Bonjour/soir !

Désolée pour l'attente, on va dire que je vais à mon rythme :p

Je remercie Artoung la sauveuse de paon et mzchoco pour leurs encouragements sans doute pas très mérité vu la faible longueur de ce chapitre !

J'espère que ce chapitre est pas trop truffé de fautes, j'avoue que je ne suis pas très douée et j'essaye d'y faire attention donc n'hésitez à me signaler par mp si quelques-unes traînent !

Disclaimer : Ron (ssssnnnniiiiifff), Harry (sniif) et draco (boaf) sont à JKR !

Note : Fait inédit pour ce chapitre j'me suis pas mal inspiré (même si ça se voit pas) de deux chansons. Pas de la grande musique mais plutôt agréable à l'oreille :

« One more night » Maroon5 / « Stay » Rihanna

Sur ce, bonne lecture !

-RON-VAINCRA-

-Quel temps pourri !

L'exclamation, accompagnée d'un certain découragement, fut prononcée par Derek Grint alors qu'il contemplait le ciel maussade de ce début de soirée anglaise.

Harry s'arrêta dans sa lecture d'un dossier pour constater à son tour les trombes d'eau qui s'abattaient sur Londres.

-Même en transplanant, je ne vais pas échapper à la douche ! Constata le plus âgé. J'espère seulement que Jodie m'a préparé un bon plat bien chaud pour le diner.

Le simple haussement d'épaule dont le gratifia le brun fit sourire l'auror.

-Et toi, gamin ? Quand vas-tu te trouver quelqu'un pour te réchauffer un peu le soir ?

L'allusion, à peine dissimulée, fit rougir Harry qui répondit du tac au tac.

-Qu'est ce qui te dit que je n'ai pas déjà quelqu'un ?

-Parce que si c'était le cas tu serais comme moi à surveiller l'heure de départ et pas à lire ce foutu dossier sur une affaire déjà classée ! S'amusa l'auror.

Puis il se leva, alors que les aiguilles de l'horloge magique sur son bureau indiquaient 18h, la fin de son service.

-Passe une bonne soirée, le salua-t-il en enfilant sa cape. Essaye de ne pas rester trop tard cette fois et de te reposer un peu !

Harry resta quelques minutes à méditer sur la phrase de son collègue de travail. Dehors, la pluie tombait de plus en plus fort.

Il pensa à sa maison vide, à la moitié de pizza de la veille qui l'attendait et à son lit froid aux draps encore défaits.

Il pensa au silence qui l'accueillerait comme il le faisait depuis trop longtemps déjà.

Le dossier qu'il lisait un peu plus tôt était encore ouvert devant lui, Harry le referma et la vue du nom inscrit sur le carton bleu le décida enfin à quitter son bureau.

« DRACO L. MALEFOY »

Il était revenu uniquement parce qu'il pleuvait !

Du moins, c'était ce que se répétait en boucle Harry Potter pour justifier le fait qu'il se trouvait de nouveau devant les grandes portes de métal du fameux centre hospitalier d'Arkhamage.

Quel intérêt de rester seul chez lui par ce temps à ne pas mettre un hippogriffe dehors !?

Le sorsoignant qui l'accueillit cette fois eut l'air franchement étonné (pour ne pas dire choqué) quand il lui annonça qu'il était venu voir Draco Malefoy.

C'était un petit sorcier brun d'une trentaine d'année avec une bedaine qui commençait à pointer sous sa robe jaune et blanche. Ses grands yeux marrons un peu naïfs lui donnaient un air de chiot tout à fait sympathique.

-Est-ce que vous êtes sûr, Mr Potter ? Lui demanda-t-il précautionneusement. Son air inquiet fit douter un moment Harry et il lui demanda ce qu'il entendait exactement par cette question.

L'autre jeta un coup d'œil aux alentours, deux patients (reconnaissables à la caractéristique robe grise) discutaient au bout du couloir, les jugeant hors d'écoute le soignant se pencha vers Harry.

-Mr Malefoy n'est pas vraiment le patient le plus calme du centre vous savez ? En fait, c'est même le pire. Il souffre d'un délire de persécution. Pour faire simple, il est persuadé que tous les gens qu'il croise le détestent et veulent le renvoyer à Azkhaban ou lui faire du mal (Harry sentit un frisson glacial parcourir sa colonne vertébrale jusqu'à la base de son crâne). Il y a des jours où il pense mériter cela et il va même jusqu'à s'infliger lui-même un « châtiment » et d'autres jours où la haine qu'il pense voir chez les autres l'accable tellement qu'il en devient violent.

