Ça avait commencé avec une lettre. Une lettre écrite sur un papier étrange, et qui portait à l'arrière un sceau à la cire encore plus étrange ! Une lettre qu'il n'avait pas pu lire, mais qui avait beaucoup inquiété son oncle et sa tante, au point qu'ils le sortirent de son placard pour lui donner la seconde chambre de Dudley, au grand désespoir de ce dernier ! Mais même si son oncle et sa tante refusaient qu'il lise sa lettre, la lettre était revenue !

D'abord une fois, puis deux, puis trois, puis plein de fois, tout le temps ! Par la boite aux lettre, glissées dans des boite d'œufs, autour de la porte, par la cheminée…

Et surtout, surtout, lorsque l'oncle Vernon en eût marre, et décida d'emmener tout le monde se perdre sur une cabane perchée en pleine mer en haut d'un rocher, le trente-et-un Juillet, soit le jour même de son anniversaire, la lettre arriva par géant interposé…

Oui, par géant !

Rubeus Hagrid se présenta comme étant le « Gardien des Clés et des Lieux » de l'école de sorcellerie Poudlard…

C'était ça que contenait la lettre ! Harry était un sorcier, et il devait aller à l'école de sorcellerie ! La lettre était une liste de fournitures à acheter avant le premier Septembre ! Hagrid prévoyait dès le lendemain de l'emmener faire ses courses sur ce qu'il appela le « Chemin de Traverse », et qui était apparemment l'allée sorcière de Londres…

Mais surtout, ce soir là, Harry apprit la vérité sur ses parents. Hagrid lui expliqua qu'autrefois, un sorcier avait très, très mal tourné, et s'était plongé corps et âme dans la Magie Noire ! Ce sorcier s'appelait Voldemort, -apparemment, on ne devait pas prononcer son nom, ce que Harry trouvait stupide : non seulement parce que Voldemort n'était pas là, mais parce qu'en plus, les gens se faisaient peur tous seuls… Toujours était-il que ce Voldemort semblait avoir tué beaucoup, beaucoup de gens, et les parents de Harry en faisaient partie. Mais en plus de ça, Harry était le seul sorcier à lui avoir survécu, et c'était de là que venait la petite cicatrice en forme d'éclair qu'il aimait tant : c'était la trace du maléfice que Voldemort avait voulu utiliser pour le tuer, et qui avait tué ses parents. Harry décida que, d'un seul coup, il aimait beaucoup moins sa cicatrice…

Harry apprit qu'à cause de tout ça, il était célèbre dans le monde sorcier, car non seulement il avait réussi à survivre au plus puissant Mage Noir de tous les temps, alors qu'il n'était âgé que d'un an, mais en plus, ce même soir ou il avait essayé de le tuer, Voldemort avait disparu ! L'homme s'était littéralement volatilisé ! Beaucoup de gens le croyaient mort, mais certains pensaient qu'il avait juste perdu son pouvoir, et attendait le bon moment pour revenir…

Le reste de la soirée se déroula tout aussi étrangement, entre Hagrid qui s'était mis à hurler sur les Dursley et avait donné une queue de cochon à Dudley avant de squatter le canapé pour la nuit, Harry qui dormit confortablement, enroulé dans son grand manteau, et les Dursley qui restèrent debout dans un coin de la pièce jusqu'au matin, terrorisés que le géant se réveille pour les ensorceler… Harry, rigolant intérieurement, décida que si être un sorcier était toujours comme ça, alors ce n'était pas si mal…

Malgré tout, Harry dormi mal cette nuit là.

Lorsque Hagrid lui avait parlé de la façon dont Voldemort avait tué ses parents, il avait brièvement revu le rayon vert qui apparaissait parfois dans ses rêves, et cette fois ci, il en avait encore rêvé, mais de façon plus précise. Il ignorait si c'était un souvenir qui revenait ou si c'était juste son imagination qui travaillait, mais il avait vu un homme enveloppé dans une grande robe noire, le visage couvert par une capuche, qui s'approchait de son berceau, un étrange bout de bois dans sa main pâle… Il vit le rayon vert se diriger vers une femme sans visage et qu'il identifia comme sa mère, et lui, dans son berceau, il se mit à pleurer de la voir, inanimée, par terre, mais bizarrement, il ne se sentit pas en danger…

