Disclaimer : Tous droits réservés à Marvel et à Disney en ce qui concerne les personnages et l'univers. L'Edda n'est pas de moi non plus. Les œuvres en tout genre qui peuvent être citées tout au long de ce récit sont la propriété de leurs auteurs respectifs.

Rating : K, on est là pour s'amuser.

Pairing : Thor/Loki.

Note : La « Thrymskvida » est un poème eddique très controversé. Il serait une invention d'un auteur récent (comprendre Moyen-Âge. Comparé aux vikings, c'est récent), une parodie ou pastiche de poèmes eddiques originaux. Mais qu'importe, parce que de toutes les histoires sur lesquelles je me suis penchée sur cette fic, ce poème est de loin mon préféré. Et je vous jure que je n'invente rien sur l'idée d'Heimdall. C'est vraiment dans le poème. Après, bien entendu, j'ai apporté quelques petites modifications. Mais je vous laisse voir ça par vous-même.

Note 2 : Dans les films, il y a très peu de renseignements et d'aperçus sur Jötunheim j'ai donc pris énormément de libertés sur ce point également.


« Le marteau est aux mains d'un géant nommé Thrym, un roi de Jotunheim. »

Tous les visages se refermèrent succinctement à la déclaration d'Heimdall. Le front de Loki se plissa d'une ride et Thor se renfrogna. Odin lui-même resta interdit alors que tous les regards se posaient sur le dieu de la malice qui fit la moue et soupira. Il était difficile de ne pas deviner que toute l'assemblée tenait Loki pour responsable de ce vol, uniquement parce qu'il avait été commis par un jötun. Et avait échappé à la vigilance d'Heimdall. Mais ce n'était qu'un détail. Plutôt que s'indigner, Loki choisit de concentrer son esprit sur une musique midgardienne et de dodeliner de la tête pour les oublier, eux et leurs regards inquisiteurs.

« Parfait, préféra dire Thor, les poings serrés. Alors allons le récupérer !

- Thor, doucement, le retint Sif. Sans ton marteau, tu seras beaucoup plus vulnérable. Et Loki ne peut garantir ta sécurité. »

A la bonne heure, se dit Loki, qui se demanda ensuite pourquoi il continuait d'écouter ces maudits asgardiens. Finalement, le dieu de la ruse choisit de s'asseoir par terre et d'attendre posément qu'un verdict soit rendu. En effet, les Ases ne tardèrent pas à se perdre dans un débat houleux sur la manière d'agir pour récupérer le marteau. Envoyer une armée était une solution extrême mais se contenter d'un petit groupuscule était également risqué. Encore une fois, ce fut Heimdall qui choisit de mettre les choses au clair :

« Thrym semble disposé à rendre le marteau de manière diplomatique, sans provoquer de bain de sang. »

Deux dizaines de paires d'yeux, ainsi que ceux des gardes et ceux de Loki, se dirigèrent vers le gardien aux yeux et à l'armure d'or. Tenant toujours devant lui son immense épée tout aussi dorée, il déclara de sa voix neutre, froide en toute situation, y compris les plus graves :

« Il veut la main de Frigga. »

Les deux sourcils de Loki se levèrent et un murmure désapprobateur parcourut l'ensemble des asgardiens alors que le visage de l'épouse d'Odin se décomposait proprement. Jamais aucun des Ases ne l'avait vu aussi furieuse. La femme du Père de Toutes Choses écuma, se mit à hurler, et parcourut la salle à grandes enjambées, à la fois enragée et catastrophée. A ce moment-là, tous comprirent d'où Thor tenait son impulsivité et sa capacité à se mettre en colère en un claquement de doigt. Les débats reprirent aussitôt. Bien entendu, il était hors de question de donner la main de Frigga au géant des glaces. Le bain de sang semblait, par conséquent, et malheureusement, totalement inévitable. Seul Odin restait silencieux comme une pierre. La situation prenait une tournure telle qu'il n'avait qu'une envie : s'enfermer dans le sommeil d'Odin. C'était toujours la solution à tout.

