Tous ce dont j'étais sûr, c'était que ma moitié tentait par tous les moyens de conserver toute cette jouissance restreinte en lui et que j'allais l'aider à oublier ses réticences.
« Yu… Dis-je doucement. »
Son regard se posa sur moi, baigné entre fierté et préjugé. Noyé de toute cette déferlante de sensations qu'il criait à haute voix sans pour autant laisser son corps s'abandonner totalement.
« Viens… »
Sa bouche si rose s'entrouvrit, tandis que ses iris se brouillaient lentement. Il paraissait au bord de l'épuisement.
« Viens à moi, Yu… »
Ma main gauche descendit vers cette verge et la caressa amoureusement, l'encerclant de deux doigts pour former un anneau, anneau que je resserrais tout en pressant la chair tendu par des va-et-vient.
« Moi aussi je te veux. »
Yu baissa les yeux, gêné. Pourtant, lorsqu'il posa son front contre le mien, je compris qu'il était d'accord. Je lui souris affectueusement, baisant sa joue.
« Allez viens »
Il se crispa un peu sous mes doigts, puis, après avoir titillé sone prépuce, il se déversa. Son râle se répandit aussi dans toute la pièce, d'une puissance peu commune. Il resta ensuite silencieux un bon moment, tentant de reprendre ses esprits et son corps par la même occasion. Son visage n'était qu'à quelques centimètres du mien, je pus savourer toutes les expressions qui parcouraient cette frimousse que j'aimais tant.
Il attrapa la main qui l'avait accompagné et l'apporta à sa bouche, glissant sa langue sur la paume et avalant le liquide. Le contact me chatouilla mais je le laissais faire, préférant observer Yu boire cette semence sortit de lui. Il lécha chaque parcelle de cette peau, suçotant avidement mes doigts un par un. Lorsqu'il jugea le travail parfaitement accompli, Yu vint soutenir mon regard que je ne détachais plus de lui depuis quelques minutes.
Son souffle toujours aussi erratique sortait frénétiquement de sa bouche et chatouillait la mienne.
« C'était bon ? » Taquinais-je.
Yu me répondit d'un sourire particulièrement espiègle, celui connut pour ses provocations habituelles.
« Un délice. »
Il s'avança.
Nos lèvres se frôlèrent l'espace d'un instant avant de se presser vivement l'une contre l'autre. Le bord de celles-ci avaient gardé un mince filet du liquide, je passais ma langue dessus et savourait ainsi une partie du festin de mon bien aimé. Puis, s'en suivit un long baiser, caressant nos intérieurs respectifs : dent, joue, palais langue… Tout ce qui trouvait sur notre chemin se voyait exploré. Mes ongles vinrent se glisser dans le dos de Yu, évitant de nouvelles cicatrices. Finalement il relâcha ma bouche, ne me laissant qu'une salive comblé d'un plaisir bu un peu plus tôt. Ce n'était pas « bon » mais paradoxalement s'en était terriblement excitant.
Je soupirais d'aise, on était bien là, niché ainsi. Entouré de toute cette flagrance née de nos ébats et moi toujours pressé en Yu. Toujours pressé oui, je me sentis un peu floué sur ce coup là… Il sembla le remarquer puisque celui-ci vint chercher mes mains et, les ramena parallèlement de chaque côté de ma tête, le dos sur le matelas. Ses doigts enlacèrent les miens, les retenant fermement de sa poigne. Puis, après un sourire sadique qui lui seyait si bien : il reprit les mouvements. A mon tour.
Pour quelqu'un qui l'avait fait la veille, j'eu honte d'en répandre autant. Yu s'en moqua d'ailleurs, cependant ses oreilles rouges m'indiquèrent à quels points il était fier qu'il me fasse tant d'effet.
« Compte pas sur moi pour faire ça tous les jours. » Lâcha-t-il.
Son corps était allongé sur le lit, toujours nu. Il n'avait même pas prit la peine de s'essuyer.
« Trop embarrassant ? Demandais-je amusé.
- Faut pas que tu te méprennes sur nos rôles respectifs.
- Oh ne t'inquiète pas le compagnon jaloux et râleur je te le laisse.
- Tch, tu dis ça mais… La crise que tu as fais quand l'autre m'avait peloté, ça ne t'avait pas mis de bonne humeur. »
Je lui balançais une serviette, il se retourna prêt à m'insulter quand il se ravisa : je l'avais embrassé du coin des lèvres.
« Oublie pas de te nettoyer. Dis-je.
- Ca c'est MA réplique. »
Il me la balança à son tour et se retourna aussitôt.
« Tu restes comme ça ? Tu n'as pas mal toi ?
- Ne me met pas dans le même sac que toi, mon ange. »
Je m'asseyais sur le lit et approchais mes lèvres de l'oreille droite de Yu :
« A moins que tu aimes l'idée qu'une partie de moi soit en toi ? »
Il n'en fallut pas plus à Yu pour reprendre la serviette et demander à Wisely où était le bain.
Dix jours passèrent, la mer calme de Sériphos avait laissé place à des vagues gigantesques faisant tanguer le bateau chaque fois qu'elles s'échouaient sur la coque. Les ouragans se suivaient ne laissant que peu de répits à l'équipage. Je regardais par le hublot, Poséidon devait être de bien mauvaise humeur…
Une énième secousse me fit porter ma main sur mes lèvres, les hauts de cœurs n'en finissaient pas. De son côté, Yu s'était affalé sur le lit et ne semblait ressentir aucun effet de la tempête.
« Comment tu fais ? Demandais-je en réfrénant un nouveau malaise.
-Je ne suis pas une petite nature, moi. »
Je lui jetais un regard noir, « petite nature » évidemment ! C'était la première fois que je naviguais… Yu avait surement déjà affronté des climats de cet ampleur, normal qu'il en ait l'habitude et ne percevait donc plus ces sensations.
« Dis moi, tu as voyagé jusqu'où ?
- Jusqu'au bout du monde !
- C'est vrai ? Dis-je ébahi.
-Non, la terre est ronde… J'ai fais le tour.
- Arrête de te moquer de moi ! Lançais-je, fatigué de ses allégations totalement improbables.
-C'est la vérité pourtant. Insista-t-il, comme pour noyer le poisson.
- Mais oui !...
Je retournais à mon hublot, les vagues avaient semble-t-elles doublées.
« On arrive quand ?
- On croirait entendre un petit garçon qui s'impatiente auprès de sa maman. »
Tiquant sur la remarque, je rétorquais :
« On le fait quaaaand ? Imitant la voix du gorgone à la perfection.
Je sentis un objet moelleux rebondir sur l'arrière de mon crane, me faisant gémir. Je pivotais vers lui : Yu était maintenant de dos, me boudant clairement.
« Qui est le plus gamin vraiment ? Râlais-je en me massant.
-La ferme Moyashi. »
Je me dirigeais vers lui, le coussin que j'avais ramassé à la main et l'abattait sur sa tête d'abruti. Sa réaction ne tarda pas :
« 'Tain Moyashi, dégage !
-Mon nom c'est Allen.
-Je t'appelle comme je veux, Mo-ya-shi. »
Second coup.
« Mais tu vas arrêter oui ?
-Non. Je te frappe comme je veux, Ba-kan-da. »
Les coups de polochons pleurèrent. Mon mal de cœur était passé.
Alors que la chambre était devenue un nid de plume, quelqu'un frappa à la porte. Derrière, la voix devenu familière de Wisely se fit entendre :
« On ne va pas tarder à accoster… »
A peine avait il commencé sa phrase, que j'ouvrais la porte d'un coup et me précipitait sur le pont. Laissant Yu et le capitaine seul à seul.
« On va amarrer le navire dans la baie la plus proche et explorer l'ile pour trouver quelques victuailles, tu nous accompagnes ?
- Aucun problème. »
Wisely le regarda de haut en bas : Le métis était partiellement décoiffé, ses habits froissés au possible avait glissé légèrement et lui rendait une allure complètement débraillée. Dans sa main, le coussin se vidait de toute sa longueur sur le sol. Pas un centimètre n'avait été épargné.
« Bien, je t'attend sur le pont. » Conclu le commandant après un sourire amusé devant le spectacle sous ses yeux.
Il sortit de la pièce et rejoignit la proue du bateau où je m'émerveillais devant l'ile encore bien petite.
