Disclaimer : Tout l'univers de Harry Potter appartient à JK Rowling !

CHAPITRE.1 : Black, Black, Black (Perfect Strangers – Jonas Blue)


C'était l'heure du dîner et la Grande Salle était remplie. Harry était assis aux côtés de Ron, qui était déjà en train de se goinfrer. Hermione lui jetait des regards de tant à autres, le nez plongé dans un énorme livre. A la table des Serpentard, Drago Malefoy mangeait, la tête baissée vers son assiette, entouré comme à son habitude par Crabbe et Goyle.

- Elle ressemble vraiment à un crapaud, commenta Harry en serrant les poings.

Il désignait ainsi Dolorès Ombrage, le nouveau professeur de défense contre les forces du Mal. Elle les avait d'abord gratifiés d'un discours assommant qui laissait penser qu'elle les considérait comme des gamins de dix ans et elle était maintenant en grande conversation avec Rogue. Ron approuva d'un mouvement de tête, sans cesser de mâcher.

Le repas touchait à sa fin lorsque la porte de la Grande Salle s'ouvrit avec fracas. Harry sentit sa cicatrice pulser soudainement. Un inconnu, le corps couvert par une cape de voyage et la tête dissimulée par une capuche, se tenait sur le pas de la porte.

- Qui êtes-vous ? demanda sèchement Dumbledore. Comment êtes-vous entré ici ?

Devant l'absence de réponse de l'inconnu qui était occupé à examiner la salle avec intérêt, le directeur se leva lentement et sortit sa baguette.

- Tu crois que c'est un Mangemort ? chuchota Hermione, paniquée.

- Je vous ai posé une question ! tonna Dumbledore.

L'inconnu resta silencieux, balayant la Grande Salle du regard. Dumbledore envoya un sortilège informulé, qu'il évita d'un simple pas de côté. Puis il porta les mains à son visage et ôta sa capuche. « CLING ! » Toute la salle sursauta. A la table des professeurs, Severus Rogue venait de briser son verre entre ses doigts. Il était blême, les yeux exorbités.

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La jeune fille d'une quinzaine d'années qui se tenait sur le pas de la porte n'avait rien d'un Mangemort. Et pourtant, Dumbledore et la plupart des professeurs semblaient en état de choc. Blonde avec de légers reflets roux, elle avait de longs cheveux emmêlés et une grande mèche lui barrait le front. Quelques taches de rousseur à peine visibles s'étalaient sur ses joues bronzées. Ses yeux bleu gris jetaient des coups d'œil méfiants un peu partout. Harry croisa son regard et fut aussitôt hypnotisé par leur couleur. Cette couleur si familière, ce gris si connu… Il remarqua que sous sa cape, elle portait des vêtements moldus, un sweat-shirt uni, un jean et des baskets en toile.

Ce fut la voix tremblante de Rogue qui brisa le silence.

- Sél…Sélène ?

Les élèves arrêtèrent de respirer, de toute leur scolarité, c'était probabalement la première fois qu'ils entendaient le professeur de potions bafouiller ! Severus n'osait pas y croire, c'était insensé… La jeune fille fronça les sourcils.

- Ah non. Désolée de vous décevoir mais… je ne suis pas Sélène.

Sa voix avait une légère note grave et était particulièrement rauque. Severus se rendit compte que ses mains tremblaient quand Minerva McGonagall posa une main sur son bras. Le professeur de métamorphose se leva et s'avança lentement jusqu'à la jeune fille.

- Veuillez excuser la réaction de mon collègue, Miss. Vous ressemblez fortement à une personne que nous connaissons et c'est assez…troublant.

La jeune blonde hocha la tête.

- Ouais. Sélène…

- Vous la connaissiez ? s'étonna McGonagall. Vous êtes presque identiques. Mais vos yeux… C'est étrange, vous avez les mêmes yeux que quelqu'un mais…

La jeune fille la regarda fixement puis sourit d'un air ironique.

- Les mêmes yeux que Sirius Black peut-être…?

Et McGonagall eut l'air d'être frappée par la foudre.

