Chapitre 1: Une vie de chien

Le voyage, le ramenant à la maison, n'avait pas été assez long pour Harry. Il resta assis calmement regardant par la fenêtre durant tout le trajet du Poudlard express. Même le son des roues grinçantes du chariot de friandises ne détourna pas ses pensées de Sirius. Sirius était mort. Il ne verrait plus jamais le visage de son parrain, ni le grand chien noir remuer la queue. Harry paniqua presque à la pensée d'être de nouveau si seul.

Il repensa à son comportement violent dans le bureau du professeur Dumbledore, à tous ces délicats petits objets gisants brisés sur le sol. Finalement cela ne comptait pas, parce qu'il n'avait plus personne en qui avoir confiance. Dumbledore avait perdu à jamais cette confiance, en retenant des informations qu'il l'aurait gardé loin du ministère, empêchant ainsi Sirius d'être tué.

Et Remus … bien, Remus avait juste autant de mal accepter la mort de Sirius que lui. D'ailleurs il ne méritait pas d'avoir sa peine allégée par Remus.

La culpabilité d'avoir tué son parrain le rongeait presque entièrement. Si il y avait un moyen d'échanger sa vie contre celle de son parrain, il l'aurait fait dans la seconde. Il nota les regards inquiets de ses amis mais choisit de les ignorer. Que connaissait Ron et Hermione à propos de la douleur et de la perte ? Ils n'avaient aucune idée de ce que la perte du dernier membre de votre famille pouvait vous faire ressentir.

Quand le train arriva finalement à Londres, Ron et Hermione restèrent à ses cotés jusqu'à ce que Vernon l'entraîne vers l'enfer que deviendrait sa vie. Il ne se retourna pas pour voir les regards d'horreur qu'arboraient désormais, il le savait, ses amis. Vernon lui hurla, jusqu'à la maison, à quel point il était une nuisance. Avant même qu'ils arrivent à Privet Drive, Harry avait reçu un rapide revers de son oncle pour avoir répliqué.

Vernon avait eut l'audace de dire qu'il était heureux que son bagnard de parrain' soit mort, que maintenant ils n'auraient plus à s'inquiéter à propos de criminels rodant autour de chez eux. Harry explosa et avant même qu'il puisse y réfléchir à deux fois, il cria à son oncle de la fermer. Vernon ne perdit pas de temps à mettre sa voiture sur le bas-coté et gifla Harry.

Au lieu de protester, Harry eût l'impression qu'il la méritait, pas pour avoir hurler sur son oncle mais pour toutes les autres regrettables choses qu'il avait faite. Cela le calma suffisamment pour complètement ignorer la voix de son oncle et pour se concentrer encore une fois sur le sentiment de culpabilité qu'il ressentait pour la mort de Sirius.

Les choses ne s'améliorèrent pas quand il arriva à la maison. Dudley avait l'air encore plus gros et plus fort que l'année précédente et défia ouvertement Harry dans un match de boxe. Maintenant que Dudley avait les gants d'or du champion de son école, il pensait qu ilavait le droitde battre tout le monde. Oncle Vernon encourageait cetteattitude intimidante et alla même jusqu'à se vanter d'avoir un tel fils à quiconque voulait bien écouter. Son refus de combattre n'apporta à Harry que des sarcasmes et des moqueries comme il n'en avait pas expérimenté depuis l'école primaire.

Toutes ces moqueries et cruelles remarques plongèrent Harry encore plus dans la dépression, le faisant se détester encore plus.

A la fin, Harry était si triste et si déprimé que sa famille ne voulût plus rien à faire avec lui. Il était supposé finir une longue liste de corvées puis retourner dans sa chambre pour manger son seul et unique repas de la journée. Même son maigre repas était dur à avaler. Ilperdait du poids à une vitesse alarmante. Entre les corvée sous le chaud soleil d'été et les maigres repas, il commençait fréquemment à se sentir pris de vertige.


