Et voici la suite, vous allez savoir ce qu'il s'est passé et qui est morte. Et l'histoire n'est pas finie, il y a un petit épilogue à venir.

Fifouil: Je n'ai absolument rien contre les chiens, mais plutôt contre ceux qui en font des monstres. Si mon choix s'est porté sur un Rottweiler c'est pour "marquer" les esprits car se sont des chiens assez impressionnants.

guest: Non ce n'est pas une hallucination, ni un rêve (enfin là plutôt un cauchemar) et il n'est pas dans le coma.

Gardez vos Kleenex à portée de mains!

Bonne lecture


Partie 2

La veille chez Jim Beckett :

Kate, appuyée contre l'un des accoudoirs du canapé, les jambes repliées, feuillette leur album photo. Elle pleure, comme à chaque fois qu'elle ouvre ce livre dédié à leur bonheur perdu. Machinalement ses doigts caressent chacune des images, elle tourne la page et son cœur se serre en voyant le visage rayonnant de Rick, son regard pétillant de joie et de fierté, tout comme le sien. Ils sont face à face et se tiennent par la taille, leurs visages tournés vers le photographe.

C'était le jour de leur mariage, tout le monde les avait trouvés magnifiques, elle dans sa robe de satin gris perle, lui dans son costume assorti. Sur la photo suivante son ange était là, dans sa robe de demoiselle d'honneur, elle aussi heureuse et arborant un magnifique sourire. Rick avait fait en sorte qu'il soit célébré dans la plus stricte intimité, juste la famille et les amis proches. Ils avaient sélectionné les photos qui paraîtraient dans la presse pour l'annonce officielle.

Elle dessine le contour du visage de l'homme qu'elle n'a pas cessé d'aimer avec son index.

- Pourquoi Rick ? Pourquoi cela nous est-il arrivé ? …. Quoi que tu en penses, je ne cesserais jamais de t'aimer.

Elle referme l'album et le plaque contre sa poitrine, le serrant dans ses bras comme si sa vie en dépendait. Ses sanglots redoublent d'intensité, elle ne sait pas si elle va encore avoir la force de tenir. Contrairement à Rick, elle n'est pas seule, elle a du monde autour d'elle qui la soutient et l'aide à avancer même si, dans sa situation actuelle cela est encore plus dur.

Elle ferme les yeux et les événements de ces 123 derniers jours lui reviennent par bribes. Elle repense à certains d'entre eux avec un pincement au cœur, et se pose encore et toujours la même question : « pouvais-je faire autrement ? ».

« Lorsqu'elle avait appris le drame, elle avait été dévastée et sans le soutien de Lanie, elle n'aurait pu y faire face. Mais elle avait aussi compris que le pire allait arriver quand son mari se réveillerait, le médecin lui avait expliqué qu'il avait dû prendre des mesures draconiennes quand il était revenu à lui aux urgences. Malgré son état, il avait frappé le personnel soignant, hurlant qu'ils ne le toucheraient pas avant qu'il ait vu sa petite fille. Ils l'avaient maîtrisé de force et endormi pour son propre bien, avant de le soigner.

Et elle avait eu raison, ce jour-là elle venait de perdre deux êtres chers, l'un physiquement l'autre t, mentalement. Elle s'était rappelé l'enlèvement d'Alexis, la panique de Rick quand il avait vu le sang dans le van, et son désespoir quand il n'avait pas vu sa fille être libérée lors de l'échange. Elle avait su dès cet instant que s'il lui arrivait quelque chose de tragique, elle le perdrait.

Et c'est exactement ce qui était arrivé, peu à peu il s'était éloigné. Pourtant elle s'était battu pour sauver leur couple, elle ne voulait pas que ces quatre années de vie commune s'arrêtent brusquement. Lasse de cette situation elle lui avait annoncé qu'elle quittait l'appartement quelque temps, qu'elle n'avait plus la force de se battre pour deux. Il n'avait rien dit, avait hoché la tête et était parti s'enfermer dans son bureau la laissant seule au milieu du salon.

Elle l'avait alors entendu éclater en sanglots, elle avait failli se précipiter auprès de lui mais s'était retenue, en pensant bêtement que s'il agissait comme cela à son départ peut-être que son absence prolongée le ferait enfin réagir. Elle avait tort.

