Bien, nous voici pour le chapitre 2.
J'espère qu'il vous plaira également et je remerci ceux qui ont commenté.
Pour répondre à la question, oui, vous reverrez la Mort et Magie de temps à autre. Ils seront présents à chaque fin d'évènement. En clair, vous les reverrez au chapitre suivant. J'espère que vous parviendrez à comprendre la signification de ces deux personnages.
Je précise également que son enfance va être développée dans le chapitre 4 et que Poudlard viendra un peu plus tard.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !
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Harry était un petit garçon qu'on voyait toujours seul dans la cours de récréation. Il était également seul lorsqu'il rentrait chez les Dursley à pieds.
Son regard de jade n'exprimait jamais autre chose que de la lassitude. Ses vêtements trop larges flottaient autour de lui de façon grotesque, et de larges lunettes rondes mangeaient son mince visage.
Pour tout le monde, Harry Potter était un petit garçon colérique et mal élevé. Et s'il passait plusieurs heures dans le jardin sous le soleil à arracher les mauvaises herbes à mains nues, c'était qu'il avait encore fait quelque chose de mal.
S'il ne venait pas l'école pendant plusieurs jours, c'était qu'il avait encore fait une crise pour ne pas y aller et que les Dursley ne pouvait rien faire d'autre que de le garder dans la maison.
Mais cet enfant n'était rien de ce qu'on disait de lui. Il fut un temps où il avait été doux et gentil. Lorsqu'il était encore tout petit et qu'il voulait plaire aux Dursley.
Et puis Harry avait grandit et avait compris que ce n'était pas à cause de quelque chose qu'il aurait fait que sa famille le haïssait. Non, c'était simplement son existence qui générait tout ces mauvais sentiments.
Du fond de son petit placard, Harry pensait souvent à la vie qu'il aurait pu avoir. Ses parents étaient morts dans un accident de voiture, avaient dit les Dursley. Mais au fond de lui, l'enfant savait que c'était faux. Il arrivait parfois qu'il rêve de magnifiques cheveux de feu, de sourire lumineux et de rires aboyés. D'autres fois, lorsqu'il ouvrait les yeux, il lui semblait encore entendre de doux murmures au creux de son oreille, qui répétaient d'innombrables mots d'amours qu'on ne lui avait jamais prononcé.
Le jour de son septième anniversaire, Harry était dans son placard. Minuit sonnait sur sa montre, et dans un murmure il prononça son souhait.
Ce souhait était toujours le même, toujours prononcé dans le secret, toujours irréalisable.
"Je souhaiterai ne plus être seul"
Et son regard dérivait inévitablement vers les araignées immobiles avec lesquelles il cohabitait.
Mais cette fois-ci fut différente. Lorsque minuit sonna et qu'il prononça son voeu, une douce lumière de la couleur de la Lune l'enveloppa dans une chaude étreinte, comme une mère embrassant son enfant.
Et Harry sut. Il sut que, quoi ou qui que soit cette lumière, elle venait de lui répondre à lui, l'enfant du placard sous l'escalier.
Et lorsque l'obscurité reprit ses droits dans le petit placard, il ne se sentit ni seul ni oppressé, comme si les ombres elles-mêmes étaient devenues la lumière.
Harry s'endormit cette nuit-là avec un doux sourire, et plus jamais il ne rêva de ces personnes sans visages qui l'aimaient. À la place, il sentit la chaleur de la lumière l'envelopper et s'immiscer en lui, et il vit un être inhumain aux yeux plus blancs que la Lune lui sourire, et il entendit une voix éthérée demander : "Et que s'est-il passé ensuite ?".
Et depuis cette nuit, Harry ne rêva plus jamais.
La lumière était toujours présente, il la sentait dans son corps, réagissant à chacun de ses mouvements. Avec le temps, elle sembla plus présente et lorsqu'il fermait les yeux, il croyait voir cette lumière tourbillonner dans sa tête comme un fauve enfermé dans une cage.
Cela le préoccupait. À chaque moment de la journée, il ne pouvait ôter de sa tête que peut être son compagnon silencieux était malheureux.
