Un grand merci pour les gentilles reviews encourageantes. Mes premières fans sont fidèles au poste !

Alors oui, l'histoire se met en place, il faudra attendre pour le Klaroline mais il y en aura, cette histoire n'étant qu'un prétexte pour parler de mon couple préféré. Mais comme j'aime les intrigues, il y a une intrigue aussi.

Bonne lecture !


LE CHASSEUR

"This is my church of choice: love's strength standeth in love's sacrifice." – Nightwish, 7 Days to The Wolves

Mystic Falls, 8 août 2012

Bonnie se leva en même temps que le soleil et elle fulmina en s'apercevant que Klaus n'était toujours pas rentré. Après le sort opérant le transfert de corps de l'hybride dans celui de Tyler, Bonnie avait caché Klaus chez elle dans l'attente d'avoir suffisamment régénéré le corps partiellement brûlé de Klaus pour pouvoir rendre à chaque hybride sa propre enveloppe corporelle. Cohabiter avec l'Original n'avait pas été facile mais Klaus s'était montré globalement correct en s'isolant la plupart du temps dans la chambre qu'elle lui avait octroyée pour dessiner ou peindre. Seulement, l'ennui et l'envie d'évasion devaient avoir eu raison du vampire qui était introuvable depuis une semaine.

Bonnie attrapa son téléphone portable en tremblant de rage et composa le numéro de Klaus. Elle jura à mi-voix quand le répondeur annonça brièvement le nom du correspondant injoignable suivi du bip habituel. Elle faillit raccrocher mais décida de passer à la vitesse supérieure en employant les méthodes habituelles de l'hybride : leçon n°1, les menaces.

« Klaus. Je perds patience, » commença-t-elle se contenant pour ne pas hurler, sachant que ça ne servirait à rien à part élever sa pression artérielle et accélérer son rythme cardiaque. « Ce n'est PAS le deal que l'on avait ! Tu étais censé rester bien sagement dans l'ombre pendant que l'on procède aux derniers ajustements. Si tu ne ramènes pas le corps qui ne t'appartient pas dans les 24 heures, je viens te chercher avec un sort de localisation et je te rends ton foutu corps à moitié calciné sans état d'âme ! Le deal ne tient plus, tu as bien entendu ? LE DEAL NE TIENT PLUS ! »

Et sur ces mots, elle raccrocha, secouant la tête et regrettant amèrement d'avoir cru pouvoir faire confiance au maître de la manipulation même. Elle se calma en avalant son petit déjeuner et ne se hâta pas pour se préparer, profitant finalement du calme et de la solitude salvatrice.

En fin de matinée, elle décida de prendre des nouvelles d'Elena. C'était douloureux. Voir souffrir sa meilleure amie en étant si impuissante alors qu'elle avait tant de pouvoirs qui bouillonnaient en elle était une torture. Elle n'avait plus d'amie à qui confier ses peines et ses doutes : Caroline avait fui comme prévu et Elena n'était plus que l'ombre d'elle-même, luttant contre des forces démoniaques qui lui échappaient.

La relative fraîcheur matinale n'était plus qu'un lointain souvenir quand la jeune sorcière prit le chemin de la maison des Gilbert. Alors que Bonnie arpentait les rues désertes de Mystic Falls sous une chaleur accablante, elle plissa les yeux en apercevant une voiture de police garée non loin de chez Elena. Elle ralentit sa course par réflexe et parcourut finalement les quelques mètres la séparant du véhicule, se forçant à plaquer un sourire de circonstance sur son visage.

« Sheriff Forbes, » dit-elle poliment, saluant la mère de Caroline qui lui rendit un sourire forcé. « Officier sera suffisant, Bonnie, » ajouta-t-elle et Bonnie ne fut pas surprise d'apprendre la rétrogradation d'Elizabeth Forbes. « Je n'ai pas vu Elena depuis des semaines. Comment va-t-elle ? »

« Elle se repose, » répondit prudemment Bonnie. « L'accident l'a beaucoup secoué mais elle devrait être sur pieds pour la rentrée. »

« Tu n'ignores pas que Meredith Fell a été suspendue, j'imagine, » poursuivit Liz. « Tu me le dirais si quelque chose était arrivée à Elena, Bonnie, n'est-ce pas ? »

« Elle va bien, » répondit instantanément Bonnie, ne se rendant pas compte que son sourire s'était effacé de son visage à présent grave.

« Très bien, » acquiesça Liz en démarrant le moteur de sa voiture. « Des nouvelles de Caroline ? » tenta l'officier de police sombrement.

« Je suis désolée, » souffla Bonnie. « Je suis persuadée que Tyler et Caroline vont bien, Madame Forbes. »

« Tu as certainement raison, » soupira Liz, « Prends soin de toi, Bonnie. »

Le sourire de la jeune sorcière fut cette fois sincère quand elle adressa un signe de la main à la mère de sa meilleure amie qui s'éloigna pour prendre la direction du centre ville.

