Voila le deuxième chapitre de cette aventure et vous allez bientôt deviner qui est la deuxième personne a avoir droit à son point de vue. La fic ira donc ainsi. Un chapitre par point de vie et je vais les interchanger. Enfin, vous verrez bien. Le prochain chapitre est à point de vue Ashley.
Je tiens à préciser, pour les habitués de mon style, vous savez déjà ma vision des Cinq et vous en aurez un autre exemple dans cette fic. Alors si vous pouvez passer par-dessus et continuer à lire quand même peut-être aimerez vous le reste autour malgré ce détail.
Personnages: Ashley, James, John (le technicien)
Bonne lecture
Chapitre 2: Demande et Souvenirs
James était assis à son bureau, le regard perdu sur le bout de papier qu'il tenait entre les mains. Évidemment, il avait sourit à cette moquerie voilée, mais en même temps, il se demandait bien ce qui pouvait amené Ashley à quitter l'Amérique qu'elle chérissait pour venir en Angleterre là où la cuisine semblait plutôt mal passée chez la jeune femme. Ce devait être urgent. Connaissant Ashley, ça l'inquiétait même un peu.
« -Besoin urgent de parler. Arriverai certainement ce soir ou dans la nuit. AM. »
Besoin urgent de parler. Parler de quoi ? Il avait plutôt l'habitude en fait. Ne serait-ce que de servir de confident pour la famille Magnus. Même le père biologique. Tous. Ils venaient tous vers lui. Qu'avait-il de si spécial pour que les secrets lourds de cette famille atterrisse sur ses épaules ? John et Helen étaient les pires évidemment. Ashley était encore trop jeune pour accumuler autant de haine, de tristesse et de regrets que ses deux amis. Bien qu'il y avait longtemps maintenant que la voix de John était parvenue à ses oreilles. L'homme avait disparu de la circulation. Helen lui avait parlé de son retour et de la mort de Nikola, mais il n'avait pas vu de ses propres yeux le retour de celui qui fut pendant longtemps leur pire cauchemar.
-Monsieur, on m'annonce qu'Ashley Magnus a quitté le territoire américain.
James se tourna vers un de ses techniciens qui venait d'entrer, puis hocha la tête. Ainsi, la jeune femme devrait arrivé bientôt, surtout connaissant les jets d'Helen. Il demanda à son technicien d'apporter quelque chose à manger lorsqu'Ashley serait arrivé sur le territoire britannique. Le moins anglais possible comme assiette. L'autre, connaissant la visiteuse, obtempéra avec un sourire. Tous la connaissaient dans cet établissement, ce qui évitait à James de devoir se répéter. Il se demandait vraiment de quoi pouvait vouloir parler la fille d'Helen. À part de son père. Et ça lui faisait peur. Très peur.
Se levant de son bureau, il se dirigea vers la fenêtre. Il aimait bien les visites de la jeune femme, qui s'étaient fait de plus en plus rares à mesure qu'avançait la vie d'Ashley. Sa mère avait de moins en moins le temps de quitter son Sanctuaire, donc il voyait la petite de moins en moins. Ça venait de pair. Le fait qu'elle quitte seule le Sanctuaire pour venir le voir le conformait dans son idée. Elle allait aborder avec lui un sujet que sa mère aurait jamais accepté ne serait-ce que d'entendre. S'il s'agissait réellement de ça, Ashley n'avait aucune conscience de la cruauté dont elle ferait preuve en atterrissant ici. Il soupira en regardant l'extérieur. Il n'aurait pas le choix de parler avec elle. Si Helen ne le faisait pas, qui le ferait ?
Le pays était triste, comme il l'était à chaque jour que Dieu faisait à Londres. Il s'y était accoutumé, il était né dans cette ville qui ne voyait que très rarement le visage du soleil. Il avait grandit dans cette ville grise où les couleurs étaient ternies par le ciel qui rejetait sur les hommes ses regrets. Pour lui, de cette fenêtre, ce qu'il voyait était l'un des plus beau paysage qu'il avait vu. Les jardins taquinés par la pluie ne pouvaient qu'attirer l'oeil. Ça semblait si calme et en même temps si nostalgique. Certes, même si ça le ramenait à une autre époque, il faisait en sorte de ne pas trop y penser, car il savait que lorsque la jeune femme serait là, il n'aurait pas d'autres choix que de plonger la tête première dans des souvenirs qu'il n'avait nullement envie d'expérimenter.
