Bonjour tout le monde, voici donc un nouveau chapitre. Merci à ceux qui sont passés par ici pour lire le prologue, j'espère que la suite vous plaira.

Je tiens à préciser (j'ai oublié au début du prologue :/) que cette fic traite de beaucoup de personnages et de nombreux couples yaoi, il y aura un tout petit peu de yuri, et un peu d'hétéro accompagnés de lemon/lime.

Voilou… Bonne lecture :)


Chapitre 1

Six mois plus tard… soit un an après Hadès

Vendredi 13 mai

Sanctuaire d'Athéna.

La vie reprenait peu à peu le dessus sur les guerres. Les vestiges des affrontements étaient pour la plupart encore bien visibles mais là où ils se faisaient ressentir le plus c'était dans les coeurs et dans les âmes. La résurrection ne fut pas facile pour tous. Ceux qui avaient commis des erreurs s'en voulaient tout particulièrement. Il ne fut pas simple d'affronter le regard des autres pour eux, pourtant – et malgré quelques tensions – personne ne leur tint rigueur de leurs actes passés volontaires ou pas. Tout être vivant avait le droit de faire des erreurs, l'important étant d'avoir ouvert ses yeux et son coeur. La paix fut signée quelques mois plus tôt, sous le regard intransigeant de Zeus qui avait plus d'une fois arbitré les séances entre sa fille et ses frères.

Peu à peu les discordes s'estompèrent. Une ambiance détendue commençait à s'installer. Chacun retrouvait ses marques, ses habitudes, ses amis. Les temples reprenaient vie à leur tour ainsi que le Domaine Sacré. Shion avait repris sa place de Pope bien qu'il ne le souhaitait pas. Après tout, il avait mené lui-même la bataille contre le Sanctuaire en trompant ses amis et alliés mais aussi les Spectres d'Hadès. Mais devant l'insistance de la Déesse elle-même, il finit par accepter la mission. Ceci dit, le poste fut radicalement remanié dès sa prise de fonction. Athéna ne voulait plus de contrainte, alors elle abolit la tenue officielle du Pope. Shion pouvait donc déambuler dans le Domaine sans masque – qui pesait son poids – et sans la toge confortable mais pas pratique pour se déplacer ou même se battre. Le pope pouvait dorénavant porter ce qui lui plaisait. Une nouvelle tenue officielle fut décidée, mais il ne la portait qu'à de rares occasions.

L'intuition que ressentait Athéna depuis plusieurs mois la hantait de plus en plus. Cette drôle de sensation s'amplifiait même. Elle n'avait encore rien dit à ses troupes. Elle ne le voulait pas, pas encore. Ce qu'elle ignorait c'était que ses oncles avaient une drôle d'impression eux aussi, ainsi que Kanon. D'ailleurs, le cadet des jumeaux semblait être le seul à ressentir ce mauvais pressentiment. Il ne voulait pas en parler pour ne pas inquiéter ses frères d'armes et puis avec le trouble passé de son frère, il avait un peu peur de vivre lui aussi cette double personnalité. Il était revenu du côté de la Déesse et de ses Chevaliers ce n'était pas pour rien. Hadès et Poséidon se turent également.

Sanctuaire d'Athéna, le matin.

Il était presque midi. Les rayons du soleil illuminaient les arènes du Sanctuaire. La chaleur était écrasante, l'été approchait à grands pas. Sur les gradins, deux Chevaliers observaient quatre de leurs amis s'entraîner deux par deux. En contrebas, s'affrontaient Mû et Aiolia, Shaka et Shura. Un peu plus loin, les apprentis s'exerçaient à brûler leur cosmos sous l'œil bienveillant de leurs maîtres respectifs.

Assis, à l'ombre, sur les gradins depuis de longues heures, Kanon regardait dans le vide. En temps normal, il aimait observer ses amis s'entrainer au combat mais pas aujourd'hui. Il était d'humeur mélancolique. Cela ne lui arrivait que très peu et en général il savait cacher ses états d'âmes. Sauf depuis quelques jours et il en connaissait la raison. A rythme régulier, il laissait échapper un soupir de lassitude.