« Tu es couvert de plume » Murmura t'il à mon oreille.
Je plaquais mes mains sur ma tête puis les ébouriffais, tentant d'enlever les restes de notre bataille d'oreiller. Tout en vérifiant que je n'avais plus rien, Wisely continua.
« C'est tout de même surprenant, j'avais cru comprendre qu'il était quelqu'un d'asocial, méprisant et manipulateur…
- Tu parles de Yu ? Demandais-je pour être sûr.
- Et je le retrouve en train de jouer avec des coussins comme un enfant… C'est assez déroutant. »
Il s'accouda à la rambarde et regarda l'horizon.
« Il est toujours comme ça ?
-Jaloux, boudeur, enfant gâté et pourri ? Oui. »
Wisely laissa échapper un rire, je le rejoignis. C'est vrai qu'en y repensant… Yu avait de quoi rougir de honte.
« Je suis rassuré. Soupira-t-il.
-Pourquoi ?
-C'est plus sympathique de se retrouver face à un caractère de cochon qu'un homme vil et malsain.
-Il est vrai que Yu est homme de parole, enfin… Sauf pour les menaces de mort. Je serais un spectre depuis des lustres sinon. »
J'observais l'ilot qui se rapprochait. Enfin « ilot » n'était peut être pas le bon mot vu que la terre suivait toute la ligne d'horizon, sans jamais s'arrêter. On pouvait déjà voir au loin la végétation : Une forêt luxuriante qui s'étendait à perte de vue. Quelques montagnes redessinaient le paysage, remodelant le ciel en des vagues irrégulières.
« C'est magnifique… Murmurais-je.
-C'est ton premier voyage en mer n'est-ce pas ?
-Oui, ça doit être bizarre pour vous d'entendre ça… Les iles doivent surement toutes se ressembler.
-Pas vraiment, quand on fait bien attention on leur trouve toujours des particularités.
-J'espère qu'il y en aura beaucoup.
-Ah ça… Je pense que tu vas être servi. » Murmura –t-il
Que voulait-il dire par là ?
« Hey vous deux ! »
Nous nous retournions, Yu semblait avoir fini de se « déplumer ».
« On peut savoir ce que vous faites ? Demanda-t-il avec, ce timbre qui se prélassait dans une possessivité excessive.
-On roucoule pourquoi ? » Lâcha le capitaine, tout sourire.
Je me retenais de rire : Le visage de Yu avait une moue indescriptible, je n'aurais raté ça pour rien au monde ! Par contre j'allais douiller ce soir…
« Il n'en est pas question. Siffla un métis irrité.
-Mais pourquoi ?
- Tu restes sur le bateau point. Ton sens de l'orientation est d'un tel niveau que tu vas te perdre entre deux cailloux. »
J'ouvris la bouche, outré par les propos qu'il venait de lancer.
« N'importe quoi !
-Qui rentre une fois sur deux dans la chambre de sa mère au lieu de la notre ? Renchérit-il, pour bien souligner un fait qu'il croyait accompli.
- Qui te dit que je ne le fais pas exprès ? Répondis-je cynique.
-Pardon ? ! »
Ses yeux me jetèrent des éclairs, aie mauvaise idée.
« On reparlera de 'ça' tout à l'heure, tu restes sur le bateau et tu m'attends. Si j'entends ne serais-ce qu'une rumeur qui dit que tu as foulé le pied sur cette ile… Je ferais en sorte qu'à la prochaine tu ne puisses même pas te lever. Est-ce clair ? »
Je levais les yeux, et feignais un « oui maitre » bien faussé.
« Fais gaffe Moyashi… ! »
Sur ses mots il rejoignit le groupe d'explorateur avec Wisely sur ses talons. Je fulminais : il n'allait pas m'interdire de rester sur le bateau à chaque escale tout de même ! Cela servait à quoi de voyager d'ile en ile et de ne pas les explorer ? Il croyait vraiment que j'allais rester là à l'attendre comme un petit animal apprivoisé écoutant à la lettre son suzerain ? Il se mettait le doigt dans l'œil, tout le coude même !
Enfin c'est ce que je voulais dire, et faire cependant…
« Restez où vous êtes Walker ! »
Yu avait demandé à Wisely qu'un membre de l'équipage me surveille de près pendant le séjour… Link était du genre fidèle aux ordres.
« Link je regarde juste les poissons…
-Il suffit que vous vous penchiez une peu trop et que vous tombiez ! Que devrais-je dire alors au capitaine ?
- Que j'avais chaud et que j'ai voulu prendre un bain ?
-Ne vous moquez pas de moi ! »
Je soupirai, fatigué. J'avais juste envie de me dégourdir les jambes sur la plage… C'était toujours Yu qui s'amusait ! On aurait dit que j'étais une femme au foyer qui attendait sagement le retour de son mari au coin du feu en donnant la pitance au dernier, j'avais horreur de ça !
Alors que je me plaignais mentalement de ce Bakanda qui me servait de bouillotte la nuit, j'entendis un hurlement à quelques mètres du bateau : c'était un cri de femme. Ni une ni deux je sautais sur le tapis de sable et me dirigeais vers les appels.
« Walker ! S'écria Link toujours sur le navire.
-Link restez avec ma mère ! »
Je disparaissais dans les feuillages malgré les supplications de mon gardien, courant vers les cris qui augmentaient en sonorité. Autour de moi, les branches battaient mon corps au fur et à mesure où je les franchissais, griffant mes bras dénudés. Mes sandales peinaient dans la terre humide qui logeait dans cette florissante végétation, mais je continuais, tirant comme un forcené sur les lanières qui retenaient mon pied. Après quelques mètres difficiles, je ne tardais pas à rencontrer la femme en question : celle-ci avait glissé de la falaise et se retenait tant bien que mal au bord. Je m'agenouillais devant elle, avançant mon bras :
« Prenez ma main ! »
La jeune femme leva les yeux, effrayée. Ses doigts glissaient de plus en plus, faisant doucement descendre son corps dans le précipice.
« Votre main ! »
Elle lâcha, n'en pouvant plus j'attrapais son poignet d'un geste et avec toute ma force l'attirait vers moi. La jeune femme retomba sur le sol dur, en vie.
« Est-ce que ça va ? Demandais-je en me tournant vers elle.
-Ou…Oui. »
Il semblait y avoir eu plus de peur que de mal, elle se redressa doucement et épousseta ses habits. Ceux-ci étaient faits d'un tissu légèrement différent du notre dont je ne saurais dire la provenance. Elle possédait de nombreux colliers qui pendaient à son cou, différent bracelets aux poignets et aux chevilles. Ses cheveux longs et ondulés, noir comme l'ébène, avaient plusieurs broches accrochées de-ci de-là.
« Walker ! »
Finalement, il était impossible de larguer Link. Quelques secondes plus tard il était en face de nous, rouge de colère.
« Mais vous êtes inconscient ou quoi ? Me demanda-t-il essoufflé
-Je n'allais pas laisser quelqu'un en détresse.
-Et si ça avait été un piège ?
-Parce que vous auriez laissé une femme mourir dans le doute ? »
Il ne répondit pas, plaquant sa main sur son front en se questionnant sur la raison qui l'avait poussé à accepter de rester sur le bateau pour me surveiller. Je me tournais vers elle, la jeune femme semblait s'être un peu remise de ses émotions.
« Vous voulez peut-être un peu d'eau ? Dis-je en la voyant si pâle.
-Non merci, mon village n'est pas très loin.
- Vous désirez qu'on vous accompagne ?
Elle m'observa un instant, je lui offris mon plus beau sourire, le plus sincère aussi.
« Walker nous sommes censés être au bateau ! Répéta le gardien.
-Et bien… Ce serait impoli de ne pas vous remercier après ce que vous avez fait. Dit-elle gênée.
-Oh non, ne vous donnez pas cette peine ! Répondis-je aussi embarrassé qu'elle.
-Walkeeeeeeeeeeer !
