Tout d'abord, merci à tous pour vos reviews, ça fait vraiment chaud au cœur !

Ensuite, j'avais dit que je posterai la suite rapidement mais finalement, elle s'est un peu fait attendre… Toutes mes excuses ! Ne vous vengez pas en ne laissant aucun commentaire…

Trêve de bavardage, voici le deuxième chapitre (l'avant dernier donc) où House apparaît enfin.


Heal Over.

- chapitre 2 -

Le trajet se fit silencieusement. James regardait par la vitre sans réellement voir le paysage, perdu dans ses pensées, et Cuddy se concentrait sur la route tout en espérant que ce qu'elle avait l'intention de faire ne tournerait pas au drame. Ce ne fut que lorsqu'elle se gara que Wilson sembla reprendre ses esprits.

« Ce n'est pas ma rue. On est où ? », demanda-t-il d'une voix qui laissait transparaître sa colère.

Evidement, il le savait très bien. Cuddy ne prit donc pas la peine de répondre et sortit de la voiture, puis vint ouvrir sa portière. Il la fixa, mais ne bougea pas.

« Je n'irai certainement pas.

- Je ne vous demande pas votre avis.

- Vous comptez peut-être m'y amener de force ?

- S'il le faut. »

Leurs regards s'affrontèrent, et il crut apercevoir une lueur de défi dans le sien.

« Vous dîtes vouloir m'aider, mais ce n'est pas en faisant ça que vous y arriverez. Hors de question que j'y aille. »

Cuddy mit les mains sur ses hanches et lui lança un regard noir, puis maugréa, sur un ton qui laissait transparaître une menace latente et que Wilson l'avait entendu utiliser plus d'une fois auprès d'un certain médecin irascible :

« Vous me réveillez au moins une fois par semaine au beau milieu de la nuit pour que je fasse la nounou, et quand ce n'est pas vous, c'est House, alors j'estime que pour une fois que JE vous demande quelque chose vous pouvez bien faire ça. Virez vos fesses de ma voiture Wilson, ou je vous traîne là-bas. »

James paru peser le pour et le contre, mais il craignait visiblement de savoir si sa patronne était bel et bien capable d'utiliser la force pour l'obliger à y aller puisqu'il s'extirpa de l'habitacle en soupirant. Il n'était pas assez ivre ni assez inconscient pour tenter le diable… Satisfaite, Cuddy verrouilla la voiture puis traversa la route sans attendre son ami. Celui-ci contempla d'abord l'immeuble en face duquel il se tenait, et qu'il n'avait pas vu depuis des mois. Cette vision provoqua en lui tout un tas de sentiments contradictoires. La peine, la colère, la nostalgie, l'appréhension… Mais il n'eut pas le temps de s'appesantir davantage là-dessus. Cuddy l'attendait de l'autre côté de la rue, les bras croisés, prête à mettre sa mise en garde à exécution si besoin était. Ainsi, à pas lents, il la rejoignit. Ils montèrent les marches du perron puis parvinrent dans le hall. Sous la porte de l'appartement B, la lumière filtrait de même que le son étouffé d'une télévision, malgré l'heure tardive. Wilson espérait avoir encore quelques secondes pour se préparer à ce face à face, voire quelques minutes connaissant le feignant qui vivait là, mais à peine avait-elle frappé que Cuddy entra. Etonné par cette familiarité et plus que mal à l'aise, il resta sur le pas de la porte alors qu'une voix bien connue s'élevait du canapé :

« Promis Maman, j'ai bu que deux bouteilles de scotch et sniffé un rail d'héroïne, pas besoin de faire de contrôles surprises ! A moins que vous ne portiez une jupette plissée et des couettes, là les visites impromptues sont autorisées. »

Cuddy leva les yeux au ciel sans répondre et fit signe à Wilson d'entrer. Son estomac était terriblement noué. L'idée de les obliger à une confrontation paraissait bonne un peu plus tôt. Elle pensait qu'une conversation, enfin, alors qu'ils avaient pu digérer les évènements qui les avaient conduits là, ne pouvait être que bénéfique. Mais désormais, elle ne savait plus vraiment… Elle craignait leurs réactions. Mais trop tard pour faire marche-arrière.

Toujours sur son sofa, House se retourna vivement au bout de quelques secondes, captant plusieurs bruits de pas sur son plancher. Lorsque ses yeux se posèrent sur Wilson, il resta bouche bée. Cuddy profita de ce silence inattendu chez le diagnosticien et entraîna James à sa suite en le tirant par le bras.

« Asseyez-vous. », lui ordonna-t-elle.

Wilson la regarda, puis tourna la tête vers le fauteuil, puis vers House. Leurs regards se croisèrent un instant, mais il détourna le sien.

« Non. Ecoutez, c'est stupide. Je sais que vous croyez bien faire, mais vous vous trompez. Vous m'avez forcé à venir, maintenant que c'est fait, je m'en vais. »

Il entama une retraite vers la sortie, mais sa patronne partit à sa suite.

« Wilson !

- Cuddy…, tenta House pour l'empêcher d'intervenir.

- Vous, votre tour viendra mais pour l'instant, fermez-là. Wilson, asseyez-vous. S'il vous plaît, juste cinq minutes. »

Elle se plaça devant l'oncologue, lui barrant la sortie. Ils se regardèrent un instant, et elle se détesta d'être responsable du malaise qu'elle lisait dans ses yeux, mais elle ne céda pas. Il fallait au moins qu'elle essaye. Wilson soupira, puis céda à nouveau et partit en direction du canapé sur lequel il s'assit à bonne distance de House, qui n'avait pas bougé. Voir ce dernier si silencieux et docile était presque effrayant.