Il savait que la femme était sa mère, il savait que l'homme était Voldemort, il savait que sa mère était morte, mais il ne se sentait pas en danger…

Le lendemain, il eût droit au meilleur petit déjeuner de sa vie, car il put manger un énorme bout de son gâteau d'anniversaire, que Hagrid lui avait fait lui même ! C'était la première fois que Harry recevait un gâteau d'anniversaire, surtout un gâteau maison, et il le trouva délicieux ! Il découvrit qu'il aimait le chocolat, Dudley en mangeait tout le temps, s'en gavait même, mais lui, c'était la première fois qu'il goûtait, c'était même la première fois qu'il sentait quelque chose d'aussi sucré sur sa langue…

Après le petit déjeuner, Hagrid l'emmena faire ses courses sur le Chemin de Traverse : un lieu merveilleux, et ou tout le monde était comme Harry ! Ils accédèrent au Chemin de Traverse par un vieux pub, un peu miteux et surtout très bizarre, qui s'appelait le « Chaudron Baveur ».

Harry s'aperçut que effectivement, tout le monde le connaissait, et d'ailleurs, tous les clients du Chaudron Baveur se levèrent pour lui serrer la main, certains plusieurs fois… Il rencontra aussi le professeur Quirrell, son futur professeur de Défense Contre les Forces du Mal, qui portait un étrange turban violet, et en lui serrant la main, Harry sursauta.

Il venait d'avoir un peu mal à sa cicatrice. Mais surtout, il éprouvait l'impression bizarre que Quirrell n'était pas seul… C'était comme si il y avait quelque chose enlui, quelque chose qu'il semblait confusément connaître, mais qui lui semblait encore indéfini… Comme si ce quelque chose lui disait qu'il y avait quelqu'un d'autre avec eux, quelqu'un… Quelqu'un de gentil !

Harry ne savait pas quoi dire à Hagrid, il n'avait même aucune idée de comment expliquer ce qu'il ressentait, alors il décida de garder cette impression pour lui, mais il savait que… Il savait que… Il savait que cette présence « en plus » n'était pas mauvaise… Pas pour lui…

Cette chose qu'il ressentait, cette chose qui s'agitait en lui, était douce et chaleureuse… Comme si il avait retrouvé un vieil, très vieil ami… Quelqu'un qu'il avait perdu de vue depuis longtemps, si longtemps qu'il en avait oublié l'existence, mais qu'il retrouvait aujourd'hui comme si ils s'étaient quittés hier… Mais qui ?

Ils sortirent du Chaudron Baveur et Harry, émerveillé par l'allée, oublia toutes ses interrogations ! Hagrid l'emmena à la banque de Gringotts, la banque des Sorciers, tenue par des Gobelins à l'air revêche…

Du moins, c'était ce qu'il croyait. Mais en fait, les Gobelin semblèrent presque paniquer à son approche !

Pour commencer, le Gobelin-portier dans sa livrée rouge et or sursauta en le voyant arriver, avant de s'incliner jusqu'au sol.

-Euh...Bonjour… Le salua Harry, troublé.

-Monsieur, lui répondit le Gobelin en s'inclinant de nouveau respectueusement.

-Et bien, c'est bien la première fois qu'ils m'accueillent comme ça ! Lui chuchota Hagrid, intrigué, alors qu'ils entraient enfin.

Dès qu'ils eurent passé la porte, les Gobelins se figèrent et Harry sentit tous les regards se tourner vers lui. Après le Chaudron Baveur, il s'était dit qu'il allait devoir se faire à l'idée d'être observé dans le monde sorcier, mais il ne pensait pas qu'il intéresserait aussi les Gobelins ! Surtout qu'une fois qu'ils se furent tous retournés pour le regarder, les sorciers firent de même…

Machinalement, il passa une main sur son front et rabattit ses cheveux sur sa cicatrice. La banque toute entière semblait s'être arrêtée de fonctionner pour le regarder…

-Et bien, que se passe-t-il ? Tonna la voix de Hagrid.

