Exact same story but in french, for some reason.
À quoi bon, c'était Ponyville, la même Ponyville qui fut et sera jamais. Le jour passait laissant aux alentours ses florilèges de buissons sur les pas des demeures et ses poneys de passage leurs crinières ajoutant leurs couleurs à celles des fleurs vives. Ça sentait frais, de joie et d'excitation, un peu plus comme elles trépignaient sur le bois du quai à remplir l'attente de quelques discussions qui couvraient les tics du temps à l'horloge annonçant le prochain train.
Les quatre juments trottèrent ensemble en avant aux sifflements lointains, voyant là-bas à travers les collines et les plaines plus ses bouffées de vapeur que les wagons eux-mêmes. Et elles savaient que, d'ici juste quelques minutes, elles reverraient leur amie.
Fluttershy gardée en arrière tentait de voir, jeta un regard par-dessus ses amies et dit : « Elle va avoir tellement de merveilles à nous dire ! » Sa voix timide s'était perdue parmi celles du groupe comme des poneys autour. « Vous vous rappelez comme elle était excitée ? »
« Là, là ! » cria Dash. « Je crois que je la vois ! »
« Non t'la vois pas ! » Sa brave amie se tourna vers elle, sa robe riche comme une récolte. « L'train est ben trop loin ! »
« Tu me traites de menteuse ? »
Mais le train à son approche gronda, fit siffler ses freins par-dessus leurs discussions et durant des secondes et des secondes comme la vapeur soufflait le long des rails tout fut couvert par le bruit, jusqu'à ce qu'enfin les petits wagons s'arrêtent. Les portes s'ouvrirent, elles cherchaient déjà aux larges vitres leur gracieuse amie, sa crinière bouclée si précieusement soignée et ses yeux de trésor. Elles supposaient, elle serait vers la fin, loin de la locomotive et de son vacarme. Et elle était là, avec juste un bagage sur son dos, joyeuse comme eux de les revoir.
Ils se retrouvèrent, toutes s'embrassèrent – encore ce mot – et elle pressa sa joue contre celle de Fluttershy avant de complimenter la discrète pégase pour sa nouvelle coiffure. « Mais… » celle-ci allait demander, surprise, un regard à son habituelle longue crinière rose quand les trois autres impatientes demandèrent comment l'exposition s'était passée. C'était aux jardins royaux, avec les meilleurs artistes d'Equestria et la princesse elle-même, alors elles se pressaient autour de la gracieuse licorne et elle, un sabot à son front, répondit :
« Horrible ! Tout simplement horrible ! »
Puis laissa un gémissement lui échapper et, avec un regard pour la réaction de ses amies Rarity répéta à quel point ce fut terrible. Presque personne n'était venu dit-elle, des dizaines à peine et Applejack, sifflant, suggéra que des dizaines n'était pas mal. « Mais ce ne sont pas des centaines, ma chère ! » Se lamenta-t-elle, et ensuite, qu'ils n'étaient pas éberlués, ni émerveillés, elle n'avait reçu que des bien et des magnifique et tous ces petits mots. Et enfin, la princesse n'était pas venue, trop occupée à préparer le couronnement.
« Ah ouais, c'est vrai, t'as v- » Dash allait demander quand Pinkie la coupa et bondissant devant : « T'as vu Twilight ? Tu l'as aidée pour les préparatifs ? Je veux tout savoir ! »
« Twilight va bien » grogna Rarity, un peu ennuyée. « Son exposition à elle n'a pas été un désastre ! »
« Heureuse de l'entendre ! » Se réjouit la jument rose rebondie.
