Partie 2

Moi (secouant James) : Jamie, réveilles-toi.
James (encore endormit) : Hmm
Moi (souriant) : Allez-viens, on va dîner.
James : On est arrivé ?
Moi : Non, mon cœur. On y sera que demain.

On sort de la voiture. Il y a un fast-food sur l'aire de repos de l'autoroute. On entre. Je commande tandis que James nous garde une place. J'arrive près de lui avec mon repas. Il est fatigué. Il a la tête posée sur ses bras.

Moi : Tiens, mange un peu.
James : Je suis crevé.
Moi : Ca se voit. On va rouler pour encore deux heures et ensuite on s'arrêtera dans un motel pour y passer la nuit.

Il prend son hamburger et commence à manger. Je prends le mien aussi. Je ne cesse de regarder mon fils. Il va falloir que je lui annonce que nous n'allons plus vivre de la même manière.

Moi : Jamie, j'ai quelque chose à te dire …
James : T'es pas enceinte, si ?
Moi : Quoi ? Non ! Je ne suis définitivement pas enceinte, rassures-toi.
James : Ce n'est pas le fait que t'ai un bébé qui me gêne, c'est le fait qu'il ne puisse être que de papa. Je ne voudrais pas que mon petit frère ou ma petite sœur vive sans père. Un peu comme moi j'ai vécu.
Moi : Je sais. Tu es un garçon bien, James. Mais ce n'est pas de ça que je voulais te parler.
James : Qu'est-ce qui se passe, maman ?
Moi : Tu sais pourquoi on va vivre avec tante Tay' et oncle Andy ?
James (haussant les épaules) : Parce que tant qu'on n'a pas vendu la maison, on ne peut pas se permettre d'en acheter une autre, non ?
Moi : Pas vraiment. Tu sais qu'on n'a jamais eu de soucis d'argent, mais c'est grâce à ton père.
James : T'essaies de me dire quoi ?
Moi : Ce que je veux te dire, c'est qu'on n'a pas beaucoup d'argent. On va changer complètement de vie.
James : Je sais.
Moi : Quoi ? Comment ?
James : Je t'ai entendu en parler avec papa. Je sais que sans lui on est sur la paille.
Moi : Je suis désolée, mon cœur. Ton père a proposé de nous envoyer de l'argent chaques mois, mais j'ai refusé. Je veux qu'on soit totalement libre. Je ne veux plus être sous l'emprise de ton père.
James : Maman, t'inquiètes pas. Je peux me passer de mes jeux vidéo, de mes balades à cheval, des vêtements qui coûtent la peau des fesses !

Je le regarde dans les yeux. Je souris. Mon fils est vraiment un jeune garçon extraordinaire. La plupart des ados se seraient mis en colère en apprenant qu'ils devaient se passer de tous les privilèges auxquels ils on été habitué depuis leur naissance. Mais pas James. Je suis fière de mon petit garçon.

Moi : Je suis fière de toi, James Lucas Backer.
James (souriant) : Et moi, je suis fier de toi, maman.

Je souris. Il se lève rapidement et me prend dans ses bras. Je resserre l'étreinte.

Moi : Qu'est-ce qui me vaut ce câlin ?
James : C'est pour te remercier. Pour tout ce que tu as fait pour moi. Sans toi, je serais plus là.
Moi : C'est le devoir d'une mère d'être là pour son enfant. Il était hors de question que je te laisse partir. Pas sans moi.
James : Et surtout, merci de me permettre d'être un ado normal. Finit les écoles privées, bonjour le collège public. Jouer le fils de riche, ce n'était pas moi. Ce n'est pas moi.
Moi : Je sais. Ca n'a jamais été mon fort non plus.

James se détache de moi et se rassoit.