Loki lui, savourait cette vision : la cour d'Asgard plongée dans le chaos. Bien entendu, il déplorait le fait de n'y être pour rien mais on ne pouvait pas tout avoir. Entre le vol du marteau et la disparition des pommes, il allait de soi que ce fabuleux royaume n'allait pas tarder à s'embraser. Et il était aux premières loges pour ça.

Heimdall, lui, pour changer, restait totalement imperméable. Il se contenta d'attendre, tout simplement, que quelqu'un s'en remette à lui. C'était le gros défaut d'Heimdall : il pouvait avoir une solution toute prête, il attendrait toujours qu'on lui demande son avis avant de s'exprimer. Cependant, Fandral, qui avait demandé au gardien si une solution plus pacifique ne s'imposait pas, ne savait pas encore qu'il regretterait amèrement ses paroles. Et qu'il ne serait pas le seul à les regretter.

« Je pense que nous pouvons faire quelque chose, approuva en effet Heimdall. »


Ce fut à ce moment précis que Thor se souvint. Pourquoi Loki avait été affublé de cet affreux casque à cornes. A cause de son maudit rire de chèvre. Debout à côté de lui, le fils de Laufey s'époumonait, riant à s'en tenir les côtes. Foncièrement agacé, le Dieu de la Foudre serra les poings en tentant de garder son intégrité. Ce qui était dangereusement compromis par sa nouvelle situation.

« Quand je pense que cette idée vient d'Heimdall… ! » Fit Loki en le regardant avant de repartir dans un fou rire.

Thor ne retint pas un soupir agacé. En d'autres circonstances, lui aussi aurait, en fait, beaucoup ri de la situation. Ou tout du moins, il aurait préféré en rire. Devant son miroir, il s'admira une nouvelle fois. Il avait toujours sa belle chevelure blonde et ses yeux clairs, mais sa barbe avait disparue, son visage s'était affiné, et l'ensemble de son corps semblait avoir fondu ; ses puissants pectoraux remplacés par une imposante poitrine, mise en valeur par une robe blanche à la coupe décolleté. Le fils d'Odin ne parvenait toujours pas à le croire, même s'il le voyait. « Voir est une chose, y croire en est une autre », avait dit Stark. Il ne saurait certainement jamais à quel point il avait raison.

On l'avait transformé en femme. Bon sang. Qu'est-ce qui ne tournait pas rond dans ce monde ?

Heimdall leur avait certifié que le géant des glaces n'avait jamais posé les yeux sur la Reine d'Asgard, et que par conséquent, son travestissement passerait inaperçu. Pourquoi demander sa main alors ? Pour faire chier le monde, certainement. Un jour, il s'interrogerait réellement sur les motivations des méchants. Parce qu'elles lui apparaissaient comme étant totalement obscures.

Loki, à son côté, continuait de rire. Manifestement, il était plutôt heureux de l'initiative du gardien. Alors qu'en fin de compte, même pour lui, il n'y avait pas de quoi rire.

« Je ne vois pas ce qui t'amuse tant, grogna Thor, avec ces pains aux raisins que tu as sur les oreilles ! »

Parce que le Dieu de la Malice n'y avait pas coupé non plus. Il s'était même prêté au jeu avec une facilité déconcertante. Alors que Thor allait assumer le rôle de la future épouse, Loki viendrait, à ses côtés, comme convenu, travesti en servante. Ainsi, Thor avait à sa droite une ravissante brune aux yeux verts qui ne cessait de rire. Sincèrement, quitte à se transformer, il aurait pu aussi transformer son rire. Et cette coiffure, Thor ne la comprenait pas non plus : les cheveux noirs de Loki étaient coiffés en des sortes de macarons géants et il avait insisté pour porter avec une robe blanche ouverte sur la cuisse. Le fils d'Odin n'avait pas saisi ces choix de costumes. Qu'importe : le Captain Rogers comprendrait certainement la référence.

Ainsi affublés, les deux frères –ou en l'occurrence, les deux sœurs- se rendirent jusqu'au Bifröst, où ils étaient attendus par Heimdall. Celui-ci, en les voyant arriver, ne réagit pas outre-mesure. En fait, il ne réagit pas du tout. Thor était prêt à parier qu'intérieurement, le gardien se marrait comme une baleine mais son nouveau travestissement le rendait surtout paranoïaque, et il était convaincu que le monde entier se payait sa tête.