Vernon attendait avec impatience de passer la journée avec sa sœur Marge. Sa vie avait été si difficile dernièrement, avec son patron le réprimandantau travail et les factures s'accumulant à la maison. Tout çà avaitdébuté quand ce monstre était revenu de son école de monstres. Quelque chose n'allait pas avec lui, toujours arborant un air boudeur et mélancolique. Il avait décidé de demander à Marge son opinion sur l'étrange conduite du garçon, espérant qu'elle serait capable de lui donner quelques conseils sur comment empêcher le garçon derechercher ainsi l'attention.

Marge était très avisée et savait comment s'y prendre avec un tel comportement puisqu'elle avait tellement d'expérience avec le dressage des chiens qu'elle élevait. Son conseil fut le suivant : Bats-le hors de lui.

« Marge, je ne sais juste plus quoi faire avec le garçon. Il semble attirer la malchance sur toute la maison » dit en colère Vernon en regardant sa sœur prendre une autre gorgée de brandy.

« Je te le dit, Vernon, il a une mauvaise influence sur notre Dudley. La dernière chose que tu veux est que Dudley commence à agir comme ce garçon, n'es-ce pas ? » demanda Marge avec autorité, en leur resservant un verre.

« non, non, tu n'y est pas du tout. Dudley est vraiment un bon garçon, c'est l'autre qui me pose problème. »

« Je l'ai déjà dit, quand il y a une tare chez la mère, alors il y a une tare chez le chiot. C'est vraiment dommage que vous ne l'ayez pas noyer à la naissance, comme j'ai, de temps en temps, besoin de le faire avec mes chiens, » dit Marge, en donnant une petite tape sur le bras de Vernon.

« Crois moi, si j'avais su à quel point il tournerait mal, je l'aurais laissé sous le porche de quelqu'un d'autre ! ». Ils rirent tous les deux à cette pensée.

« Bien Vernon, il ne te reste plus qu'une seule chose à faire. Tu dois le battre jusqu'à ce qu'il rentre dans le moule. Je ne crois pas qu'une approche gnangnan, utilisant des mots gentils et des récompenses, fonctionne pource genre de personne. Tu dois utiliser une canne ou une ceinture sur le garçon, » dit Marge avec conviction.

« Oh, Marge, je ne suis pas sûr de comment Pétunia va prendre ça, » dit Vernon, tout en pensant que c'était une bonne idée mais ignorant si Pétunia approuverait.

Marge se pencha en avant sur sa chaise et dîtd'une voix pâteuse, « Ne la laisse pas savoir. Fait en sorte que il garde sa bouche fermée. »

Vernon réfléchît un moment et vint à la conclusion qu'il aurait besoin de s'emparer d'une chose spéciale aux yeux du garçon pour l'obliger à taire ses 'leçons'.

« Oui Marge, çà pourrait marcher. Au moins çà mérite un essai. Je commence à être fatigué de ses regards irrespectueux et de son attitude déplaisante. La prochaine fois, qu'il dépasse les bornes, il aura à en répondre, » constata Vernon, sentant une étrange excitation l'envahir à cette pensée.


Vernon s'engagea dans l'allée et vit que le garçon lui avait désobéît en ne taillant pas les rosiers comme il lui avait dit de le faire. C'est tout ce qu'il fallut à un Vernon coléreux et saoul pour commencer son nouveau projet de discipline pour le garçon.

« Garçon, descends ta monstrueuse personne ! » hurla Vernon depuis le salon, sachant que Pétunia et Dudley était sortis. Maintenant que le criminel, qui servait de parrain au garçon, était mort, Vernon savait qu'il ne se ferait pas prendre à punir Harry. Enfer, il s'en réjouissait même !

« Oui oncle Vernon ? » demanda Harry en arrivant en courant.

« as-tu fini toutes tes corvées, jeune homme ? » grogna oncle Vernon.

« Je pense, »dit Harry avec inquiétude, sentant l'odeur d'alcool qui provenait de son oncle.