L'homme reprit son souffle et examina attentivement Harry, il semblait ménager son effet.

-Il a déjà envoyé trois patients à St Mangouste depuis un mois qu'il est ici, une sorsoignante à eut le bras cassé et deux autres refusent d'avoir affaire à lui tant il leur fait peur. Nous sommes dans une impasse thérapeutique pour l'instant, il refuse tout simplement de nous parler. Par contre, il semblerait qu'hier il a accepté de se confier un peu à vous ?

Harry hocha la tête, attendant de savoir ce que le soignant voulait dire.

-C'est bien qu'il ait trouvé quelqu'un à qui se livrer, simplement... Il se frotta le crâne où un début de calvitie pointait son nez. Faites attention à vous. Il est vraiment dangereux ! En quinze ans de métier j'ai rarement vu un patient aussi imprévisible.

Harry fit mine de prendre au sérieux la mise en garde de l'homme en prenant un air méditatif (cela lui avait sauvé la vie à de nombreuses reprises lors des repas au terrier quand Percy s'amusait à lui raconter sa journée de travail). Intérieurement, ce que lui disait l'homme lui paraissait tout bonnement aberrant.

Malefoy dangereux ?

Pire ! Malefoy violent !?

Le Malefoy qu'il connaissait n'avait même pas osé répliquer le jour où Hermione lui avait collé une droite !

Des poils se hérissèrent sur ses bras tandis que la sensation -maintenant bien connue- refit surface dans le creux de son ventre comme un invité indésirable qui se rappelait à son bon souvenir. Parler à l'ancien serpentard lui paraissait maintenant comme étant d'une urgence vitale. Il fallait absolument qu'il sache ce qui lui était arrivé !

Il décida de ne pas chercher à comprendre d'où lui venait ce curieux impératif. Même si, une part de lui-même savait qu'il se comportait comme des années en arrière quand il soupçonnait –et ce à juste titre- Malefoy d'être un mangemort. Il avait passé des mois à le suivre que ce soit sur la carte du Maraudeur ou sous sa cape d'invisibilité et la réminiscence de cette période ne lui laissait pour souvenir que les longues nuits où, tremblant de sommeil et d'une sorte d'angoisse indéfinissable, il suivait sur la carte le serpentard faire les cents pas dans sa salle commune. Seul.

Comme lui se sentait à cette époque-là.

Il repoussa ces pensées incongrues et essaya de se concentrer sur le chemin qu'empruntait le sorsoignant un peu plus loin devant lui. Ils passèrent devant des patients qui ne paraissaient même pas les voir, ralentis par les potions neuroleptiques, le visage crispé par l'angoisse et la souffrance

Une femme d'une quarantaine d'années était même en train de sangloter, accroupie contre un mur alors qu'une autre femme avec une robe blanche et jaune lui parlait doucement.

Harry se sentit mal à l'aise. Combien d'entre eux étaient là pour avoir essayé de se donner la mort comme Malefoy ?

Le soignant le coupa bientôt dans sa réflexion.

-Vous avez un lien de parenté avec Mr Malfoy ? Ou sinon, vous êtes amis, c'est cela ?

-Nous étions à Poudlard ensemble, se justifia maladroitement Harry tandis que le but de sa visite lui échappait de minutes en minutes.

Et si le blond lui demandait pourquoi il était venu ?

Il avait beau se triturer l'esprit pour savoir ce qu'il allait bien pouvoir dire à son ancien ennemi, rien ne lui venait. Au contraire, son esprit se vidait au fur et à mesure qu'ils se rapprochaient de la chambre. Les pas qu'ils faisaient dans le couloir étaient comme un compte à rebours

Plus que quelques mètres.

Son cœur semblait vouloir s'échapper de la cage osseuse qui le maintenait en place. Malheureusement pour lui, ils arrivèrent enfin devant la chambre 42 et le sorsoignant eut un moment d'hésitation avant de taper, il se tourna vers Harry.