« Brace Yourself, ricana Loki en se plaçant devant l'ouverture circulaire du Bifröst. Winter is coming.

- Référence à votre arrivée en fanfare, soupira Heimdall en enfonçant retournant son épée dans son socle.

- Et à l'endroit où nous nous rendons, répondit le fils de Laufey.

- Quoi ? Fut la seule réaction de Thor. »

Encore une fois, le dieu blond n'était pas certain d'avoir tout suivi. La porte s'ouvrit à grand bruit devant eux, les réduisant au silence, et ils purent voir les sept couleurs de l'arc-en-ciel se déchaîner à l'infini, avant de les avaler.

« Thor, soupira Loki, habitués aux transports du Bifröst, sincèrement, tu n'as pas compris la référence ?

-Non, avoua le flavescent en toute impunité.

- Incroyable, soupira Loki. C'est tout bonnement incroyable. Dire que même Heimdall a compris ! Combien de fois par mois te rends-tu sur Midgard pour être aussi peu renseigné ?

- Je vais sur Midgard pour faire régner l'ordre, pas pour me gaver d'idioties.

- C'est vrai que tu es assez idiot comme ça, concéda Loki. Mais il y a des incontournables. »

Le Bifröst alors les recracha au milieu d'un immense désert de glace. Le ciel était sombre et entourait comme une couverture déchirée par les étoiles le paysage inhospitalier. Thor comme Loki restèrent silencieux dans un premier temps, écrasés par l'environnement. Au loin s'étendaient de gigantesques montagnes sombres et raides, aux pics acérés, couverts de neiges et si proches des nuages blancs qu'ils les poignardaient. Le sol était quant à lui lacéré, déchiré, transpercé de rochers glacés et tranchants, ce qui donnait à la plaine qu'ils surplombaient l'aspect du dos écailleux d'un crocodile. Tout dans Jötunheim, y compris son ciel sombre qui semblait être une cloche de plomb, respirait l'absence d'hospitalité et la brutalité sauvage de la glace.

« Nés au sommet des montagnes arrosés de pluies gelées… Entonna malgré tout Loki. Tu la comprends au moins celle-là ?

- Non, Loki, soupira Thor.

- Et si je dis Le froid est pour moi le prix de la liberté ? Insista son cadet.

- La ferme, Loki, s'énerva le Dieu de la Foudre, je ne comprends pas un mot de ce que tu essayes de me dire !

- Inculte, se résigna le Dieu de la Malice. »

Ils traversèrent dans un silence complet la plaine gelée jusqu'à arriver devant un gigantesque palais, si sophistiqué qu'il contrastait avec la brutalité naturelle du paysage l'entourant. C'était comme si un geyser de glace avait recraché un monstre du sol et qu'un sculpteur s'était amusé à le tailler en un gigantesque château de cristal. Une immense tour fine et à pic s'élevait vers les étoiles, et d'autres, plus bas, l'entouraient comme de fidèles soldats. Un grand escalier en forme de U, soutenu par des arches tout aussi acérées, guidèrent les deux asgardiens jusqu'à une grande porte en forme d'ogive. Le palais, de loin comme de près, ressemblaient de par ses pics infinis et sa sculpture tout en hauteur et en finesse, à une sorte de couronne pointue, le tout étant quelque peu adouci par les quelques bâtisses circulaires mais à toit plat qui s'y collaient.

