Hello !
Alors, tout d'abord : merciiii beaucoup, encore une fois, à celles et/ou ceux qui m'ont laissé une review !
Et pour Berenice à qui je n'ai pas pu répondre en MP : Merci d'avoir pris le temps de me faire un retour, je suis ravie que mon histoire te plaise :)
Eeeeet voici le chapitre 2 ! Dans celui-ci, du mieux, du pire, des confidences et du complot ! Bonne lecture, on se retrouve à la fin.
Disclaimer : Évidemment, ni les personnages ni ce fabuleux univers ne m'appartiennent... Mais c'est déjà bien d'avoir le droit de faire faire des bêtises à tout ce petit monde x)
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Arrivée en fin de journée, Hermione ne savait toujours pas si elle aurait l'audace de retourner à la bibliothèque après le repas du soir. En même temps elle ne pouvait pas aller chez les Gryffondor, la salle commune étant trop bruyante. Mais elle ne pouvait pas non plus louper une soirée de travail, cela la mettrait trop en retard sur son programme. Et puis elle n'allait quand même pas se laisser chasser de cet espace dont tout le monde s'accordait à dire qu'il était plus ou moins à elle, non ?
Elle se dirigea donc d'un grand pas vers la bibliothèque et, alors qu'elle arrivait à destination, elle entendit des bruits de pas derrière elle qui se rapprochaient. Plus près. Encore plus près. Trop près. Elle fit volteface pour se retrouver nez à nez avec Drago, très content de lui.
« MALEFOY ! Non mais ça va pas bien ?
- Quoi ? Je vais à la bibliothèque. Je peux encore marcher dans les couloirs, peinard ?
- Dans les… quoi ? Tu ne marches pas dans les couloirs, tu te colles à moi comme une sangsue !
- Et ça te plaît Granger ? Tu veux connaître le nom de mon parfum ?
- Plutôt crever. Maintenant, lâche-moi la grappe, histoire que j'aille bosser. »
Sur quoi elle se retourna et entra un peu plus violemment que prévu dans la grande salle remplie de livres, sous le rire à peine voilé du garçon et le regard courroucé de l'irascible bibliothécaire. Elle se dirigea vers la table la plus éloignée que possible de l'entrée et sortit toutes ses affaires, retrouvant peu à peu son calme, puis se força à se concentrer sur ses potions et commença enfin le devoir sur la potion de Flumelle.
Elle en était à trente centimètres de parchemin quand Drago apparut derrière une étagère.
« Granger ? lança-t-il avec un sourire imbécile.
- Je dois être en train d'halluciner. Il faut faire quoi pour que tu me foutes la paix ?
- J'ai besoin d'aide pour le devoir de Métamorphose.
- Là, c'est sûr, je ne suis pas consciente. Très bientôt, un médicomage va m'annoncer que je me réveille d'un looong coma, » rétorqua-t-elle en fermant les yeux et en se pinçant l'arrête du nez.
Drago s'approcha lentement et s'assit en face d'elle.
« Granger, j'ai vraiment besoin d'aide. »
Elle ouvrit les yeux, mais n'en revenait toujours pas.
« Malefoy, tu me saoules ! Depuis le début de l'année, tu ignores tout le monde royalement. Depuis l'autre fois, tu pètes un plomb et tu me détestes encore plus qu'avant. Là, tu te marres et tu veux que je t'aide ? Mais… c'est quoi ton problème ? »
Le visage de Drago s'assombrit brusquement. Il se renfrogna complètement avant de lui dire, d'une voix éteinte et faussement je-m'en-foutiste :
« Mon problème c'est que tu as vu juste. Oui, ma situation actuelle est parfaitement merdique. Je ne sais plus qui sont ces gens qui prétendaient être mes parents, je ne sais plus qui je suis, je ne sais pas à quoi j'ai passé mes six dernières années. Mes potes se sont fait la malle en voyant qu'ils seraient associés à Voldy en trainant avec moi, ma copine m'a lâché en apprenant que je ne suis plus craint et respecté comme l'était mon père. J'ai moi-même fait fuir mon meilleur ami pour lui épargner ma compagnie douteuse, puisque l'énormité de ma propre connerie m'est apparue comme une révélation cet été sans que je puisse rien y faire. Évidemment, difficile d'avoir une discussion avec mon père puisque.. oh ? il est enfermé, et ni avec ma mère puisque.. oh ? elle s'est tirée. Pas non plus la peine d'espérer retourner « chez moi », puisque ceci est une conception assez abstraite d'une propriété du ministère. Enfin, lorsque je me serai tiré de ce château, la notoriété des Malefoy ne me permettra plus de trouver un boulot sympa et sans efforts. Et c'est pas mon pécule qui va me faire vivre sans rien foutre, alors il faut que j'aie de bons ASPICS. Malgré les profs qui ne peuvent pas me saquer, malgré le fait que tous me trouvent responsable de la mort de Dumby, malgré Rogue qui ne m'adresse même plus la parole alors que je suis - rappelons-le - son filleul. Bref, Granger. Oui, je suis dans la merde. Et oui, il faut que je bosse si je ne veux pas finir clodo. Ou assassiné. Et il se trouve que tu es la seule qui me parle. Alors, tu m'aides ou tu m'aides pas, avec ce putain de devoir de Métamorphose ? »
Soufflée par cette tirade - probablement le plus long discours qu'elle l'ait entendu prononcer, Hermione avait du mal à penser de façon cohérente. C'était encore pire que ce qu'elle avait imaginé, en fait. Elle n'avait jamais pensé que les conséquences de la guerre étaient à ce point catastrophiques pour le Serpentard, bien que ça parût évident.
