Alors si tu m'aimes, laisse-moi partir. Et vas t'en avant que je ne le sache.

La feuille saignait, alors que l'encre pleurait. J'envoyais, honteux cette lettre à papa. Deçu de lui avoir désobéi. Mais cela semblait tellement naturel. L'encre se mélangea à mes larmes. Papa ne m'en voudra pas. Il était tellement adorable. Mais la tristesse que j'avais vue dans ses yeux en me demandant cela. Mais c'était ta faute. La tienne. À qui d'autre ? Avec ton sourire niais, ton visage parfait constellé reflétant l'étrange pureté que possèdait ton âme, et tes yeux verts brillant de vie. On ne t'avait pas placé aux bons endroits; j'avais envie de te bouffer. Tu semblais trop fragile. La remarque était sortie d'elle-même. Le sarcasme, mon deuxième nom, avait repris le contrôle de mon esprit en t'apercevant. Et puis, tu as souri. Un sourire joyeux, face à mon insulte. Comme si j'étais insignifiant. Un sourire que toi seul comprenait, avec ton esprit détraqué. Puis tu m'ignoras. Comme personne ne l'avait fait auparavant. Tu t'étais assis à côté du fils du ministre. À côté de Léo Nott. Qu'il était laid, avec ses dents de lapin, lui. Papa m'en voudra peut-être, en fait. Il m'avait dit de ne pas te détester. Mais la tentation était trop forte. Peut-être était-ce écrit comme cela. Peut-être. De toute façon, cela est trop tard; je te haïssais. Toi et ta perfection. Toi et ton sourire. Toi et ton bonheur. Tu semblais être aussi heureux que ton père l'était dans les reportages, alors que tu n'avais plus de mère. Moi, je suis aussi fade que mon père. Je te haïssais, je te haïssais, je te haïssais. Je te pourrirais la vie Potter. À partir dedemain. Et les sept prochaines années aussi. Et le reste de ta vie si j'en avais l'occasion. Mais j'ai conscience, que cela s'arrêtera là. Car quand je me retrouverais en enfer, tu seras au paradis.

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Je te cherchais, comme à mon habitude dans le salle de cours. Tu n'étais jamais loin. Mais jamais assez proche. Ton regard ne croisait jamais le mien. Jamais. Même quand je le cherchais. Existais-je vraiment ? Le seul moment où je pouvais admirer ton regard, c'était quand je te lançais des piques. En première année, j'essayais tous les jours. Maintenant, avec le temps, ce n'est que rarement. Mais ta réaction ne changea pas, en sept ans. Tes yeux verts me scrutent avec indifférence, alors qu'un sourire venait jouer sur l'ombre de la commissure de tes lèvres. Puis tu me souriais vraiment. Comme tu souriais au monde entier. Ton sourire me tuait. Et tu le savais, non . Je n'arrivais pas à t'atteindre. Pas par les mots, même pas par les gestes. Tu étais trop haut. Et moi tellement à terre...

-Scorpius, arrête. Tu sais bien qu'il est toujours en retard.

Je ne pris même pas la peine de feinter un quelconque étonnement. Lisa était aussi intelligente que sa mère. Et heureusement, elle ressemblait à tante Pansy. Par un miracle, elle n'avait rien hérité de cet idiot de Goyle. Elle savait toujours tout. Elle ressemblait un peu à Rose, la fille Weasley, avec qui tu restais souvent. C'était ta cousine, non ? Peu importe. Lisa me fit un sourire rayonnant. Tandis que Shiki, se trouvant à côté d'elle, m'adressa un rictus moqueur. Il pouvait rire, avec le prénom qu'il avait. Je ne sus pas comment Oncle Blaise à laisser faire ça. Yuki, sa mère, faisait peur, parfois...

Shiki, était presque aussi beau que moi. Ses traits étaient plus affinés que ceux de son père, et son teint chocolat un peu plus léger. Il avait pris la finesse de sa mère. Ses yeux noirs étaient légèrement étirés, montrant son métissage asiatique. Shiki Zabini. Parfois, j'étais heureux du nom que m'avait donné mon père. Dieu. Et toi aussi, tu pouvais faire un procès à ton père. Albus. Albus Severus Potter. Le Sauveur avait-il des tendances nécrophiles ? Après tout, mon père était mort. Mais je ne suis pas sûr qu'il compte vraiment.