Elle aussi avait besoin de se reconstruire, elle avait d'abord débarqué le soir même chez Lanie sans même la prévenir, avec sa valise dans une main et l'album photos (photo) dans l'autre. Elle n'avait plus pensé que maintenant elle était en couple avec Javier, elle avait prononcé de vagues mots d'excuse et avait voulu partir mais ils l'avaient retenu. Deux jours plus tard elle s'installait chez son père.

Les jours et les semaines passèrent, elle s'était réfugiée dans le boulot, avait de sa propre initiative contacté le Dr Burke. Ce qui s'avéra plus que nécessaire lorsqu'elle apprit la nouvelle trois semaines plus tard. Son gynécologue venait de lui apprendre qu'elle était enceinte, que le fait de ne pas avoir ses menstruations, n'était pas dû au stress comme ils l'avaient tous deux pensé. Avant le drame, Rick et elle avaient parlé d'agrandir la famille et ils étaient passés de la théorie à la pratique d'une façon assidue. Il aurait été tellement heureux de savoir qu'il allait être de nouveau papa… en temps normal ».

Perdue dans ses sombres pensées, elle sursaute quand son père vient prendre place à ses côtés. Jim la prend par les épaules et l'amène contre lui, lui déposant un baiser sur le front avant qu'elle ne vienne blottir sa tête dans son cou.

- Oh papa !...c'est trop dur, je n'y arriverai pas.

- Ça va aller ma Katie, nous seront là pour toi et le bébé, mais…

- Je devrai le dire à Rick… je sais, mais…

- Est-ce que tu l'aimes ?

- Toujours ! S'exclame-t-elle en se détachant de son père. Mais pourquoi tout le monde me pose la même question ?

- Com…

- Toi, le Dr Burke, Lanie, Martha…bien sûr que je l'aime.

- Et je suppose qu'ils t'ont aussi demandé si tu lui en voulais ?

- Bien sûr que non ! Son visage s'assombrit, mais lui croit le contraire… si tu avais vu son regard quand je lui ai dit que je partais…pas de déception mais une profonde tristesse et de la compréhension… comment peut-il croire que je le rends responsable de la mort de notre fille ?

- Il se sent coupable de ne pas avoir pu la protéger et…

- Mais c'est en train de le détruire !

Ses sanglots redoublent et elle se blottit à nouveau dans les bras réconfortants de son père. Jim, lui caresse le dos tout en la berçant, lui aussi pleure maintenant. Il avait tenté de raisonner Richard, en vain, son gendre avait fui son regard durant toute leur conversation, plutôt son monologue. La seule chose qu'il lui avait dite était qu'un jour il espérait obtenir son pardon…il n'avait rien écouté de ce qu'il lui avait dit ou plus exactement n'avait pas voulu écouter.

Kate est plus calme, sans quitter les bras de son père, elle poursuit.

- J'ai déjeuné avec Martha et Alexis aujourd'hui.

- Comment vont-elles ?

- Aussi bien que possible, Martha est fatiguée, heureusement qu'elle est revenue s'installer au loft pour veiller sur lui, mais même elle commence à perdre espoir. Il s'enfonce de plus en plus, il ne se lève jamais avant midi, passe ses journées à regarder les vidéos que l'on a faites ou il reste enfermé des heures dans la chambre de notre fille. Il n'y a qu'avec Alexis qu'il a à peu près une attitude normale, mais même pour elle ça devient difficile à supporter. Elle a vraiment peur pour lui. Elle m'a montré un bleu qu'elle a sur le bras, c'est Rick qui le lui a fait…

- Comment ? S'écrie Jim surpris, ayant du mal à imaginer Castle faire du mal à sa fille.

- Ce n'est pas ce que tu crois, ça s'est passé samedi. Elle a réussi à le faire sortir de chez lui, ils traversaient une aire de jeu, lorsqu'une personne est passée avec un chien, tenu en laisse. Ce dernier s'est avancé pour renifler Alexis, aussitôt son père l'a saisi par le bras et l'a écarté. Elle m'a dit qu'il ne s'est même pas rendu compte qu'il lui faisait mal, il était tétanisé, elle a réussi à le faire asseoir le temps qu'il retrouve ses esprits. Ensuite il l'a prise par la main en lui disant qu'ils devaient rentrer.

- C'est à ce point ?

