Disclamer : Rien ne m'appartient, tout le mérite revient à François Descraques qui a crée Le Visiteur.
Paring : Raph&LeVisiteur.
Rating : grosso modo, M.
Spoiler : je place cette histoire à la fin de la saison 4, mais avec une petite modification : ici, Le Visiteur ne décide pas tout de suite de reprendre les missions. Et ça ne tient pas compte de La Meute non plus.
Blabla de l'auteure : Chapitre 2 ^_^.
En espérant vous plaire.
Raph referma son ordi portable et se rongea l'ongle du pouce. Le Visiteur, son-mec-putain-il-n'en-revenait-toujours-pas, était repartit en l'an 2550 depuis quelques heures. Heures que le jeune homme avait mit à profit pour sonder le net en quête d'infos sur le sexe entre deux hommes. Bien qu'il ne soit pas gay, merci bien, il avait quand même quelques notions de base, notamment sur quel orifice était mis à contribution pendant ces ébats. Oui, il n'était pas complètement con mais les aspects « pratiques » lui étaient inconnus. Mais ça c'était avant. Il se frotta les yeux, essayant sans grands succès de ne plus penser aux images traumatisantes de certains sites sur lesquels il était tombé. Sérieux, les mecs, les bouteilles c'n'est franchement pas fait pour ça.
Il posa son ordi à ses pieds sur le parquet de la chambre et son regard se tourna vers le tiroir de sa table de nuit. Au bout d'un long moment, il tendit une main, s'aperçut qu'elle tremblait, leva les yeux au ciel tout en soupirant de lui-même et ouvrit enfin ce foutu tiroir d'un air décidé. Il attrapa le tube qui trainait au milieu des innombrables capotes qu'il avait acheté quand il avait commencé à sortir avec Stella. Il n'en avait pas utilisé autant qu'il le pensait. Ni qu'il l'aurait voulu. Et maintenant, ce n'était pas Stella qui en aurait besoin. D'ailleurs ça se passait comment le sexe entre deux femmes ? Se giflant mentalement de sa connerie, Raph retourna à ses propres problèmes.
Il fixa le tube jamais entamé puis s'allongea. Il était temps de mettre en pratique les infos qu'il venait de glaner. Mais il se releva presque instantanément. Avec sa fâcheuse manie d'apparaitre n'importe où et n'importe quand dans l'appart, Renard pourrait le surprendre en pleine expérimentation. Moment surement très gênant, qu'il préférait éviter. Comme celui d'appeler le Visiteur par son vrai nom, mais quelle idée d'appeler son enfant Renard aussi ! Les gens de son monde n'étaient pas bien finis apparemment. Il se dirigea dans la salle de bain et entra dans la petite cabine de douche comme on monte à l'échafaud.
Il en ressortit les jambes encore un peu flageolantes. Certaines de ces convictions dans le même état. Ok, finalement, être avec un mec ne serait peut-être pas mal. Le jeune homme s'arrêta au milieu du couloir, en serviette et s'interrogea sur le passif du Visiteur. Il n'avait jamais parlé de relations antérieures et il semblait être un profond solitaire. Mais pas vraiment par choix, un futur post-apocalyptique rempli de zombies n'aidait pas franchement à faire des rencontres. Mais ça ne voulait pas forcement dire qu'il avait vécu une existence de moine avant de le connaitre. Raph serra les dents, agacé contre lui-même, contre ses pensées. Le voilà jaloux d'hypothétiques conquêtes du Visiteur, il frisait le ridicule.
Après s'être rhabillé d'un jogging et d'un t-shirt un peu trop large, il se prépara un petit truc qu'il mangea sans appétit en vérifiant son téléphone toutes les deux secondes. Il tenta de regarder la télé mais n'arriva pas à se concentrer sur la série de la soirée. Les chiffres de sa montre semblaient changer à la vitesse d'un escargot asthmatique, idem pour ceux de son téléphone, c'était donc le temps qui semblait s'étirer à l'infini. Il se rendit compte qu'il attendait. Juste ça, il attendait le retour du Visiteur.