J'avais des questions à te poser, Albus. Des questions dont tu ne connaîtras jamais l'existence. Mais elles étaient là, dans mon esprit. Ton père parlait de mon père, des fois ? Le faisait-il avec ses étoiles de tristesse dans les yeux ? Pourquoi s'était-il marié avec ta mère s'il l'aimait pas ? Il ne l'aimait pas, non . Et toi, étais-tu allergique aux courgettes ou les détestais-tu simplement ? Dis, Albus, pourquoi tu souriais lorsque je te traitais de tous les noms et prononçais des mots qui blessaient ? Dis-moi, pourquoi je te détestais autant ...?

Puis la porte claqua. Tu apparais, avec ton allure fière. Tu étais plus beau que ton père quand il avait ton âge, c'est pour dire. Tu étais magnifique, en fait. Ta peau porcelaine, où de discrète tâches de rousseur venaient faire leurs nids était sans aucun doute héritéé de ta mère. Ton visage était plus doux, plus efféminé que celui de ton père. Tu possédais les mêmes yeux que lui. Des yeux verts lumineux encadrés par de longs cils foncés recourbés. Mais contrairement au Survivant ou à ton frère, James, tu n'avais pas besoin de les cacher sous des lunettes. Tu ne possédais pas des sourcils broussailleux comme ceux du Survivant. Et tu avais de la chance; tu n'avais pas ses cheveux. Le Survivant avait beau être magnifique, franchement, la masse brune qui lui servait de cheveux ne ressemblait à rien. Non, toi, ils sont fins. Coiffés comme beaucoup de jeunes moldus; tes cheveux mi-longs retombent sur ton front. Ils sont d'une teinte obscure, avec de légers reflets roux qui sortaient au printemps. Ton corps était aussi tellement plus fin. Frêle. Dépourvu de quelconque muscles; tu n'étais, à ma connaissance, jamais monté sur un balai. Tes yeux émeraude tombaient sur le fond de la classe, alors que moi je te dévorais du regard.

À côté de toi, Léo Nott. En général, il y avait ta cousine de chez Serdaigle. La fille de Granger. Mais en cours, il n'y avait que lui. Il était plus laid qu'avant. Il fallait vraiment qu'il fasse quelque chose pour ses dents. Seigneur, il n'y avait que Lisa pour le trouver sexy. Comme d'habitude, l'étrange garçon regarda ses ongles. D'une manière arrogante, comme si nous ne valions pas son attention. Je ne l'avais jamais vu sourire. Contrairement à toi. Qui passait ta vie à cela. En fait, je ne l'avais jamais vu parlé.

-Monsieur Potter. Ne restez pas planté là. Allez vous asseoir à côté de Monsieur Malfoy. Monsieur Nott, allez à côté de Monsieur Pucey.

Pour la première fois de ma vie en sept ans à Poudlard, je vois ton meilleur ami afficher une grimace. Et toi, tu laissas tes lèvres s'étirer. Comme si la réaction de ton ami, ou t'asseoir à côté de moi est la plus belle chose au monde . Le sourire éclairant ton visage dévia sur moi, lorsque tu t'assis. Tu me fixas quelques secondes, alors que mon coeur rattait un battement. Puis tes lèvres bougèrent, les sons passant la barrière de tes lèvres pulpeuses et charnues pour former des mots. Des phrases. Un sens. Une douleur. Et presque une mélodie.

-Tu es bon en histoire de la magie, non Scorpius ? Tant mieux, on pourra avoir une bonne note. Tu pourras venir à la maison, si tu veux pour travailler dessus. Je crois que c'est le devoir du trimestre. Je suis content d'être tombé sur toi.

Ta voix était douce, mélodieuse. Calmante et enivrante. Tu me parlais comme si nous étions les meilleurs amis du monde. Pourquoi étais-tu à Serpentard ? Tes yeux brillaient d'intelligence. Pourtant, tu parlais à tort et à travers. Tu avais des meilleures notes que moi. Tu avais les meilleures notes, tout court... Je te lançai un regard noir, presque naturellement, alors que tu continuais de me fixer avec ton sourire dévoilant tes parfaites dents blanches. Un sourire plein de vie, heureux et presque niais. Un sourire qui n'avait pas lieu d'être. Un sourire que je ne compris pas plus que les autres.