Cuddy les rejoignit et éteignit la télévision qui hurlait encore, puis elle se tourna et s'assit sur la table basse, face à eux. Elle soupira. Il lui semblait qu'elle ne les avait pas vu tous les deux dans la même pièce depuis une éternité…

« Je suis désolée de faire ça comme ça, commença-t-elle maladroitement, mais j'ai beau chercher depuis des mois, je ne vois pas d'autres solutions… »

Elle se tourna un peu plus vers Wilson et planta son regard bleuté dans le sien.

« James, je comprends que vous ayez besoin de blâmer quelqu'un pour ce qui est arrivé à Amber. »

Immédiatement, les yeux de son ami se détournèrent des siens, pour fixer ses propres chaussures. Mais Cuddy poursuivit pourtant :

« Et la haine peut être un moteur pour aller de l'avant, c'est vrai. Elle permet de tant concentrer sa colère sur quelqu'un que cela mène à amoindrir son chagrin, à ne plus s'apitoyer sur son sort. Mais soyons objectifs. Je sais que House a des défauts et qu'il a tendance à provoquer des catastrophes quand il n'en fait qu'à sa tête, mais cette fois-ci… »

Elle laissa échapper un soupir alors que son attention se reporta durant quelques secondes sur le médecin en question qui l'observait intensément.

« Ce n'est pas lui qui conduisait le bus, ni le camion-benne. Il n'a pas demandé à Amber de le rejoindre, et il ne lui a pas prescrit non plus ces cachets. Il a même tout fait pour la sauver, quitte à risquer sa vie. Et vous savez tout ça. La vérité, c'est que vous avez besoin que quelqu'un soit coupable parce que le simple fait que sa mort soit due au hasard vous est insupportable. Ainsi, vous pouvez déverser sur lui la colère que vous inspire la mort d'Amber, le maudire en espérant que cela vous aide à surmonter cette épreuve. Mais il faut regarder les choses en face : ça ne marche pas. Ca fait cinq mois, et vous n'allez pas mieux, au contraire. D'autant plus que vous ne parvenez même pas à réellement détester House. Vous le voyez tous les jours au travail, et si vous le considériez réellement comme responsable de ce qui est arrivé à Amber, vous auriez démissionné ou lui auriez mis votre poing dans la figure depuis longtemps. »

Wilson n'objecta pas. Mais de toute façon, même s'il l'avait voulu, elle avait bien conscience qu'il en était incapable. Parler d'Amber lui était presque impossible. Elle avait essayé pourtant, à plusieurs reprises, mais il se refermait comme une huître. Il essayait de se protéger comme il le pouvait en évitant d'aborder les sujets douloureux, craignant sans doute simplement de s'effondrer, et peut-être à juste raison. Cependant, il fallait bien crever l'abcès un jour ou l'autre, même si c'était dur.

« Je pense que ressasser votre colère et essayer de noyer votre chagrin dans le whisky n'est pas la solution James, reprit-elle avec douceur. Jamais vous ne parviendrez à faire le deuil d'Amber si vous devez en plus faire celui de votre amitié avec House. Vous ne devez pas gâcher une telle relation alors qu'elle vous serait d'un secours immense. Evidemment, je suis là aussi, mais ces derniers moins nous ont bien montré que ça ne suffisait pas. House vous serait d'une grande aide pour parvenir à tourner la page. Non pas qu'il soit une épaule sur laquelle pleurer, mais je suis persuadée que sa présence vous permettrait de vous changer les idées, et qu'il vous forcerait à aller de l'avant, à ne pas vous morfondre en vous remettant en place, comme il sait si bien le faire. »

Un léger sourire apparut sur le visage du diagnosticien, mais il se transforma vite en grimace lorsque sa patronne reporta son attention sur lui. Apparemment, son tour venait…

« Quant à vous House, dit-elle avec beaucoup moins de bienveillance et une pointe d'exaspération qui, en d'autres circonstances, aurait pu l'amuser, arrêtez de prétendre que le fait d'avoir perdu votre meilleur ami ne vous atteint pas, parce que vous êtes loin de faire illusion. Admettre qu'on est un être humain, qu'on a des émotions ne constitue pas une faiblesse. Vous vous sentez coupable, parce que vous pensez que c'est injuste qu'une jeune femme amoureuse qui se trouvait là par hasard meure alors que vous, drogué, seul et malheureux, vous avez survécu. Je comprends ça, mais ce n'est pas en passant vos soirées à vous imbiber et à vous montrer odieux avec tous ceux qui tentent de vous aider que ce sentiment s'estompera. Et si vous ne voulez plus être cet homme là, ça ne tient qu'à vous. »

Leurs regards restèrent fixés l'un dans l'autre pendant un instant. Une seconde de trop pour ne pas être significatifs. Le silence les enveloppa tous les trois alors que Cuddy se redressait.

« Vous ne parviendrez à guérir qu'ensemble. »

Et la jeune femme s'éloigna, laissant flotter derrière elle de légers effluves de son parfum qui chatouillèrent le nez de House. Il entendit ses talons claquer contre le parquet alors qu'elle arpentait le couloir, puis une porte se ferma, et plus rien. Juste ce silence pesant. Etouffant.


Les reviews sont très appréciées.

Le dernier chapitre arrivera plus vite que celui-ci, promis.