-C'est par là, suivez moi »
Sans d'autres cérémonies je l'accompagnais, sous les pestassions sans fin du blond qui n'avait pas décidé de me lâcher. Le village n'était en effet qu'à quelques minutes, installé dans une gigantesque clairière entourée d'arbres exotiques. Leur tronc cylindrique montait vers le ciel tel une colonne jusqu'à la cime et les feuilles avaient de nombreuses découpes, on aurait dit une couronne. L'écorce quand à elle, possédait une physionomie très particulière : Yu en avait un dans le jardin qu'il possédait avant, il appelait ça « palmier » mais ceux-ci étaient d'une taille phénoménale et les fruits ne ressemblaient pas du tout à des noix de coco. On aurait dit de long fruits asséchés, gros comme des fèves et de couleur safran. Ils étaient collés les uns contre les autres sur des branches.
Le village était plutôt rural, les maisons étaient faites en bois et feuille… Surement celles des arbres tout autour. Quelques personnes s'approchèrent prudemment, ils étaient tous plus ou moins habillés des mêmes vêtements, avec ces fameux accessoires. Un homme un peu plus âgés que les autres s'approcha et, après avoir discuté avec la jeune femme sur les raisons de notre venue, nous offrit l'hospitalité la plus complète.
Je n'arrivais pas à en croire mes yeux, j'étais là assis au milieu de toute cette foule qui faisait joyeusement la fête pour nous remercier. Alors que mes yeux brillaient de voir un peuple inconnu célébrer des chants à mon honneur, Link lui tentait tant bien que mal de m'inciter à partir.
« Walker ! Yu vous à interdit de sortir du bateau ! S'il rentre et que nous ne sommes pas là…
- Il râlera comme d'habitude et c'est tout. »
Nous étions assis sur le sol, devant nous des dizaines de plats s'amoncelaient avec tout autant de cruches. Un peu plus loin certains villageois étaient même partit danser tout en chantant des hymnes mélodieux inconnus. Je me tournais vers celle que j'avais sauvée.
« Oh faites pourquoi avez-vous été si proche de cette falaise ? C'est dangereux non ?
-Oui... En faite je cueillais des lotos quand le sol c'est dérobé.
-Des lotos ? Qu'est-ce ? »
Elle s'approcha d'un plat : cela ressemblait à un grand saladier en bois, dedans se trouvait les fruits que j'avais vus sur les drôles de palmiers. Ils étaient encore plus gros.
« Ca se mange ? Demandais-je naïvement.
-Oui ! Nous ne mangeons pratiquement que ça. »
Elle me proposa d'en prendre un, impossible de refuser : j'attrapais délicatement le fruit entre mes doigts et le déposait dans ma bouche.
Délicieux.
« Nous avons aussi du nectar fait à partir du fruit ! »
La jeune femme me servit un peu de ce liquide dans mon verre que je portais à me lèvres.
Aucun miel en ce monde ne pouvait être aussi doux.
« Yu ! Appela ma mère en voyant le dit nommé arriver. Sa voix tentait de cacher toute son inquiétude.
-Qui y'a-t-il ?
-Allen a entendu quelqu'un crier, il est partit en courant suivit de peu par Link !
-Ils ne sont pas revenu ? Depuis quand ?
-Au moins deux heures ! »
Yu lâcha le sac de provisions et tourna les talons. Wisely qui finissait la marche le croisa :
« Tu vas où ?
-Cherche cet abruti de Moyashi ! Cria-t-il sans s'arrêter.
-Attend je viens ! Vous autres ramenez tout au bateau et attendez nous ! »
Le capitaine le suivit, sur ses talons.
« Tu sais où il est ? Demanda le commandant surprit de le voir avancer vers un point précis.
- Surement chez les indigènes, je ne vois pas ce qu'il peut le retenir sinon.
-Je croyais que c'était un peuple pacifique ?
-Ah ça, ce sont des pacifistes…Tiqua le gorgone dont l'humeur baissait à chaque réponse
-Que veux tu dire par là ? »
Yu ne répondit pas, se contentant de presser le pas. Au bout de quelques minutes ils débouchèrent sur l'entrée du village, la fête battait toujours sont plein. Sans gêne, le métis s'invita, avançant d'un pas décidé vers les clameurs qui le mèneraient sans nul doute aux réjouissances. Et effectivement, il ne tarda pas à retrouver son moyashi à festoyer avec les habitants.
« Ahem, je te dérange ? » Grinça le gorgone.
Je me retournais, debout se trouvait Yu avec… Un air fort peu amical.
« Yuuuuu ! Dis-je en tentant de me relever, mais bizarrement mes jambes ne voulurent pas.
-Ca vaaaa ?
-Tu en as mangé n'est-ce pas ? Me demanda-t-il froidement.
-Hein ? Manger quoi ? T'es bizarre!
-Du lotos, tu en as mangé non ? »
Je l'observais un moment puis, d'un coup me mit à rire à gorge déployée.
« Un touuuuut… Petit peuu ! Deux ou trois.
- Seulement trois ?
-Ouaip, mais… »
Je lui tendais mon verre, le sourire jusqu'aux lèvres.
« Tu veux bien demander à la demoiselle de m'en resservir un ?
-Deux ou trois tu parles ! Il t'on carrément offert leur vinasse ! »
Il m'agrippa le bras et m'obligea à me relever.
« Mais ça va paaaaas ? Qu'est-ce qui te prend ? Demandais-je, ma tête se mit à tourner. Je voulu m'assoir mais il m'en empêcha.
-Ta mère ne t'a jamais dit de ne pas manger ou boire quelque chose que te donne un inconnu ?
- Ne hurle pas, chuis pas souuuuurd ! Et c'est pas une inconnue, c'est la fille que j'ai sauvé.
-Je ne vois même pas pourquoi je discute avec toi ! Lâcha-t-il exaspéré . Wisely ! »
Le dit appelé se tourna, tentant tant bien que mal à soulever Link dans le même état.
« Ils ont quoi au juste ? Demanda-t-il.
- Ils sont saoul.
-C'est tout ? »
Wisely me scruta de la tête au pied, j'étais à moitié affalé sur Yu qui ne me jetait même pas un regard.
« Disons plutôt drogué.
- Hein ? Pour trois dattes et quelques coupes de vin ? Rétorqua le capitaine incrédule.
-Il ne coupe pas leur boisson et le lotos est bien plus fort que les hydromels habituels. Surtout pour ces deux là qui ne supportent même pas nos liqueurs… Même avec trois-quarts d'eau. »
Il me redressa un peu, retenant ma taille d'un bras alors que ma tête se nichait dans son cou.
« On fait quoi du coup ?
-On les ramène, de force s'il le faut. Trancha le gorgone.
Quelques villageois s'étaient arrêtés de danser et regardaient les nouveaux venus d'un œil curieux.
« On les reprend, nous avons beaucoup de route à faire. Dit-il en me pointant de son pouce.
- Vous ne restez pas un peu ? Demanda timidement la jeune femme.
- Non merci »
Sur ses mots forts peu courtois au ton, il se retira avec moi sous le bras. Suivis de peu par Wisely qui tentait tout comme lui de ramener son « prisonnier ». Je me mis à hurler durant toute la traversé, lui demandant de me lâcher en vain. Link fit de même, mais de manière moins téméraire. Sans vraiment me souvenir de tout, je fus attaché à notre lit : pieds et poings liés à la rambarde.
« Lâche moi ! Ordonnais-je.
- Plus tard Moyashi, quand tu seras totalement sevré.
-Mais je suis sobre !
- Oui, c'est cela oui. »
Il sortit sans plus de cérémonie, claquant-et verrouillant- la porte de notre chambre. J'hurlais son nom, il ne répondit pas… Me laissant seul avec pour seul compagnie les cordelettes.
Kanda remonta sur le pont et soupira, Wisely n'était pas encore remonté… Il devait surement avoir plus de mal que lui mais ça, ça ne faisait pas parti de son contrat, il devait donc se débrouiller. Ma mère qui était resté sur le bateau partit à sa rencontre, il détourna le regard.
« Je vous prie de me pardonner, j'ai été négligent.
- Non… Allen a toujours été comme ça, aider les autres est dans sa nature. »
Elle posa le bout de ses doigts sur la rampe, redessinant les veines du bois. Son geste était un peu tendu, elle semblait inquiète.
« C'est une qualité qui est aussi son plus gros soucis, j'ai peur qu'il finisse par se mettre dans une situation impossible… »
Ma mère sembla retenir un sanglot, elle avait du énormément s'inquiéter. Délicatement, Yu lui prit la main et la serra légèrement.
« Cela n'arrivera jamais, je vous en fait la promesse. » Répondit-il d'une voix douce et rassurante.