Il était temps de laisser Canterlot derrière ajouta-t-elle, et tous ces mauvais souvenirs en faveur d'un peu de fun. D'un largement mouvement de sa patte Pinkie Pie invita toutes ses amies au Sugarcube Corner, et elles boiraient du thé et du jus de fruit, et de la limonade et des boissons avec des bulles parce que les bulles c'était marrant continua la jument comme elles marchaient, et elle allait bondissant, il y avait tant de saveurs de fruits qu'elle ne savait pas par où commencer, parce que c'était important de trouver le goût exact pour ce mauvais goût dans la bouche, quand les choses n'allaient pas comme on le voudrait. Rarity ralentit puis, d'un petit rire, la remercia pour cette attention.
Elle la remercia moins devant la dizaine de verres à moitié vides, les pailles striées pendant sur le côté, et elle n'aurait su dire si c'était son ventre ou quelque amèreté mais elle n'arrivait pas à profiter du moment. Devant elle à la même table ses amies discutaient toujours de Twilight, puis des nouvelles acrobaties de Dash pour le prochain festival où elle promettait de les étourdir comme jamais. « J'aimerais que ce soit vrai pour moi » la jument précieuse lâcha, abattue de son côté sur la nappe avec des yeux tremblants.
Eh bien, elle n'y pouvait rien si elle était d'une nature sensible répondit-elle quand Applejack, la taquinant, lui disait de se ressaisir. « Ce n'est qu'un show » ajouta-t-elle, quelques robes et ces poneys n'avaient aucun goût, et alors, mais son amie talentueuse ne fit que soupirer.
« Bon sang ! C'est pas la première fois que quelques poneys désapprouvent ton travail ! » Intervint Dash.
« Je sais ! » Rarity frotta la nappe. « Mais cette fois est différente… »
« En quoi ? »
Elle ne pouvait pas dire. Ses yeux suppliaient que c'était vrai, et ensuite, Pinkie Pie lui flatta le dos en disant que ça irait, de juste s'en remettre. Elle n'aurait besoin que de temps et après, tout irait bien. Et sa joyeuse amie avait un tel sourire, une face si innocente qu'elle fit sourire à son tour la jument précieuse, se ressaisir et hocher du museau. Elle leur montrerait à ces poneys ce qu'était le vrai art, affirma-t-elle dans un tonnerre d'approbation de ses amies. Elle allait se surpasser promit Rarity et ses amies d'applaudir à nouveau, avant de revenir à leurs discussions.
Voilà la pièce du puzzle qui manquait.
Elle avait eu tout le trajet depuis Canterlot, pour se convaincre exactement de cela, et de sourire à ses amies.
Quand elles se quittèrent leurs mots continuèrent de la suivre jusqu'à la Boutique, et comme la nuit était tombée elle passa la porte pour une pièce pleine d'ombres, si familières, où son travail était exposé à ses yeux. La jument n'apporta aucune lumière, pas même une lueur de sa corne mais trotta devant ces robes si colorées, si riches, plongées dans les ténèbres. Elle regarda seulement quelques mannequins comme s'ils étaient des intrus, rit nerveusement à ses peurs enfantines puis grimpa les escaliers directement pour la machine à coudre.
Au matin quand sa petite sœur vint pour une visite elle put encore entendre la machine gronder à l'étage et le reste de la Boutique dans le silence. La jeune pouliche n'y songea pas, trop excitée de revoir sa sœur. Elle alla au premier étage, jusqu'à la porte pour y frapper. N'obtenant pas de réponse elle insista, son petit ongle tapant le bois jusqu'à ce que la porte s'ouvre d'elle-même. L'atelier était calme, sa sœur endormie sur le plancher, tête contre un rouleau de tissu. La machine tournait à vide, sans fil.
« Rarity ? » La sœur demanda en s'approchant de la gracieuse licorne. « Rarity ! »
« Bonjour Sweetie Belle… » murmura Rarity pour elle-même, comme dans un rêve avant de soudainement s'éveiller et, se levant en quelques instants de panique, le cœur battant, regarda autour d'elle avant de trouver la petite crinière bien coiffée qu'elle adorait tant.
