Chapître deuxième : Une cause et des effets.

...quand soudain, une alarme retentit. La Porte était bien gardée par des soldats de faction endormis sur leurs armes et par une équipe en haut attentive au moindre rêve suspect, cela ne pouvait pas provenir de là. D'ailleurs, dans cet univers de silence, qui aurait pu lancer l'alarme ? Personne. Je vous le redis : tout le monde dormait. Et cette alarme-là ne se déclenchait toute seule que lorsque des inconnus non autorisés tentaient de venir rendre une petite visite non amicale. Les alliés – pour autant qu'il en restait – avaient tous le code pour ouvrir l'iris.

Non, là, la seule alarme qui s'agitait était celle du Colonel Carter. Il s'agissait de son réveil. Elle avait mis l'amplificateur de son au maximum car avec son manque de caféine et son habitude à ne jamais dormir plus de 4 ou 5h par nuit (en dépit de son corps réclamant justice, mais c'était un débat qu'elle refusait d'entamer avec qui que ce fut...et la connaissant, je vais présentement m'en garder aussi...je tiens à mes petites fesses !), elle redoutait de ne pas entendre son réveil au son du «Wake me up » de Wham.

Et c'est ainsi qu'en cette belle matinée de mars 2005 toute la base qui sommeillait à Cheyenne Moutain fut réveillée en sursaut grâce à George. Comme au bon vieux temps sauf qu'il s'agissait d'un autre George.

Le Colonel Carter qui était d'ordinaire si parée dès le réveil mit sa culotte à l'envers (oui, comme le bon roi Dagobert, je sais, je sais), se lava les dents avec son gel douche et prit une douche mentholée au dentifrice. Elle sentait bon...encore que son haleine eut fleuré l'orchydée. Après tout, elle était libre de manger des orchydées au réveil !

Le Docteur Daniel Jackson fit un tel saut dans son lit qu'il heurta malhencontreusement sa table de chevet et eut la bosse des maths pour remplacer sa bosse d'histoire. Il venait de manger une table.

Le Jaffa Teal'c eut une révellation alors qu'il était encore en plein rêve et se mit à sourire à tout venant à quiconque croisait son chemin. Il avait mangé un clown en se levant.

Quant au Général Landry qui, pour échapper au café de sa femme avait prétexté un problème urgent le retenant à la base, il se mit au garde-à-vous en sautant dans ses chaussons et dut attendre d'avoir pris sa douche avant de voir l'heure sur sa montre. Il se rendit compte qu'il avait mangé son carnet de route en se rendant à son bureau.

Pour tous le réveil fut brutal et tous avaient conscience que ce jour ne serait pas comme les autres. Intuition militaire ? Non, intuition tout court.

Juste un détail cependant : les deux soldats de SG8 furent les seuls à ne pas entendre le réveil. Enfin, ils l'entendirent mais décidèrent d'un commun accord et sans s'être concertés qu'ils n'étaient pas concernés. Ils étaient relevés de leurs fonctions de toute façon. Ils pouvaient bien s'accorder une grasse matinée, non ? Ce détail n'ayant aucune importance pour la suite et pour la dramatique de l'histoire, il me semblait crucial de vous le donner.

Pestant contre tout, le Général Landry entra dans son bureau et sans attendre d'y être assis se saisit du téléphone rouge. Le rose était pour d'autres occasions...hélas moins nombreuses. Le blanc n'était là que pour que les scénaristes aient de quoi écrire sur sa vie. Il ne s'en servait jamais. Hey, les portables, c'est pas fait pour les chiens !

« Bureau du Président, bonjour. »

« Bonjour Pamela, puis-je parler de toute URGENCE au Président s'il vous plait de la part du Général Landry ? »

« Je vais voir s'il est disponible, monsieur, ne quittez pas. »

Il attendit deux petites minutes et on le mit en relation avec le Chef du Monde (série américaine, héros américains, illusions américaines).

« Bonjour Général, que puis-je pour vous en cette belle matinée de mars ? »

« Monsieur le Président, l'heure est grave, le SGC est en danger imminent. »

« Une nouvelle invasion ? Les Oris ? Dois-je avertir les Russes, les Français, les Japonais, les Italiens, les Chinois, les Allemands, les Anglais, les Brésiliens, les Africains du Sud, les Emirats Arabes (la liste étant trop longue, je vais écouter la diatrybe du Président, si vous êtes d'accord. Merci) ? »

« Rien de tout cela, Monsieur. Enfin pas que je sache. Ou alors, nous avons affaire à une nouvelle race beaucoup plus forte que nous et contre laquelle nous ne pourrons rien. »

« Que se passe-t-il ? »

« Nous n'avons plus de café, Monsieur le Président ! »

« Et c'est pour ça que vous interrompez ma réunion vidéo avec...euh...le Premier Ministre Indien ? »

« Ce que je veux dire, Monsieur, c'est que les restrictions budgétaires récentes ne nous permettent plus de faire réparer ou de changer nos machines à café. Elles sont en panne, toutes, depuis 10 jours. Et cela s'en ressent. »

« C'est bien ce que je disais : vous interrompez une discussion éminemment importante (figure de style pour appuyer sur l'importance de ladite discussion) pour une simple question de café ! Dites, Général Landry, vous n'auriez pas besoin de vacances ces temps-ci ? »

« Monsieur le Président, je suis sérieux ! »

« J'entends bien. Mais je crois que vous me faites perdre mon temps. Voyez ça avec le Général O'Neill. C'est à lui de gérer l'intendance, pas à moi ! Sur ce, Général, je vous souhaite une bonne journée ! »

Et le Président raccrocha.