Saga avait bien tenté de lui faire dire ce qui n'allait pas mais en vain. Le Gémeaux en titre s'inquiétait. Jamais encore il n'avait vu son cadet ainsi. Il pensa que cela avait peut-être un rapport avec ses années passées seul dans le royaume de Poséidon. Il avait peut-être perdu l'habitude d'avoir autant de personnes proches de lui. Mais ce n'étaient que des suppositions.

La fin de l'entraînement approchait à grand pas, le Bélier et le Lion venaient d'en finir et le Capricorne et la Vierge étaient sur le point de terminer. Le second Gémeaux n'avait pas bougé.

— Oï ! Kanon ! Ca va ? fit une voix derrière lui.

L'intéressé leva la tête vers celui qui osait le déranger pendant sa « méditation » mais ne dit aucun mot.

— Ca fait des jours que t'es bizarre. Tu sais que tu peux me parler.

— Je sais, oui.

— Alors ?

— Alors quoi ?

— Merde Kanon, raconte ! Qu'est-ce qui ne va pas ?

— Milo ! Je ne sais pas ce qu'il y a et même si je savais que pourrais-tu y faire ? grogna Kanon.

— Tu es désespérant, mon pauvre, sourit le Scorpion.

— T'es con, ironisa le cadet des jumeaux.

— Allez viens boire une bière… que je tente encore de te tirer les vers du nez, reprit Milo en faisant un clin d'oeil à son ami.

— T'es lourd, Milo. Mais j'accepte la bière.

Les deux Gold se rendirent donc au huitième temple afin de déguster le breuvage promis par Milo et finirent par déjeuner ensemble. Kanon sentait bien que son frère et ses amis s'inquiétaient pour lui, mais que pouvait-il leur dire ?

— Pourquoi ne nous parles-tu pas ? dit le plus sérieusement du monde le maître des lieux.

— C'est pas que je ne veux pas. Je ne sais pas ce qu'il y a, répondit Kanon.

— Que ressens-tu ?

— J'ai parfois l'impression de ne pas être à ma place, d'être un étranger dans mon corps et je me sens vide, Kanon avait parlé sans vraiment s'en rendre compte.

— Quoi ? Tu as toi aussi un double maléfique ? l'interrogea Milo préoccupé.

— Mais non, t'inquiète pas. J'arrive pas à bien m'expliquer c'est tout.

— Oui, mais tu viens de dire…

— Je sais ce que je viens de dire, Milo. Mais je te le répète ça n'a rien à voir avec une double personnalité. Est-ce que j'ai changé ? demanda le second Gémeaux.

— Non, tu es juste perdu dans tes pensées, reconnu le Scorpion.

— Ha ! Tu vois, sourit l'invité.

— Tu es peut-être amoureux alors, ironisa l'hôte.

— T'es vraiment trop con. Je le saurais si je l'étais, non ?

Milo se tint le menton pour réfléchir et prit un air taquin.

— Mais tu l'es peut-être et tu nous l'as caché.

— Milo ! Arrête ça tu veux ! Je ne suis pas amoureux. Si je l'étais je ne serais pas en train de discuter avec toi, répondit Kanon en faisant un clin d'oeil à son ami.

— Possible…

Devant la mime boudeuse de son ami, le Gémeaux pensa qu'il pouvait lui parler. Ce n'était pas dans ces habitudes de se confier – il avait tellement vécu seul – mais il devait également faire un effort pour se sociabiliser. Il parlait bien à tous les Chevaliers mais Milo et Saga étaient les seuls avec qui il passait autant de temps.

— Arrête de faire cette tête ! fit Kanon. J'ai juste un mauvais pressentiment, finit-il par dire sérieusement.

— Que veux-tu dire ? s'inquiéta d'un coup Milo.

