Chapitre 2 :

Harry s'était caché derrière un petit buisson pour pleurer tranquillement. Naïvement, il avait toujours cru qu'il ne connaîtrait jamais pire situation que chez son oncle et sa tante Dursley. Et d'une certaine manière, il avait eu raison : il ne dormait plus sous un placard plein d'araignée, n'avait plus à faire toute les tâches ménagères, et il avait le droit de parler. Mais ce n'était pas pour autant qu'il se trouvait au paradis : le lit sur lequel il dormait était instable et grinçait à chaque mouvement, le garçon pouvant sentir chaque ressort du matelas inconfortable contre son dos le bâtiment semblait prêt à s'écrouler d'une minute à l'autre, des courants d'air glacials s'infiltrant à travers les nombreuses fissures dans les vieilles briques et le bruit. Le bruit, c'était le pire. Harry se croyait habitué aux bruits dérangeant, avec sa tante toujours au téléphone pour répandre les derniers potins, Vernon qui utilisait sans cesse les perceuses qu'il était censé vendre pour fixer de quoi accrocher une énième photo encadrée de son fils adoré, ou encore ledit fils prodige qui passait sa journée devant a télé avec le volume à fond en mangeant des chips sans fermer sa bouche… Et pourtant… Rien, absolument rien, n'était comparable au bruit d'une cinquantaine d'enfant et adolescents sans manières et ennuyés.

Il aurait aussi été logique de penser que tous les enfant présents ayant du faire face à la perte de leurs parents, une forme de solidarité, de compréhension et d'empathie se formerait naturellement entre eux. C'était bien le contraire : étant donné qu'il était le plus petit de tous à cause de sa malnutrition, il se faisait régulièrement voler son goûter ou même son dessert lorsque les surveillants de la cantine avaient le dos tourné, servait de pushing-balle aux brutes, ne pouvait jamais jouer au football avec les autres, et ses habits était régulièrement abimés pour que lors de visites les potentiels parents le prennent pour un voyou.

Mais tout ceci n'était pas pourquoi il pleurait. Non, il pleurait car Emilien, le plus violent de tout l'orphelinat, avait encore cassé ses lunettes. Cependant, il n'avait pas cassé les branches, comme à son habitude, mais avait carrément brisé ses verres, ce que l'on ne pouvait pas réparer avec du scotch. Harry savait qu'au moment où il rentrerait, il se ferait gronder, mais il y serait bien obligé, car l'heure du repas de midi approchait. Il entendit alors quelqu'un approcher, et eut peur que ce soit un des surveillants, ou pire, Emilien. Il était pourtant sur d'avoir pleuré discrètement !


Alors que Rosalie s'aventurait dans l'allée qui menait à l'entrée du bâtiment, elle entendit des reniflements si peu bruyants qu'elle fut persuadée que si elle n'était pas un vampire, elle ne l'aurait pas entendu. Intriguée, elle se dirigea vers le buisson d'où provenait le son et tomba nez-à-nez avec un magnifique petit garçon, aux vêtements qui auraient fait hurler Alice, et qui tenait dans ses mains des lunettes aux branches quasiment recouvertes de scotch et aux verres fissurés sur lesquels on pouvait encore voir la trace de semelles. Comprenant immédiatement ce qu'il s'était passé, elle s'agenouilla face à lui avec un sourire réconfortant :

-Bonjour, comment t'appelles-tu ?

L'enfant la dévisagea en ouvrant grand ses magnifiques yeux verts de surprise, comme s'il se demandait si c'était vraiment à lui qu'elle parlait. Il se décida finalement à lui répondre :

-Ha-Harry.

-Et quel âge as-tu, Harry ? demanda t'elle, ne lui donnant pas plus de quatre ans étant donné sa taille.

Le petit compta sur ses doigts avant de répondre fièrement, et ce fut à son tour d'écarquiller les yeux :

-J'ai six ans, presque sept !

-Eh bien Harry, ça te dirait de passer le reste de la journée avec moi ?

-Comme pour les jours des visites ?

-Oui, comme pour les jours des visites.

Le petit garçon hocha timidement la tête, faisant fondre son cœur mort.

-Mais d'abord, il faut que je parle au responsable de l'orphelinat, tu veux bien me montrer le chemin ?

Sans répondre, il partit, tournant la tête pour savoir si elle le suivait. Lorsqu'il l'amena devant une grande porte en bois de chêne, elle lui fit signe de s'asseoir su le banc à proximité avant de toquer.

-Entrez.

Une fois qu'elle eut pénétrée dans la pièce, elle l'étudia du regard en une fraction de secondes. Derrière un bureau taillé dans le même bois que la porte se trouvait un homme assez bedonnant. Le mur à l'arrière de son dos était recouvert de cadres contenant des photos d'enfants et leur famille adoptive. Les murs étaient blanc, la salle sans décorations mis à part les photos.

-Que puis-je faire pour vous ?

-Bonjour, je voudrais savoir si je pouvais passer l'après-midi avec Harry, pour faire connaissance avec lui.

-Ah oui, le jeune Potter, soupira t'il tristement. Oui bien sûr, vous pouvez passer l'après-midi avec lui, mais si par la suite vous souhaitez l'adopter, je me dois vous prévenir que ce ne sera pas de tout repos…

-Et pourquoi donc ?