-S'il se passe quoique ce soit, criez très fort : je suis juste au bout du couloir.

L'auror avait la bouche tellement sèche qu'il ne put émettre qu'un vague grognement puis l'autre homme le laissa planté dans ce couloir trop vide et silencieux.

Harry tapota doucement à la porte et n'entra que lorsqu'un vague marmonnement lui répondit.

Comme la veille Malefoy était assis, dans le noir, sur sa chaise au milieu de la chambre. Et, comme la veille, la première chose que Harry distingua était l'arrière du crâne nu et meurtri.

Ses yeux notèrent rapidement les épaules crispées.

-Tu peux entrer, Potter. Le nom prononcé avec cette même voix trainante et glaciale qu'à Poudlard le fit tressaillir. Fais vite avant que ce con de sorsoignant ne change d'avis et décide que je suis trop dangereux pour recevoir des visites.

L'instinct de Harry le mettait en garde : il savait que Malefoy allait lui apporter des ennuis. Par Merlin, oui ! Il le savait parfaitement !

Pourtant il ferma la porte derrière lui et s'avança lentement, laissant ses yeux s'habituer à l'obscurité.

-J'ai entendu ce débile te dire de crier très fort. Comme si un pauvre petit mangemort avait la moindre chance de vaincre le puissant Sauveur du Monde Sorcier !

Même sans le voir, le brun savait que le visage de son interlocuteur était crispé par la haine. Il connaissait la façon dont les lèvres se pinçaient en un pli amer tandis que les yeux gris prenaient une teinte glaciale. Aussi lisses et dénués d'émotion que deux pierres.

Il connaissait Malefoy beaucoup trop bien.

-Tu te considère encore comme un mangemort ? Demanda-t-il en retirant sa cape trempée.

Malefoy eut un rire sans joie.

-Et tu oses me poser la question ? Attaqua-t-il, la voix maintenant aussi glacée que la température extérieure. Tu étais pourtant là à mon procès, tu sais que c'est ce qu'ils ont dit.

-Ils ont aussi dit que tu n'avais pas le choix. Reprit Harry, mal à l'aise de parler au dos de son ancien ennemi. Il s'avança encore un peu, distinguant la forme du lit en face de lui.

-Pourquoi tu restes dans le noir comme ça ?

Un long silence s'écoula avant que la réponse ne vint, Harry eut même le temps de trouver le lit, de s'y asseoir confortablement et de déposer sa cape mouillée sur le sol.

-Ca me calme.

Le murmure rendit le brun pensif.

Une fois les yeux habitués à cette obscurité et à la faible lueur provenant des raies du volet, Harry put un peu plus franchement distinguer la silhouette de Malefoy.

Le blond n'était assis qu'à un mètre et demi de lui, la forme de sa tête était légèrement tournée dans sa direction et Harry su qu'il l'observait.

Il se rendit compte qu'il était heureux d'être assis plutôt au bout du lit, le plus loin possible de la chaise de Malefoy. L'idée d'être face à face avec l'ancien serpentard s'avérait être un peu trop pour lui. Déjà, la distance le séparant du blond lui semblait horriblement courte : ils n'avaient jamais été aussi proches.

Du moins, jamais sans se battre en même temps.

Le martèlement de la pluie sur les murs et les volets était le seul bruit qu'ils percevaient.

Ce fut Malefoy qui brisa de nouveau le silence

-Personne ne t'attend chez toi ?

-Non.

Harry passa inconsciemment une main dans ses cheveux, les ébouriffant un peu plus, alors qu'il cherchait le sens de la question du blond.

-Je pensais que tu serais encore avec ta rouquine, la sœur de la belette.

Il n'y avait pas d'insulte masquée ou de mépris dans la voix de l'ancien mangemort. C'était une simple affirmation, aussi le brun choisit de lancer la conversation sur ce sujet.

Si parler de sa vie sentimentale lui permettait d'avoir une conversation civilisée une fois dans sa vie avec Draco Malefoy alors autant tenter le coup !

-Non, on s'est séparés il y a un bout de temps. Un an après la fin de la guerre environ ...

Malefoy était silencieux, attentif.

L'ancien gryffondor avait la curieuse intuition qu'il assistait à quelque chose de précieux. Un de ces instants où le temps semble s'être arrêté, où l'univers tout entier stoppe sa course le temps d'un miracle.