— Je ne sais pas. Mais tout ce que je t'ai dit tout à l'heure est vrai aussi, reprit-il songeur.

— En as-tu parlé avec Shion ? Peut-être pourra-il t'aider ?

— Je doute qu'il puisse faire quoique ce soit, souffla le Gémeaux. Et puis, j'en ai déjà pas parlé à Saga…

Kanon ne souhaitait pas que son jumeau s'inquiète pour lui. Et comment expliquer une sensation, une intuition ?

Océan Pacifique, après midi.

Au royaume de Poséidon, l'ambiance était différente. Thétis était à la recherche d'un remplaçant pour l'écaille du Dragon des Mers. Le Dieu des océans ne voulait pas que ses effectifs soient incomplets. Après tout, on ne savait jamais. Et puis, depuis sa résurrection il ressentait comme un malaise. Thétis avait donc pour mission de trouver un futur Marina. Elle n'avait pas envie d'exécuter cette mission, elle aurait préféré rester près de son bel amant, Baian de l'Hippocampe. Cependant, elle ne pouvait refuser cette tâche. Résignée, elle partit en quête d'un nouveau gardien pour le pilier de l'Atlantique nord.

Elle chercha dans les camps d'entraînements disséminés sur toute la planète, elle chercha encore et encore. Elle en voulait à Kanon car c'était de sa faute si le poste était libre, et elle en voulait à Poséidon car il l'avait envoyée fouiller tous les recoins des océans. Baian lui manquait tellement…. Ils avaient mis tant de temps à s'avouer leurs sentiments, qu'aujourd'hui c'était une véritable torture que de ne pas être ensemble. Heureusement qu'il y avait le cosmos pour communiquer.

Au bout de quatre longs mois de recherches intenses, la Néréide arriva sur une petite île du Pacifique, située plus précisément en Océanie. Une petite île, proche de la Nouvelle Calédonie, avec peu d'habitants, et un camp d'entraînement secret protégé par le cosmos de Poséidon. L'île des Pins, c'était donc là qu'elle avait perçu un cosmos puissant capable de se faire accepter par l'écaille du Dragon des Mers. Elle demanda à voir le responsable du camp. Deux gardes l'escortèrent jusqu'au bureau d'un Marina. Il était de taille moyenne, châtain aux cheveux courts, ses yeux presque jaune en amande lui donnaient un air sévère, et sa peau était matte comme celle des habitants de l'île. Il répondait au nom de Kewan du Xantho. [1]

— Bonjour Kewan du Xantho. Je suis Thétis Marina de la Néréide. Poséidon m'envoie pour recruter un nouveau Général.

— Bienvenue à toi, Thétis. Je suis à ton service. Souhaites-tu que nous allions dans les arènes d'entraînements pour voir si tu trouves celui que tu cherches ou préfères-tu te reposer avant ? demanda le Marina.

— Je me reposerais plus tard, je suis en mission pas en vacances !

Thétis souhaitait surtout dénicher enfin celui qu'elle cherchait afin de retrouver les bras de son amant. Elle ne fut pas déçue de ce qu'elle vit dans ce camp d'entraînement. Un apprenti sortait

du lot. Thétis l'observa un long moment.

— Kewan, ce garçon là-bas semble plus fort que les autres, je me trompe ?

— Non, tu ne te trompes pas. Il lui est même arrivé de me surpasser lors d'entraînements, répondit le Marina.

— Je veux lui parler.

Kewan fit un signe de tête pour lui signifier qu'il avait compris puis alla dans l'arène pour faire arrêter les exercices. Il demanda au jeune apprenti de se rendre à son bureau dès la fin de l'entrainement. Le jeune homme acquiesça puis les exercices reprirent. Comme convenu, Thétis put s'entretenir avec lui, ils discutèrent près d'une heure.

— Très bien, sois prêt dès que possible. Nous partirons demain matin, fit la Néréide satisfaite.

