Bonsoir tout le monde. d'abord un grand merci pour vos retours sur le précédent chapitre, ça fait toujours énormément plaisir. Cela faisait longtemps que je n'avais pas démarré une nouvelle fiction et j'avoue que j'étais un brin stressée ;)
Récapitulatif des personnages OC (en gros)
Iris Leighton : le personnage principal de cette fiction. Gryffondor, cinquième année, fille d'une mère sorcière (issue d'une famille très traditionnelle) et d'un père moldu, la petite dernière d'une fratrie de trois enfants (deux frères aînés, Lionel et Hector). Meilleure amie de Lily Evans ; s'entend très bien avec Peter Pettigrew et occasionnellement avec Sirius Black.
Karen Dawkins, camarade de dortoir et très bonne copine, très extravertie.
Orthia Cartledge, elle aussi camarade de dortoir, un peu plus discrète mais pas plus sérieuse.
Mary MacDonald (attention, inventée par JK Rowling) la dernière camarade de dortoir d'Iris et Lily, la plus calme du petit groupe
Bellona Heimdall cousine d'Iris, grande amie de Bellatrix Black, septième année. en raison du rejet de la famille de la mère d'Iris depuis qu'elle a choisi d'épouser un moldu, n'a jamais adressé un regard ou une parole à iris. Un peu frappée du bocal, dans la même veine que Bellatrix. (soeurs : Perspehona et Pandora)
Beatriz Ciengo, Septième année de Gryffondor, petite amie du Capitaine de Quidditch, très populaire et appréciée.
Je vous souhaite une bonne lecture pour ce nouveau chapitre !
Chapitre 2
Iris triturait nerveusement une mèche de ses cheveux en écoutant le discours du Professeur McGonagall. Cela faisait maintenant presque un quart d'heure que l'enseignante les assommait de recommandations pour leur cinquième année et leurs BUSEs, et la jeune fille songeait sérieusement à fuguer dans la Forêt Interdite et à n'en ressortir qu'à la fin de l'année scolaire.
— J'insiste donc sur la nécessité absolue d'une attitude studieuse et responsable durant cette année qui ne sera pas de tout repos. J'attends de vous un investissement exceptionnel et des résultats exemplaires aux BUSEs. Et puisque je tiens à une ambiance de travail dans cette salle de classe, nous allons avoir recours à quelques petites précautions pour vous éviter toute distraction. Ensuite, nous pourrons commencer à étudier.
Les petites précautions consistaient majoritairement à placer stratégiquement les élèves pour éviter les groupes de perturbateurs. Le professeur McGonagall n'avait nommé personne directement, mais tout élève de cinquième année digne de ce nom savait de quoi étaient capables les Maraudeurs s'ils étaient réunis tous les quatre dans une salle de cours.
— Black, au premier rang, juste devant mon bureau, à côté de Miss Cartledge. Et ne faites pas cette tête, vous retrouverez Potter plus tard, je vous l'assure.
Iris fut vite soulagée de voir qu'elle s'en sortait plutôt bien dans le plan de classe imaginé par sa directrice de maison : elle était placée au deuxième rang, entre Peter Pettigrew et Lily. Au milieu de bons éléments en Métamorphose, avec qui elles s'entendaient très bien, la jeune fille se sentait reprendre courage.
— Potter, prenez donc place à côté de Miss MacDonald.
Mary cligna des yeux, visiblement ennuyée. Mais en bonne élève et bonne camarade de maison, elle ne protesta pas, se contentant d'ignorer son nouveau voisin. Iris avait tout de même certains doutes concernant l'efficacité de ce plan de classe. Puisque le cours de Métamorphose était commun avec les Serpentards, il était bien sûr impensable de mélanger les élèves des deux maisons : les Gryffondors de cinquième année étaient dans l'ensemble plutôt complices, et il paraissait évident à la jeune fille que personne parmi eux ne pourrait s'empêcher de plaisanter. Et c'était sans doute la même chose pour les Serpentards.
— Bien, maintenant nous pouvons nous mettre au travail. Pour cette première séance, nous allons réviser l'essentiel de ce qui a été vu les années précédentes. Cela vous permettra de situer votre niveau et de connaître les points que vous devez travailler pour réussir votre examen, poursuivit le professeur.
— Okay, donc je vais me ridiculiser dès le premier jour, soupira discrètement Iris.
Heureusement, Iris n'échoua pas dès les premiers exercices. Le professeur McGonagall la félicita d'ailleurs pour la qualité de la transformation de sa souris en verre à pied. Cependant, les choses se mirent à dégénérer assez rapidement.
— Arrête de rire Lily, ce n'est pas drôle du tout...
— Je ne comprends même pas comment tu as réussi à faire ça !
En effet, les scarabées qu'Iris devait simplement transformer en boutons de manchettes avaient pris une curieuse couleur verte fluorescente. Plus inquiétant encore, ils semblaient émettre le sifflement d'une théière.
— Arrête de rire et aide-moi avant que McGonagall ne voit ça...
— Attends, ils changent de couleur c'est joli... protesta la rousse, fascinée.
— La métamorphose et toi, ça fait vraiment deux, fit remarquer Peter à son tour. On dirait que tu as essayé de les transformer en dragées Bertie Crochue.