Et s'inquiétait qu'il ne soit pas déjà réapparu. Grâce à sa machine, il aurait pu partir une semaine et réapparaitre une minute après avoir quitté Raph. Mais il n'était toujours pas revenu. Raph tenta de se raisonner en se disant que le Visiteur faisait ça pour ne pas brusquer les choses, ne pas le brusquer lui. Pour ne pas l'effrayer. À moins que ce ne soit le Visiteur qui le soit, effrayé. Devait-il l'appeler, l'assurer que tout était Ok pour lui ? Mais ça ferait peut-être un peu trop pressant, surtout que c'était lui qui avait dit ne pas vouloir « bruler les étapes », Stella lui avait souvent reproché son coté pot de colle. Mais un Visiteur qui balisait en se faisant des films, ce n'était pas une perspective encourageante non plus.
Raph prit son téléphone et le regarda un long moment avant de se décider à envoyer un texto, compromis entre silence radio et coup de fil. Il opta pour un classique « Vous faites quoi ? » puis il reposa l'appareil et tenta en vain de se concentrer sur l'émission de télé, sans grand succès. Le portable tinta heureusement rapidement et Raph se jeta dessus avant de s'auto-désespérer.
« J'aide Henry à ranger son labo.
Il est encore furax que j'aie laissé l'autre toucher ses affaires.
Et toi ? »
Raph ricana, il imaginait parfaitement la réaction indignée que devait avoir eu l'humanoïde-humaniste face à l'intrusion dans son antre du robot qui ignorait qu'il en était un.
« Je glande devant la télé.
Pas tarder à aller me coucher… »
Raph regretta presque instantanément d'avoir rajouté la dernière phrase mais il n'avait pas trouvé d'autres formulations pour lui dire qu'il espérait le voir ce soir. Il patienta presque cinq minutes avant que le Visiteur ne lui réponde. Et la réponse le désappointa.
« Bonne nuit, alors. »
Il était censé répondre quoi à ça ? bisous-bisous-cœur-cœur ? Une blague sur Henry et ses règles robodespotiques ? Qu'il lui manquait ? Oh, bordel ! Raph cessa instantanément de fulminer tout seul en s'entendant penser. Il était parti depuis moins d'une journée, bon sang. Stella avait raison, il était trop collant, trop envahissant. C'était ça qui faisait fuir les gens. Ce constant besoin d'attention qu'il leur réclamait. Il était… pathétique.
Il pianota sur le clavier de son téléphone un rapide message « Merci, vous aussi, essayez de ne pas débrancher Henry. Smiley bisous ».
Il attrapa la télécommande, éteignit le poste et alla se coucher. Un peu déçu de ne pas l'avoir revu avant. Un peu beaucoup dépité de son constat sur son propre comportement également.
Allongé entre ses draps, une main sous la tête, l'autre sur son ventre, il repensa au meilleur moment de cette journée : l'incroyable baiser échangé avec le Visiteur. Raph était plutôt du genre modéré, son ex-copine pouvait en témoigner. Même quand il avait été la récupérer chez Tim et Léo, il s'était laissé porté par la fougue de la jeune femme, calibrant ses réactions aux siennes.
Mais avec le Visiteur… ça avait été une putain de tornade. Il s'était complètement lâché, allant même jusqu'à l'asseoir sur la table pour se glisser entre ses jambes. Pour la première fois, Raph avait cessé d'être passif et le moins qu'on puisse dire, c'est que ça avait détonné. Raph se mordit les lèvres. Ce n'était pas le moment de penser à ça, là, c'était l'heure de dormir. Il éteignit et se tourna sur le coté, demain sera un autre jour.
Il était à la frontière bâtarde entre le sommeil et l'éveil quand il entendit le bruit caractéristique de la matérialisation temporelle. Raph s'assit dans son lit et se frotta un œil en regardant l'ombre du Visiteur avancer timidement vers la chambre jusqu'à ce qu'il apparaisse dans l'encadrement de la porte.
_ Hey. Je ne t'ai pas réveillé au moins ? J'ai essayé de faire le moins de bruit possible mais ce truc-là n'a pas de touche mute. Faudrait que je demande à Henry qu'il en rajoute une quand il aura fini de me faire trimer comme un esclave. Faudrait peut-être aussi que je m'en équipe également, vu que j'sais pas me taire… je t'ai pas réveillé ?
Raph sourit à la silhouette qui s'agitait sur le pas de la porte de sa chambre et secoua doucement la tête.
_ Je ne dormais pas.
_ Ah, cool.