- Oui, mais le plus grave c'est qu'elles ne m'ont pas caché qu'il faudrait sérieusement penser à le faire interner…et comme je suis sa femme.

- Tu es la seule à pouvoir faire la demande, termine son père dans un murmure.

- Oui…mais je ne veux pas en arriver là papa, si je fais ça il ne s'en remettra pas. Ça ne fera que le conforter dans son sentiment de culpabilité… je ne sais plus quoi faire.

- Au contraire Katie, je suis sûr que tu sais exactement quoi faire, dit-il en relevant la tête de sa fille vers lui. Ne perds pas espoir, nous serons à tes côtés pour t'épauler. Si ces derniers mois ont été un calvaire aussi bien pour lui que pour toi, demain sera encore pire, alors si tu dois agir, fais le très vite. Il vit une petite lueur de détermination dans les yeux de sa fille, allez, va dormir maintenant, il se fait tard et tu as besoin de te reposer.

- D'accord…merci.

Après la discussion qu'elle a eue avec son père, Kate se lève ce jeudi matin plus déterminée que jamais. Elle passe la matinée à se préparer psychologiquement, elle sait que ça va être dur à supporter, il va lui falloir être forte pour deux. A midi elle appelle Martha qui lui dit que Rick dort encore, elle lui expose ce qu'elle veut faire, aussitôt l'actrice lui propose de l'accompagner mais Kate refuse lui disant qu'elle doit faire ça seule.

Elle sait que Rick ne sera pas au cimetière avant 14h30, alors elle arrive une demi-heure plus tôt, dépose le bouquet de roses blanches sur la tombe de leur trésor, se recueille un moment, laissant couler ses larmes. Elle lit le nom gravé sur la stèle de marbre.

« Sheila Amanda Castle

11 août 2013 – 9 avril 2016

À jamais dans nos mémoires »

- Tu me manques mon ange, ton absence laissera toujours un grand vide dans mon cœur.

Instinctivement elle pose sa main sur son ventre où une nouvelle vie est en train de croître. Et c'est plus déterminée que jamais à sauver Rick et leur couple, qu'elle va prendre place derrière un petit bosquet d'arbres à quelques mètres de la tombe. Avec patience elle attend, elle est prête à le faire le temps qu'il faudra. Il arrive enfin et lorsqu'elle le voit son cœur manque un battement.

Martha l'a bien prévenue qu'il dépérissait de jour en jour, mais elle n'imaginait pas que c'était à ce point. Alors qu'elle l'observe, faisant un effort surhumain pour ne pas se précipiter vers lui, car elle sait que ce moment est important pour lui, les larmes ruissellent de plus belle sur ses joues. On dirait un vieillard avec sa démarche incertaine, son dos voûté, sa coiffure négligée, le tout accentué par des vêtements trop larges pour lui. Et quand il est assez près pour qu'elle puisse voir son visage, elle ne peut s'empêcher de pousser une exclamation de surprise qu'elle étouffe en mettant sa main devant sa bouche.

Elle a du mal à reconnaître l'homme qu'elle aime et se reproche aussitôt d'être partie, de l'avoir laisser sombrer, seul. Mais comment aurait-elle pu l'aider puisqu'elle souffrait tout autant que lui et qu'ils étaient devenus comme des étrangers l'un pour l'autre. Au moment où il glisse sa main à l'intérieur de sa veste, son cœur s'emballe et elle fait un pas en avant, elle a peur qu'il fasse un geste désespéré. Elle est rassurée quand elle voit le petit écrin, cependant elle sort de sa cachette et se dirige vers lui à pas lents, le moment est venu pour elle d'intervenir.

Lorsqu'il essaie de se lever et s'effondre, elle court vers lui, il ne l'a pas entendu, il parle à leur fille. Elle pose sa main sur son épaule.

- Ce n'est pas ta faute Rick.

Il se redresse et la fixe, surpris, il n'a pas entendu ses paroles, juste reconnu sa voix.

- Kate ?

Aussitôt il fuit son regard et baisse la tête, la voir pleurer lui est intolérable, surtout par sa faute. Il l'aime toujours autant qu'au premier jour, mais il sait qu'il l'a perdue pour toujours, elle doit tellement le haïr pour ne pas avoir su protéger Sheila. Lui-même ne peut se le pardonner, mais sa présence à ses côtés, spécialement aujourd'hui, attise dans son cœur vide et froid une petite braise et durant quelques secondes il veut croire en un hypothétique pardon.