-Puis-je vous offrir quelque chose à boire James ?
Il releva la tête vers son technicien. Certaines personnes dans ce Sanctuaire étaient assez proches de lui pour savoir lorsqu'il était préoccupé et cet homme faisait partit de son cercle d'ami proche. Sans aucun doutes pas aussi proche qu'il ne l'avait été avec Helen, John, Nikola et Nigel, mais c'était mieux ainsi. Il ne voulait plus jamais revivre une amitié aussi intense. Car les plus grandes amitiés finissent souvent dans les plus grandes souffrances, il avait eu l'occasion de le vérifier plus d'une fois.
-J'imagine que ce serait plus sage que de regarder la pluie tomber...
-Ça vous ferait surtout du bien. Avez-vous bu quelque chose aujourd'hui au moins ? Ou faites-vous exprès de vous déshydrater ?
James eu un léger sourire en coin.
-Je ne fais pas exprès, tu le sais bien, mais je ne dirais pas non pour un verre. Aucun alcool. Pas aujourd'hui...
Il reporta son regard vers la fenêtre, signifiant à son technicien qu'il n'avait plus rien à dire. Son ami, habitué à ces silences, tourna les talons sans autres commentaires et sans être vexé d'aucune sorte. Lorsqu'on le connaissait, il était facile de voir que ce n'était pas une marque d'irrespect. C'était plutôt un signal d'alarme signifiant que quelque chose le torturait. Le technicien, le même John ayant répondu à Ashley la première fois, s'en fut jusqu'aux cuisines.
James n'était pas immature. C'était la raison pour laquelle le jeune technicien avait été embauché, car au début, en entendant son nom, il avait tout de suite souhaité ne plus en entendre parler, mais en voyant ce dont il était capable et en écoutant ce que disaient les autres Sanctuaires sur lui, il n'avait eu d'autres choix que de l'intégrer à son équipe. Cet homme ne le dérangeait pas en tant que tel, après tout, il était tout de même son ami, malgré que John le vouvoyait un peu trop, mais il lui rappelait beaucoup trop son passé pour qu'il se sente toujours à l'aise avec lui. Il lui arrivait de souhaiter qu'il parte le plus rapidement possible lorsqu'il venait à son bureau. C'était majoritairement dans les temps de réflexion comme présentement que le voir devenait difficile. Sinon, il s'agissait d'un employé exemplaire. Un peu comme Henry pour Helen.
Le retour de John dans son bureau avec le verre d'eau correspondit à l'atterrissage d'Ashley dans l'espace réservé aux hélicoptères et autres transports. Il remercia son technicien et lui demanda d'aller accueillir la jeune femme alors qu'il les rejoindrait après son verre. Il le regarda partir, puis but en entier le contenu de ce qu'il tenait entre les mains. L'eau lui fit un grand bien. Regardant une dernière fois par la fenêtre la paix pluvieuse de ses jardins privés, il soupira puis sortit de la salle, bien décidé à affronter la fille de son meilleur ami. Il ne savait pas ce qu'elle demanderait, mais il était prêt à parier qu'il n'aimerait sans doute pas la conversation. Bien qu'il ne fut pas de ceux qui pariaient vraiment. Il ne s'agissait pour lui que d'une expression qu'il avait emprunté au vingtième siècle.
Lorsqu'il sortit de son Sanctuaire, Ashley émergeait de l'avion, les cheveux un peu ébouriffés. Il voyait à leur forme que la jeune femme avait tenté de les placer avant de descendre, mais sans brosse. En voyant son regard, elle soupira.
-Je suis si décoiffée que ça ? Je croyais pourtant avoir fait un bon boulot.
Il sourit doucement.
-Aucunement ta faute, tu as fait un travail parfait.
-Pour un simple mortel peut-être, mais pas pour ton regard, je le vois très bien.