Le martèlement de la pluie était de plus en plus fort, il résonnait contre le mur et les volets.

Il frotta ses mains moites contre le jean sur ses cuisses.

-Pour l'instant je vis seul chez moi. Le ton de sa propre voix lui parut si pathétique qu'il se dépêcha de se justifier. Cela ne fait que quelques mois que je suis séparé de ma dernière petite amie, j'en profite un peu !

Le silence s'installa de nouveau.

Le brun se décida alors à commencer à poser des questions. Il avait peur de brusquer un peu le blond mais les questions se pressaient tellement dans son crâne que ça allait le rendre fou. Il devaitsavoir !

-Tu vivais chez ton cousin, c'est ça ? (Il distingua vaguement un hochement rapide de la tête) Ça se passait bien ?

Malefoy mit un peu de temps à répondre, comme s'il hésitait sur les mots à employer.

-On s'entendait aussi bien que peuvent s'entendre deux inconnus qui ne partageaient rien.

Cette réponse ne suffit pas à Harry. Il voulait savoir par quoi était passé Malefoy, il voulait connaitre chaque minuscule détail des évènements qui avaient transformé le fils d'aristocrate pourri gâté bien propre sur lui à cet homme brisé, enfermé dans son mutisme et sa propre souffrance dont la violence était le seul moyen de s'exprimer.

Il n'arrivait même pas à expliquer pourquoi il avait besoin de savoir.

-Est-ce que tu avais des amis là-bas ?

Le blond remua un peu sur sa chaise, il semblait mal-à-l'aise. Un cri se fit entendre à l'autre bout du couloir. Harry sursauta et refréna le reflexe qui le poussait à courir voir ce qu'il se passait. Entendre des gens crier dans un hôpital psychiatrique devait être normal, non ?

-Pas vraiment. Répondit finalement Malefoy avec morgue. Il remua à nouveau sur son siège.Pourquoi ça t'intéresse de savoir ça, Potter ?

-Je veux juste te connaitre un peu mieux. Cela fait plusieurs années que nous ne nous sommes pas vu !

L'ancien mangemort eut un reniflement méprisant.

-Et alors ? Je t'ai manqué ?

La voix grinçante était pleine de sarcasme. Harry sentit que le moment de « répit » qu'ils avaient eu quelques minutes auparavant venait de se briser. Trop de choses flottaient encore entre eux pour l'instant.

-J'ai toujours ta baguette. Je l'utilise depuis... Elle me va bien.

Il ne savait pas vraiment pourquoi il avait dit ça, peut-être pour faire comprendre à Malefoy qu'un lien entre eux existait...

Lui dire que oui, il avait pensé à lui durant ces quatre ans.

-Qu'est-ce que ça peut bien me faire ?

Un autre cri résonna, un peu plus loin. Quelques bruits de pas dans le couloir.

Harry eut le souvenir de ses lointaines années à Poudlard et du serpentard qui lui lançait les pires insultes avec ce mélange de suffisance et de mépris dans sa voix froide et trainante. Même après tout ce temps il sentit encore la chaleur de la colère dans son ventre, cherchant à s'insinuer dans ses veines comme un alcool trop fort. Malefoy était toujours aussi imbuvable !

-J'ai répondu à ta question, j'attends que tu répondes à la mienne ! On appelle ça avoir une « conversation civilisée », je sais que tu n'en a probablement pas l'habitude mais tu devrais essayer !

L'auror devait bien l'avouer : il était particulièrement agacé et son ton cassant avait aussi provoqué une réaction chez l'autre qui s'était tendu sur sa chaise.

-Va te faire foutre, Potty !

Le brun se redressa comme s'il était monté sur ressort, toute forme de patience l'ayant quitté. Il attrapa sa cape posée sur le sol, faisant de son mieux pour éviter de poser ses yeux sur la silhouette au centre de la pièce.

Puis il se dirigea vers la porte et réprima l'insulte qui lui venait aux lèvres quand Malefoy lui adressa une dernière fois la parole.

Ce salaud !

Encore une fois !? Pour qui se prenait-il ?

Cette sale fouine lui avait tout simplement dit : « A demain ! ».

-RON-EST-BEAU-

Plus long et plus d'action dans le prochain ? :D

Merci de vot'patience o !