Et voici le chapitre 2. Nous en sommes à la moitié de cette fiction.
D'abord, merci beaucoup pour vos commentaires qui me touchent et me font continuer. Vous vous inquiétez, à juste titre, pour notre petit couple puisque vous connaissez forcement la suite des événements.
L'histoire reprendre lorsque John a finalement résolu le problème avec la chasseuse de prime, et vient de découvrir qu'Harper reçoit des instructions de la machine. Pendant ce temps, Harold est avec Beth...
Bonne lecture.
PoiPoiPoiPoiPoiPoiPoiPoiPoi
-" Hey Harold? Appelez-moi, Harper reçoit des messages de la machine."
Cela faisait une heure qu'il n'avait toujours pas de nouvelle de son compagnon. Cela commençait à devenir inquiétant. Il contacta Fusco.
-"Je te manque déjà?"
-" Lionel, tu as eu des nouvelles de Finch aujourd'hui?"
-" Non. Y a un problème?"
-" J'en sais rien encore. Il ne me rappelle pas."
-" Oh comme t'es mignon! Il est surement toujours avec la bimbo."
-" Root?"
-" Ouais, c'est ce que m'a dit Sameen tout à l'heure."
-" Bonne soirée Lionel."
Il raccrocha sans plus attendre. Il n'aimait pas ça. Généralement leur duo faisait souvent des étincelles. Il monta dans sa voiture et recomposa le numéro d'Harold mais tomba sur la messagerie. Ce n'était pas de lui. Il répondait toujours. Il appela le QG mais tomba sur Shaw.
-" T'inquiète pas je vais le sortir." Dit-elle pensant qu'il allait lui parler de Bear.
-" Est-ce que Finch t'as appelé?"
-"Non. Pourquoi?"
-" Je n'arrive pas à le joindre. Tu devrais appeler ta copine, Lionel m'a dit qu'ils étaient ensemble apparemment."
-" Root? C'est pas ma copine."
-" Appelle là!"
Il attendit que Shaw le fasse et au ton que venait d'employer Reese, Sameen s'exécuta sentant la pression dans la voix de son ami. Elle tomba sur le répondeur.
-" Bon sang, il se passe un truc. Essaye de localiser leur portable."
Sameen tapota sur le clavier, devenant elle aussi un peu inquiète.
-" Tu ne vas pas aimer ça Reese. Ils sont à l'hôpital sur la 14ème."
John raccrocha et posa le pied au plancher sur l'accélérateur. Il arriva en trombe à l'hôpital mais sans savoir sous quel nom ils avaient dû rentrer, il essaya avec sa couverture actuelle.
-" Bonjour, lieutenant Riley, je cherche un homme d'une cinquantaine d'années, des lunettes, avec une femme, châtain. Harold Whistler. Il se peut que l'un d'eux ai été admis ici."
La femme à l'accueil tapota sur son ordinateur.
-" Oui effectivement, il a été admis pour un empoisonnement. Il est en chambre 45, prenez l'ascenseur, c'est au deuxième étage."
John inclina la tête en signe de remerciement et fonça vers les escaliers pour arriver plus vite. Un empoisonnement? Que pouvait-il s'être passé. Qui avait cherché à le tuer? Il toqua et rentra sans attendre. Il trouva Root assise sur une chaise dans un angle et Harold allongé visiblement en train de dormir.
Root se leva en le voyant rentrer, lui faisant signe de se taire. John se rapprocha et chuchota.
-" Tu peux m'expliquer?! Comment va-t-il?"
-" Ca va. Il se repose, ne t'inquiète pas."
-" Qui lui a fait ça?"
Root recula légèrement, sachant que John n'allait pas aimer ce qu'elle allait lui dire.
-" Il a ingurgité un tube de neurotoxine. "
John s'avança vers elle en la menaçant du regard.
-" Explique-toi rapidement."