-Ta gueule, Potter.

Ton sourire ne disparaît pas, malgré la froideur dans ma remarque. Des mots crus. Vulgaires. Sans aucune répartie. Ma haine abaissait tout mon être à ces simples mots. Ta voix joyeuse retentit dans ma tête. Tu me rendais faible. Je voulais que tu me détestes. Que tu me regardes, vraiment. Moi qui croyais que tu ne connaissais même pas mon nom. Ton regard a la couleur de l'absinthe. Était-il autant dangereux que cette dernière ? Je n'eus pas le temps de me perdre dedans, que tu le reportas sur le professeur. Tu ne semblais pas avoir entendu ma remarque, pas senti mon regard métallique qui montrait l'étendue de la haine que je te portais. Tu te contentas de me laisser admirer ton profil délicat. Tu étais trop beau pour être un homme.

Le cours se passa en silence. Tu semblas être concentré. De temps en temps, ton nez se plissait sous l'incompréhension. Tic que je connaissais par coeur. Ta main se leva souvent. Pour répondre, pour poser des questions. Tu étais adulé des Serpentards, alors qu'ici c'était la magie noire qui nous avait choisis. Je ne savais s'ils t'admiraient ou te craignaient. Parfois, je t'observais en cours de Défense contre les forces du mal. Tu lâchais ta magie. Trop puissante pour appartenir à un jeune homme de dix-sept ans. Trop effrayante. Mais tu souriais même dans ces cas-là. Tu souriais tout le temps. Un sourire qui me donnait envie de frapper ton beau visage pour effacer ton sourire trop heureux dans un monde pourri. Quand je te regardais, j'avais envie de te crever les yeux. D'éteindre la lueur d'innocence, qu'à notre âge, personne n'avait plus.

-Albus, tu sais si je pourrais plaire à Léo ? demanda la jeune fille timidement.

Je vis ton corps sursauter tout comme le mien. Ton regard quitta le cours pour se poser sur Lisa. Ton sourire s'élargit un peu plus. Moi qui croyais cela impossible. Ton regard souriant glissa sur son corps. Puis, tu affichas un air pensif. Si je n'avais pas aperçu la honte danser dans les yeux de Lisa et lui colorer les joues, je lui aurais crié qu'elle était idiote. Après un moment, tu répondis de ta voix douce, dans un murmure puissant;

-Il est un peu associable. Mais tu es tellement jolie.. Je peux t'arranger un coup, si tu veux. Ne t'inquiète pas pour cela, Lisa. Au fait, personne ne m'appelle Albus. Appelle-moi Al'. Même mon père le fait.

Puis tu lui fis un clin d'oeil, avant de reposer ton regard sur le cours, gardant ce sourire brulant, qui semblait peint sur ton visage. Maintenant. Toute suite. Je te haïssais un peu plus qu'avant. Un peu plus. Ma haine atteignait un point culminant. Tu ne faisais rien pour arranger le tout. Je vis Shiki te regarder, d'un air enviant. Tu avais l'air tellement joyeux, par rapport à la fadeur que nous possédons, nous autres serpentard. Coup bas, jalousie, froideur et mensonges. Notre maison. Souvent, les Serpentards, comme les autres rêvaient de t'atteindre. Tout comme moi. Mais d'une façon bien différente. Shiki a toujours voulu être ton ami. Pourtant, il n'a jamais tenté une quelconque approche.

- Albus, t'ai-je déjà dit combien je te déteste ?

-Oui, tout le temps, Scorpius. Chaque fois que je tu me croises dans un couloir. Ou quand tu insultes ma mère. Tu n'as même pas besoin de parler, Scorpius. Tes yeux le font. Alors oui, je le sais. Et appelle moi Al', s'il te plaît.

Je sursautais, tout comme Shiki et Lisa. J'avais parlé haut et fort . Ton sourire n'avait pas quitté son visage. Tes yeux trop verts brillaient toujours de bonheur. Tu semblais à dix kilomètres d'ici. Tu faisais attention à moi . Tu étais idiot, ou juste différent . Tu devins une énigme, pour moi. Al'..


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