« Sweetie Belle ! »
« Tu m'as manquée grande sœur ! » La pouliche vint se coller à elle, voulut ajouter un mot mais la précieuse jument fut plus rapide et de sa chevelure un poil échevelée :
« Tu arrives juste à temps ! Regarde ! Et contemple mon tout dernier chef-d'œuvre ! J'ai travaillé la nuit entière pour l'obtenir ! »
Elle lui montrait ce que la pouliche avait cru n'être qu'un simple mannequin, pour réaliser ce qui était une sorte d'habit dessus, qu'elle aurait difficilement appelé ainsi. Elle grimaça, gênée comme Rarity lui demandait d'être honnête : « C'est… » affreux était son premier mot, un haillon au mieux fait à l'aveugle. Par chance pour elle Opal était entrée dans la pièce et, à la vue de cette horreur, soudainement bondit dessus pour la déchirer avant de filer comme face à une bête sauvage.
« Ouais, ça. » Conclut Sweetie Belle.
« Je sais ! » Rarity tomba soudainement en larmes, et également aux sabots de sa sœur d'une voix si haute que ses mots en perdaient leur sens.
Mais ces mots laissaient entendre, elle ne pouvait plus le faire. Ces robes, ces patrons, cette classe, ce raffinement, tout lui échappait comme de l'eau entre ses sabots, comme le sable. Tout cela à cause de cette exposition et Sweetie comprit enfin ce qui s'était passé, choquée, cette petite foule avec juste quelques mots d'appréciation. « C'est horrible ! » Cria-t-elle, arrachant un petit sourire au visage de Rarity. La petite sœur révoltée usait tout son vocabulaire pour dire à quel point c'était injuste, et le travail magnifique que sa sœur avait fait. « Et ils ne l'ont pas vu ? » Mais c'était autre chose.
Si au moins la foule alors, Rarity voulut expliquer, avait été négative, l'avait critiquée, elle aurait pu y faire face. Mais il avaient été… simplement… elle ne sut dire. « Indifférents. » ET à présent qu'elle regardaient ses robes, ce n'étaient plus que… des robes.
« Comment ont-ils pu ! » La pouliche s'emporta à nouveau, un peu trop fort. « Oh, Rarity, tu dois être dévastée ! »
« Je vais bien ! » fut le moins convainquant « je vais bien » que la voix brisée de sa sœur put murmurer, un ruban défait à son sabot. Elle essayait tant d'avoir l'air heureuse, de retenir ses larmes désormais, qu'elle en semblait majestueuse. Tout ce dont elle avait besoin était du temps, pour, juste, être seule et elle ne pouvait pas dire… « peut-être » s'aventura-t-elle, peut-être était-il temps pour elle d'admettre qu'elle n'était pas faite pour la couture. Elle n'écouta pas le cri lointain de sa sœur, ajouta seulement, elle envisageait de quitter Ponyville.
Partir.
Dans l'Everfree pourquoi pas.
« Attends, non ! » Sweetie Belle trembla. « Je ne veux pas que tu partes ! Tu vas aller mieux ! Je vais trouver tes amies, elles vont venir te conforter et tout ira mieux, d'accord ? »
Rarity soupira, « d'accord » était un mot si médiocre, mais elle n'y songeait même plus. « Fais comme tu veux » laissa-t-elle échapper, ses yeux ailleurs sur les mannequins et cet amas de tissu déchiré.
Jamais Sweetie Belle n'avait couru si vite, à travers champs et passé Macintosh pour trouver son amie. Applebloom était occupée avec le raisin, arrêta quand elle vit l'horreur pure au visage de la pouliche. « Que s'passe-t-il ?! » Demanda-t-elle, apprit que Rarity était sur le point de quitter Ponyville. Elles devaient faire vite, elle irait trouver Scootaloo et toutes ensemble ramèneraient toutes les amies que sa sœur avait à la Boutique. Après une croix de Croisées elles allèrent de leur côté, Sweetie Belle dans la cuisine de la ferme où Applejack, son chapeau sur la table près de la vaisselle, était occupée à ouvrir un sac de farine.