Harry releva les yeux vers lui et s'aperçut qu'il avait les sourcils froncés d'un air interrogateur. Il ne savait donc pas plus que lui ce qui se passait…

Aussitôt, quelques Gobelins retournèrent à leur travail en leur lançant un regard ou transparaissait de la déception, mais aussi finalement un certain dédain. Cependant, le Gobelin vers lequel ils se dirigeaient les attendit et fixa Harry d'un regard circonspect…

Hagrid demanda à retirer de l'argent dans le coffre Potter et donna la clé du coffre. Il demanda aussi à retirer « vous-savez-quoi » dans le coffre numéro sept-cent-treize…

Harry en fut curieux, mais ce n'était pas ses affaires. Et puis surtout, il sentait encore sur lui le regard de certains Gobelins et ça le perturbait. Le Gobelin se hissa sur son comptoir pour le regarder par dessus, et Harry se sentit tout petit devant lui. Pourtant, il était sur que le Gobelin mesurait moins d'un mètre…

-Est-ce tout ? Demanda-t-il directement à Harry.

Surpris, Harry rougit. Il venait retirer de l'argent dans son coffre, il ne voyait pas ce que le Gobelin pouvait lui vouloir de plus…

-Euh… Oui s'il vous plaît… Merci… Balbutia-t-il.

-Que voudriez-vous qu'il fasse de plus ? Demanda Hagrid.

Le Gobelin se retourna vers lui.

-Mais rien Monsieur. Si vous voulez bien patienter, un de mes collègues va vous guider…

Hagrid se détourna d'un air soupçonneux, prêt à suivre le petit Gobelin qui venait d'arriver. Qu'est ce que tout cela signifiait ? Il devrait parler de ça à Dumbledore, peut être le vieil homme aurait-il une explication ?

Un peu gêné, Harry se retourna une dernière fois vers le Gobelin du guichet. Il s'aperçut qu'il le fixait toujours…

-La mémoire n'est pas encore éveillée… L'entendit-il marmonner…

Harry fronça les sourcils, essayant de comprendre, mais Hagrid l'appela pour lui demander pourquoi il traînait, alors après avoir regardé le Gobelin une dernière fois, il rejoignit son ami…

Il découvrit avec stupeur qu'il avait une montagne d'or dans son coffre ! Il possédait plus d'argent que les Dursley n'en auraient jamais ! Hagrid remplit une petite bourse de son or pour payer ses achats, et en sortant, Harry ne put s'empêcher de se demander avec amertume pourquoi il restait chez les Dursley si il avait autant d'argent : il avait largement de quoi vivre seul, ou même payer quelqu'un pour s'occuper de lui ! Il était apparemment quelqu'un de célèbre, alors pourquoi est ce que personne ne s'inquiétait pour lui ?

Après cela, Hagrid l'emmena chercher une baguette magique, -apparemment la possession la plus importante d'un sorcier, et ce dont il aurait le plus besoin pour ses cours-, et Harry oublia de nouveau toutes ses questions. Il eût l'impression que cela durait une éternité ! Surtout qu'il n'arrêtait pas de provoquer des catastrophes ! Monsieur Ollivander semblait très gentil, bien qu'un peu bizarre, mais il lui fit essayer des douzaines de baguettes et à chaque fois, Harry détruisait quelque chose chez lui ! Il en était désolé, mais ne voyait pas quoi faire pour se racheter, ni pour s'arrêter, puisqu'il ne savait pas ce qu'il faisait ! Finalement, Harry choisit, -ou plutôt « fut choisi », car apparemment, c'est la baguette qui choisit son sorcier-, Harry fut choisi par une baguette en houx, de vingt-sept centimètres et demi, avec à l'intérieur une plume de Phoenix. Au moment ou il la saisit, une forte chaleur se répandit dans son corps et le fit haleter. Il se sentait merveilleusement bien ! Une gerbe d'étincelles rouge et or sortit de sa baguette et il eût l'impression que l'air autour de lui se mettait à vibrer. Impression confirmée lorsqu'il vit Ollivander et Hagrid qui regardaient autour d'eux d'un air inquiet…