- Oh par Merlin… Valyana Black…

Le sourire carnassier de la jeune blonde s'élargit encore un peu plus.

- Je préférerais Valya si ça ne vous dérange pas trop…

Dumbledore s'approcha à son tour.

- Enfin Minerva, vous n'allez pas croire cette histoire, ça ne tient pas debout…

- Albus… la ressemblance… ça ne peut pas être une coïncidence.

- Mais c'est impossible ! explosa Rogue. Tu… Elle est morte ! Morte ! Et c'est lui qui l'a tuée !

Et pourtant, pourtant Severus sentait que c'était la vérité…

- Hé ! coupa la jeune fille d'un ton glacial. Ça suffit ! Arrêtez de parler de moi comme si j''étais pas là ! Je suis ici et je suis en vie ok ?! Certainement pas grâce à vous mais je le suis ! Et si vous ne me croyez pas, je peux le prouver ! Valya leva la main gauche d'un geste décidé. Je jure sur ma magie que je suis bien Valyana Céleste Black, fille de Sirius et Sélène Black.

Un filament de magie argentée sortit de sa main et tourbillonna autour d'elle avant de disparaître. Et un silence assourdissant tomba sur la Grande Salle.

ooo

Hermione poussa un petit cri.

- Un serment magique ! C'était un serment magique… C'est un rite très ancien que presque plus personne ne connaît et il faut une grande puissance magique… Et la personne qui jure ne peut que dire la vérité !

Harry la dévisagea, sous le choc. Comment ça « la vérité » ? La fille de Sirius ? Mais qu'est-ce que c'était que cette histoire ?! Rogue semblait partager son avis. Livide, il répétait en boucle : « Impossible… C'est impossible… ».

- Et vous feriez mieux d'arrêter avec vos accusations débiles sur mon père, enchaîna la jeune fille. Comme si ça ne suffisait pas qu'il pourrisse à Azkaban pour un crime qu'il n'a pas commis… cracha-t-elle avec mépris.

Le Survivant sentit sa mâchoire se décrocher. Donc elle savait que Sirius était innocent… mais pas qu'il s'était échappé ?!

- Miss Black… coupa sèchement Dumbledore. Comment êtes-vous arrivée jusqu'ici exactement ?

Valya haussa les sourcils d'un air moqueur.

- Hum… par la porte ?

McGonagall poussa une exclamation, horrifiée par l'insolence de la jeune Black. Rogue devint aussi translucide qu'un fantôme et les autres professeurs paraissaient atterrés. Les élèves semblaient plutôt impatients de voir le dénouement de la pièce de théâtre qui se jouait sous leurs yeux. Quant à Harry… Eh bien, il commençait à comprendre à quoi pouvait ressembler la personnalité de Valya Black…

- Valya, reprit Dumbledore, vous avez disparu de la surface de la terre pendant quatorze ans. Vous avez été considérée comme morte pendant quatorze ans. Je vais devoir entreprendre des tas de démarches au ministère pour régulariser votre situation. Alors je pense que vous nous devez quelques explications…

Dès qu'il vit les yeux de Valya se remplir d'éclairs et ses poings se serrer avec colère, Harry sut que le directeur venait de faire une très grosse erreur.

- Des explications ?! Vous pensez que JE vous dois des explications ? grogna-t-elle. Eh ben moi je pense pas ! J'ai disparu pendant quatorze ans ?! Effectivement, VOUS ne vous êtes pas souciés de mon sort pendant quatorze ans ! Alors non, je vous dois rien du tout, c'est votre problème maintenant, débrouillez-vous ! Et si vous pouviez éviter de m'appeler par mon prénom ça serait cool, aux dernières nouvelles, on n'a pas élevé les Fléreurs ensemble !

Avant que Dumbledore n'ait pu dire quoi que ce soit, Ombrage éructa :

- Comment… comment osez-vous vous adresser au directeur de cette façon ?

- Dolorès… je crois que vous ne comprenez pas bien la situation, dit posément Dumbledore.

- C'est vous qui ne comprenez pas la situation ! Pas étonnant que le fonctionnement de cette école soit une catastrophe si vous vous laissez marcher sur les pieds de cette manière !