« Ok. Je veux bien t'aider sur ton devoir de Métamorphose. Mais tu n'as droit qu'à un essai Malefoy : à la première connerie, je me barre. Tu es prévenu.
- Oh oui Granger, fouette-moi.
- Ça, par exemple, ça fait partie des conneries. Je me tire. »
Drago la rattrapa par le bras, un énorme sourire s'étirant sur son visage.
« Allez… tu sais que je peux pas m'empêcher de dire des conneries. Même à toi. Surtout à toi, en fait. Tu dois avoir une tête inspirante pour les conneries.
- Je te jure Malefoy, si tu ouvres à nouveau la bouche, je t'enfonce mon encrier dedans et je le vide. J'y mettrai aussi le parchemin que tu m'as pourri ce matin. C'est clair ? »
...
Ils ressortirent de la bibliothèque deux heures plus tard, après qu'Hermione ait piqué une crise de nerf à propos de la plume que Drago lui avait mâchouillé. Dans l'ensemble, l'aide aux devoirs avait été plutôt fructueuse : Drago avait bien compris la problématique du sujet de Métamorphose et avait pas mal avancé la rédaction, et Hermione avait terminé le devoir pour Rogue. Elle avait même commencé ses petites fiches. En fait, ç'avait été plutôt agréable de réviser avec quelqu'un pour une fois, même si ce quelqu'un était particulièrement agaçant. Et qu'il lui avait encore pourri ses affaires.
« T'es pire qu'une gamine Granger. Toute cette scène pour un bout de plume mâchouillé…
- Non, une plume enduite de ta bave de Serpentard, espèce de troll ! Je te donne une semaine pour m'en acheter une autre, sinon tu pourras te brosser pour le prochain devoir de Métamorphose !
- Et qui te dit que j'aurais encore besoin de toi, Miss-je-sais-tout ?
- Parce qu'en comparaison de ce qui nous attend pour la suite, ce chapitre n'était qu'un sympathique amuse-gueule. Je le sais, j'ai demandé à Cadalwind.
- Ca ne change rien, tu peux toujours te brosser pour… »
Drago s'arrêta en plein milieu de sa phrase, en état de choc, les yeux rivés sur un point derrière Hermione. Elle allait se retourner pour voir ce qui causait cet émoi au Serpentard lorsqu'elle entendit une voix doucereuse s'élever dans le couloir :
« Tiens tiens tiens, qu'avons-nous là ?... »
Le professeur Rogue avança jusqu'à eux, un air narquois flottant sur son visage antipathique.
« Deux élèves hors de leur dortoir, alors qu'il est 22h passées…
- Professeur, laissez-moi vous expli…
- Silence Granger ! Il est interdit de se balader à cette heure, je vais d'ailleurs commencer par enlever des points à votre maison. Hum, voyons…
- Professeur ? demanda Malefoy, qui jusque-là ignorait superbement le Maître des potions. »
Ce dernier jeta au jeune homme un regard qu'Hermione trouva… troublant : c'était le regard réservé d'ordinaire aux élèves de Gryffondor qu'il insupportait, mêlé d'une teinte de déception.
« Qu'y a-t-il Malefoy ? Vous souhaitez aggraver votre cas ?