« Applejack tu dois m'aider ! » Hurla Sweetie Belle si fort que la jument lâcha le sac qui se vida sur elle. « Rarity est désespérée à cause de cette stupide exposition et maintenant elle veut quitter Ponyville ! »
La jument se frotta la face, la rousseur visible à nouveau, récupéra son chapeau : « Encore ça ? » Elle s'en alla pour le lavabo se laver, la pouliche derrière elle la pressant d'agir. « Écoute, sucre d'orge. Rarity fait beaucoup d'bruit pour rien. Dis-lui juste d'passer à autre chose. »
« Mais elle va quitter Ponyville ! »
« Bien sûr qu'non. » Et la jument se retourna, voulut calmer la pouliche. « T'connais ta sœur, dans pas une heure ce s'ra oublié. Tu d'vrais savoir ça mieux qu'personne. »
« Non ! » Se révolta Sweetie Belle. « Cette fois elle le pense vraiment ! »
« Ben elle s'emporte pour rien ! C'est juste des robes, dis-lui d'faire un tour ou quelque chose ! » Elle semblait presque irritée. « L'monde va pas s'arrêter à cause d'quelques rubans et frou-frou. »
Passé ces mots tout ce que la pouliche comprit fut, il n'y avait pas moyen de raisonner la fermière. « C'est pas juste des robes ! » Hurla-t-elle, furieuse, et voyant qu'elle ne viendrait pas Sweetie Belle galopa hors de la cuisine, s'arrêta pour crier encore et voir la fenêtre se refermer derrière elle. Elle avait pensé, mais à quoi pensait-elle, pour elle-même la pouliche murmura que peut-être Applejack avait raison. Peut-être que sa sœur avait juste besoin d'un peu de temps, et de sortir un peu. Peut-être qu'il n'y avait que ça, malgré tout ce que ses sentiments lui hurlaient.
Et ces sentiments furent plus forts, la jeune pouliche blanche courut, épuisée, en bas de la colline pour trouver Scootaloo et Rainbow Dash, la pégase bravache occupée à dompter les nuages qui voulaient profiter de la brise. Elle ne s'arrêta qu'une fois parmi elles, laissa échapper un cri si fort que leurs dents se serrèrent et la crinière et la queue arc-en-ciel furent ébouriffées.
« Rainbow Dash ! Ma sœur est désespérée, elle a besoin de toi maintenant ! »
« Ouais, merci mais Scoot' m'a déjà briefée » répondit la jument, occupée à brosser sa queue à peu près à la normale.
« Alors tu vas venir ? »
« Comme j'ai déjà dit, j'y peux rien si elle est si faible. »
Ces mots exacts s'enfoncèrent dans les yeux précieux de Sweetie Belle, la figèrent brutalement et elle chercha, paniquée, pour quoi mais son amie semblait toute aussi désemparée. La jeune pégase avait bien tout expliqué, et hurlé et supplié et tenté tout ce qu'elle savait faire. « Elle dit que ça dépend de ta sœur » conclut la pouliche, son museau frôlant l'herbe.
« Exactement ! » Confirma Dash, sa crinière sauvage à l'instant où elle la relâcha. « Attends, on a passé le jour entier à la conforter. Trop c'est trop, alors soit elle s'affermit soit on la laisse partir ! »
« Juste comme ça ?! » Sweetie Belle tremblait.
« Eh, c'est elle qui ne veut plus se battre, pas moi ! Ce sera mieux pour elle, ce sera mieux pour moi, ce sera mieux pour tous les poneys ! »
Sur ce la fière pégase leur sourit, leur tapa la tête en guise de réconfort puis s'en alla filer haut dans le ciel, laissant derrière les deux pouliches en détresse. Scootaloo ne pouvait plus dire un mot, ne pouvait même pas regarder son amie mais ses yeux disaient tout, et des deux elle était la plus affectée. La jeune licorne respirait avec difficulté, essayait de juste tenir debout. Elle sentit son amie la prendre dans ses pattes, sans un mot, et elle dit, elle n'allait pas abandonner. Elle s'en fichait de ce qu'ils disaient, sa sœur n'était pas faible, « elle ne l'est pas ! » Hurla-t-elle, et ensuite, « elle ne l'est pas » supplia la pouliche.