- Je suis le directeur, je gère mon école comme je l'entends ! gronda Dumbledore, apparemment peu enthousiaste de voir son autorité remise en question devant toute l'école.

« IN-CRO-YA-BLE », songea Harry. De toutes ses années passées à Poudlard, il n'avait jamais vu Albus Dumbledore s'énerver de cette manière. La jeune Black était là depuis moins d'un quart d'heure et elle réussissait déjà à rendre tout le monde fou. Elle était négligemment appuyée contre le mur, les bras croisés, et contemplait le spectacle d'un air amusé. Un souvenir vint frapper Harry de plein fouet. Sirius, plié en deux par un fou rire, ses yeux bleu gris pétillant de malice. Remus Lupin avec des cheveux rose fuchsia, pestant contre son « crétin de meilleur ami ». Et Sirius qui répliquait : « Allez Remy… Tu n'as pas oublié… On est des Maraudeurs… Semeurs de chaos professionnels… ». Quand Harry croisa son regard, Valya détourna la tête rapidement mais le Survivant aurait juré qu'elle lui avait adressé un clin d'œil. Et un mot tourbillonna dans son esprit… le chaos

Tandis que Rogue s'était effondré sur sa chaise et semblait sur le point d'être malade, Harry restait assis les yeux dans le vague. Partout, des chuchotements se faisaient entendre. Pour les autres, la nouvelle était la fille de l'assassin le plus dangereux et le plus recherché du monde magique. Pour lui, la fille de son parrain donc. Et Rogue avait plus ou moins sous-entendu que Sirius avait été accusé d'avoir tué sa propre fille… qui était pourtant bien en vie… « Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ? » pensa Harry. Ombrage toisait à présent Valya comme s'il s'agissait d'un Détraqueur. « Pourquoi Sirius n'en a jamais parlé ? », se demanda le jeune homme. S'il avait une fille, cela signifiait sûrement qu'il avait été marié… il n'avait jamais parlé de sa femme non plus… Puis Harry se figea en se rappelant les paroles de Dumbledore : « vous avez disparu pendant quatorze ans… ». Sirius devait également penser que sa fille était morte ! Dumbledore leur avait bien dit que le courrier était surveillé mais il fallait absolument qu'il lui parle, ou à défaut à Lupin. Le directeur s'éclaircit la gorge.

- Très bien, Miss Black, puisque vous êtes venue jusqu'à Poudlard, je suppose que c'est pour y rester un moment…

- Enfin, monsieur le directeur, vous n'y pensez pas ! Il est clair que le ministère doit être averti au plus vite ! Cette… jeune fille devrait être placée sous bonne garde et…

- Ça suffit, professeur Ombrage ! Je préviendrai le ministère dès demain matin. Mais à l'heure qu'il est, le nom de Valyana Black doit déjà être inscrit sur le grand registre des inscriptions de Poudlard. Elle a sa place ici autant que n'importe quel autre élève ! Ombrage tenta de protester mais se tut face au regard noir de Dumbledore. Vous allez donc être répartie dans une des quatre maisons et nous réglerons le reste plus tard.

- Ah oui ? Et si je ne veux pas être répartie ? rétorqua la jeune fille d'un air de défi.

- Comment ça vous ne voulez pas être répartie ? C'est la règle à Poudlard, tout le monde doit appartenir à une maison, répliqua le directeur, interloqué.

- Au cas vous n'auriez pas remarqué, je ne suis pas « tout le monde », asséna la jeune fille avec arrogance.

- Mais mais… chaque élève doit être réparti et… c'est la règle, c'est une tradition et… balbutia Dumbledore, complètement perdu.