Domaine d'Asgard.

Loin du Sanctuaire d'Athéna, Hilda de Polaris rentrait au château d'Asgard, après sa séance quotidienne de prière au Dieu Odin. Elle était accompagnée du guerrier Divin d'Alpha, Siegfried, devenu son amant quelque temps après sa résurrection. Il avait longuement hésité avant de se déclarer, Hilda étant souveraine d'Asgard et prêtresse d'Odin, mais ils avaient tous la possibilité de vivre en paix, il ne pouvait pas gâcher cette chance. Depuis le jour où il avait avoué ses sentiments à Hilda, ils vivaient tous deux pleinement et ouvertement leur amour. Tout comme la princesse Fréyja et Hagen de Merack.

Il faisait moins froid depuis quelques jours, non pas qu'il y ait un problème au pays des glaces éternelles, c'était simplement la saison chaude qui commençait. Enfin si on pouvait dire…. Le pays gagnait, en cette saison, une dizaine de degrés passant ainsi de moins quarante-cinq à moins trente-cinq degrés. [2]

Sur le chemin qui menait au château, Hilda et Siegfried discutaient d'un de leurs amis.

— Siegfried ? Comment va Fenrir ? demanda la prêtresse.

— Hum… Pas terrible, je dois dire. Je ne sais plus quoi faire pour le faire réagir. Il reste près du château, dans une des grottes du parc avec Ging. Il déprime de plus en plus. Rien ne l'intéresse. Même Ging semble désemparé.

— Je sens que son cosmos est perturbé, mais je n'arrive pas à lire en lui. Il est fermé au monde extérieur. Je suis inquiète. N'y a-t-il personne avec quiil parle un peu ? N'y a-t-il personne qui sache ce qu'il a ?

— Peut-être Bud, je lui parlerais.

Le guerrier d'Alpha prit la main de sa bien-aimée dans la sienne, embrassa sa paume, forçant les montures qu'ils chevauchaient à se rapprocher, et lui sourit tendrement.

— Je sais que tu es inquiète. Tu l'es pour chacun d'entre nous. Il finira par se reprendre, j'en suis certain. Après tout, lui aussi estun guerrier Divin d'Asgard.

— J'espère que tu as raison, mon chéri.

Siegfried attrapa les rênes du cheval de sa compagne, fit stopper les étalons et sauta au sol. Il aida Hilda à descendre. Sans un mot, il l'enlaça et lui donna un baiser tendre et romantique.

— Tu sais toujours me rassurer, murmura-t-elle.

— Je sais, répondit-il dans le creux de l'oreille d'Hilda qui frissonna de désir.

— On devrait peut-être rentrer, susurra-t-elle sur un ton qui laissa rêveur son beau guerrier.

Assit devant une cascade gelée, un homme se lamentait sur sa vie, son rôle auprès de sa Souveraine, sa mort causée par une bataille stupide et surtout il pensait à ce beau Chevalier du Dragon. Shiryu le hantait jour et nuit depuis sa résurrection. Il n'espérait rien du Bronze, il avait compris lors de la première réunion inter-Sanctuaire, quelques mois après leur retour, qu'il était amoureux de la fille aux cheveux noirs tressés qui l'accompagnait. Il crut que son cœur allait exploser. Dès qu'il l'avait pu, il avait quitté la salle où une fête se déroulait pour se réfugier dehors afin d'être seul. C'était trop insupportable pour lui de rester dans la même pièce que Shiryu et cette potiche. C'est là qu'il sut qu'il était tombé amoureux du Chevalier d'Athéna. Il n'ignorait pas que c'était un amour à sens unique et cela en devenait douloureux, il mourait de l'intérieur à petit feu. Il était tout bonnement jaloux.