Mais il fut interrompu par la voix d'Harold.
-" C'est moi qui ai bu cette fiole."
John se retourna et vint prés de lui, se retenant de ne pas être trop démonstratif.
-" Comment ça va Harold?"
-" Je suis encore un peu groggy. Mais ça va mieux."
Root s'avança légèrement, le regard triste.
-" Je suis désolée Harry."
Reese se tourna à nouveau vers l'ex hackeuse sentant que quelque chose s'était produit entre eux.
-" Tu vas finir par m'expliquer?"
-" C'était destiné à Beth. Mais ton petit copain, a encore une fois voulu se sacrifier pour cette pauvre femme! Samaritain l'aurait découvert."
John passa son regard d'Harold à Root pour tenter de rassembler les pièces du puzzle et de comprendre ce qui s'était passé. Finch se mit tout de suite sur la défensive.
-" Elle voulait la tuer! Et elle a refusé de ne pas le faire. Je n'ai pas eu d'autre choix que d'avaler ce poison pour sauver Beth."
John se tourna tout de suite sur Root et attrapa son cou, la faisant reculer avec force et la plaquant contre le mur en serrant son emprise.
-" Monsieur Reese!" S'affola Harold.
-" C'est de ta faute encore une fois, chaque fois que tu es avec lui, il lui arrive quelque chose."
Finch se redressa brusquement de son lit:
-" John lâchez-la!"
Mais Reese n'écoutait plus, il serra davantage la pression le regard furieux. Root commençait à manquer d'oxygène.
-" Qu'est-ce qui me retient de te tuer?!"
-" John, je vous en prie, elle n'y ai pour rien, arrêtez ça!"
L'homme au costume retira brusquement sa main et se tourna vers son compagnon. Root se tint le cou et toussa en cherchant à reprendre une respiration normale.
-" Comment pouvez-vous la défendre?"
-" Je suis aussi responsable qu'elle... elle cherchait à me sauver."
John soupira et posa un regard noir tour à tour sur Root et Harold. Ne sachant plus contre qui il était en colère.
-" Il va falloir me fournir une sacrée explication tous les deux."
Root parvint à reprendre la parole.
-" Je suis désolée John. Vraiment."
-" Pourquoi vous ne m'avez pas prévenu?"
Ils furent interrompus par le médecin.
-" Messieurs, Dames bonjour. Comment ça va Monsieur Whistler?"
-" Mieux merci."
Le docteur observa un papier qu'il tenait dans les mains.
-" Bien, vos dernières analyses sont revenues, et vous avez tout éliminé. Vous pouvez donc sortir. Cependant, je veux vous voir demain pour vérifier qu'il n'y a pas de risque. Je vous fais une ordonnance, le temps de vous rhabiller, une infirmière vous amènera tout. Bon retour Monsieur et tachez d'être plus prudent la prochaine fois, vous avez frôlé la mort, vous savez."
A cette dernière phrase John se tendit. Harold s'en aperçut et se redressa pour aller s'habiller.
-" Merci docteur, je serai plus prudent je vous le promets."
Le médecin sortit de la chambre. Root attrapa sa veste, se sentant de trop.
-" Je vous laisse. Si vous avez..."
Elle n'eut pas le temps de finir que John se tourna vers elle.
-" Certainement pas. Rentre avant que je n'en rajoute."
Elle sortit, peinée par l'attitude de Reese. Mais elle savait qu'il se calmerait. Harold se leva et fut rattrapé par son compagnon.
-" Je vais t'aider."
Finch ne dit rien, sachant que John était au bord de l'implosion et qu'une fois qu'il saurait la véritable histoire il serait encore plus furieux qu'il ne l'était là.
Ils rentrèrent à leur planque dans un silence glacial. John ruminait la situation, culpabilisant d'avoir laissé Harold seul, et en même temps un léger sentiment de trahison pointait le bout de son nez. Et vu l'attitude de son compagnon, il se doutait qu'il lui cachait encore des choses. De son côté l'informaticien tentait de tourner dans sa tête les phrases qu'il allait devoir dire à John pour lui raconter son histoire.