L'immense porte blanche et bleue s'ouvrit, déversant sur eux la lumière de l'intérieur du palais. La silhouette d'une servante jötun, immense et bleue, aux yeux rouges, se découpa dans la lumière. Elle était vêtue d'une jupe blanche et d'un haut qui entourait sa poitrine comme un ruban, la sophistication de sa tenue venant surtout de la multitude de bijoux qu'elle supportait, au cou, aux poignets, aux mains, au niveau du bassin et même aux chevilles ; la plupart étant d'or et de perle. Les deux dieux transformés se présentèrent à elle comme étant « Frigga et sa servante », et la jötun opina avant de les guider dans les couloirs. Alors que l'extérieur du palais était fait tout en finesse, l'intérieur s'imposait par une décoration grossière. Le sol était de pierre noire, et d'immenses colonnes de formes carrées surplombaient les murs. Le plafond, en revanche, était voûté et se creusait au-dessus de leurs têtes. La lumière venait de multiples lampes qui s'alignaient en bloc sur les murs. Dans un silence complet, la servante les conduisit dans une grande salle, vraisemblablement celle du banquet.

Ils arrivèrent en hauteur, sur un promontoire qui leur offrait une vue d'ensemble sur la chose. Au milieu d'une salle toute faite de pierre et aux murs couverts de tapisseries d'un bleu sombre représentant des scènes de bataille glacées, se trouvait une gigantesque table compliquée qui ressemblait à un flot glacé sur l'instant. Elle était entourée d'une multitude d'imposantes chaises couvertes de fourrures blanches. La salle était gargantuesque, bondée d'invités géants, et surplombé par un sublime lustre de glace.

La servante leur fit descendre les escaliers, couverts d'un épais tapis blanc dans lequel leurs pieds chaussés s'enfoncèrent, alors que ceux, nus, de la jötun glissaient gracieusement dessus. Là, se présenta, devant eux, le fameux Thrym.

Thor et Loki, même sous ces formes féminines, n'étaient pas réellement à inclure dans la catégorie petite taille. Cependant, le roi jötun les écrasa immédiatement de toute sa grandeur. Il était immense et imposant, tout en muscles bleus. Son corps était recouvert de maints tatouages tribaux et ses cheveux noirs, coiffés en une longue tresse qui retombait le long de son dos. Il était pied nu lui aussi, vêtu d'une sorte de toge brodée d'or, les poignets et les chevilles chargés de bijoux.

« Sincèrement, mon frère, souffla discrètement Loki à Thor, il y a de quoi faire là un bon mariage.

- Je suis le fils d'Odin, soupira le blond, cela me fait une belle jambe.

- Bien vu. »

Ravi de recevoir une épouse aussi ravissante, Thrym les invita à sa table. Thor s'assit à sa gauche, et Loki, à sa droite. Le fils d'Odin déguisé fut assailli de quelques craintes quand son frère s'éloigna de lui, mais il recouvra bien vite son assurance quand les plats furent servis.


A lui seul, Thor englouti un bœuf, et huit saumons entiers, le tout arrosée de trois litres d'hydromel. Il mangeait avec une telle vitesse et buvait avec une telle avidité que bientôt, les regards de tous les invités furent braqués sur lui. Loki, qui préférait ne pas assister à ce spectacle déplorable et au combien disgracieux, se concentra sur son propre saumon, la seule chose qu'il mangeait depuis le début du repas, et qu'il ne parvenait même pas à terminer. Les souvenirs de son enfance avec Thor, et des nombreux repas où son frère mangeait pour douze alors qu'il peinait toujours à finir sa première assiette, manquèrent de peu de l'envahir mais Thrym, manifestement inquiet, se pencha à son oreille.

« Ma future épouse a bien de l'appétit, avoua-t-il. »

Loki lui servit un sourire crispé. Voilà quelque chose qu'il n'avait pas prévu. Il haussa cependant les épaules et choisit d'endosser son rôle de dieu du mensonge.

« Elle n'a pas mangé depuis plusieurs jours, impatiente qu'elle était de rejoindre Jötunheim et son futur époux. »

Le géant sembla étonnamment satisfait de sa réponse, car un grand sourire relia bientôt ses deux oreilles. Aussi, manifestement prit de quelque élan romantique, il se pencha vers la blonde pour l'embrasser, mais Thor, la bouche pleine, lui jeta un regard si farouche et furieux qu'il eut un mouvement de recul. Loki serra les dents. Il savait que c'était lui qui aurait dû se déguiser en future épouse : il aurait mieux joué le jeu.

