Note de l'auteur:

Bonsoir tout le monde ! Je reviens vers vous ce soir pour le chapitre n°1 ! En espérant qu'il vous plaise comme le prologue !

Merci à Tsume-en-Force, Princesse d'Argent, Pouki26, ilokero21, Bloody Kyo et Ju5tin3 pour vos reviews ! Et bien sûr à toutes les personnes qui prennent le temps de me lire !

Réponses à Bloody Kyo:

Je ne pensais pas, il y a longtemps, que les Enfants d'Horus avait autant d'adeptes ! On m'en reparle souvent ! Pour te rassurer, je n'ai pas abandonné cette fic... elle sera bel et bien terminée :) à savoir quand... j'ai tendance à dire, quand je serais sûre de pouvoir donner une bonne suite ! :D

à Ju5tin3:

Merci beaucoup, d'une part et... désolée, d'autre part, pour les Enfants d'Horus (qui réapparait quand même dans deux comm. c'est à souligner... elle est si célèbre? XD il va falloir que je me penche sur le soucis !)

Bonne lecture à tous !


Chapitre n°1 : Maudite vie antérieure.

Mise à jour – Auteur : Nozoshiyu

C'est le début de l'année. Avez-vous remarqué tous ces regards frais et dispo? Je pourrais parier que oui. La légèreté et la bonne humeur sont dans l'air et même si nous ne faisons pas attention... les sensations s'imprègnent tout de même en nous.

Aujourd'hui j'aimerais que l'on parle... des gens. Tout simplement. Mais d'un type en particulier que j'ai pu observer à mon aise...

Le fêtard, le libéré... l'insouciant. Où plutôt, le regard que l'on lui porte.

LA personne que l'on remarque, aimée par beaucoup, enviée par d'autres et parfois détestée. Hé oui, il faut le dire, la personne sociable avec tous, qui fait toujours la fête mais qui a d'excellents résultats, parfois, ça agace.

On l'aime car et on l'admire, car une part de nous voudrait lui ressembler...

Et donc on l'envie, car on voudrait être identique, mais on ne peut pas. On se dit que cette personne a de la chance et on oublie, parfois, qu'il pourrait ne s'agir que d'une façade. On finit aussi sûrement par l'idéaliser. Peut être, alors, apparaît-il à nos yeux différent de ce qu'il est en réalité. Il est peu à peu dépossédé de lui-même au profit d'une image pleine de paillettes et de clichés pré-programmés.

Mais parfois on la déteste, car on l'envie... Car admirer, envier, parfois, ça nous amène à lui en vouloir d'être ce qu'elle est... ce à quoi notre moi profond désire être identifié. On envie, on se compare et on finit par en avoir marre.

Mai,s et si l'on regardait un peu mieux ?

Et si, au lieu de se comparer, nous acceptions juste le fait que oui, il y a des gens différents.

Et si on admettait que nous, on aimerait sûrement être comme eux... mais que eux, peut-être, désireraient...être comme nous.

Et si nous nous contentions de simplement rester qui nous sommes...

Mais je ne pense pas cela possible... tout le monde deviendrait parfait.

Le lundi matin, Yukimura parcourut le nouveau texte, songeur et solitaire, absorbé par les idées de « Nozoshiyu », l'auteur dont on ne savait s'il était homme où bien femme. Adossé à un banc de l'université, les jambes croisées et le notebook placé au dessus, il tentait plus de deviner la personnalité de l'auteur que l'identité de son modèle du jour.

Cette personne écrivait régulièrement, pour ne pas dire presque tous les jours. La veille avait été très amusante lorsque l'étudiant avait découvert un petit texte à l'allure de plaidoyer contre la malhonnêteté. Il lui semblait que chaque opportunité pouvait donner naissance à un article. Et en soi, Yukimura attendait toujours avec curiosité de connaître le sujet suivant.

En occurrence, il n'était pas déçu de l'attente. Cette personne était-elle du genre compréhensive ? Le genre à vivre sa vie et à laisser autrui être ce qu'il est ? Idéaliser se faisait parfois contre sa propre volonté, cette personne n'était-elle donc pas prise dans l'étau de ce phénomène? Sûrement pas. Les yeux désormais portés dans le vague, un sourire flottant négligemment sur ses lèvres, il tenta de l'imaginer, un coup homme, un coup femme. Ils étaient tout deux assez communs mais très cultivés et en voulaient au monde entier. C'était l'hypothèse basique du penseur lambda. Yukimura s'y refusa... et continua de chercher.