Elle sentit le besoin de revoir Rarity, comme si entretemps sa sœur avait pu disparaître. Le besoin de la voir, d'être sûr qu'il n'était pas trop tard, la petite trotta, puis courut, puis trotta à nouveau comme ses jambes la faisaient souffrir. Elle entra en trombe par la porte, atteint l'atelier vide, appela la licorne. Où était-elle où était-elle où était-elle la petite paniqua, descendit et dehors vit Fluttershy arriver. Avec une force qu'elle ne se connaissait pas, quelque force restante Sweetie Belle trotta vers la timide jument.
« Fluttershy ! S'il te plait s'il te plait s'il te plait dis-moi que tu vas aider Rarity ! »
« Est-elle là ? » Demanda la discrète pégase, sa voix si douce, si préoccupée. Elle était venue aussitôt qu'Applebloom lui avait expliqué ce que son amie comptait faire.
« Ma sœur n'est plus à la Boutique ! Elle peut être n'importe où ! Elle peut même être déjà partie ! »
« Oh non » Fluttershy mit un sabot au museau, effrayée. « Ta sœur doit être si brave… »
« Brave ?! » Quelque chose se brisa dans le cœur de la pouliche. Et malgré tout : « Comment peux-tu la trouver brave ? Elle est désespérée ! »
« Je… je ne voulais pas… mais elle fait face à un choix si difficile, et maintenant… la décision qu'elle va prendre… ça m'effraie de voir à quel point elle est forte. »
« Je ne t'écoute plus ! » Hurla Sweetie Belle. « Je ne veux pas l'entendre ! Je veux juste qu'on me rende ma sœur ! »
Elle courut, peu importe où, et Fluttershy derrière elle encore confuse demanda, si elle n'était pas censée aider à trouver Rarity. Puis, de l'attendre et la pégase crème prit son envol pour fouiller les environs. Ponyville était joyeuse, Ponyville était ce même village tranquille qui fut et sera jamais, avec ses buissons en fleurs aux pas des demeures. La petite était en pleurs, au croisement de deux rues les poneys s'arrêtant lui demandèrent ce qui se passait et elle dit, elle cherchait sa sœur, elle n'était pas perdue, sa sœur l'était, puis voyant leur incompréhension Sweetie Belle reprenait sa course jusqu'à ce que la timide pégase revienne lui annoncer qu'elle avait trouvé la précieuse jument.
Elle était là, au moulin, à peindre un rocher, entourée d'une dizaine d'autres rochers peints en rouge. Son pinceau à la bouche gouttait comme elle se relevait pour les voir approcher. Elle les salua, avec un tel sourire, attrapa la pouliche lorsque celle-ci bondit et se serra fort contre le cou de sa sœur. Et Sweetie Belle ne pouvait s'empêcher, trop heureuse de la voir, trop heureuse de la voir heureuse, ne put s'empêcher de laisser s'échapper ses larmes.
« J'étais si inquiète, Rarity ! S'il te plait ne pars pas s'il te plait ! »
« Tout va bien » répondit la licorne. « J'ai trouvé une nouvelle occupation ! Tu vois ? » Et elle leur montra les rochers peints en rouge.
Fluttershy ne savait pas quoi dire, à part que ces rochers étaient un peu effrayants, et peut-être que les colorer n'était pas une si bonne idée. « Absurde ! » Répliqua son amie, si vivement que cela frappa la frêle pégase. Alors elle approcha et lui dit, elle était toujours aussi fière de la gracieuse jument, et elle comprenait ce que son amie traversait. Et, ajouta-t-elle, elle l'acceptait, quoi que choisisse son amie la jument couleur crème la soutiendrait.