Maugréant contre l'incapacité des politiciens à prendre des décisions vitales, il entama un long discours avec lui-même (que l'on appelle aussi, pour les puristes et les linguistes patentés, un monologue, voire un soliloque) :

« Mais bien sûr, je vais appeler Jack ! Lui qui a sauvé le monde pendant des années au péril de sa vie est naturellement le plus indiqué pour sauver l'univers de cette pénurie de café ! Je devrais peut-être appeler George (un troisième ? Bah oui ! Alors, non, il ne s'agit pas de Hammond ni de Michael. Café et George, ça vous fait penser à qui ?) pendant qu'on y est ! Lui au moins a des réserves de café ! What else ? C'est vraiment n'importe quoi (à qui le dites-vous !) cette histoire ! Ah Jack ne va pas me louper ! Je vais en entendre parler pendant des années, jusqu'à ma mort ! Le connaissant, il serait même capable de jeter sur ma tombe une dosette de café plutôt qu'une fleur ! »

Walter passant par là et s'aprêtant à pénétrer dans le bureau du Général, s'arrêta brusquement. Le Général n'était visiblement pas seul. Ou bien était-il au téléphone. Pas la peine de le déranger pour lui signaler que toute la base était maintenant réveillée. Puis il tendit, par curiosité, l'oreille et se mit à sourire niaisement (ce passage n'est là que pour justifier le salaire de Walter).

Le Général continuait son monologue :

«A moins que...oui, c'est ça, je vais demander au Colonel Carter de l'appeler. Il sera sans doute beaucoup plus charitable avec elle », pensa-t-il avec un petit sourire ironique.

Il sortit alors de son bureau en trombes en bousculant le pauvre Walter au passage. S'arrêta-t-il pour autant ? Non, même pas un regard !

Parvenu en un temps record devant le QG du Colonel Carter (entendu : son laboratoire), il reprit un peu son souffle avant d'entrer.

« Bonjour Colonel ! »

« Bonjour, mon Général ! »

« Bien dormi ? »

« Bien mais trop, monsieur. Et vous ? »

« Idem. A ce propos d'ailleurs, merci de nous avoir tous réveillé. »

« De rien. Que puis-je pour vous, mon Général ? »

« J'ai un petit service à vous demander. »

« Je vous en prie. De quoi s'agit-il ? »

« Il faudrait que vous appeliez le Général O'Neill pour lui parler de notre petit problème d'intendance. »

« Vous voulez que j'appelle le Général O'Neill pour lui dire que nos machines à café sont en panne, monsieur ? »

«Oui, c'est ça. En fait, j'ai appelé le Président tout à l'heure et il m'a renvoyé sur Jack. Et je me suis dit que ce serait mieux si c'était vous qui lui téléphoniez. »

« Oh...et pourquoi donc ? »

« Ben disons que si c'est moi qui le fait, il va me charrier pendant des années et...vous savez comment il est... »

« Oui. »

« Et j'ai pensé qu'il n'oserait pas se moquer de vous. »

« Il va se gêner, tiens ! L'occasion va lui paraître trop belle pour s'en priver. »

« Non, je suis sûr qu'il saura rester correct avec vous. »

« En vertu de quoi pensez-vous qu'il le sera ? »

« Oh et bien, vous savez... »

« Je ne sais pas, non. »

« Mais si, Colonel, vous savez bien qu'il vous admire beaucoup et qu'il considère que vous êtes unique. Il ne prendra pas le risque de vous vexer et de perdre votre...amitié. »

Sam sentait que le Général Landry était mal à l'aise. Elle s'empêcha de sourire et préféra botter en touche au lieu de répondre ce qu'elle avait envie de crier au sujet de l'amitié qui la liait au Général O'Neill. Depuis 4 mois qu'il était parti à Washington, elle et lui avaient en tout et pour tout eu trois conversations téléphoniques impersonnelles, deux mails tout aussi neutres et ne s'étaient pas encore revus. La seule fois où il vint au SGC, elle était en mission sur Atlantis.

« Alors, Colonel, vous acceptez ? Vous me rendriez un ENORME service, je vous assure. »

« C'est d'accord, mon Général. Je vais m'en occuper. »

« Merci Colonel. Infiniment. Du fond du coeur, merci. "

" A ce point, mon Général ?"

" Vous venez de me sauver de plusieurs décennies de railleries. Dites-lui que c'est à cause des restrictions budgétaires. Donnez-lui des exemples. Bref, vous voyez... »

« Je vois, oui. Toutefois, monsieur, je vous préviens que si le Général O'Neill se moque de moi, ou même s'il esquisse le moindre sourire ou le moindre sous-entendu, je prendrai le prochain vol pour DC et irai moi-même lui faire ravaler son sens de l'humour ! »

« C'est noté, Colonel. Oh, tant que j'y pense... »

« Oui ? Autre chose ? »

« Est-ce que vous pourriez changer la musique de votre réveil ? Le « I feel good » serait bien mieux et cela participerait à donner le moral aux troupes. »

Sam le regardait d'un air stupéfait et amusé.

« C'est entendu, mon Général. Je vais voir ce que je peux faire. Mais j'espère que, très vite, tout sera rentré dans l'ordre et que mon réveil ne servira plus qu'à mon usage personnel. »

« Certes, certes. Bon, je vous laisse et encore merci, Colonel. »

Elle se retint de lui dire que tout le plaisir était pour elle quand il sortit bien vite de son laboratoire.

Ceux qu'il croisa dans les couloirs se demandèrent pourquoi le Général Landry avait ce petit sourire en coin mais aucun n'osa le lui demander.

De son côté, Sam Carter délaissa ses expériences, se rendit dans ses quartiers et...

A SUIVRE (j'adore vraiment me venger !)