Valya le prit visiblement en pitié puisqu'elle finit par traîner les pieds en direction du tabouret où reposait encore le Choixpeau magique.

ooo

« Valyana Black ! Si je m'attendais à ça ! Un fantôme en chair et on os, une tornade sortie du passé, un ouragan revenu semer le chaos… Tu vas leur donner bien du fil à retordre, à l'Ombre comme à la Lumière… Pour ce qui est de ta répartition… Hum… c'est compliqué… Tendance à la témérité, voire à faire n'importe quoi, totalement Gryffondor… Une loyauté sans faille, tu tiens à tes amis donc un côté Poufsouffle… Pas trop de goût pour les études, on peut oublier Serdaigle… et de l'ambition, une volonté de changer les choses… Serpentard… Un destin exceptionnel t'attend ! Du courage, de l'inconscience, de la ruse et trop d'ambition pour une seule personne… non, Poufsouffle ne conviendrait pas finalement… Gryffondor ou Serpentard…Serpentard ou Gryffondor… Gryffondor ou Serpentard… SERPENTARD OU GRYFFONDOR ! GRYFFONDOR OU SERPENTARD ! »

- Mais ça va pas la tête ?! Il est cinglé votre chapeau ! Qu'est-ce qui lui prend de hurler aussi fort ?! grogna Valya en se relevant brusquement.

A voir les visages médusés, elle comprit que personne n'avait rien entendu et que le Choixpeau parlait dans sa tête. Elle le reposa rageusement quand une voix grave et profonde s'éleva de l'ouverture qui servait de bouche.

- Valya Black… Bienvenue à Poudlard, ma jeune amie. Tellement de temps passé dans le noir et pourtant… appelée par la lumière. Tant de secrets…

La jeune Black dévisagea le Choixpeau d'un air pensif.

- Les secrets gardent en vie… C'est à ça que servent les Gardiens vous savez, répondit Valya d'un ton beaucoup plus doux que lorsqu'elle s'était adressée à Dumbledore.

La bouche du Choixpeau se tordit et un son semblable à un rire s'éleva.

- Oui… Oui tout à fait… Tant de colère et de haine… Tant d'obstination mais pas de vengeance… Juste une autre vie, un ailleurs, quelque chose d'autre dans un monde différent. Oui… Le lion et le serpent tout à la fois. Et me voilà incapable de vous répartir, comme vous le savez déjà…

Valya acquiesça.

- J'avais cru comprendre… Vous en savez des choses pour un chapeau, même pour un chapeau magique.

- Attendez, comment ça vous ne pouvez pas la répartir ? Qu'est-ce qui ne va pas encore ?! soupira Dumbledore d'un air fatigué.

- Deux maisons lui conviendraient aussi bien l'une que l'autre. Et elle ne manifeste aucune préférence donc je ne peux pas départager. Il va falloir qu'elle choisisse elle-même. Le lion ou le serpent. Gryffondor ou Serpentard.

Un grand silence choqué se fit dans la salle. C'était la première fois que le Choixpeau avouait ne pas pouvoir répartir quelqu'un. La jeune fille le scruta d'un air malicieux.

- Et si je ne veux pas choisir ? Ou si je ne veux ni Serpentard ni Gryffondor ?

- MAIS VOUS ALLEZ ARRÊTER OUI ?! VOUS N'ALLEZ QUAND MÊME PAS CONTINUER À VOUS FAIRE REMARQUER ?! Vous choisissez et on pourra enfin finir de manger, aller se coucher et terminer cette journée au plus vite, alors dépêchez-vous ! explosa Rogue.

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Harry le regarda la bouche ouverte. Mais qu'est-ce qui lui prenait ? Il savait que Rogue détestait Sirius, il y avait peu de chances qu'il apprécie sa fille, surtout que Valya se montrait particulièrement insolente, mais de là à avoir une telle réaction… Il était plutôt réputé pour garder son sang-froid. La jeune blonde regarda le professeur de potions comme s'il venait de lui pousser une deuxième tête, soupira puis jeta un coup d'œil aux tables de Gryffondor et Serpentard. Un instant, le regard bleuté empli de doute et méfiance croisa celui de Harry, avant de parcourir la table des Vert et Argent. Et le monde chavira tandis que Valya Black se figeait. Son corps se tendit, les poings serrés, et ses yeux gris s'écarquillèrent pour mieux se remplirent de haine. Une haine brutale et sauvage.

- Serpentard, cracha la jeune fille.

- Je vous demande pardon ?