Un fois arrivés, les affaires déposées, Harold s'installa sur le sofa, inquiet de devoir entamer la conversation. Et il n'avait pas tort. John resta debout et croisa les bras, signe qu'il se fermait déjà à la discussion.
-" Qu'est-ce qui s'est passé?"
-" Viens t'assoir, s'il te plait."
-" Non, je préfère rester debout, je sens bien que ce que tu vas me dire ne vas pas me plaire, alors il vaut mieux que je sois plus loin."
Harold le fixa du regard.
-" Ce n'est pas la peine de faire ton grand méchant, je me sens déjà assez mal comme ça."
John ne pipa mot. L'informaticien inspira un grand coup et se lança dans l'explication, son idée de virus, sa recherche pour l'implanter dans Samaritain, Beth, le fait qu'il ait dû cacher tout ça à tout le monde de peur qu'on l'en empêche.
-" Mais évidement qu'on t'en aurai empêché! Seulement voilà, Monsieur Finch a voulu une fois encore, garder ça pour lui et nous tenir à l'écart."
Reese commençait à faire les cent pas pour tenter de retenir sa colère.
-" Je n'avais pas le choix John."
John s'arrêta et pointa son doigt sur Harold.
-" Bien sur que si Finch! Et tu le sais, seulement tu penses encore plus à ta maudite machine qu'aux gens qui t'entourent. Carter ne t'a pas suffit?!"
Finch sentit la colère monter également, il se leva, ne voulant pas se laisser marcher dessus.
-" Vous ne comprenez pas tous les deux, les conséquences que le geste de Root a créée! Nous avions une opportunité de nous débarrasser définitivement de Samaritain."
-" Mais pas au prix de ta vie!"
-" C'est moi qui ai lancé tout ça, alors il serait plus juste que ce soit moi qui en subisse les conséquences."
John n'en croyait pas ses oreilles. Alors c'était vrai, il était prêt à mourir pour sa machine ? Et lui, il se serait retrouvé à nouveau seul. Et ça, il ne pouvait pas l'accepter. Mais il voulait savoir ce qui l'avait poussé à boire la neurotoxine.
-" Pourquoi t'empoisonner alors?"
-" Miss Groves a compris ce que je voulais faire. Elle savait que je ne renoncerais pas, alors elle a décidé de tuer cette pauvre femme. Sauf que je suis arrivé quand elle a voulu mettre son plan à exécution."
John mit sa main sur sa bouche et se frotta la barbe naissante. Comment tout cela avait-il pu déraper? Harold continua son explication semblant vouloir en finir.
-" Je savais qu'elle ne renoncerait pas, elle non plus. Elle voulait..."
Il fut pris par l'émotion, réalisant soudain l'acte désespéré de son ami.
-" Elle voulait me protéger, John. Alors pour l'empêcher de tuer une innocente..."
John le coupa et termina sa phrase, complètement abasourdi.
-" Tu as bu ce qui lui était réservé."
Un silence de mort plana dans la pièce. Harold observa son compagnon, voyant qu'il s'était tendu à l'extrême, son visage fermé. Il attendait qu'il explose. Prêt à recevoir un flot de mots blessants. Mais il ne s'attendait pas du tout à cette réaction là. John secoua la tête, résigné. Il attrapa son manteau, et se dirigea vers la sortie sans un seul regard pour Harold. Puis il se tourna enfin, l'informaticien fut surpris par ce qu'il lut dans son regard: du mépris, de la colère et de la résignation.
-" Appelez-moi uniquement quand vous aurez un nouveau numéro. Bonsoir Finch."
