Bonjour tout le monde,
Je reviens avec un chapitre consacré à Fred Weasley, et à une existence pleine de fantaisie, marquée par la duplicité malicieuse qu'il entretint sans cesse avec son frère jumeau jusqu'à la mort. Le truc de l'astrologie est une idée que j'ai voulu ajouter pour mettre en valeur le côté gémellique des deux personnages/
J'ai également consacré une partie à George et au désarroi qu'il éprouve après avoir perdu son frère jumeau.
Le titre s'inspire de celui choisi par Eduardo Mendoza pour son roman "Une comédie légère".
Bonne lecture!
Fred Weasley n'avait pas peur. Peur? Ce mot lui était pour ainsi dire inconnu.
Il virevoltait, se déplaçait avec agilité, ce qui rappelait les longs moments qu'il avait passés sur son Brossdur, au Quidditch, afin de se dévouer pleinement à sa tâche de Batteur, laquelle consistait à renvoyer ces vilains Cognards, éternels crapauds qui cherchaient sans cesse à atteindre les phénix qu'étaient les joueurs de l'équipe de Gryffondor.
Son frère agissait de même, inséparable compagnon de l'existence. Tout le monde disait en les voyant: "Mais ils sont pareils! Il n'y a aucune différence entre eux."
D'ailleurs, pour plaisanter, ils avaient été voir cette folle de Trelawney pour leur demander de réaliser leur thème astral. Elle avait réfléchi, puis avait décidé de dresser la carte astrale de chacun. Fait curieux: ils étaient nés, le même jour, un 1 er avril plus précisément, la même année, bien évidemment et surtout à la même heure. En même temps. Molly ne manquait pas de rappeler que sa grossesse avait été soudaine, presqu'inattendue. Deux enfants qui sortaient de son ventre en même temps exactement! Il y avait de quoi être surpris!
La voyante avait alors réalisé leur thème astral, absolument unique et original.
Bélier Ascendant Gémeaux, leur avait-elle répondu. D'une part, la fougue impétueuse du Bélier, d'autre part
Elle n'avait pas su entrer dans l'analyse, n'ayant trouvé aucun malheur, ni même la moindre catastrophe à détecter. En effet, il n'y avait pas lieu de trouver la moindre infortune. Fred et George étaient pétillants de vie, de joie et de confiance en la vie, et le Malheur ne leur avait jamais rendu visite, contrairement à son collègue si différent de lui, à savoir le Bonheur.
Oh bien sûr, il y avait eu des retenues, des réprimandes, des moments où ils avaient dû subir l'acrimonie des adultes qui ne supportaient guère leurs farces sempiternelles.
Tels Arlequin face à ses maîtres, ou Peter Pan face au capitaine Crochet, ils ripostaient, tels des enfants éternels, semblables à deux elfes à la chevelure rousse et bienveillante.
Personne ne leur voulait du mal. Personne ne pouvait leur faire de mal.
Quelles furent les pensées respectives des deux frères? Je me le demande, lecteur.
En tout cas Fred Weasley ne s'attendait absolument pas à ce qu'un jet de lumière verte l'atteigne en pleine tête, et le remette aux bons soins de Thanatos, pendant que la Vie, qui était tellement fière de son enfant si malin, commençait à verser des larmes, à travers la surprise horrifiée de la famille Weasley.
Ses pensées étaient alors pleines de légèreté, pensant sans cesse au présent qui leur souriait, aux affaires florissantes du magasin Farces pour sorciers facétieux, ainsi qu'à la résistance qu'ils avaient menée, son frère et lui, via le réseau radiophonique de Potterveille.
L'avenir ne s'annonçait que plus gai. Personne ne pouvait les atteindre. Jamais.
Tels deux elfes, ils avanceraient ensemble, d'une manière lutine et ironique, visant sans cesse à remettre l'ordre en question.
C'est ainsi que George Weasley ne put en croire ses yeux lorsqu'il vit la traître lumière verte se diriger son frère, tel un sarcasme volant, et lui prendre le bien qu'il avait de plus cher en ce bas monde: la vie.