Fenrir déprimait, même son meilleur ami ne savait plus comment agir. Ging avait posé sa tête sur les cuisses de son ami qui le caressait sans s'en rendre compte. Le guerrier Divin lâchait des soupirs de lassitude. Parfois, il laissait couler une larme. D'autre fois, il riait d'un rire sarcastique qui faisait sursauter son loup. Il n'était plus que l'ombre de lui-même. Oh ! Il le savait mais comment s'en sortir, comment l'oublier, comment trouver la force de vivre sans lui ?

Ging leva brusquement la tête, sans toutefois grogner. Fenrir réagit également.

— Ah ! C'est toi ! dit le guerrier d'Epsilon en reprenant sa contemplation de la cascade.

— Sympa l'accueil ! grogna Bud. Et si tu me disais ce qu'il y a au lieu de rester dans ton coin à ruminer. Tu n'es pas seul, tu sais.

— C'est vrai, j'ai Ging et mes loups !

— Fenrir… !

— C'est bon, je sais que vous êtes là, que vous êtes mes amis mais vous ne pouvez rien y faire alors pourquoi vous ennuyer avec ça ?

— Qu'est ce que tu peux être borné, tu sais ? Si je te promets de ne rien leur dire, tu te confierais à moi ?

— Et c'est moi qui suis borné ? Tu te fiches de moi là !

— Fenrir…, Bud soupira.

— Bon d'accord, mais promets de ne pas te moquer et de garder ça pour toi.

— Tu es désespérant, tu sais. Très bien je te promets de ne pas me moquer et de ne rien dire aux autres. Ca te va ? Bud avait pris soin de s'arrêter sur chaque mot.

Le guerrier aux loups acquiesça, prit une grande inspiration puis commença à expliquer son tourment à son ami. Pendant près d'une heure, il vida son sac se retenant de verser des larmes de douleur. Bud, lui, écoutait sans interrompre Fenrir qui avait vraiment besoin de se confier. Intérieurement, le deuxième guerrier de Zêta se félicita d'avoir insisté pour faire parler son ami. Bud n'en croyait pas ses oreilles, Fenrir était en fait amoureux, plus encore, il avait le Chevalier du Dragon dans la peau. Il était amoureux fou. Lorsque le guerrier d'Epsilon eut terminé de libérer son esprit et son cœur, Bud posa une main compatissante sur son épaule.

— Tu lui en as parlé ?

— Tu n'as pas entendu, il a une fiancée ! râla Fenrir, en insistant bien sur le mot « fiancée ».

— Et alors, tu es un guerrier Divin d'Asgard tu sais te battre, non ? Alors bats-toi ! Va prendre son cœur !

— Non mais tu t'entends, il ne s'agit pas d'une guerre ! Ca va pas !

— De quoi as-tu peur, Fenrir ? Il ne s'agit pas d'une guerre, je te l'accorde, mais l'amour ça se gagne, ça se mérite. Et ce n'est sûrement pas en restant ici à te morfondre comme une fillette que tu vas le conquérir, ton Dragon ! argumenta Bud.

— …

— Tu n'as plus rien à dire, plus d'excuses ? ironisa l'aîné des jumeaux. [3]

— Je … je ne … sais pas si je pourrais lui plaire, murmura-t-il.

— Tu te demandes s'il est capable d'aimer un homme ou te t'aimer, toi ?

— Les deux … je crois… Et puis, il y a cette fille …

— Allons mon ami, il est temps pour toi d'assumer tes sentiments et d'aller le voir pour lui parler. Au moins, tu en auras le cœur net.

Bud enlaça amicalement et chaleureusement son ami. Fenrir laissa s'échapper quelques larmes trop longtemps retenues. Il remercia Bud. Parler lui avait fait un bien fou, bien que son souci ne soit pas résolu.

Les Enfers, soir.