L'ex reclus se prit une gifle en plein visage. John était repassé au vouvoiement, signifiant clairement qu'il mettait un terme à leur relation. Pris de panique Harold s'avança vers lui d'un pas rapide pour l'empêcher de partir.
-" John, je t'en prie attends."
-" Non Finch, vous avez brisé la seule chose que vous seul aviez réussi à reconstruire! Ma confiance. Je ne peux pas..."
Il se tourna et attrapa la poignée. Il eut le cœur déchiré en entendant la plainte de son associé.
-" Ne pars pas, s'il te plait John, laisse-moi t'expliquer."
C'était trop tard. L'homme au costume venait de traverser la porte et de la refermer derrière lui. Des milliers de baisers, des milliers de secondes de bonheurs venaient de s'effacer, de disparaitre en un battement de cœur.
John retourna, quelques heures plus tard, après s'être un peu calmé, au commissariat où il avait laissé Frankie. Il prit une attitude enjouée mais le cœur n'y était pas. Il fut surpris quand la jeune femme le prit dans ses bras et lui dit:
-" Appelez-moi quand vous serez un homme libre."
Il se tourna pour la regarder partir et fronça les sourcils se demandant si elle ne savait pas quelque chose. Les choses s'enchainèrent à vive allure. Iris s'avança d'un pas décidé vers lui:
-" Mon bureau."
Il s'exécuta, se demandant ce qu'elle pouvait bien lui vouloir. Il rentra dans le bureau en la voyant visiblement nerveuse.
-" Lieutenant. John."
Il referma la porte.
-" Vous aviez raison... J'aurais dû être honnête avec vous sur l'arrêt de nos sessions. Je me suis convaincue que c'était pour votre protection..."
John s'avança vers elle en cherchant à comprendre le pourquoi de cette nervosité.
-" Mais la réalité c'est que j'ai été lâche. "
Il leva les mains tout en s'avançant, ne comprenant absolument pas où elle voulait en venir.
-" Alors... Dites-moi." Lui demanda-t-il quelque peu en colère, non seulement par ce qui venait de se passer avec Harold, mais maintenant voilà qu'elle s'y mettait aussi.
-" Comprenez-moi, ça n'a rien à voir avec votre passé."
Elle s'était rapprochée de lui.
-" Il n'y a rien que vous puissiez me dire pendant ces séances qui me fera fuir. "
John s'avança un peu plus.
-" Alors vous n'êtes pas effrayée?"
-" Je le suis." dit-elle en reculant alors qu'il s'avançait.
-" Vraiment."
John inclina légèrement la tête pour lui montrer qu'il ne comprenait pas.
-" J'ai des sentiments pour vous, John."
-" Oh." Fut tout ce qu'il trouva à dire. Iris se lança dans une tirade d'excuses:
-" Ce qui est inapproprié, incorrect, nullement éthique... "
John avait l'impression d'entendre Harold.
-" Je ne peux même pas avoir de relation avec un ex-patient. C'est si mal, c'est comme si un flic sortait avec un pompier, c'est mauvais à ce point-là. "
-"Ok"
-" Et j'ai essayé de les réprimer des semaines durant. Je pourrais perdre mon boulot. Pour l'amour de Dieu. Le travail que j'aime tant. J'ai essayé, mais je me suis rendue compte qu'une fois à vos côtés, je me sens..."
Il la regarda tenter de se sortir de sa déclaration. Le fait est qu'il s'en fichait royalement. Il ne pensait qu'à Harold, mais il voyait là comme un moyen de justement l'oublier.
-" Et puis merde."
Elle vint l'embrasser. Il ne répondit pas tout à fait, ayant l'impression de trahir Finch. Mais finalement c'était lui qui avait été trahi. Iris le relâcha en cherchant dans son regard une réponse à ses sentiments. Elle n'y vit rien et se tourna immédiatement pour ne plus subir cet embarras de se voir repousser. Mais John lui saisit le bras.
-" En fait..."