NON!NON!NON!, furent les cris qu'il aurait eu envie de pousser à l'instant même.
Mais il ne pouvait pas. C'était tout bonnement impossible.
Fred ne pouvait pas mourir, tout simplement. Il ne devait pas mourir.
La trace laissée par l'Avada Kedavra ne devait pas simplement lui ravir son frère, mais elle devait lui ôter pour toujours son insouciance, sa gaieté, sa légèreté d'adolescent éternel.
Ainsi, devenu adulte, George n'était plus que l'ombre de lui-même. Sans son frère, il n'était rien. Juste une ombre.
Même s'il feignait sans cesse la gaieté et l'humour, il n'était plus le même. La féérie avait disparu.
Il était à présent seul face à lui-même. La présence de son frère lui avait évité jusqu'à présent de se soucier des conséquences de ses actes. En effet, il se sentait protégé. Si son frère faisait une bêtise, ou si lui prenait l'initiative malencontreuse d'en faire une, ils étaient également punis. Ils ne faisaient jamais rien séparément.
Jamais l'un sans l'autre, disait-on à Poudlard, et chez eux.
A présent, il sentait qu'il n'était plus protégé par l'aura bienveillante de son frère et qu'il devait s'assumer totalement, sans pouvoir compter sur son alter-égo si semblable à lui.
Et pourtant si différent, lui susurra une voix amère à l'intérieur de lui.
En effet, il devait reconnaître que quelques différences les séparaient, son frère et lui. Mais il n'y avait jamais fait attention.
D'abord, il était plus sérieux. Même si cette gravité avait été occultée, elle restait tapie en lui, telle une bête qui n'attend que l'heure venue pour se manifester. Cette idée lui répugnait. Jamais il n'avait aimé l'autorité, mais il se souvenait d'avoir tempéré les idées parfois abracadabrantes de son frère jumeau pour mieux concrétiser leurs plans fantasques.
Maintenant, il devait assumer cette partie de lui-même. Il sentait que quelque chose s'était transformé en lui.
Ensuite, il n'aimait pas se l'avouer, mais il lui arrivait d'être souvent anxieux, mais là encore, son frère avait réponse à tout. Qu'il ne s'inquiète de rien. Ils étaient tranquilles.
Il avait traversé une longue période de dépression après la Grande Bataille, mais quelque chose l'avait amené à se ressaisir et à continuer à mener sa vie, comme si de rien n'était.
Maintenant que Fred était mort, George comprenait qu'il lui fallait avancer, continuer leur tâche commune, leur mission, qui était celle de contester et de divertir le monde en dirigeant leur affaire. Les Farces pour sorciers facétieux.
Il s'était marié à Angelina Johnson et avait eu deux enfants. Fred et Roxanne.
Un mot ou plutôt un nom retenait sans cesse son attention de façon troublante.
Je laisse le soin au lecteur de deviner lequel.
Soudain, quelque chose s'était fait en lui. Une voix parla:
"-Alors, George? Les Farces pour sorciers facétieux marchent bien?"
Cette voix, il la reconnaissait entre mille. C'était celle de son frère jumeau.
Un sourire l'envahit, et il réalisa que, quoiqu'il ferait, Fred serait toujours avec lui. Il était dans son cœur, pour l'éternité.
"-Un jour nous nous retrouverons, lui susurra la voix de son alter ego, un jour. Ce n'est qu'une question de temps.
Une bouffée d'espoir emplit le quadragénaire qu'il était devenu. Il savait à présent qu'il n'aurait pas à se soucier des conséquences de ses actes. Il les assumerait naturellement. Il était à présent sûr des paroles de sa voix intérieure, qui lui disait, avec la voix confiante et rassurante de son frère, légèrement teintée d'ironie:
"-Je suis avec toi."
Ainsi, ils étaient ensemble, tel l'enfant tellurique et l'enfant du ciel, qui s'unissaient pour donner à la Vie la fantaisie dont elle avait besoin pour être elle-même/
Et rien, ni personne, ne les séparerait.
Alors, comment trouvez-vous ce chapitre?
Les commentaires m'aideraient vraiment à progresser.
Je vous remercie pour votre lecture.
