Chapitre 1


PDV Renesmée

Mes yeux s'ouvrirent difficilement, se refermèrent tant que la clarté d'un grand soleil m'éblouissait. Je crus qu'une éternité s'était passée avant de pouvoir me redresser et regarder autour de moi.

Je me retrouvais dans le champ où mes derniers souvenirs se déroulaient. Ma famille et nos alliés en front uni, mes parents faisant barrage, Jacob, tous crocs dehors grognant, les Volturis en face de nous, leurs yeux rouges sang, leurs rires et leurs grondements.

Quand mon père avait expliqué à Aro que je n'avais pas été mordue mais bien conçue alors que ma mère était encore humaine, le jugement avait déjà été rendu. Caius avait vociféré, nous ordonnant de nous taire. Marcus avait eu l'air navré, bon comédien.

« Bella tu es condamnée à ne pas naître, ta descendance ne verra pas le jour. Un autre passé va se produire. Edward, tu seras sauvage dès ta création, tu ne feras pas partie du clan de Cullen. Alice et Jasper, qui ne sont pas là d'ailleurs, ne se rencontreront pas et ne se joindront pas au clan. Renesmée, chère enfant, tu n'as pas le droit de vivre, tu es une insulte à notre race. Ce n'est pas de ta faute. »

Jacob avait alors tenté de sauter sur Aro mais deux gardes l'avaient intercepté et déchiré en deux. Mon ami, mon frère, mon protecteur avait été mis à mort, son dernier regard fut pour moi.

Mais alors que faisais-je ici, seule ? Aucun doute, j'étais bien dans la forêt de Forks, mais aucun membre de ma famille n'était présent, je n'avais jamais été seule depuis ma naissance. Je ne savais pas comment faire pour les retrouver. Le passé avait-il été modifié ? Me trouvais-je dans un présent conforme à la malédiction d'Aro ?

J'aurais voulu me rouler en boule, pleurer et attendre, je m'étais déjà laissée tomber à terre mais je devais croire que j'avais encore une chance. Si ma mère n'existait pas, je n'aurais pas dû être là. Si j'étais là, c'est qu'il y avait encore de l'espoir, même infime, de retrouver ma famille.

Je me relevai et courus vers notre maison. J'y arrivai au bout de quarante minutes, essoufflée, je découvris que la jolie clairière était vide, il n'y avait aucune de trace de la présence des Cullen.

Je repris difficilement mon souffle, bizarrement je n'avais pas couru très vite. J'avais perdu toutes mes super capacités. Mes joues furent bientôt inondées de larmes, je me sentais tellement seule. Je me repris rapidement, ma mère n'aurait pas agi ainsi, elle aurait avancé, cherché, compris… Je devais agir et vite, quelque soit la situation, le temps était forcément contre moi.

Refusant de me laisser abattre, je me dirigeai vers la ville. Je n'y étais jamais allée, je n'aurais pas su dire si tout était différent si je n'avais pas eu un cours magistrale de ma tante Rosalie sur les voitures. Je ne croisais que des modèles des années soixante-dix ou début quatre-vingt.

Je me résolus à faire signe à une voiture. Un vieux modèle de Toyota en mauvais état se mit sur le côté et une jeune fille en sortit en trombe.

« Mais qu'est ce que tu fais là ? Tu ne devrais pas être seule sur cette route ! Viens ! » me dit-elle.

Je la regardais ébahie, soulagée, émue, c'était Renée, ma grand-mère maternelle. Elle ne devait pas avoir plus de dix-huit ans et si je me rappelais bien l'histoire familiale, elle n'avait été que de passage et avait rencontré un certain policier, Charlie Swan.

Je restai silencieuse, en retrait tentant de décider quoi lui dire. C'était une chance inouïe de rencontrer Renée. La malédiction des Volturis était que ma mère n'allait pas naitre. Comment avaient-ils programmé cela dans ce nouveau passé ? Renée avait passé quelques jours à Forks mais était revenu deux mois plus tard pour Charlie. Une chose était sure, je ne pouvais pas me permettre de la perdre de vue. Il était évident que Charlie ne s'évaporerait pas mais les Volturis pouvaient empêcher Renée de revenir par n'importe quel moyen. Je ne pourrais pas forcément l'aider du haut de mon mètre vingt mais j'avais une connaissance étendue du monde surnaturel.

Mon silence inquiéta Renée, elle me fit plusieurs sourires, j'étais trop émue de la rencontrer pour sourire à mon tour. Je détaillai son visage, retrouvant quelques traits communs avec ma mère, mais je savais qu'elle ressemblait plus à Charlie.

« Je ne te ferai pas de mal ma chérie. Je vais te conduire chez le sheriff et on va retrouver tes parents. »

Je pris sa main, espérant qu'effectivement j'allais un jour retrouver mes parents. J'espérais aussi voir Charlie mais en arrivant dans le petit bureau du sheriff, un homme bedonnant nous accueillit froidement.

« Que voulez-vous ? »

« Cette enfant était sur le bord de la… » commença Renée mais je la coupai rapidement.

Je ne devais pas restée loin d'elle, qui comprendrait mon histoire ? Je me voyais déjà confiée aux services sociaux et être enfermée. Non, il fallait que mes grands-parents se rencontrent, se marient et conçoivent ma mère, c'était ça mon plan. Certainement avoir l'apparence d'une enfant de sept ans allait me rendre la tâche difficile.

« Où est Charlie ? » dis-je en fixant le sheriff.

Ma mère m'avait souvent dit que j'étais une vraie charmeuse, je faisais faire ce que je voulais à ma famille, il était temps d'essayer mon talent sur les humains.

« Il… euh c'est son jour de repos. »

« Et vous ignorez où il se rend pendant ses jours de repos ? » insistai-je.

« Il traîne avec ces indiens… Bon j'allais partir, donc vous devez aussi partir. »

« Attendez ! » s'exclama Renée.

« Viens Renée, on va aller chercher Charlie. » dis-je à ma grand-mère.

En s'installant derrière le volant, elle soupira et se tourna vers moi, suspicieuse.

Je mis ma main sur son bras, juste une seconde pour savoir si mon don fonctionnait toujours, hélas rien ne se produisit.

« Comment tu connais mon prénom ? »

« C'est une très longue histoire, mais tu dois me croire, il faut trouver Charlie Swan. »

« Pourquoi ? »

« Je t'expliquerai quand nous l'aurons trouvé. »

« Je dois rejoindre mes amies à… » commença-t-elle, une chance qu'elle ait partagé tant avec ma mère, je connaissais son histoire.

« A First Beach, je sais et je pense que Charlie s'y trouve en ce moment. »