« Toi, petit menteur, » hurla son oncle tout en giflant Harry avec une telle force que celui-ci tomba contre la télé. La télévision vacilla et s'écrasa sur le sol. Oncle Vernon passa par cinq teinte de violet à la vue du téléviseur sur le sol. ' Maintenant ce bon à rien de monstre va commencer à payer !' pensa Vernon, avec une certaine excitation.

Harry s'assît par terre en se frottant la joue, en état de choc.

« Monte dans ta chambre, garçon ! J'arrive pour te donner la punition que tu mérites ! »

« hé, attends une minute ! c'est absurde ! tu ne peux pas faire çà, » s'écria Harry, avec un début de colère mais toujours sous le choc. Il se redressa mais recula de quelque pas quand son oncle s'approcha. 'Enfer, qu'es ce qui se passe ?'

Vernon attrapa Harry par le devant de sabien trop grande chemise et le poussa vers les escaliers.

Harry commença à se diriger vers sa chambre, suivi deVernon qui le poussait à presque chaque pas. Harry était entrain de chercherun moyen derécupérer sa baguette qui étaitenfermée dans le placard de l'entrée. Il s'inquièterait plus tard des conséquences avec le ministère de la magie.

« Oncle Vernon, pourquoi tu fais çà ? » demanda Harry d'une voix paniquée.

Vernon glissa, « parce que tu n'est rien qu'un horrible assassin ! Oui, je sais tout de la manière dont tu as tué ce garçon, l'année dernière et maintenant ton criminel de parrain est mort. »

Le cœur de Harry s'arrêta presque en entendant ces mots. La culpabilité et la douleur était si fraîche et vive que son cœur se serra. Tout ce que Vernon avait dit, était vrai : il était un meurtrier.

Quand il atteignirent finalement la chambre, Vernon saisit Harry par les cheveux et le poussa dans le mur. Vernon lutta pour retirer sa ceinture de sa taille véritablement énorme tout en tenant la tête du garçon contre le mur. Harry repoussa la poigne de son oncle et essaya de se retourner. Vernon enroula la ceinture de sa patte charnue tandis que la boucle se balançait à l'autre bout, ensuite levale bras haut dans les airs. Harry tentait de sortir de la prise de son oncle mais fût poussé plus durement contre le mur.

« Retournes toi, garçon et si j'entends le moindre bruit, cet oiseau flottera dans un seau d'eau ! Fermes la et mets tes mains sur le mur ! » siffla Vernon dans l'oreille du garçon.

Harry était sur le point de protester à nouveau mais Vernon le calma d'un coup dans les côtes.

Il jeta un coup d'œil vers Hedwige perchée dans sa cage et se retourna face au mur plaçant ses mains à plat contre celui-ci. Quoique que son oncle ait prévu pour lui, se serait moins douloureux que de perdre Hedwige. Son esprit ne pouvait toujours pas absorbé ce qu'il lui arrivait.

Il fut soudain ramené dans une réalité empli de souffrance quand la ceinture entra douloureusement en contact avec son dos. Harry prit une brève respiration et se mordit la lèvre pour retenir un cri. La ceinture continua de s'élever et de tomber jusqu'à ce qu'Harry ne puisse plus en supporter davantage et s'effondre sur le sol, prenant de grandes bouffées d'air. Il était juste sur le point de crier de douleur quand son oncle stoppa.

Vernon s'épuisa finalement par tous les efforts qu'il avait fallu fournir pour punir son neveu. Il sentait que ce monstre méritait plus, mais il était trop fatigué pour continuer immédiatement. Il attrapa le garçon, encore une fois par les cheveux et l'obligea à le regarder. Voir l'irritant visage du garçon attisa encore plus sa colère.

« Tu ne causes que des problèmes, garçon ! Tu sais que tu le mérites. Ton école de monstre m'a fait savoir comment tu avais tué ton parrain . tu mérite d'être puni, aussi ne vas pas te plaindre de çà à tes amis ou ta chouette payera ! » sur-ce, il attrapa la chouette dans sa cage, claqua la porte et la verrouilla. Harry pût l'entendre monter dans sa voiture et s'en aller, les pneus crissants. Hedwige était partie.