« Ma femme a un regard de feu, dit Thrym à Loki d'un air affligé. »

Eh bien, le voilà qui se retrouvait dans le rôle de conseillère conjugale. Loki dû prendre sur lui pour ne pas se frapper le front. Cet idiot allait réussir à tout faire capoter avant la fin.

« Comprenez-là, noble Jötun, asséna-t-il cependant. Elle n'a pas dormi non plus depuis maints jours, son impatience était bien trop grande. »

Il sentit cependant clairement que cette réponse ne satisfaisait cette fois qu'à moitié le roi Jötun. Le brun affublé en servante réfléchit quelque peu, les mains croisées sur la table, foudroyant son saumon du regard, avant de poser sa main sur l'avant-bras de Thrym pour l'inciter à tendre l'oreille vers lui. Ce contact soudain entre le roi Jötun et le fils travesti de Laufey fit hausser un sourcil à Thor mais Loki lui fit signe de détourner le regard. Il maîtrisait la situation.

« Noble Jötun, déclara-t-il, je propose que nous consacrions la mariée. Vos noces pourront être consommées au plus vite, de fait. »

Cette fois, cette perspective réjouit grandement Thrym, qui hocha la tête en souriant. Le roi fit appeler ses serviteurs, et bientôt, Mjöllnir fut apporté sur un plateau, porté par quatre géants des glaces.

Loki déglutit en voyant la puissante relique ainsi transportée sur un brancard de glace. Dire qu'Odin les avait bassinés durant toute leur enfance en leur faisant croire qu'une seule personne était digne de porter le marteau. Le fils de Laufey tâcha de se rassurer en se l'objet était peut-être victime d'un maléfice. Ou encore, il était faux. Rien n'était à exclure en l'occurrence. En voyant revenir son marteau bien aimé, Thor écarquilla les yeux et cessa immédiatement de manger, pour le regarder défiler. Ses yeux rencontrèrent ceux de Loki, lequel hocha la tête.

La main de Thor se referma sur la manche du marteau, et il le brandit au-dessus de sa tête. L'éclair qui en jaillit fut si puissant que le mur plafond éclata.

Les invités et les serviteurs reculèrent ou hurlèrent, alors que Thrym se rendait compte qu'il avait été trompé. L'instant suivant, sous une lumière verte, les deux asgardiens retrouvèrent leurs formes originelles. Nombres d'invités se ruèrent à l'extérieur en poussant des cris horrifiés tandis qu'une cohorte de gardes s'infiltrait à l'intérieur. Thrym, furieux, se jeta sur Thor qui riposta sauvagement à coup de marteau, tandis que les gardes prenaient Loki en chasse. Celui-ci se baissa pour éviter un coup de lance, jeta un sort à son opposant qui l'envoya rencontrer le mur, fit volte-face pour porter un coup de coude à un autre, dont il se servit de bouclier humain contre un jötun qui avait une envie folle d'enfoncer sa lance dans ses flancs. Il les repoussa, sauta sur la table, brandit un plat devant lui comme un bouclier alors qu'un garde allait le frapper de sa lance et, se rendant compte que ces accessoires de tables pourraient lui venir en aide, s'en saisit et en jeta un sur un jötun, ricanant lorsqu'il le toucha en plein visage.

« Loki ! Brama Thor, envahit par un flot de gardes alors que Thrym gisait au sol. Un petit coup de main !

- Tu permets, par Odin ! Rétorqua l'interpellé. »

Il traversa la table en courant, avant qu'une bande de garde ne lui barre la route. Loki bondit, frappa d'un coup de pied le visage de l'un, se baissa pour éviter un autre coup de lance, et se redressa pour planter le couteau de cuisine qu'il avait saisi dans la gorge du garde. Il s'abaissa et de se laisser glisser sous les jambes d'un géant, pour se retourner avant de l'enfermer dans une gangue de glace. Reprenant son souffle, il remonta les escaliers par lesquels ils étaient arrivés, frappa d'un sort deux gardes qui arrivaient face à lui, prit son élan sur la rampe d'escalier, puis sauta pour attraper le lustre. Une fois accroché, il s'y balança, le lâcha, et atterrit sur un des géants qui s'était jeté sur Thor, lui rompant la nuque sur le coup. Le brun eut juste le temps de se baisser pour éviter le coup de marteau que Thor dirigeait vers un Jötun, tout en gelant un assaillant qui allait frapper le blond dans le dos. Les deux frères se séparèrent de nouveau.