La petite n'avait pas lâché, toujours au cou de sa sœur elle écoutait ces mots et ses pleurs s'étaient asséchés, son expression se fana. Fluttershy essayait de sourire, et Rarity de même, toutes deux joyeuses sous le travail silencieux du moulin. Elle écouta comme la pégase félicitait son amie pour sa force, sa résolution, et ces choix si durs. Être capable de prendre une telle décision, « je… je ne pourrais pas » admit-elle. Et elle était en admiration.
« Merci, Fluttershy. » Il y avait quelque chose comme du cristal dans la voix de Rarity. « Merci de comprendre. »
« Non ! » La petite hurla, bondit au loin et courut, pour ne plus entendre, pour chercher de l'aide, de n'importe quel poney, n'importe quoi. Elle ne voulait pas entendre, ces raisons, aucune de ces raisons, elle s'en fichait. Tout semblait si parfait, tout lui disait que ça irait et à présent le doute, elle haïssait ce doute, elle haïssait de penser qu'elle pouvait avoir tort, que peut-être, juste peut-être, Rarity le voulait vraiment. Elle se refusait à y penser seulement.
Et il était là, le Golden Oak. Elle trotta à la librairie, à bout de souffle, à bout de tout. Elle frappa à la porte, supplia pour entrer. Elle gardait ses yeux fermés, retenait ses sentiments. Elle frappa encore, à coups répétés, et la mémoire lui revint que Twilight n'était pas là, toujours à Canterlot pour un jour au moins. Même alors, même en le sachant la petite continua de frapper la porte, jusqu'à ce que ses pattes la lâchent et qu'elle tombe, et elle se recroquevilla contre le sol.
« Ah, te voilà ! »
C'était la voix d'Applebloom. La jeune licorne ouvrit les yeux, se releva et sautant à son amie, implora quelque bonne nouvelle. Elle expliqua, ce qui s'était passé avec Applejack, « non ! » puis avec Rainbow Dash puis, puis comment Rarity n'était pas là, et Fluttershy, et à présent… Et son amie, à son tour, expliqua comment après avoir trouvé Scootalooo elle était allée voir Fluttershy à son pavillon, puis comment elle avait trouvé Pinkie Pie pour tout lui dire et la convaincre de venir.
« J'ai cru qu'elle viendrait, mais… » sa voix s'étouffa. « Elle a dit que Rarity avait juste besoin de penser positif, de se divertir… »
« Se divertir… » Sweetie Belle respirait fort, la tête lui tournait. « Elle peint des pierres près du moulin ! »
« Et puis elle a dit que Rarity devait arrêter de prendre les choses si sérieusement. Je… je ne suis même pas sûre qu'elle m'ait écouté. Je suis désolée Sweetie Belle. »
Sa tête était brûlante, enflammée, fiévreuse. La jeune licorne tentait de tenir debout, sentit le monde tourner sauvagement et tomber subitement, son amie la rattrapa à la dernière seconde. Elle entendit à peine qu'on criait son nom, se réveilla dans son lit, son vieux lit de la Boutique. Tout était calme, si calme, mais elle n'avait pas la force de bouger. Ses pattes arrières étaient surélevées sur quelques coussins. Ensuite, elle entendit des sabots, les écouta puis écouta la voix de son amie Scootaloo. « Mais elle va bien, pas vrai ? Elle va bien aller ? » Et Applebloom ajouta, il fallait qu'elle aille mieux, et leurs voix étaient si tristes.
La porte s'ouvrit, elle vit sa sœur entrer suivie de ses deux amies mais elle n'avait d'yeux que pour Rarity. La jument gracieuse lui sourit quand elle la vit éveillée, approcha et posa une serviette mouillée sur son front, couvrit ses yeux un instant. Elle demanda, « tu te sens mieux ? » Et sa sœur hocha la tête, toujours aussi faible. Elle était désolée, mais ce n'était pas grand-chose, et ses deux amies plaçant leurs sabots sur le lit lui demandèrent ce qui s'était passé.