Il fit un signe à John de prendre les valises de la jeune femme, puis tendit son bras à celle qu'il prenait pour sa propre fille malgré que le fait était bien loin de la vérité.
-Mon regard ne compte pas.
Elle serra son bras un peu pour montrer sa désapprobation.
-Tu sais très bien que c'est tout le contraire James.
Il garda le silence, préférant ne pas entrer dans ce sujet qui pouvait rapidement devenir glissant.
-Je suis content de te revoir.
Elle eu un sourire, mais une lueur dans son regard lui signifia clairement qu'elle n'avait pas été dupe à ce brusque changement de sujet.
-Je dois t'avouer que ça me fait du bien de te revoir aussi. Je ne sais pas pourquoi ma mère tarde tant à revenir à Londres. Elle qui adore cette ville.
James regarda son Sanctuaire un moment. Certes, Helen lui laissait l'autonomie dont il avait besoin en tant que chef du deuxième plus grand Sanctuaire mondial, mais comme le disait sa fille, rares étaient les fois maintenant où elle venait pour une visite de courtoisie.
-Je crois que ta mère préfère se tenir loin des souvenirs.
Il avait dit cela simplement, sans jugement, sans reproches. Il constatait quelque chose qu'il pensait véritable. Il ne se fiait qu'au comportement d'Helen depuis que John était revenu dans sa vie. C'était ce qui l'inquiétait, car si John était la raison de leur distance...
-Ce qui sacrifie du bon temps avec toi. Je me suis dit tant pis, moi je viens.
Elle avait un grand sourire, mais elle ne pouvait pas le tromper lui. Il la regarda un moment, gardant son propre doux sourire qu'il ne réservait qu'à elle et sa mère.
-Il y a autre chose derrière ta présence ici Ashley...ne me prend pas pour un idiot.
Elle roula les yeux.
-Je sais très bien tout ça James, je préfère profiter de ta présence avant de t'en parler. J'ai moi-même plusieurs réserves sur mes propres questions.
Il s'arrêta à quelques mètres du Sanctuaire, puis tourna sa tête vers elle.
-Il y a donc...
-Je t'en prie James ! Laisse-moi profiter de la paix que je peux avoir ici malgré la nourriture infecte.
Il haussa un sourcil.
-Sans vouloir te vexer, ajouta-t-elle précipitamment. Il haussa les épaules et l'invita à continuer son chemin.
Elle le suivit de bonne grâce et commença à lui parler de ce qui s'était passé au Sanctuaire Principal depuis la dernière fois où Helen et lui avaient parlés à partir d'un réseau internet. Elle était enthousiaste et rayonnante, ce qui permit à James de se calmer et de se laisser convertir par son sourire. Il ne pouvait pas rester sérieux et préoccupé lorsque ce soleil débarquait dans une ville aussi grise. Il était soulagé par sa présence et en même temps, son énergie n'en était que renforcée. Elle lui réchauffait la vieille chose qui lui servait de coeur. Il l'écoutait, sans l'interrompre, sans rien ajouter, ne se lassant pas d'entendre sa voix. Ses intonations, bien que très modernes, lui rappelaient tellement sa mère au même âge qu'il en souriait tout seul. Il aimait l'entendre parler. Elle avait une joie de vivre qu'aucun des Cinq n'avait gardé. L'avantage d'être né dans ce nouveau siècle, c'était l'ouverture d'esprit qu'il y avait.
-Oh et Henry a faillit faire exploser le laboratoire encore il y a à peine trois jours.
James pencha la tête sur le côté avec un très léger et court rire.
-Ce jeune homme est aussi doué qu'il peut être maladroit, commenta-t-il gentiment.
-Oui, surtout maladroit.
Ils rirent ensemble. Effectivement. Henry était très maladroit, autant dans ses gestes que dans ses mots, mais James trouvait que cela n'enlevait rien à l'immense talent qu'il avait en informatique. Ce n'était pas pour rien qu'il faisait partie entièrement de l'équipe d'Helen et ce malgré son sang de loup-garou. Lui-même n'était pas mal à l'aise avec le Phénomène. Il fallait dire qu'Helen et lui étaient plutôt habitués aux Anormaux.
-Avec quoi cette fois ? Demanda-t-il sur le ton de la conversation.