Il attrapa son visage en coupe et posa ses lèvres sur les siennes. Ce baiser était tellement différent de tous ceux qu'il avait partagé avec l'informaticien. Mais c'était comme embrasser Zoé: un exutoire. Et il était doué pour faire ça : mettre de côté les choses qui le faisaient souffrir. Il se recula et lui dit:
-" Je suis plutôt bon pour garder les secrets."
Et celui là était lourd. Il replongea immédiatement sur ses lèvres pour ne pas faire marche arrière et effacer toutes les pensées qu'il voulait faire disparaitre.
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Pendant ce temps Harold avait tenté d'encaisser le départ de John. Il s'était repassé en boucle leur discussion. Comprenant parfaitement la décision de l'homme au costume. Comment avait-il pu faire ça? Il avait tout gâché. Au départ il en voulait à Root, la rendant responsable. Puis il comprit qu'une nouvelle fois, c'était lui et lui seul qui avait tout fichu en l'air. Mais il ne pouvait s'empêcher d'en vouloir à Miss Groves, d'abord pour avoir brisé la seule chance qu'ils avaient de détruire Samaritain mais aussi pour avoir contribué à mettre fin à sa relation avec John.
Il fit un tour sur lui-même observant l'appartement vide de tout bruit. Il fallait qu'il sorte de là, avant de ne plus pouvoir respirer. Il fit la seule chose qui lui traversa l'esprit, aller s'excuser auprès de Beth, et peut être remettre son plan à exécution. Mais les choses ne se passèrent pas comme il l'avait voulu. Une fois de plus. Alors il décida de retourner à son repaire, le seul endroit où il se sentait apaisé, parce qu'il y était souvent seul et que moins de souvenir d'eux ne l'y hanteraient.
Il entra dans le sous sol et vit Root assise sur son fauteuil. Il s'approcha, le cœur terriblement lourd. Il s'arrêta loin d'elle. Samantha Groves fit pivoter le fauteuil pour faire face à Harold. Ils s'observèrent pendant un long moment. Harold sentait les larmes monter et Root lui lança un regard désolé, plein de tendresse. Elle haussa l'épaule pour lui faire comprendre qu'elle était désolée.
-" C'est ainsi que ça devait se passer Harry."
-" Vous avez blessé une femme honnête." Dit-il plein d'émotions. Il tenta de se reprendre ne voulant pas craquer.
-" Ca ne l'a pas tuée. "
Root se leva.
-" Et vous êtes en vie, malgré tout vos efforts."
Harold réfléchit un instant, se demandant pourquoi elle était là, pourquoi ce discours, puis sembla comprendre. Il pivota sur sa gauche pour regarder l'intérieur du métro, il fonça dedans et vit son tiroir forcé, la gâche complètement retirée, il chercha à l'intérieur du tiroir. Rien. Il sortit pour s'adresser à Root.
-" Le système d'activation, donnez-le moi."
-" Je ne peux pas. Je l'ai détruit."
Cette fois-ci, l'émotion réapparu et la colère s'y mélangea.
-" Alors tout ça pour rien."
Oui, son voyage en Chine, ses mensonges envers John, son sacrifice et le pire, tout cela avait détruit sa relation avec l'homme de sa vie.
-" Des mois de préparation, Hong Kong, Beth... (Il voulu rajouter John mais continua) Le cheval de Troie était important, il aurait pu nous donner une chance. "
Root lui fit oui de la tête, lui signifiant qu'elle comprenait parfaitement le désarroi de son ami. Elle aussi sentait les larmes perler au coin de ses yeux.
-" Je le comprendrais si nous n'étions plus amis. Vous savoir en vie me suffit. "
Elle se retourna pour éviter de pleurer et d'entendre la réponse de Finch. Malgré tout elle n'accepterait pas de ne plus être amie avec lui. Elle se rassit sur le fauteuil en tournant le dos à l'informaticien.