Elle l'observa un moment et sourit, des perles aux coins des yeux.
« Je t'en prie, prend soin de lui. » Ajouta-t-elle avant d'aller à sa chambre, encore toute retournée.
Il resta seul un instant, regardant l'ile au loin qui disparaissait. Une boule se forma au creux de sa poitrine, réduisant fortement sa respiration. Il était trop tard pour faire machine arrière que ce soit le voyage ou les sentiments qu'il éprouvait, il fallait aller de l'avant en espérant que ça ne finisse pas mal… C'est tout ce qu'il pouvait faire.
Une brise marine s'engouffra dans ses cheveux, l'air salé s'immisça dans ses poumons et calma un peu son inquiétude. Le protéger lui et sa mère, qu'importe le prix que ça coutait…
Yu se retourna puis, se dirigea vers sa chambre qu'il déverrouilla avant de rentrer. J'étais toujours sur le lit, ligoté et sans moyen de me défaire.
« Yu… Implorais-je.
-Qu'importe le prix… »
Il s'accroupit devant le matelas, laissant choir sa main droite sur mon front et décolla ma frange en sueur.
« Même si cet ennemi, c'est toi. »
Yu avait murmuré ces quelques mots, je ne les comprenais pas. Mon corps entier me paraissait en feu, j'étais comme brulant de fièvre. Je transpirais par tous les pores de la peau sans comprendre la raison de ces sensations. J'avais soif, horriblement soif… Ma gorge se serrait et m'empêchait d'articuler correctement, ma bouche était sèche et tout mon corps s'arquait de perceptions inconnus.
« Yu… Je…
-Chuuuut. »
Il caressa tendrement ma joue humide et m'offrit un doux sourire.
« Je sais, mais malheureusement je ne peux rien y faire. Voilà ce qui arrive quand on n'obéit pas. Plaisanta-t-il.
-Je vais mourir ? Demandais-je
-Non, mais tu va douiller.
- Ca va s'empirer ?
-Oh oui… Et pas qu'un peu. »
Le gorgone s'assit sur le bord du lit puis, glissa une main sur l'intérieur de ma cuisse et frotta le vêtement contre ma peau déjà suffisamment chaude.
« Tu va te souvenir de ta prochaine nuit, crois moi… Mais… »
Ses lèvres s'approchèrent de mon oreille, il glissa quelques secondes sa langue à l'intérieur avant de murmurer :
« Je te tiendrai compagnie. »
Mon visage s'empourpra d'avantage, plus pervers… Il se releva, resserra sa queue de cheval avant de partir chercher de quoi facilité ma nuit.
Yu avait raison, la soirée fut terrible. Le fruit était comme une drogue et plus le temps passait, plus je me sentais mal. Nausée, tremblement… Cette nuit me sembla durer une éternité, mais il resta là, à mon chevet jusqu'à ce que la fatigue m'emporte au royaume des songes. Les effets durèrent une bonne semaine, et même encore à ce moment là de l'histoire… J'étais toujours attaché :
« Ne bouge pas, je reviens d'ici quelques minutes.
- Ha ha… Comme si je pouvais partir ! » Répliquais-je agacé.
Il lâcha un rire et passa la porte, refermant soigneusement la prison doré. Je jurais, du moins… Du mieux que je pouvais, mon corps ne m'obéissait toujours pas. J'étais parcouru de spasme plus fort les uns que les autres.
Chose promise, chose due: Yu revint cinq minutes plus tard avec un seau et un morceau de tissu il posa le tout sur le bureau et se rassit à mes côtés. Sa main se logea sur mon front, la glissant sous ma frange humide.
"Qu'est-ce que tu fais...? Dis-je avec difficulté.
- Tu es brulant, il faut faire baisser ta température."
Cela devait surement être vrai, j'étais frigorifié. Mon corps était parcouru de spasme depuis qu'il m'avait ramené à la chambre. Et cela ne semblait toujours pas s'arranger. Je transpirais encore de la tête au pied, mes vêtements imprégnés de sueur. C'était la deuxième fois qu'il me changeait de la journée.
Sur ses mots, il retira ses doigts et apporta le récipient qu'il mit devant lui. Je jetais un coup d'œil à ce drôle d'objet : Kanda plongea la main dedans. Il en ressortit des petits glaçons, de la taille d'un œuf de caille. Le brun les mit dans le tissu qu'il avait au préalablement posé sur ses genoux puis le referma en faisant un nœud. Il installa le tout sur ma tête, relevant mes cheveux pour un meilleur effet. Je frémissais à son contact, le froid qui se diffusait hors du tissu tentait de faire taire cette fièvre qui me barrait le crâne. Elle apaisait la douleur mais accentuait terriblement mes tremblements. Yu passa cette fois-ci ses doigts sur ma joue brûlante et la cajola amoureusement. Sa peau semblait bien fraiche par rapport à la mienne mais aussi terriblement douce. Parfois il pouvait se montrer affreusement affectueux. J'enfouissais mon visage dans le creux de sa main, une manière de quémander un peu plus de tendresse de sa part. Chose qu'il comprit parfaitement bien puisqu'il déposa un bise sur cette pommette ruisselante puis de quérir mes lèvres.
Malgré ce baiser plutôt bienfaiteur, je continuais de crever de chaud, de froid aussi... Mon corps tout entier se sentait mal et rien ne paraissait vouloir s'arranger, je n'en pouvais plus. Je n'allais tout de même pas rester ainsi éternellement ?
« Yu fait quelques chose… Murmurais-je.
-Je ne peux rien faire, patience est mère de vertu.
-Je t'en foutrais de la vertu moi ! Vociférais-je, les nerfs à fleur de peau.
-C'est bien mon Moya ça…
-La ferme ! »
Je me retournais, mince c'est vrai : j'étais enchainé.
« Détache-moi ! Ordonnais-je.
-Non.
-Ca t'amuse hein ?
-Te voir dans cet état lamentable ? Non ça m'inquiète. Mais… Je mentirais si je te disais que te regarder, fixé au lit sans défense… Ca me stimule tout de même un peu. »
Autant le début de sa phrase m'avait profondément touché, autant la partie suivante avait redoublé ma fureur. Certes il avait été honnête, et en plus il ne réalisait rien de ce qu'il avait envie cependant… L'état dans lequel j'étais avait pour don de me rendre considérablement… Irritable ? Du coup au lieu de le remercier de garder ses désirs pour lui, j'étais agacé car même maintenant il en avait encore… Et je rajoutais à cela une dose de mécontentement : « Ca lui plaisait… Tu m'étonnes qu'il était ravi ! Ce n'est pas tous les jours qu'il avait droit à une telle occasion de me lorgner sous toutes les coutures et de me peloter à tords et à travers. » Ses pensées augmentèrent tant mon agacement que je n'hésitais pas à répondre à haute voix :
« Pervers !
-Toujours, quand je pense à toi. »
Je tirais de toutes mes forces sur les cordelettes, c'était peine perdu. De son côté le garçon n'en loupait pas une miette, savourant d'un malicieux sourire les faits et gestes vains que je faisais. Après une bonne minute à me débattre, je me laissais choir sur le lit encore, plus brulant qu'avant. Yu repartit câliner ma joue, faisant de petit cercle dessus avec son index.
« J'ai soif. Déclarais-je, d'une voix impassible face aux gamineries du gorgone.
-Ce n'est pas comme ça qu'on demande.
-Oh maitre adoré de mes songes, pourriez-vous apporter un peu d'eau salvateur pour votre esclave préféré ? Requérais-je avec, cette pointe d'ironie dans la voix qui la faisait monter dans l'aigue.
-Mais certainement »
Il attrapa un des petits cubes givrés et le posa sur ma bouche assoiffée. Le glaçon glissa sur mes lèvres, humidifiant l'épiderme sur lequel il allait-et-venait. Le brun continua ainsi quelques secondes, jusqu'à ce que ma bouche commence à prendre une petite teinte violette.
« Ouvre la bouche »
Je m'exécutais un peu forcé, le cube vint se loger sur ma langue. Sa fraicheur redoubla d'intensité, refroidissant immédiatement la peau sur laquelle elle était posée. Le glaçon était toujours retenu entre ses doigts, en partie dans ma bouche eux aussi. Ses ongles déplacèrent le petit bout de glace, le collant de longues secondes sur chaque paroi. Le froid s'installa progressivement dans ma bouche engourdissant tout l'intérieur, allant jusqu'à désensibiliser certains endroits.