— Quelqu'un a des dragées surprise ? demanda Black en se retournant. Qu'est-ce que... Leighton, comment t'as réussi à faire ça ? Et euh... Pourquoi ils sifflent comme s'ils allaient exploser ?
Iris leva les yeux au ciel, désespérée. Bien évidemment, le professeur McGonagall remarqua les exploits de la jeune fille et vint lui faire recommencer l'exercice jusqu'à ce qu'elle parvienne à le réussir. Après avoir propulsé les scarabées à travers la classe et les avoir accidentellement transformé en balles rebondissantes, Iris finit par obtenir des boutons de manchettes, approximatifs certes, mais des boutons de manchettes quand même.
— Pour la prochaine séance, vous effectuerez des recherches sur les sortilèges de Disparition. 30 centimètres de parchemin, minimum, annonça l'enseignante à la fin du cours. Miss Leighton, vous resterez quelques minutes, j'ai à vous parler.
Lily lui adressa un sourire compatissant et lui promit de l'attendre avant de se rendre au cours de Défense Contre les Forces du Mal. La remerciant d'un signe de tête, Iris rangea ses affaires et se dirigea vers le bureau de sa directrice de maison. Ses camarades sortis de la classe, Mrs McGonagall se mit à la fixer intensément.
— Vous devriez maîtriser tous les exercices demandés aujourd'hui, j'espère que vous en avez conscience, Miss, lui dit-elle gravement.
— Je vais faire des efforts, Professeur.
— Je sais que Miss Evans vous aide à progresser, c'est pourquoi j'ai fait attention à ne pas vous séparer. Quant à Peter Pettigrew, il est très doué dans cette matière. Vous devriez lui demander de l'aide.
— Oui, Professeur.
— Malgré vos piètres résultats en Métamorphose, je sais reconnaître que vous êtes une jeune fille sérieuse, Miss Leighton. Je tenais donc à vous encourager pour ce début d'année, il est encore temps de rattraper votre retard.
— Merci Professeur, répondit Iris avec un sourire timide.
— Faites également des efforts dans les autres matières, ne vous contentez pas du minimum, est-ce bien clair ?
Iris hocha la tête avec le plus de conviction dont elle était capable. Mrs McGonagall la libéra, non sans lui avoir rappelé d'essayer de faire de son mieux, voire plus. La jeune fille ne voyait pas vraiment comment elle pouvait faire mieux que son mieux ; d'ailleurs, elle n'était même pas sûre que cela veuille dire quelque chose.
— Ça s'est bien passé ? lui demanda Lily.
— Oui, elle voulait m'encourager... Tu crois qu'elle commence à avoir pitié de moi ?
— Ou alors elle est comme moi, et elle a adoré quand tu as envoyé les scarabées droit sur Black.
— Possible, dit Iris en riant. Désolée, à cause de moi, on est retard.
Lily haussa les épaules mais accéléra un peu le pas. Arrivées devant la salle de cours de DCFM, elles toquèrent.
— ENTREZ ! cria une voix puissante et autoritaire.
Les deux jeunes filles échangèrent un regard inquiet avant que Lily n'ouvre la porte, hésitante.
— Nous sommes désolées pour le retard Professeur, nous étions avec le Professeur McGonagall, s'excusa Lily en entrant.
— Vos camarades m'ont prévenue. Asseyez-vous. SILENCE !
Asia Lufkin et Victoria Truman, les deux Poufsouffle sur lesquelles le professeur venait de hurler, s'interrompirent net dans leurs bavardages. Iris et Lily se précipitèrent aux places gardées par leurs amies. Salustius Tiddle, le nouveau professeur de DCFM, n'avait pas paru très sympathique aux étudiants lors du banquet de rentrée. De toute évidence, ils ne s'étaient pas vraiment trompés.
— Pas de chahut, pas de bavardages. Cette discipline est une chose sérieuse, qui ne s'apprend ni dans la distraction, ni dans la rêvasserie.
Le Professeur Tiddle était un homme d'une cinquantaine d'années, très grand. Sa taille était encore accentuée par sa longue robe de sorcier noire et ses cheveux bouclés mal coiffés, qui devaient lui faire gagner encore quelques centimètres. Le père d'Iris dirait sans doute qu'il avait l'air d'avoir mis les doigts dans une prise électrique.
— On m'a averti de l'agitation qui avait tendance à régner dans votre année, poursuivit le professeur Tiddle, un regard pénétrant posé sur les Maraudeurs. Ne vous amusez pas à cela avec moi, je manque cruellement de patience à côté de mes collègues.
Iris n'avait pas besoin de regarder Lily pour savoir que celle-ci jubilait de voir un professeur impressionner James Potter. Il n'y avait plus qu'à espérer que cela dure le reste de l'année.
— Votre cinquième année sera l'occasion d'approfondir vos connaissances. Il m'importe énormément que vous soyez capable de vous défendre dans le monde qui vous attend, car vous serez des adultes plus tôt que vous ne l'imaginez. Bien... Je sais qu'à votre âge, le mystérieux vous fascine. Je me suis donc dit que nous pourrions commencer notre programme par un animal fascinant et dangereux, le Lethifold.