James : Ca fais combien de temps que tu sais que tu n'aime plus papa de la même façon ?
Moi : Uhm …
James : Je sais que ça fait plusieurs années que vous faites chambre à part …
Moi : J'ai toujours aimé ton père, n'en doute pas une seconde. Mais, c'est vrai que cela fait plusieurs années que ca ne va plus entre ton père et moi.
James : Alors pourquoi t'es restée avec lui ? Pourquoi on n'est pas partit plus tôt ?
Moi : Parce que je n'avais aucun sous en poche, James. Et je voulais ce qu'il y avait de mieux pour toi. Je pensais que l'argent te permettrait d'avoir tout ce que je n'ai pas eu.
James : Je me fiche de tout ça et tu le sais, maman.
Moi : Je sais que tu ne tiens plus ton père dans ton cœur, mais il était en voyages d'affaires et …
James (me coupant) : Ne lui cherche pas d'excuses, maman ! Il nous a laissé tomber et je sais qu'il était avec une autre femme !

Je baisse la tête. James est très intelligent. En effet, lorsque James était malade et que nous avions besoin de lui, il n'était pas en voyage d'affaires, mais en vacance avec une autre femme. Pourquoi est-ce que je n'ai pas divorcé plus tôt ? Je voulais me raccrocher au souvenir que j'avais du début de notre mariage. Et je voulais que James ne manque de rien. Seulement, Julian m'a prouvé une fois de plus qu'il se fichait de son fils et de moi aussi par la même occasion.

Moi : On ferait mieux de reprendre la route.
James : Maman, je …
Moi (le coupant) : Va dans la voiture, James.

Il soupire et se lève.

James : Je suis désolé, tu sais. Je ne voulais pas te faire de mal.

On sort du restaurant et il grimpe dans la voiture. Je soupire et tente de ravaler mes larmes. Ce n'est pas le moment de craquer, surtout pas devant James. Je prends une profonde inspiration avant de monter en voiture et de démarrer pour entamer quelques heures de route. Je ne regarde pas mon fils. Je suis en colère. Pas contre lui, mais contre moi-même. James n'était pas totalement heureux avec cette vie là et pourtant je me suis entêtée à rester, pensant le faire pour son bien. Je vois aujourd'hui, qu'il est plus qu'heureux de quitter Lexington et surtout Julian Backer. Quelques heures plus tard, je me gare dans le parking d'un motel. James dort. Ca me désole de devoir à nouveau le réveillé, mais il faut que je dorme ne serais-ce que quelques heures.

Moi (doucement) : James, on est arrivé dans un motel. Allez lèves-toi et allons nous coucher dans un bon lit.

Il hoche la tête, sans un mot, et sort de la voiture. Je passe devant lui afin de prendre une chambre. Une fois la clef en main, on monte au deuxième étage. On entre dans la chambre. Je soupire intérieurement. C'était sûr qu'avec les moyens que j'ai, je n'allais pas avoir une suite de luxe. James enlève de suite sa veste et son pantalon et se faufile dans le lit. Je ferme à clef et enlève juste ma veste et je m'allonge à ses côtés.

James (un peu endormit) : Je suis vraiment désolé, maman.

Je me tourne vers lui et passe ma main dans ses cheveux blonds.

Moi : Je sais. Je ne t'en veux pas, Jamie. Je suis désolée de t'avoir ignoré. Je t'aime tellement.
James : Moi aussi, maman. Je t'aime.

Il ferme les yeux sous mes caresses. Je souris. Chaques fois que je passe la main dans ses cheveux, il finit par s'endormir. J'ai pris l'habitude de le faire lorsqu'il était à l'hôpital, pour le rassurer. Par sa respiration calme, détendue et régulière, je me rendis compte qu'il s'était endormit. Je me tourne de l'autre côté et regarde le mur. Je suis épuisée tant moralement que physiquement et pourtant, le sommeil tarde à m'emporter. Mes pensées s'aventurent dans le passé. Je revois encore le jour où j'ai rencontré Julian. J'avais à peine 15 ans. Il en avait presque 18.