- Non Monsieur… mais l'interdiction dont vous parlez n'est pas applicable dans le cas d'élèves de septième année se rendant à la bibliothèque ou en revenant : il a été décidé cette année, pour ce cas de figure uniquement, que cette heure limite n'avait pas lieu d'être. Hors nous sommes en septième année. Et, comme vous pouvez le constater, nous revenons de la bibliothèque. »
Rogue eut l'air d'avoir avalé un chaudron entier. Pas son contenu, mais bien le chaudron lui-même. Il pinça les lèvres et répondit à Drago avec un air de profond dégoût :
« Je connais les règles du château, Malefoy, soyez-en assuré. Je retire 20 points à Gryffondor, Granger, pour avoir parlé trop fort dans les couloirs à une heure tardive. Estimez-vous heureuse de ne pas également écoper d'une retenue. Quant à vous, Malefoy, veillez à ne pas ternir un peu plus votre réputation et celle de votre famille en traînant avec… n'importe qui. »
Il laissa les deux élèves plantés là, abasourdis par sa tirade, et disparut à l'angle du couloir.
« Mais quelle vieille chauve-souris stupide ! chuchota Hermione, exaspérée.
- Ta gueule Granger ! Tu oublies à qui tu parles !
- Parce que tu le défends encore ?
- Evidemment petit garce, c'est quand même mon parrain !
- Un parrain qui t'a abandonné, selon tes propres dires ! Et QUI tu traites de garce ?
- Parfaitement, tu n'es qu'une garce ! Tu parles de choses que tu ne connais pas ! Dégage Granger, ça vaut encore mieux. Va pleurer dans les jupes de Potter et Weasmoche, après tout tu n'es bonne qu'à ça, non ? »
Trop estomaquée par ce revirement, Hermione ne contrôla absolument pas sa main qui alla s'écraser contre la joue pâle d'un Drago très étonné. La gifle magistrale résonna dans tout le couloir, à tel point qu'elle se demanda fugitivement si l'empreinte de sa main n'allait pas rester incrustée. Elle partit en courant vers la tour des Gryffondor, voulant disparaître de la vue du jeune homme avant que ses larmes ne se mettent à couler. Elle sentait le sang palpiter dans sa main endolorie.
Devant sa salle commune, elle prit le temps de sécher ses joues avant de se résoudre à entrer : elle allait bien évidemment raconter à ses amis ce qu'il s'était passé mais elle refusait d'admettre devant eux la tristesse qu'elle en avait éprouvée. Elle avait, elle aussi, une certaine réputation à tenir en fin de compte. Pénétrant enfin dans la pièce ronde, elle retrouva Harry et Ron qui terminaient une partie d'échecs plutôt déséquilibrée. Ginny lisait dans un fauteuil voisin de celui de son cher et tendre, s'amusant de sa défaite habituelle. Hermione lança un « Bonsoir » peu convaincant, et alla s'asseoir à côté de la jeune Weasley qui remarqua tout de suite que quelque chose clochait.
« Hermione ! Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu as l'air toute retournée !
- Bah… Encore Rogue qui manifeste sa frustration à travers n'importe quel exutoire, pourvu que ledit exutoire soit un Gryffondor. Il m'a enlevé 20 points parce que je "parlais trop fort dans les couloirs à une heure tardive". »
Il était de notoriété publique que le professeur Rogue vivait très mal la situation actuelle. Peu de personnes savaient quel avait été véritablement son rôle dans la fin de la guerre, et il y avait toujours beaucoup de méfiance dans la façon dont les adultes s'adressaient à lui. Selon Hermione, il était peut-être aussi affublé d'un énorme complexe du survivant, à cause de Dumbledore. Et évidemment, il supportait assez mal que le secret de ses amours ait été révélé au sang de James Potter. Bien qu'Harry éprouva un respect tout nouveau pour le professeur et qu'il se devait d'admirer son courage, les vieilles rancœurs avaient la vie dure… surtout quand le Maître des Potions se révélait encore plus insupportable qu'avant.
Le jeune échevelé, qui avait levé le nez de l'échiquier, répondit donc d'un ton scandalisé :
« Quelle enflure ! C'est de pire en pire. Mais… au fait tu parlais avec qui ? »
Hermione rougit violemment, et sentit nettement ses yeux la picoter au souvenir de ce qui l'avait véritablement contrariée ce soir là.
« Avec Malefoy. Il travaillait à la bibliothèque avec moi, et on discutait quand on en est sorti pour rejoindre nos dortoirs.
- Attends… Malefoy, tu veux dire celui qui t'a tellement énervée que tu as fait une coupe de printemps à trois Mandragores et deux Gitrulles à feuilles jaunes avant que Chourave ne s'en aperçoive ? C'est avec lui que tu discutais ? Et… que tu travaillais ?
- Oui, bon, il m'avait demandé de l'aide pour un truc en Métamorphose, trois fois rien. Là n'est pas le problème ! répliqua Hermione, peu désireuse de s'étendre sur le sujet. Il se trouve que Rogue a été plutôt méchant avec lui aussi - même s'il n'a pas retiré de points à sa propre maison, je suppose qu'il ne faut pas s'attendre à des miracles - et je trouve ça toujours aussi étrange.