« Suce »
Yu redéposa le glaçon sur ma langue, insistant lourdement pour que je lui fasse par de petits allées-et-venues dessus. J'accomplissais donc ce labeur, réchauffant de ma salive le morceau de glace qui fondait alors doucement. Je caressais dans un même temps ses doigts qui le retenaient toujours, ceux-ci étaient tout aussi gelés que le cube mais le gorgone ne semblait pas y prêter attention. Mon muscle s'entrelaça alors un bon moment avec ces intrus et, quand la glace fut entièrement dissoute, il retira enfin sa main. Un filet de salive s'échappa de la bouche quand il les sortit, Yu essuya de son pouce le surplus de mes lèvres avant de les happer dans un second baiser. Elles étaient bien chaudes comparé aux miennes.
« Satisfait ? Demanda-t-il ravi de son idée.
-Je n'appelle pas ça être réhydraté. »
Il sourit, mauvaise nouvelle.
« Ne t'inquiète pas, je n'en ai pas encore fini. »
Sur ses mots peu rassurant, il partit fouiller une nouvelle fois le seau et en ressortit un autre, cette fois-ci plus petit. Yu me le montra d'un air taquin, il semblait réellement s'amuser.
« Tu ne peux pas me servir un verre comme tout le monde ?
-Tu n'es pas tout le monde, tu es MON Moyashi. »
Sans attendre de réponse, le brun dirigea son trésor sur mon nombril : Il souleva mon chiton et le plaça dessus. Cet effleurement cambra mon corps aussitôt, je me pliais à moitié en avant, toujours retenu par les liens aux poignets. Yu retint un rire puis, remonta mon vêtement pour découvrir tout le bas jusqu'au ventre. Le glaçon suivit son périple en descendant plus bas, toujours plus bas. Rencontrant diverse volume que le gorgone connaissait si bien pour les avoir tant explorés. Il continua sont chemin pour atteindre le but souhaité : allant jusqu'à cet entré bien précis où le glaçon vint se presser. J'hoquetais de surprise, le froid que dégageait le cube et l'appui que faisait les doigts pour le faire tenir était particulièrement déroutant. Cette sensation insolite n'avait rien de fâcheuse en soi, elle ne me faisait pas mal cependant je ne savais dire si elle était bonne ou mauvaise. Pour le moment.
Yu ne tarda pas à pénétrer l'embrasure, l'enfonçant doucement à l'intérieur. Je fronçais les sourcils, la sensation de froid qui s'insinuait en moi était totalement différente de la première. Mon corps se contracta, c'était si étrange… Rien à voir avec le corps si chaud de Yu qui m'avait pénétré si souvent, la glace râpait lentement mes parois tout en les givrant. Ses doigts poussèrent le glaçon de plusieurs centimètres, lorsqu'ils atteignirent finalement la prostate, il ressortir sans lui.
« Enlèves ça ! Ordonnais-je
- Ca va te faire du bien. »
Nous ne devions pas avoir la même définition de ce mot… Contrairement au glaçon qu'il avait laissé dans ma bouche, il était impossible de dissoudre rapidement ce froid qui m'oppressait dangereusement. Je ne pouvais que « apprécier » ce gel imbibant mon épiderme, et patienter que cette sensation passe. Je croyais qu'attendre finirais par me soulager, je me trompais. Lorsque la glace commença à fondre et se disséminer dans mon corps, je me mis à me cambrer encore plus.
« Qu'est-ce que… »Ne pus-je que prononcer.
La sensation… De la glace logée à l'intérieur de moi était pratiquement impossible à décrire. C'était là à enfouie en moi, froid, dure mais qui devenait au fur et à mesure liquide. Je me sentais à a fois gelé et humide. La glace se transformait en eau, et coulait généreusement en moi, glissant vers la sortie. Je tournais la tête, embarrassé au possible. Mes jambes tentèrent de se replier sur elle-même, de se croiser mais les liens les bloquaient autant que mes bras.
« Arrête ça ! Demandais-je tout en essayant de ne pas gémir.
- Impossible, tout ce que l'ont peut faire c'est attendre.
- Tu n'étais pas obligé de me mettre ça à l'intérieur ! Rugissais-je, prêt à mordre.
-Ce n'est pas faux cependant… »
Il sortit deux autres glaçons, un dans chaque main.
« Il faut bien te châtier pour m'avoir désobéi ?
- Tu penses pas que je suis suffisamment punit ?
- Non mon ange, ce n'est pas encore assez… »
Les lèvres de Yu vinrent se poser sur les miennes, m'offrant un baiser que je refusais.
« Va en enfer ! Crachais-je, hors de moi.
- Non, juste en toi suffira. Mais d'abord… »
Il glissa un second glaçon à l'intérieur, plus gros cette fois-ci.
« Il faut rafraichir tout ça.
- Tu peux pas faire l'amour comme les gens normaux ? »
Yu m'observa un moment avant de rire, qu'il s'étouffe.
« Dis celui qui n'a eu qu'un amant ! Répondit le gorgone en essuyant une larme du revers de son doigt.
- Continue à te moquer et je m'en trouve un autre ! »
Le visage de Kanda s'assombrit à cette remarque, il s'approcha de moi avec… Un air qui sous-entendait qu'on ne rigolait pas avec ça.
« Trompe moi et je te tue. »
Il avait dit ça d'un tel ton, que je me taisais. Mais alors que je croyais l'ambiance devenue exécrable… Yu se jeta sur ma bouche, pénétrant l'intérieur d'une langue gourmande. Surpris je le laissais faire, il avait un don pour embrasser… Mon corps finissait toujours par ce détendre à ce contact et le laissait faire tout ce qu'il voulait, il n'eut pas d'exception. Lorsqu'il relâcha enfin ma bouche, je respirais. Ma poitrine allait et venait dans un rythme effréné.
« Apparemment, la fièvre ne diminue pas.
- Non tu crois ? » Ironisais-je.
Yu déposa le troisième petit cube en moi et se releva avec le seau avant de l'installer de nouveau sur le bureau. Il avait prit en même temps mon vêtement qu'il déposa sur la chaise, puis, se dévêtit à son tour. Mes yeux s'attardèrent sur lui, il était de dos : son corps tout entier était un appel à la débauche. Sa taille bien grande comparée à la mienne n'enlevait rien à sa musculature qui, en faisait un adulte parfaitement bien formé. Je me sentais bien frêle comparé à cet éphèbe bénit de la nature, limite jaloux mais surtout…
« Tu te rinces l'œil moyashi ?
-N..Non pas du tout. Répondis-je en détournant les yeux, trouvant le mur passionnant. »
Pour la énième fois de la soirée, Yu se posa à coté de moi sur le matelas.
« Bah voyons, comme si c'était pas la première fois que tu faisais tes petites affaires dans mon dos… »
Je piquais un fard, mort de honte.
« Prend pas tes rêves pour des réalités ! Je ne suis pas un pervers moi ! »
La main de Yu glissa le long de ma cuisse, plissant ma peau amoureusement puis, lorsque sa paume arriva à l'endroit désiré, l'un de ses doigt tapota allègrement mon membre.
« Arrête de mentir ou je vais devoir te punir à nouveau… Fit Yu d'une voix grave.
- Je ne mens pas ! Réfutais-je.
-Comme tu voudras. »
Il repartit chercher un glaçon, qu'il fit jongler de ses mains.
« Alors ? Demanda le gorgone.
-Va crever !
-Mauvaise réponse… »
Yu posa le glaçon sur mon urètre, redessinant le sommet en son bon vouloir.
« Alors ? répéta-t-il.
- Tu comptes me faire quoi avec celui là ?
- Tout dépend de la réponse.
-Va chier ! »
Celui-ci était beaucoup plus petit que les autres, il ne me faisait pas vraiment peur… J'aurai du.
Yu m'attrapa fermement de sa main gauche puis, doucement, commença à l'insérer…
« AH NON ! »
Je tentais de refermer mes jambes, il me vit venir : Yu se mit à califourchon sur mes genoux, empêchant toute tentative de fuite. Il fit glisser le glaçon entre ses doigts comme on le ferait d'une pièce de monnaie. Pour ma part je ne m'amusais pas du tout.