Iris n'était pas une experte en animaux fantastiques, cela ne l'intéressait pas vraiment. Elle ne connaissait que les animaux familiers au Royaume-Uni, et quelques autres créatures dont elle avait appris l'existence à Poudlard. Le Lethifold, cela ne lui disait rien.
— Quelqu'un pourrait-il me parler du Lethifold ? Lorsque je vous interroge, dites votre nom avant de parler. Nous vous écoutons, Miss, dit le professeur en désignant le fond de la classe.
— Rose Stebbins, répondit la studieuse Poufsouffle. Je ne sais pas grand-chose sur le sujet, mais je crois qu'on l'appelle aussi "Suaire vivant", et qu'il ressemble à une cape noire qui attaque les personnes endormies en les étouffant et les engloutissant.
— Pas grand-chose ? Ce n'est pas mal, Miss Stebbins. Cinq points pour Poufsouffle. Monsieur, vous leviez la main, pouvez-vous compléter la réponse de votre camarade ?
— Remus Lupin. On trouve le Lethifold dans les climats tropicaux, et il ne laisse jamais aucune trace derrière lui.
— Tout à fait. Et bien, tout le monde, prenez des notes enfin ! Le Lethifold attaque généralement les personnes endormies en s'étalant sur elles, en les étouffant et en les engloutissant de manière à finalement fondre le corps de sa victime dans le sien. Savez-vous comment l'on peut repousser un Lethifold, Monsieur Lupin ?
— Avec un Patronus.
— En effet. Cinq points pour Gryffondor également. Je vais désormais vous lire un extrait du récit de Flavius Belby, l'un des rares survivants d'une attaque de Lethifold.
L'histoire du pauvre Flavius Belby, attaqué au cours de ses vacances en Papouasie-Nouvelle-Guinée, était plutôt effrayant. Iris se fit la réflexion de rappeler à son frère l'existence du Lethifold, lui qui partait souvent dans les zones tropicales pour son travail ou pour des vacances. Après tout, il avait eu quelques problèmes avec un Kappa quelques mois auparavant, au Japon.
— Il était super ce cours, non ? Ou on m'a jetée un Sortilège de Confusion ? demanda Lily une fois le cours fini, en marchant vers la Grande Salle.
— Franchement, je m'attendais pas ça en voyant Tiddle, approuva Karen.
— Il est sévère, mais pas méchant, répondit Iris, rassurée à l'idée de ne pas avoir un dragon comme professeur.
— Vous ne l'avez pas vu hurler sur Potter, ça c'était quelque chose. Croyez-moi, dans le genre effrayant il se pose le Tiddle, dit Mary en prenant place à la table des Gryffondors.
— Et j'ai raté ça ? dit Lily, réellement déçue.
— Tiens, en parlant du loup... lui chuchota Iris en remarquant Potter et ses amis entrer dans la Grande Salle à leur tour.
— Je m'en fiche, je ne le vois pas, il n'est pas là, il n'existe pas. Je vais juste contempler cette magnifique tranche de rosbif dans mon assiette et... Iris, fais quelque chose, il y a plein de place à côté de toi !
— Ne t'inquiète pas, ils vont aller s'installer à côté de Jerry, pour parler Quidditch. Ah bah non en fait... Mais écoute, il a vraiment une jolie couleur ce rosbif, tu as raison, admire-le.
Potter passa près de Lily en lui souhaitant un bon appétit, ce qui fit se crisper la Gryffondor. Finalement, Iris ne savait plus trop qui était le plus obsessionnel des deux : celui qui essayait d'attirer son attention, ou celle qui essayait à tout prix de l'éviter et de le repousser ? Potter était insupportable avec elle et son amie comprenait volontiers son envie de le voir disparaître de son espace vital. Mais elles avaient également beaucoup ri grâce à lui ces derniers mois... Et en cet instant, à voir le regard de Lily fixé sur sa tranche de rosbif comme si elle essayait de la faire léviter, Iris était au bord du fou rire.
— Leighton, j'ai des questions à te poser.
A force de se moquer de Lily et son rosbif, elle n'avait pas fait attention à Sirius Black, qui venait de s'installer juste à côté d'elle. Pour autant, elle n'était pas étonnée. Parfois, Black avait des questions sur le monde moldu, et il fallait qu'il lui pose immédiatement. Iris avait toujours songé que le cerveau de ce garçon devait fonctionner d'une manière très particulière.
— Tu sais que Iris n'est pas la seule de cette école à avoir un parent moldu ? Tu pourrais changer de victime de temps en temps, plaisanta Remus, assis juste en face d'eux.
— Je vais pas demander à Evans, elle va m'envoyer son assiette en pleine tête. Et ce ne serait pas juste, car ce serait la faute de James... Faut dire, oser lui souhaiter un bon appétit en souriant, il y a de quoi planter quelqu'un à coup de fourchette.
— Tu sais très bien être assez insupportable tout seul, sans avoir besoin de Potter pour que je te jette des choses à la figure, rétorqua Lily.
— Mange ton rosbif Evans... Et mâche bien surtout, parce que c'est un coup à s'étouffer, de manger crispée comme ça.