Fait rare, Dumbledore semblait complètement dépassé par la situation et Harry s'en réjouit. L'attitude du directeur à son égard pendant l'été l'avait vraiment blessé et le voir dans cet état rétablissait un peu l'équilibre.

- SERPENTARD ! J'ai dit que je voulais aller à Serpentard ! Vous êtes sourd ou quoi ?! explosa Valya avec une fureur mal contenue.

- Mais vous êtes sûre que…

Il n'eut même pas le temps de finir sa phrase, la jeune fille s'était levée, dirigée d'un pas rageur vers la table des Serpentard, avant de se laisser tomber sur le banc le plus proche. Et la voix du Choixpeau s'éleva à nouveau.

- Serpentard… La seule lionne à avoir sa place dans l'antre des serpents, le seul serpent à avoir sa place dans la fosse aux lions. Oui, Serpentard… Qu'il en soit ainsi, Valya Black !

Dans la Grande Salle, plus personne ne parlait ni ne bougeait, encore sous le choc de ce qui venait de se passer. La nouvelle avait débarqué d'on ne savait où alors qu'elle avait disparu depuis quatorze ans, elle osait parlait au directeur de Poudlard, à Albus Dumbledore, avec une insolence ahurissante, et elle avait un comportement et des réactions plus qu'étranges. Les élèves de Serpentard étaient particulièrement mal à l'aise. Le regard haineux qu'elle avait posé sur leur table… Les conversations reprirent lentement tandis que Valya se servait et commençait à manger.

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Le garçon aux cheveux châtains ébouriffés et aux yeux sombres qui était assis en face d'elle avala sa salive avec difficulté. Il n'avait clairement pas choisi la meilleure place. La seule présence de Valya semblait faire chuter la température à plusieurs degrés en dessous de zéro. Il se rendit compte qu'elle l'observait d'un air indéchiffrable. Nerveux, il remonta ses lunettes puis…

- Je m'appelle Théodore Nott, se présenta-t-il.

Valya lui jeta un coup d'œil méfiant puis finit par serrer la main qu'il lui tendait.

- Tiens donc, un Gryffon échoué parmi les Serpents… commenta-t-elle d'un ton moqueur.

Nott haussa un sourcil en signe d'incompréhension.

- Apparemment, il faut être courageux pour oser m'adresser la parole, dit-elle en désignant un groupe de première année à l'air terrifiés. Je ne mords pas pourtant. Quoique, ça reste à vérifier…

Le garçon sourit.

- Peut-être que j'aurais dû atterrir à Gryffondor alors… Mais je pense que Serdaigle aurait été un meilleur choix.

La jeune blonde le scruta un instant, s'arrêtant sur ses cheveux décoiffés et les taches d'encre au bout de ses doigts.

- Mouais, sûrement… Alors Nott, raconte moi comment va la vie à Serpentard…

ooo

A la table des Gryffondor, Ron regardait Valya avec dégoût.

- Elle commence déjà à faire ami-ami avec les Serpentard. Comment est-ce qu'on peut avoir envie d'aller dans cette maison ?! J'suis sûr qu'elle est encore pire que les autres. C'est pas possible qu'elle soit la fille de Sirius, il doit y avoir une erreur…

- On ne peut pas mentir avec un serment magique, Ron ! Toute la famille de Sirius était à Serpentard. Le Choixpeau lui a dit qu'elle conviendrait aussi bien à Gryffondor et si ça se trouve, sa mère était à Serpentard. En plus, Nott est loin d'être le plus horrible…

- Sirius avec un Serpent ?! Non mais t'es dingue ! Arrête de raconter n'importe quoi !

Harry se mura dans ses pensées. Tout l'été, Ron et Hermione n'avaient pas arrêté de se disputer et là, ils recommençaient. Ça commençait à le fatiguer. Mais Hermione n'avait pas tort, Théodore Nott était sûrement le moins Serpentard de tous. Toujours seul dans son coin, silencieux, les yeux cachés par ses lunettes. Il ne participait jamais aux altercations qui opposaient régulièrement Malefoy à Harry, il ne tourmentait jamais les plus jeunes… Harry le croisait quelque fois à la bibliothèque, plongé dans un énorme grimoire. « Un peu comme Hermione », songea-t-il. Le repas touchait à sa fin lorsque Dumbledore se leva.