Raph laissait s'étirer le silence qui s'installa. En temps normal, il aurait déjà relancé la conversation mais là, il voulait voir comment s'en sortait le baratineur du futur quand on ne lui tendait pas de perches. Pas sympa, certes, mais marrant. Et attendrissant aussi. Il avait rarement vu le Visiteur aussi peu à son aise. Ce qui tendait à prouver que sous ses airs de grande maîtrise, il était lui aussi un handicapé des sentiments.
_ Je passais juste pour voir si tout était Ok... et aussi...
_ Oui ?
_ Vu que je suis là… je pourrais peut-être rester dormir ici ? Ça fait longtemps que j'ai pas couché dans un vrai lit.
_ Ouais.
_ V-Vraiment ?
Raph hocha la tête et dans sa poitrine son cœur faisait des sauts de cabris en voyant le Visiteur redresser les épaules et prendre un air tout guilleret et étonné à la fois. Il fit un pas dans la chambre, mais fut stoppé par Raph qui avait sauté du lit et posé une main sur son torse.
_ Par contre, vous allez prendre une douche avant.
_ Qu-Quoi ? Hé, je te signale que je suis propre, je me suis lavé il y a pas quinze jours !
Raph ouvrit la bouche pour répondre et se ravisa, préférant l'attraper par les épaules et lui faire faire demi-tour direction la salle de bains en ignorant ses protestations. Il poussa rapidement son clodo du futur dans la salle d'eau, lui montrant rapidement à se trouvait le nécessaire.
_ Douche, eau froide, eau chaude, savon, shampooings. Je vous pose une grande serviette pour le corps, une plus petite pour la tête. Et je vais vous chercher un pyjama.
_ Un quoi ?
_ Un pyjama… une tenue pour dormir, vous savez ?... Vous dormez avec quoi en 2550 ?
_ Avec un flingue à portée de main.
_ …Ok. Ça explique pas mal de chose. Lavez-vous, je vous ramène ça.
Raph laissa le Visiteur se débrouiller et alla fouiller dans ses affaires à la recherche d'un bas de pantalon qui lui irait. De ce qu'il en avait vu, le mec était loin d'être épais. Une fois les affaires trouvées, il s'assit au bord de son lit et se frotta le visage à deux mains. À l'intérieur de lui, ça faisait les montagnes russes, un vrai bordel. Il ne savait plus très bien ce dont il avait envie, ce qu'il voulait. Décidant que ça ne servait à rien de se mettre la rate au court-bouillon, il se leva et alla toquer à la salle de bain avant d'entrer dans la petite pièce remplie de vapeur.
_ Je vous pose le pyjama sur le bord du lavabo » Un cri étouffé et le bruit de dégringolade de plusieurs flacons lui répondirent de la cabine. « Vous ne m'aviez pas entendu frapper, hein ?
_ Oh mais si, bien sur, tu me prends pour qui, franchement ? J'ai juste, hum, glissé. Il est vachement glissant ce sol, avec toute cette eau…
_ C'est ça oui. En tout cas, terminez vite où vous n'aurez plus d'eau chaude.
Une fois Raph sortit, Renard éteignit l'eau et quitta prudemment la cabine de douche. Quand il tendit la main vers la serviette, il s'aperçut que sa main tremblait et ce n'était pas seulement dû à l'épuisement de trop nombreuses nuits écourtées par une culpabilité étouffante ni à la petite frayeur que venait de lui procurer Raph. Qui l'attendait dans sa chambre, dans son lit. Qui l'attendait pour qu'ils dorment ensemble. Ou peut-être pour plus ? Bordel, il n'en savait foutrement rien et ça lui collait une frousse de tous les diables. Pour une fois, il n'avait aucune info sur ce qu'il allait se passer, le futur de Raph étant le seul endroit qu'il refusait de visiter depuis qu'ils avaient réussi à empêcher la création de la Brigade Temporelle, car il ne voulait pas interférer encore plus dans la vie du jeune homme.
Son regard se posa enfin sur le petit tas de vêtements posé sur la faïence. Il attrapa le t-shirt et le respira. Il avait la même odeur que Raph. Il allait porter les fringues d'un autre. Qu'il lui avait offert. Pas des frusques récupérées sur un cadavre. Il allait porter les vêtements d'un autre, porter son odeur sur sa peau. Ça lui procurait un étrange sentiment de bien-être. Il posa une paume sur sa poitrine comme si ça pouvait calmer la cavalcade qui régnait à l'intérieure.