— Tu voulais quoi ? demanda Iris au jeune homme, coupant court aux piques de ses deux voisins de table.
— Comment est-ce qu'on sait combien de timbres il faut mettre sur une enveloppe ? lui demanda-t-il en regardant les plats de nourriture autour de lui. Tu veux des haricots ?
— Non merci. C'est selon le poids de la lettre, sa destination... Il y a des feuilles de tarifs.
— Tu en as une ?
— Une feuille de tarifs, non... Mais si ça te fait plaisir, je peux toujours demander à ce qu'on m'en envoie une.
— Qu'est-ce que... Je ne sais même pas comment poser cette question, soupira Remus. Qu'est-ce que tu vas faire d'une feuille de tarifs postaux moldus, Sirius ? Tu veux envoyer une lettre à quelqu'un ?
— Bah non, mais si un jour j'ai besoin de le faire, je ne veux pas passer pour un crétin.
Remus haussa les épaules et souhaita beaucoup de courage à Iris pour supporter son ami. Mais la jeune fille savait bien que Remus ne le pensait pas vraiment. C'était vraiment bien que Sirius Black soit aussi curieux du monde moldu. Peu de ses camarades s'intéressait au monde non magique : non pas qu'ils soient tous intolérants ou racistes, mais ils n'y pensaient simplement pas. Iris trouvait cela dommage, car même si la magie était quelque chose d'exceptionnel, la vie moldue n'était vraiment pas mal non plus.
— Et tu pourrais m'expliquer les règles du hockey sur glace ? demanda Black en lui passant une tranche de pain qu'elle n'avait pas demandée.
Le reste de cette première journée se passa plutôt mollement. Le cours d'Histoire de la Magie avait été aussi soporifique que d'habitude, au point que la pauvre Orthia s'était cognée la tête sur la table en s'endormant. Le bruit sourd provoqué par le choc n'avait fait réagir personne, tous les élèves étant trop endormis. Iris maintenait que mettre ce cours juste après le repas de midi était l'idée la plus stupide qu'elle n'ait jamais vue.
— Iris et moi on va à la bibliothèque pour se débarrasser tout de suite du devoir de McGo, vous venez ? demanda Lily aux autres filles, alors qu'elles prenaient l'air dans le parc.
— Après le cours de Binns ? Mais vous êtes tarées... Non, moi je vais dans la Salle Commune, répondit Orthia en prenant ses affaires.
— Bah moi je vais les accompagner, dit Karen. Je vais essayer d'être sérieuse pendant une semaine. Non en fait, je vais travailler une semaine sur deux...
Les cinq amies se mirent à rire. Finalement, Mary elle aussi désirait étudier à la bibliothèque. Bien évidemment, une éclaireuse devait entrer en première pour vérifier que Potter n'y était pas. Iris avait tellement l'habitude de vérifier chaque détour de couloir qu'elle en prit immédiatement la responsabilité.
— Vérifie aussi si Severus est là, s'il te plaît, demanda Lily.
— Et Patrick Wenlock, ajouta Karen.
— Wenlock ? Le sixième année, le gardien des Poufsouffle qui a failli nous faire perdre le match l'an dernier ? Pourquoi c'est important qu'il soit là ou pas ?
— Il me plaît !
— Et ben ma veille, bon courage avec Potter, dit Iris en se plaçant devant la porte pour l'ouvrir.
— Il n'y a pas que le Quidditch dans la vie...
Iris répondit que Potter serait sans doute capable d'essayer de faire bannir Karen de la maison Gryffondor si elle osait sortir avec l'excellent gardien qu'était Wenlock. Il avait la fâcheuse tendance d'empêcher le poursuiveur de marquer. Soudain, alors qu'elle allait en saisir la poignée, la porte s'ouvrit brutalement, et Iris se prit un violent coup de porte dans le visage.
— Aïe ! cria la jeune sorcière en se protégeant trop tardivement le visage.
— Qu'est-ce que tu fiches derrière la porte ? Dégage de là.
Reconnaissant la voix de Bellatrix Black, Iris écarquilla les yeux derrière ses mains. S'il y avait bien une personne qu'elle prenait toujours bien soin d'éviter, c'était Bellatrix Black. Question de survie, de bien-être mental et d'épanouissement social.
— Mais bouge, tu bloques le passage !
Iris bloquait peut-être le passage, mais elle était persuadée qu'en ce moment, on devait voir des petits hiboux voler autour de sa tête. Le nez entre les mains, légèrement penchée en avant, elle était un peu perdue.
— Eh ! Tu vois bien qu'elle a mal, la défendit Lily. Iris, ça va aller ?
Iris retira les mains de son visage et grimaça en voyant le sang sur ses doigts. Son nez lui faisait mal, et elle espérait qu'il ne soit pas cassé. Les choses n'allant décidément pas assez vite pour Bellatrix, celle-ci la contourna en pestant. Elle était suivie de sa fidèle Bellona, la cousine d'Iris.
— Sale traître à ton sang.
Pour la deuxième fois en l'espace de quelques minutes, Iris écarquilla les yeux. Bellona l'avait toujours royalement ignorée, comme si elle n'existait pas. La jeune fille ne s'en était jamais plainte, préférant largement cela à des conflits ouverts. Mais voilà que sa cousine de dix-sept ans, après plusieurs années communes à Poudlard sans lui décrocher un regard ou un mot, l'insultait ?