- Bien, après cette soirée disons… mouvementée, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne nuit. Oh et, Miss Black, je voudrais que vous passiez dans mon bureau demain matin à la première heure, pour discuter des modalités de votre… intégration. Je suis désolé, il ne reste plus de place dans le dortoir des filles de cinquième année mais la préfète ne veut pas utiliser sa chambre donc vous allez pouvoir vous y installer. Vous partagerez ces appartements avec le préfet de Serpentard.

- Ah ouais ? Et c'est qui le préfet de Serpentard ? demanda la jeune fille avec méfiance.

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Drago Malefoy n'avait au début pas prêté attention à la nouvelle. Le fait qu'elle choisisse la maison Serpentard et qu'elle soit la fille de Sirius Black avait ensuite piqué son intérêt. Il savait que Potter connaissait Black, il était sûr qu'il était en contact avec lui. Ce crétin décérébré devait en être malade… Il lissa ses cheveux blonds en arrière et s'approcha en bombant le torse.

- Je suis le préfet de Serpentard. Je m'appelle Drago Malefoy, c'est un honneur de…

Il n'eut même pas le temps de finir sa phrase. Une seconde, la jeune Black le dévisageait fixement, comme en état de choc. Et l'instant d'après, elle l'avait saisi violemment par le devant de sa chemise avant de le plaquer contre la table dans un grand fracas de verre brisé.

- Ecoute moi bien espEce de sale petit enfoiré, je me fous totalement de savoir si c'est un honneur de m'avoir à Serpentard ou quoique Ce soit d'autre ! JE NE VEUX pas te parler, je veux rien avoir À faire avec toi ! T'as intérêt À me foutre la paix si tu veux pas avoir des problEmes ! T'es une ordure malefoy, une ordure de la pire espÈCE !

Tout le monde s'était figé, médusé et les élèves assis près de la bagarre s'étaient levés pour s'éloigner le plus possible. Les Serpentard étaient désorientés, incapables de savoir s'ils devaient aider ou non leur camarade.

- Mais lâchez-le enfin ! hurlèrent les professeurs. Miss Black, lâchez Monsieur Malefoy tout de suite ! tonna Dumbledore.

Mais Valya n'écoutait plus. Elle était dans un état second, les yeux envahis d'une haine et d'une rage destructrice, le corps tremblant de colère. Elle le souleva un peu plus par le col, rapprochant son visage du sien.

- Mon… mon père… il va en entendre parler… tu vas… parvint à bégayer le jeune Serpentard.

- TON PÈRE ?! MAIS OUAIS C'EST ÇA, VA TOUT RACONTER À CE SALAUD DE MANGEMORT TOUT JUSTE BON À SE TRAÎNER AUX PIEDS D'UN CINGLÉ PSYCHOPATHE ! TU CROIS QU'IL ME FAIT PEUR ?! C'EST UN PUTAIN DE LÂCHE ET T'ES UNE POURRITURE COMME LUI ! UN CONSEIL, RESTE EN DEHORS DE MON CHEMIN OU J'ÉCLATE TA SALE PETITE GUEULE DE CONNARD DE BLONDINET ! TIENS-TOI LOIN DE MOI, ME PARLE PAS, T'APPROCHE SURTOUT PAS ! T'AS COMPRIS ?!

Malefoy avait l'air absolument terrorisé, les yeux fous, se débattant pour tenter de se dégager.

- Je…

- J'ai dit : T'AS COMPRIS ?!

- OUI ! J'ai… j'ai compris… se résigna-t-il.

- BLACK ! Putain Black, lâche-le maintenant, c'est bon.

Théodore Nott, affolé, avait posé une main sur l'épaule de Valya, avant de la tirer en arrière. Avec un dernier grognement de fureur, elle laissa Malefoy retomber sur la table puis tourna les talons.

- Nott, cracha-t-elle, tu sais où est l'appartement des préfets ?!

Le garçon acquiesça, mal à l'aise, avant de la traîner le plus vite possible hors de la salle.