Elle ne perdit pas de temps pour aller frapper à la maison des Gilbert et fut accueillie par Jeremy qui l'invita à entrer. Elle n'eut pas le temps de saluer son ami qu'elle entendit des pas provenant du premier étage en même temps que la voix agacée de Damon qui se rapprochait.

« Stefan ! Ce petit crétin a encore été ouvrir la porte ! Il n'a pas retenu la leçon ? Il ne doit PAS ouvrir cette foutue porte ! » vociféra Damon en descendant les marches d'un pas rapide. « Oh. C'est que la sorcière… » déclara-t-il platement et Bonnie leva les yeux au ciel.

« Bonjour Bonnie, » se leva Stefan quand le trio le rejoignit dans le salon.

« Salut… Mauvaise nouvelle : je viens de croiser Elizabeth Forbes, elle a des doutes concernant Elena, » avoua Bonnie.

« Ouais, ça m'étonne pas, » confirma Damon. « Elle est plantée dans sa bagnole devant la maison quasiment tous les jours… »

« Qu'est-ce qu'on fait ? Vous ne croyez pas qu'on devrait lui dire ? » demanda Jeremy.

« Non ! Trop tôt, mauvais plan, » répondit Damon.

« Elle a plutôt été compréhensive au bout du compte pour Caroline, » fit observer Jeremy et Stefan secoua la tête.

« Peut-être mais je suis d'accord avec Damon pour le coup, » déclara Stefan. « C'est trop tôt… Pas tant qu'Elena est… comme ça. »

« Comment va-t-elle ? » demanda aussitôt Bonnie avec inquiétude.

« Elle s'est nourrie hier, » répondit Stefan.

« C'est une bonne nouvelle ! » déclara Bonnie avec enthousiasme. « Je peux aller la voir ? »

« Bien sûr mais ne t'attends pas à grand-chose… Elle a toujours cette même joie de vivre incarnée, » répondit Damon de manière sarcastique.

Bonnie ne releva pas et se pressa de gagner la chambre d'Elena, plutôt curieuse et impatiente de voir son amie aller un peu mieux. Et il y avait du mieux : Elena avait quitté son lit et était à présent assise par terre le dos contre ce dernier. Les jambes repliées contre sa poitrine et tenues fermement par ses bras, sa tête reposait sur ses genoux tandis qu'elle avait toujours ce même regard éteint et vide. Les rideaux étaient toujours fermés pour protéger la pièce du soleil et par conséquent Elena de la dangerosité de l'astre brûlant.

« Salut, » dit Bonnie à mi-voix, s'asseyant à côté de son amie doucement. Le regard d'Elena ne fit qu'un seul mouvement rapide et brusque pour se poser sur Bonnie qui fut alors décontenancée. « Tu as l'air d'aller mieux, » poursuivit-elle faisant la conversation. « Stefan m'a dit que tu avais mangé, c'est super… »

Elle évita d'utiliser le verbe « se nourrir » voulant à tout prix humaniser son amie autant que possible. Son regard glissa vers la table de chevet sur laquelle se trouvait toujours la bague qu'elle lui avait créée pour pouvoir sortir sans danger à la lumière du jour, cadeau magique, le même qu'elle avait fait à Caroline lors de sa transformation. Mais Elena avait fermement refusé de la porter. Elle se trouvait toujours dans le même processus de rejet de sa nouvelle condition et les efforts de tous ses amis ne changeaient rien à son attitude pour le moment négativiste sur la question.

Le silence fut soudainement rompu par le téléphone de Bonnie qui indiquait qu'elle avait reçu un message. Elle fut réellement surprise de voir que Klaus lui avait envoyé un sms mais jura et déchanta à la lecture du court message.

« On a un problème. »


Farmville, 8 août 2012

Il fallait qu'il sache. Elle était partie, elle avait quitté Mystic Falls. Le plan s'était déroulé à la perfection : le transfert de corps avait fonctionné et il n'avait eu aucun mal à simuler la mort de Tyler afin de contraindre Caroline à quitter la ville pour être en sûreté. La sorcière travaillait sur un sort pouvant régénérer son corps partiellement brûlé. Mais le temps pressait : la supercherie ne pourrait pas être dissimulée éternellement avec Klaus comme un lion en cage cloîtré chez Bonnie et, même si Tyler avait été d'accord quant au deal mis en place, le laisser prisonnier dans le corps de Klaus était douloureux aussi bien physiquement que psychologiquement.

Mais il fallait qu'il sache.