Harry ignorait ce qu'était un Phoenix, mais il supposa que puisque ce truc avait des plumes, il devait s'agir d'un oiseau. Tout ce qu'il savait, c'est que sa baguette était apparemment souple et facile à manier, et que d'après ce que Ollivander lui avait dit, le Phoenix qui avait fourni la plume pour sa baguette en avait également donné une autre : pour la baguette de l'homme qui avait tué ses parents…

Après la baguette magique, Hagrid s'éclipsa un instant et laissa Harry se faire faire des robes de sorciers, -son uniforme pour l'école-, chez Mme Guipure, et il rencontra un garçon blond, assez méprisant, et qui l'agaça beaucoup ! Il parla de balais volants et de choses inconnues appelées Quidditch, Pouffsouffle et Serpentard, ce qui donna à Harry l'impression d'être complètement idiot ! Mais ce qui l'agaça le plus, c'est que le garçon se moqua de Hagrid, alors que Hagrid était la première personne au monde à être gentil avec lui…

Harry ne savait pas qui était le garçon, mais il décida qu'il ne l'aimait pas ! En fait, il lui rappelait Dudley, il avait l'air pourri-gâté comme lui… Surtout pourri ! En plus, Hagrid revenait avec une glace et une magnifique chouette Harfang des Neiges ! C'était la première fois qu'il goûtait de la glace, et la première fois qu'il recevait un cadeau d'anniversaire…

Décidément, cette journée était bonne… Il avait appris qu'il était un sorcier et allait quitter les Dursley, on lui fêtait son anniversaire pour la première fois, il avait un gâteau, un cadeau, une glace, des vêtements à sa taille…

Harry ne se souvenait pas d'avoir déjà possédé autant de choses à lui ! Et en plus, ce n'était pas fini !

Tout d'abord, Hagrid l'emmena au restaurant pour le déjeuner. Il n'avait jamais mangé au restaurant! Bon, c'était ce qui ressemblait à l'équivalent sorcier d'un fast-food, et Harry n'avait absolument aucune idée de ce qu'il mangeait, mais c'était délicieux ! D'ailleurs, il profita du repas pour interroger Hagrid sur ce que le garçon lui avait dit : le Quidditch était le sport des sorciers, dont la popularité était apparemment comparable à celle du football moldu. Et Serpentard et Pouffsouffle étaient les noms de deux des quatre maisons de Poudlard…

Lorsque Hagrid lui précisa que Pouffsouffle était une maison pleine de gens pas très doués, Harry pensa qu'il allait certainement y être, mais Hagrid lui répliqua qu'il valait mieux être à Pouffsouffle qu'à Serpentard, car cette maison fournissait un grand nombre de mages noirs, y comprit « Il-savait-qui »…

Étrangement, l'esprit de Harry se révolta à cette idée. Pourquoi cette maison devait-elle fournir plus de gens maléfiques que les autres ? La Folie ou l'Idiotie n'était pourtant pas l'apanage d'un petit groupe de personnes, pour ce qu'il en savait, loin de là !

-Mais il n'y a pas que des Mages Noirs ? Demanda-t-il.

-Bien sûr que nom ! Répondit Hagrid. L'un de nos précédents Ministres de la Magie était à Serpentard, et le plus jeune Maître des Potions d'Angleterre y était également ! Il y est toujours d'ailleurs, c'est le directeur de la maison. Tu le rencontreras bientôt…

-Et tous les précédents Mages Noirs provenaient uniquement de Serpentard ?

Hagrid leva les yeux au ciel.

-Non, je n'ai pas dis ça ! D'ailleurs, le Mage Noir d'avant Tu-sais-qui venait d'une autre école de Magie qui s'appelle Durmstrang, et qui est en Bulgarie. C'est sa victoire contre lui qui a rendu le Professeur Dumbledore célèbre, d'ailleurs. Pourquoi tant de questions sur Serpentard ?

Harry haussa les épaules.