— Iris, je crois qu'il faut que tu ailles à l'infirmerie. Attention aux gouttes de sang par terre, Rusard serait encore capable de faire un scandale, dit Mary en lui tendant un mouchoir.
— A mon avis, tu vas avoir un coquard en plus... ajouta Lily en grimaçant. Viens, je vais t'accompagner voir Mrs Pomfresh. On vous rejoindra ensuite les filles.
Iris écouta Lily pester sur les mauvaises manières de Bellatrix sans rien répondre, distraite par la douleur et pas le comportement de sa cousine. Fort heureusement, son nez n'était pas cassé, et Mrs Pomfresh lui donna une potion contre la douleur qui se révéla très efficace. Bien sûr, Iris avait tout de même une tête catastrophique, malgré la crème de l'infirmière : elle avait un magnifique bleu d'une couleur déjà très soutenue sur le côté gauche du nez, l'oeil un peu enflé avec, comme l'avait prédit Lily, un début de coquard. La crème à appliquer deux fois par jour dans une main et une poche de glace appliquée sur le visage, Iris trouvait que l'année démarrait d'une drôle de manière.
— Tu devrais aller te reposer dans la salle commune... Je vais nous avancer dans les recherches en Métamorphose, et on continuera demain toutes les deux, proposa gentiment Lily.
— Merci... Dis, tu as entendu ce que m'a dit Bellona ?
— Tu t'attendais à quoi ? "Désolée, tu veux un câlin ?"
— Non... Mais elle m'a parlé, à moi. Directement. Pour m'insulter, d'accord mais... Enfin jusque là, j'étais plutôt le parasite invisible, tu vois ? Depuis quand j'existe ?
— Sa meilleure venait de t'envoyer une porte en pleine tête et tu gênais leur passage. C'était difficile de t'ignorer.
Iris haussa les épaules, pas très convaincue. Elle se posait peut-être trop de questions, mais quelque chose l'avait vraiment dérangée chez Bellona. Peut-être était-ce l'effet du coup de porte combiné à celui de la surprise, après tout.
Lily l'accompagna devant le portrait de la Grosse Dame et lui conseilla de se détendre un peu, avant de repartir vers la bibliothèque. Bien évidemment, arriver dans la salle commune avec une poche de glace sur le visage, on avait vu plus discret. Surtout si Orthia était présente.
— Mais qu'est-ce que t'as fichu ? s'écria la brune en se levant de son fauteuil.
— Me suis battue avec une porte, et elle a gagné... plaisanta Iris.
— Mais sérieusement, t'as fait quoi ?
— Bellatrix Black sortait de la bibliothèque, moi je voulais entrer. Entre nous deux, il y avait la porte et je te laisse deviner qui l'a prise en pleine poire, répondit-elle en s'asseyant sur le sofa à côté de Anna Voronov, une sixième année.
Évidemment, en un rien de temps, la presque totalité de la salle commune s'était pressée autour d'elle. Sans qu'elle comprenne vraiment comment, elle se retrouva avec les pieds étendus sur des coussins et un verre de jus de citrouille dans la main.
— Non mais ça va, ne vous inquiétez pas, dit Iris, amusée.
— T'as pas vu ta tête ou quoi ? répondit Orthia.
— Orthia ! Ne t'inquiète pas Iris, si tu veux viens me voir demain matin, je t'arrangerai ça avec quelques sorts et du maquillage. Ce sera moins... Enfin voilà quoi, dit Alice, compatissante.
Alice Faithfull était une septième année vraiment très gentille, qui cherchait toujours à maintenir une bonne ambiance au sein des Gryffondors. Elle avait même organisé un système de tutorat pour aider les plus jeunes, initiative tellement appréciée par le professeur McGonagall qu'elle était devenue obligatoire. Avec Beatriz Ciengo, elles étaient les deux organisatrices désignées de tout ce qui pouvait se passer chez les Gryffondors, des fêtes au ménage de printemps, en passant par les soirées jeux. C'était sûrement grâce à elles que les élèves de la maison étaient aussi soudés.
— J'espère que ça ne va pas t'empêcher de faire la fête ? demanda Orthia.
— Non, ça devrait aller. Vous éviterez juste de prendre des photos dans ma direction...
Une fête de rentrée était prévu chez les Gryffondors ce soir, pour fêter les retrouvailles des élèves, se motiver pour gagner la Coupe des quatre maisons et souhaiter la bienvenue aux premières années. Iris aimait particulièrement la fête de rentrée, qui lui rappelait chaque année pourquoi elle aimait autant Poudlard. Et en tant que cinquième année, elle allait pouvoir rester plus tard que les fois précédentes.
— Orthia m'a dit que le professeur Tiddle n'était pas si horrible que ça ? lui demanda Alice en s'asseyant près d'elle, sur l'accoudoir du fauteuil.
— Franchement, son cours était bien. Par contre, il supporte pas les bavardages alors à la limite, évite de te mettre à côté de Beatriz. Tu l'as demain ?