Il saurait de qui il s'agissait. Une rencontre entre cette personne et son grand ami aux yeux rouges donnerait sûrement quelque chose d'explosif, d'original et de distrayant, pour lui comme pour Kyo.


Ses pas pressés atteignirent vite leur objectif, la bibliothèque. L'heure du rendez-vous n'était pas encore arrivée, mais mieux valait-il ne pas être en retard. Elle détestait ça. C'était pour elle comme décider de se faire cuire un œuf et de l'oublier sur le feu. Impensable. Elle aimait trop les œufs pour ça... et elle appréciait aussi trop Akira. Et comme ci ce dernier l'avait devancée dans ses pensées, il était déjà là, sans l'œuf, à l'une des tables libres de cet endroit calme et à l'ambiance studieuse.

La bibliothèque n'était pas l'endroit le plus fréquenté de l'université, les étudiants lui préférant l'extérieur, les distributeurs et, parfois, les terrains de sport. Elle était pourtant grande, lumineuse et agréablement fournie en matière première : les livres.

Le rayon « psychologie » était d'ailleurs largement rempli, pour son plus grand bonheur. Des œuvres traitant du comportement individuel, en groupe, mais aussi en société et inter sociétés. Elle rêvait de pouvoir tout lire, tout voir et tout explorer. Et c'était pour cela qu'elle avait ouvert son site. Ce n'était pas pour devenir célèbre ou particulièrement reconnue, mais surtout dans un effort de partage. Après tout, ses observations, cette année, se porteraient principalement sur l'environnement de l'université, échantillon parfait, large et variable. Ils avaient donc le droit de lire.

Dans une approche calme et souriante, elle aborda son ami, aveugle, avec douceur et joie dans la voix.

« Bonjour Akira! »

Ce dernier détourna la tête vers elle, ses courts cheveux blonds suivants en un seul mouvement fluide. Il avait la peau pâle, était de taille moyenne et arborait une expression sereine. Le sourire qu'il afficha était calme et amical, un peu fraternel et surtout, sincère.

« Bonjour... Je ne t'aurais presque pas entendue arriver. »

Riant franchement, elle prit soudain un air faussement choqué, de ceux que l'on affiche quand quelque part, on aurait aimé que la déclaration soit vraie. Elle était intimement convaincue qu'il avait directement su que c'était elle au moment ou elle avait passé la porte.

« Comment ça ? Je ne t'ai pas surpris ? Mon approche m'avait pourtant semblée si silencieuse... »

« Mais il est difficile de tromper mes sens... »

Le duo était proche depuis le début du semestre. Ensemble en classe de psychologie, ils avaient très vite sympathisé. Le jeune homme était très agréable et possédait un très bon instinct, peut être dû à sa cécité. Akira parvenait à découvrir la faiblesse des gens, ce qui lui avait peut-être même inspiré son choix de cursus. Et ça avait été simplement qu'ils s'étaient mis à discuter tout naturellement, partager et travailler ensemble. Alors qu'elle s'asseyait à la table, la jeune fille prit un air admiratif.

« Tes sens sont exceptionnels. Il serait sûrement intéressant que j'essaie de passer un mois les yeux bandés. »

« Il est certain que cela te ferait découvrir d'autres perspectives... On cerne étrangement mieux les gens, lorsque nous ne nous fions pas trop à nos yeux... »

Les conversations entre eux étaient souvent très passionnantes, étant chacun amoureux de leur sujet. Mais le temps semblait aujourd'hui leur manquer. L'étudiante fut contrainte d'abréger la conversation, laissant s'échapper un soupir, trace invisible mais non moins inaudible de désarrois.

« Akira, m'as-tu apporté le livre dont nous parlions ? »

Le jeune homme se redressa alors, soudain rappelé à la réalité : il n'était pas là pour bavarder, ni pour analyser ses moindres soupirs. Fouillant dans son sac, il en sortit un petit livre de poche assez épais qu'il tendit à sa vis-à-vis.