-Je ne sais pas. Je ne vois pas le lien de cause à effet. Je ne comprends pas pourquoi il y a plus de mages noirs à Serpentard qu'ailleurs…

-Ça, répondit Hagrid, c'est autre chose : il y a dans le monde sorcier des gens qui se considèrent comme supérieurs aux autres parce qu'ils ont ce qu'on appelle un sang « pur », c'est à dire que ces gens n'ont dans leur famille que des sorciers, sur parfois plusieurs dizaines de générations. Ils méprisent les Sang-Mêlés -ceux qui ont du sang moldu- et les nés-de-moldus, car moins de Magie coule dans leurs veines… Les Sang-Purs naissent pratiquement dans la Magie, Harry ! Ils commencent à l'étudier dès leur plus jeune âge, et certains, par ennui, ou parce qu'ils pensent pouvoir résister à son attrait, finissent par se tourner vers la Magie Noire… Serpentard est la maison qui accueille le plus de Sang-Purs, et beaucoup des partisans de Tu-sais-qui, qui a toujours promis d'instaurer leur suprématie, sont à l'époque sortis de cette maison. D'ailleurs, Serpentard était lui aussi un Sang-Pur, et il s'est disputé avec les autres Fondateurs car il voulait que Poudlard n'accueille que des gens comme lui, tu comprends ? En plus de ça, les Sang-Purs sont souvent riches, tandis que les nés-de-moldus, chez qui la Magie apparaît au hasard, sont souvent d'horizons plus modestes…

Harry fronça les sourcils. Non, il ne comprenait pas. C'était idiot comme raisonnement. Que les Sang-Purs puissent se sentir supérieurs aux autres, par leur richesse et leur puissance, il le comprenait, même si il ne le cautionnait pas. Après tout, quand on est riche et puissant, on se sent toujours supérieur. Mais dire que tous les Mages Noirs sont des Sang-Purs, et qu'ils sortent tous de Serpentard, -pour les britanniques-, c'était idiot…

Après le repas, ils achetèrent les livres de cours, un télescope pour les cours d'Astronomie, ainsi qu'une balance, un chaudron et des ingrédients pour les potions. Alors qu'ils étaient à la librairie et attendaient leur tour, Harry, par curiosité, se balada un peu dans les rayons. Il s'aperçut qu'une quantité astronomique de bouquins parlaient de lui ! Mais comment était-ce possible !? Il ne connaissait absolument aucun des différents auteurs… Fronçant les sourcils, la lecture de quelques résumés lui appris que ces auteurs ne le connaissaient visiblement pas non plus ! Dire que ces gens se faisaient de l'argent sur son dos en l'extorquant à des lecteurs crédules ! Si il avait été dans le monde moldu, il aurait porté plainte pour diffamation, voire même pour escroquerie, mais il ignorait si c'était quelque chose de possible ici…

Lorsque le vendeur leur tendit enfin l'énorme pile de livres pour la rentrée en première année à Poudlard, Harry aperçut un autre livre sur un présentoir. Il tira timidement la manche de Hagrid et lui demanda tout aussi timidement si il pouvait ajouter « L'Histoire de Poudlard » à la pile. C'est qu'il avait déjà tellement reçu aujourd'hui, il ne voulait pas abuser… Mais il fallait bien qu'il sache ou il allait aller, non ?

A sa grande surprise, et surtout, à son grand soulagement, Hagrid lui sourit.

-Bien sûr Harry ! Comme ça, tu en sauras un peu plus sur ta future maison et ton monde ! Et même si c'est moi qui ai ta bourse, -je te la donnerai en partant-, il te reste encore largement assez d'argent !

Harry rougit. Il avait oublié que c'était son argent. C'est qu'il n'était pas habitué à en avoir…

Le soir, il grimaça lorsque Hagrid le déposa devant la maison des Dursley, au quatre Privey Drive, et Hagrid le vit.

-Je suis désolée Harry, tu es obligé de rester là jusqu'à la rentrée. Essaye de passer le temps en lisant tes livres… Un mois, ça passe vite, tu verras !

Harry hocha la tête et pria pour que Hagrid dise vrai. Il se dirigea vers la maison, traînant son énorme malle pleine de livres et de vêtements derrière lui. Encore un cadeau de Hagrid, indispensable avait-il dit, pour transporter toutes ses affaires, et beaucoup plus solide que ces espèces de malles moldues en tissu, ou cet étrange truc dur et coloré qui se cassait tout le temps…

En tirant sa malle derrière lui, Harry se dit que d'accord, une malle est sans doute plus solide qu'une valise, mais que l'avantage d'une valise, c'est qu'elle a des roues !