« N'y pense même pas… Le menaçais-je
-Sinon quoi ? Franchement il serait tant que tu comprennes que tout ce que je fais, c'est pour te faire du bien. »
Je répliquais mais le gorgone ne m'écoutait plus, absorbé par le minuscule cube qu'il tentait de faire rentrer. Je me cambrai sous cette sensation, c'était… Trop étroit. La glace commença à fondre elle aussi, laissant de l'eau glisser sur les parois avant de retomber au goute à goute sur le matelas. Mon corps s'arqua, bon sang ça en devenait malsain.
« Tu ne me facilites pas la tache Moyashi… Râla Yu visiblement mécontent.
- J'y peux rien !
- Si tu peux, retiens-toi.
-Arrête de me toucher alors!
-Jamais. »
Je tirais sur les liens de mes poignets, mordant ma lèvre inférieure.
« 'Chier ! Lachais-je
- Arrête de ronchonner, vu l'angle que j'ai tu ne détestes pas ça.
-C'est justement ça le problème ! »
Yu releva la tête, interloqué.
« Comment ça ?
- T'es toujours là à me faire des trucs pervers, à me rendre libidineux au possible. Toutes ces choses indécentes…
-Et tu détestes tant que ça ? Demanda Yu.
- Oui et non ! On fait jamais l'amour de manière 'normal', faut toujours que tu testes des trucs sur moi ! »
Ma moitié ne répondit pas, écoutant ce que j'avais à dire.
« Parfois j'aimerais bien que tu n'aies pas besoin de tout ça pour qu'on… Qu'on… »
Je détournais les yeux, c'était si difficile à comprendre ?
« Allen… »
Il posa sa main contre ma joue et doucement m'incita à le regarder. Il me contemplait d'un air plein de tendresse. Ses pupilles dilatées m'observaient en silence, témoignant du désir qu'il me portait. Son pouce caressa le haut de ma pommette, puis redescendit vers ma bouche qu'il cajola à son tour.
« Tu sais bien que je ne peux rien te refuser avec ce regard. »
Mon cœur se serra, pourquoi fallait-il qu'il prenne cette expression maintenant ? Il passait son temps à me stimuler, ayant toujours un prétexte pour agir dans tous les endroits et toutes les manières possibles et inimaginables, et ce sans demander mon avis puis… Lorsque je finissais par le gronder, il arborait ce faux air blessé qui avait le don de me faire culpabiliser. J'avais l'impression d'être le méchant dans l'histoire… Pourtant ce n'était qu'un plan diabolique pour continuer à me « torturer affectueusement ».
« J'essaye juste de te faire du bien, du mieux que je peux. Je sais ce qui fait réagir ton corps, mais je ne peux pas m'immiscer dans ton esprit. C'est à toi de me le dire. » Expliqua-t-il.
Il s'avança vers ma bouche qu'il embrassa amoureusement, les battements dans ma poitrine s'accélérèrent à nouveau. Ses lèvres étaient d'une douceur, d'un délice hautement haïssable de par leur sournoiserie. Parfois je me demandais pourquoi lutter vu que, je finissais toujours par craquer et céder à ses petits caprices d'enfant gourmand.
« J'ai envie de te faire l'amour, mais toi qu'est-ce que tu veux ?
-Je… »
Je baissais les yeux, le rouge me montant diablement aux joues. A l'inverse ma moitié était d'un calme olympique, attendant patiemment ma réponse.
« Je veux que tu me détaches. »
Malgré son air devenu soudainement grave, il acquiesça. Il m'enleva les cordes et les jeta au sol, d'un geste. Il resta là sans bouger tandis que je me redressais, maintenant assis en tailleur. Finalement, Yu décida de rompre le silence par une seconde question:
« Autre chose ?
- Mes vêtements. »
Yu se leva sans un mot de plus, ses jambes le conduisirent jusqu'à mon chiton qu'il prit méticuleusement avant de retourner près de moi. Il me le tendit silencieusement tout en évitant le contact avec mes yeux, il préféra regarder le mur d'un air pensif. Je le pris soigneusement et le posa entre mes jambes. Le gorgone qui ne disait plus un mot, s'était mit au bout du lit son menton sur son genoux gauche, l'autre jambe tapait doucement le matelas de son mollet. Je sentais autour de lui une lourde tristesse qu'il retenait du mieux qu'il pouvait.
« Yu ?
- Quoi ? Répondit le brun difficilement.
- Tu veux bien venir à côté de moi ?
-Non. »
Il recula un peu plus loin de moi, comme pour se protéger.
« Tente pas le diable, j'ai trop envie de toi. »
Je souris, touché par ses propos. Posant mon chiton sur le drap, j'avançais vers lui. Mes bras entourèrent le sien, celui de droite tandis que mon torse se pressait dessus. Il me jeta un regard curieux mais avec une petite pointe de méfiance.
« Moi aussi »
J'embrassais sa joue, allant jusqu'à mordiller affectueusement son lobe. Yu se laissa faire, il n'avait pas la force de me repousser ni même l'envie. Libérant une de mes mains, je la fis glisser sur sa jambe repliée sur lui-même avant de la lui faire descendre. Il était de nouveau assis avec, cette fois ci, les deux pieds au sol. Je vins m'assoir sur ses cuisses, entourant son cou de mes mains. Mes lèvres toujours proches de son oreille lui susurrèrent :
« Fais-moi l'amour. »
Il hésita une bonne seconde puis finalement, osa me jeter un regard. Ses pupilles ressemblaient à deux flammes prêtes à consommer une forêt entière où seuls nos effluves pourraient éteindre ce feu qui l'embrasait, qui nous embrasait même. Yu me toisa longuement, surement pour vérifier ma résolution.
« Tu ne le regretteras pas ? Demanda-t-il.
- J'ai dit pas de choses bizarres !
- Et comment on fait s'il ne se passe rien ? »
Je le regardais avec des yeux ronds.
« Attend… Tu l'as jamais fais simplement c'est ça ?
Yu n'avait jamais cogné aussi dure.
« Ca fait mal ! Hurlais-je en me massant la joue, vérifiant au passage qu'une de mes dents n'étaient pas tombé.
- Crève ! »
Il se jeta sur moi, me volant un baiser contenant une humeur hautement massacrante. Je retombais sur le matelas avec un large sourire, apparemment je l'avais percé à jour. Ses doigts vinrent effleurer mes hanches avant de redescendre sur mes cuisses qu'il entrouvrit. Il se glissa entre elle, les malmenant au passage par des palpations sadiques dont ils avaient le secret.
« Je croyais qu'on avait dit de faire quelque chose de simple ? Demandais-je avec, la bouche à moitié dévorée par des lèvres carnassières.
-Ferme là et savoure ! »
La langue de Yu s'insinua à l'intérieur de mon palais et vint chercher sa compagne, je me laissais faire, allant jusqu'à fermer les yeux et profiter de ses sensations délicieusement agréable comme il me l'ordonnait de sa « tendre » voix. Je pouvais sentir sa chlamyde se frotter allègrement contre ma peau, chatouillant doucement mon épiderme. Mes mains passèrent en dessous, allant câliner son dos du bout de mes doigts. Il rapprocha son corps du mien, soulevant dans un même temps mes jambes pour se positionner correctement. Apparemment le gorgone n'avait pas de temps à perdre.
« Tu me le dis si je suis trop rapide heeein ? Ironisai-je après qu'il ait relâché ma bouche.
-Ah…Tu m'as demandé du simple, je t'en donne moi. » Répondit-il d'un ton impassible.
Je fis la moue, simple oui mais quelques caressent n'était pas de trop… Yu était vraiment trop manichéen.
Kanda partit à la conquête de mon cou, mordant avec délice celui-ci. Passion quand tu nous tiens... Mon visage se nicha dans le sien, humant cette odeur de sueur qui commençait à exsuder à cause de nos ébats. Étrangement j'aimais cet arôme : cette sensation d'humidité qui collait notre peau ensemble, la rendant plus rugueuse à chaque frottement. C'était la preuve que je lui faisais effet. Le voir épuisé après nos plaisirs était aussi jouissif que de l'entendre susurrer mon prénom. Cette fragrance baignait la pièce entière ensuite, Ô combien de fois je m'étais allé à enfoncer mon nez dans les draps sales qui l'avait enveloppé… Me berçant de ses effluves qui n'appartenaient qu'à lui. Elle me calmait lors de mes doutes, il me suffisait de fermer les yeux et d'inspirer profondément : je me sentais chez moi. C'était son corps ma maison.