Harold était perdu. Tout cela n'avait servi à rien à part détruire tout sur son passage: son amitié avec Beth, son amour avec John, et son amitié très fragile avec Root. Il s'avança d'un pas lourd et posa sa main sur l'épaule de l'ex hackeuse.
-" Je ne veux plus vous voir avant un moment."
Cette fois-ci cela en fut trop pour Mademoiselle Groves et une larme tenta de s'échapper, elle posa sa main sur celle d'Harold en y mettant une légère pression pour lui faire comprendre qu'elle comprenait mais aussi qu'elle serait toujours là si il avait besoin.
-" Bien sûr."
Harold ne la regarda pas partir.
-" C'était un plan brillant Harold."
Il se retourna finalement en entendant ses mots.
-" Le cheval de Troie. Mais ça aurait tué le professeur Whistler. "
Et elle disparut. Harold savait qu'elle avait raison mais il ne pouvait pas se résigner à lui en vouloir.
Il resta là à ruminer toute cette situation. Puis la fatigue finit par l'assommer, il alla se coucher sur le petit lit de fortune qu'il avait installé au sous-sol.
Le lendemain il fut réveillé par un message de John à 6 heures, lui demandant de venir dans le hangar non loin de leur planque. Harold avait été étonné et avait été stupide de s'imaginer qu'il voulait peut être parler et revenir sur sa décision. Au lieu de ça, il se retrouva dans le froid, devant une flopée d'armes. Reese en manteau d'hiver, tenant une arme et lui en montrant une.
-" Prenez-la Finch, il est temps."
-" Est-ce pour cela que vous m'avez convoqué de si bon matin?"
-" Ca vaut plus qu'une tasse de café. Qui sait? Vous pourriez même aimer ça."
-" Même si j'apprécie l'utilité d'une arme à feu, Monsieur Reese, je ne vois pas où est le plaisir à tirer des projectiles en plomb sur des objets inanimés."
Le visage de John était très fermé, et Harold y décela même de la colère. Une fois de plus.
-" Ce n'est pas du plaisir. C'est du travail. Vous avez eu chaud récemment. "
Finch savait de quoi il parlait, John ne perdait aucune occasion de remettre ça sur le tapis. Il se tourna pour attraper une arme.
-" Voyez ça comme une machine. Vous aimez les machines, n'est-ce pas Finch?" Lui dit-il amer. Et Harold sentit le reproche dans le ton de John. Il avait l'impression qu'il était là pour un règlement de compte. Reese enclencha son arme visa les bouteilles. L'ex reclus se boucha les oreilles ne supportant pas le bruit. John lui tendit une arme de poing.
-" Ou peut-être qu'un pistolet serait plus votre style."
Ne supportant plus cette mascarade l'informaticien se dirigea vers la sortie, ce qui agaça son associé qui lui lança une phrase qui lui glaça le dos.
-" Je ne serai pas toujours dans les parages."
Harold se tourna surpris et inquiet d'entendre ces mots. Que voulait-il lui dire? Qu'il allait le quitter aussi pour les numéros? Que sa vie était en danger? John fut plus que touché par le regard perdu et inquiet de son partenaire. Il tenta d'être plus magnanime:
-" J'ai besoin de savoir que vous pourrez vous protéger quand je ne serai plus là."
Le cœur de Finch se serra, une douleur épouvantable l'enserrant. Comment pouvait-il lui dire ça? Il n'aimait pas les insinuations de John et le lui fit savoir:
-" Quand le temps sera venu pour moi de prendre une arme à feu, c'est que tout sera vraiment perdu."
Reese baissa les yeux. Ils furent interrompus par la sonnerie du téléphone accroché au mur. Harold reçu leur nouveau numéro: Khan. Ils rentrèrent et se mirent au travail.