— Oui, à dix heures. J'aurai le temps de récupérer un peu ma nuit.
— On aurait pu faire la fête samedi, sinon ?
— Les professeurs sont trop attentifs le samedi soir, ils s'y attendent trop, lui expliqua Alice. Les Poufsouffle font leur fête samedi et si tu veux mon avis, ils vont se faire prendre.
— Déchaînés comme ils sont toujours, en plus... approuva Orthia. Et puis nous, on commence à dix heures aussi alors bon...
— Par Potions. Faudra que tu sois un minimum réveillée Orthia, ou tu vas encore perdre tes sourcils, se moqua gentiment Iris.
Iris adorait passer du temps dans la salle commune. Elle aimait tout dans cette pièce : les couleurs chaudes des murs et des coussins, le confort rassurant des fauteuils, les bruits des discussions entre amis... Elle n'était pas une solitaire. Au contraire, elle détestait être seule et la salle commune, c'était l'endroit où on ne pouvait jamais l'être. Il y avait toujours quelqu'un pour discuter ou tout simplement une présence rassurante. Au final, la salle commune des Gryffondor, c'était le salon de sa deuxième famille. Une deuxième dont les deux cousins un peu pénibles seraient Potter et Black, qui venaient de rentrer dans la salle, Potter perché sur le dos de Black, hilare.
— Depuis quand Karen veut sortir avec Wenlock ? demanda discrètement Iris à Orthia, maintenant qu'elles étaient seules.
— Elle a discuté deux minutes avec lui sur le Chemin de Traverse et il lui a dit qu'elle avait un joli rire.
— Ah... Donc c'est pas à sens unique ?
Orthia allait répondre quand Peter Pettigrew arrivant à son tour dans la salle commune en compagnie de Remus Lupin, écarquilla grand les yeux en voyant Iris.
— Merde Iris, ça va ?
— Bellatroce lui a mis un coup de porte, expliqua Orthia.
— QUOI ?
Black, qui n'avait pas remarqué le visage d'Iris jusqu'à présent, réagit en entendant le surnom de sa détestable cousine. La jeune sorcière haussa les épaules et précisa que pour une fois, Bellatrix n'avait pas fait exprès de la blesser.
— Pas cool quand même, dit Peter en grimaçant devant le visage bleui de la jeune fille.
— Elle doit ouvrir les portes avec une de ces délicatesse... ajouta Potter. On va te venger.
— Parce qu'elle a ouvert une porte ? Laisse-tomber James, ça attirera plus de problèmes à Iris qu'autre chose, le raisonna Remus.
— T'es sûre qu'elle a pas fait exprès ? insista Black, contrarié.
— Elle pouvait pas savoir que j'étais derrière la porte. Bon, on parle d'autre chose que de ma tête boursouflée ?
— C'est pas si terrible que ça, la rassura Peter.
— Evans est pas avec toi ? demanda Potter, l'air de rien.
Iris leva les yeux au ciel en entendant Orthia répondre que Lily était avec Karen et Mary à la bibliothèque. Était-elle la seule à respecter la consigne "Ne jamais, jamais ô grand jamais révéler à Potter où je me trouve" de Lily ?
— James je te jure que si tu proposes d'aller à la bibliothèque... menaça Black.
— J'ai rien dit !
— On a tous vu l'idée passer dans tes yeux d'amoureux transi. Mais lâche l'affaire vieux, tu vois bien qu'elle veut pas !
— Elle le sait pas encore, c'est tout, rétorqua Potter.
— De toute façon, faut pas sortir avec une Gryffondor, combien de fois faudra-t-il que je te le dise ? dit Black en prenant le verre de jus de citrouille d'Iris. Je peux ?
Iris acquiesça, sachant très bien que de toute manière, Black aurait déjà bu son verre avant d'attendre sa réponse.
— Et pourquoi faut pas sortir avec une Gryffondor ? demanda Orthia, intriguée.
Orthia était loin d'être insensible au charme de Black. Elle ne savait pas lui refuser grand-chose, et avait une nette tendance à guetter ses sourires. Malheureusement, ses efforts pour attirer son attention s'étaient pour l'instant montrés inefficaces.
— Parce que ce sont les plus chouettes filles de l'école, répondit simplement Black. Et les filles chouettes, j'ai pas envie de prendre le risque de me fâcher avec. Je préfère leur taxer des Chocogrenouilles.
— Ou leur jus de citrouille.
— T'as compris la démarche, Leighton. Mais sérieusement, sortir avec quelqu'un de sa maison, c'est... Autant aller narguer Rusard en pleine nuit avec une danse du ventre, c'est moins risqué...
Tous éclatèrent de rire en imaginant Black offrir une danse du ventre à Rusard. Orthia semblait tout de même un peu contrariée à l'idée de voir toute possibilité de sortir avec Black s'évanouir. Ils discutèrent encore quelques minutes puis les garçons montèrent dans leur dortoir en échangeant des regards malicieux qui ne présageaient rien de bon.
— A ton avis, ils prévoient quoi ? Un truc pour ce soir ou une farce contre les Serpentards ? demanda Iris à Orthia en jouant avec l'un des coussins du sofa.
— Je sais pas...