Alors que je restais là, presque hypnotisé par ses senteurs uniques, je pouvais le sentir se raidir tout contre moi, frottant ce membre tendu entre nous. Mes avis que les mots : simple et préliminaire n'allait pas se trouver dans le même camp pour Yu… De vieilles douleurs se réveillèrent.
« Yu si tu pouvais éviter de me casser en deux, je t'en serais gré. »
Le métis me regarda et, après un regard blasé passablement irrité… Il me pinça la joue, je gémis.
« Est-ce qu'une seule fois j'ai été violent et blessant ? Dit-il.
- Dois-je tout énuméré ou un simple résumé suffira ? Aie ! »
Mes dents allaient vraiment finir par se déchausser…
« Tu mériterais que je te prenne en long, en large et en travers sans douceur tiens ! »
Il tapa son bassin contre le mien, je retenais un gémissement.
« Pervers ! Lançais-je.
-Prude insatisfaite ! »
Nous nous regardâmes longuement avant de finir par éclater de rire.
« Sérieux, vas y mollo… Dis-je en essuyant une larme au coin de l'œil.
- C'est demandé si gentiment. »
Il déposa un baiser sur mon front puis, m'embrassa les joues par petits à-coups. Son corps se lova un peu plus contre le mien tandis qu'il caressait affectueusement l'intérieur de mes jambes. Ses doigts parvinrent à mon entré, faisant de petits mouvements circulaires qui taquinaient ma paroi. Cette sensation me détendit considérablement, allant même jusqu'à me laisser soupirer d'aise. Yu le remarqua de ci-tôt et ne se priva pas pour esquisser un malicieux sourire, mais garda sa réflexion pour lui… Il avait intérêt.
Je laissais ma tête choir contre le matelas, mes mains encore dans son dos glissèrent sur ses avant-bras que je me mis à cajoler doucement, de mes ongles. Les siens ne tardèrent pas à rentrer, me faisant arquer tout mon corps. Je fronçais les sourcils et mordait ma lèvre inférieur frénétiquement : Le début était toujours un peu rude, même après tous les ébats que nous avions faits. Il me fallait toujours de longues minutes avant de passer à l'étape suivante, j'avais l'impression de me faire dépuceler à chaque fois… J'avais honte.
A l'inverse de cette moitié qui me servait d'amant… Le lendemain il était toujours aussi fringuant, comme si rien ne s'était passé. J'en crevais de jalousie. Il se promenait sans problème, déambulant sur tout le bateau d'un pas rapide et ce sans aucun soucis. Alors que moi je devais me faire porter pâle, et me crispais chaque fois que je devais m'assoir. C'était sans parler des gloussements de l'autre qui semblait être fier de mon état après chaque visite nocturne. Parfois je me demandais s'il n'attendait que ça de crier sur les toits qu'il m'avait mis dans cette situation, ou de me faire hurler pour que les autres soient au courant. Je passais ensuite deux jours à regarder mes pieds plutôt que de découvrir le visage des autres. Le pire c'est que la seconde fois, il ne s'était gêné du tout pour recommencer… En plus bruyant.
« Détends-toi… »
Yu venait d'insérer un second doigt, perforant le tout d'un diamètre bien plus gros. Il pénétra l'intérieur jusqu'au bout, venant caresser adroitement la petite boule devenue son allié quelques temps plus tôt. Ma gorge ne me laissa pas le temps de retenir la complainte qui s'échappait de ma poitrine, et vint se répercuter sur les murs de la chambre. Il réitéra la manœuvre autant de fois que nécessaire, jusqu'à ce qu'il me sentit prêt. Le gorgone les enleva finalement et plaça son membre sur l'entré. Et rentra.
Tout mon corps se cambra, mes bras sous la pression agrippèrent fermement ceux de Yu et les serrèrent à lui en couper la circulation. Ses mains s'installèrent sur mes hanches et, les frottèrent doucement.
Je détournais la tête, fermant les yeux et tentait de ne pas penser à la douleur qui me lancinait les reins.
« Ca va ? »
Sa voix avait prit un ton inquiet, ça ne lui ressemblait pas. D'habitude, avec son « incroyable » savoir faire il ne me le demandait pas. Enfin, c'était plutôt des phrases du genre : « tu aimes ça non ? » « Ne te retiens pas » « arrête de me mentir ». Pourtant cette fois, le ton de Yu prenait réellement en compte l'avis qu'il sollicite. Quelque chose était différent chez moi ? Il réitéra la question, réarrangeant mes cheveux d'une main. Mes yeux s'arrêtèrent sur son visage, il avait gardé cet air impassible qui m'empêchait de distinguer ce qu'il pensait réellement. Seuls ses pupilles soutenant mon regard me confortaient dans cette idée, ma moitié était soucieuse.
« Allen, ça va ? »
Son timbre avait diminué, prenant une douceur ressemblant fort à un murmure. Il ne bougeait pas, attendant patiemment la réponse.
« Je… Ca va…
-Mais ? »
Impossible de mentir à un Yu, c'était peine perdu. Mais je n'avais vraiment pas envie de lui expliquer la jalousie maladive que je ressentais vis-à-vis de sa ténacité à récupérer, pourtant si je ne le faisais pas… J'étais bon pour une attaque de bassin, et là j'allais encore plus souffrir. Cruelle dilemme.
« Mais ? Répéta-t-il.
- Mais je ne te dirais rien, punis moi autant que tu veux… J'emporterais ce secret dans ma tombe ! »
Je plaquais mes bras sur mon visage, disposé à recevoir le châtiment de la gorgone. J'attendais silencieusement, à moitié recroquevillé cependant rien ne se passait. J'enlevais mon bouclier avec précaution et découvrit Yu, un visage qui contenait une détresse absolu.
« Y..Yu ? Ne pus-je que dire face à ce changement d'expression que je lui connaissais si peu.
- Tu as mal c'est ça ? Demanda-t-il.
- Hein ? Non ! Je veux dire oui, enfin comme d'habitude… Ce n'est pas ça le problème !... »
Il détourna la tête, posant son regard vers le bas du bureau. Il semblait agacé, et particulièrement blessé.
« Ca fait si mal que ça ?
-Mais je te dis que ça va ! »
Yu planta son regard dans le mien avec, une aura si oppressante qu'elle ordonna à mon corps de se faire tout petit. Ce n'était pas bon… Pas bon du tout.
« Ca va ? Vraiment ? »
L'intrus qui ne s'était pas totalement encore accommodé à l'intérieur de moi se pressa au fond, me faisant gémir. Il recommença la manœuvre, mes doigts repartirent agripper ses bras violemment et vinrent alors creuser des entailles sur sa peau. La faisant rougir à presque le sang. J'hurlais de douleur, finalement j'aurais peut-être du admettre l'inavouable.
« Et là ça va toujours ? Demanda-t-il froidement.
- Comment veux-tu que ça aille, avec toi qui me prends de cette façon ? M'écriais-je, les larmes me montaient aux yeux.
- Alors ne me dit pas que tout va bien !
- Ca allait jusqu'à ce que tu te décides à refaire mon intérieur ! »
La main droite de Yu attrapa mon menton et m'obligea à le regarder sans sourciller, son visage n'était plus qu'à quelques centimètres du mien quand il me dit :
« Tu sais bien que je ne supporte pas le mensonge !
- Je ne mens pas ! Grinçais-je, furieux.
- Qu'est-ce qui peut être aussi gênant pour que tu refuses de m'en parler alors ? »
Je me tus et prit une mine blessé, c'était… Vraiment trop difficile, il allait se moquer de moi. Me traiter encore de prude et de sainte nitouche ou pire : me prendre en pitié. Me dire que ce n'était pas grave, que ça passerait avec le temps. Que je ne devais pas m'en faire et qu'un jour il n'y aurait plus de douleur. Limite je préférais ses piques, quand il me voyait comme un estropié je me sentais encore plus inutile. Vivre avec l'homme parfait c'est bien un temps, mais à un moment où à un autre… Il ne faisait plus que renvoyer notre propre image, le genre de représentation qui vous tire vers le fond et nous rappelle qu'on ne le mérite pas.