Qu'il sache où elle se trouvait, si elle allait bien, si elle était en sécurité et surtout si elle n'était pas seule. Elle détestait la solitude, il le savait, et si jamais elle se retrouvait seule, elle n'y survivrait pas longtemps. Alors il était parti en pleine nuit il y a maintenant sept jours, sans en avertir la sorcière, elle l'en aurait empêché. Il avait « emprunté » une vieille Mustang et avait pris la direction du sud et interrogé tous les habitants de toutes les contrées alentours avec une photo de Caroline qu'il avait subtilisée à Bonnie.

Après des jours décourageants et désespérants, il avait atteint Farmville et avait enfin retrouvé sa trace. Elle allait bien et elle n'était pas seule. Il en était pleinement satisfait jusqu'à ce qu'il croise la route d'un vieux roumain dont la présence dans la petite bourgade l'inquiétait autant qu'il y a une trentaine d'années ou plus précisément trois siècles…

Ses craintes étaient fondées, le chasseur avait planifié d'éliminer Caroline, il le savait, ce genre de chasseur ne laissait pas un strigoï sur sa route. Jamais.

La première nuit, quand le chasseur était entré dans la petite station service, il avait failli bondir mais le 4x4 du garçon était arrivé et il avait attendu. Le chasseur était parti, il avait abandonné, pour le moment, mais il savait qu'il allait revenir.

Et il était là. Etrangement, il était seul mais la fille ne devait pas être bien loin. Il inspectait son terrain de chasse, repérant les failles en cas de problème. Il fallait maintenant faire vite. Le chasseur savait pertinemment que Caroline ignorait qui il était et il la tuerait donc facilement, sans ménagement et proprement. Klaus se faufila par la porte arrière de la boutique et observa Caroline, assise sur un tabouret, alors qu'elle feuilletait un magazine tout en grignotant des M&M's. En une fraction de seconde, il se trouva derrière elle et posa une main sur sa bouche, étouffant son cri de surprise.

« Sshh ! C'est moi. Ne crie pas, ne dis rien... » chuchota-t-il au creux de son oreille et elle se retourna lentement quand il desserra son étreinte, écarquillant grands les yeux devant la confirmation que la voix appartenait bien à son petit ami.

« Comment ? » réussit-elle à articuler mais Klaus ne laissa pas la place aux états d'âme et les questions de Caroline restèrent en suspens alors qu'il lui prit la main et l'entraîna vers la sortie.

« Ne bouge pas... » souffla-t-il alors qu'il contourna la bâtisse afin de voir où se trouvait le chasseur. « Merde... » lâcha-t-il entre ses dents sentant le danger rôder mais sans le percevoir pour autant.

« Qu'est-ce qu'il y a, Tyler ? » tenta Caroline à voix basse d'un air presque suppliant.

« Tu vois la Mustang, là-bas ? » répondit Klaus tout en ne relâchant pas son attention alors que Caroline acquiesça. « C'est ma voiture... On va y courir vite, très vite ! Tu as compris, Caroline ? » insista l'hybride alors que Caroline ne pouvait détacher son regard du véhicule bleu d'un air abasourdi.

Ils n'eurent pas le temps de rejoindre la voiture qu'un coup de feu retentit faisant hurler Caroline qui tomba à genoux, pliant les bras sur son abdomen.

« Putain ! » cria Klaus à son tour avant de lever les yeux pour apercevoir le chasseur perché sur la toiture de la station service, un calibre 44 datant du 19ème siècle dans les mains.

Sans attendre un second coup de feu, Klaus prit Caroline dans ses bras mais le chasseur fut rapide et ils n'eurent pas le temps d'atteindre la voiture. Klaus déposa Caroline à l'abri derrière une pompe à essence et fit face au chasseur qui semblait l'attendre, prêt au combat.

« Je n'ai pas l'intention de te défier, Vassili, » déclara Klaus au chasseur qui fut décontenancé d'apprendre que le vampire connaissait son identité.

« Cel dintâi strigoï... » souffla le chasseur, presque aussi admiratif qu'interrogatif.

« Et oui, mon vieux, » sourit Klaus. « Seulement tu m'excuseras mais je veux juste me tirer d'ici avec ma copine ! »

Et sur ces mots, il attrapa à nouveau Caroline qui grimaça de douleur, comprimant de ses mains sa blessure, tandis que Klaus décrocha un pistolet d'une pompe à essence qu'il laissa tomber sur le sol. Comprenant rapidement les intentions de l'Original, le chasseur recula. Klaus utilisa ensuite sa vitesse vampirique et tout alla très vite. Il installa Caroline sur le siège passager de la vieille Mustang bleue et démarra le moteur. Il s'arrêta au niveau des pompes à essence et adressa un salut au chasseur.

« Transmets mes amitiés à Ionna ! » lança-t-il au chasseur avant de craquer une allumette qu'il jeta sur l'essence qui s'était déversée de la pompe décrochée. Quand il s'engagea sur la nationale en direction de la sortie du village, une immense explosion retentit et il observa dans son rétroviseur les flammes s'élever dans le ciel avec un rictus satisfait au coin des lèvres.