« Oui, tiens le voilà. Je pense qu'il pourra répondre à tes questions. »

Prenant le livre en main, l'étudiante le regarda un instant l'esprit vagabondant dans quelques réflexions qui n'avaient pas encore de suites. Ce fut un portable vibrant qui la rappela à la réalité. Akira répondit sans attendre.

« Allo ? Ah ! Oui... j'arrive ! »

Il raccrocha et, replaçant son mobile dans sa poche intérieure s'excusa platement auprès de son amie.

« Excuse-moi, on m'appelle ! On se voit au cours de cet après-midi ? »

« Oui bien sûr ! A tout à l'heure ! »

Et il partit discrètement, ses pas ne s'entendant pas sur le sol du lieu d'étude.


« Depuis quand il traîne comme ça ? Un serviteur doit être toujours disponible »

Yukimura opina légèrement du chef, exprimant son accord devant l'impatience de l'homme aux yeux de sang. Cela faisait un moment que, sur le banc de l'université, le saké avait remplacé le notebook. Le temps était clément et l'ambiance très calme. C'était un moment qui leur était très agréable. Et ce dernier aurait été excellent sûrement, pour Kyo, si leur jeune ami se déplaçait plus vite.

Sirotant son saké et s'amusant des réactions de son ami, Yukimura poursuivit :

« Mon petit Kyo, Akira est un élève occupé ! C'est un première année plein d'ambition... »

« ... »

Visiblement, cela n'était pas un argument convainquant. Il était pourtant fondé. Ses observations avaient prouvées, et Nozoshiyu le dirait sûrement aussi, que l'ambition s'amenuisait avec le temps. Être en première année et motivé durait un temps incroyablement rapide et si on ne croyait pas moins à son but pour autant, on y allait beaucoup plus doucement. Lorsque le jeune homme dit « plein d'ambition » arriva, il ne tarda pas à ressentir le regard pesant de son sempai dardé sur lui, empli d'impatience contenue.

« Bonjour Kyo, Yukimura... Excusez-moi du retard, une amie attendait des documents avec impatience »

Impressionné et d'humeur taquine, Yukimura emboîta le pas -avec une hardeur redoublée- sur ce sujet léger qui lui permettait de faire tourner Akira dans la paume de sa main, comme un petit gamin qui aurait aimé être grand.

« Ooooh tu as bien Une amiE, mon petit Akira ? Deviendrais-tu un homme ? »

« Je ne suis pas comme une certaine personne, à multiplier les conquêtes... ne la met pas dans le panier réservé aux filles banales, Yukimura. »

Il était impressionnant de voir comme le jeune aveugle bondissait souvent dans les pièges tendus par son aîné la tête la première. Embrayant sur le sujet déjà bien entamé, le sempai se délecta de son petit jeu.

« Oooh, alors une demoiselle a gagné à ce point ton respect ? Je serais bien curieux de la rencontrer... cette petite ! »

« Comme si j'allais te la présenter... il y a des gens qu'il vaut mieux ne pas cotoyer, pour son bien »

Dit l'aveugle nonchalamment, levant de moitié les bras dans un signe de fatalisme feint. Et bien qu'observateur lointain, le grand brun n'en loupa pas une miette, songeant même à aider Yukimura dans sa quête de la taquinerie à long terme. Car oui, le sujet de l'amiE de Akira ne s'arrêterait sûrement pas en si bon chemin. Il était de notoriété publique que le jeune homme n'avait d'yeux que pour Kyo.

« Hé, Akira... t'as choisi de la qualité, au moins ? »

Interloqué et faisant mine de ne pas comprendre, Akira ne fit que lever un sourcil interrogateur.

« Haha Kyo, pourquoi ne pas dire directement une fille avec les arguments qu'il faut, où il faut ? »

« Yukimura ! Ne parlez pas de Yuya de cette manière ! »

Tombé de nouveau d'un niveau dans les pièges tendu par les deux hommes riants, Akira se prit la tête dans l'une de ses mains, couvrant ses yeux et son air abattu. Et si elle arrivait maintenant, il serait complètement battu...

Soudain il tiqua. Cette présence...

Agitant au loin son bras, comme si Akira avait pu le voir, une jeune fille s'apprêtait à crier son nom.

Il devait être maudit... dans une vie antérieur, il avait dû faire beaucoup de mal. Vraiment... pourquoi ?

« Akira ! Tu as oublié un papier dans ton livre ! »