Loki sauta et referma ses jambes autour du cou d'un jötun pour le jeter au sol, roula en arrière pour éviter une lance dont il se saisit pour tuer un autre garde. Puis il l'arracha à son ventre, la planta dans le sol et s'en servit comme d'une perche dont autour de laquelle il tourna et ses deux pieds firent éclater la mâchoire d'un géant qui tomba raide.

Thor, lui, après avoir joué du marteau, le brandit vers le ciel, et en appela à la foudre. Le mur en face de lui éclata à son tour, et toute la salle vrombit soudain, coupant l'élan des protagonistes. Le sol craquela, et le tonnerre sembla venir de sous leurs pieds, alors que le palais, dans un vacarme assourdissant, commençait à s'écrouler sur lui-même.

Juste avant de jurer, Loki écarquilla les yeux en voyant d'immenses graviers glacés s'écrouler du plafond, pour filer droit vers lui. Ce fut l'immense tourelle qui lacéra les murs de la salle en s'écrasant comme un arbre abattu qui le convainquit de prendre la fuite, mais au loin devant lui, le mur éventré par la foudre lui montrait l'immense vide glacé qui l'attendait.

« Loki, ne bouge pas ! Clama Thor, toujours aux prises avec une paire de garde, à quelques pas devant le vide. Je viens te chercher !

- Ne pas bouger ? Alors ça, je demande à voir ! Rétorqua le brun, toujours poursuivi par l'immense chute de rochers. »

Jamais Loki n'avait couru aussi vite, il en était purement et simplement certain. Il fila droit vers l'ouverture béante dans le mur, et sauta. La silhouette de Thor le happa et le serra avant qu'il ne touche le sol.


Les deux frères filèrent ainsi dans les airs glacés, le plus loin possible du palais s'écroulant, avant d'atterrir violemment contre le sol froid. Ils roulèrent dans la neige poudreuse, avant de se laisser retomber sur le dos, haletants, épuisés par l'effort. Puis Thor rit, un immense sourire éclairant son visage alors qu'il brandissait de nouveau son cher marteau. Loki roula des yeux.

« Tout ceci aurait pu aller plus vite si tu acceptais au moins de me laisser une arme ! Finit-il par dire, tout en reprenant son souffle.

-Tu te débrouilles très bien mon frère, ricana Thor en abattant sa main disponible sur son épaule. Et je n'ai pas envie que tu éprouves que le besoin de te servir de cette dague contre moi. »

Sur ces mots, tous deux se relevèrent, plutôt difficilement, et tentèrent de se débarrasser de la neige poudreuse qui maculait leurs vêtements. Ensuite, ils prirent le soin de se recoiffer, même si avec les doigts, ce n'était pas dit que cela soit probant.

« Sincèrement, ajouta ensuite Loki en secouant la tête tout en passant ses doigts dans sa toison brune, je ne vois pas pourquoi tu as repoussé ce géant pour un petit baiser inoffensif. »

Thor ne lui répondit que par un grognement indigné, remettant sa cape rouge correctement sur son dos. Loki ne put s'empêcher de ricaner.

« En tout cas, tu étais vraiment ravissante, mon frère, ironisa-t-il. »

Le bras puissant de Thor se cala immédiatement autour de sa hanche, et il l'attira à lui, profitant de l'effet de surprise qui fit taire le fils de Laufey, pour l'incendier du regard.

« La ferme, Loki. »

Là-dessus, il brandit son marteau au-dessus de leurs têtes, appelant le Bifröst à lui.


Tada ! Voilà pour ce premier chapitre de l'Edda Chaotique. Je suis toute à vous ! Qu'en avez vous pensé ?

PS : Personnellement, je m'imaginais bien Heimdall, du haut de son promontoire, regarder Game of Thrones tout en surveillant le cosmos. Il a la vue ultime, bien sûr qu'il en fait bon usage.