-Un nouveau prototype.
Elle marchait à ses côtés avec tant d'assurance. Elle semblait bien. Comme si elle était réellement libérée ou soulagée d'être à Londres. Il fronça les sourcils.
-On dirait que tu t'es enfuit de là-bas...fit-il remarquer sans changer de ton.
Elle se tourna vers lui, puis détourna le regard ailleurs. Il sut dès lors qu'il n'était pas loin de la vérité tout en n'ayant pas encore mis le doigt dessus.
-Non, ce n'est pas exactement ça.
Il l'avait cherché. Ils allaient entrer dans le sujet glissant qu'il n'aurait de toute façon pas pu éviter, alors autant que ça ne traîne pas trop longtemps entre eux, sinon une tension aurait très certainement pu naître.
-Tu sais parfaitement que tu peux m'en parler.
Elle eu soudainement l'air plus amère et James décida de l'amener à un endroit où il serait agréable de parler et la guida jusque dans son salon personnel. Il s'agissait d'une toute petite pièce qui aurait été intime si ces deux-là avaient eu un quelconque lien d'amour, mais dans la situation, il s'agissait d'une pièce parfaite pour les confidences d'une fille à son père. En plus d'être loin des mauvaises oreilles, Ashley se sentirait très certainement en sécurité. Il fut d'autant plus heureux de voir qu'un feu avait été allumé dans le foyer. Sachant que John allait porter les bagages de la jeune dans sa chambre habituelle, James referma la porte derrière eux et l'invita à s'asseoir dans l'un des deux divans simples qu'il y avait dans la pièce. Elle prit place avec autant de classe que l'aurait fait une femme victorienne et une fois encore, il vit en elle l'image de sa mère. Il devait arrêter, car Ashley était différente de sa mère et méritait une identité différente. Elle avait le mélange des caractères impossibles de ses deux meilleurs amis. Ce qui donnait un résultat, il devait l'avouer, plutôt explosif.
-Pourquoi ?
Une question aussi directe aurait méritée un plus long développement. Il avait beau avoir une intelligence supérieure, il n'était pas encore à même de pouvoir lire dans les pensées des gens.
-Pourquoi est-elle tombée amoureuse de lui ?
Il posa son regard sur elle. Voilà. Il était sur la voie de non retour. En s'engageant sur ce sentier, il n'aurait alors pas le choix d'aller jusqu'au bout du sujet, car Ashley était intraitable lorsqu'il s'agissait de comprendre quelque chose qui la troublait.
-Il faut que tu saches Ashley que John n'était pas totalement comme tu l'as perçu, la renseigna James, patient et d'une voix extrêmement douce. Il évitait de décrire John comme étant son père pour ne pas la froisser.
Au regard d'Ashley, il sut qu'il allait devoir à son tour développer. La nuit allait être longue.
-John est devenu ce qu'il est aujourd'hui seulement après l'expérience par les Cinq sur le Sang Originel. Il t'en a parlé non ?
Elle parut surprise, puis hocha la tête. James ne lui dirait pas comment il avait appris tout ça. Ce n'était pas le moment de créer une tension entre la mère et la fille.
-Lorsque ta mère...est tombée amoureuse de lui, il n'avait pas encore cette soif de sang et cet instinct de tueur. Nous suspectons qu'il s'agissait d'une caractéristique dormante que le sang aurait réveillée lors de l'injection.
Elle cilla un moment, puis une lueur s'alluma dans son regard qui l'inquiéta immédiatement. Il savait qu'il aurait du se méfier avant même qu'elle n'atterrisse sur le sol britannique.
-Je veux les voir, fit-elle sur un ton ferme.
Il ne pouvait pas jouer les imbéciles qui ne comprenait pas ce qu'elle demandait, car lui-même y avait un jour penser. Malheureusement, il ne pouvait se résoudre à la laisser faire.
-James, je veux comprendre ce qui s'est passé pour que je me retrouve avec une famille explosée.
Il soupira. Allait-il réellement flancher devant elle. En même temps, l'expérience lui permettrait de...non, c'était trop risquer. Le temps était une constante trop fragile. Oui mais...