Dans l'après midi l'informaticien fut surpris par une phrase de John, alors que celui-ci filait leur numéro, ils discutaient du système de sécurité que Finch n'arrivait pas à pénétrer. Et là, son partenaire lui demanda:
-" Vous ne pouvez pas faire appel à Root?"
Il avait visiblement pardonné à l'ex hackeuse mais pas lui. Et cela raviva encore plus la plaie béante et le manque qu'il avait de ne plus avoir John dans sa vie, autrement que comme associé.
-" Désolé. Melle Groves et moi ne sommes pas en très bons termes."
Finch appuya sur les derniers mots, lui faisant comprendre qu'il n'avait toujours pas digéré leur séparation. Il fut un peu agacé de voir que John, en revanche, avait l'air parfaitement au clair avec la situation:
-" Vous feriez mieux de vous réconcilier, Finch. On pourrait utiliser son aide sur ce coup."
Cela en fut trop pour Harold.
-" Comment pouvez-vous me demander ça John après ce qu'elle a fait? Ce qu'elle nous à fait! Je suis surpris par votre attitude pour être franc. Vous êtes déjà passé à autre chose? Cela n'a donc pas été important pour vous?"
John ferma les yeux, touché par les aveux de Finch. Bien sur que non il n'était pas passé à autre chose malgré ce qu'il essayait de faire croire. Mais il avait compris que Root avait en fait sauvé son compagnon. Que sans elle, Harold aurait commis l'irréparable. La colère remonta à nouveau en lui. Il cherchait pourtant par tout les moyens à la faire taire mais elle refaisait régulièrement surface, le provoquant:
-" C'est vous qui avait tout gâché Finch. Pas elle." Lui rappela-t-il avec amertume. L'informaticien sentit son cœur se serrer. Il avait raison. Il préféra couper court à cette discussion, sentant l'émotion reprendre le dessus.
-" Très bien. Je vous rappelle."
Les deux hommes tentèrent de se calmer chacun de leur côté en se replongeant dans la mission. Mais le cœur d'Harold fut mis à mal par la présence de Zoé qui, apparemment, avait encore l'intention de séduire son partenaire qui répondait à ses avances. Il fallait vite que cette enquête soit bouclée avant qu'il ne perde le contrôle et se ridiculise avec John. Si ce dernier semblait être redevenu lui-même, Harold n'était pas prêt à digérer tout ce qu'il lui faisait subir. Si John avait l'intension de lui faire payer, il finirait par répondre à ses attaques et cela ne serait pas joli à voir.
Malheureusement, l'informaticien n'était pas au bout de ses peines lorsqu'il entendit la conversation entre Zoé et John:
-" Tu es sur que tu es prêt pour une relation? Elle ne va pas toujours attendre. Ce genre de thérapeute, ils veulent se fixer."
-" Est-ce que tu m'espionnes Zoé?"
De l'autre côté de l'oreillette Finch cru qu'il allait s'étouffer. Avait-il bien compris? Miss Morgan faisait allusion à une liaison entre son ex compagnon et cette Iris? Et visiblement John ne réfutait pas les propos de Zoé. Il eut la gorge nouée, mais ne put s'empêcher de continuer à écouter.
-" Tu sais, je ne t'aurai jamais imaginé avec une rousse."
Cette fois c'était clair. John s'était mis avec la thérapeute. Tout de suite après sa rupture. Il n'en crut pas ses oreilles. Alors peut-être que l'homme au costume n'avait pas accordé d'importance à leur histoire finalement finit-il par penser.
-" Jalouse?"
-" Non. Protectrice."
-" Je m'en sortirai."
-" C'est pour elle que je m'inquiète... tu sais comment ça se finit. "
Finch tilta aux propos de Zoé. Cette femme avait un don pour connaitre les sentiments des autres. Et elle visait toujours juste. Il fut légèrement rassuré en pensant qu'elle avait décelé chez son partenaire autre chose que de l'amour. Peut-être voulait-il l'oublier dans les bras de la rouquine. Il eut un doute en entendant la réaction de John quelque peu agacé par les propos de Zoé.