— Oh fais pas cette tête. Il fait le malin mais il pourrait tout à fait tomber sous le charme d'une Gryffondor.
— Mouais...
— Et puis tu es à côté de lui en Métamorphose maintenant, ça va sans doute vous rapprocher.
— On verra bien. C'est pas comme s'il était le seul garçon de toute l'école. Tu veux pas qu'on aille dans le dortoir ? On sera plus tranquille.
Elles rejoignirent donc leur dortoir et papotèrent en attendant le retour de Lily, Mary et Karen. Orthia cuisina un moment Iris pour savoir si un garçon lui plaisait, mais elle se retrouva sur sa faim.
— Personne ? Tu parles... En gros, il y a que Lily qui a le droit à tes confidences, râla Orthia.
— Mais non... Je dis pas que personne me plaît, mais j'ai envie de sortir avec personne.
— Mouais... Tu diras pas ça longtemps.
— Peut-être, mais pour l'instant c'est comme ça.
— Mais par exemple, si Lupin venait te proposer de sortir avec lui ? Ce serait non ? Il te plaisait bien à un moment pourtant...
— Oh mais j'en sais rien Orthia, répondit Iris en riant. Tu me demandes si j'ai quelqu'un en vue, je te dis non. Après, j'ai pas réfléchi aux détails.
— Il te plaît toujours ?
— Il est mignon. Mais rien de plus...
Orthia lui sourit et allait lui répondre quand la porte s'ouvrit sur les filles, qui revenaient de la bibliothèque. Lily lui annonça fièrement qu'elle avait énormément avancé dans les recherches pour le devoir de métamorphose et qu'elles n'avaient plus qu'à s'occuper de la rédaction du parchemin.
— T'as plus trop mal ? s'inquiéta la rousse en désignant son visage.
— Bouarf... Je survis, plaisanta Iris.
— Il faut que tu sois en forme pour ce soir. Aaaaaah je suis TROP contente ! s'écria Karen en sautillant partout à travers la chambre.
— Karen, c'est juste une soirée de rentrée, c'est pas le bal de l'année non plus, calme-toi, dit Lily en s'asseyant à côté d'Iris, sur le lit.
Mais Karen était déjà partie trop loin, et il valait mieux la laisser sautiller partout en jetant des habits à travers la pièce, comme si cela allait l'aider à mieux choisir comment s'habiller.
— Tu as encore le temps, on a même pas encore mangé, soupira Mary en voyant Karen étaler des affaires sur son lit.
— Forcément, c'est facile pour toi, tu enfiles n'importe quoi et tu as l'air d'être une Vélane, rétorqua Karen. Pour moi, c'est toute une stratégie de faire oublier mes petites jambes.
Mary haussa les épaules et se replongea dans son livre. Karen avait raison : Mary était toujours élégante et gracieuse, même avec un pyjama en pilou. C'était rageant, parfois, il fallait bien l'avouer. Iris n'était pas très à l'aise avec son physique non plus. Elle trouvait justement qu'à côté de filles comme Mary ou Lily, elle manquait de douceur. Elle ne se trouvait pas laide, mais elle n'aimait pas se regarder dans les miroirs. Iris s'était toujours trouvée trop maigre et maintenant que ses amies commençaient à afficher quelques jolies courbes, elle désespérait devant sa silhouette cassante. Sans parler de cette mâchoire héritée de son père, un peu carrée, et un peu trop masculine à son goût. Mary avait l'air d'une jolie poupée... Iris, elle, trouvait qu'elle ressemblait à un phasme avec des cheveux.
Avant la fête du soir, les élèves se rendirent tout de même dans la Grande Salle pour prendre leur dîner. Bien sûr, la consigne était de ne pas trop manger pour pouvoir profiter du de la nourriture prévue lors de la soirée. Iris et Lily manquèrent de s'étouffer de rire en remarquant le professeur de divination essayait de lire l'avenir du professeur Tiddle dans sa soupe. Sans aucun doute, la journée finissait mieux que ce qu'elle n'avait commencé.
De retour dans leur chambre, Karen avait finalement opté pour une jolie robe patineuse bleue qui donnait l'illusion de jambes un peu plus grandes. Iris quant à elle ne s'était pas posée autant de questions. L'important était de ne pas porter l'uniforme de l'école et de se sentir à l'aise, rien de plus. Elle avait donc enfilé une paire de jeans et une blouse à manches courtes couleur ocre qu'elle aimait beaucoup porter. Un coup de brosse dans les cheveux plus tard, elle était descendue dans la salle commune en compagnie de Lily.
— J'ai vu Severus à la bibliothèque tu sais, lui dit discrètement Lily.
— Ah ?
— Il est venu discrètement me parler derrière une étagère... Il voulait savoir si la rentrée s'était bien passée et si Potter me laissait tranquille.
— Je pense qu'il a dû remarquer que ce n'était pas le cas.
— Ouais. Et il m'a dit de te souhaiter un bon rétablissement, il était désolé pour toi quand je lui ai dit pour la porte.
— C'est juste un coup de porte, répondit Iris. Donc, il a prévu de ne pas nous ignorer toute l'année, ou c'est juste sa résolution de la rentrée ?