« Je ne sais pas. Tout est devenu… noir, subitement. »
« J'ai eu tellement peur pour toi, ça a duré au moins dix minutes ! » La gronda Applebloom. « Me refais jamais ça ! »
« Comme tu dis ! » Poursuivit Scootaloo. « même si le sirop au sucre c'est super bon ! Tiens ! »
Et elle prit la bouteille, en versa un peu dans une cuillère que son amie tenait, puis elles la donnèrent à goûter. Le goût fit grimacer la petite licorne, tousser un peu puis rigoler. Elle était désolée de les avoir tant inquiétées, et elle les remercia. « Pour quoi ? » Rien dit-elle en souriant. À l'instant, ça la frappa, elle demanda où était Rarity. Sa sœur n'était plus dans la chambre. Elle voulut se lever mais ses pattes étaient toujours trop faibles. Scootaloo lui dit qu'elle allait voir, quitta la chambre pour revenir une poignée de secondes après :
« Elle fait ses bagages ! » Cria-t-elle.
« Quoi ? Non ! » Sweetie Belle trembla, tenta de bouger pour sentir seulement ses membres engourdis. « Arrêtez-la ! » Et ses amies se regardaient, désemparées.
Elles ne pouvaient rien faire.
Quand elle vit tous ses efforts échouer Sweetie Belle sentit les larmes lui revenir, ces larmes qu'elle avait appris à détester. Elle ne voulait pas pleurer, elle voulait sa sœur. Elle l'appela, n'eut pas de réponse et ses amies tentaient de la calmer. À nouveau Scootaloo partit voir mais revint, sans rien de plus, et elle répétait : « Je suis désolée. » Elle ne voulait pas qu'un poney soit désolé, elle voulait sa sœur. Juste sa sœur. Puis des sabots approchèrent et Rarity entra dans la pièce.
Elle avait deux valises attachées à son dos, à moitié vides. Elle approcha du lit et elle souriait, et le sourire de Sweetie Belle était tout effacé et inquiet.
« Je t'aime, Sweetie Belle, petite sœur ! » Rarity la serra fort, si fort, aussi longtemps qu'elle le pouvait. Ensuite, doucement, la sœur relâcha son étreinte, remit les coussins un peu en place et dit à sa sœur de prendre soin d'elle. « Nos parents sont au courant. Tout ira bien, Sweetie Belle. »
« Non c'est faux ! C'est faux ! » Mais la voix de la pouliche était brisée, trop faible. « Rarity, ne pars pas ! »
« C'est mieux ainsi. Pour nous toutes. »
« Tu n'y crois pas ! Pas une seconde ! »
Elle approcha son museau, embrassa le front de Sweetie Belle et, de ses yeux si doux, pria sa sœur de comprendre. Et d'être brave. Elle était certaine que sa petite sœur deviendrait une magnifique jument.
« Ne pars pas ! »
Elle partait.
« Ne pars pas ! »
Elle était partie.
Le train siffla pour la plate-forme presque vide. Il était tard le soir, la lune déjà haute sur une pluie d'étoiles. Twilight posa la patte sur le quai, soupira d'aise en retrouvant Ponyville. Spike l'était aussi, bien qu'endormi, il gratta simplement son dos et elle le prit comme une approbation. La jument dans sa robe magnifique trotta par les rues paisibles, et ces buissons pleins e ténèbres, jusqu'à la librairie. Elle ouvrit la porte, fut reçue par le cri unanime de ses amies et de tant de juments et d'étalons de Ponyville, tous trop heureux de la revoir, pour accueillir son retour.
« C'est si gentil de votre part ! » Dit-elle, et ensuite : « Mais où est Rarity ? »