Elle le voit relever la tête et pour la première fois depuis plus de quatre mois, il ose enfin river son regard au sien. Elle est effrayée par son état, c'est encore pire que ce qu'elle croyait, de Richard Castle, l'homme qu'elle connaissait et qu'elle aimait, il ne restait rien, il a totalement disparu pour laisser place à un inconnu. C'est d'une voix mal assurée, éraillée qu'il prend la parole.

- Pourras-tu un jour me pardonner ?...je…il ne peut continuer.

- Pour quoi devrais-je te pardonner Rick ? Tu ne…

Elle n'a pas le temps de finir sa phrase qu'une nouvelle fois, Rick se replie sur lui-même éclatant en sanglots. Kate comprend immédiatement que ses mots étaient mal choisis et qu'il vient de se méprendre sur leur sens, ne la laissant pas terminer. Aussitôt elle saisit son visage entre ses mains et le force à lever la tête, il essaie de se dégager mais il est tellement faible qu'elle n'a aucun mal à s'imposer.

- Lâche-moi ! Hurle-t-il.

- Non ! Tu te tais, et tu me laisses parler ! S'exclame-t-elle à son tour, la colère prenant le dessus. Je n'ai pas à te pardonner car tu n'as rien fait de mal Rick ! Ce n'est pas de ta faute ! Tu comprends ça ! Tu n'es pas responsable de la mort de notre fille ! C'est le type qui a dressé ce chien au combat le fautif !

Elle s'arrête pour laisser le temps à ses paroles de faire leur chemin dans l'esprit de Castle. Au-dessus d'eux le ciel s'est assombri, des grondements lointains roulent comme des battements de tambour une goutte, deux, puis plusieurs viennent s'écraser près d'eux. Mais ils sont dans leur monde et ne se rendent même pas compte qu'il s'est mis à pleuvoir. Les yeux dans les yeux, ils ont un de leurs échanges silencieux. Cependant Rick a du mal à croire ce qu'il vient d'entendre, lui a-t-elle vraiment dit qu'elle ne lui en voulait pas ?

- Mais si je n'avais pas tourné la tête, tente-t-il d'expliquer d'une voix à peine audible.

- Ça n'aurait rien changé Rick, je t'assure, lui répond Kate d'une voix douce. J'ai lu les rapports des témoins, j'ai même parlé à plusieurs d'entre eux, lorsqu'ils ont crié le chien avait déjà bondi sur notre bébé. Sa voix s'étrangle, les larmes coulent.

- Je n'ai rien pu faire si…

- Ne dis pas ça, tous les témoins ont dit que tu avais fait preuve d'un courage admirable en t'interposant entre Sheila et le chien. Sans l'intervention des deux policiers il t'aurait certainement tué aussi, ainsi que d'autres innocents.

L'émotion est trop forte, elle ne peut continuer, mais elle prend Rick dans ses bras, il se laisse faire et après un petit moment de flottement il l'entoure également des ses bras. Un éclair zèbre le ciel suivi immédiatement d'un coup de tonnerre, l'orage vient d'éclater, la pluie redouble d'intensité et pourtant ils ne bougent pas, profitant du sentiment d'apaisement que tous les deux éprouvent dans les bras de l'autre.

C'est Kate qui réagit la première, elle murmure un « viens, rentrons » à Rick et l'aide à se relever. Il est si faible qu'elle prend son bras et le passe autour de ses épaules pour qu'il s'appuie sur elle. Ils ont à peine fait quelques pas que Rick s'écroule, elle ne peut que le retenir pour amortir sa chute. Il lui dit qu'il a la tête qui tourne et quand il la voit sortir son téléphone il la supplie de ne pas appeler les secours, lui assure que ce n'est rien. Que c'est dû à la fatigue causée par son manque de sommeil.

Kate obtempère mais elle voit bien qu'il y a autre chose, il est devenu très pâle et semble être dans un état second. Elle l'aide à se relever et doucement le conduit jusqu'à sa voiture, elle l'installe sur le siège passager, mais avant de monter à son tour elle appelle son amie.

- Kate ? ça va ? S'inquiète aussitôt la légiste.