— Oh Iris, s'il te plaît, ne commence pas. J'étais contente qu'il vienne me parler, je n'ai pas envie de déjà me prendre la tête.
— T'as raison, excuse-moi. Il va bien lui ?
— Oui plutôt. J'ai l'impression qu'il s'entend de mieux en mieux avec ses camarades de maison.
— C'est pas forcément une bonne nouvelle ça... Lily, Potter s'approche, je fais quoi, je te le stupéfie ?
Lily éclata de rire, pour le plus grand soulagement de son amie qui n'aimait pas la voir tracassée par Severus. Se rendait-il compte qu'il la faisait autant souffrir, en malmenant ainsi leur amitié ? Une fois encore, elle pouvait remercier Potter. Heureusement pour Lily, Remus intercepta Potter avant même qu'il ne puisse ouvrir la bouche, en l'entraînant vers le reste des Maraudeurs. Le tout nouveau Préfet se retourna et adressa un clin d'œil aux deux filles auquel Lily répondit par un sourire reconnaissant.
— S'il vous plaît !
Beatriz Ciengo cherchait à se faire entendre à travers la salle, avec peu de succès. Heureusement pour elle, Jerry Hadder, son petit ami utilisa son autorité de Capitaine de l'équipe de Quidditch pour la faire entendre.
— Fermez-la deux minutes !
— Merci Jerry. Alors maintenant que tout le monde a l'air d'être à peu près là, je voulais juste vous souhaiter une bonne soirée et vous demander de pas faire trop de bêtises. Personne n'a envie de voir McGo débarquer en robe de chambre, pas vrai ? Sinon, je voulais surtout souhaiter la bienvenue au nom de tous les Gryffondor aux premières années. Ne vous inquiétez pas, pas mal d'entre nous ont l'air un peu dégénérés, mais au final, on est tous sains d'esprit.
— Ça reste à déterminer pour Potter et Black, plaisanta Frank Londubat, un autre septième année.
— Hé ! protestèrent les deux concernés dans un parfait ensemble.
La soirée était vraiment très réussie, tout le monde s'amusait bien et même Potter semblait avoir compris qu'il fallait qu'il laisse Lily tranquille. Depuis leur retour à Poudlard, elles n'avaient pas eu le temps de beaucoup discuter rien que toutes les deux. C'était agréable pour toutes les deux de commenter la soirée ensemble et d'échanger des regards qu'elles seules pouvaient comprendre.
— Je te parie ce que tu veux qu'Alice et Frank sont ensemble avant Halloween, lui chuchota Lily entre deux gorgées de Bièraubeurre.
— Ce serait chouette, ils sont trop mignons à deux. Euh... C'est moi ou Remus dévore Mary des yeux ?
— Par le caleçon de Merlin, t'as raison ! Mais elle va fondre s'il continue comme ça !
Iris esquissa un sourire, trouvant que si quelqu'un méritait bien de sortir avec une chic fille comme Mary, c'était bien Remus Lupin. Et inversement. Elle était persuadée qu'ils s'entendraient très bien tous les deux, calmes et posés comme ils l'étaient.
— Je pense que tu ne vas pas rester bleue trop longtemps.
— Hein ?
— Ton visage, ça dégonfle déjà.
— Chouette.
En repensant à ce qui s'était passé plus tôt dans l'après-midi, Iris était à nouveau contrariée. Ce n'était sans pas grand-chose, voire un élément sans importance, mais elle était toujours intriguée par l'attitude de sa cousine. Elle avait cru entendre tant de ressentiment dans la voix de Bellona... Iris avait toujours composé avec l'ignorance de sa famille, pas avec la haine et les insultes.
— Toi, tu penses encore à Bellona... devina Lily, à qui rien n'échappait quand il s'agissait de sa meilleure amie.
— Je sais, c'est débile. Mais tu vois, c'était vraiment curieux.
— Elle se radicalise aussi, c'est pas si étonnant... Mais si ça t'inquiète, tu devrais écrire à ton frère.
— A quoi ça servirait ? Non, elle devait être mal lunée et ça lui a échappé. Elle doit sûrement regretter d'avoir usé de la salive pour m'adresser la parole.
— C'est sûrement ça ! approuva Lily. J'ai super faim, on se fraie un chemin en évitant Potter pour récupérer des toasts ? Un sortilège d'attraction serait trop visible, pas vrai ?
— Tu prendrais le risque d'attirer Black dans notre direction. Bah oui, il suivrait les toasts. Et Potter suivrait Black.
Lily éclata de rire en imaginant la scène et les deux sorcières décidèrent de ne pas prendre de risques et de se déplacer jusqu'aux toasts. Oui vraiment, la journée s'achevait mieux qu'elle n'avait commencé. Et alors qu'elle mordait dans un délicieux toast au saumon, Iris se dit que peu de choses étaient aussi délicieuses qu'une soirée à Poudlard.
Voilà, j'espère que ce deuxième chapitre vous plaît. Des choses se mettent en place tout doucement. J'espère que tout doucement, vous commencez à vous attacher à Iris.
Je vous dis à très bientôt pour un troisième chapitre... Où les choses s'accélèreront un peu.
Surtout, gardez la pêche ;)