« Je… Je ne peux pas. Admis-je.
-Pourquoi ?
-Je ne veux pas que tu t'apitoies sur moi. »
Il m'observa longuement, sans un mot, tentant de deviner le problème qui se coinçait dans ma tête et dans cette gorge qui se mit à déglutir difficilement. Puis finalement, sans essayer quoique ce soit d'autre pour connaitre cette fameuse réponse, il relâcha mon menton et planta son bras dans le drap pour prendre appui. L'autre partit écarter un peu plus ma jambe avant de la soulever jusqu'à son épaule, où il l'a posa dessus.
« Très bien, je respecterai ton choix alors.
-Merci… Dis-je en retenant des larmes.
- Mais dans ce cas, ne compte pas sur moi pour être doux. Je ne peux pas lire dans tes pensées.
- D'accord… Murmurais-je difficilement, cachant mon visage de mes mains.
- Cependant, je te promets de te faire l'amour avec tout mon respect. »
Sur ces mots, il reprit les mouvements. Je pouvais sentir les glaçons, devenu depuis un bon moment liquide, se disséminer un peu plus par les vas-et-viens. S'écoulant hors de la paroi pour venir se répandre le long de ma peau en fines gouttelettes, et finirent par s'échouer sur le drap tout en l'humidifiant au passage. C'était une sensation bizarre mais étrangement, le fluide combiné avec le froid rendait la douleur bien moins vive que je ne l'aurais cru.
« Arrête de pleurer, ça me perturbe. Dit-il de son air impassible.
-Pardon… »
Je relâchais ses bras une seconde fois et repartais dissimuler mes pleurs qui augmentaient considérablement. Yu les ignora, comme promit et continua doucement. J'enrageais, toute cette honte envers moi-même en devenait insupportable. Pourquoi, pourquoi je ne pouvais pas être comme lui ? Etait-ce si compliqué de simplement aimer sans condition ? Pourquoi ne pouvais-je pas être aussi libertin, être aussi lubrique que lui sans avoir peur de paraître vicieux et impudique ? Pourquoi était-ce aussi différent quand nous échangions les rôles ? N'étais-je pas aussi bon ? Est-ce que je n'étais pas aussi virulent que lui quand je me trouvais au dessus ?
« Pourquoi… Murmurais-je
- Moyashi ?
- Est-ce que je ne donne pas assez ?
-De quoi tu parles ? »
Ma moitié ralentis la cadence, et d'un geste câlina ma chevelure.
« Pourquoi c'est si différent… Continuais-je en tentant de retenir le plus de sanglots.
- Qu'est-ce qui est différent ?
- Pourquoi ai-je mal quand on le fait alors que toi on pourrait te mettre la proue du bateau tu te relèverais sans aucune séquelle… »
Il me regarda ahuri, avant d'exploser de rire.
« Qu'est-ce que… ? Dis-je avant d'enlever mes bras et de me redresser. De son côté, Yu était plié en deux.
- Alors celle là… »
Yu toujours en moi, se retira avant de tomber tête la première sur le matelas. Toujours rabattu sur lui-même, riant aux éclats. Je passais ma langue sur l'arrière de mes dents, gonflant mes joues énervé. Entre pitié et moquerie, la gorgone avait penché pour la seconde.
« T'es vraiment trop con ! Ajouta-t-il, toujours pas remis de l'annonce.
- C'est pas drôle !…
-Oh que si ! »
Je me relevais avant de sortir du lit, boitant un peu à cause des précédents mouvements. J'attrapais mes habits plus en amont du lit et me revêtit. Il me regarda faire le sourire aux lèvres :
« Ou tu vas ?
-Faire un tour. Répondit-je.
- Tu es fâché ?
- Non pas du tout, je respire l'amour et l'eau fraiche. » Dis-je cynique.
Yu se redressa à son tour, attrapant ma main avant que celle-ci n'empoigne la porte. Il me plaqua contre celle-ci, glissant une jambe entre les miennes. Ses mains, encadrant ma tête, empêchaient toute fuite impromptue. Je n'osais même pas le dévisager, j'étais divisé entre deux sentiments contradictoire : la honte et la colère. Embarrassé d'avoir osé lui dire la vérité, furieux contre moi-même pour n'avoir pas tenu ma langue. Et encore plus furibond de le voir ainsi se comporter. Je lui ouvrais mon cœur et il se moquait, certes j'aurais vomis sa compassion… Mais il n'était pas obligé d'hurler face à cette comédie qui se jouait devant ses yeux. Ayez un peu de respect pour le pauvre tragédien, ce n'était déjà pas facile.
« Sérieux ? Sollicita-t-il pour confirmation.
- La ferme.
- C'est ça qui te perturbe ? Que je ne crie pas à la lune comme toi ?
- Je t'ai demandé de la fermer ! Répétai-je diablement énervé.
- Ca te trouble à ce point ? Quelques cris et des courbatures ? »
Je tentais de le repousser, en vain. Mes bras se retrouvèrent coincés entre ses mains, de chaque côté de ma tête. Il se colla contre moi, frottant l'intérieur de ma cuisse avec son genou.
« Idiot…
-Oui je sais, je suis un imbécile… T'as plus d'expérience, blablabla, c'est pour ça… Blabla. Et puis moi je suis une chiffe molle, je douille pour un rien.
- Ah non ce n'est pas du tout pour ça. Me contredis-t-il.
-Pardon ? »
Je le regardais interloqué, ce n'était pas la raison de son endurance de demi-dieu vénérée par la grande Aphrodite et de son appétit démesuré qu'il avait développé lors de ces précédentes conquêtes ?
« Pourquoi alors ?
- Tu veux vraiment le savoir ?
-Oui ! » Dis-je, -voir criais-je même- tant la réponse me faisait languir.
Yu hésita quelques secondes, comme si il paraissait s'être fait avoir mais, en voyant mon regard totalement perdu et mes attentes qui me donnaient l'air d'un animal qu'on menait à l'abattoir… Il m'accorda finalement le droit à cette vérité. Il inspira profondément, laissant un peu de rose parcourir ses joues et annonça d'un trait :
« Si je me mettais à hurler comme tu le fais, sans me contenir. T'aurais même pas le temps de prendre ton pied, je serais déjà partis.»
D'après Yu, on appel ça être en état de choc : Les yeux grands ouverts, le cerveau déconnecté, impossibilité de répondre ou même d'entendre… Il a du me ramener jusqu'au lit en me trainant, et, à passer la nuit à vérifier que je n'oubliais pas de respirer.
Mais s'il y a bien une chose que je n'oublierais pas, c'est celle-ci : Ce n'est pas moi qui suis long et difficile à mettre en route, mais plutôt lui qui à une fâcheuse tendance à partir au quart de tour.
A présent on peut l'entendre crier jusqu'au mont Olympe. Tant pis pour nos compagnons de voyage, comme le dit si bien une certaine gorgone : on s'en fout.
Quand à moi… Je n'ai plus jamais critiqué ses préliminaires.
Yu est un éjaculateur précoce, il le cache bien. Et je l'aime ainsi.
Ps : Bizarrement, je fus totalement sevré du lotos le lendemain…
Quelques petites infos:
1) Kliné : est un lit ou canapé utilisé dans la Grèce ancienne pour dîner. Les klinés étaient réalisées en divers matériaux : marbre, bronze, métal parfois précieux, bois avec parfois marqueterie.
2)Hoplite : Homme armé de classe moyenne qui pouvait se payer des armes.
3)Hey Jeune marin/apprenti croyez pas qu' vous allez manger, boire et faire la fête/noce ! On a des barmans alors le Rhum/l'alcool et le tabac c'est pas pour les mousses, nous les rats de cale (criminel/vauriens) on les abandonne et les femmes ça porte malheur ici !
4)Cabulot : Bistrot, taverne etc… Yu fait un remake de « on n'est pas sortit de l'auberge ».
5)Ce proverbe est issu de la philosophie d'Héraclite, qui pense le monde comme mouvement et changement perpétuel : Les choses sont en perpétuel changement, ainsi que notre vie intérieure. Comme un fleuve, qui semble toujours identique mais où l'eau n'est jamais la même, nous changeons, ainsi que les choses. C'est pourquoi nous ne pouvons vivre deux fois la même chose.