Il en dormit mal la nuit, et bientôt de larges cernes sombres soulignaient ses yeux, accentuées par ses lunettes rondes.
Il ressemblait presque à un junkie, et il devint nerveux à chaque mouvement qu'il faisait, car il sentait son camarade s'agiter comme des décharges électriques pour le suivre.
Ce fut lorsqu'il fut poursuivi par son horrible cousin et son groupe d'intimidateurs qu'il put enfin nommer son compagnon.
Il avait courut, fuyant les coups qu'il était sûr de recevoir s'il restait à la portée des poings potelés de Dudley. Et son compagnon était devenu erratique, faisant trembler ses membres, si bien qu'il trébucha sur un obstacle invisible.
L'instant d'après, il était sur le toit de l'école, et son compagnon était incroyablement calme, comme si quelque chose venait de le soulager de son enfermement.
Lorsqu'il rentra chez les Dursley ce soir-là, raccompagné par son institutrice, il ne put mettre d'autres mots sur ses explications que "Comme par Magie".
Et il vit le visage de Tante Pétunia pâlir, et celui d'Oncle Vernon rougir. Et il sut enfin, après avoir été violemment enfermé dans son placard, que son compagnon avait un nom qu'il avait préféré ignorer pendant toutes ces années.
Magie.
À partir de ce jour, il écouta attentivement sa magie, et répondit au moindre de ses désirs. La plupart du temps, elle semblait simplement vouloir réaliser ce que Harry souhaitait au plus profond de lui-même. Au début, ce fut difficile de tempérer la magie, car elle avait coloré les cheveux d'un intervenant dans sa classe en bleu quand Harry se perdit malencontreusement dans ses pensées.
Les années passèrent, et Harry changea petit à petit. Ce changement fut si doux, si lent, que les Dursley n'en prirent conscience que le jour où une étrange lettre destinée à Harry arriva.
Ce matin-là, ils déjeunaient dans le salon, et Harry était allé chercher le courrier pour son oncle lorsque celui-ci lui demanda. La lettre adressée à Harry Potter, le Placard sous l'escalier, ne le fit pas sourire, ni froncer des sourcils. À vrai dire, le visage de l'enfant resta neutre.
L'émetteur n'était pas indiqué sur l'enveloppe. À la place, un sceau représentant quatre animaux scellait la lettre.
Il regagna pensivement le salon, donnant les lettres à son Oncle d'un geste nonchalant, et son regard s'attarda de nouveau sur celle qui lui était destinée.
Avant qu'il ait le temps de l'ouvrir, elle lui fut arrachée de ses mains par Dudley, qui l'avait vu garder cette lettre pour lui.
De sa voix désagréable, il s'exclama : "Le monstre a reçu une lettre !".
Harry se tourna vers lui et tendit la main, son regard de jade se mettant à luire de façon effrayante. Et simplement avec ça, Dudley cria de douleur tandis que la lettre s'envolait vers la main tendue de l'autre enfant.
"À moi" dit Harry d'une voix froide.
Et Dudley partit se réfugier dans les bras de sa mère en pleurnichant, le bout de ses doigts qui avaient tenus la lettre recouverts de cloques. Il y eut un moment de silence durant lequel aucun des Dursley ne sut comment réagir, et finalement Vernon se leva avec un visage pourpre, l'une de ses mains allant vers sa ceinture.
"Je te le déconseille, Oncle Vernon" prononça Harry calmement. Et comme pour illustrer son avertissement, l'homme grotesquement obèse retomba lourdement sur la chaise sur laquelle il était assis quelques instants auparavant sans qu'il le veuille.
C'est à ce moment que les Dursley prirent pleinement conscience de ce que la nature d'Harry impliquait. Ils avaient pensé qu'ignorer qu'il appartenait à cette espèce monstrueuse qu'étaient les sorciers serait suffisant pour vivre dans une certaine normalité. Ils n'avaient fait que retarder l'inévitable. Et maintenant qu'ils étaient à la merci de quelque chose sur lequel ils n'avaient aucun pouvoir, la peur se lisait dans leur regard.