Flash Back

Aujourd'hui est un grand jour pour moi. Je fais mon entrée dans le lycée de Lexington. Pourtant, cette journée commence mal. Je suis en retard pour mon premier cours. Je me suis un peu perdue dans le lycée en déposant mes livres dans mon casier et maintenant, me voilà entrain de courir dans les couloirs pour rejoindre ma salle de cours. Je tourne à droit en courant aussi vite que possible lorsque je me cognai dans quelque chose de dur. Je me voyais déjà tomber sur le sol avec mes livres et mon sac, mais je sentis deux bras me rattraper. Je frissonnai au contact de ses deux bras autours de ma taille. Je lève le regard et vis des yeux marron me regarder. Je lève le regard et vois un jeune homme plutôt pas mal, me regarder.

Julian : Tu vas bien ? Rien de cassé ?
Moi (rougissant) : Uhm … je vais bien. Merci.

Je me détache de lui et me baisse de suite pour ramasser mes affaires. J'allais prendre mon livre d'anglais, lorsque je sentis deux mains toucher les miennes. Il allait ramasser mon livre. Je lève les yeux vers lui et encore un fois, je me sens attirée par son regard.

Julian : Je m'appelle Julian. Julian Backer.

Je me relève, tout en ne le lâchant pas du regard.

Moi : Haley James.
Julian (souriant) : Enchanté. Alors, tu es nouvelle au lycée ?
Moi : Oui. J'entre en seconde, mais je suis déjà en retard.
Julian : Allez-viens, je t'accompagne jusqu'à ta salle.
Moi : Mais, tu ne vas pas être en retard ?
Julian : On s'en fiche. Et puis, ce n'est pas tous les jours que je trouve en compagnie d'une fille aussi charmante …

Je lui souris timidement et rougis. Il m'accompagne à ma salle de classe.

Fin du Flash Back

Quelques jours plus tard, Julian m'avait invitée à sortir. Quelques semaines plus tard, nous étions en couple. Un an plus tard, j'étais enceinte. Et 15 mois plus tard, j'étais mariée. Et du jour au lendemain, notre couple s'est effondré. Je savais qu'il avait des liaisons avec d'autres femmes. J'étais souvent trop fatiguée pour avoir envie de faire l'amour avec mon mari. Alors, il allait assouvir ses « besoins », comme il les appelait, ailleurs. Je me souviens encore du jour où, pour la première fois, l'idée de divorcer de Julian Backer m'a traversée l'esprit. Après une énième dispute …

Flash Back

J'étais à l'hôpital, au chevet de James. Il venait d'être amené en urgences. Son petit cœur ne supportait plus de vivre. J'avais essayé de joindre Julian, mais rien à faire. Je sens une main sur mon épaule. Je me retourne et me retrouve face à Julian lui-même. Je tourne la tête violemment pour lui faire comprendre que je suis en colère contre lui.

Julian (suppliant) : Hale's, je t'en pris. Ne fais pas ça.
Moi (durement) : Ne fais pas quoi ? Etre en colère contre toi pour avoir lâchement abandonné ton fils ?
Julian : Haley, pas ici. Sortons deux minutes.

Je me lève et sors en furie. Une fois dehors, je me tourne vers lui et le gifle violemment. Il passe une main sur sa joue, en me regardant.

Julian : Tu as perdue la tête, ma parole !
Moi : Moi ? Moi j'ai perdue la tête ? Et toi alors ? Où étais-tu lorsque je t'ai appelé, hein ?!
Julian : Je suis désolé. J'étais en voyage d'affaires et …
Moi (le coupant) : Cesse de mentir. Je sais que tu étais avec elle. Je le sais depuis le début. Je sais tout. Tu l'as choisi plutôt que ta famille. C'est finit, Julian.
Julian : Qu'est-ce que tu essais de me dire ?
Moi : Toi et moi, ça ne marche plus. James t'en veut. C'est terminé. Il est temps de divorcer.
Julian : Pardon ?
Moi : Tu m'as entendue ! J'abandonne. Je veux un divorce.

Et avec ça, je suis retournée au chevet de mon fils.

Fin du Flash Back

Les larmes se mirent à couler et je ne fis aucuns gestes pour les essuyer. Je m'endormis après avoir pleuré toutes les larmes de mon corps. Finalement, je suis plus brisée que je n'en ai l'air … Est-ce que Tree Hill va me ramener cette joie de vivre longtemps perdue ? Je l'espère …