Hadès avait convié, pour le dîner, ses trois juges et Pandore. Il souhaitait les féliciter pour le travail accompli depuis leurs résurrections. En effet, il avait fallut, non seulement reconstruire les prisons, le mur des Lamentations et bien sûr Elysion mais aussi remettre de l'ordre dans les jugements et les registres, s'occuper des défunts fraîchement arrivés ainsi que retrouver ceux qui erraient dans les Enfers depuis leurs morts à tous. En un mot, c'était la pagaille. Tous les juges, avec l'aide des Spectres, avaient réussi à reprendre le contrôle du Royaume des Morts. Il leur avait fallu quasiment une année pour remettre de l'ordre. Hadès était fier de ses hommes et voulait le leur dire.

Le Dieu des Enfers n'était pas aussi insensible qu'il voulait le laisser paraître, au contraire même. Son cosmos n'était pas si sombre. Il était généreux avec ses troupes et même bienveillant. Aux Enfers, tous le craignaient certes mais le respectaient et l'appréciaient.

Ils se trouvaient dans la salle de réception du palais. Une table y avait été dressée. Une nappe rouge, des assiettes noires, des couverts en argent, des verres en cristal noir et des chandeliers pouvant accueillir trois bougies ornaient cette table. Hadès invita ses convives et amis à s'installer. Lui, prit place en bout de table : la place des rois. A sa droite se tenait Pandore et à côté d'elle, Eaque du Garuda. A sa gauche, Rhadamanthe de la Wyvern prit place, puis Minos du Griffon s'installa à gauche du premier juge. Le repas fut servi par les serviteurs du palais.

— Mes amis, fit le Seigneur des lieux, je vous remercie et félicite pour le travail que vous avez accompli. Cela a été long et difficile, mais je n'avais aucun doute quant à la réussite de votre mission.

Hadès leva son verre et tous trinquèrent avec lui.

— Nous sommes ravis, Seigneur, de vous servir et de vous avoir satisfait en accomplissant notre mission, dit Rhadamanthe stoïque.

— Le Royaume a retrouvé sa plénitude et sa grandeur, c'est tout ce qui compte pour nous, maître, ajouta Minos.

— Nous sommes heureux de voir que tout ce travail n'a pas été en vain, finit Eaque.

Pandore était restée silencieuse. Elle était présente au dîner parce qu'Hadès avait lourdement insisté. Depuis leur retour, son frère avait décidé de reprendre le commandement de ses troupes, non pas qu'il n'ait pas confiance car bien qu'elle l'ait trahi, il lui avait pardonné, mais il estimait que ce n'était pas la place d'une femme de son rang. Néanmoins, revoir les Enfers recouvrer leur grandeur la remplissait de joie, comme tous les autres mais elle avait du mal à sourire. Son esprit était ailleurs et cela faisait plusieurs mois que cela durait.

— Pandore, ça n'a pas l'air d'aller ? Tu parais triste et cela s'aggrave de jour en jour, s'inquiéta Hadès, bien qu'il sache déjà de quoi il s'agissait.

— Ce n'est rien, je vous assure. Une mélancolie passagère rien d'autre. Et maintenant que tout est rentré dans l'ordre dans notre royaume, cela passera très vite, j'en suis sûre.

Pandore ne savait pas si elle tentait de rassurer son frère ou bien elle-même. Au fond d'elle, elle était consciente que cette nostalgie ne passerait pas de sitôt. Pire encore, elle en connaissait la cause…. Lorsqu'elle l'avait croisé, elle était tombée sous son charme. Une telle beauté l'avait subjugué son regard bleu perçant et ses longs cheveux aux reflets de soie l'avaient laissé coite. Depuis ce jour, toutes ses pensées lui étaient adressées. Voyant le trouble de Pandore, le Dieu des Enfers préféra ne pas insister et reporta son attention sur un autre de ses convives.

— Toi en revanche, mon ami tu sembles heureux, remarqua Hadès en s'adressant à Minos qui posa ses couverts avant de répondre.

— Et bien, mon seigneur, c'est que…, il ne put terminer sa phrase.

— Il est amoureux, mon Seigneur, s'empressa de dire Eaque, taquin.

— Ha oui ! Et peut-on savoir qui a volé ton cœur ? demanda, en souriant, le maître des lieux.