- Oui et non. Lanie j'ai besoin de toi, tu peux venir chez mon père tout de suite ?

- Kate, ne me ment pas, que se passe-t-il ?

- C'est pour Rick, viens, tu comprendras, nous sommes au cimetière, nous rentrons. Tu peux nous rejoindre ? Insiste-t-elle.

- J'arrive, répond la jeune femme qui a senti l'urgence dans la voix de Kate.

- Merci, à toute de suite.

Elle prend place derrière le volant et jette un œil inquiet à son mari. Il est blanc comme un linge, on dirait un cadavre, à cette pensée elle frissonne. Il a les yeux fermés, la tête appuyée contre le montant de la portière. Il ne réagit même pas quand elle se penche sur lui pour attraper la ceinture de sécurité et l'attacher. Elle fixe la sienne et démarre, tout en conduisant et en faisant très attention, elle appelle son père pour lui dire qu'elle arrive avec Rick et qu'elle va avoir besoin d'aide pour le conduire à l'intérieur.

Jim, qui guette l'arrivée de sa fille, sort immédiatement quand il aperçoit sa voiture au coin de la rue. Lui aussi a un choc en voyant l'état dans lequel se trouve Rick. Mais il ne dit rien, avec sa fille ils le soutiennent et l'amènent directement dans la salle de bain attenante à la chambre de Kate. Castle se laisse faire tel une poupée de chiffon, il fait ce qu'on lui demande sans se poser de questions, d'ailleurs il ne sait même pas où il est.

Kate et son père ne perdent pas de temps, surtout que Rick commence à trembler, elle s'inquiète. Non sans mal, ils lui font prendre une douche bien chaude. Ils l'assoient sur un tabouret et pendant que Kate l'essuie son père s'absente quelques minutes, il revient et tend des vêtements à sa fille.

- Tiens, c'est un de mes bas de pyjama et un tee-shirt.

- Merci.

- Mon Dieu Katie, c'est pire que ce que l'on pensait, tu devrais l'amener à l'hôpital.

- Non, je lui ai promis de ne pas le faire, mais Lanie ne devrait plus tarder, je l'ai appelée.

- Bien, allez, mettons-le au lit et tu vas prendre aussi une douche bien chaude pendant que je vais préparer du café et attendre Lanie.

- D'accord, tu peux aussi appeler Martha pour la rassurer s'il te plait ?

Lorsque Kate sort de la salle de bain en peignoir, Lanie est déjà auprès de Rick, l'examinant. Elle est en train de lui prendre sa tension et elle pousse un cri étouffé en voyant le résultat, ce qui fait monter d'un cran l'angoisse de Kate.

- Lanie ?

- Kate, elle se lève et prend son amie dans ses bras, comment ça va toi ?

- Ça va, et Rick… c'est grave ?

- Je ne te cache pas qu'il serait beaucoup mieux dans un hôpital, elle lève la main pour faire taire Kate, mais tant que son état n'empire pas il peut rester ici. Sa tension n'est qu'à 6.4, c'est un miracle qu'il ait pu se rendre au cimetière sans faire de malaise, ni en faire un plus tôt. J'ai fait un prélèvement sanguin que je vais moi-même analyser, au vu de sa perte de poids conséquente, il a certainement très peu mangé et mal. Il doit avoir de sérieuses carences.

- Tu peux le soigner ?

- Bien sûr, physiquement du moins. Est-ce que tu sais s'il prend des médicaments ?

- Non, mais Martha doit le savoir.

- Bien, je vais l'appeler et toi tu t'habilles et tu viens me rejoindre dans la cuisine, la voyant jeter un regard sur Rick. Pas de panique, il ne va pas s'envoler, il dort.

Une heure plus tard, Lanie part en disant qu'elle va repasser plus tard dans la soirée. Quant à Jim, il sort aussi pour acheter tous les aliments qu'il faut pour le « régime » que la légiste a préparé pour Castle. Une fois seule, Kate retourne dans la chambre, elle s'installe dans le lit près de Rick avec un livre, mais elle le pose à côté d'elle sans l'ouvrir. Elle s'allonge sur le flanc, une main sur son ventre l'autre sur le torse de son mari. Elle laisse couler ses larmes mais cette fois-ci ce n'est pas la tristesse qui prime, mais l'espoir.