-Harry a été retrouvé enfermé dans un placard, et toute son attitude laisse supposer qu'il a été fortement maltraité. Il refuse tout contact physique avec les adultes.

-Mon dieu… murmura t'elle, profondément choquée.

-Vous voulez toujours passer le reste de la journée avec lui ?

-Oui, bien sûr !

Elle sortit alors de la pièce et prêta un peu plus attention à l'enfant. Grâce à sa vue de vampire, elle put remarquer plusieurs cicatrices dont la cause ne pouvait être que des coups extrêmement violent. Harry lui sourit timidement :

-Vous voulez voir ma chambre ?

Lorsqu'elle acquiesça, il l'emmena à travers les longs couloirs dans une petite chambre qu'il partageait apparemment avec trois autres enfants. Ces derniers, n'ayant pas encore remarqué l'adulte, se mirent à insulter le jeune Potter :

-Alors comme ça, Emilien t'as cassé tes lunettes ? Bien fait pour toi, sale monstre !

-Mais je n'avais rien fait ! répliqua le pauvre enfant, les larmes aux yeux.

-C'est ça ! Tu crois qu'on ne t'a pas vu parler au serpent, la dernière fois ?!

Rosalie s'engouffra dans la pièce, un grondement guttural et prédateur s'échappant de sa gorge, ce dernier terrifiant les enfants qui s'enfuirent en courant.

-Tu veux me montrer quelque chose d'autre, Harry ?

Il renifla et essuya ses larmes avec la manche de son T-shirt avant de secouer négativement la tête.

-Alors que dirais-tu d'aller te promener ?

-Je ne peux pas, je dois d'abord aller à la cantine…

-Je pourrais t'acheter à manger au passage, proposa t'elle avec un sourire maternel.

L'enfant acquiesça alors et ils firent une ballade dans le parc juste à coté de l'orphelinat. Lorsqu'elle lui acheta un hot-dog, il lança un regard dégoûté au sandwich, avant de lui demander si c'était vraiment un chien chaud. Sa remarque la fit rire, jusqu'à ce qu'elle comprenne ce que cela impliquait : Harry n'avait jamais vu de hot-dog de sa vie.

-Non, ne t'inquiète pas, ce n'est pas du chien.

Elle lui acheta ensuite une glace, et lorsqu'il hésitait entre deux parfums, elle lui dit de prendre deux boules, ce qui lui valut un air surpris vite succédé par un sourire réjoui.

Durant l'après-midi, elle apprit que les parents d'Harry était mort dans un accident de voiture, et qu'il avait été « recueilli » par son oncle et sa tante, qui avait eux-aussi un fils du même âge que son cousin. Elle fut choquée lorsque l'enfant tenta de mettre ses qualités en avant afin qu'elle l'adopte :

-Je sais cuisiner à peu près tous les plats, passer le balai, l'aspirateur, la serpillère, faire les lits, changer les draps, nettoyer la vaisselle…

-Harry, tu n'es qu'un enfant, ce n'est pas pourquoi je voudrais d'adopter !

Devant sa moue dépitée qu'elle trouvait adorable, elle se dépêcha d'ajouter :

-Si je t'adoptais, ce serait parce que tu es intelligent, vif d'esprit, plein de vie, gentil, et très mignon.

A ce moment-là, elle eut droit au sourire le plus resplendissant qu'elle ait jamais vu.


-Elle va quoi ?!

-Jasper calme toi !

-Mais si elle fait ça, il y a 99%¨de chance que je tue ce gamin ! J'ai le droit d'être en colère !

-Tu ne blesseras pas l'enfant !

-L'as-tu vu ?

-Oui. Pour une raison que je ne connais pas, son sang ne nous attirera pas.

-Mais es-tu sûre qu'il est humain alors ? demanda Esmé, que la nouvelle réjouissait : elle souhaitait plus que tout élever un enfant.

-Je ne sais pas. En tout cas, je n'ai rien vu d'anormal dans mes visions.


-Vous êtes sûre de votre choix, madame Cullen ?

-Absolument.

-Eh bien, monsieur Potter restera un mois chez vous, et ensuite, si vous êtes toujours d'accord et qu'Harry le veut aussi, nous signerons les papiers d'adoption. La présence de votre mari sera requise.

-D'accord, à dans un mois alors ! dit elle en se levant avant de partir avant d'aller attendre Harry dans le hall. Il la rejoignit un quart d'heure plus tard environ, une minuscule valise à la main. Alors qu'elle lui ouvrait la porte à l'arrière de sa voiture, elle le vit tirer la langue à un groupe d'enfants qui semblaient être de grosses brutes.


Ps: Voilà le chapitre deux, je le poste parce que je crains et que je n'ai pas posté depuis très longtemps mais je me dois d'être honnete avec vous, je n'ai pas vraiment avancé dans l'écriture de cette fanfic, seulement quelques chapitres :/

Anyway, merci d'avoir lu et je vous rappelles que mon seul salaire c'est vs magnifiques reviews qui me gonflent le cœur de joie et gratitude, alors n'hésitez pas à en laisser une ;)