- Pas tant que ça quand tu y penses. Rogue et Malefoy ont eu pas mal de soucis avec la justice magique… Et je pense que le premier en veut beaucoup au second. Il essaye de ne plus faire associer son nom à celui du mauvais camp si tu veux mon avis, hors ce n'est pas facile quand on est le parrain du fils d'un Mangemort, et ex-Mangemort soi-même. Il doit essayer de redorer son blason si tu veux… Mais ça ne l'empêche pas d'être aigri et toujours plus grincheux. Chassez le naturel… »
Hermione plongea son regard dans le feu de cheminée, absorbée dans ses pensées. Elle en fut vite tirée par Ron, en retard sur tout le monde, qui lança d'un air hagard :
« Comment ça tu travailles avec Malefoy ? »
...
Au petit déjeuner le lendemain, Hermione guetta l'entrée de Drago dans la Grande Salle : malgré la discrétion dont il faisait preuve, elle put remarquer l'énorme bleu sur sa joue gauche, qui commençait par endroits à jaunir. Et elle ne fut pas la seule à s'en apercevoir :
« Visez un peu la joue de Malefoy ! » s'exclama Ginny, la mine réjouie.
Harry fut le seul à remarquer la rougeur qui avait envahi les joues d'Hermione.
« Hermione… Tu es sûre de ne pas être, de près ou de loin, responsable de l'état de Malefoy ? »
L'intéressée essaya de se composer un air outré.
« Mais où vas-tu chercher des trucs pareils ? répondit-elle, toujours plus rouge et plus faussement scandalisée.
- Bah, ce serait pas la première fois, répliqua Ron d'un air goguenard.
- Hermione ! Si tu as giflé le plus exécrable des Serpentards, tu n'as pas le droit de ne pas nous raconter ! » acquiesça Ginny, bien décidée à connaître le fin mot de l'histoire.
Hermione essaya de rester digne pendant quelques instants mais, voyant qu'ils n'allaient pas la laisser en paix, finit par céder. Un peu.
« Bon. Il se peut que j'aie éprouvé le besoin de le remettre à sa place.
- Mais encore ?
- Il m'a insultée après que j'aie moi-même insulté Rogue, et comme il était tard, que j'étais fatiguée et frustrée de la rencontre avec Rogue, oui, je lui ai mis une gifle. Avec plus de force que prévu. Mais j'aimerais que vous n'ébruitiez pas l'affaire, compris ? »
Après un dernier regard inquisiteur, elle se replongea dans son bol et ne vit pas les grands sourires que ses camarades se lançaient. En revanche, elle entendit leur rires l'instant d'après, et ne put s'empêcher de se sentir un peu coupable : elle aussi, elle en aurait bien rigolé un coup si elle n'avait pas remarqué l'air complètement abattu du Serpentard à l'autre bout de la Grande Salle.
...
Un peu plus tard dans la journée, quelque part dans le château, deux silhouettes discutaient nerveusement au détour d'un couloir.
« T'es sûr que tu vas y arriver ?
- C'est pour ça que tu voulais me parler ? Depuis quand tu mets mes compétences en doute, crétin ?
- Ben là… si tu perds le contrôle, on est dans la m…
- Je ne te demande pas de réfléchir, mais d'agir. C'est pour bientôt, alors tu fermes ta grande gueule et tu fais ce que je te dis. Pigé ? »
L'autre sembla se hérisser.
« Ouais, ouais, ben oublie pas à qui tu parles quand même. Un accident serait vite arrivé.
- Tu me menaces ? Tu me menaces, moi ? Après avoir vu ce dont je suis capable ? »
L'autre sembla se recroqueviller, conscient qu'il avait été un peu trop loin.
« Non, je disais ça comme ça. Chuis plus un putain de mioche à qui on dit quoi faire…
- Je sais. Mais c'est moi le cerveau ici : soit tu m'écoutes, soit tu dégages. Alors ? »
L'intéressé maugréa un semblant de réponse affirmative et partit. Il ne remarqua pas le sourire cruel et narquois qui s'étalait sur le visage de son interlocuteur.
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Voilààà !
J'espère qu'il vous a plu. Il est un poil plus court que le précédent, mais il faut bien couper quelque part et après c'est une scène que je ne peux pas scinder en plusieurs parties. Du coup le chapitre de la semaine prochaine sera plus long ! N'hésitez pas à me laisser un petit mot pour me dire ce que vous en avez pensé (les confidences de Drago, l'attitude de Rogue, d'Hermione,...), il est évident que je vous répondrai :)
À Mardi et merci !