-" Concentrons-nous sur cette affaire. Finch travaille pour identifier le pirate. On devrait vérifier, voir s'il a avancé. "
Harold fut dévasté malgré tout. Cette fois ci, plus aucun doute, il avait définitivement perdu John. Il contacta Root, à contrecœur, pour avancer sur cette affaire maudite.
L'affaire se termina. Reese avait, encore une fois, sauvé sa vie, et étrangement il semblait s'être rapproché de l'ex hackeuse. Ils n'eurent pas de numéro pendant deux jours. John en profita pour passer du temps avec Iris. Elle était allongée à côté de lui, sa tête sur son épaule, elle caressait son torse nu alors que lui frôlait son dos de manière absente.
-" John?"
-" Humm?"
-" Je peux te poser une question?"
Reese sourit.
-" Tu me la poseras de toute façon."
Elle se cacha dans son cou en riant.
-" Tu as raison."
-" Je t'écoute."
-" Tu as l'air complètement ailleurs. Qu'est-ce qui tracasse?"
John se tendit et Iris le sentit immédiatement.
-" Parles-moi John."
-" C'est compliqué Iris."
-" Je sais que tu veux toujours garder ça pour toi, mais tu sais que tu peux avoir confiance en moi."
Reese se redressa et s'assit au bord du lit, tournant le dos à la rouquine. Il attrapa son boxer et l'enfila.
-" C'est quoi une thérapie?"
-" Non, bien sur que non."
Elle allait l'entourer de ses bras mais John se leva et enfila son pantalon.
-" Pas maintenant Iris... je suis désolé."
-" John s'il te plait attends."
Reese se retourna tout en enfilant sa veste.
-" Ecoutes, si tu dois chercher à me sonder à chaque fois que quelque chose me traverse l'esprit ce n'est pas la peine. Je ne suis pas ce genre d'homme, d'accord?"
Dans sa tête il entendait cette phrase raisonner "je suis une personne secrète". Il ne pouvait décemment pas dire à sa compagne qu'il n'arrêtait pas de penser à Finch. Alors il choisit la fuite. Iris remonta le drap sur son corps, paniquant de ne plus revoir ce flic dont elle était tombée amoureuse.
-" Je suis désolée, ce n'est pas ce que je voulais. Tu as l'air si ailleurs, c'est tout, je m'inquiétais tout simplement. Je n'ai pas le droit?"
John s'arrêta, conscient que sa colère n'était pas vraiment dirigée vers elle. Il s'avança vers le lit et l'embrassa.
-" C'est moi... j'ai des problèmes au boulot et je n'arrête pas d'y penser. Ce n'est pas toi d'accord? J'ai... j'ai juste besoin d'un peu de temps."
Il lui caressa la joue cherchant à se calmer mais cela ne fonctionnait pas. Cette mascarade, il avait beau travailler dur sur lui-même pour se convaincre que c'était le mieux pour lui, il n'y arrivait pas. Il était fatigué et la moindre pression le faisait exploser. Et bien évidement, Harold avait toujours le chic de s'immiscer au mauvais moment: son téléphone sonna. Il se redressa du lit et répondit.
-" Riley."
-" Monsieur Reese, j'ai du nouveau concernant Elias."
-" J'arrive."
Il raccrocha et fit un sourire désolé à la thérapeute.
-" Je t'appelle plus tard."
John partit vers le sous-sol. Harold le mit au courant pour Dominic et Elias. L'enquête avançait mais tout était étrange. Reese avait l'impression d'être dans un tourbillon. Quelques heures plus tard, l'informaticien le contacta à nouveau pour lui dire qu'un nouveau numéro était tombé: Chase Patterson. John avait décidé de s'en occuper pendant que Finch et Fusco travailleraient sur les têtes du gang.