Harry essaya de se mettre sur le lit mais la douleur provenant de son dos était trop importante. Il s'affaissa sur le sol et s'allongea sur le ventre, haletant sous l'effort. Il essaya difficilement de retenir ses pleurs.

'Oncle Vernon a raison' pensa Harry ' j'ai causé la mort de Sirius. Tout est de ma faute.' Une pensée encore plus horrible entra dans son esprit, une pensée qui changera le cours de sa vie : ' Je mérite d'être battu.'

Quand il se réveilla le matin suivant, des pas tonnants se dirigèrent vers sa chambre. Il essaya de se relever du mieux qu'il pût mais son dos douloureux l'obligeait à bouger lentement. Il se mordit la lèvre pour retenir un cri, réouvrant ainsi une coupure. La porte s'ouvrit brutalement et l'oncle Vernon le regarda.

« Toujours couché, monstre paresseux ! » hurla Vernon notant la lèvre ensanglantée.

« Tu ferais mieux de ne pas saigner partout ou ta tante sera réellement furieuse. »

Il lui jeta une longue liste de corvées et se rua hors de la pièce.

Harry ramassa la liste et sût qu'il ferait mieux de commencer, s'il voulait finir à temps.

Il était affamé et assoiffé mais il savait qu'il ferait mieux de l'oublier pour l'instant. Harry ramassa un vieux T-shirt et l'appuya sur sa lèvre pour arrêter l'écoulement de sang. Quand finalement, le saignement stoppa, il descendit, chaque pas coûtant un effort. Il se mît à nettoyer péniblement la cuisine. Tante Pétunia et Dudley s'étaient absenté pour la journée, aussi il devrait être capable de prendre discrètement du pain et de l'eau ainsi que les reste du petit-déjeuner. Après avoir frotté le sol jusqu'à ce qu'il brille, il continua sa liste de corvée et se dirigea vers la cave. Il ne comprenait toujours pas pourquoi son oncle l'avait traité si violemment mais il persistait à penser qu'il avait méritait une sorte de punition pour avoir tuer son parrain.

Harry n'avait même pas réalisé qu'il était presque 18h jusqu'à ce qu'il finisse le nettoyage de la cave et vît le soleil sur le point de se coucher. Il n'avait toujours pas vu Tante Pétunia et Dudley. Brusquement, la porte d'entrée s'ouvrit à toute volée et claqua contre le mur, Vernon avança à grand pas, l'air content de soi.

«Garçon ! Viens par ici ! »

« Oui, monsieur, » répondit Harry, avec brusquerie.

« As-tu fait toutes tes corvée ? »demanda Vernon, dont le gros visage flasque se rapprochait du pathétique adolescent.

« Oui, j'ai tout nettoyé, » dit Harry d'une voix pleine de colère. « Oncle Vernon, où est ma chouette ? »

« Ce ne sont pas tes affaires, tu fais juste ce que je dis et ce maudit oiseau vivra. Il vaut mieux que tu ais fini toutes tes corvée, jeune homme. » Vernon se dirigea vers la cave.

« Je les ai faites, » dit Harry, suivant timidement son oncle dans les escaliers.

Vernon commença à y chercher n'importe quelle erreur. Droit devant lui, il vît que les cartons n'avaient pas été empilés correctement. 'Es ce que ce n'était pas le #4 sur la liste ?'

« Viens par ici, tu n'est bon à rien d'autre que paresser ! »

Harry poursuivît doucement sa descente, connaissant ce qu'il l'attendait. Il savait qu'il aurait pu s'enfuir mais il pensa à Hedwige. Il n'était pas prêt à la perdre, elle aussi. Il ne souciait plus de rien désormais. A cause de lui, Sirius était mort. A cause de lui, il avait perdu la seule chance , le seul espoir d'échapper de cet endroit. Maintenant il sentait qu'il devait payer le prix.


A suivre

A dimanche prochain …