— C'est personnel, Sire. Sans vous offenser, dit le Griffon.

— Tu ne m'offense pas. Je comprends que tu veuilles garder ça pour toi.

— Tu es vraiment trop prude, Minos, intervint le Garuda. Il est épris de Rune, lança-t-il fier comme un coq.

— Rune ? ! Et bien, je suis content pour vous deux. Mais tu aurais dû me le dire, il aurait été invité aussi, ajouta Hadès avant que le Griffon ne s'énerve contre son frère.

— Je ne te dis pas merci, cher frère ! s'offensa le Griffon.

— Allons Minos, il n'a rien fait de mal. Et puis, lui aussi est amoureux en ce moment ! Je me trompe Eaque ? le taquina Hadès.

— Quoi, s'écrièrent Rhadamanthe et Minos.

— Heu ! Oui, c'est vrai. Mais c'est récent alors on préfère rester un peu discret, avoua-t-il en se grattant la tête.

— Et qui est-ce ? l'interrogea le Griffon.

— C'est l'un des Chevaliers de ma nièce, reprit la Déité tout sourire.

— C'est Mû du Bélier, révéla le Garuda.

Les deux autres juges, ainsi que Pandore, furent surpris par cet aveu, mais ne relevèrent pas. Le Maître des Enfers était bien plus heureux qu'il ne le laissa paraître. En effet, rien ne pouvait lui échapper dans son royaume. Aussi savait-il pour la liaison qu'entretenaient depuis quelques mois le Griffon et le Balrog. Ne souhaitant pas les mettre mal à l'aise, il avait préféré attendre qu'ils lui en parlent eux-mêmes. Tout comme il savait ce qui se passait dans le cœur de sa chère Pandore, mais il la connaissait, elle finirait par lui avouer ce qu'il savait déjà. Ses propres réflexions le firent sourire.

La vie reprenait au Royaume des Morts. La paix régnait dans les différents Sanctuaires, des couples se formaient et d'autres allaient certainement naître. Oui, Hadès était heureux. Cela faisait des siècles que cela n'avait pas été le cas.

Le dîner s'acheva. Une ambiance festive avait permis à tous de passer un bon moment. Il était pourtant temps de regagner ses quartiers. Le premier juge fut soulagé de passer à travers les mailles de « l'interrogatoire » de son maître. Il n'avait pas envie de parler de ses états d'âme en public. Cela ne concernait personne. Une voix le fit sortir de ses songes, une voix qu'il ne pensait plus entendre jusqu'au lendemain.

— Rhadamanthe ! Comme toujours, tu as su te montrer discret lors du dîner. A part lorsque nous parlons « travail » où tu participes facilement, pour le reste c'est le néant, ironisa Hadès.

— Le reste ne concerne que moi, Sire.

— Tu as raison, mon ami. Mais il est de mon devoir de veiller sur vous tous. Et bien, quoi que tu caches, je sens dans ton cosmos comme un vide. Tu te sens seul, n'est-ce pas ?

— … Le juge soupira lourdement. Oui, vous avez raison mais pour moi rien n'est plus important que le royaume et …

— Et tu n'as pas encore trouvé l'âme sœur ? finit Hadès pour lui.

La Wyvern baissa la tête, salua respectueusement son maître et tourna les talons.

— Désolé, Sire, mais je ne souhaite pas parler de cela.

Il quitta la pièce. Hadès souhaitait que tous trouvent la paix du cœur et de l'âme, cependant pour son premier juge il se doutait que cela risquait d'être ardu.

A suivre…

[1] Xantho est un genre de crabes de la famille des Xanthidae. Ces crabes sont appelés xanthes.

[2] : Je ne sais pas si cela est juste, on va dire oui pour ma fic.

[3] : N'ayant trouvé aucune info, mais peut-être ai-je mal cherché, je considère que Bud est donc l'aîné. Désolée si c'est le contraire.